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La Newsletter 15/12 de l'AALEME

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La Newsletter 15/12 de l'AALEME

Pérols : pour que l'oubli ne se creuse au long des tombes closes...

Publié le 06/11/2015



Lundi 2 novembre, l'Amicale des Anciens de la Légion Étrangère Montpellier et Environs (AALEME) honorait ses morts à Pérols.

A 16h15, une gerbe a été déposée et une bénédiction rendue au caveau de l'amicale, cimetière Saint-Sixte. A l'issue de cet hommage, un office religieux a été célébré à l'église Saint-Sixte. A 18h15, un apéritif a été offert par la municipalité à la salle Gilbert-Marchal.

Cette cérémonie est devenue institutionnelle à Pérols, avec la présence d'un caveau dans le cimetière de la ville, accueillant à ce jour 11 légionnaires.

Lors de son discours, Jean-Pierre Rico, maire de Pérols, a souhaité un prompt rétablissement au général Guy Barascud et André Bocquel, deux Péroliens en convalescence. Le président de l'AALEME a rendu hommage à Pierre Gaillardo, "le grand ancien du village" de 97 ans et demi, parti rejoindre le dernier bivouac.

Il a également cité le poème du capitaine vicomte de Borrelli "A mes hommes qui sont morts" :


''Soldats qui Reposez sous la terre lointaine,
Et dont le sang donné me laisse des remords,
Dites-vous simplement : "C'est notre capitaine,
Qui se souvient de nous… et qui compte ses morts.''


Pour plus d'informations : aaleme.fr/index.php/poemes/cne-de-borrelli/190-a-mes-hommes-qui-sont-morts

Cap Diégo et Diégo ville


Cimetière militaire français de Cap Diégo‏

Le plus grand cimetière militaire français de la grande ile, (plus de 1450 tombes, dont une 20aine de légionnaires) est quasiment….sauvé , de la disparition, de l’oubli. Le reportage photo joint en attaché , montre l’évolution depuis 2010 jusqu’à ce jour, et les actions entreprises pour que le devoir de Mémoire ne soit pas uniquement un souhait , sont à mettre au crédit de :

- Attaché de défense auprès de l’ambassade de France à Tananarive (en particulier le budget nécessaire)

- Chancellerie détachée de Diégo Suarez (documentation , archives, règlement des prestataires)

- Association des anciens combattants de la Légion Etrangère de Marseille (aaclem, soutien permanent, cérémonies)

- Amicale des Anciens de la Légion Etrangère de Montpellier et Environs (archives, recherches RMLE, conseils et soutien)

- Adjudant (r) IBANEZ, ancien président de l’association de Mayotte (présence à Camerone, dons)

- Mademoiselle Bodo RAMAMBAHASINA, étudiante en master 2 géo, qui vient de faire un stage à Diégo, recommandée par l’attaché militaire de Tana, crédit photos 2015

- La FSALE (fédération nationale des associations d’anciens légionnaires) soutien inconditionnel des actions de préservations du patrimoine Légion.

- Détachement de Légion Etrangère de Mayotte (DLEM , régulièrement présent, recherches historiques, remise en état de cimetières français du secteur)

- Les anciens légionnaires qui ont œuvré à titres personnels .

- Le bimensuel « la tribune de Diégo » qui publie régulièrement des reportages.

- La municipalité de PRAYSSAC(46220) berceau du Colonel PARDES, pacificateur de Madagascar et dont la tombe est préservée à Cap Diégo.

- Et de tous ceux, actifs comme anciens, Légionnaires comme Marsoins,Aviateurs comme Marins, qui ont souvent écrit pour soutenir les actions.

 

YG










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Les derniers secrets de la bataille de Ðiện Biên Phủ

Publié le 07-05-2015

Pour le 61e anniversaire de la défaite de Diên Biên Phu, deux ouvrages paraissent chez Nimrod, l’un relatant le destin croisé de six soldats d’Indochine, l’autre livrant, pour la première fois en français, les notes secrètes de la CIA sur cette guerre du bout du monde.

Les Chemins de Diên Biên Phu - Franck Mirmont avec Heinrich Bauer, Jean Carpentier, Jean Guêtre, Pierre Latanne, Bernard Ledogar et Jean-Louis Rondy- 576 pages avril 2015 - 23 € La guerre d’Indochine vue par la CIA - Franck Mirmont, 288 pages - mai 2015 - 21 € (c) Nimrod

Les Chemins de Diên Biên Phu - Franck Mirmont avec Heinrich Bauer, Jean Carpentier, Jean Guêtre, Pierre Latanne, Bernard Ledogar

et Jean-Louis Rondy- 576 pages avril 2015 - 23 € La guerre d’Indochine vue par la CIA - Franck Mirmont, 288 pages - mai 2015 - 21 € (c) Nimrod

 

C’est un défi éditorial original, ambitieux et réussi. Pour le 61è anniversaire de la chute de Diên Biên Phu, le 7 mai 1954, Nimrod, maison spécialisée dans les récits militaires, publie deux épais ouvrages (près de 1.000 pages en tout !) qui apportent un éclairage nouveau sur les derniers mois avant la déroute française. Les deux livres se répondent, ont la même photo de couverture, l’une dans les tons sépia, l’autre dans les nuances de grenat.

Le premier, « les chemins de Diên Biên Phu », met en scène le destin croisé de six soldats, cinq Français et un Allemand. Même s’il faut un peu s’accrocher au départ pour bien repérer qui est qui, on les accompagne à partir de leur enfance, évoquée avec finesse et sensibilité. Au fil des pages, les profils s’affinent, les caractères s’affirment. Sont racontés les valeurs, événements, rencontres initiatiques, injonctions ou malédictions familiales qui vont pousser ces tous jeunes gens, -valet de ferme, orphelin de guerre, enfant mal aimé, apprenti exploité ou fils de bonne famille-, dans un conflit du bout du monde. On les suit dans la jungle, la chaleur, l’humidité jusqu’à ces combats âpres, désespérants, et finalement inutiles, dans lesquels ils vont se sublimer au fil des mois, affrontant la peur, la mort. L’indicible, aussi, y compris dans les camps de prisonniers où, devenus des « fantômes », ils échoueront.

Plus aride, le second ouvrage, "la guerre d’Indochine vue par la CIA", livre les analyses –inédites en français- que les services secrets américains élaborent au jour le jour, pendant les années 1950-1954. L’éditeur, François de Saint Exupéry, a eu la bonne idée de confier le projet à son auteur et traducteur favori : Franck Mirmont, qui a mené un travail d’archiviste, se plongeant dans des documents tout juste déclassés, et dont la plume, alerte, n’empêche pas une restitution rigoureuse de cette littérature militaro-diplomatique.

Le rôle des grandes puissances en Indochine

Les dépêches, télégrammes et notes éclairent, -toujours à travers le prisme des Etats-Unis-, le rôle des grandes puissances en Indochine. Les ambitions, les craintes, les non-dits, la course au pouvoir. On voit grandir les appétits de Pékin et de l’armée viêt-minh, la puissance de l’Union soviétique. On sent comment, petit à petit, les Américains prennent conscience que ce conflit n’est pas seulement une guerre d’indépendance, mais avant tout un affrontement entre monde occidental et monde communiste.

On réalise, aussi, combien la classe politique française de la IVè République a pu se montrer veule, lâche, indécise et impuissante. Pays en perte de vitesse, elle nourrit de grandes aspirations géostratégiques, sans le budget pour les mener à bien. Elle n’hésite donc pas à demander l’aumône à un protecteur américain de plus en plus condescendant et irrité. Il s’agace en 1951 : « Les officiels français ont l’habitude d’exagérer leurs difficultés financières afin d’obtenir une plus grande aide des États-Unis ou d’accélérer le versement de cette aide ».

Les Chemins de Diên Biên Phu - Franck Mirmont avec Heinrich Bauer, Jean Carpentier, Jean Guêtre, Pierre Latanne, Bernard Ledogar et Jean-Louis Rondy- 576 pages avril 2015 - 23 €

La guerre d’Indochine vue par la CIA - Franck Mirmont, 288 pages - mai 2015 - 21 €

Extraits chronologiques de ces deux ouvrages, où se mêlent petite et Grande Histoire. La déroute analysée par les services secrets de Washington (1 à 4) et vécue par des hommes exsangues (5 à 12)

1) Mars 1952 : L’Indochine « problème politique » à Paris

L’ambassadeur américain à Paris rend compte d’un consensus de différents chefs de partis politiques selon lequel le gouvernement Pinay échouera à la fin de l’été ou au début de l’automne pour être remplacé par une coalition comprenant des socialistes et peut-être des gaullistes, afin de tenir compte des réactions populaires devant l’impossibilité de Pinay à résoudre les difficultés financières de la France.

L’ambassadeur rapporte également que le problème de l’Indochine pourrait à nouveau constituer un problème politique majeur. Il souligne les prédictions d’une personnalité radical-socialiste selon laquelle, à moins d’une aide accrue des États-Unis, un retrait d’Indochine deviendrait un point de ralliement commun pour cette nouvelle coalition.

2) Juillet 1952 : les Français privés de « psychologie de la victoire »

L’ambassadeur Heath à Saigon a appris du ministre britannique, lors d’une récente visite à Singapour, que Letourneau avait « inquiété » les officiels britanniques avec ses affirmations sur les objectifs militaires français en Indochine. Letourneau a insisté sur la nécessité de geler les opérations et a évoqué une réduction sensible des effectifs militaires français en Indochine d’ici à la fin 1954 – laquelle sera rendue possible par la création d’une armée nationale vietnamienne forte de huit divisions. Le ministre britannique a indiqué que Letourneau lui avait donné l’impression de ne pas être animé d’une «psychologie de la victoire».

3) Décembre 1952 : « Obtenir le soutien américain »…

Les Français tentent d’utiliser la situation en Indochine comme un levier pour obtenir une plus grande aide américaine. L’ambassadeur Draper a rendu compte de ce qu’ils ont également essayé d’obtenir le soutien américain pour appuyer la résolution sur l’Indochine en échange d’un soutien français à une résolution de l’OTAN pressant pour une ratification du traité de la Communauté européenne de défense.

4) Mars 1953 … et« une augmentation de l’aide financière en Indochine »

Selon le délégué adjoint à la mission permanente de la France à l’OTAN, Baraduc, le seul objectif de la visite du président du Conseil René Mayer à Washington est d’obtenir une augmentation de l’aide financière en Indochine, notamment pour l’armée vietnamienne. Baraduc indique que la France acceptera les recommandations sur les engagements de l’OTAN si elle reçoit de nouvelles aides pour l’Indochine. Le cabinet de l’ambassadeur Draper en déduit que la France pourrait mettre en danger toute l’organisation des forces de l’OTAN en insistant sur la réduction des effectifs français et allemands à moins qu’un « partage du budget » ne soit adopté.

5) Décembre 1953 : « l’encerclement de Diên Biên Phu mené par des professionnels »

À l’issue d’un violent combat qui fait plusieurs morts et une quarantaine de blessés dans les rangs des forces françaises, les légionnaires ont la surprise de découvrir des blockhaus viêts parfaitement construits. L’encerclement de Diên Biên Phu a déjà commencé et il est mené par des soldats professionnels ! Les obus continuant de pleuvoir sur leurs positions, les Français demandent un appui aérien qui intervient au coucher du soleil sous forme de bombardements au napalm. Les collines du Pou Ya Tao s’embrasent, prenant au piège aussi bien des éléments viêts que des Franco-Laotiens dispersés au cours des offensives ennemies. La plus grande confusion règne.

6) Février 1954 : Les officiels, « ignorants du danger qui couve »

Ignorants du danger qui couve, les officiels viennent se faire prendre en photo à Diên Biên Phu, avant de s’émerveiller devant les camps de tentes, les alvéoles à découvert de l’artillerie lourde, la piste d’atterrissage et ses avions parfaitement alignés ou encore les quelques abris creusés qui résistent parfaitement aux infiltrations de pluie, mais dont la structure ne saurait arrêter un obus. Le 19 février 1954, au cours d’une prise d’armes organisée à Diên Biên Phu, le ministre de la Défense nationale et des Forces armées René Pleven remet la fourragère de la médaille militaire au fanion du 1er BEP.

7) Mars 1954 : « les premiers « fantômes » de Diên Biên Phu

Le 14 mars, vers 4 heures du matin, Jean-Louis Rondy voit apparaître les premiers « fantômes » de Diên Biên Phu. Ces hommes au visage hagard et au treillis déchiré ou ensanglanté sont les rares légionnaires du 3e bataillon de la 13e DBLE à avoir échappé à la chute de leur point d’appui Béatrice, submergé vers 2 heures du matin à l’issue de combats au corps à corps venus solder cinq assauts successifs. Moins d’une vingtaine d’hommes, sur plus de 400, ont survécu.

8) 6 au 7 mai 1954 : « matraquage d’obus »

Dans la nuit du 6 au 7 mai, toute l’artillerie viêt semble s’être donnée rendez-vous à Diên Biên Phu. Un énorme matraquage d’obus malmène les positions françaises sans paraître jamais faiblir. Chaque explosion est aussitôt effacée par une autre.

9) 7 mai 1954 : « un silence irréel »

Au même moment, une grenade dégoupillée atterrit dans l’abri. Par miracle, elle n’explose pas ; elle est défectueuse. Quelques secondes plus tard, sans même avoir vu arriver cette grenade, Pierre Latanne finit par émerger de l’abri avec le sergent-chef Métier qui rampe derrière lui. Éblouis par le soleil qui les frappe comme un coup de projecteur, les deux hommes se traînent dans la tranchée pour découvrir que les Viêts ont déjà emmené les autres prisonniers. Ils se retrouvent seuls, baignés par le soleil dans un silence quasi irréel. Les yeux clos, Pierre Latanne s’efforce de ne penser à rien et de savourer pleinement ce moment de calme, de silence et de paix à peine distrait par les souffles rauques de son camarade affalé à côté de lui. (…) . Diên Biên Phu dégage une odeur pestilentielle en raison des nombreux cadavres laissés à l’air libre qui ont commencé à se putréfier depuis plusieurs semaines déjà. La rivière Nam Youm charrie elle-même les corps des deux camps depuis près de deux mois.

10) Mi mai 1954 : « prisonniers ».

Prisonniers. Ils sont prisonniers. Ils éprouvent un sentiment de honte à cette idée, mais ils n’ont pas encore de notion précise quant à ce que cela peut réellement signifier sur le plan mental ou physique. À vrai dire, l’état-major ne le sait pas non plus, ou ne veut pas vraiment le savoir. Il ne serait pas exagéré de dire que ces camps de prisonniers viêt-minh en Indochine sont dix fois, peut-être même cent fois pires que les camps de prisonniers allemands ou soviétiques durant la Seconde Guerre mondiale. Pas plus d’un prisonnier de Diên Biên Phu sur quatre ne reviendra vivant de ses quatre mois de captivité – quatre mois seulement !

11) Eté 1954 : « Camps de prisonniers »

Avec les fortes pluies qui viennent raviner et labourer la terre, les cadavres des prisonniers français remontent légèrement à la surface et une odeur de décomposition pestilentielle vient se répandre dans le camp. Même le vent et la pluie ne parviennent pas à la chasser.

En sa qualité de chef d’équipe, Jean Carpentier est tenu pour responsable de cette situation, qui lui vaut un sermon très sévère du chef de camp. Celui-ci le met dans l’obligation de « réparer ses erreurs ». Il faut donc creuser plus d’une dizaine de nouveaux trous de 1,80 mètre de profondeur et exhumer plus d’une dizaine de cadavres, dont certains ont été enterrés il y a près d’un mois (…)

Dans la troisième tombe, les chairs du cadavre sont si décomposées qu’elles ne retiennent plus les membres entre eux. Il faut prendre à la fourche le torse, les jambes, les bras. Et ramasser à mains nues la tête, un crâne rongé par la vermine et coiffé de quelques touffes de cheveux répugnantes qui rappellent encore sa condition humaine. Jean Carpentier saisit la tête, mais elle lui glisse des mains, tombe et roule avant de s’arrêter 3 ou 4 mètres plus loin, après avoir perdu un semblant d’œil et vomi un flot d’asticots. Jean Carpentier ne pourra plus s’occuper des têtes. Elles vont venir hanter chacune de ses nuits et continuer de le tourmenter durant la journée.

12) Juillet 1954 : le camp des Allemands

À l’issue de son évasion manquée, Heinrich Bauer se retrouve presque par hasard interné au camp 70, situé dans la région de Thanh Hoa. Il y arrive le 13 juillet, la veille d’une grande cérémonie organisée pour célébrer la Révolution française. Les prisonniers de ce camp, qui étaient au nombre de 300 à son ouverture, ne seront plus qu’une centaine quand viendra l’heure de la libération. Il s’agit en majorité d’Allemands, mais on y trouve également des Hongrois ou des Tchèques qui se font passer pour des Allemands. Quand Heinrich Bauer est escorté dans la cagna en briques et terre battue qui doit l’héberger, de nombreux bat-flanc sont déjà vides.

Dès le lendemain soir, Heinrich Bauer est intégré dans une équipe chargée d’enterrer les morts de la journée. Il n’est pas là depuis plus de vingt-quatre heures qu’il doit déjà aider à mettre en terre un camarade... Tandis que d’autres prennent les pelles pour creuser une tombe sur la berge d’une rivière proche, lui doit porter le cadavre. L’odeur que dégage le corps est si écœurante qu’il manque défaillir. Le jour suivant, dès que la cloche sonne pour l’appel, Heinrich Bauer se présente parmi les premiers pour être sûr d’avoir une pelle. Il préfère creuser que porter.

"Mourir, un risque du métier"

Le 05 mai 2015 Par Patrick Forestier

En plein désert, par une température suffocante, au centre, le général Bernard Barrera. © Noël Quidu

Il a mené avec ses hommes, dès janvier 2013, l’opération Serval : des combats sans merci contre les djihadistes qui terrorisaient le pays. Embuscades, attaques kamikazes, enfants soldats, corps-à-corps... La guerre fut intense, traumatisante. Toujours en fonction, le général Bernard Barrera raconte ce qu’il a vécu auprès de ses soldats dont la plupart, très jeunes, ont connu là un terrible baptême du feu.

Le général Bernard Barrera commandait les 4 000 hommes de la composante terrestre de la brigade Serval. « C’est lui qui a gagné sur le terrain, dans le nord du Mali, une des batailles les plus dures que l’armée française ait eu à livrer depuis la fin de la guerre d’Algérie », estime l’ancien chef d’état-major, le général Bentégeat. Parti de Bamako jusqu’à la frontière algérienne à travers le Sahara, le parcours de Serval rappelle l’épopée de la colonne Leclerc qui, jadis, quitta Fort-Lamy (N’djamena) au Tchad pour atteindre le nid d’aigle de Hitler en Allemagne après avoir libéré Paris en liesse. Intégré dans la brigade de blindés qui s’étirait sur des kilomètres, j’ai vu la joie des Maliens dans chaque village que nous traversions, heureux de retrouver la liberté après l’occupation par les djihadistes d’Al-Qaïda, que Barrera traquera jusqu’à leur repaire. Les combats furent d’une violence inouïe, finissant parfois quasiment au corps-à-corps et 900 terroristes ont été tués en deux mois. Près de ses hommes, un moral à renverser des montagnes, le général leur fit la guerre jusqu’au bout. Sans gloriole mais avec le panache et la pugnacité des officiers d’antan, qui sont à l’origine de sa vocation. Fait rarissime pour un général toujours en activité, il raconte « de l’intérieur », dans son livre, la guerre des sables qu’il vient de mener et qui continue aujourd’hui sous une autre forme.

Patrouille de blindés légers français au nord de Gao. © Noël Quidu

Paris Match. L’opération Serval que vous avez conduite ­a-t-elle mis un coup d’arrêt à la menace des djihadistes ?
Général Barrera. Oui. Ils occupaient, il faut se rappeler, la moitié du Mali où ils imposaient la charia. On voyait sur des vidéos des gens qui étaient fouettés, des femmes lapidées. Ils contraignaient la population à vivre sous le diktat de lois moyenâgeuses, comme on peut le voir dans le film “Timbuktu”. Il fallait intervenir. Surtout que les djihadistes se croyaient tellement forts qu’ils pensaient conquérir tout le pays. Le président de la République a pris la décision de déclencher l’attaque qui a démarré le 11 janvier 2013. Et, sept mois plus tard, un président était démocratiquement élu au Mali. Cela a été possible grâce à notre action militaire.

Après la prise aux djihadistes de la boucle du fleuve Niger et des villes de Tombouctou et de Gao, vous vous êtes attaqué à ce que vous appelez leur “château fort”, le massif des ­Ifoghas, au nord du Mali.
On a progressé au nord jusqu’à la frontière algérienne et du côté est jusqu’à celle du Niger, qui étaient alors leurs sanctuaires. Pendant quinze jours, on ne savait pas où ils se trouvaient malgré les vols de reconnaissance. C’était “le brouillard de la guerre”, comme l’écrit le général et théoricien Clausewitz. Mais, le ­19 février, des légionnaires sont tombés dans une embuscade au début de la vallée d’Amettetaï. Ils ont résisté en attendant des renforts. C’est là que le sergent-chef Vormezeele du 2e Rep a été tué. J’ai compris que leur château fort était là, dans ce massif montagneux. Deux jours après, les combattants islamistes d’un autre groupe ­attaquaient Gao. Le 21 février, une trentaine de kamikazes y étaient abattus par des soldats français et maliens. Dans le massif des Ifoghas, nos alliés de l’armée tchadienne, malgré 26 morts et 70 blessés dans leurs rangs, pénétraient de l’autre côté de la vallée pour couper la route aux djihadistes. Il fallait faire tomber leur donjon. Pendant deux semaines, les combats sont quotidiens. Mon souci est à ce moment-là que l’infanterie soit appuyée par des chars, de l’artillerie, des hélicoptères et des avions. Sans oublier des sapeurs pour déminer et des médecins pour évacuer les blessés. Nous avons éliminé plusieurs centaines de djihadistes. Nous, on a eu une dizaine de blessés.

Hommage au caporal Cédric Charenton : son cercueil est salué par le général Barrera, à Tessalit. © Noël Quidu

Est-ce que vous avez été surpris par l’agressivité au combat des islamistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et des groupes armés qui sont leurs alliés ?
Oui. Ils sont très mobiles et effectuent des manœuvres ­rapides pour monter des embuscades et se cacher. Le caporal ­Charenton du 1er RCP a été tué pendant l’assaut d’une grotte. Pourtant, on avait tiré à l’intérieur un missile Hot depuis un hélicoptère et nos avions avaient largué des bombes GBU à guidage laser. Sans compter les tirs directs de chars. Mais il restait des ­défenseurs islamistes encore vivants. Les fantassins, c’est toujours l’arme des derniers mètres. C’est à ce moment-là que le caporal Charenton a été tué.

Quel est votre sentiment quand un homme que vous avez envoyé au combat est tué par l’ennemi ?
Je ressens une profonde tristesse, évidemment. Je sais que le deuil sera porté très longtemps par la famille. Le doute aussi est présent et je me pose toujours la même question : “Est-ce que j’ai bien tout préparé pour que mes hommes bénéficient de l’aide de toutes les armes que j’ai déployées sur le champ de bataille ?” Autour de moi, il y a toujours eu des militaires, depuis mon grand-père maternel, poilu en 14-18, et celui côté paternel, engagé dans la libération de la France pendant la Seconde Guerre mondiale, et enfin mon père, jeune lieutenant devenu une “gueule cassée” parce que grièvement blessé pendant un assaut en Algérie. Je sais ce que vivent les parents, la femme, les enfants de soldats disparus. Au Mali, chacun de nos morts me renvoyait au caporal-chef de 21 ans de ma famille qui a été tué en Indochine. J’ai pensé à lui tout le temps où j’ai commandé. Le brigadier-chef Yoann ­Marcillan, tué en 2012 en Afghanistan, était aussi présent dans mon souvenir. Commandant à l’époque la brigade Monsabert à Clermont-Ferrand, j’avais été chargé d’annoncer son décès à sa ­famille. C’était le jour du 6e anniversaire de mes fils jumeaux. J’ai quitté la maison pour me rendre au domicile du défunt. J’avais averti le maire du village. Lorsque nous sommes arrivés, la maison était vide. Les parents étaient partis faire des courses. On a attendu cinq heures devant la porte. C’est le père qui est arrivé en premier. Lorsqu’il m’a vu en uniforme, il a compris. Je lui ai dit : “Je suis venu vous annoncer la mort au combat de votre fils. Il est mort pour la France.” Je suis resté avec eux jusqu’à la nuit. Je leur ai dit que ce décès n’était pas vain.

En inspection dans un poste malien qui vient d’être attaqué par un kamikaze, à la sortie de Gao. © Noël Quidu

Au Mali, quatre de mes soldats sont morts au combat. A chaque fois, à des milliers de kilomètres de l’Auvergne, je pensais à cette cour de ferme, à ce couple qui avait perdu son fils de 24 ans. A chaque famille, j’ai écrit une lettre où je décrivais les circonstances de la mort de leur fils ou de leur mari, et tout le bien que je pensais de lui. De retour en France, je suis allé les voir, ainsi que les blessés. A chaque fois, j’ai été impressionné non par la révolte, mais par la dignité de ces familles qui ont compris que le métier de soldat nécessite ­l’acceptation de la mort. La mort au combat n’est pas un accident de voiture. C’est un risque qui fait partie du métier. Celui du général, c’est de vaincre l’ennemi et de pas faire tuer ses soldats. Avant chaque opération, je leur disais : “C’est eux ou nous. Tuer l’ennemi avant d’être tué.” Malgré cela, la bataille continue et il faut faire en sorte que ces décès ne fragilisent pas le dispositif afin qu’il n’y en ait pas d’autres.

« Pour faire tomber leur donjon, deux semaines de combats quotidiens »

En opération de guerre, quelles sont les relations entre le général et ses hommes ?
Elles sont directes parce que nous sommes tous des soldats. On vit dans les mêmes conditions, la même chaleur, avec des ­rations pour se nourrir pendant quatre mois. Le rapport avec la mort, la peur peuvent s’immiscer dans les esprits. Alors, à chaque veille de combat, j’essayais de faire le tour des PC. Je disais aux lieutenants et aux adjudants : “On va chercher l’ennemi, on va ­devoir le déloger et, si on a des pertes, il faudra continuer. On va gagner. On peut.” Et j’ajoutais : “Je veillerai à ce que vous ayez les avions, les hélicoptères, les obus, les médecins et les moyens pour évacuer les blessés.” Puis, en regardant mes chefs de section dans les yeux : “Je compte sur vous pour commander vos hommes.”

N’avez-vous jamais eu de doute, de “vague à l’âme” en pensant que c’est vous qui, en envoyant vos soldats se battre, risquiez de les faire tuer parce qu’ils suivaient les plans d’attaque que vous aviez établis ?
J’assume mes responsabilités. C’est moi qui valide et signe les ordres écrits par mes états-majors. Je suis responsable de tous. La veille de l’attaque, je n’arrive pas à bien dormir et je suis avec eux par la pensée. Je sais que je ne suis pas à l’abri de pertes. Mais il faut assumer ses choix. Deux fois, par exemple, j’ai reculé car j’estimais que les conditions n’étaient pas remplies. Mon artillerie n’était pas encore arrivée. Je ne voulais pas lancer une opération sans l’appui de canons à longue portée.

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Le général Barrera à Gao, dans le minuscule bureau de son QG, aménagé dans un hangar. © Noël Quidu

Outre la mort de vos hommes, quels sont les moments qui ont été douloureux pendant ces combats meurtriers ?
Quand j’ai vu des enfants soldats qui avaient été kidnappés par Al-Qaïda. Là, j’ai compris que les djihadistes n’avaient pas les mêmes lois de guerre que nous. Un légionnaire a trouvé un enfant d’une douzaine d’années au pied d’un arbre, en train d’agoniser. Il a été soigné par nos médecins. On l’a ensuite confié au Comité international de la Croix-Rouge. Ces enfants soldats ont provoqué un choc chez mes hommes. Certains de ces gosses avaient le même âge que les leurs. Ils avaient la crainte d’avoir tué un enfant sans le savoir. A 800 mètres, impossible de distinguer une silhouette d’enfant au milieu d’adultes cachés entre des rochers. Plusieurs fois, mes soldats ont réussi à épargner des enfants en abattant seulement des terroristes.

Aujourd’hui, le massif des Ifoghas semble être redevenu le château fort que vous aviez pris il y a deux ans. Il abrite à nouveau des groupes terroristes qui sont parfois très près de la frontière algérienne.
Au cours de l’opération terrestre que j’ai menée, plusieurs centaines de djihadistes ont été éliminés et une grande partie de leurs katibas (une centaine d’hommes) ont été anéanties en deux mois de guerre. Ils ne sont plus capables d’occuper le terrain, ni assez nombreux pour livrer un combat classique. Il reste seulement des petits groupes terroristes qui mènent une guerre asymétrique et évitent le contact. La guerre a changé de visage. Le dispositif Barkhane a remplacé l’opération Serval et poursuit ­aujourd’hui la traque en opérant des destructions ciblées.

Sommes-nous préparés pour faire face à cette guerre contre le terrorisme qui risque de durer longtemps ?
Oui. Si nous l’avons emporté, c’est que notre armée s’est sans cesse adaptée, passant des blindés du pacte de Varsovie aux ­djihadistes du Sahel. L’opération Serval a été une “entrée en ­premier”, une “ouverture de théâtre” mettant en œuvre toutes nos capacités interarmes. Notre force vient de la détermination politique contre le terrorisme qui se traduit par des opérations à l’extérieur et à l’intérieur de nos frontières. Cela implique de pouvoir se battre, principalement à terre, avec des effectifs suffisants projetés à l’extérieur, mais aussi de tenir dans la durée avec des forces spéciales et d’autres, conventionnelles, bien renseignées. Lutter contre le terrorisme nécessite de la volonté, de l’endurance et de la ténacité, de pouvoir encaisser des coups, parce que les modes d’action des terroristes ne sont pas les nôtres. Leurs règles de ­comportement sont quasi inexistantes, car ils utilisent des ­enfants soldats et des kamikazes, s’attaquent à la population et sèment une terreur médiatisée. C’est pour cela que notre armée, et notre armée de terre qui occupe le terrain, reste l’assurance-vie de nos concitoyens. Interview Patrick Forestier

EXTRAITS

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Enfants soldats
Les fouilles continuent. Plus que jamais, nous craignons l’imbrication avec des rescapés cachés, la pose de mines et les retours offensifs ponctuels. Les unités ratissent les vallées en en extrayant des tonnes de matériels et d’armement, des fabriques de mines, de pièges, des carnets du parfait terroriste à l’instruction, des ordinateurs, du matériel de secourisme. Un véritable Woodstock terroriste était en cours de constitution aux portes de l’Europe et de notre pays, dans l’adrar, le château d’eau du désert. En prenant cette vallée, nous avons le sentiment de faire tomber « le donjon » de la forteresse et de vider les greniers. Quelques hommes se rendent, assoiffés, hébétés, certains à moitié sourds après les pilonnages d’artillerie et les roquettes d’hélicoptères. Les légionnaires trouvent un enfant soldat blessé par des éclats. Réfugié près d’un muret de pierre, sous une couverture, il grelotte de fièvre, impuissant devant l’infection de ses plaies. Cela fait deux à trois jours qu’il attend la mort, comme cet autre djihadiste blessé, trouvé sous un rocher avec une perfusion dans le bras, adossé à ses caisses de munitions. La seule différence, de taille, c’est que le premier est un enfant qui n’a sans doute pas 15 ans. Cette découverte et celle qui va suivre ont incontestablement marqué un tournant pour les combattants de la brigade. Les Tchadiens nous avaient prévenus de l’utilisation d’enfants dans la vallée, mais en trouver un blessé et désarmé nous bouleverse dans notre intimité de soldat et de père de famille […]. L’enfant soldat est pris en charge par les légionnaires infirmiers, puis par le médecin de la compagnie qui demande son évacuation d’urgence par hélicoptère, ce qui est fait en dépit des risques. Il sera sauvé.

Le général en train de faire sa lessive dans son PC de campagne, pendant l’assaut contre le massif des Ifoghas © Noël Quidu

Quelques heures plus tard, la même unité s’installe en bivouac tactique, en hérisson, prête à résister à toute attaque de nuit. A peine arrivé, l’adjudant M. aperçoit des traces dans le sable, entre les rochers et les arbustes, puis un petit pied derrière une branche. Se sentant démasquée, une silhouette armée bondit en avant, aussitôt abattue. Les légionnaires découvrent dans cette cache deux enfants armés et un adulte noir et anglophone qui avouera plus tard être nigérian et affilié à la secte Boko Haram. Après avoir enlevé une dizaine d’enfants, principalement peuls, dans la région de Gao, il les a emmenés dans ce sanctuaire pour les éduquer et en faire de bons djihadistes. L’adjudant m’avouera après qu’il avait l’intime conviction en les arrêtant qu’ils attendaient la nuit pour attaquer les hommes au bivouac. Les chargeurs de leurs AK-47 étaient tous bien garnis et les enfants blottis autour de leur précepteur. Dans les heures qui suivirent, sapeurs et fantassins découvrirent des cadavres d’enfants dans la vallée, certains chargés de gourdes vides et envoyés à la mort par les djihadistes assoiffés. Ces visions provoqueront des blessures invisibles chez mes soldats, comme me le confieront l’aumônier du camp et le médecin. Ils venaient de passer dix jours à se battre sous un soleil sahélien, mais ces images les hantaient, certains se demandant même s’ils n’avaient pas tiré sans le savoir sur un gamin qui avait l’âge de leur fils. L’enfant soldat, la pire découverte de cette vallée maudite ! Après les mines, les assauts, les combats dans les grottes, personne ne s’attendait à cela. Dans les bataillons, les hommes sont prévenus. Pour autant, aucun n’aura dans les semaines suivantes de mouvement de vengeance, de gestes inappropriés vis-à-vis des rares prisonniers. Tous resteront professionnels, sans tomber dans la pulsion de mort et de justice
expéditive. […]

« Après notre action, il ne reste que de petits groupes terroristes qui évitent le contact »

Touché en pleine tête
Les terroristes concentrent leurs tirs sur les véhicules légers pour causer le plus de pertes. Les balles de kalachnikov font voler en éclats les pare-brise maliens. Les véhicules sont mitraillés.
Le brigadier-chef Wilfried Pingaud, un solide artilleur d’Afrique, est parmi eux. Il vient d’apercevoir les départs de feux dans la lisière et les désigne à la colonne, avant de riposter avec la mitrailleuse de bord de son véhicule blindé léger. Dans l’action, il est touché en pleine tête par une balle. Le lieutenant-colonel Christophe constate vite que tous ses blindés sont engagés. Pourtant, il faut tenter de dégager les Maliens, plaqués au sol. L’embuscade ennemie a parfaitement fonctionné, du travail de professionnels. Il parvient à rétablir son détachement un peu en retrait, tout en protégeant nos alliés qui s’alignent avec les blindés français. Des roquettes antichars explosent à quelques mètres. Les commandos de l’air, spécialistes du guidage aérien, ont arrêté de tirer. A l’abri d’un talus, ils appellent à l’aide une patrouille de Mirage 2000 chargés de bombes guidées lasers. Chacun retrouve ses réflexes. Tous savent que leur camarade Wilfried est grièvement blessé et qu’il faut l’évacuer avec quatre frères d’armes maliens. Des hélicoptères armés Gazelle décollent pour appuyer les troupes au sol, tandis qu’un Puma et un Agusta belge foncent vers l’oued pour récupérer les cinq blessés. Au même moment, la compagnie de Gaulois prend le relais de la colonne franco-malienne. Le feu intense des fantassins du 92, les rafales de canons mitrailleurs de 25 mm s’enfoncent dans l’oued. Chacun est à sa place […]. La colonne malienne est fixée au centre. L’ennemi est à moins de 200 mètres.
« Opération Serval. Notes de guerre, Mali 2013 » par le général Barrera, éd. du Seuil, sortie le 7 mai.

Pages de Gloire de la Légion étrangère: France 1870 - 1871

Publié le 16 mai 2015 par légionnaires-officiers

La Légion sur les hauteurs de Sainte-Suzanne

LA LÉGION vient de faire, à elle seule, la besogne d’une Division entière.

Général PEITAVIN, 1870

Après les désastres de Sedan et de Metz, la Légion étrangère, jusque-là restée en Algérie, envoie deux bataillons à l’Armée de la Loire.

En novembre 1870, à la Croix-Biquet, après Coulmiers, sous le feu d’une artillerie formidable, l’attitude des Légionnaires est telle qu’un Officier de l’Etat Major du prince Frédéric-Charles, le capitaine Milson de Botte, qui avait fait l’expédition du Mexique dans les rangs du Régiment Etranger, s’enorgueillit lui-même de la solidarité de son ancien Corps,

La Légion rejoint ensuite l’Armée de l’Est.

Le 14 janvier 1871, devant Montbéliard, les Légionnaires, enlevés par leurs Officiers, s’engagent, au son des clairons, sur les hauteurs qui dominent Sainte-Suzanne. Sous une pluie de balles, sans tirer eux-mêmes un coup de fusil, après une charge à la baïonnette menée avec une fougue admirable, ils restent maîtres du terrain, malgré le feu intense de l’artillerie ennemie.


Traduction

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