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Saint-Gaudens. René Grando : «Il y a des chemins de mémoire à baliser»

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Publié le 05/02/2009

Écrivain, journaliste, réalisateur, il est l'invité, ce soir, de l'évocation de la Retirada.

René Grando : « Depuis trente ans, je travaille sur cette mémoire. J'ai rencontré des gens extraordinaires, des parcours exceptionnels ». Photo DDM. - DDM
René Grando : « Depuis trente ans, je travaille sur cette mémoire. J'ai rencontré des gens extraordinaires, des parcours exceptionnels ». Photo DDM. DDM

Durant trois jours Saint-Gaudens rend hommage aux républicains espagnols et commémore les 70 ans de la Retirada.

Pour cette première soirée, l'écrivain journaliste et réalisateur René Grando est l'invité, au Régent, de l'association Memoria y exilio. Deux films seront projetés à partir de 20 h 30 : « Contes de l'exil ordinaire » et « Espagne-France : deux guerres pour la liberté » (1) suivie d'un débat avec l'auteur.

Que représente la Retirada ?

C'est un grand événement, très lourdement chargé de sens, longtemps oublié des historiens.

Pourquoi ?

Il y a le poids de l'histoire. La Retirada est prise entre deux feux : la Guerre d'Espagne qui est la première guerre médiatique couverte par le monde entier et bien sûr la Seconde guerre mondiale. Entre les deux se produit, en quelques jours, l'exode de 500 000 personnes. Et puis, force est de constater que cet accueil des républicains espagnols n'est pas très glorieux pour les autorités françaises. Il n'y a pas toujours eu respect, amitié, compassion.

Votre film témoigne de l'engagement de ces républicains durant la Seconde guerre mondiale.

Il y a eu une participation massive à la résistance, au maquis, dans l'armée française. On retrouve beaucoup de réfugiés espagnols dans le corps expéditionnaire allié en Norvège (2), lors de la bataille de Bir-Hakeim, du débarquement en Italie. Et puis, il y a la Libération de Paris, cette deuxième compagnie de la division Leclerc composée, pour l'essentiel, de ces réfugiés qui a été la première à entrer dans la Capitale. Les blindés portés des noms de villes espagnols. C'était la revanche des vaincus de l'Ebre contre les nazis.

Cette période de l'histoire a longtemps été tue. Pourquoi réapparaît-elle aujourd'hui ?

De nouvelles pistes s'ouvrent en Espagne avec l'ouverture des archives. Il y a une déculpabilisation générale. Trois générations sont passées. On a pris conscience que les derniers survivants sont en train de disparaître. Il y a une génération de l'exil qui a repris à, son compte cette mémoire.

Qu'attendez-vous de ces trois jours à Saint-Gaudens ?

Des témoignages, de l'émotion et une suite. Il y a des chemins de mémoire à baliser car porteurs d'avenir. Ces républicains espagnols ont exporté leur rigueur démocratique, un idéal fort : il n'y a pas de société libre sans société juste. Ce message-là est d'une actualité brûlante ».

1-Ce film sera projeté le 21 février à Argelès, le 26 février à Balma, du 15 au 17 mars dans l'Aude à Limoux, Gruissan, Lézignan. Pour contacter l'auteur : e-mail grandorené@yahoo.fr ou Tél. 06 19 32 62 83

2-Bataille de Narvik (10 au 10 avril 1940) au cours de laquelle la 13e demi-brigade de la Légion étrangère participa à la première victoire alliée de la guerre.

Propos recueillis par Jean-Jacques Dard

Traduction

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