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2017




Raoul Lufbery, un Américain dans la Grande Guerre

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http://theconversation.com/

14 juin 2017

Raoul Lufbery comptait à sa mort 17 victoires homologuées et 15 probables. Wikipédia


« Lafayette here we are ! » telle est la phrase que prononça le lieutenant-colonel Charles Stanton sur la tombe du héros des deux mondes. Si l’année 1917 marque officiellement l’entrée en guerre des États-Unis, dès 1914, des volontaires américains se battaient déjà au côté des Français. Le major Lufbery faisait partie de ces américains engagés dans l’armée française.

L’arrivée du Général Pershing et des premières troupes le 13 juin 1917.

En quête de Patrie

Né en 1885 d’un père américain et d’une mère française, il grandit en France chez sa grand-mère maternelle. Une situation peu banale à cette époque, qui le prive un temps de toute nationalité. En effet, jusqu’en 1927, la femme prenait la nationalité de son mari et perdait le bénéfice de la sienne. Pour l’administration française, la mère de Lufbery étant devenue américaine, son futur enfant se retrouvait soumis au régime de la loi du 26 juin 1889. Si celle-ci permettait à un étranger de devenir français, il devait pour cela attendre sa majorité, alors fixée à 21 ans, et être toujours domicilié en France.

Portrait officiel de Lufbery. Public domain

Aujourd’hui, une personne dans la même situation serait française dés sa naissance, car s’appliquerait le principe de double droit du sol : l’enfant né en France d’au moins un parent né en France, en l’occurrence sa mère, est français dès sa naissance. Mais à l’époque, si la loi du 26 juin 1889 permettait l’innovation du « double droit du sol », elle ne concernait alors que le père, et n’était pas encore étendue aux deux parents.

Lufbery ne peut pas non plus prétendre à la nationalité américaine, car aux États-Unis, le droit du sol prime sur le droit du sang. Il lui aurait fallu y habiter au moins cinq ans pour obtenir la nationalité de son père. Impatient, il trouve une alternative en s’engageant dans l’armée des États-Unis. Enfin américain, le soldat Lufbery est envoyé aux Philippines et y devient mécanicien.

L’Américain dans la légion étrangère

En 1914, quand la guerre éclate, Raoul Lufbery n’a qu’une idée en tête, revenir défendre sa patrie natale. Seulement, la loi des États-Unis interdit formellement de s’engager dans une armée étrangère, exposant ceux qui dérogeaient à la règle à perdre leur qualité et leurs droits de citoyen. À presque 30 ans, Lufbery n’en a cure, il devient légionnaire. Il écrit :

« Je ne considère pas que je me bats pour la France seule, mais pour la cause de l’humanité, la plus noble des causes. »

Une compagnie de la Deuxième Légion sur les Champ-de-Mars à Paris. Auguste Antoine Masse (1795-1836) -- Wikipédia

La Légion étrangère est instituée en 1831 par le Roi Louis-Philippe pour permettre l’incorporation de soldats étrangers dans l’armée française. Disposant d’un commandement particulier, ses règles de recrutement offrent aux engagés l’occasion de commencer une nouvelle vie et d’obtenir in fine la nationalité française.

Dés 1914, de nombreux Américains, souvent issus de familles fortunées, s’engagent pour la France. L’ambassadeur des États-Unis à Paris, Myront Herrick, écrit à Lufbery :

« Sans aucun doute, vous violez la loi, mais je sais fort bien ce que je ferais si j’étais à votre place. »

Au départ, cette présence américaine engagée dans l’armée française n’est pas vraiment mise en valeur. D’abord, la conception même de la Légion amène à mettre en retrait l’origine des volontaires au profit du drapeau tricolore. Ensuite, tout étranger fait l’objet de suspicion dans la France paranoïaque de 1914. Enfin, la Légion, par tradition, ne combat jamais en France métropolitaine. Le nombre de pertes oblige le commandement français à rompre cette tradition : le 11 novembre 1915 est ainsi créé le régiment de marche de la Légion étrangère.

Pour sa part, Lufbery n’aura que transité par la légion étrangère, il se fait transférer dès août 1914 dans l’escadron aérien de Marc Pourpe, et passera son brevet de pilote l’année suivante.

La bravoure des Américains et l’éventualité d’une entrée en guerre des États-Unis vont convaincre le commandement français de mieux valoriser les volontaires yankees.

La gloire de l’Escadrille La Fayette

Le 7 mai 1915, le paquebot RMS Lusitania est coulé par un sous-marin allemand avec à son bord plus de 1 200 passagers, dont près de 200 Américains. Cette tragédie est un tournant dans l’opinion publique américaine, jusque-là peu favorable à une intervention armée.

Discours du président américain Woodrow Wilson exhortant le Congrès à déclarer la guerre à l’Allemagne, Washington, 2 avril 1917. Wikipédia

Le mécène américain Norman Prince, brillant avocat diplômé d’Harvard et passionné d’aéronautique propose au commandement français de financer une « escadrille américaine » alors que le Président Wilson s’efforce de convaincre les Américains de l’utilité d’une intervention en France. Le 21 mars 1916, le département de l’armée de l’air français donne un avis positif, et fin avril 1916, l’escadrille La Fayette est déployée à Luxeuil-les-Bains.

Le 3 février 1917, le président Wilson annonce au Congrès la rupture des relations officielles avec l’Allemagne. Le 2 avril 1917, Wilson demande au Congrès de déclarer officiellement la guerre à l’Allemagne, ce qui sera fait 4 jours plus tard :

« L’Amérique doit donner son sang pour les principes qui l’ont fait naître… »

lancera le Président américain lors de son discours.

À la lumière de cette chronologie, l’Escadrille La Fayette apparaît autant comme une aide militaire qu’un moyen de propagande annonçant l’engagement d’une nouvelle force alliée.

Douglas MacMonagle à gauche et Raoul Lufbery à droite, le lion était le symbole de l’Escadrille La Fayette.

Raoul Lufbery, Norman Prince et l’escadrille vont être suivis dans leurs exploits par la presse nationale et locale. L’aviation, invention du début du siècle, fascine le grand public. Les victoires de Lufbery sont contées et racontées à travers livres et articles. Dés 1916, les aviateurs bénéficient d’une popularité dans une France en quête d’espoir.

Le socle des forces américaines

À la fin de l’année 1917, les forces aériennes américaines sont plus que sommaires : 55 appareils obsolètes et 35 pilotes en manque d’expérience. L’Escadrille La Fayette passe donc entièrement sous commandement américain afin de constituer l’ossature de l’aviation des États-Unis. Lufbery est promu major de l’armée américaine.

L’aventure de Lufbery se termine le 19 mai 1918, quand il se jette de son appareil en flamme. À l’époque, les avions n’étaient pas encore équipés de parachute. Les habitants de Maron recueillirent sa dépouille, et l’emmenèrent à la mairie, où une chapelle ardente fut improvisée. Dans ce petit village lorrain, personne n’a oublié cet aviateur américain mort pour la France.

L’hommage de tout un territoire

 

Monument aux morts devant l’église de Maron : une plaque en l’hommage à Lufbery y est apposée. G.Garitan -- Travail personnel

Le souvenir de Lufbery s’est transmis de génération en génération à travers des articles, livres, et bandes dessinées… Une rue dans son village natal de Chamalières porte son nom. Dans la commune de Maron où le héros est tombé, il est au cœur de ses commémorations. Dans le cadre de la Mission centenaire, une exposition sur Lufbery est mise en place avec la participation des élèves de l’école de Maron-Sexey.

La Communauté de Communes de Moselle Madon a aussi fait appel à des étudiants de l’Université de Lorraine pour effectuer des recherches sur la période, et organiser un cycle évènementiel à l’approche du centenaire de l’armistice. Enfin, une conférence sera donnée le 19 juillet prochain au Musée Lorrain de Nancy.

Dans l’Est Républicain en 1918, Thérèse Bernard concluait ainsi un poème dédié à l’aviateur :

« Honore Lufbery, son splendide courage,
À qui tous les Français rendent un juste hommage »


Le CEMAT au «4» pour Camerone

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30-04-2017

 

"Magnifique exception française, la Légion étrangère incarne à la fois l’intégration et la naturalisation dans leurs formes les plus abouties."

Cette année, une fois de plus, la grande famille légionnaire se regroupe et commémore avec respect, solennité et émotion, l’héroïque résistance du capitaine Danjou et de ses hommes. Sur tous les continents, des légionnaires, en activité ou en retraite, des familles, des amis, voire des admirateurs, vivent cette journée avec une intensité qui atteste du caractère fondateur de Camerone pour l’âme de la Légion étrangère.

La main du capitaine Danjou qui, au moment où je vous parle, remonte la Voie Sacrée de la maison Mère, fait figure de relique. Le récit du combat, que nous entendrons dans quelques instants, est d’essence liturgique. Les soixante-deux légionnaires tombés ce 30 avril 1863 sur le sol mexicain sont vénérés avec une inaltérable piété. L’hacienda dans laquelle résonnèrent leurs derniers souffles est un véritable lieu saint dans l’inconscient « vert et rouge ». Alors effectivement, Camerone est bien un acte fondateur, un acte qui structure toute la Légion étrangère et qui inspire tout légionnaire sa vie durant, un acte par lequel l’absolue diversité du recrutement se mue naturellement en absolue unicité de l’esprit de corps, illustrée de la plus belle manière lorsque le bloc insécable que vous formez descend les Champs-Elysée

Magnifique exception française, la Légion étrangère incarne à la fois l’intégration et la naturalisation dans leurs formes les plus abouties. L’engagé volontaire y devient légionnaire « quelles que soient sa nationalité, sa race ou sa religion » et parfois Français « non par le sang reçu, mais par le sang versé ».

Faire de ce « volontaire » un légionnaire est justement la mission principale de votre régiment. Cette étape sera symbolisée dans quelques instants par le rite de remise des képis blancs à la section du sergent-chef Sedlecklas. Messieurs les futurs légionnaires, souvenez-vous longtemps de cet instant que vous allez vivre en revêtant le képi blanc que vous méritez désormais de porter. Souvenez-vous de ces trois mots, « Legio Patria Nostra », que vous allez prononcer et qui vous engageront désormais. Souvenez-vous également des paroles de votre code d’honneur que vous allez réciter, ils devront guider vos pas dans la carrière mais également au cours de votre existence toute entière.

La force et la réputation de la Légion étrangère reposent pour beaucoup sur la qualité avec laquelle le « 4 » remplit sa mission d’instruction, une mission de l’ombre, mais une mission sans laquelle aucun régiment étranger des forces ne saurait survivre. Le message de Camerone nous rappelle justement qu’il n’y a pas de petite mission. Une simple escorte de convoi, qui ne semblait pas spécialement importante, est ainsi devenue l’illustre fait d’armes que nous commémorons aujourd’hui.

Messieurs les « fortes têtes », on peut dire que vous n’avez pas chômé depuis deux ans ! La remontée en puissance de la Légion étrangère, avant d’être une réalité fut un défi de taille, un défi face auquel vous étiez en première ligne, un défi que vous avez su relever avec le professionnalisme, l’enthousiasme et la sérénité qui caractérisent les troupes d’élite.

Le plan de charge de votre régiment à presque doublé. Le quartier « Capitaine Danjou » a été soumis à de redoutables contraintes d’effectifs. Vos permissions se sont raréfiées. Vos familles, que je tiens ici à remercier, ont payé leur écot à ce projet. 40 ans après sa création, 30 ans après son emménagement dans ce beau quartier, le « 4 », sous les ordres de son chef, le colonel Dufour, a démontré sa parfaite résilience.

L’armée de Terre vous félicite ; c’est le sens de ma présence parmi vous aujourd’hui. La France vous remercie ; c’est le sens de votre présence sur les Champs-Elysées le 14 juillet prochain.

Dans quelques instants, certains d’entre vous seront décorés. A travers les médailles qui orneront bientôt leur poitrine, chacun d’entre eux ajoutera – à sa façon – quelques lignes à l’histoire de la Légion. Recevez messieurs, mes sincères félicitations et celles de toute l’armée de Terre.

Je voudrais enfin souligner la présence de cadets de la Défense au milieu de nous aujourd’hui. Cela illustre à la fois la vivacité d’esprit de Défense en France et le parfait ancrage du régiment dans le Lauragais. Merci également aux nombreux Chauriens qui nous entourent à l’occasion de cette fête de famille. Merci enfin aux anciens du régiment, et notamment aux anciens chefs de corps, qui témoignent par leur présence de leur attachement à leur beau régiment.

A vous tous, légionnaires et amis de la Légion étrangère, la caporal d’honneur, que je suis, souhaite un « Joyeux Camerone » !

 


Général d’armée Jean-Pierre Bosser,
Chef d’état-major de l’armée de Terre
Ordre du jour N°43, du 30 avril 2017


Discours de Monsieur Jean-Yves Le Drian : «La Nation compte plus que jamais sur vous.»

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30-04-2017

 

"Je suis heureux et fier d’être à vos côtés. Continuez à servir avec honneur et fidélité, More majorum. La Nation compte plus que jamais sur vous.

Vive la Légion étrangère ! Vive la République ! Vive la France !"

Officiers, sous-officiers, caporaux-chefs, caporaux, clairons et légionnaires,

Aujourd’hui, à Aubagne et dans toutes les unités de la Légion étrangère, chez tous les anciens, et partout dans le monde où flotte son fanion vert et rouge, la grande famille des légionnaires célèbre le 154e anniversaire du combat de Camerone.

Plus d’un siècle et demi a passé, et la compagnie du capitaine Danjou est entrée dans la légende. Légionnaires, cette légende est la vôtre, celle que vous maintenez vivante en la célébrant aujourd’hui, en demeurant fidèle à la leçon de volonté et d’abnégation de vos anciens. C’est la leçon de courage de ces soldats devenus des héros ; la leçon d’énergie pour les chefs capables, par leur exemple, de faire que leurs hommes donnent le meilleur d’eux-mêmes.

La flamme de Camerone, je la retrouve dans vos regards. Je la rencontre dans la vie du sergent-chef Phong Nguyen Van et de ceux qui l’accompagneront lorsqu’il remontera la voie sacrée, portant la main du capitaine Danjou, cette relique qui inspire chaque légionnaire, du jour de son engagement au jour de son départ. Aujourd’hui, tous vos drapeaux portent dans leurs plis l’inscription glorieuse « Camerone 1863 ».

Cette année, nous rendons plus particulièrement hommage aux volontaires indochinois qui s’engagèrent comme supplétifs dans vos rangs lors de la guerre d’Indochine. Combattants extraordinaires de bravoure, à l’image des compagnies indochinoises parachutistes intégrées aux bataillons étrangers de parachutistes (BEP), ils ont marqué de manière indélébileotre histoire et celle de l’Indochine dont le destin tragique reste profondément inscrit dans la mémoire de la Légion étrangère. A jamais, les combattants de Cao Bang, Dong Khé et de la RC4, de Lang Son, Na San et de Diên Biên Phû ont pris place aux côtés des héros de Camerone.

Le combat de Camerone, s’il vous est propre, n’en incarne pas moins les vertus de nos armées, le respect de la parole donnée, la volonté indéfectible d’accomplir la mission jusqu’au bout, la solidarité entre frères d’armes, que la mort seule éteint, le courage, enfin, qui force l’admiration jusque dans les rangs ennemis. Camerone est la fête incontournable de la Légion étrangère. Le combat que menèrent ces 62 légionnaires est fondateur ; fondateur pour votre identité, fondateur pour tous ceux qui choisissent aujourd’hui de rejoindre vos rangs et d’avoir l’honneur de porter le célèbre képi blanc et pour qui « la mission est sacrée ».

En commémorant Camerone, nous rendons aussi hommage à ceux qui sont tombés cette année au service de la France, à ceux qui sont allés jusqu’au sacrifice suprême pour accomplir la mission qui leur avait été confiée. En cet instant solennel, mes pensées se tournent vers eux et vers leurs familles. Comme à Camerone, « la vie plutôt que le courage abandonna ces hommes ». Aujourd’hui au Sahel et au Levant, comme jadis au Mexique, hier en Afghanistan et demain, ailleurs encore, nos soldats portent haut les couleurs de la France dont ils sont à la fois l’honneur et la fierté. Mes pensées se tournent plus particulièrement aujourd’hui vers toutes les unités de la Légion étrangère déployées à travers le monde et qui célèbrent, en même temps que nous, cette date anniversaire.

En fêtant Camerone, nous saluons aussi tous ceux qui ont fait le choix de rejoindre vos rangs et, à travers elle, le choix d’un nouveau départ, au service de la France. Ce nouveau départ, cette chance donnée à qui veut la saisir, c’est l’un des plus beaux principes de la Légion étrangère, que chaque nouvelle génération de légionnaires incarne avec force. En lui, deux valeurs se conjuguent, deux valeurs qui sont la marque de la République : l’universalité d’abord, puisqu’à travers vous se rassemblent 150 nationalités, d’Europe, d’Afrique et d’Asie, des Amériques et de l’Océanie. Celle de la cohésion et de l’unité de l’intégration ensuite, puisque l’uniforme que vous revêtez, marqué de la grenade à sept flammes, c’est celui de la France, heureuse et fière de pouvoir compter sur vous pour la défendre, vous qui êtes fiers de la servir à titre étranger.

« Etranger devenus fils de France, non par le sang reçu mais par le sang versé », le légionnaire est ainsi cet homme qui, cherchant un nouveau départ, se voit accueilli dans la grande famille légionnaire qui lui ouvrira les portes d’une nouvelle patrie dont il deviendra bien souvent un enfant. Ainsi, les décrets de naturalisation que je remettrai dans un instant à deux légionnaires témoignent de la reconnaissance du pays à ceux qui ont tout donné pour lui.

La Légion étrangère est une force d’exception. Sous le fanion vert et rouge, vous répondez d’un engagement d’autant plus admirable que nombre d’entre vous se sont mis au service d’un pays qui n’était d’abord pas le leur, mais dont vous vous rendez dignes, par vos faits d’armes, et par le sens que reçoivent ici les mots de patrie, de dévouement et de courage, d’honneur et de fidélité.

C’est justement le thème de la cérémonie de cette année : « Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité ». Volontaire, vous l’êtes tous. Que vous soyez légionnaires, sous-officiers, officiers, vous êtes volontaires pour servir la France, partout où le chef des armées décide de vous envoyer. Tous, vous avez osé un jour - et il faut aussi avoir de l’audace pour l’oser ! - franchir le pas et vous présenter ici. Volontaires, vous venez d’horizons différents, mais tous, c’est un même idéal qui vous inspire, une même fraternité qui vous soude les uns aux autres ; c’est un même engagement qui vous rassemble, comme il vous lie à tous ceux qui vous ont précédé dans cette voie exigeante et dont l’exemple vous guide.

Vos missions, vous pouvez les accomplir grâce à la formidable solidarité qui vous lie les uns aux autres, à l’entraînement comme au combat. Je respecte la force de vos traditions que ce jour illustre avec éclat. J’admire votre esprit de corps et l’alchimie extraordinaire qui existe entre légionnaires. Ces valeurs sont le ciment de la famille que forme la Légion étrangère, comme en témoigne votre devise « Legio patria nostra ».

Vous accomplissez aussi ces missions avec les moyens renforcés dont vous avez été dotés. Je pense bien sûr au formidable défi du recrutement que tous les régiments de la Légion étrangère relèvent avec enthousiasme, depuis que le Président de la République a décidé de faire passer la force opérationnelle terrestre de 66 000 à 77 000 hommes. Dans la réalisation de cet effort de défense historique, la Légion se tient au premier rang.

En m’adressant à vous tous, légionnaires, qui allez et venez dans la légende d’un combat qui vous rassemble, et plus encore, qui vous ressemble, je veux vous exprimer toute la confiance que la Nation place dans la Légion étrangère, toute l’admiration aussi que lui inspire ceux qui, en venant de tous les horizons, ont fait le choix de la servir, les armes à la main.

Je suis heureux et fier d’être à vos côtés. Continuez à servir avec honneur et fidélité, More majorum. La Nation compte plus que jamais sur vous.

Vive la Légion étrangère ! Vive la République ! Vive la France !

 

Monsieur Jean-Yves le Drian, Ministre de la Défense
Discours prononcé lors de Camerone 2017, à Aubagne


Commémoration de «La sortie de vive force» de Bir-Hackeim.

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Le 10 et 11 juin 2017, 75 ans après, la 13 DBLE célébrera à Paris la brève et glorieuse épopée de Bir Hakeim qui dura du 25 mai au 11 juin 1942.  Une poignée de Français Libres, dont les légionnaires de la 13e DBLE, obligeait l’ennemi à s’avouer vaincu. Les combats furent acharnés en particulier lors de la « sortie de vive force » du 10 au 11 juin.


A partir de l'exposé du général Saint-Hillier, compagnon de la Libération (1954)

 

La Brigade Française Libre

 

Les Alliés vivent la phase la plus critique de la guerre ; ils subissent partout des échecs. Les Japonais sont en Birmanie et menacent les Indes. La chute de Singapour est la première défaite infligée au monde occidental. Les divisions australiennes et néo-zélandaises quittent le Moyen-Orient pour aller défendre l’Australie menacée. Sur le front Russe, les Allemands foncent sur la Crimée. Les Germano-Italiens écrasent Malte sous les bombes. En Libye, Rommel est vainqueur dans la bataille du désert. Mais au moment où les forces de l’Axe semblent prêtes de gagner la guerre, la providence choisit, dans le désert, le grain de sable qui enrayera la machine et redonnera une raison d’espérer à la France.  Ce grain de sable, c’est la Brigade Française Libre, cette raison d’espérer, c’est Bir-Hackeim.

Un croisement de pistes rendu remarquable par de légers monticules, faits des quelques ruines ensablées d’un petit poste méhariste italien, avec son abreuvoir inutile, bâti près d’un puits aujourd’hui comblé ; quelques moellons sur un rempart de terre rappellent qu’il existait, jadis, un fortin turc aujourd’hui disparu.C’est cet espace que le commandement britannique a confié aux Français de la 1re brigade. Il est situé à 80 kilomètres de la mer à l’extrémité de la position d’Aïn Gazala qui protège Tobrouk. Une large bande piégée d’un million de mines couvre, depuis la mer, la ligne de défense alliée. Elle a la forme d’un V qui enserre dans sa pointe la position de Bir-Hakeim.

Cette Brigade Française Libre est constituée de volontaires décidés à continuer la lutte jusqu’à la victoire. Elle est constituée d’unités aguerries au feu : fusiliers marins échappés de Dunkerque ou partis de Bretagne, légionnaires de Norvège ou ralliés de Syrie, marsouins vétérans de Tobrouk ou de Massaouah, Tahitiens, Néo-Calédoniens du Pacifique, les Nord-Africains de la 22e compagnie qui rassemble des Tunisiens, des Algériens, des Marocains.  Le général de Larminat commande la brigade. La vie à Bir-Hakeim est depuis février 1942 consacrée à l’organisation du terrain et à la pose de mines et de pièges tandis qu’à la tête de colonnes mobiles le général Koenig harcèle l’ennemi. C’est le 24 avril que le général Kœnig prend le commandement de la place forte de Bir-Hakeim, fonction aussi importante que dangereuse, comme l’avenir le prouvera.

Le 26 mai 1942, Rommel fait lire à ses troupes l’ordre du jour suivant : « L’arme blindée d’Afrique passe aujourd’hui à une attaque décisive contre les forces mobiles britanniques de Libye. […] Nous attaquerons et mettrons en déroute l’ennemi partout où il se présente. La qualité supérieure et l’ardeur au combat des soldats italiens et allemands, autant que la supériorité de notre armée, est une garantie certaine de victoire… »

La bataille est engagée

 

Dans l’après-midi du 26 mai, le bruit sourd d’une violente canonnade parvient du Nord où un combat frontal oppose les deux corps d’armée italiens et les Sud-Africains. la nuit tombe, Rommel a choisi la pleine lune pour attaquer. La bataille est courte et intense, elle dure moins d’une heure, 33 chars restent sur le terrain, les autres refluent en tirant. Du 28 mai au 1er juin, tandis que des combats violents de chars s’engagent dans Knightsbridge, le « chaudron du diable », la brigade se livre à une guerre de course sur les arrières de Rommel contre les convois de ravitaillement et les ateliers de réparation. Le général Norrie, commandant le 30e corps d’armée, adresse alors un message de félicitations à la Brigade Française pour son magnifique succès, sa résistance opiniâtre, son offensive et ses patrouilles. l’Afrika Korps recule, à court d’essence, à court de vivres, à court d’eau.  Le 30 mai, la bataille se déroule favorablement, le plan de Rommel qui prévoyait la prise de Tobrouk en deux jours a échoué. Une impression de calme règne ; Le bulletin de renseignement est optimiste : « les opérations se déroutent conformément au plan du commandement britannique. Celui-ci pense poursuivre l’Afrika Korps et le XXe corps italien qui reculent laissant sur place des chars en panne de carburant protégés par des canons de 88 mm. »

La brigade reçoit le 31 mai l’ordre de se tenir prête à partir vers l’ouest. Bir-Hakeim subit à cinq reprises une attaque en piqué des Stuka. La guerre de course se termine, impression confirmée par un message laconique du 30e corps : « les Allemands sont partout et semblent ne plus manquer d’essence ». Au matin du 2 juin, deux parlementaires italiens viennent sommer le général Kœnig d’arborer le drapeau blanc, d’abandonner ses armes pour se rendre au général Rommel « Grand vainqueur de Libye ». Au refus courtois du général, les Transalpins répondent en français : « Vous êtes de grands soldats ».

Le siège

 

Maintenant l’ennemi encercle Bir-Hakeim et les combats entrent dans une nouvelle phase. Le siège commence, l’ordre de mouvement de la brigade est annulé.  Le 3 juin, le colonel général Rommel fait porter un message au général Kœnig. Il lui conseille la capitulation « pour éviter une effusion de sang ». Les salves des canons du 1er RA lui portent la réponse et le général Kœnig adresse un ordre du jour à la garnison, « sûr qu’il est que chacun de nous fera son devoir ».  Jusqu’au 6 juin, la défense résiste à la pression de deux divisions, la Trieste et la 90e légère allemande, et de trois détachements de reconnaissance. Précédés de vagues de bombardiers Stuka, 13 en deux jours, appuyés par les tirs de dix groupes d’artillerie, les Allemands et les Italiens avancent jusqu’à moins de 1 000 mètres des premiers éléments, les artilleurs ripostent, mais les armes automatiques sont l’une après l’autre prises à partie, par des canons d’infanterie de 50, terriblement précis. La RAF alertée à chaque passage de la Luftwaffe intervient dans de violents combats aériens.

La BBC annonce : « La défense de Bir-Hakeim par les Français Libres est un exemple pour tous » et le général Kœnig reçoit du général Norrie, commandant le 30e corps d’armée, un message « Excellent travail, tenez bon. Toutes mes félicitations. Tout va bien. »

Aux portes de l’enfer

 

Mais, au Nord de Bir-Hakeim, une large brèche a été ouverte dans le champ de mines et la 21e division blindée allemande se masse, prête à intervenir. Un plénipotentiaire vient à nouveau exiger la reddition de la place, au refus du général de le recevoir suit un bombardement de tous calibres, en représailles.

Les attaques se succèdent, des blindés interviennent. Le 7 juin le bruit de mouvements de troupe, dans le brouillard épais qui prive de toute visibilité, présage le pire. Le troisième acte du combat de Bir-Hakeim se joue : Rommel commande l’assaut, à la suite de l’ordre reçu du commandant suprême des forces de l’axe « d’éliminer Bir-Hakeim » car « désormais cette position est devenue à la fois un objectif politique et militaire ». Rommel fait venir deux fameux Stürmstaffel, les troupes d’assaut du colonel Hacker, un peloton de cinq chars lourds brandebourgeois et l’artillerie de siège destinée à la conquête de Tobrouk : les canons de 88 se sont approchés à la faveur de la nuit et tirent à vue directe sur les tranchées. Les positions  sont désormais attaquées simultanément.

De retour à son PC, le général Rommel écrit sur son carnet de route : « Malgré son mordant cet assaut est repoussé… c’est un magnifique exploit de la part des défenseurs. ». Le général Kœnig est obligé de remanier le dispositif du quartier Nord qui a beaucoup souffert. Les derniers vivres sont distribués, on donne ce qui reste d’eau, un gallon par homme pour les jours à venir.

Le 9 juin, Bir-Hakeim n’est entamé que sur la face nord, où les Allemands pénètrent dans les premiers  bastions. Et ce malheureux secteur va au lever du brouillard matinal subir le tir rasant de quatre canons de 38, la précision de six canons de 50, et le harcèlement de cinq groupes de mitrailleuses de 20 mm. Bientôt des mortiers d’infanterie et des canons lourds se mettent de la partie. Cette préparation dure une heure, supérieure en intensité aux plus forts matraquages de Verdun en 1916. Puis 60 bombardiers déversent leurs bombes. « Les escadrilles de la Luftwaffe, écrit Rommel, devaient continuellement survoler Bir-Hakeim et elles subissaient des pertes importantes ce qui provoquait la colère de Kesserling». Dans l’après-midi, les troupes d’assaut s’élancent après un nouveau bombardement de la face nord exécuté par 42 Junkers. Sous le feu intense d’infanterie et d’artillerie l’ennemi avance en formation serrée et vient au contact.

En même temps dans le sud, l’attaque progresse, tous les antichars sont détruits. Les contre-attaques laissent des centaines de cadavres Allemands sur le sol. Le général Kœnig confie le commandement du quartier du fort au chef de bataillon Savey, ainsi naquit en pleine bataille le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique.

Un dernier bombardement d’aviation a lieu à la tombée de la nuit sur le PC de la brigade.  Au soir du 9 juin, si le moral est bon, en revanche la situation matérielle est difficile. Il ne reste que 160 coups par pièce d’artillerie, 50 obus par antichars, 100 par mortier. Les vivres sont à peu près épuisés.

Un message du général de Gaulle, transmis par le général de Larminat, arrive « Général Kœnig, dites à vos troupes que la France vous regarde et que vous êtes son orgueil. »

La sortie de vive force

« Mon ami, cette nuit, nous monterons tous au paradis – Laissez passer !»

Le commandement allié fait savoir au général Kœnig que sa résistance n’est plus essentielle pour le déroulement de l’ensemble de la bataille : il lui demande de choisir entre l’évacuation de la position ou le maintien sur place avec ravitaillement par avion. Le général, ayant constaté l’inefficacité des livraisons par air, opte pour la sortie dans la nuit du 10 au 11 juin. Il faut tenir jusqu’au soir du 10 juin.  Des obus tombent partout sans but précis. Au début de l’après-midi 130 avions bombardent la face nord et aussitôt l’assaut débouche, appuyé par dix chars roulant dans les éclatements d’un violent tir d’artillerie.

Jusqu’au soir la position subit des tirs d’artillerie continus et une nouvelle attaque suit l’intervention de 100 bombardiers Junker. La DCA tire sans arrêt, les équipages de marins restent debout à leurs postes malgré les bombes. L’artillerie utilise ses derniers obus, elle aura ainsi tiré, durant le siège, 42 000 coups de 75 et 3 000 de 25 livres.  Mais la journée n’est pas finie, elle promet d’être rude pensent les légionnaires voyant leurs officiers se raser dans le dernier quart d’eau et changer de tenue. Selon la formule du lieutenant-colonel Amilakvari « Il faut être propre pour mourir».  À court de munitions, de vivres et d’eau, la brigade se prépare à quitter de vive force les lieux emmenant les blessés et l’armement lourd intact. Tout ce qui ne peut être emporté est détruit, les paquetages lacérés, l’essence répandue sur le sable. Les sapeurs ouvrent et jalonnent un couloir dans le champ de mines et les unités se massent pour l’assaut. À 22 h 30 la colonne de véhicules est prête à sortir.

Vers minuit quinze, les 2e et 3e Bataillons de Légion franchissent à pied la chicane et déblaient les nids de mitrailleuses au fur et à mesure que les allemands se révèlent devant eux. Le BP1 s’y engage au moment où l’ennemi lance des fusées et tire des rafales lumineuses de mitrailleuses lourdes. Des véhicules brûlent, la confusion est immédiate, les unités mélangées refluent, le plan de feu ennemi est impressionnant. Au-delà du champ de mines, le spectacle est hallucinant et la bataille gagne en intensité. Le légionnaire Alberto Rachef témoigne : « Se frayer un chemin parmi les morts et les vivants, amis et ennemis entremêlés, ne pas sauter sur les mines, se battre au corps à corps pour forcer le passage, le tout sous une pluie de mitraille, arrosé au lance-flammes dont les lueurs rougeoyantes trouant l’obscurité ajoutaient au spectacle quelque chose de diabolique… ». Derrière les brenn carriers, les ambulances s’enfoncent dans la nuit. C’est la fuite en avant, les actes individuels de courage sont nombreux ; chacun conquiert sa liberté en passant sur le corps de l’ennemi. Le lieutenant Dewey de la 13 DBLE, charge jusqu’à la mort, son brenn carrier, éventré, finit sa course en écrasant les servants du canon de 50 qui l’a frappé. En pleine sortie sous les balles, un légionnaire appelle le Père Lacoin « Monsieur l’aumônier, j’ai ici un mourant, arrêter-vous ! » ; celui-ci qui ne pouvait pas s’arrêter, lui crie « Mon ami, cette nuit, nous monterons tous au paradis ! Laisse passer ! ».

À 7 h 30, la brume se lève, la colonne de secours décroche emmenant 2 000 rescapés de l’enfer. Quelques isolés rejoindront plus tard, retrouvés par les patrouilles d’automitrailleuses, d’autres seront capturés ou périront dans le désert à jamais inconnus. A midi, le poste de Gasr el Abid, sur la frontière, annonce que Koenig et Amilakvari y sont sains et saufs.

Durant le siège, 224 hommes ont été tués ou blessés grièvement. Au cours de la sortie il y aura 41 tués, dont 15 officiers, 125 blessés et 813 disparus.  Le 10 juin, la 15e Panzer arrive pour participer, avec la 90e légère, « la Trieste » et des groupes de reconnaissance, à l’assaut final et donner le coup de grâce aux Français. Le 11 juin, un bombardement aérien massif de 100 avions bouleverse la position que pilonnent au même instant 21 groupes d’artillerie. Les chars et l’infanterie s’avancent, face à eux quelques isolés, blessés pour la plupart, tirent leurs dernières cartouches, la surprise est totale, l’ennemi a du mal à comprendre ce qui s’est passé, en cette nuit d’apocalypse.

Le 15 août, le cargo Nino Bixio transporte 400 prisonniers vers Brindisi, il est torpillé par un sous-marin. Cent cinquante-quatre survivants de Bir-Hakeim trouvent ainsi la mort, disparus en mer.

 

Quelles furent les conséquences du combat et de la victoire de Bir-Hakeim ?

 

Elles furent nombreuses et ne peuvent être limitées aux pertes infligées à l’ennemi. Tout d’abord une victoire stratégique a été remportée. En fixant durant neuf jours la totalité des forces de Rommel, la brigade sauve la VIIIe armée du désastre. Les Alliés ont le temps d’occuper la position de résistance d’El-Alamein avec des divisions fraîches récemment arrivées. « Sans la résistance de Bir-Hakeim, déclare M. Churchill, la guerre eut duré deux ans de plus ». Bir-Hakeim est aussi une victoire morale, Hitler lui-même reconnaît que « les Français sont les meilleurs soldats du monde, après les Allemands, Bir-Hakeim en est la preuve ». Bir-Hakeim est enfin une victoire aérienne, Rommel a obtenu pour le front de Libye la priorité du soutien aérien au détriment du front russe. Le général von Valdau, commandant l’aviation de Libye, proteste contre l’usure et la fatigue des pilotes engagés sans arrêt sur Bir-Hakeim ! Le maréchal Kesserling affirme : « les avions utilisés sur Bir-Hakeim ont durement manqué à Stalingrad. »

En France, des tracts, revues et journaux clandestins commentent cette première revanche française prise sur les Allemands.  Dans plusieurs départements, des maquis prennent le nom de Bir-Hakeim. L’âme de la Résistance se fortifie de notre lutte et nos morts vont faire lever par centaines des combattants de l’Intérieur.

Au plan politique, au cours des mois qui précédèrent Bir-Hakeim, les rapports entre le Général et Winston Churchill étaient devenus très difficiles. Les ingérences de nos Alliés au Levant, la prise de Madagascar en étaient la cause. Le Premier ministre britannique saisit alors l’occasion qui se présente à lui et renoue des relations cordiales avec le chef de la France Libre : Madagascar est rendue à l’administration française.

Nul n’a su mieux que le général de Gaulle exprimer l’importance du sacrifice consenti par ses  volontaires : « La Nation a tressailli de fierté en apprenant ce qu’ont fait ses soldats à Bir-Hakeim. Braves et purs enfants de France qui viennent d’écrire avec leur sang une des plus belles pages de gloire. »

Winston Churchill, recevant, le 10 juin 1942, le général de Gaulle, lui a dit : « C’est un des plus hauts faits d’armes de cette guerre. »


Camerone Autrement

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Dans cette terre chaude du Mexique, pour ces soldats français venus d’Afrique du Nord, chaque soir ils attendaient le lendemain avec calme et sérénité, sur le principe partagé qu’un lendemain ne pouvait être que radieux et chantant puisqu’il était fait pour parfaire la tâche entreprise la veille.

Dans cette région humide et chaude, nos soldats commençaient leur journée par des gestes lents et mesurés, l’un préparant le café, l’autre surveillant les alentours et celui-ci s’affairant à équiper les mules avant le départ de la compagnie. Chaque action entreprise le matin étant conçue comme la suite de celle commencée la veille et l’amorce à entreprendre pour celle de demain… la routine !

Depuis qu’ils étaient partis de leur cantonnement pour remplir cette mission que seuls les officiers en connaissaient le but, chaque jour avait son lendemain, chaque lendemain son soir, de quoi préparer un nouveau lendemain… Les jours passaient inlassablement sans pour autant cesser les activités ce qui permettait aussi de dire qu’ils se ressemblaient.

Or, il advient qu’un jour, qu’un matin, se détachaient en ombres chinoises dans l’horizon proche, un groupe de cavaliers mexicains en mouvement se détachait, affichant une hostilité programmée et la mission secrètement gardée se révélait dans toute sa brutalité aux hommes du capitaine Danjou.

L’homme chargé de faire le café donna un grand coup de pied dans le chaudron ce qui déclencha le signal d’alerte, chacun compris que ce matin là serait probablement sans lendemain.

La commémoration du combat de Camerone nous unit, elle nous permet d’afficher nos valeurs et d’exprimer notre attachement à l’alchimie transportée jusqu’à nos jours des légionnaires du capitaine Danjou qui nous ont donné l’esprit de Camerone et cette commémoration, instant impalpable et insaisissable où la main est présentée et portée par un des nôtres.

Instant présent où nous sommes solidaires avec le sergent-chef (er) Van Phong N’Guyen et honorés de le savoir entrer dans la légende des   porteurs de la main en ce 154e anniversaire du combat de Camerone.

More Majorum.

C. M.


Camerone 2017, hommage particulier aux volontaires supplétifs indochinois.

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Publié le 10/03/2017

Le général commandant la Légion étrangère Jean Maurin avait rendu officiel, en janvier, le thème de l’année 2017 pour toute la Légion : « légionnaire, tu es un volontaire ». Dans la continuité de ce message,il a souhaité souligner le rôle déterminant des volontaires indochinois qui ont combattu comme supplétifs dans les rangs de la Légion. Ces «frères d’armes » seront représentés par le sergent-chef (er) N’Guyen Van Phong, futur porteur de la main du capitaine Danjou, à l’occasion de la commémoration du combat de Camerone, à Aubagne le 30 avril 2017.

Le général commandant la Légion étrangère Jean Maurin avait rendu officiel, en janvier, le thème de l’année 2017 pour toute la Légion : « légionnaire, tu es un volontaire ». Répété à chaque occasion, il permet à la communauté Légion de se retrouver durant toute l’année autour d’un message fort et fédérateur qui s’impose à chaque régiment. Cette année, le message est le premier article du code d’honneur de la Légion étrangère, instauré dans les années 80 : « Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité ». Et dans cet article, le mot « volontaire » sera mis en avant. Il rappelle symboliquement le premier pas, le premier acte de volontariat, qui a amené chaque légionnaire, chaque sous-officier, mais aussi chaque officier à venir servir la Légion étrangère.

Bérêt blanc des CIPLE | Collection du musée de la Légion étrangère

Dans la continuité de ce message, le général a souhaité souligner le rôle déterminant des volontaires indochinois qui ont combattu comme supplétifs dans les rangs de la Légion. L’Histoire retient cet épisode comme celui du « jaunissement » (1950 – 1954).

A toutes les époques, l’armée française eut recours à des soldats indigènes dans ses territoires coloniaux. Mais, jusqu’à la guerre d’Indochine, la Légion y échappa. L’introduction de réguliers indochinois dans la quasi-totalité des formations légionnaires fut décidée pour remplacer les pertes subies sur la RC 4 ; le général de Lattre de Tassigny accéléra le processus. Si la Légion fut attentive à ne jamais dépasser un volume trop important, au risque de trop ressembler à la Coloniale, chaque bataillon était prévu en compter jusqu’à 400, pour arriver à 1 200 hommes. Plusieurs méthodes furent employées : l’amalgame avec les compagnies indochinoises parachutistes de la Légion étrangère (CIPLE) dans les BEP, la substitution dans les unités spécialisées, ou la mise sur pied de bataillons mixtes dès leur constitution. Les supplétifs apportèrent leurs techniques de guérilla, leur connaissance du terrain, leurs méthodes non conventionnelles. La Légion, ainsi qu’elle avait appris des espagnols, des russes, des allemands, gagna un élément précieux avec les supplétifs indochinois : la souplesse. Faut-il rappeler cet épisode, lorsqu’un légionnaire hongrois ordonne un « mau-len, mau-len » répercuté par un supplétif indochinois qui crie « schnell, schnell ». L’amalgame a fonctionné entre frères d’armes. Plus de 2 000 d’entre eux ont été tués au combat. Une plaque à leur mémoire sera dévoilée au musée après la prise d’armes de Camerone, le 30 avril 2017.

le sergent-chef (er) N’Guyen Van Phong reçu par le général Maurin le 13 mars 2017

Parmi ces «frères d’armes », le général Jean Maurin vient de désigner le sergent-chef (er) N’Guyen Van Phong pour les représenter. Il sera le futur porteur de la main du capitaine Danjou à l’occasion de la commémoration du combat de Camerone, à Aubagne le 30 avril 2017.

Né le 21 décembre  1935 au Nord Vietnam à Noi Bai, il s’engage à dix-huit ans pour servir comme supplétif au 32e bataillon de marche de tirailleurs sénégalais  (32 BMTS) du Corps expéditionnaire français. D’abord à la 329e, puis à la 331e compagnie de supplétifs militaires, il servira ensuite au commando 14 en 1953. Il obtient trois  citations durant cette année. Un an plus tard, en mai 1954, il contracte un engagement au titre de la base aéroportée Nord (BAPN) et est affecté au 1er bataillon étranger de parachutiste (1BEP) d’abord comme supplétif, il porte le béret blanc. Le 19 septembre 1955, il est admis comme «légionnaire » par l’intendant militaire de Saïgon.  Il sera ensuite affecté au 2 BEP en 1955. Il est peu après rapatrié en Afrique du Nord. Le légionnaire Nguyen quitte sa terre natale, avec trois citations sur sa croix de guerre des TOE et un brevet de parachutiste, mais ne quitte pas pour autant la guerre. Lorsqu’il arrive en Algérie, les opérations militaires ont débuté depuis plus d’un an.

Grenadier-voltigeur « dynamique et courageux, volontaire pour toutes les sorties de jour et de nuit », il fait montre « des plus brillantes qualités de combattant ». En dix-huit mois, il est à nouveau cité à trois reprises et s’affirme comme un soldat éprouvé qui, après la perte de son chef prend le commandement de son équipe. En 1957, il s’illustre pour avoir « magnifiquement » donné l’assaut à des rebelles algériens. Cité une nouvelle fois mais cette fois–ci à l’ordre de l’armée, il se voit attribuer la médaille militaire « car par son action déterminée, il a été l’un des plus efficaces artisans d’un succès coûtant à l’adversaire soixante morts, six mitrailleurs, vingt pistolets mitrailleurs et trente fusils ». Caporal en 1958, caporal-chef l’année suivante, il est affecté à la 3ème compagnie saharienne portée de la légion étrangère (CSPL) en octobre 1960. Deux ans plus tard, il est promu sergent et, en 1963, la 3ème CSPLE qui est dissoute devient la 7ème compagnie portée du 4°REI. Le sergent Nguyen quitte définitivement l’Algérie en 1964 et rejoint ensuite la 13ème DBLE qui vient de s’installer à Djibouti. A son retour en 1967 il est affecté au 2ème REP et effectue le déménagement du régiment entre Bou-Sfer et Calvi. Il y est considéré comme une excellent chef de section. Il est naturalisé français en 1968 et se marie en 1970. Jeune sergent-chef affecté à la 2ème compagnie, il prend le commandement d’une section avec laquelle il sera projeté au Tchad où il reste une année (avril 1969-avril 1970). Le 19 juin 1971, le sergent-chef Nguyen est rendu à la vie civile après dix-huit ans de services loyaux.

N’Guyen Van Phong était, lors de la cérémonie de Camerone de 2010, accompagnateur du Chef de bataillon (er) Roger Faulques, porteur de la main. Officier de la Légion d’honneur (2003), médaillé militaire (1958), sept fois cité dont trois fois comme supplétif indochinois il est membre de l’association des commandos Nord Vietnam dont il sera longtemps le porte-fanion.

Les accompagnateurs seront au nombre de 11, à hauteur de un légionnaire par régiment. Ce choix met en valeur la continuité entre les anciens et les jeunes, par le biais de cet acte de volontariat qui les engage et les attache définitivement à la Légion étrangère.


Présentation de la Légion étrangère d’aujourd’hui au point presse ministériel du 27 avril, à Balard

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Publié le 27/04/2017

 

Pourquoi la Légion étrangère ?

La France a toujours eu à son service des soldats étrangers : compagnie écossaise, garde Suisse, hussards Hongrois, ou encore Mameluks. La « Grande Armée » napoléonienne rassemblait presque l’Europe entière. Mais ce n’est qu’en 1831, grâce à une loi de Louis Philippe, qu’est fondée la Légion étrangère, regroupant toutes les unités composées d’étrangers.  

Depuis, l’état français a souhaité préserver cette Légion constituée d’étrangers, et lui a renouvelé sa confiance, en acceptant de manière exceptionnelle que la Légion recrute, dès le temps de paix, des étrangers pour porter les armes de la France. Aujourd’hui, la loi du 24 mars 2005 portant statut général des militaires réaffirme cette volonté. Le décret de 2008, relatif aux militaires servant à titre étranger, encadre ce choix politique. Et c’est surement là, en premier, dans ces textes, que se trouve la légitimité de la Légion.

Et puis, cette présence continue depuis presque 2 siècles s’explique par la manière dont la Légion remplit son contrat… avec honneur et fidélité, avec le culte de la mission et la conception héroïque de celle-ci, sans rien attendre en retour et souvent au prix du sang. Pierre Messmer disait : “J’ai choisi la légion car je voulais faire la guerre avec des gens sérieux”. Nous sommes des soldats sérieux. La lecture rapide de l’histoire de la Légion le montre clairement. Ses combats sont ceux de la France. Il n’est pas question de mythe, mais bien de faits historiques, de sueur, de sang et de sacrifices. Les français savent tout cela. Ils savent que la Légion a toujours été le fer de lance de la France pour les opérations militaires rustiques, dans un environnement violent. Les livres d’histoire retiennent tous les combats qui ont taillé, à travers le monde, la réputation des légionnaires. Faut-il ajouter des mots aux 42 000 étrangers morts sous le képi blanc au service de la France ? C’est cela que les français applaudissent au passage de la Légion lors du défilé du 14 juillet.
Mais si la Légion perdure, c’est aussi parce qu’elle a su s’adapter. Et cette capacité est dans son ADN. La Légion s’adapte au monde, parce c’est de là que viennent les légionnaires. Elle s’adapte aux évolutions des guerres modernes, aux tactiques, aux zones difficiles. Elle s’adapte à l’environnement interallié, international. Elle s’adapte à la menace intérieure en participant aux opérations Sentinelle, Harpie. Elle s’adapte aux outils mis à sa disposition. Non seulement elle s’adapte, mais elle propose. Laboratoire pour la professionnalisation militaire conduite à partir de 1997, force de proposition pour l’armée de Terre pour la formation, la tactique, l’expérimentation de matériel. La Légion assimile les facteurs de progrès et elle le fait sans perdre ses fondamentaux.

De tout cela, il faut retenir que la Légion fut créée par un roi, qu’elle fit Camerone sur ordre d’un empereur et qu’elle offrit ses plus grands sacrifices sous la République... que son existence résulte de la loi… et que les français disent, comme le Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian en 2013,  leur« Fierté que ces étrangers, venus de près de 150 pays, aient fait le choix de la France. Fierté qu’ils aient choisi de la servir par les armes. Fierté enfin de pouvoir compter sur des soldats d’exception » ; ils soulignent « une troupe d’élite, reconnue dans le monde entier ». On ne se défait pas d’une pièce maîtresse.


Qu’est-ce que la Légion aujourd’hui ?

Elle reste avant tout une force combattante de l’armée de Terre, commandée par des officiers français. Forte de 8600 hommes, affectés au sein de onze régiments d’infanterie, de génie ou de cavalerie. Elle représente 11% de la FOT, 9% de l’armée de Terre et 7% des terriens. Elle est pleinement intégrée dans la maquette moderne de l’armée de Terre et participe massivement à la remontée en puissance de la Force opérationnelle terrestre à 77 000 hommes. Sur 33 unités élémentaires créées dans ce cadre, 12 le sont au sein de la Légion étrangère… soit 1/3 de l’effort.

Dès lors, après avoir connu des plans de recrutement à moins de 1 000 engagés, la Légion recrute 1 800 légionnaires dès 2015, 1 700 en 2016 et ouvre un plan de recrutement à 1 300 candidats cette année… Aujourd’hui les engagés de 2015 arrivent dans leur parcours de formation. 640 caporaux, 200 sous-officiers, et quelques 1200 spécialistes seront formés au 4e régiment étranger en 2017. C’est un volume considérable.

Début 2018, la Légion aura atteint tous ses objectifs. Alignée sur ses effectifs, elle aura retrouvé le volume qu’elle avait il y a 20 ans, en passant de 6700 à plus de 8900 hommes. Les nouvelles compagnies seront constituées, la 13 DBLE sera alignée à 1300 hommes, comme les autres régiments d’infanterie. Le personnel sera formé sur tout le spectre des spécialités nécessaires au maintien de la capacité opérationnelle des régiments. Elle aura formé l’encadrement nécessaire à sa nouvelle organisation. L’ancienneté moyenne des militaires du rang sera de nouveau autour des 7 ans, après avoir flirté avec le seuil des 5 ans en 2016. La Légion aura absorbé la vague sans avoir dégradé ni la qualité du recrutement, ni celui de la formation. Elle aura de plus, su préserver toute sa capacité opérationnelle durant cette manœuvre.

En termes de fonctionnement, le général commandant la légion étrangère exerce son autorité sur 11 régiments, en assure la cohérence et la cohésion dans les domaines de la gestion du personnel, de l’instruction et de la formation, de la protection et de la sécurité, de la communication, du patrimoine ou encore de la solidarité. Lui sont immédiatement subordonnés un état-major organique et trois formations spécifiques chargées de la formation (4 RE), du recrutement (GRLE) et du soutien (1 RE). Six régiments opérationnels (1REC, 1 REG, 2 REP, 2 REI, 2 REG, 13 DBLE) sont rattachés à une brigade de la Force opérationnelle terrestre (FOT) dont ils dépendent en termes d’engagement. Les deux derniers régiments (3 REI, DLEM) restent déployés outre-mer, comme force de souveraineté, et participent à la préservation des intérêts de la France et au maintien de la sécurité dans leur zone de responsabilité.

En plus d’être une force combattante, la Légion étrangère est une exception humaine… un système d’homme… Plus de 140 nationalités s’y côtoient… Plus de 40% d’occidentaux (US compris), presque 22% de slaves, moins de 15% viennent du continent africain, 11% d’asiatiques, 10% viennent d’Amérique latine. La Légion accueille tous les volontaires, dès lors qu’ils arrivent à satisfaire les tests de sélection. Seuls un peu plus de 20% y parviennent. En 2016, 1700 sur 8300. Nous prenons les meilleurs, sur simple déclaration d’identité. La suite est un contrat de confiance qui engage les deux partis. Cinq ans pour le premier contrat. Cinq années au service exclusif de la France, avec honneur et fidélité, baignées dans le culte de la mission. D’un côté l’acceptation non négociable du système dans sa totalité. De l’autre côté le commandement de la Légion étrangère offre la possibilité d’une autre vie, plus haute. Elle offre une famille “Legio patria nostra”, une estime réciproque, des valeurs intangibles : une véritable égalité des chances basée sur une culture du mérite, un système d’entraide et de solidarité, une fraternité puissante née dans les moments difficiles. Elle offre l’intégration par l’effort, dans la société française.

On ne vend pas du rêve ou de l’émotion. Pas question de flatter les particularités, les petites inclinations personnelles, les tendances ou autres futilités… Tu n’es pas tchèque ou bouddhiste, sportif ou protestant, jaune ou marié… tu es légionnaires, c’est tout. C’est un système rugueux, une histoire d’hommes qui donnent leur parole.


A propos d’hommes, qui sont les légionnaires ?

Têtes brûlées au passé trouble, aristocrates ruinés, amoureux déçus, idéalistes exaltés, enfants du malheur, âmes perdues… les clichés ont la vie dure, nous en avons joué, le cinéma les a portés, la presse en fait encore ses gros titres… la réalité est un peu différente. Le légionnaire est avant tout un jeune homme de son époque. Il a 23 ans en moyenne, a déjà une certaine maturité et une certaine expérience, souvent militaire. Il a un bon niveau général, est en bonne condition physique. Il y a toujours celui qui vient parce qu’il a faim, parce qu’il veut effacer ses premiers pas maladroits dans la vie, parce qu’il cherche une aventure que n’offre plus la société moderne… mais aujourd’hui nous avons surtout celui qui, ayant tout réussi, dans le sens social où on l’entend de nos jours, décide de venir s’engager parce qu’il sait trouver à la Légion cette fraternité franche, cette considération basée sur ses seules compétences, cet apprentissage de valeurs qui le dépasse, une famille qui se revendique, la texture des mots importants comme le courage, l’entraide, la solidarité. Et cette possibilité de tremper ces mots dans les situations les plus abruptes.


Charles Morlaix... de Dunkerque et de nul part...

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Lettre du Président du Comité National d'Entente des associations patriotiques et du monde combattant au Président de la République.

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