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Guerre totale dans les rues de Pontarlier

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07/11/2013

Courses, ordres criés, rafales de balles à blanc, grenades « lacrymo » vertes… La prise des ponts du centre-ville en plein flux des passants et des véhicules, hier en fin d’après-midi,
a été particulièrement impressionnante. Photos Nicolas BARREAU et Willy GRAFF

Pontarlier, ville libérée ! Hier, 350 légionnaires en exercice ont donné l’assaut… Les combats de rue, fictifs mais tonitruants, se poursuivront aujourd’hui. Du très grand spectacle.

«Maman, j’ai vu une grenade ! », s’extasie Théo, 8 ans, ses poches déjà remplies par trois douilles ramassées sur le trottoir. Même pas peur. Autour de lui pourtant, sur le pont de l’hôpital, vient de se déchaîner un enfer de tirs et de cris… Théo est habillé en vert, lui aussi, comme ces grands et forts légionnaires. Mais fluo, son vert. « On sortait de chez l’opticien quand ça a commencé », sourit la mère. « Nous, on était au courant de cette opération, on l’a lu dans le journal. Mais pour ceux qui ne savaient pas, ça doit faire bizarre… »

Tout au long de la journée, hier, Pontarlier a vécu au son des fusillades fictives, démultipliées par l’écho des bâtiments. Averses de balles entrecoupées d’averses de pluie…

« Je suis sortie en jogging et ils étaient juste là »

Après la conquête matinale de l’aérodrome sous un glaçant crachin écossais, deux compagnies du 2e REP se sont partagés la ville. Leur objectif : chasser, traquer et éliminer l’ennemi, joué par des soldats venus spécialement de Colmar. Au 11, rue de la Paix ou dans l’ancienne caserne des pompiers, ces « vilains » ont tenu comme ils ont pu. Avant de faire tomber le casque, signe qu’un tir assassin les a fauchés.

De longues plages de silence entre les rafales étaient mises à profit par les libérateurs pour se coordonner. Une règle essentielle dans le combat rapproché. En zone urbaine plus qu’ailleurs, l’extrême prudence est le fil qui, pour cette élite de l’armée française, sépare la vie du trépas. La Légion étrangère travaille ici à balles à blanc, mais meurt, sur le terrain, aux quatre coins du monde sous le feu de vraies munitions.

« J’ai entendu’’tac-tac-tac’’ devant chez moi, je suis sortie en jogging et ils étaient juste là », raconte, exaltée, cette habitante du centre-ville, « je leur ai demandé de m’attendre pour que je monte chercher mon appareil photo. » L’interaction permanente entre soldats et civils a donné lieu, partout, à des scènes délicieusement croustillantes. Telle cette poignée d’adolescentes qui minaudent devant un sous-officier. Ou cette vieille dame qui, spontanément, renseigne un sergent-chef sur les mouvements ennemis… « Vous pouvez y aller, ils sont partis ! »

Partis car harcelés. Quelques minutes plus tôt en effet, au niveau de la porte Saint-Pierre, quatre parachutistes ont réussi un coup fumant. En galopant cachés derrière une camionnette en circulation, ces diables ont jailli pour « exécuter » une faction d’occupants postée au pied de la mairie. Du boulot de haut vol. « Ils nous l’ont mise en beauté », acquiesçait tout sourire un « mort », bon perdant.

À la tombée de la nuit, la poche hostile basée sur le pont de l’hôpital a donc été nettoyée, au grand bonheur de Théo. L’œil expert du colonel Desmeulles, chef du 2e REP, ne laisse rien passer : « Ça se déroule bien, même si là, il y a plein de choses à redire. Ce genre de sites, avec les civils à gérer en temps réel et ces détails comme une poubelle ou un panneau publicitaire, ça vaut tous les meilleurs villages d’entraînement du monde. »

Cette nuit, en partie libérée, Pontarlier a dormi sur ses deux oreilles. Oreilles qui, ce matin, seront à nouveau drôlement chatouillées. Malgré la fatigue qui éreinte l’esprit et le corps des légionnaires, les combats vont reprendre dans la ville et sur ses hauteurs… Sous le regard ébahi ou bienveillant - au choix – de ses habitants.

Retrouvez le récit heure par heure de l'assaut, les photos, les vidéos, dans notre rubrique "Jura 2013"

Willy GRAFF


Traduction

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