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1926

Les Échos des anciens combattants - 04/1926

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« LA LEGION » Compte rendu de la réunion du 13 février 1926

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Les Échos des anciens combattants - 04/1926

 

« LA LÉGION» (Société de secours mutuels des anciens officiers, sous-officiers et soldats des régiments étrangers).

Compte rendu de la réunion du 13 février 1926 :

La séance est ouverte à 21 heures, sous la présidence du camarade Maurer, son président, assisté des camarades Mäder, Hildibrand et Kauffmann, vice-présidents; Van Grasdorf, secrétaire général; Carket, trésorier général; Cuérel, secrétaire adjoint; Adamovitch, Gros, Oswald, Goldstain et Baudson, membres du Conseil d'administration, ainsi que du camarade Nordemann, vice-président honoraire.

Le président donne la parole au secrétaire général pour la lecture du procès-verbal de la réunion de janvier, qui est adopté sans observation.

Le président souhaite la bienvenue à M. le général Baulet-Desbareau, qui a bien voulu répondre à son amicale invitation et donne ainsi une nouvelle marque de cette grande solidarité qui existe à la Légion entre tous les officiers, sous-officiers et soldats et fait connaître à l'assemblée que notre hôte de marque a eu le très grand honneur de commander le 1er régiment étranger de mars 1920 à janvier 1925; tous les camarades qui ont eu l'honneur de servir sous les ordres du général Baulet-Desbareau font une ovation chaleureuse à leur ancien colonel et le président souligne cette respectueuse manifestation en disant combien l'assemblée est heureuse de pouvoir constater que le général continu dans la vie civile les belles leçons de franche amitié qu'il a su imprégner à tous ceux qui ont eu l'honneur de servir sous ses ordres pendant cinq ans et il demande au général de l'autoriser à l'inscrire comme membre actif de la société, le général y consent et toute l'assemblée lui fait une nouvelle ovation.

Le général, très ému, se lève et félicite le président Maurer des éminents services qu'il a rendus à la patrie et que rappelle sa cravate de commandeur de la Légion d'honneur; il le félicite aussi de l'autorité, de l'intelligence et du dévouement qu'il apporte dans la présidence de la F.F.A.M.C. et dans celle de cette admirable société de secours mutuels qu'est l'Amicale « La Légion », qu'il a créée et qui rend tant de services aux légionnaires libérés, en leur permettant de devenir d'excellents citoyens.

Le général exprime ensuite sa joie de se trouver au milieu d'anciens légionnaires.

Puis, il fait l'historique de la reconstitution de la Légion étrangère depuis la démobilisation des légionnaires engagés pour la durée de la Grande Guerre.

Mais il ne s'agissait pas seulement de créer, d'encadrer, d'instruire et d'entraîner des bataillons, des escadrons, des compagnies montées et des compagnies de sapeurs pionniers de chemin de fer, il fallait donner à la jeune Légion l'âme des légionnaires de Camerone et de Tuyen-Quan.

Pour permettre aux anciens légionnaires, à ceux d'avant-guerre comme à ceux de la Grande Guerre, de juger la jeune Légion, il faudrait évoquer tous les combats où elle s'est illustrée depuis 1920. Ce n'est évidemment pas possible au cours d'une seule causerie.

Le général suivra plus particulièrement un bataillon du 1er étranger au Maroc, en 1925, le 6e bataillon, commandé par le commandant Cazaban.

Le 22 avril 1925, le bataillon quitte ses garnisons de Saïda et du Kreider à l'effectif de 20 officiers et de plus de 300 légionnaires.

Dès les premiers jours de mai, il est rattaché au groupe Freydenberg et opposé aux troupes régulières riffaines.

Le 4 mai, il est à l'avant-garde du groupe mobile, qui a pour mission de délivrer le poste de Taounat. Malgré le feu des Marocains très bien abrités, il enlève les retranchements ennemis par une charge à la baïonnette, qui se termine aux portes du poste dont la petite garnison reçoit les légionnaires à bras ouverts.

Le 6 mai, le bataillon participe au ravitaillement du poste de Bab Bou-Ender. Pendant le décrochage, il est au poste d'honneur : à l'arrière-garde.

Le 22 mai, il prend part à l'opération, qui doit permettre l'évacuation du poste de Bou-Adel; il est à l'avant-garde à l'aller, à l'arrière-garde au retour. Il est constamment aux prises avec un ennemi supérieur en nombre et que n'effraye pas le combat corps à corps.

La garnison de Bou-Adel est sauvée.

Le 4 juin, il a pour mission d'occuper l'ancienne position du poste d'Astar pour protéger le repli d'un autre poste. C'est une position formidable, aux pentes abruptes, chaotiques et garnies de défenseurs. Il arrive au sommet et s'y maintient pendant 30 heures, malgré le feu précis de l'ennemi et de nombreuses contre-attaques qu'il repousse toutes. Une fois de plus, il a rempli entièrement sa mission.

Le 5 juin, le bataillon reçoit l'ordre d'évacuer la position. Il descend rapidement les pentes à pic d'Astar sous le feu des mitrailleuses riffaines qui le prennent de flanc, pendant que des groupes ennemies essaient de lui couper la route dans un ravin; il les bouscule à la baïonnette, nettoie le ravin et rentre au camp.

Le 10 juin, le bataillon reçoit l'ordre de former un groupe franc pour délivrer la garnison du poste de Médoinna. L'opération doit se faire de nuit. On demande des volontaires. Tout le bataillon se présente. Les officiers choisissent 40 légionnaires.

A la nuit, le groupe composé d'un capitaine, 4 lieutenants et 40 légionnaires part à travers le bled. Vers une heure du matin, on entend dans la direction du poste des coups de feu nombreux et des éclatements de grenades.

Le lendemain, au petit jour, 1 sergent et 5 légionnaires rentrent au camp. Le groupe, après s'être heurté dans la nuit à tout un système de retranchements qu'il traversa à la faveur de la surprise, arriva au poste où quelques Sénégalais, sous les ordres d'un lieutenant,
étaient prêts à partir. Mais les Marocains, alertés, les attendaient à la sortie. Dans un farouche combat corps à corps, ce groupe de héros fut décimé.

Quelques jours après, le service des renseignements apprenait que les pertes des Marocains s'élevaient au chiffre de 197 tués. Les légionnaires s'étaient battus comme des lions.

Le 12 juin, M. Painlevé, Ministre de la Guerre, décore le fanion du bataillon de la croix de guerre et remet des médailles militaires et des croix de guerre aux gradés et aux légionnaires qui se sont les plus distingués depuis l'arrivé du bataillon au Maroc.

Le 27 juin, le bataillon est chargé d'enlever la position de Bab-? défendue par un ennemi résolu, retranché dans des abris à l'épreuve de l'artillerie. Après s'être battu toute la journée, le bataillon chasse les Marocains dans un combat de nuit.

Le 6 juillet, le bataillon violemment attaqué sur la face qu'il occupe, repousse deux assauts.

Le 14 juillet, il est chargé de protéger le décrochage du groupe mobile; il opère son mouvement, seul en face d'un ennemi très mordant qui manœuvre à l'européenne et qui cherche à l'encercler. Les compagnies sont obligées de se dégager à plusieurs reprises par des contre-attaques à la baïonnette. Après avoir combattu toute la journée, sous un soleil de plomb, le bataillon rentre le soir au camp, ramenant ses tués et ses blessés.

Les renforts envoyés de France commencent à arriver. Le bataillon, quoique ne cessant d'être sur la brèche, entre dans une période où, la fatigue mise à part, les missions sont plus faciles à remplir.

Pendant le mois d'août, il prend part aux opérations des Tsouls et des Branes, en septembre à celles qui ont pour but de nettoyer et de reprendre le massif du Bibane et les régions avoisinantes, enfin il est envoyé dans la région de Taza où il prend une part active aux opérations de grande envergure du 19e corps d'armée qui nous mettent en liaison vers l'Est avec 'l'armée espagnole.

Le 7 décembre, le bataillon rentrait à Saïda, aux acclamations de la population.

Le général aurait été heureux de s'étendre sur les opérations des autres bataillons. Il doit se borner :
1° A rappeler que le 2e bataillon du 1er étranger, sous les ordres du commandant Deslandes, le 25 mai au Bibane, a rétabli la situation par une magnifique charge à la baïonnette qui assura le succès de l'opération.

Le général Colomba a déclaré que cette charge resterait à jamais gravée dans les annales des actions de guerre;

2° A donner connaissance :
— De la citation à l'ordre de l'armée du 6e bataillon du 1er étranger;
— Des citations du commandant Deslandes, blessé mortellement en chargeant le 8 juillet, à la tête de son bataillon, sur une position où il arriva le premier;
— De la citation à l'ordre de l'armée du 7e bataillon du 1er étranger; à peine rentré de Syrie, ce bataillon sous les ordres du commandant Merlet fut envoyé au Maroc, où il est encore;
— De la citation à l'ordre de l'armée du Levant des unités d'infanterie et de cavalerie de la Légion étrangère;
— De quelques-unes des 474 citations obtenues par les légionnaires en 1925 au Maroc;
— De l'ordre donné par le général Naulin aux 2e et 6e bataillons du 1er étranger à leur départ du Maroc;
— D'extraits de lettres:

Du général Théveney: « Votre beau régiment s'est distingué encore. Ses magnifiques bataillons ont été brillants entre tous. »

Du général Boichut: « J'ai eu des bataillons de Légion sous mes ordres, de votre 1er régiment surtout, et j'en ai été si content au feu.

Du général Naulin: « La Légion a toujours la grande cote au Maroc et les commandants de division et de brigade se disputent les bataillons que je possède. »

Après avoir donné des nouvelles de l'Amicale des Anciens Légionnaires du département d'Oran et du Maroc, fondée par le commandant Noegelin et qui, en un an, a recruté 458 adhérents avec 9.000 francs de versements, le général conclut :

« La jeune Légion a bien l'âme des légionnaires de Camerone et de Tuyen-Quan Elle est digne de la vieille Légion des campagnes d'Algérie, du Dahomey, du Soudain, du Tonkin, de Madagascar, digne de la Légion de Crimée, d'Italie, du Mexique, d'Orléans, digne
des légionnaires de la Grande Guerre des fronts du Maroc, d'Orient et de France, digne des légionnaires de la double fourragère. C'est toujours la plus belle des troupes d'élite. »

Et pour terminer, le général Baulet-Desbareau fait connaître que dans tous les centres importants du Maroc, des sociétés amicales d'anciens légionnaires sont en formation et qu'il sait de sources autorisées qu'au fur et à mesure qu'elles seront constituées, elles demanderont leur affiliation à la société mère de Paris, car au Maroc comme en Algérie, le nom du président Maurer fait autorité puisque officiers, sous-officiers et simples légionnaires lui témoignent à la fois la plus profonde gratitude et la plus fidèle admiration.

Des applaudissements frénétiques saluent cette belle péroraison et le président Maurer remercie le général au nom de tous pour ses sentiments si noblement exprimés.

Différentes adhésions sont enregistrées et plusieurs secours remis à des camarades légionnaires rentrés du Maroc et de Syrie, et personne ne demandant plus la parole soit dans l'intérêt de la Société, soit dans un but personnel, la séance est levée à 23 heures.

Le secrétaire général, G. VAN GRASDORF


Les Échos des anciens combattants - 03/1926

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