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2008

“C’est le Bon Dieu qui a voulu que cet enfant respire”

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Publié le vendredi 26 décembre 2008

RIKITEA - Témoignage du sauveteur du bébé noyé

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Après le récit du sauvetage d’un bébé de Rikitea dans les colonnes de La Dépêche mercredi, rendons hommage à la personne qui a pratiqué un massage cardiaque sur l’enfant de 18 mois. Il s’agit de Yves Scanzi, le voisin et ancien légionnaire dont il était question dans notre article. Un hommage ô combien mérité ! Car, il y a cinq ans environ il avait déjà sauvé un habitant de Rikitea qui avait tenté de se donner la mort par pendaison. Plus récemment, au risque de sa vie, il a sauvé des flammes une famille dont la maison était en feu. De quoi mériter amplement une reconnaissance de la part des autorités, qui préparent d’ailleurs, à Paris comme à Papeete, un hommage à la hauteur du courage de ce sauveteur.
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Sur notre site web, une maman a écrit avec émotion : “Je remercie le Seigneur d’avoir mit cette ange sur le chemin de cette famille, étant mère d’un enfant de bas âge, je crois quand tant que mère ou père je ne pourrais survivre si il arrivait malheur à mon enfant. Merci, merci encore monsieur l’ancien légionnaire.” Un autre message remercie l’équipe d’Air archipels, “toujours prête dès qu’il faut sauver une vie”.

Ce fameux légionnaire devrait bientôt voir son courage récompensé grâce à de multiples démarches entreprises à Papeete comme à Paris. Au cours d’un entretien téléphonique, il nous a également raconté le véritable miracle du sauvetage de ce bébé : “J’ai entendu des gens appeler et crier autour de la maison, et lorsque je suis arrivé sur les lieux du drame, le bébé ne respirait plus depuis un bon moment déjà. Je lui ai fait un massage cardiaque effectivement, comme j’ai appris à le faire, et pendant plusieurs minutes, cela n’a rien donné. Il a fallut attendre trois ou quatre minutes pour qu’il respire à nouveau, je n’y croyais plus. Franchement, c’était un vrai miracle c’est le bon Dieu qui a voulu que cet enfant respire ! ...”

Yves Fortunet

The French Foreign Legion - the last option for those desperate to escape the UK

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By Neil Tweedie 03 Dec 2008

Lost your job, your home, your business? Is the wife about to take you to the cleaners? Is that a county court judgement dropping through the letterbox? Life is getting harder for the poor, put-upon British male. Really, just how many Robert Peston two-ways can a man take? If only one could forget it all and start again.

The elite men-only fighting force draw troops from all over the world Photo: AP

There is a way, of course – one tried and tested over 180 years. And it’s dead romantic, too. The Legion Etrangere, zee French Foreign Legion.

As every fan of Beau Geste, March or Die and Carry On Follow That Camel knows, the Legion is an elite fighting force, drawing its men (no women allowed) from all corners of the world and touched by glamour.

Formed in 1831 by Louis Philippe to enforce French rule in newly-acquired Algeria, it developed into a collective exercise in convenient amnesia, acquiring a reputation as a haven for cut-throats, crooks and sundry fugitives from justice. Few questions were asked of new recruits, making it an ideal repository for the scum of the earth. And with the scum came the romantics, men searching for a way to dull the pain of doomed love.

Well, that was how Hollywood portrayed it. Cue matinee idol being asked why he has subjected himself to a life of brutal discipline, sand and sunburn. "To forget," says he, drawing on his Gitane and staring longingly into the distance amid a haze of blue smoke.

Reality is a bit different. France’s colonial empire may have disappeared, save for the odd outpost, but the Legion lives on. Almost 7,700-strong, it still operates around the world and gets into regular scrapes in Africa. While Frenchman make up most of the officer corps, enlisted men are predominantly drawn from outside France. The Legion’s image as a haven for ne’er-do-wells is largely out of date. Now, aspiring recruits are subjected to detailed background checks via Interpol.

"We don’t accept the hardened criminals any more, the murderers or rapists," says Capt Samir Benykrelef, "so this makes our job easier."

But there is still a hint of romance: all recruits must assume a new name on joining the Legion. This is because some recruits do indeed want a new start and new identity, and it is fairer to make all new Legionnaires undergo the same process. Soldiers can revert to their real identities after a year.

So, what does the Legion give the lucky entrant? A hard time, mainly.

Before being awarded the kepis blanc, the famed white cap of the Legion, recruits must endure a severe training regime which can involve punching and kicking. All recruits have to speak in French – even if they can’t. Even swearing must be in French, and there is a lot of that.

New recruits get about £1,000 a month and a shiny new rifle, which they are supposed never to leave on the battlefield. One practice popular in the main French army at certain times – surrendering – is not encouraged in the Legion, members of which are routinely expected to fight to the death. The good news is the wine. The Legion has its own vineyards in Provence which provide the main ingredient for regimental get-togethers.

After three years service, a legionnaire may apply for French citizenship. There is a quicker, more painful way way: a soldier wounded in battle may apply for citizenship under a provision known as "Français par le sang versé" ("French by spilled blood").

Some 140 nationalities are represented in the Legion, the motto of which is Legio Patria Nostra (The Legion is our Homeland). Composition changes with time, recruitment tending to thrive in countries experiencing economic and social stress. Traditionally, Germany has been a big provider of legionnaires – somewhat ironically given the Legion’s bloody roll in two world wars. Currently, eastern Europe is a fertile recruiting ground, together with Latin America. Brits, too, have played their part, but there was embarrassment recently when it emerged that many British applicants were failing selection due to endemic unfitness.

If some NCOs in the Legion are to be believed, the whole corps is becoming a bit soft and girly. Improved conditions and greater professionalism have in recent years resulted in more middle-class recruits.

Cpl Buys Francois, 43, a South African legionnaire who joined 11 years ago, says: "We call the new entrants Generation PlayStation because they’re so soft. Now we’re taking the ex-husbands running from alimony, and all these guys with university degrees."


Dimanche 23 novembre 2008 00:00 Nice - Patrimoine : les Niçois à la conquête de la Caserne Filley

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Dimanche 23 novembre 2008

photo propriété de l'armée, la caserne filley, à l'entrée du vieux-nice, pourrait être récupérée par la ville d'ici la fin de l'année prochaine.  ©  photo richard ray

Propriété de l'Armée, la caserne Filley, à l'entrée du Vieux-Nice, pourrait être récupérée par la Ville d'ici la fin de l'année prochaine. © Photo Richard Ray

La caserne Filley va-t-elle tomber dans l'escarcelle du patrimoine municipal, autrement dit, devenir la propriété de tous les Niçois ? On le sait, le député-maire ne cache pas son souhait de récupérer le palais préfectoral, sur le cours Saleya, pour en faire une mairie bis. Mais sa quête patrimoniale ne s'arrête pas là.

À la périphérie du Vieux-Nice, un autre monument a attiré son attention. Un vaste ensemble de bâtiments anciens qui bordent la partie nord de la rue Ségurane et grimpent le long de la rue Sincaire jusqu'à l'église Saint-Augustin, à quelques mètres du mémorial à la gloire de Catherine Ségurane.

Domaine militaire

Une petite ville dans la ville. Un domaine militaire déserté par les soldats depuis que le Génie a quitté les lieux au début des années 1990, mais toujours occupé par des services de l'armée.

Le bâtiment donnant directement sur la rue Ségurane, à deux pas de la place Garibaldi, abrite les bureaux du Cirfa, le Centre d'information et de recrutement des forces armées. De nombreux jeunes tentés par la vie militaire en franchissent le seuil chaque année. D'autres préfèrent frapper à une autre porte, située sur la rue Sincaire : celle du centre de recrutement de la Légion étrangère, en face du collège Ségurane. Un peu plus haut, un portail grillagé interdit l'accès à la cour d'honneur de la caserne où flotte le drapeau bleu, blanc, rouge.

Désormais sans troupes, la caserne n'est pas pour autant vide. D'autant qu'elle accueille, annuellement, plus de 10 000 jeunes, filles et garçons, pour la « Journée d'appel de préparation à la défense » qui s'est substituée au service militaire.

Ce territoire militaire sera-t-il municipalisé, ouvert à tous ? Christian Estrosi a adressé une requête en ce sens au propriétaire des lieux, le ministère de la Défense : « Hervé Morin, ministre de la Défense, m'a confirmé avoir donné des instructions pour que la caserne puisse être cédée à la commune. »

Un accord de principe serait donc acquis. Reste à mener à son terme une procédure relativement longue et à fixer le prix de cette transaction. Pour reloger les services existants, le maire propose de mettre à disposition des militaires un autre bâtiment appartenant à la Ville.

Concours d'architectes

Christian Estrosi se prend à rêver : « On pourrait faire sur ce site une très belle opération d'urbanisme, au service de la population et du quartier. Je lancerai un concours d'architectes pour y réaliser des équipements culturels et sportifs. »

Un gymnase et une salle de sports pour le collège et la population, une salle de réunion pour les associations, un parking pour le quartier...

Si aucun obstacle ne surgit, le transfert de propriété pourrait intervenir d'ici la fin 2009.

Philippe Fiammetti    Nice-Matin 

Accueil › Blogs › Secret Défense La Légion étrangère s'accroche à ses effectifs

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6 novembre 2008

Le général Louis Pichot de Champfleury, «père Légion», c’est à dire Commandant de la Légion étrangère (Comle), explique dans le dernier numéro du mensuel DSI que ses effectifs actuels (7650 hommes) sont un seuil au-dessous duquel il serait «dangereux» de descendre.

«La Légion étrangère est rentable à partir d’un certain seuil. Notre back office (soutien, recrutement, formation, ndlr) représente 17% de nos effectifs. Avec ce socle, je peux recruter plus et soutenir une Légion plus importante. Nous avons la capacité d’augmenter nos effectifs à coût de socle égal, c’est intéressant. En revanche, si on descend en dessous, c’est dangereux. Mon souci est donc de rester au delà du seuil critique, que je situe peu ou prou autour de 7650 hommes. Parce qu’après, c’est la cohérence générale de la Légion étrangère qui pourrait être remise en cause» explique le Comle.

La Légion étrangère n’a pas été touchée par les réductions annoncées cet été. Pour l’avenir, le général Pichot de Champfleury est prudent : «On verra...» dit-il. En revanche, la Légion doit se réorganiser comme l’ensemble des armées, avec la création de base de Défense. Elle vient d’en créer une, regroupant des unités de la Légion : 1er REC, 1er REG, 1er RE, COMLE.

Avec 7650 hommes, la Légion, qui représente 5% de l’armée de terre, n’a pas de problèmes de recrutement. Il y a huit candidat par places offertes, contre environ trois en moyenne dans l’armée de terre. L’âge moyen d’engagement de 23,5 ans, plus élevé que dans le reste de l’armée.

140 nationalités sont représentées et le COMLE estime que «la domination d’une origine ethnique n’est pas souhaitable». En 2007, l’origine des candidats se répartissaient ainsi : France, 24%, Europe centrale et balkanique 18%, Monde occidental 15%, Monde slave 14%, Amérique latine 9%, Asie 9%, Afrique noire 7%, Monde arabe 4%.


Ces défunts qui ont marqué l'histoire chaurienne

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Publié le 03/11/2008

Visite. Ils reposent au cimetière de l'Est. Visite guidée avec Francis Falcou, président des Amis de Castelnaudary et du Lauragais.

Francis falcou est intarrisable sur la vie de ces illustres Chauriens. Photo DDM, Gladys. - DDM
Francis falcou est intarrisable sur la vie de ces illustres Chauriens. Photo DDM, Gladys. DDM

Il n'y a qu'à emboîter le pas de Francis Falcou, président des Amis de Castelnaudary et du Lauragais dans le cimetière de l'Est et c'est tout un livre d'histoire que l'on feuillette au détour des allées qui le sillonnent.

Notre guide désigne une stèle en forme de tuyaux d'orgue qui surplombe une tombe : « C'est celle de Raymond Froment, premier organiste titulaire de l'orgue Cavaillé-Coll de la collégiale Saint-Michel, malheureusement mort prématurément en 1 880 ». C'est ensuite, un peu plus loin, celle du général d'artillerie Andréossy qui repose dans un magnifique caveau de marbre blanc. « Une merveille », souligne l'historien qui rapporte que, lorsqu'il était conseiller municipal, il avait reçu un courrier de Michel Rocard, alors Premier ministre qui s'y était intéressé sans qu'ici, on en connaisse les raisons.

JEAN DURAND, ANTOINEMARFAN…

« Ce très beau mausolée, œuvre de Layerle, a été élevé en 1 831. La mairie avait fait don du terrain pour celui qui était une gloire de Castelnaudary ». Et puis il y a « surtout » le tombeau d'Auguste Fourès, le félibre que ses proches firent inhumer religieusement comme le reste de la famille au grand dam des libres penseurs toulousains qui firent ouvrir le caveau et enterrèrent debout celui qui était des leurs. « Ici, repose Lablache qui fut curé à Saint-Jean. Son frère Vidal-Lablache est celui qui a réalisé toutes les cartes avec lesquelles des générations d'écoliers ont appris la géographie ». Et puis, c'est une pensée pour Labouïsse-Rochefort, écrivain et historien, qui fit don de toute sa bibliothèque - près de 9 000 volumes - à la Ville de Castelnaudary.

Ici, « c'est l'ossuaire des morts de la Première guerre mondiale toujours très, très bien entretenu par le Souvenir français », salue M. Falcou. Et nous continuons ainsi jusqu'aux tombes d'autres noms illustres de Castelnaudary tel que Jean Durand, député-maire et ancien ministre, bienfaiteur, avec sa femme, de la ville à laquelle il fit don du domaine Saint-Jean où se trouve aujourd'hui le lycée qui porte son nom ; ou encore du professeur Antoine Marfan- « notre plus grande gloire médicale »- père de la pédiatrie moderne. « En face c'est le général d'artillerie Coffinières, une grande famille chaurienne. Il y a quelques années, de lourds boulets de canon en fonte, qui se trouvaient sur le caveau ont été volés », s'indigne l'historien. Et c'est enfin, pour refermer ce livre d'histoire, une pause devant la tombe du sénateur Mir, créateur du domaine des Cheminières qui fit construire, en 1886, le château qui appartient aujourd'hui à la Légion étrangère.

Gladys Kichkoff

Legio – Patria nostra : les Tchèques dans la Légion étrangère

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03-11-2008 16:20 | Anna Kubišta

Legio – Patria nostra. Tel est le titre du documentaire réalisé pour la première chaîne de la télévision publique par la documentariste Lucie Králová, qui est allée à la rencontre de Tchèques qui se sont engagés dans la Légion étrangère.

Il n’existe pas de chiffre officiel, mais il y aurait, d’après Lucie Králová, quelque 800 Tchèques engagés dans cette structure militaire d’élite, vestige de l’histoire coloniale de la France. La Légion étrangère est entourée d’une auréole de mythes et de mystère, en raison du recrutement de ces soldats, mais aussi de la forte dimension identitaire, voire familiale de ce corps militaire qui n’a pas d’équivalent. Une discipline de fer qui « casse » les plus durs, des règles internes qui peuvent paraître absurdes comme lorsque l’on voit ces soldats repasser leurs lacets de chaussures... Pour le commun des mortels, l’idée de s’engager ainsi corps et âme dans une structure qui a la réputation d’envoyer ses hommes en première ligne, est incompréhensible, ce sont donc les motivations profondes de ces hommes que Lucie Králová a cherché à percer :

« Ce qui m’intéressait, c’était de savoir ce qui pouvait motiver des hommes à suivre des règles et un régime spécial. La plupart des réponses étaient : je veux de l’aventure, j’aime le monde militaire ou la pensée militaire. Il y avait aussi le fait de pouvoir manipuler des armes. Ils ont un véritable besoin d’héroïsme. »

Ce sont souvent les événements historiques importants qui influencent les effectifs de la Légion. D’ailleurs, de nombreux anciens SS y ont trouvé une couverture efficace après la Deuxième guerre mondiale, dont témoignent encore certains chants aujourd’hui encore entonnés en version française. La chute du rideau de fer, mais aussi les récents conflits dans les Balkans ont fait grimper les statistiques de nationalités issues des anciens pays du bloc de l’Est. D’autant que fidèle à sa tradition, la Légion, en effaçant l’identité de ses engagés, leur permet de commencer une nouvelle vie. Un des Tchèques interviewés par Lucie Králová explique que la Légion lui a permis d’échapper à certains problèmes qu’il ne détaillera pas face à la caméra.


Les légionnaires interrogés par Lucie Králová ont tous des états de service de longévité différente, certains ont pris la nationalité française, d’autres pas, mais pour tous se pose le problème de l’après-Légion :

« Un de ces légionnaires, un vrai phénomène, Stanislav Gazdík qui est resté dans la Légion pendant 15 ans, a écrit un livre sur son expérience. Très officiellement, aujourd’hui, il entraîne des unités d’élite de l’armée tchèque... Sinon, je sais de façon non-officielle, que beaucoup d’anciens légionnaires font aujourd’hui partie de l’armée tchèque. Ils voulaient continuer cette vie militaire parce que c’est dur : dans la vie normale, il y a beaucoup d’incertitudes, alors que là tout est tracé. » D’autres se reconvertissent en « contracteurs privés », un euphémisme pour désigner en fait des mercenaires.

Dotée d’une identité très forte, la Légion étrangère peut apparaître aujourd’hui comme une structure archaïque. Alors, quel est le sens d’un tel corps militaire dans le monde d’aujourd’hui ? Pour Lucie Králová, la réponse est claire :

« C’est tout simplement un moyen pour la France de défendre ses intérêts dans ses anciennes colonies. D’après moi, ce n’est rien d’autre. Même si aujourd’hui la Légion joue un autre rôle : celui d’éviter des conflits. J’ai demandé aux anciens légionnaires ce qu’étaient pour eux la Légion. Ils m’ont dit qu’au début, ils pensaient qu’ils allaient pouvoir aider les gens, mais certains ont été très déçus. Ils se sont rendus compte de la prépondérance des intérêts économiques et du fait que la guerre était un business. »

Le documentaire Legio - Patria Nostra a été présenté au dernier festival du documentaire de Jihlava.

Le rôle joué par la France dans la création de l’Etat tchécoslovaque indépendant, le 28 octobre 1918

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28-10-2008 | Jaroslava Gissübelová

Le 28 octobre, la République tchèque fête le 90e anniversaire de la création de l’Etat tchécoslovaque indépendant sur les ruines de l’Autriche-Hongrie dont Tchèques et Slovaques faisaient partie depuis 1526. L’occasion de se souvenir du rôle important joué par la France dans la création de cet Etat : dix mois avant qu’il ne soit proclamé, le président français Raymond Poincaré avait signé un décret reconnaissant les légions tchécoslovaques créées en France en tant qu’armée autonome :

Raymond Poincaré

« Il a été finalement signé le 19 décembre 1917 et cet accord est encore un événement important sur le plan militaire mais également politique puisque c’était la première fois que le Conseil national tchécoslovaque était reconnu comme une autorité et si cette armée était placée sous le commandement français, elle était politiquement sous le commandement du Comité national tchécoslovaque : c’était la première grande victoire diplomatique du Conseil national et en particulier d’Edvard Beneš et de Milan Rastislav Štefánik… »

C’est ce que dit le professeur Antoine Marès, détenteur de la chaire d’histoire d’Europe centrale à la Sorbonne et spécialiste des pays tchèques, notre invité dans cette émission spéciale consacrée à la fête nationale de la RT. Comme il le rappellera, la France a été la première à reconnaître la Tchécoslovaquie, le 29 juin 1918. C’est, en effet, à Paris, rue Bonaparte, qu’avait son siège le Conseil national tchécoslovaque et d’où ses activités politiques et diplomatiques en vue d’obtenir la reconnaissance de l’Etat auprès des puissances étaient coordonnées. Quel a donc été le soutien de la France à la cause tchèque, et à la première République masarykienne ? On écoute Antoine Marès :

Karel Kramář à Paris

Karel Kramář à Paris

« Il faut peut-être rappeler que l’appui de la France à la cause tchèque est quelque chose qui précède déjà la Première Guerre mondiale et qui a eu une espèce de convergence intellectuelle entre certains milieux tchèques plus que slovaques, qui relèvent essentiellement d’une espèce de complicité intellectuelle et culturelle qui touche en particulier les milieux artistiques, mais aussi les jeunes gens qui veulent se dégermaniser, avoir une formation occidentale, rentrer en même temps dans la modernité. Et c’est ainsi qu’on a vu des hommes comme Karel Kramář ou Edvard Beneš venir étudier en France. Dans la foulée des contacts qui avaient été pris, il faut remonter aux années du Second Empire, du côté français : la fin des années 60, le début des années 70, pour voir se développer ces relations franco-tchèques qui vont déboucher sur un soutien politique au début de la Première Guerre mondiale. »

Quelles ont été les sympathies de l’opinion publique française pour la cause tchèque, comment se présentait le soutien de la scène politique française ?

L’Autriche-Hongrie

« Il faut dire que la scène politique française n’est pas déterminée par la question tchèque, c’est une question relativement secondaire et que les clivages ne sont pas forcément des clivages politiques classiques, ce n’est pas la gauche qui soutient la cause tchèque ni la droite, les clivages passent à l’intérieur des partis politiques : par exemple, du côté des socialistes, il y en a qui soutiennent la cause tchèque, c’est le cas du ministre de l’armement Albert Thomas, socialiste, en revanche il y en a d’autres qui sont un petit peu dans la tradition des centrales socialistes centralistes tchèques, qui eux sont hostiles à une division de l’Autriche-Hongrie ne sachant pas ce qui pourrait en sortir, alors de façon très schématique ce sont des radicaux, les radicaux socialistes, les protestants, les milieux qui tournent autour de la Ligue des droits de l’homme, également la franc-maçonnerie qui soutient assez largement la cause tchèque… Bien entendu, les adversaires les plus déterminés de la cause tchèque sont ceux qui soutiennent le maintien de l’Autriche-Hongrie - les milieux catholiques, je dirais très conservateurs, ceux qui soutiennent la cause hongroise également et qui en ce moment- là sont en général hostiles à l’ensemble des Slaves de la monarchie et à leur indépendance. Voilà c’est un petit peu le tableau qu’on peut faire mais j’ajouterais que chez les catholiques il y a aussi des hommes et certains auront un avenir important comme la cardinal Baudrillart qui soutiennent la cause tchèque pendant la guerre. Parmi les diplomates qui soutiennent la cause tchèque il y a des diplomates qui se trouvent à Rome et au Vatican, donc on n’a pas un paysage noir et blanc mais un paysage assez complexe qui tient en plus aux contacts individuels que les gens ont pu avoir, soit avec des Tchèques soit avec ceux qui soutiennent la cause tchèque. Et bien évidemment on ne peut pas négliger le rôle des historiens qui sont très largement acquis eux, à la cause tchèque. »

La compagnie Nazdar

Quel a été le rôle des légions tchécoslovaques étrangères crées en France ?

« Il y a au moins trois éléments qui ont joué, il y a l’élément symbolique qu’a constitué la compagnie Nazdar au sein de la légion étrangère composée uniquement d’hommes de la colonie tchécoslovaque et là je dirais que ça a eu un impact au niveau des médias. On s’est dit : voilà, les Tchèques existent puisqu’ils s’engagent aux côtés de la France. Puis, comme vous le savez, cette compagnie a été décimée très rapidement en 1915, et ensuite la question s’est posée de la formation d’une armée tchécoslovaque qui est décidée en décembre 1917, qui se met sur pied au début de l’année 1918 et qui est engagée au cours de l’été 1918 dans le Vosges : un groupe plus conséquent numériquement - 10 000 hommes et qui symboliquement là encore a joué un rôle important.

Et puis le troisième élément, ce sont les légions tchécoslovaques en Russie qui dans le cadre du changement de régime en Russie jouent effectivement un grand rôle. Dans un premier temps, on imagine qu’elles pourront être le noyau à partir duquel le régime léniniste tombera, et dans un deuxième temps, c’est un moyen de pression sur les diplomates et pas seulement français, mais tous ceux qui redoutent ce régime pour des raisons soit idéologiques, soit pour des raisons géopolitiques, puisqu’il y a cette poussée vers l’Europe, au printemps 1920 qu’on redoute : c’est l’image du bolchevique avec le couteau entre les dents, et on redoute ce danger pour l’Europe. Donc ces trois éléments, soit symboliquement soit pratiquement, ont joué effectivement un rôle d’autant qu’ils ont été instrumentalisés habilement par Edvard Beneš qui était en charge de ces négociations et que la pression qu’il a exercée à partir de ces éléments, soit sur l’opinion publique soit sur les diplomates, a été efficace. »

La France a reconnu la Tchécoslovaquie bien avant le 28 octobre 1918…?

« Oui, c’est aussi un élément intéressant : parmi les Alliés, la France a été la première à reconnaître la Tchécoslovaquie, le 29 juin 1918. Elle l’aurait reconnu plus tôt, s’il n’y avait pas eu des résistances britanniques notamment, et italiennes. On peut dire qu’à partir du mois de mai 1918, du côté français, la cause tchécoslovaque sur le front est entendue. Il est heureux de parler du rôle de la France, aujourd’hui, dans la création de la Tchécoslovaquie. Je suis d’autant plus heureux d’être à Prague en ce moment, pour une fois qu’on ne parle pas de la France à propos de Munich, et c’est une occasion rêvée de rappeler ce rôle éminent… il est évident que, bien entendu, il y a eu des facteurs internes qui expliquent la naissance de la Tchécoslovaquie, mais la victoire des Alliés, et notamment la victoire de la France est un élément fondamental dans la création de ce nouvel Etat et dans la forme que ce nouvel Etat va prendre à l’issue des négociations de la conférence de la paix. »

C’était le professeur Antoine Marès, au micro de Radio Prague.

Patricia Barber décode Cole Porter

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publié le 17/10/2008

La chanteuse de jazz américaine réinterprète dix des plus belles chansons de Cole Porter. Pour L'Express, elle décrypte quatre de ses chefs-d'oeuvre.

La chanteuse de jazz américaine réinterprète dix des plus belles chansons de Cole Porter. Pour L'Express, elle décrypte quatre de ses chefs-d'oeuvre.

Chris Strong

La chanteuse de jazz américaine réinterprète dix des plus belles chansons de Cole Porter. Pour L'Express, elle décrypte quatre de ses chefs-d'oeuvre.

Une voix grave, des regards ombrageux, un visage fascinant et distant... Difficile d'extirper un sourire de Patricia Barber. Mais, à l'évocation du nom de Cole Porter, le bleu de ses yeux devient intense et les mots coulent à flots. Le disque qu'elle dédie à son mentor, The Cole Porter Mix, est le résultat de vingt ans de recherches. Et elle sait en parler. 

You're the Top (1934)

« Derrière l'apparente ingénuité de ses chansons, Porter joue sur la dérision. Parodiste-né, détestant le lyrisme sirupeux, il s'amuse, ici, à gorger ses vers de compliments extravagants, comme : "Tu es la tour de Pise / [...] Tu es le salaire de Garbo / Tu es la Cellophane." Politiquement engagé, il laisse transparaître ses opinions de manière cryptée. Quand il associe le Mahatma Gandhi, Churchill et "Mrs Astor", il fait référence à la polémique entre Nancy Astor, célèbre pacifiste, élue au Parlement britannique, et le Premier ministre farouchement opposé à l'indépendance de l'Inde. Churchill avait traité Gandhi de "fakir à demi nu". Nancy Astor lui avait rétorqué : "Si j'étais votre femme, je mettrais du poison dans votre thé." "Si j'étais votre mari, je le boirais", avait conclu Churchill. » 

What Is This Thing Called Love ? (1929)

« Les paroles de ses chansons ne sont jamais tristes, mais la mélancolie est toujours présente. Porter avait deux visages : il était torturé et dandy, génial et incompris. A 20 ans, après de nombreux échecs dans la musique, il s'engage dans la Légion étrangère. Ensuite, en 1918, grâce à sa famille, il aménage, à Paris, dans un appartement luxueux. Là, il rencontre une riche divorcée, de sept ans son aînée, qu'il épouse. Mais Porter est homosexuel. Il mène une double vie, enchaîne des amours impossibles. D'où la question posée par cette chanson, son premier succès : "Quelle est cette chose nommée amour ?" Dans le disque, j'essaie de traduire la sensualité qui se dégage du texte, mais aussi cette distance, comme un frein aux passions, qu'il instille dans sa musique. » 

Dans What is this thing called love, Patricia Barber s'est attachée à traduire la sensualité du texte.

I Get a Kick out of You (1934)

« Avec cette chanson, Porter "donne un coup de pied" à sa vie frivole, faite de croisières et de soirées entre milliardaires. Chaque vers est imprégné du sentiment d'ennui. Si l'on transcrit les paroles sur le papier, elles forment un dessin géométrique. Partout se cachent des rimes internes, des allitérations. La recherche des assonances y est très élaborée : dans I Get a Kick out of You, le son du "I" anglais [prononcer aïe] est répété 16 fois en l'espace de 19 syllabes. C'est un procédé utilisé par Yeats ou Shakespeare, des poètes souvent cités dans les morceaux de Porter. » 

C'est magnifique (1953)

« Cette chanson est extraite de Can-Can, sa comédie musicale, adaptée au cinéma avec Frank Sinatra, Shirley MacLaine et Maurice Chevalier. Pour en garder la French touch, je m'accompagne au mélodica, un instrument avec lequel je me produisais, il y a vingt ans, au jardin du Luxembourg, pour gagner ma vie. Le jour où on l'a enregistrée, je ne m'étais pas échauffé la voix, pour qu'elle sonne un peu bourrue, ce qui lui donne un côté français. J'ai demandé au saxophoniste Chris Potter d'intervenir sur ce titre et de jouer "à l'eau de rose". Il a improvisé, comme s'il était à moitié soûl. C'était magique : les notes restaient suspendues, les vers traînaient... Porter semblait être parmi nous. »  


Bastia Stéphane Acquaviva condamné à 12 ans de réclusion criminelle

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Publié le Vendredi 17/10/2008

A la Légion, on l'appelait « Charly ».

Christian Stemler a fait le Tchad en 1984, et c'est là, selon un de ses anciens camarades de chambrée, qu'il a commencé à picoler : « A cause du stress sans doute. Là-bas, on était confronté à l'ennemi tous les jours et lui, il était trop gentil pour la Légion. »

L'alcool est entré très tôt dans la vie du caporal-chef Stemler : issu d'une famille lorraine de 9 enfants, il a vécu entre un père, charbonnier, aussi sévère que porté sur la boisson et une mère lourdement handicapée. Pas longtemps, car le couple s'est séparé.

C'est une histoire de vie qui s'est achevée, misérable, comme elle avait commencé. Dans le drame : Stemler a eu une fin violente le 26 septembre 2006, à Calvi. Il a reçu une balle en plein coeur, tirée par Stéphane Acquaviva, 36 ans, qui « regrette son geste », assure « qu'il ne voulait pas », et réclame « le pardon ».

« Un bon soldat »

Personne n'est venu réclamer le corps de la victime qui devait être mis en terre dans le carré des indigents, à Calvi, mais la Légion étrangère l'a inhumé parmi les siens. Il n'y avait pas non plus de « famille éplorée » dans la salle d'audience de la cour d'assises, c'est pourquoi l'avocat de la partie civile, Me Sébastien Sébastiani qui représentait un des frères Stemler, a dû revêtir quelques instants la robe de la...défense.

Pour démontrer que Christian Stemler avait été aussi « un bon soldat, respectueux des ordres » et pas toujours cet homme « buveur, voleur, et violent ».

Pour l'accusation aussi, le portrait que l'on veut dresser de Stemler « dépasse sûrement la réalité ».

Mais l'accusé n'est pas un voyou : « C'est un citoyen ordinaire que l'on juge, non violent, respectueux des lois », convient l'avocat général, Benoît Couzinet, qui va requérir 10 ans de réclusion contre de Stéphane Acquaviva, poursuivi pour « meurtre ».

« Un tir de semonce »

S'appuyant sur le rapport balistique selon lequel « un tir, avec une arme de chasse de ce type, ne peut être que la conséquence d'une action exercée sur la détente », il affirme que le premier coup de feu étant « un avertissement, un tir de semonce », le second est bien « l'exécution de la menace ». Et à cet égard, il renvoie aux premières déclarations « sans ambiguïté » de Stéphane Acquaviva lors de sa garde à vue, lequel « ne parlait pas alors de bousculade, ni de bagarre.

Il s'est emporté parce que Stemler s'est effectivement montré menaçant, mais il savait son arme chargée, ajoute-t-il, demandant une peine dissuasive, afin de mettre un terme à ce type de comportement : « il est trop courant que les citoyens ordinaires fassent usage de leurs armes ».

La Défense va s'inscrire en faux : l'accusé n'a jamais varié dans ses dépositions, « même le gendarme en charge de l'enquête considérait qu'il n'y avait pas eu intention de donner la mort », rappelle Me Joëlle Acquaviva pour qui Stemler était « un homme sans foi, ni loi », dont la vie était « vide de sens, d'affect, vide d'attaches, et qui a voulu arracher un fils à sa mère au nom de son seul confort ».

« Requalifier les faits »

Elle demande, comme Me Jacques Raffalli, qui va s'employer à démonter les conclusions de la balistique, la requalification des faits en « coups mortels ». « S'il avait eu l'intention de tuer, nul besoin de sommation, explique l'avocat, selon lequel le second tir ne peut être un acte conscient.

« Une telle volonté c'est la faculté de déterminer librement ses actes, il doit y avoir volonté de résultat et atteinte du résultat. Et s'il y a doute, il doit bénéficier à l'accusé » ajoute Me Raffalli qui s'en tient au scénario d'une dispute : « il y a eu mouvement, crispation, le coup est parti ».

La cour, présidée par Marie-Laure Piazza, a rendu son verdict après un peu moins de deux heures de délibérations. Elle a suivi la Défense et requalifié les faits.

Cependant, allant au-delà des réquisitions, la cour a condamné Stéphane Acquaviva à 12 ans de réclusion criminelle.


Calvi Le sergent Penon ou le récit d'une vie passée à sauver celle des autres

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Publié le Dimanche 24/08/2008

 

Le sergent Rodolphe Penon DR

Il appartenait à la patrouille partie reconnaître à pied le col de Saroubli en Afghanistan. Depuis le début de l'été, le sergent Penon enchaînait les missions de reconnaissance et de renseignement dans ce pays d'Asie centrale. Lundi dernier, le 18 août, il part avec deux sections françaises d'élite entre les vallées d'Uzbin et de Tizin. C'est là que vers 15 h 30, pris dans une embuscade, ils essuyent les tirs nourris des talibans. Plusieurs militaires sont blessés. Les insurgés attaquent à coup d'armes légères et de lance-roquettes. Le sergent Rodolphe Penon se souvient alors de la Côte d'Ivoire où, deux ans plus tôt, il a sauvé la vie de deux soldats touchés par des tirs, au risque d'y laisser la sienne. Fidèle à ses convictions, avec courage, il fait des allers-retours pour ramener vers l'arrière ses camarades à terre. En tant qu'auxiliaire de santé, il leur apporte les premiers soins alors que d'autres soldats tombent sous le feu ennemi. Il s'élance. Ses camarades tentent de l'en dissuader mais il n'y a rien à faire. Cette force qui pousse Rodolphe Penon à aller secourir les victimes est plus forte que lui. « C'est viscéral, sourit le Père Blaise Rebotier, aumônier des armées, à ses côtés en Côte d'Ivoire. Il ne peut pas tolérer que lui puisse être soigné et pas les autres. » Malgré ses blessures aux jambes, il part chercher un camarade couché au sommet de la crête. Une balle interrompt sa course et met fin à ses jours. Le sergent Penon est mort. Au combat. Comme il le souhaitait.

Un soldat aguerri

« Depuis le décès de son frère il y a 15 mois, il disait qu'il voulait mourir sur le terrain en sauvant les autres. » Son ex-épouse Monika est partagée entre la tristesse d'avoir perdu un être cher et la fierté de le savoir parti avec les honneurs militaires. « C'était quelqu'un d'exceptionnel, passionné par son travail et toujours à l'écoute. Bon, il n'était pas toujours présent mais je savais attendre. C'est un verbe que j'ai conjugué à tous les temps... » Entre les larmes perce un sourire. Monika jette alors un regard vers ses deux filles et ajoute : « C'était un très bon père. Quand on s'est installées en Corse, il a décidé de devenir auxiliaire de santé. En partie pour partir un peu moins en mission. » Mais le sens du devoir et du dévouement cher aux légionnaires le tiraille. Depuis son engagement au sein du 2e Régiment étranger de parachutistes de Calvi en 1998, il se rend sur tous les théâtres d'opération : au Tchad, en ex-Yougoslavie, au Gabon, à Djibouti, en Côte d'Ivoire et enfin, en Afghanistan. Hier, la cérémonie d'adieu du 2e REP fut à la hauteur des récompenses qui décoraient son uniforme (voir encadré). « Il le méritait ! » D'une seule voix, ses filles de 16 et 14 ans, n'ont eu de cesse hier, en marge de l'éloge funèbre, de rappeler l'admiration qu'elles éprouvent pour leur père. « Il disait toujours 'il faut aller jusqu'au bout', rappelle Marine, l'aînée. C'est ce qu'il a fait. »

Quelqu'un d'entier

« Jusqu'au bout », c'est l'expression qu'emploie spontanément le médecin des armées Savy pour qualifier le caractère de Rodolphe Penon. « C'était quelqu'un d'accompli du début jusqu'à la fin, insiste celui qui l'a formé et qui l'a accompagné à N'Djamena. Il partait toujours au secours de la population et des militaires. C'est moi qui ai pris la photo où on le voit en train de soigner un enfant au Tchad. Il était entier. » Les témoignages concordent. Personne ne doute ni ne s'étonne du courage avec lequel le sergent Penon a porté secours à ses camarades blessés dans l'embuscade. « Il a toujours été une référence pour les plus jeunes, ajoute le médecin capitaine Savy. Quand je partais en mission avec lui, j'y allais en toute confiance. Je savais que le travail serait bien fait. » Le médecin marque une pause. L'émotion ? Plutôt le souvenir des bons moments. « Mais ça n'était pas seulement un bosseur. C'était aussi un bon vivant adepte des deuxièmes, des troisièmes et même des quatrièmes mi-temps. Un sportif également. Il était viscéralement attaché à la Corse et au 2e REP, le seul régiment qu'il ait jamais connu, le plus beau régiment... »

L'altruisme en héritage

Car le sergent Penon n'a pas toujours été militaire. Avant de rejoindre les rangs de la Légion étrangère en 1998, Rodolphe travaillait à Perpignan comme agent de sécurité maître chien. « Il était déjà passionné par l'uniforme, se souvient son ex-épouse. Et par la protection. Le soir, il raccompagnait les vendeuses pour ne pas qu'elles se fassent agresser. » Ils se sont rencontrés à 16 ans. « J'ai partagé 23 ans de sa vie alors je peux témoigner de son sens du service et de l'assistance ! » Un souci qu'il semble avoir transmis à sa fille cadette, Julie. Elle se verrait bien psychologue. L'ainée, Marine, sera styliste. « Dommage que papa ne me voit pas à la rentrée », confie-t-elle dans un souffle. S'il est un don que le sergent a à coup sûr enseigné à ses enfants, c'est le courage. Hier, à la manière dont le père partait au combat, ses jeunes filles sont montées au front, lui écrivant un hommage (voir encadré) et affrontant la douleur avec dignité. Elles ont toute la vie devant elles pour porter haut les valeurs paternelles.


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