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Légionnaire toujours...

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2007

Le repos du guerrier

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Publié le 04/10/2007

« Si la solidarité commence à l'instruction, elle se finit à l'institution des invalides. » Le lieutenant-colonel Hildebert possède le sens de la formule. Ce solide officier qui a trente ans de régiment derrière lui dirige un lieu à part dans l'armée française. Ici, les anciens képis blancs ont posé les armes. Quand ils se lèvent, le matin, en ouvrant leurs fenêtres, ces petits retraités ont face à eux des vignes à perte de vue. Avec, au loin, le Garlaban, fier-à-bras qui fait du gringue à la Sainte-Victoire.


Chaleur, solidarité... et discipline. Une centaine de pensionnaires vit dans ce cadre apaisé. Le doyen des lieux a 86 ans. Au domaine du capitaine Danjou, ces anciens légionnaires retrouvent l'impression d'exister, de compter à nouveau pour quelqu'un, de ne plus être seul, isolé, presque transparent aux yeux des autres. Un peu de chaleur et de solidarité. De discipline, aussi. Car s'ils ne sont plus dans l'active depuis longtemps, la discipline reste militaire. Quand le directeur procède à une inspection générale, les saluts ponctués de « respect, mon colonel » montrent que les vieux principes n'ont pas été oubliés avec l'âge. Tout ça reste « bon enfant », assure Eric Hildebert. Ce qui ne l'empêche pas de convoquer au rapport, généralement sur le coup de 18 heures, ceux qui pourraient se laisser un peu aller.

Longtemps, les pensionnaires de Puyloubier ont été des éclopés qui venaient soigner au soleil les blessures de la guerre. Quand le centre a ouvert, dans les années 50, la Légion étrangère comptait 36 000 hommes. Et la canarde faisait bien des dégâts sur les terrains d'opération. Aujourd'hui, la Légion ne recense plus que 7 600 hommes et les anciens ont d'autres blessures à panser. « Nous sommes passés des invalides de la guerre d'Indochine et d'Algérie à des accidentés de la vie », résume le directeur de l'institution.

Ces retraités vivent simplement. Souvent chichement. Ils logent dans de petites cellules d'une douzaine de mètres carrés, équipées d'une douche et d'un WC. La plupart possèdent quelques effets et se contentent d'une vie monacale. A Puyloubier, le travail est une valeur qu'on cultive. Pour ceux qui le peuvent. La tâche ne manque pas sur ce beau domaine de 220 hectares, entre les 40 hectares de vignes, la ferme, les 600 pieds d'olivier, les travaux d'entretien, le musée de l'Uniforme, le réfectoire et les ateliers, où les vieux soldats réparent des livres usagés, créent des reliures pour d'autres, font de la sérigraphie ou fabriquent des cendriers en céramique. A la boutique, on trouve l'essentiel de la production de ces petites mains, qui touchent un pécule pour ce travail : du vin, évidemment (classé en côtes-de-provence), toutes sortes d'objets aux couleurs de la Légion, et même une BD dessinée par Louis Perez y Cid, le chef de l'atelier de céramique.

Légionnaire un jour, légionnaire toujours. L'ancienneté des pensionnaires sous les drapeaux est en moyenne de douze ans, donc sous le seuil des quinze années nécessaires pour toucher la retraite militaire. Beaucoup sont d'origine allemande. Comme M. Popp, qui a servi cinq ans, de 1957 à 1962. Arrivé au domaine du capitaine Danjou il y a dix ans, il a travaillé au musée, au réfectoire et au foyer. Il gère un petit vestiaire où sont entreposés des vêtements reçus en dons. Libérée récemment avec le décès de son ancien titulaire, la place évite à M. Popp des mouvements qui lui sont pénibles. Avec son appareillage qui lui distille de l'oxygène, il ne peut plus trop se déplacer. Du coup, les visites qu'il rendait à l'extérieur à ses quelques amis sont devenues rares.

Tous les résidents ont une histoire. Souvent douloureuse, marquée par les difficultés en tout genre. Ils viennent finir leur vie parmi les leurs, avec qui tant de souvenirs partagés créent des liens pour toujours. Ils constatent que l'esprit de corps (et de sacrifice) valorisé par la patrie commune ne s'arrête pas une fois le bruit sourd des fusils retombé. A Puyloubier, on a le culte des anciens. Et on se fait un honneur de prendre soin de ceux qui ont fait le don de leurs plus belles années. Histoire de rappeler, simplement, que la Légion reste une famille à part. « Légionnaire un jour, légionnaire toujours », lâche encore Eric Hildebert. Le sens de la formule, décidément.

Olivier-Jourdan Roulot


Pierre Messmer : itinéraire d’un gaulliste en Afrique

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jeudi 30 août 2007

Il disait aimer « les Africains comme des frères et l’Afrique comme une seconde patrie »


Pierre Messmer est décédé, mercredi, à l’Hôpital du Val de Grâce, à Paris. Il était âgé de 91 ans. Résistant, artisan de la décolonisation, Premier ministre, académicien... Retour sur la carrière d’un homme dont la politique et les décisions ont marqué l’histoire de l’Afrique du siècle dernier.

Pierre Messmer est mort, mercredi, à l’âge de 91 ans. Sa carrière professionnelle, qu’elle soit militaire ou politique, a été d’une grande densité. Pour beaucoup, il restera un modèle d’intégrité, fidèle à la France et au Général de Gaulle qu’il a toujours souhaité servir et dont il a été le ministre des Armées. Il a atteint le sommet de sa carrière politique sous la présidence de Georges Pompidou, dont il fut le Premier ministre entre 1972 et 1974.

C’est au 12e régiment de tirailleurs sénégalais, de 1937 à 1939, que Pierre Messmer a fait son service militaire. Hasard ou signe du destin ? Difficile à dire. Il n’en demeure pas moins que son histoire sera étroitement liée à l’Afrique. En 1938, il est diplômé de l’école d’administration des colonies. Pourquoi avoir choisi cette voie ? Parce qu’il a toujours eu une attirance pour les pays étrangers et une réelle amitié pour les Africains qu’il considérait, disait-il, « comme des frères ».

Une carrière africaine

Aux côtés de la « France libre » durant la Seconde Guerre Mondiale, il gagne Londres en 1940, sans attendre l’appel du Général de Gaulle. Il rejoint, sur sa propre initiative, la légion étrangère et participe aux opérations de Dakar et Libreville en 1941, puis aux campagnes d’Erythrée et de Syrie, suivies en 1942 de celles de Libye et de Tunisie un an plus tard. Le jeune Français commence alors à se familiariser avec le continent africain.

En 1944, Pierre Mesmer est fait compagnon de la Libération. Il reçoit également la croix de guerre et la médaille de la Résistance. La fin de la guerre marque son départ pour l’Indochine, en 1945. Après avoir participé à la guerre, il s’éloigne de l’armée et occupe différents postes administratifs. Mais la politique indochinoise du gouvernement français ne l’anthousiasme guère.

Il part ensuite pour la Mauritanie où il officie en tant qu’administrateur du cercle de l’Adrar mauritanien, de 1950 à 1952, et gouverneur général, les deux années suivantes. Puis il occupe le même poste en Côte d’Ivoire, avant de gagner le Cameroun où il devient Haut Commissaire de la République de 1956 à 1958. Une fonction qu’il exerce, par la suite en Afrique Equatoriale et en Afrique Occidentale française de 1958 à 1959.

Vers une Afrique indépendante

Pierre Messmer a tenu un rôle important dans la marche vers l’indépendance des colonies françaises d’Afrique. Bien qu’il n’ait pas été l’auteur de la stratégie de la décolonisation conçue à Paris par le général De Gaulle, il en a dirigé la délicate exécution. Habile et fin négociateur, il a personnellement veillé à faire enterrer la vieille loi-cadre qu’il avait lui-même contribuée à préparer au sein du cabinet du ministre de l’Outre-mer, Gaston Defferre [1].

L’étape de décolonisation achevée en décembre 1959, Pierre Messmer va quitter Dakar pour gagner le paquebot et retourner en France. En 1960, le général De Gaulle le nommera ministre des Armées. L’une de ses principales missions sera de tenir en main les troupes françaises d’Algérie au moment où le pays était en plein bouillonnement révolutionnaire. Fidèle soutien du Général de Gaulle, il mettra au service de ce dernier son expérience et l’appuiera dans ses décisions, dont celle, fondamentale, de mettre fin à la crise en reconnaissant aux Algériens le droit à l’autodétermination et à l’indépendance.

De sa « carrière africaine », l’on retiendra son engagement envers le continent, son désir de coopération avec les pays colonisés qu’il souhaitait dégager des rapports de domination, comme il le raconte dans son livre Les blancs s’en vont - Récits de décolonisation , paru en 1998 (Albin Michel). Etonnant personnage que celui de Pierre Mesmer ! D’administrateur colonial il est passé du « côté » des colonisés, organisant le départ des Français du continent. Un changement qui s’explique, sans doute, par une longue et forte expérience sur le terrain, aux cotés des habitants qui revendiquaient de plus en plus haut leur désir d’émancipation. « [J’ai ] aimé les Africains comme des frères et l’Afrique comme une seconde patrie », se plaisait-il à dire.

[1] Cette loi dite Loi-cadre Defferre, adoptée le 23 juin 1956, créait dans les territoires d’outre-mer des Conseils de gouvernement élus au suffrage universel, ce qui permettait au pouvoir exécutif local d’être plus autonome vis-à-vis de la métropole. Toutefois, le mode de scrutin reste défavorable aux habitants de souche.

Maral Amiri

Legendary Force Updates Its Image

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By Molly Moore
Washington Post Foreign Service
Sunday, May 13, 2007

 

CASTELNAUDARY, France -- The French Foreign Legion, one of the most romanticized military units in history, is getting a 21st-century makeover.

Out with the images honed by Hollywood -- in movies such as "Beau Geste" and "March or Die" -- of bands of misfits and miscreants dispatched to kill or be killed on sandy fields of battle. Today, the French Foreign Legion's most powerful recruiter is the Internet. Its troops are more likely to be securing the sewers of Nice against terrorists than fighting wars on camel-back in the deserts of Africa.

Most of its soldiers in this era of globalization are economic immigrants rather than Rambos or felons on the run. And modern Legionnaires are required to be as proficient with computers and high-tech gear as with their French Famas automatic assault rifles.

"The new Foreign Legion reflects the international reality," said Brig. Gen. Louis Pichot de Champfleury, 52, commandant of the 7,655-member force. "The reality has changed. The Legion has to have the capability to adapt to a new era, new recruiting, new technologies."

Laye Sylla is typical of the new Legionnaire. The lanky, ebony-skinned 26-year-old was born in Senegal and immigrated to France in search of an education. After graduating from computer training school, he said, he sent out 400 résumés.

"I never got one response," recounted Sylla, echoing a common complaint among Africans and Arabs in France. He applied to the Foreign Legion in search of a job, a paycheck ($1,418 a month), a chance to use his computer skills -- and perhaps a bit of excitement on the side.

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Eighty percent of the Legion's recruits join out of economic necessity or joblessness. The other 20 percent are attracted by the glamour, the history, the yearning for adventure -- and the Internet recruiting site.

Gandolf Samual, a 21-year-old Canadian part-time tree-planter and occasional oil-rig worker, was fed up with monotonous jobs and an uneventful life when he logged on to the Internet and found his ticket to adventure and exotic travel.

"All I knew was how legendary the Foreign Legion was," Samual said after four months of training that included doing push-ups with a railroad tie balanced across his back and struggling to follow orders in a language he didn't understand. "I wanted to leave everything behind and start over."

The worldwide reach of the Internet has made today's Legion, with members from 136 countries, the most diverse in its 176-year history.

In a classroom at Bel-Air Farm -- one of four recruit training centers in this rural southern district -- the well-thumbed dictionaries scattered across the rows of scarred wooden desks reflect the cultural shifts that have occurred in the Foreign Legion: French-Chinese. French-Korean. French-Japanese. French-Spanish. French-Romanian.

"Une fourchette!" shouted the instructor, holding a fork above his head.

"Une fourchette!" repeated 49 recruits representing 21 nationalities.

Once an almost exclusively European force, the Legion now counts Asians and Latin Americans among its fastest-growing cadres of soldiers. Although French law forbids the Legion to actively recruit beyond French borders, the Internet has rendered the law almost meaningless.

Commanders say it is even more difficult now to meld dozens of cultures into a single military force. Recruits say the isolation entailed in adapting to a new life in a new language is compounded when none of your bunkmates shares a common language or culture.

"There's a lot of tension between everybody," said Samual, who said he used sign language in the first weeks to communicate with fellow recruits from Nepal, Iraq, Romania and Ukraine.

After four months, recruits are expected to have learned 400 to 600 French words -- enough to get by on the battlefield, in the barracks and at the dinner table. And in the end, said commanders, it is the French language that binds the Legionnaires together as a family of foreigners serving under the French tricolor.

Champfleury, a graduate of France's elite Saint-Cyr military academy, has headed the Foreign Legion since last July. Like 90 percent of Legion officers, he is a member of the regular military.

He is quick to smile and crack a joke. He keeps a souvenir pistol from U.S. Gen. H. Norman Schwarzkopf in a glass case in his spacious office at the Legion's Aubagne headquarters, a 3 1/2 -hour drive east of here. Legionnaires served under Schwarzkopf during the 1991 Persian Gulf War, made him an honorary private and presented him with cases of wine from the Legion's vineyard in Provence.

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Legionnaires now work side-by-side with French police and army troops patrolling train stations and airports as part of counterterrorism efforts. Before a NATO meeting in the southern coastal city of Nice in 2004, Legion divers were ordered into the city's subterranean sewers to help provide security.

Legionnaires serve in Afghanistan, Chad and Ivory Coast with regular French military forces. They were deployed with U.S. military forces in Somalia in 1992 and have been part of peacekeeping missions in Kosovo, Rwanda and Cambodia. They also took part in relief efforts in South Asia after the December 2004 tsunami.

When President Jacques Chirac volunteered to send French troops to help rebuild Lebanon last summer after the war between Israel and Hezbollah, Legion engineers were the first to reconstruct destroyed bridges.

Created in 1831 as a way of absorbing European refugees who had flooded the country after the revolutions of 1830, the Legion has long prided itself on being the first French unit into conflict zones. "Having a force with a lot of single men and a lot of foreign people makes it easier to deal with politically," Champfleury said. "You don't have the widows and orphans."

In the course of its history, 35,000 Legionnaires have been killed in battle or during service to the organization.

Though its missions and makeup have shifted over the decades, much of the Legion's mystique persists.

It advertises itself as "the school of the second chance" for the man -- it does not admit women -- who is fleeing anything from a broken heart to social upheaval. The typical profile of a recruit, according to Lt. Gregory Gavroy, a spokesman, is "unstable, fragile, someone who is changing countries, has lost his roots, is looking for a new life" -- hardly attributes most employers seek.

Recruits are required to sign up for a five-year stint and must give up their real names and choose new ones. Samual, for instance, chose Gandolf -- for Gandalf, his favorite character in "The Lord of the Rings" -- as his new first name.

The 18 percent of recruits who are French-born must surrender their passports and are given new documents listing them as residents of other French-speaking countries. It is after all, the French Foreign Legion.

However, entry into the Legion does not earn foreign members an automatic French passport unless they are injured while serving.

Like most militaries these days, the Legion offers a variety of job specialties from sniper and diver to paratrooper, cook and bricklayer. It also has a band and a team of marathon runners that tours the globe. However, all Legionnaires must be proficient with a weapon and remain combat-ready.

All of them must also learn to iron their 13-crease dress shirts, a feat that can take first-timers three to four hours to perform.

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Though the Legion no longer accepts recruits with serious criminal records -- stealing a chicken is okay, anything much bigger is not -- it is fiercely protective of its members.

"The Legionnaire is seldom an angel, but never a criminal," boasts the Legion's Web site. At the same time, said 1st Lt. Renaud Bellat, who instructs recruits at Bel-Air Farm, "We have no room for Rambos here."

But the Legion is no place for wimps, either.

Just before lunch on a recent drizzly spring day, the drill sergeants ordered an "aperitif" for the newest recruits, a little something to stimulate the taste buds.

A line of eight recruits, stripped to the waist, dropped to their hands and knees in the wet, flower-spangled grass for push-ups -- with a massive railroad tie balanced atop their bare backs.

Next came sit-ups, with the tree-size piece of timber laid across their stomachs.

"Do you hurt?" shouted the drill instructors.

"No, Sergeant! I feel good!" the recruits roared in a single hoarse voice, faces contorted.

"You can never know what it's like until you're here," said Samual, who has earned the famous white hat, called the kepi blanc, that marks the promotion from recruit to Legionnaire. "There were moments when I wanted to die. But never to go back."

Researcher Corinne Gavard contributed to this report.


Zwischen den Fronten

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23.02.2007

Durant la décolonisation de l’Indochine française on trouvait des Européens dans les rangs du Viet Minh et parmi eux un certain nombre de déserteurs allemands de la légion étrangère dont le parcours méritait pleinement le livre que leur consacre Heinz Schütte. A la vérité la découverte des documents autobiographiques, correspondances et photos est elle-même une sorte de roman, car il n’était pas facile de cerner de façon aussi complète le destin de Rudy Schröder, Erwin Borchers et Ernst Frey, trois exemples de ces soldats blancs d’Ho Chi Minh auquel l’auteur doit à des entretiens avec Georges Boudarel de s’être particulièrement intéressé. Issu d’une famille catholique de Cologne, Rudy Schröder était entré au parti communiste allemand en 1932, avait émigré l’année suivante, fait partie des proches de Raymond Aron, étudié à la Sorbonne avant de s’engager lors de la déclaration de guerre dans la légion étrangère. L’Alsacien Erwin Borchers, membre d’un groupe d’étudiants socialistes de Heidelberg, émigre également en 1933, fait en France des études d’allemand et s’engage en 1939 dans la légion étrangère. Le Viennois Ernst Frey, communiste juif, ne quitte l’Autriche qu’en 1938 et, survivant à grand peine, en vient lui aussi à s’engager dans la légion. Au-delà de la dureté de la légion et des déceptions qui attendent Schröder, Borchers et Frey, leur destin est déterminé par le choix du gouvernement de Vichy de ne pas livrer ses soldats étrangers à l’Allemagne mais de les éloigner, en les envoyant en Indochine. Lorsqu’ils y parviennent s’opère chez eux le passage d’un antifascisme déçu à un anticolonialisme qui va marquer le reste de leur existence. Ils fondent au sein de la légion une cellule communiste et tentent de prendre contact avec le parti communiste vietnamien non moins clandestin.

L’ouvrage décrit avec un luxe de détails les difficultés qui les attendent dans l’établissement de cette jonction, suivie logiquement d’une désertion. Se retrouvant dans le camp Viet Minh les trois hommes sont animés de l’espoir d’une solidarité transnationale, d’une fraternisation avec le peuple vietnamien. Ils assurent auprès des commandants vietnamiens un service de propagande dirigée contre les troupes françaises qu’ils invitent à déserter. Ils sont aussi instructeurs militaires, apprennent le vietnamien, fréquentent le général Giap. Ils n’hésitent pas à se transformer en bourreaux et exécuteurs de basses œuvres lorsqu’il s’agit par exemple d’empêcher des déserteurs allemands de rejoindre à nouveau le côté français. Mais les Allemands dans les rangs Viet Minh se sentent peu à peu dans la position de travailleurs immigrés qui ne parviennent pas à être considérés par les Vietnamiens comme des leurs; ils n’ont pas la légitimité nécessaire par exemple pour remporter officiellement des victoires militaires significatives. Après cinq ans de service Frey quitte le Vietnam en 1950. Schröder profite en 1951 d’un accord entre le Vietnam et la RDA pour retourner en Allemagne. Borchers devenu citoyen vietnamien et époux d’une Vietnamienne resta à Hanoï jusqu’en 1966 avant de rejoindre la RDA. Ernst Frey revenu en Autriche vécut comme représentant de commerce et milita chez les verts avant de mourir en 1994. Après avoir tenté vainement de s’intégrer en RDA ou il collabora un peu avec la Stasi Rudy Schröder passa en RFA où il participa à la rédaction d’une revue politique "Der dritte Weg". Employé par radio Berlin international, Borchers passa à Berlin ouest en 1981 et y mourut quatre ans plus tard. Ces trois itinéraires, reconstruits à partir de fragments d’autobiographie éclairent, pour ainsi dire de l’intérieur, la genèse d’une déception. Ils opposent aux simplifications héroïques l’expérience beaucoup plus complexe et nuancée des acteurs, mais des seuls acteurs étrangers engagés dans le Viet Minh.

C’est peut-être la limite d’une enquête très liée à la seule perception des légionnaires allemands. L’ "affaire Boudarel" a déclenché en France durant les années 1990 de violentes polémiques sur le rôle des déserteurs européens dans des exécutions sommaires ou des entreprises de "rééducation" dévastatrices. Heinz Schütte, qui a dédié son livre à la mémoire de Georges Boudarel, aurait dû prendre explicitement position dans un débat au cœur de son propos. Mais c’est aussi le mérite de son travail que de montrer comment ses trois personnages prennent progressivement conscience de leurs erreurs, de leur incapacité à franchir complètement la frontière entre colon et à colonisé, à devenir des Vietnamiens, et finissent même tous par abandonner la RDA qui les a recueillis au nom de l’internationalisme anticolonialiste. On a affaire à la description précise des difficultés à se fondre dans un espace national très différent au nom d’un universalisme de principe. Cette micro-histoire d’un désenchantement, reposant sur l’analyse de documents très nouveaux, mérite en tout cas d’être lue par tous ceux qui s’intéressent aux passages de frontière entre l’Europe et l’Asie du Sud-Est, y compris par les Vietnamiens soucieux d’un décentrement de leur histoire nationale, du rôle joué par des facteurs étrangers dans la dynamique de l’émancipation politique.

Espagne Michel


Bruderschaft der Männlichkeit

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Samstag, 17.02.2007

Auch wenn sich manches verändert hat – in der Fremdenlegion gelten noch immer die alten Riten und Werte.

Von Claus Bienfait

 

Der Mann ist fertig mit sich und der Welt. Allein hockt er unter einem Mangrovenbaum am Flussufer. Dass er weint, fällt im Tropenregen nicht auf. Aber jetzt wäre es ihm auch egal. Er wehrt sich nicht mal mehr gegen die Moskitos. Frank ist erschöpft und hungrig. Seit ihn die anderen Frankieboy nennen, verflucht er den Tag, an dem er sich zur Einzelkämpfer-Ausbildung gemeldet hat.

Die Szene spielt in Régina, dem Trainingscamp der Fremdenlegion im Dschungel von Französisch- Guyana. „Nur wer bei uns durchhält, der überlebt auch anderswo“, grinst Sergeant Lopez, einer der Ausbilder. Was sich hinter seinem Grinsen verbirgt, merken die Neuen schon beim Appell. Der Unteroffizier ist Spanier und einer von den ganz Harten. „Spaß versteht der nur nach Dienstschluss“, äußert sein Kompaniechef anerkennend.

Aber hier sind die Legionäre immer im Dienst, sechs Wochen lang, ohne einen freien Tag, ohne Feierabend, ohne Kontakt zur Außenwelt, allein im Dschungel.

Training im Dschungel

Das 3.Regiment der Legion Etrangère bietet das anerkannt beste Militärtraining für den Kampf in den Tropen. Deshalb schicken neuerdings auch fremde Armeen ihre Soldaten: Gerade sind Brasilianer da, im nächsten Monat kommt ein Trupp Thailänder. Frankieboy ist Schotte und hat sich für fünf Jahre verpflichtet. Aber zum Abschlusstest wird er nicht mehr antreten. Ob es für ihn noch eine Zukunft gibt bei der Truppe, entscheiden seine Vorgesetzten.

Am Amazonas hat die Legion ein ideales Übungsgelände: alle Widrigkeiten der Natur, aber keine Zeugen. Tief im Wald ist ein Dschungelgefängnis nachgebaut, mit Bambuskäfig, Palmhütten und Wachturm, genau so, wie es verzweifelte Geiseln in Kolumbien, auf Borneo oder in Afrika erlebt haben. An den Terroristen sind allerdings nur die Zigarren echt. Die sadistischen Bewacher spielen sie aus dem Stehgreif. Ihr Gefangener im Wasserloch weiß, dass er befreit wird. Und seine Wärter wissen es auch. Nur wann die Kameraden angreifen werden, das wissen sie nicht.

Chef Lopez hat seinen Männern eingebleut, wie wichtig bei Kommandounternehmen das Überraschungsmoment ist.

Quälerei bis an die Grenze

Diesmal geht es zwar nicht um Leben oder Tod, aber um Punkte in der Personalakte. Geschossen wird mit Übungsmunition und Farbpatronen, nur die Handgranaten sind scharf. Die jungen Legionäre sollen ein Gespür für die Gefahr bekommen. Ist ein lautloser Angriff befohlen, dann töten sie ihre Feinde mit der Drahtschlinge oder notfalls mit bloßen Händen. „Das ist gar nicht so schwer“, versichert ein baumlanger Carporal und demonstriert es mit einem schnellen Griff an die Gurgel. Der Mann stammt aus Bosnien und weiß, wovon er spricht.

Frankreichs Glorie ist Vergangenheit. Doch der Fremdenlegion hängt noch immer ihr legendärer Ruf aus der Zeit der Kolonialkriege nach. Jahr für Jahr bewerben sich Tausende junger Ausländer. „Bei uns landet das Strandgut der Gesellschaft“, sagt Colonel Bertout und schaut dabei versonnen aus dem Fenster seines Büros. „Die Glücklichen bleiben zu Hause.“

Die Legion kann es sich leisten, wählerisch zu sein. Von acht Kandidaten fallen sieben durch. Eine Chance hat nur, wer mindestens 18Jahre alt ist und höchstens 40, dazu unverheiratet, gesund und anpassungsfähig. Gebrochene Herzen zählen nicht, und nach Schulden fragt keiner. Nur fürs Strafregister interessiert sich der militärische Geheimdienst, getarnt als „Agentur für Statistik“.

Wie in alten Zeiten unterhält die Fremdenlegion überall in Frankreich Rekrutierungsbüros. Wer sich dort meldet, erhält eine warme Mahlzeit und eine Fahrkarte nach Marseille. Im Hauptquartier der Legion werden die Bewerber drei Wochen lang getestet. Medizinisch, psychologisch und ganz besonders im Hinblick auf ein künftiges Leben nach dem Prinzip von Befehl und Gehorsam.

Westeuropäer kommen immer weniger, und längst ist ein Deutscher die exotische Ausnahme. „Den Kerlen geht’s daheim zu gut, die kleben an Mamas Rockzipfel“, vermutet Hans Eberle aus Karlsruhe, der als 18-Jähriger von zu Hause ausgerissen ist. Seitdem sind drei Jahrzehnte vergangen, und er hat sich hochgedient zum Offizier.

Im Dschungel Guyanas versucht Chef Lopez derweil alles, um aus Männern Soldaten zu machen, die sprichwörtlich weder Tod noch Teufel fürchten. Kaum einer hat geahnt, was ihn erwartet: Quälerei bis an die physischen Grenzen und darüber hinaus. Hitze, Giftschlangen, Dauerstress und der Terror der Ausbilder. Die Soldaten werden geschunden bis zum Umfallen, nach der simplen Formel: „Jeder Tropfen Schweiß spart einen Tropfen Blut.“

Über das, was bei der Bundeswehr einen Skandal auslöst, können Legionäre nur müde lächeln. Die Grenzen zwischen Drill und Folter sind hier fließend. Und keiner kommt auf die Idee, sich zu beschweren. Es würde nichts ändern. Körperlich fit zu sein, ist für jeden Legionär ohnehin erste Pflicht. Wer beim Sport versagt, dem droht unehrenhafte Entlassung.

Die Legion lebt von ihrem Image, richtigen Männern die letzten Abenteuer zu bieten, getreu dem ungeschriebenen Auftrag: kämpfen, saufen, huren. Doch die Realität ist nicht mehr ganz so krass. Die meisten kämpfen nur gegen den inneren Schweinehund. Alkohol ist hier verboten und an Frauen nicht zu denken. Wer sich abends in seine Hängematte rollt, hat ganz andere Sorgen: Blasen an den Füßen, Schwielen an den Händen, Schmerzen im Kreuz.

Mix aus Angst und Respekt

Die Kommandosprache der Legion ist Französisch. Wer nach Guyana versetzt wird, hat die Grundausbildung hinter sich und 500 Vokabeln gelernt. Aber oft geht es wild durcheinander mit den Sprachen. „Curva“, brüllt einer aus dem dreckigen Dutzend, dem sein Kamerad beim Klettern mit den Stiefeln auf die Finger gestiegen ist. Curva ist polnisch und heißt Nutte. Hier im Camp dient es als Allzweck- Schimpfwort. Kein Fluch, kein Anschiss, der nicht mit Curva beginnt.

Im Lehrgang werden die Legionäre zu Nummern. „Du bist Nummer elf“, brüllt Schinder Lopez einen jungen Russen an. „Opfer Nummer elf.“ Das Donnerwetter wie ein Mann wegzustecken, gehört zum Programm. Wer sich nicht unterordnen kann, hat schon verloren. Die Chefs wollen nicht geliebt werden.

Im Gegenteil: Eine Mischung aus Angst und Respekt treibt die jungen Legionäre voran. Und ihre Verehrung für Antonio Lopez. Er ist ihr Vorbild. Sie wollen so werden wie er. Für einen Alltag im Schlamm und hinter Stacheldraht, für wenig Schlaf und reichlich Hunger zahlt die Legion gut elfhundert Euro im Monat, steuerfrei. Anreiz genug für Männer, die in ihrer Heimat viel weniger verdienen würden. Die meisten von ihnen haben nicht nur ihren Pass abgegeben, sondern auch ihren Namen. Wenn eine enttäuschte Freundin oder eine verzweifelte Mutter bei der französischen Botschaft nachforscht, erhält sie einen Brief mit der stereotypen Antwort: „Ein Mann dieses Namens ist der Legion Etrangère im fraglichen Zeitraum nicht beigetreten.“

Vielen Legionären ist das gerade recht. Sie haben mit ihrem alten Leben gebrochen und wollen ein neues anfangen. Wer 15 Jahre durchhält, wird mit der französischen Staatsbürgerschaft belohnt, mit einer ordentlichen Pension und mit einem Platz im Altersheim. Oder auf dem Ehrenfriedhof.

Der ehemalige Befehlshaber General Négrier hat das Legionärsschicksal mal auf den Punkt gebracht. „Männer“, rief er bei einem Truppenappell in den sechziger Jahren, „ihr seid gekommen, um zu sterben.“ Dann machte er eine Kunstpause. „Und ich werde euch dorthin schicken, wo ihr sterben könnt.“ Seitdem hat sich einiges geändert in der Legion. Die Unterkünfte sind modernisiert worden. Das Essen wurde besser. Offiziere und Unteroffiziere riskieren jetzt ihre Degradierung, wenn sie Untergebene prügeln. Früher setzte es Kolbenhiebe bei jeder Gelegenheit. Da reichte es schon, wenn einer falsch sang.

„Wir haben die Sprache verdammt viel schneller gelernt als die Burschen heute“, knurrt ein vierschrötiger Finne, der offenbar den alten Zeiten nachtrauert.

Skrupel sind unerwünscht

Aber längst nicht alle halten durch. Wer unbedingt weg will, den lässt man gehen. Und anders als früher müssen selbst Deserteure nicht mehr mit langen Haftstrafen rechnen. Nur wer mit Waffe flüchtet, mit dem machen sie kurzen Prozess. Im vorigen Herbst soll ein Portugiese in den Pyrenäen von der Militärpolizei erschossen worden sein. Dass solche Meldungen nicht offiziell bestätigt werden, gehört zum Selbstverständnis der Truppe.

Noch immer ist die Fremdenlegion so eine Art Bruderschaft für Männlichkeit pur. Wer Skrupel hat, geht nicht zur Legion. Und der tägliche Kampf gegen die Natur und gegen den unsichtbaren Feind lässt Zweifel gar nicht erst aufkommen. Bei 40 Grad Celsius, hungrig und müde, diskutiert keiner über Krieg und Frieden.

„Die Fremdenlegion ist eine geniale Erfindung“, urteilt ein amerikanischer Diplomat voller Neid, „weil sie ohne innenpolitische Probleme überall auf der Welt eingesetzt werden kann.“ Im Klartext soll das heißen: Wenn die Sache mal schiefgeht, liegen in den Särgen wenigstens keine toten Franzosen.


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