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2018

11-Novembre : à Paris, le monde célèbre la paix

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Allocution d'Emmanuel MACRON lors de la commémoration à l'Arc de Triomphe

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Les moments forts du centenaire de l'Armistice à l'Arc de Triomphe

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Mayotte et sa région dans la grande guerre 1914 - 1918 : 2 ème partie : Mahorais, Comoriens et Malgaches sur le front

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https://la1ere.francetvinfo.fr/
Publié le 10/11/2018

Célébration du centenaire de la guerre 14 - 18 : Voici la 2 ème partie du dossier sur Mayotte pendant la seconde guerre mondiale,  produit par Pascal MARSILLOUX, professeur d'Histoire pour le service éducatif des Archives départementales de Mayotte. L'auteur aborde la situation sur le front.

Mahorais,Comoriens et Malgaches sur le front par Pascal MARSILLOUX, professeur d’histoire.


COMME VU dans le chapitre précédent, les Comoriens sont mobilisés dans les régiments et les bataillons de marche et d'opération malgaches et somalis. Le gouvernement français, malgré l' insistance du gouverneur général, souhaite qu'ils soient avant tout employés comme ouvriers. Ainsi, outre les soldats qui faisaient partie du 1er bataillon malgache ou du bataillon de tirailleurs somalis, impliqués dans les grandes batailles, les autres Comoriens ont dû effectuer de nombreuses tâches de soutien au service des armées alliées. Une première catégorie de soldats est donc rattachée aux unités combattantes de marche et d'étape. La seconde catégorie de soldats est désignée par les diverses appellations des travailleurs coloniaux : " commis et ouvriers d'administration ", soldat " en service armé ", combattant ou non combattant. Ces soldats ne sont pas tous intégrés dans les unités mais sont souvent " isolés " par section ou compagnie : l' expression d' "isolés coloniaux " ou de " dépôt des isolés coloniaux " que l' on retrouve dans les fiches des soldats morts pour la France s'explique ainsi ( voir le site Mémoire des hommes mentionné dans la bibliographie et la liste des Comoriens et Mahorais morts pour la France dans le chapitre 7 ).

Officiellement, tous ces soldats sont présentés comme engagés volontaires pour la durée de la guerre ( EVDG ), soit intégrés à une unité combattante sur le front, soit à une unité combattante à l' arrière. A Madagascar existe un statut spécial d' EVDG mis en place en février 1916 : il concerne tous les corps de métier : bûcherons ou cordonniers, qui travaillent dans des zones très éloignées du front, infirmiers des unités combattantes ou non, tirailleurs chargés de tenir les positions sur le front ou d' effectuer la relève.

Le journal de marche et d'opérations du bataillon de tirailleurs somalis nous apprend que les hommes, partis sous le statut de tirailleurs, sont employés à des tâches de réfection des routes ou des chemins ou de chemins de fer ; en conséquence, ils protestent contre le non - respect de la mission guerrière qui leur a été confiée. Les recrues qui partent pour la guerre depuis l' archipel des Comores ou depuis Madagascar ne savent donc pas quel va être leur sort. Mais dans  l' esprit du gouverneur et des recruteurs de la colonie de Madagascar, il s'agit de transformer les recrues en travailleurs du front avant tout, quelle que soit leur fonction précise.

Il n' est pas possible de trouver des courriers de tirailleurs comoriens partis à la guerre et de connaître leur état d'esprit. C'est encore la source des journaux de marche et d'opérations qui nous renseigne sur leur ardeur guerrière. Mais c'est une source militaire partielle et partiale. Les suicides ou les désertions mentionnées au chapitre précédent démontrent que les engagements ont été souvent contraints. Le choc de l' arrivée sur le front a dû être d'autant plus important pour ces soldats.De plus, les travaux qui leur sont demandés peuvent les amener à établir une comparaison avec la corvée ou les prestations qui leur étaient demandées dans leurs îles respectives.
Selon l' expression de Chantal Valensky, " la guerre est d'abord une prestation gigantesque assortie d'un sort obscur ".
Les photographies de' la collection Comessy, conservées aux Archives départementales de l' Oise, nous montrent les soldats des régiments malgaches en contact avec la population villageoise, alors qu'ils sont affectés à la garde des dirigeables. Des enfants apparaissent sur les photos à leur côté. Des soldats européens de leurs unités sont aussi à leurs côtés.

MONTEE AU FRONT DES TIRAILLEURS AFRICAINS

MONTEE AU FRONT DES TIRAILLEURS AFRICAINS


Mais qu'en est-il d'un bataillon entièrement composé de musulmans comme celui des Somalis ?
Les photos conservées par la Médiathèque de l' Architecture et du patrimoine nous les montrent coupés du reste de la population dans le camp de Fréjus. Il est probable que se soient retissés des liens communautaires forts et que soit apparue une réelle solidarité, ceci pouvant expliquer la bravoure de certains dans les combats de Douaumont, par exemple. Ce phénomène a dû être d'autant plus fort que le milieu était hostile (froid) et l' avenir obscur. Les liens tissés aux armées suppléent à l' éloignement du village d'origine ou de la famille. Par ailleurs, il est à signaler que les autorités françaises faisaient procéder à un enterrement selon les coutumes musulmanes quand le corps d'un soldat somali ou de religion musulmane était retrouvé pour être enterré.

Les listes d'anciens combattants trouvées aux Archives départementales de Mayotte permettent de savoir dans quels bataillons ont été intégrés les soldats de l' archipel des Comores. Il serait vain de vouloir raconter toutes l"es péripéties arrivées aux bataillons malgaches et notées dans les journaux de marche et d'opérations, qui dépassent parfois la centaine de pages.Les lecteurs passionnés se reporteront au site Mémoire des hommes pour prendre connaissance de ces espèces de " cahiers de texte " des opérations militaires. Mais quelques passages choisis peuvent nous aider à comprendre l' expérience de la guerre vécue par les tirailleurs locaux (voir les récits de batailles dans les feuillets du dossier : Mayotte et sa région dans la grande guerre, une production du service éducatif des Archives départementales de Mayotte.


Mayotte et sa région dans la grande guerre 1914 - 1918 :1ère partie... Mobilisation et départ à la guerre

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https://la1ere.francetvinfo.fr/
Par Emmanuel Tusevo Publié le 06/11/2018

A l' occasion de la célébration du centenaire de la guerre 14 - 18, nous vous proposons un dossier sur Mayotte pendant la Seconde Guerre mondiale produit par Pascal MARSILLOUX, professeur d'Histoire pour le service éducatif des Archives départementales de Mayotte.

Volontaires malgaches à Tananarive avant leur départ pour la France © Photo Panturin:

© Photo Panturin: Volontaires malgaches à Tananarive avant leur départ pour la France

Les Mahorais et leurs voisins ont payé " l’impôt de sang" et ont contribué par leur courage et leur engagement à défendre la France et ses valeurs.


Daniel Zaidani, président du Conseil général au moment de la réalisation de ce dossier, soulignait, en préface, " qu'à l’heure où les derniers poilus ont disparu, il a paru essentiel de faire ce travail de mémoire et de se pencher sur la participation de Mayotte et des Mahorais à ce conflit meurtrier."

Daniel Zaidani précisait " qu' effet, comme l’ensemble des habitants de ce qui constituait alors l’empire colonial français, les Mahorais et leurs voisins ont payé l’impôt de sang et ont contribué par leur courage et leur engagement à défendre la France et ses valeurs..."


Qu'est-ce que peuvent trouver dans ce dossier les Mahorais et plus largement les Français qui ont à cœur d'honorer la mémoire des combattants ?


Pour une meilleure connaissance de ce pan de l’histoire de la France et de ses territoires ultramarins, les auteurs ont subdivisé ce dossier en 8 parties :

1 - Mayotte à la veille de la Grande Guerre : 1914, un changement de statut définitif

2 - L'administration à Mayotte : l' administration indigène, l’administration européenne

3- Le contexte géopolitique de Mayotte pendant la guerre : L'archipel des Comores, une province en proie aux troubles. 1914, la proclamation de Saïd Ali.

4 - Economie et société à Mayotte pendant la guerre : La tournée du chef de province et les comptes rendus de tournées en 1918

5 - La mobilisation et le départ à la guerre : Le voyage vers le front. Les vicissitudes d'un Français mobilisé à Mayotte

6 - Sur le front : Prise du fort de Douaumont et bataille du Mont-de-Choisy : le journal de marche et d'opérations du bataillon de tirailleurs somalis. Le retour des soldats.

7 - La mémoire de la guerre : Les anciens combattants de Mayotte. Les soldats de la province des Comores morts pour la France.

8 - Bibliographies, archives et ressources pédagogiques.

Nous faisons le choix , pour cet article, de reproduire, en 3 séries, des extraits des chapîtres 5,6,7 portant sur l'implication effective des Mahorais et leurs voisins dans le conflit mondial 14 - 18.

12 ème Bataillon des chasseurs malgaches

12e Bataillon des chasseurs malgaches

La mobilisation et le départ à la guerre par Pascal MARSILLOUX, professeur d’histoire.


MOBILISATION ET DEPART à la guerre ont lieu en plusieurs temps. Tout d' abord, ce sont les soldats français (citoyens français, appelés aussi "européens" dans les bataillons des tirailleurs) qui partent et sont mobilisés dans LES REGIMENTS DE MADAGASCAR (ET DEPENDANCES) DONT MAYOTTE ET LES COMORES DEPENDENT, à l’exemple du comptable de la plantation de Dapani qui fait un procès à son employeur M. touchais pour licenciement abusif. En appel, son patriotisme sera mal récompensé. (Lire dans le dossier : les vicissitudes d'un français mobilisé à Mayotte).

Les auteurs qui ont étudié les troupes malgaches qualifient la mobilisation de nonchalante car les colons n’ont pas envie de quitter leurs propriétés. Faire venir des soldats de Madagascar et dépendances, c'est aussi un gouffre financier dont le gouvernement français refuse la perspective, à l' opposé du volontarisme du gouverneur général Garbit.

Celui-ci souhaite à tout prix, dès 1914, mettre des troupes malgaches à la disposition des différents fronts, voire les envoyer combattre en Afrique, au Tanganyika ou au Cameroun. Ce ne sera pas le cas et le gouvernement d’Union sacrée pense que l’océan Indien est une zone secondaire du conflit.

Dans le même temps, la propagande du gouverneur général provoque un élan d'enthousiasme et de patriotisme parmi les volontaires de Madagascar. En fait, Garbit profite de la mobilisation pour accroître son emprise sur la colonie et parfaire sa politique répressive, qui culmine avec l’affaire VVS qui signifie Vy, Valo, Sakelika, expression qui peut être traduite par pierre, feu et ramification.

( Le but de ce mouvement était de promouvoir le développement moral, social, culturel, politique du peuple malgache. Il s'agissait surtout de groupes de discussion entre étudiants et intellectuels. Le gouverneur général de Madagascar en fait une affaire de complot en 1916 et s'en sert d’exemple de répression politique pour dissuader les velléités nationalistes. L'arbitraire des peines d'emprisonnements provoque un choc durable dans l’esprit des élites malgaches du début du XXe siècle et ce jusqu'à l'indépendance.)

Et le gouverneur général Garbit continue son œuvre. L'enthousiasme retombant peu à peu, il met en place une coûteuse politique de recrutement : une prime de 200 francs est accordée à chaque recrue, ce qui provoque un afflux de soldats des hauts plateaux de Madagascar mais se révèle un échec parmi les côtiers qui ne répondent pas à l’appel.
Les chefs de villages sont incités à recruter toujours plus d'hommes. Les autorités coloniales leur permettent d’offrir des cadeaux de plus en plus considérables ou les incitent à des méthodes plus coercitives. La politique aboutit au recrutement de 42 588 soldats à Madagascar et dépendances. Les pertes considérables provoquées par la guerre à la fin de 1914 et au début de 1915 encouragent le ministère de la guerre à accélérer (le recrutement de tirailleurs dans l’océan Indien comme dans le reste de l’Afrique.
La " Force Noire" voulue par le Général Mangin en 1910 existe alors réellement.

En ce qui concerne le recrutement des Comoriens, des câblogrammes (télégrammes) conservés aux Archives de la République malgache nous renseignent sur les hésitations du ministère de la guerre. Le 1 er décembre 1914, la possibilité de la mise en place d'un bataillon malgache pour combattre en Afrique de l’est envisagée est mais l’attention du cabinet militaire du gouverneur général est attirée sur l’inconvénient possible que présenterait l’emploi de Comoriens contre des indigènes de Zanzibar voire contre des compatriotes incorporés à l’armée allemande: en effet, des Comoriens ont émigré vers le Tanganyika et certains ont pu être recrutés par l’armée allemande. Finalement aucun corps expéditionnaire n'est levé vers l’Afrique à partir de Madagascar.....


A SUIVRE
Emmanuel TUSEVO DIASAMVU

 

Cimetiére de st Mihiel en Meuse le 10 Août 2018.N'oublions pas. © Marie-Georges Graeffly‎ Centenaire de la Première Guerre Mondiale 1914 - 1918 :

© Marie-Georges Graeffly‎ Centenaire de la Première Guerre Mondiale 1914 - 1918 : Cimetiére de st Mihiel en Meuse le 10 Août 2018.N'oublions pas.


Une Chapelle pour le 4 RE de Castelnaudary

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Paroles de légionnaires - FRANCE 24 donne la parole à la Légion Étrangère

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Pierre Grand-Dufay, chef d’entreprise, auteur de « Le monde de Tim »

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https://rcf.fr/

vendredi 12 octobre

On le connait comme entrepreneur, financier et même politique : Pierre Grand-Dufay est à présent romancier, avec la publication de son roman d'anticipation "Le monde de Tim".

Histoire de l'auteur

Pierre Grand-Dufay a tracé son chemin : on l’a connu à la tête de Chaud Devant le premier grand service français de livraison de repas à domicile. Il est avec Tertium un intervenant majeur du renforcement financier des entreprises innovantes et il est devenu le délégué régional de Finance Invest qui réunit les boîtes de capital-risque de notre pays. Il s’est lancé en politique, même s’il revendique d’avoir été, d’abord et avant tout, un entrepreneur engagé, il a pris en main avec Christian Estrosi puis Renaud Muselier la politique de développement économique de la Région Sud.

Le voici romancier. Publié aux éditions Pierre Guillaume de Roux, « Le monde de Tim » est un roman d’anticipation, de prospective pédagogique. Au micro de Dialogue RCF, il en livre les clefs : ce premier roman en dit beaucoup de lui, de sa vision, de son passé, de son passage dans la Légion étrangère par exemple, de son romantisme et de son goût pour les histoires d’amour, de son recul aussi sur le monde superficiel, pressé, artificiel que nous vivons. Ce roman narre surtout ce que sera en 2047, année du roman, l’intelligence artificielle.
A partir d'Esther, le compagnon IA  du héros qui sait tout, aide tout, et prédit presque tout, à la robotique en entreprise, en passant par la ville intelligente et la révolution durable, Pierre Grand-Dufay explique et donne une vision de l’intelligence artificielle heureuse.
Cette émission alterne lectures de passages du livre et  réactions à chaud de son auteur Pierre Grand-Dufay. Un temps de vérité et de sincérité à suivre


František Kupka, peintre abstrait, caricaturiste et patriote tchèque

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https://www.radio.cz/

15-09-2018

 

Le journal Le Monde a écrit que c’était la plus belle rétrospective de l’année : l’exposition consacrée par le Grand Palais, à Paris, à un des pionniers de l’abstraction, le peintre tchèque František Kupka, est désormais également à voir à Prague, au Manège Wallenstein, jusqu’au 20 janvier prochain. Cet événement est le fruit d’une collaboration fructueuse notamment entre la Galerie nationale de Prague et le Centre Pompidou à Paris. Pour Radio Prague, l’historienne de l’art tchèque Markéta Theinhardt et une des commissaires de l’exposition, Brigitte Léal sont revenues sur ce grand projet.

Photo: Barbora Němcová

BL : « Il y avait déjà une logique de partenariat grâce à nos deux collections : la collection Kupka du centre Pompidou, qui est extrêmement importante puisqu’elle est née grâce aux donations de František Kupka donc c’est vraiment une collection où tous les aspects de la création de Kupka sont représentés, et l’autre collection très importante en Europe est celle de la Národní Galerie de Prague. Donc il était logique que nous travaillions ensemble pour pouvoir monter une rétrospective de cette ampleur. Il n’empêche que dans les deux cas, et surtout à Paris, il y avait aussi des prêts exceptionnels d’autres institutions comme le musée d’art moderne de New York, les grandes collections américaines et européennes, qui ont acceptés de nous prêter des chefs d’œuvre donc c’est ainsi que tout a commencé. L’idée était de rendre hommage à Kupka, avec le noyau central des plus belles œuvres conservées, aussi bien à Paris qu’à Prague. »

Cela faisait longtemps qu’une rétrospective n’avait pas été organisée? Ici cela faisait par exemple une trentaine d’années !

BL : « A Paris en tout cas, c’était en tout cas depuis 1989. Une rétrospective d’une telle richesse, effectivement il n’y en avait pas eu depuis longtemps d’autant qu’à Paris notamment, il y avait aussi la présence d’archives et de documentation qui n’avaient jamais été montrées, et donc c’était à la fois une exposition qui pouvait satisfaire, par la beauté des œuvres, un public assez large, mais aussi un public de chercheurs et cela nous a permis d’avancer dans la connaissance de l’œuvre de Kupka. »

Photo: Barbora Němcová

Concernant la connaissance de l’œuvre de František Kupka, j’imagine qu’il n’est pas connu de tous les Français, même des amateurs d’arts. Quelles ont été les réactions des gens, en découvrant ou redécouvrant l’œuvre de Kupka en France ?

BL : « La réception de la collection à Paris a été excellente. La presse a été très élogieuse, la réception du public était la même. Je crois qu’effectivement les gens ont pu être découvrir et être intéressés par l’œuvre d’un artiste dont le nom symbolise l’abstraction. Etant donné que l’exposition était très complète, on a aussi découvert toute l’œuvre de caricaturiste du début de siècle mais également les aspects symbolistes de son œuvre, disons l’œuvre qui précède le passage à l’abstraction qui était sûrement moins connu à Paris, et aller jusqu’au bout de sa carrière dans toutes ses différentes étapes. Je crois que ce qui a intéressé le public c’est de voir tous les aspects et bouleversements de son œuvre et aussi toute sa carrière d’illustrateur avec des dessins magnifiques. Effectivement, cela a permis de faire mieux connaitre l’œuvre d’un artiste qui est certainement moins connu qu’un Kandinsky à Paris. Mais visiblement le bon accueil du public était au rendez-vous. »

Markéta Theinhardt, que nous dit cette rétrospective de l’œuvre de Kupka ? Pourriez-vous un peu détailler ?

Photo: Barbora Němcová

MH : « Le public français, déjà en 1989, et aujourd’hui au Grand Palais était assez étonné de commencer par des œuvres naturalistes, académiques mais également symbolistes et par des dessins satiriques pour arriver en fin de parcours à des œuvres que l’on peut qualifier d’abstraites comme Kupka lui-même les a appelées. C’est toujours un grand étonnement mais il faut savoir que Kupka est un artiste qui a vécu assez longtemps. »

Et il a donc eu le temps d’évoluer !

MH : « Il a évolué, il a toujours été curieux, il s’est informé, il a eu une grande culture, il s’est interrogé sur l’actualité artistique. »

Quelles étaient justement ses sources d’inspiration ?

MH : « Inspiration, c’est un grand mot. Il a travaillé d’abord à Vienne où il a fait ses études où il a travaillé dans la sphère du symbolisme. Certains chercheurs comme Werner Hofmann prétendent qu’il a été l’un des précurseurs du symbolisme autrichien. Malheureusement, il n’y a pas d’œuvres conservées de cette période, on les connaît seulement des descriptions de salons. Elles ont disparu, on ne les connait pas. La seule chose que l’on connaisse est le tableau à la gouache sur Le dernier rêve de Heinrich Heine agonisant (1891) qui était un énorme tableau exposé au Wiener Kunstverein, mais surtout le tableau Quam ad causam sumus que l’on ne connaît pas, un grand tableau qu’Hofmann met à égalité avec l’œuvre de Gauguin dans un autre registre. Kupka arrive ensuite à Paris et il change d’attitude même s’il reste quelque chose de la période viennoise et notamment son intérêt pour la forme. On ne le sait peut-être pas mais le formalisme esthétique est une invention centre-européenne entre Prague et Vienne. »

Ce qui est intéressant chez Kupka, c’est qu’il est un personnage important pour la Tchécoslovaquie. Il est le symbole des liens franco-tchèques mais cela va même au-delà puisqu’il a contribué, à sa manière, à la création de la Tchécoslovaquie dont on fête le centenaire, cette année. Il a lui-même été dans les légions tchécoslovaques. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur cette facette originale pour un artiste ?

Photo: Barbora Němcová

MH : « L’engagement de Kupka est un chapitre extrêmement intéressant. On pourrait en parler pendant longtemps. Il y aura bientôt une exposition au musée Kampa, consacré à Kupka pendant la Première Guerre mondiale. Il n’a pas seulement participé au combat, comme président de la colonie tchèque à Paris. Il était proche de Tomáš G. Masaryk, d’Evard Beneš, on le sait depuis déjà un moment. Avant la guerre, il était libre penseur comme Beneš par exemple aussi et comme aussi Masaryk qu’il a connu bien avant la guerre. Il a dessiné certains projets de timbres, des uniformes, des médailles, des diplômes de l’armée tchécoslovaque qui existent encore aujourd’hui. Il a participé au concours pour élire le drapeau tchécoslovaque, qu’il n’a pas gagné. Il était vraiment engagé, et après la guerre, il est rentré gradé avec l’armée tchécoslovaque à Prague, il est resté un moment au Ministère de la Défense. Il s’est ensuite dépêché de rentrer à Paris. Il a écrit à son ami le peintre Vojtěch Hynais : ‘Finie la période où je travaillais comme une mule’. Il a commencé en 1919 à participer à des salons, où il a eu sa première exposition personnelle à Paris. Il a ensuite obtenu un poste de professeur à l’école de Beaux-Arts de Prague, professeur qui a pu enseigner aux boursiers tchèques à Paris. Il n’a pas eu à rester à Prague, ce qu’il ne voulait pas. »

Pouvons-nous nous attarder cinq minutes sur l’aspect des caricatures ? On le connaît comme l’un des pionniers de l’abstraction mais moins comme un caricaturiste. Quelles sont ses spécificités ?

Photo: Barbora Němcová

BL : « Tout d’abord, il y a la qualité graphique de ces caricatures. Ce sont de très beaux dessins, de belles images très fortes visuellement, avec de l’humour et un engagement pour des revues anarchistes. Un engagement libertaire, on dirait anticapitaliste aujourd’hui, anticlérical, contre l’armée et le pouvoir de l’argent. Ces caricatures étaient réalisées à travers des figures standards. A Paris, pendant l’exposition, les gens étaient captivés par ces images très fortes, qui renvoyaient à la liberté d’expression incroyable qu’il pouvait y avoir encore en début de siècle dernier, où il n’y avait pas de tabous. Cela renvoyait à une actualité très proche des Parisiens, celle des caricaturistes de Charlie Hebdo qui ont été assassinés. Et d’ailleurs Charlie Hebdo a fait un numéro qui rendait hommage aux caricatures de Kupka. C’était formidable puisqu’il y avait une passerelle qui rappelait que la liberté d’expression est quelque chose de fondamental. Quelles que soit les opinions des artistes, ils sont toujours à défendre coûte que coûte. Il se trouve que dans l’œuvre de Kupka, c’est toujours un dessin absolument formidable. Après, on a pu dire cela qu’il avait fait ça pour vivre. C’était en quelque sorte une production alimentaire, mais cela n’empêche pas le talent. Il faut dire qu’il y a une énorme production de Kupka donc cela correspondait vraiment à ces idées politiques de l’époque qui ont pu évoluer. A travers son engagement dans les deux guerres mondiales, c’est un homme d’engagement. »

Et moderne…

« Absolument, c’est un artiste et comme d’autres artistes de son temps, il s’est engagé. Malgré son pacifisme, il s’est quand même engagé dans la Légion étrangère. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a fait aussi preuve d’une sorte de courage, à la fois physique, intellectuelle et morale. C’était un homme de conviction. »

Photo: Barbora Němcová


Hommage au légionnaire décédé sur la route de Régina le 10 août

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Jean-Gilles Assard/CL Publié le 15/08/2018

Un hommage a été rendu ce 15 août à Kourou au caporal-chef Ibrahima Camara décédé lors du tragique accident survenu le 10 août dernier sur la route de Régina.

Cérémonie hommage au caporal-chef Ibrahima Camara décédé le 10 août lors d'un accident survenu à Régina © Jean-Gilles Assard

© Jean-Gilles Assard Cérémonie hommage au caporal-chef Ibrahima Camara décédé le 10 août lors d'un accident survenu à Régina

Le caporal-chef Ibrahima Camara était âgé de 29 ans, il faisait partie du 3ème Régiment Étranger d'Infanterie. Il est décédé dans des circonstances dramatiques le 10 août dernier en service sur la route de Régina lors d'un accident qui a fait total 14 victimes, les 13 autres militaires ayant été blessés.

Une assistance nombreuse pour la cérémonie hommage au Caporal-chef © Jean-Gilles Assard

© Jean-Gilles Assard Une assistance nombreuse pour la cérémonie hommage au Caporal-chef


Un hommage lui a été rendu en présence des autorités militaires, civiles et religieuses ce matin. Le disparu avait 10 années de service au sein de son régiment et laisse une famille de 4 enfants.


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