AALEME

Légionnaire toujours...

  • Plein écran
  • Ecran large
  • Ecran étroit
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

2018




La Newsletter 18/12 de l'AALEME.

Envoyer

La Newsletter 18/12 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

Une chapelle pour le 4e régiment étranger de Castelnaudary

https://www.credofunding.fr/fr/chapelledeslegionnaires

 

Aidez-nous à participer à l'édification de notre nouvelle chapelle en participant au financement de sa construction pour le ressourcement de nos légionnaires!

 

La chapelle du régiment est fréquentée tous les jours. C’est un lieu de prière où chacun peut se ressourcer et retrouver la paix intérieure. Tous les dimanches, la messe du légionnaire qui rassemble des hommes volontaires de tout horizon, est célébrée à 17h00. Il y a une véritable demande de la part de nos légionnaires.

 

Alors pourquoi une nouvelle chapelle ?
  • Nous ne pouvons pas célébrer religieusement nos fêtes régimentaires au quartier.
  • Quand nous avons un décès au régiment, la chapelle actuelle trop exiguë ne peut pas être notre chapelle ardente.
  • La chapelle actuelle n’est plus aux normes et elle ne peut pas recevoir de public.
  • La chapelle actuelle n’est pas visible extérieurement : il lui manque un clocher.
Nos souhaits
  • C’est au 4e RE, régiment d’instruction de la Légion étrangère, que les valeurs d’honneur et de fidélité sont transmises et enseignées. Les légionnaires qui vivent 7 jours sur 7 au quartier méritent une belle chapelle pour prier, se reposer spirituellement et honorer leurs anciens.
  • Depuis deux ans, nous avons pu récolter 150 000 € et nous avons aussi des promesses de dons (vitraux et tuiles) mais cela ne suffit pas !
  • En effet, il nous manque 25 000 € pour financer la construction de notre chapelle et permettre à l'aumônerie militaire catholique d'en assurer la desserte.
  • Nous avons reçu le permis de construire et nous espérons que les travaux commenceront cet automne.
  • Ainsi, nous souhaiterions que notre nouvelle chapelle soit réalisée au printemps 2019 pour pouvoir l’inaugurer et la faire bénir par Mgr de Romanet, évêque du diocèse aux Armées.
Qui sommes nous?

Une Famille pour éduquer
Une famille enracinée dans une double tradition
• de soldats bâtisseurs : dès sa création à Marrakech en 1920, le régiment participe à la pacification et à la mise en valeur du Maroc et des autres pays où il a été engagé
• d'instruction : le régiment est héritier direct de la grande tradition d'instruction de la Légion et fut implanté successivement à Sidi-Bel-Abbès, Corte, Bonifacio et Castelnaudary


Baigné par l’esprit de Camerone, le quartier DANJOU est devenu pour chaque légionnaire sa maison d’accueil, qu’il entretient avec passion. Le régiment est d’autre part ouvert sur le monde extérieur, par ses contacts permanents avec d’autres institutions, civiles ou militaires.
Une communauté vivante composée de cadres et de légionnaires disponibles et compétents, aux origines diverses, pour qui les valeurs de la famille légionnaire sont essentiels à l’accomplissement de leurs multiples missions (encadrement, formation, soutien, etc ...).

 

Ce que vous pouvez faire pour nous aider.
  • Nous envoyer vos dons qui sont déductibles d’impôts. Vous recevrez un reçu fiscal pour tout don envoyé pour le projet de la chapelle du 4.
  • Faire connaitre et faire savoir autour de vous que ce projet est important et nécessaire pour le bien du légionnaire qui donne sa vie pour la France.
  • Prier pour que le Seigneur nous aide par l’intercession de Notre Dame des Képis Blancs et de Saint Antoine.
Merci à vous.
  • Votre don contribuera au bien-être du légionnaire qui le mérite.
  • Nous serons très heureux de rassembler nos donateurs lors de la future bénédiction.
Don en ligne :
https://dioceseauxarmees.fr/ en précisant votre aumônerie : "Chapelle du 4e RE"
Par chèque à l'ordre du "Diocèse aux Armées" adressé au : Diocèse aux Armées - Chapelle du 4e RE - 20bis rue Notre Dame des Champs - 75006 Paris.

Recherche à contacter des anciens de la 5° Cie de la 13° DBLE à Xom Pheo (Indochine) en janvier 1952.

 

 

Bonjour,

 

Dans l’onglet Recherches pouvez-vous lancer l’appel suivant :

Recherche à contacter des anciens de la 5° Cie de la 13° DBLE à Xom Pheo (Indochine) en janvier 1952.

J’ai quelques noms (j’ignore ce qu’ils sont devenus) Cne Yvon Catheline, Lt Guy Hautechaud, Lt Henri Blanchard, Sergent-chef Marius Ogier, Sergent-chef John Carrey, Sergent-chef Herbert Schlieppat, caporal-chef Brause, caporal-chef Werner Ziegler.

 

En vous remerciant.

 

Bernard Ballanger Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - Mobile 06 62 48 13 35 -

Est-ce que le 2° Bataillon du 6° REI se trouvait dans le camp de Nouvion près de Relizane (Algérie) en avril 1951.

 

 

Bonjour,

 

Dans l’onglet Recherches pouvez-vous lancer l’appel suivant :

1° - Est-ce que le 2° Bataillon du 6° REI se trouvait dans le camp de Nouvion près de Relizane (Algérie) en avril 1951 ?

2° - Que signifie dirigé sur DCLE ?

3° - Que signifie CP3 et CP4 ?

 

En vous remerciant.

 

Bernard Ballanger Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - Mobile 06 62 48 13 35 -

Qui est cet ancien Repman, titulaire de la LH, TOE 1 clou, VM 1 clou...

Hommage aux 45.863 tirailleurs malgaches de la Grande Guerre à Paris

https://mg.ambafrance.org/

12/11/2018

 

Le 10 novembre 2018, dans le cadre des commémorations de la Grande Guerre, l’association Cefmad, présidée par Christophe Gasnot, a organisé à Paris une cérémonie en hommage aux troupes malgaches qui ont combattu aux côtés des troupes métropolitaines pendant la Grande Guerre.

Cette cérémonie a vu la présence du Secrétaire d’état aux Affaires étrangères, Jean Baptise Lemoyne, du ministre des Affaires étrangères malgache Maxime Dovo ainsi que de la Maire du 12ème arrondissement de Paris.

Un dépôt de gerbes a été réalisé au Jardin d’Agronomie Tropicale, où se dresse la stèle à la mémoire des 10% des artilleurs malgaches morts au combat.

Le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Jean-Baptise Lemoyne n’a pas manqué de rappeler la contribution du 12ème bataillon malgache au génie militaire et à l’effort de guerre produit dans les usines durant la guerre.

Des représentants de la diaspora malgache étaient présents à cette cérémonie, dont les descendants et membres de la famille des soldats ayant donné leur vie lors de la Grande Guerre.

“Ancien combattant, j’ai accompagné Edouard Philippe à Dien Bien Phû...”

https://www.valeursactuelles.com/
Par
Tugdual Denis Publié le 06/11/2018

Edouard Philippe salue le colonel Jacques Allaire, de retour à Dien Bien Phû, 64 ans après la bataille. Photo © Jewel SAMAD / AFP

Edouard Philippe salue le colonel Jacques Allaire, de retour à Dien Bien Phû, 64 ans après la bataille. Photo © Jewel SAMAD / AFP

Le colonel Jacques Allaire se trouvait dans la délégation du Premier ministre lors de son déplacement au Viet Nam. L’ancien parachutiste, Grand officier de la légion d’honneur, nous raconte l’émotion qui a été la sienne au moment de retourner sur le lieu de la bataille de sa vie.

Je m’appelle Jacques Allaire. Je suis colonel parachutiste à la retraite, j’ai 94 ans et j’ai sauté deux fois sur Dien Bien Phû. Le 20 novembre 1953 pour le prendre. Le 16 mars 1954 pour le perdre. A la fin du mois d’octobre dernier, j’ai été contacté par le chef du cabinet militaire du Premier ministre, le général Benoît Durieux. Il m’apprend alors qu’Edouard Philippe, à l’occasion d’un déplacement au Vietnam, souhaite se rendre sur les lieux de la bataille de Dien Bien Phû et qu’il aimerait être entouré d’anciens combattants.

Mon nom aurait été soufflé par le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser. Un officier d’une grande valeur, que j’estime beaucoup. J’ai eu l’honneur d’être élevé à la dignité de Grand officier de la légion d’honneur le 11 juillet dernier. Depuis, j’ai l’impression que l’administration me talonne… J’ai longtemps nagé sous l’eau, mais à force d’apnée, j’ai fini par remonter à la surface. Je n’ai plus dix-huit ans, et j’imagine que les gens qui préparaient ce voyage au Viet Nam se sont dits “ Ce gars-là, il faut qu’il parle avant de s’en aller… ”

Me voilà donc en train d’échanger des mails avec les services du Premier ministre. Ils ont besoin de mon numéro de passeport, de ma date de naissance et de toutes ces informations essentielles à l’administration. Je boite et suis fatigué : ils ont la délicatesse de m’adjoindre la précieuse aide d’un officier d’ordonnance, le commandant Fiamenghi. Sa présence fut essentielle dans le bon déroulement de mon séjour.

Aujourd’hui, il vaut mieux avoir comme allié le Vietnam que l’Algérie. Je ne serais d’ailleurs pas retourné en Algérie, même si un Premier ministre me l’avait proposé. Là-bas, nos tombes ont été profanées. En Indochine, pas une tombe de soldat français n’a été souillée.

Le 1er novembre, jour du départ, je suis d’abord reçu à Matignon. Edouard Philippe n’est pas là, mais son cabinet prend grand soin de moi. Nous nous dirigeons ensuite vers le pavillon d’honneur d’Orly, rejoindre l’A340 de la République française. L’avion est immense, nous sommes installés à l’avant, avec le général Durieux. Pendant le vol, le Premier ministre vient nous saluer. Bonne gueule, charmant. Son cheminement politique n’est pas le mien, mais il lui appartient. Il se montre extrêmement sympathique et me remercie d’être là, comme témoin de cette bataille vieille de plus de 60 ans. Il réalise qu’en plus de mes trois séjours en Indochine, j’ai également servi deux fois en Algérie. Et s’en montre étonné. Je ne pouvais faire autrement qu’intégrer le dispositif monsieur le Premier ministre. Ma génération se devait de se battre..

Les Batailles des Éparges par le colonel (er) Xavier PIERSON

https://www.legionetrangere.fr/

Publication : 8 novembre 2018

 

Les combats des Éparges par Xavier PIERSON

 

Il existe un plan classique pour expliquer une bataille ; il faut présenter les forces en présence, la tactique employée, la chronologie des évènements, le bilan des pertes et annoncer le vainqueur. Les ouvrages traitant de cette bataille ont utilisé cette méthode excellemment didactique. Pourquoi s’en affranchir ? Mais il est nécessaire d’expliquer en quoi les combats des Éparges sont emblématiques. Plus que partout ailleurs dans cette Grande Guerre qualifiée d’industrielle et de totale, la place de l’homme est restée prépondérante. Toute la puissance de feu, tout le pouvoir de destruction se sont concentrés là, sur crête d’un peu plus d’un kilomètre de long. Cette terre fut martelée, remuée, bouleversée, chamboulée à l’extrême au point de recueillir des milliers de disparus, de soldats sans sépultures, sans noms, sans croix…

 

Ainsi, au-delà de ce plan logique, il faut insister sur les dimensions humaines. Que l’exposé devienne récit, histoire d’hommes ! Le champ de bataille des Éparges ne possédait pas les critères traditionnels pour une confrontation ; pas de grande plaine pour les déploiements de masse, pas d’axes pour les mouvements tactiques, pas de place forte à investir, pas de dimension symbolique à acquérir. Pourtant, l’affrontement, un des plus violents du premier conflit mondial, aura lieu de février à juin 1915. Et dans cet affrontement titanesque, le futur écrivain Maurice Genevoix est présent. Il écrira : « Ce que nous avons fait c’est plus qu’on ne pouvait demander à des hommes et nous l’avons fait ».

 

Le village des Éparges regroupait, à la veille de la Grande Guerre, environ deux cents âmes. Un village rue, comme tant d’autres en Meuse. Un village de paysans, de journaliers, d’artisans, de petits commerçants. Tous ces hommes ont rejoint leurs corps d’affectation et neuf d’entre eux (environ 20%) y laissèrent la vie. Dans les collines qui abritent la commune et dans la vallée du Longeau qui la borde, on cultive tout ce qui peut pousser et produire ; la terre est généreuse, lourde d’argile avec des lopins de calcaire pour accueillir la vigne. Les Éparges est dans un écrin. En gravissant les crêtes à l’est, on découvre au bout du chemin la grande plaine de la Woëvre et au-delà Metz, à quarante kilomètres, avec sa garnison allemande ; en montant à l’ouest, on entre dans la forêt avec sa Tranchée de Calonne et plus loin la Meuse. Il est évident que les hauts à l’est paraissent stratégiquement très importants. Promontoires excellents pour l’observation des mouvements et l’application des tirs, il convient de s’y installer les premiers, de s’y retrancher au plus vite et au mieux.

 

Les Allemands ne s’y trompent pas.

A la fin d’août 1914, ils traversent la Woëvre, franchissent les Hauts, dépassent la Tranchée de Calonne et déboulent sur la Meuse. Ils espèrent passer rapidement sur la rive gauche, prendre à revers Verdun et frapper le flanc droit d’une armée française qui recule depuis un mois. Mais celle-ci réagit sur la Marne et repousse l’envahisseur. Sur la Meuse, les forts résistent et les Allemands ne peuvent qu’occuper Saint-Mihiel. Du coup, une grande partie des forces repart vers l’est et décide, justement, de s’installer sur les Hauts de Meuse. C’est la crête des Éparges qui est choisie. Elle n’est pourtant pas la plus haute (moins de 350 m). D’emblée, l’occupant creuse, fortifie, bétonne. Le train, tortillard plutôt, arrive au pied du mouvement de terrain, à Combres. On aménage des galeries, des abris, des postes de commandement, de secours, de tir… La crête se couvre de tranchées et de boyaux, s’hérisse de chicanes et de fils de fer barbelés. Les Français se déploient dans la forêt à l’ouest où ils placent leur artillerie, dans les ruines du village et sur la colline de Montgirmont, juste au nord de la position allemande.

 

De l’automne 1914 au tout début de 1915, les positions ne changeront pas. Certes, on se fusille, on se mitraille, on se bombarde de temps en temps mais rien de déterminant, de préoccupant. Si les choses pouvaient en rester là…

 

En janvier 1915, le commandement français décide de reprendre l’initiative. Des offensives seront lancées en Woëvre, en Argonne et à Saint-Mihiel. C’est tout le secteur meusien qui semble visé. Le promontoire allemand des Éparges devient un objectif prioritaire. La date de l’attaque est fixée au 14 février puis repoussée de trois jours pour cause de mauvais temps. L’artillerie est massée sur la Tranchée de Calonne. Il s’agit de 75 mm, de 90 mm, de 120, de 155 et même d’obusiers de 220. L’infanterie occupe l’ouest et le nord de la crête à portée de fusils de l’ennemi. Les premières lignes s’observent facilement ; à hauteur de Montgirmont quelques centaines de mètres les séparent. Pour les troupes positionnées dans le village, elles devront franchir le Longeau, petit ruisseau qui ne constitue pas un obstacle mais un fort désagrément pour qui veut le franchir à gué, en hiver.

 

Le 17 février, vers 4h15, les déplacements pour rejoindre les positions d’assaut s’exécutent. Personne ne se doute de la violence à venir. Pourtant tout est prêt pour anéantir l’adversaire. Toute la matinée, l’artillerie française déverse un déluge d’obus ; vers 14h, il est procédé à la mise à feu de quatre mines placées sous les tranchées allemandes. La déflagration est telle qu’elle est perçue physiquement à une vingtaine de kilomètres de l’explosion, dans la plaine de la Woëvre. C’est toute la crête des Éparges qui tremble. La frayeur empoigne tous les combattants : du jamais vu, du terrible… La crête est recouverte de fumée et sous celle-ci, il y a les hommes qui subissent et attendent l’attaque et ceux qui observent et préparent l’assaut. Ces derniers appartiennent pour la plupart aux 106e et 132e RI, régiments champenois de Chalons. Maurice Genevoix avait rejoint le 106 au début d’août 14.

 

A partir du 17 février, la bataille des Éparges n’est une longue suite d’attaques et de contre-attaques, de prises de tranchées et de reconquêtes de position. Combats de corps à corps, baïonnette au canon, avec képi sur la tête car le casque Adrian ne viendra qu’à l’été, voire l’automne 1915. Combats d’un autre âge avec des armes modernes d’une puissance destructrice inégalée. Les tranchées de premières lignes ont disparu ; elles ne sont qu’excavations de boue et de sang. La ligne de front, claire sur la carte, ressemble à un enchevêtrement de positions isolées tenues épisodiquement par l’un ou l’autre des adversaires. Les hommes qui tiennent et les autres qui attaquent, tous manifestent un courage extraordinaire, une ténacité inébranlable, une abnégation admirable. Les philosophes, les moralistes, pourront toujours chercher le pourquoi des choses ; les Poilus des Éparges ont montré le comment. L’acte et non le discours sublime l’homme. Au cours de cette bataille, les actes de bravoure, pour ne pas dire d’héroïsme, n’ont pas manqué.

 

Il faut lire Maurice Genevoix et son magistral ouvrage Ceux de 14 (Tome IV : Les Éparges) pour les saisir comme un cliché pris à l’improviste. C’est ce soldat mortellement blessé ; il ne peut pas parler mais il indique, par un regard intense, à l’auteur, chef de section, qu’il ne doit pas continuer sa progression. Un tireur allemand est aux aguets en face. Il n’avait plus que les yeux pour continuer la lutte… C’est ce jeune lieutenant saint-cyrien, Porchon, ami de Genevoix, qui crâne dans les ruines du village pour impressionner ses hommes et mourra le 18 février à la tête de sa section. Blessé une première fois, il veut rester en première ligne mais ses hommes l’entraînent à l’arrière pour… recevoir un fatal obus. C’est Maxime Réal Del Sarte qui refuse de se faire relever par un père de famille et qui est atteint, quelques instants plus tard, par un obus lui arrachant un bras. Après la guerre, il reprendra son métier de sculpteur et réalisera le magnifique monument des « Revenants » à la gloire des soldats du 106e RI. Ce sont tous ces soldats, anonymes et disparus, qui ont combattu aux Éparges. La Crête a enseveli environ 20 000 Français dont presque la moitié n’a pas de tombes. D’ailleurs, une jeune artiste, Mina Fischer, fiancée à un lieutenant porté disparu, décide de sculpter une fresque à « Ceux qui n’ont pas de tombe ». Cette belle œuvre orne le monument du point X. Devenue par la suite la Comtesse de Cugnac par son mariage avec un grand mutilé de la guerre, elle n’aura de cesse de commémorer chaque lundi de Pentecôte les combats de 1915. Aujourd’hui la cérémonie existe encore.

 

A la bataille des Éparges toutes les armes les plus meurtrières ont été employées et, pour certaines expérimentées. Ce fut le cas des mines. Il s’agissait de placer au bout d’un tunnel étroit une charge importante d’explosif juste à la verticale de la tranchée ennemie. On a lu plus haut que les Français avaient tiré, le 17 février, quatre mines et que l’explosion titanesque avait été perçue loin dans la plaine de la Woëvre. Mais il y en eut bien d’autres mises à feu. Les deux adversaires ne s’en sont pas privés. Environ 60. Certains spécialistes évaluent la plus grosse charge à 40 tonnes… A la bataille des Éparges, les éléments naturels ont ajouté à l’horreur. Un froid intense coupé par des pluies glaciales, un sol d’argile devenu terre de boue, accentuaient les souffrances des soldats. La lutte était continuelle ; rien n’épargnait les combattants. La soupe arrivait rarement en première ligne et quand elle y parvenait elle n’en était plus une.

Les offensives françaises cessèrent courant juin. Elles avaient atteint le point C, le sommet, mais il restait encore 400 m pour que la conquête fût totale. L’État-major avait jugé les pertes trop importantes, les sacrifices trop grands. C’est tout dire. Il faudra attendre septembre 1918, pour chasser définitivement les Allemands de la crête avec l’aide des Américains.

 

Le combattant des Éparges préfigure celui de Verdun, l’année suivante. Malgré l’âpreté des combats et les pertes énormes qui en découlèrent, le Poilu des Hauts de Meuse résista aux contre-attaques et donna l’assaut avec fougue et détermination. S’il rechigna parfois, il fut discipliné, stimulé par l’exemple des chefs de contact et non contraint par une hiérarchie supérieure. Ils furent des héros et non des victimes ; ils ont préféré être des hommes de devoir. Que les citoyens d’aujourd’hui soucieux de leurs droits se souviennent de ces géants.

Colonel (er) Xavier PIERSON, Saint-Cyrien de la « Guilleminot », 1975-77,

Officier de la Légion étrangère, ancien Chef de corps du 1er Régiment étranger à Aubagne

Maire des Éparges

Ce qui est en ligne depuis la dernière Newsletter...

Repas de Noël de l'AALESSE, le dimanche 16 décembre 2018 au restaurant "Les flots d'azur"

Bulletin réponse (ici) - a renvoyer avant le mercredi 5 décembre


La Newsletter 18/11 de l'AALEME.

Envoyer

La Newsletter 18/11 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

Pierre Mac Orlan à la Légion étrangère.

Le Petit journal. 13/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - Le départ pour l'aventure.

Le Petit journal. 14/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - Avec les Espagnols - Crépuscule à Dar Rifien

Le Petit journal. 15/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - Ramon G..., légionnaire espagnol.

Le Petit journal. 16/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - Les huit Banderas de la Légion espagnole.

Le Petit journal. 17/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - La Légion espagnole et son cadre..

Le Petit journal. 18/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - La Légion française.

Le Petit journal. 19/04/1930

Un mois avec la Légion étrangère - Pourquoi un français peut devenir légionnaire.

Le Petit journal. 20/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - Pourquoi un étranger peut devenir légionnaire.

Le Petit journal. 21/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - Les Conquérants du Bled.

Le Petit journal. 22/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - La Légion à Marrakech.

Le Petit journal. 23/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - La Légion à Fès et a Meknès.

Le Petit journal. 24/04/1930

Ce qui est en ligne depuis la dernière Newsletter...

Un mois avec la Légion étrangère - Les aventuriers à la Légion - Le légionnaire Klems.

Le Petit journal. 25/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - La musique à la Légion - L'orchestre de Sidi-Bel-Abbès.

Le Petit journal. 26/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - "Dis-moi quelle est ta clique, je te dirai qui tu es..."

Le Petit journal. 27/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - Les officiers de la légion.

Le Petit journal. 28/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - Les différentes formes du "Cafard"

Le Petit journal. 29/04/1930

Un mois avec la Légion étrangère - Le 1er Etranger à Sidi-Bel-Abbès.

Le Petit journal. 30/04/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - La Légion et l'Allemagne.

Le Petit journal. 01/05/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - La Légion et la littérature.

Le Petit journal. 02/05/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - La Légion étrangère depuis 1831.

Le Petit journal. 03/05/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - Pourquoi sa fête tombe le 30 avril.

Le Petit journal. 04/05/1930.

Un mois avec la Légion étrangère - Les sous-officiers de la Légion.

Le Petit journal. 05/05/1930

Un mois avec la Légion étrangère - La Légion et son monument.

Le Petit journal. 06/05/1930.


La Newsletter 18/10 de l'AALEME.

Envoyer

La Newsletter 18/10 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

Peteris Zalums était un homme debout

https://quebec.huffingtonpost.ca/

31/10/2018

 

Il a été un citoyen qui a courageusement tenté de trouver sa voie en essayant de demeurer conséquent avec les aspirations à la liberté de son pays natal.

En écoutant l'histoire de cet homme devenu mon ami, j'ai appris à suspendre mon jugement pour essayer de comprendre. Essayer de comprendre est peut-être une condition essentielle pour éviter les guerres.

Michel Pruneau - En écoutant l'histoire de cet homme devenu mon ami, j'ai appris à suspendre mon jugement pour essayer de comprendre.
Essayer de comprendre est peut-être une condition essentielle pour éviter les guerres.

 

Au début des années quatre-vingt-dix, un homme à l'accent slave m'a demandé si j'accepterais d'écrire son histoire. Comme s'il portait de lourds secrets, il avait ajouté qu'il n'avait jamais raconté l'histoire de sa vie.

Peteris Zalums est né en Lettonie dans les années 1920, pays dans lequel il a connu les effets de l'oppression soviétique. Au cours de son enfance, il a vu la brutalité militaire de Staline prendre possession de son pays.

À cette époque, où se préparait le conflit meurtrier de la Deuxième Guerre mondiale, les pays baltes ont été libérés par l'armée allemande. Nous ne sommes pas habitués à voir l'Allemagne nazie comme une force de libération, et Hitler était assurément un fou furieux mégalomane, mais quand un pays est sous la cruelle domination communiste, tout peut devenir relatif.

-Advertisement-
Lorsque l'individu n'existe plus, pour demeurer en vie il faut faire la guerre

Alors qu'il n'a que 15 ans, espérant survivre à la misère de cette période trouble, Peteris Zalums quitte la Lettonie pour aller travailler dans un camp agricole en Allemagne. Peu de temps après, alors que l'Allemagne est déjà dans l'étau des forces alliées, Hitler décrète l'enrôlement de tous les jeunes mâles sur le territoire. Il se voit donc contraint de devenir soldat de l'Allemagne. Des milliers de jeunes des pays de l'Est sont dans la même situation et ils n'y peuvent rien. Lorsque l'individu n'existe plus, pour demeurer en vie il faut faire la guerre.

Michel Prunea Peteris Zalums

Après un entraînement militaire sommaire, les troupes constituées de jeunes soldats conscrits sont amenées au front pour se battre. Heureusement, on ne les amène pas vers l'est, où ils auraient été les prisonniers des Soviétiques. Les troupes de jeunes soldats, qui ne veulent absolument pas faire la guerre, font plutôt face aux Américains qui sont déjà habitués à ce genre de situation. Les troupes se rendent rapidement et Peteris Zalums se retrouve alors dans un immense camp de prisonniers de guerre en France. Il y survivra avec des dizaines de milliers de prisonniers en attendant la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Avec plusieurs jeunes Lettons dans la même situation que lui, il se retrouve dans un des camps de réfugiés de l'ONU dans l'Allemagne d'après-guerre.

Une fois le conflit mondial terminé, après les explosions nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, Peteris Zalums ne peut pas retourner dans son pays, qui est de nouveau sous domination soviétique. En se présentant à la frontière, il aurait été considéré comme un ennemi de l'État communiste et aurait assurément été envoyé dans un des camps de Sibérie. Avec plusieurs jeunes Lettons dans la même situation que lui, il se retrouve dans un des camps de réfugiés de l'ONU dans l'Allemagne d'après-guerre.

Au cours de cette période, les jeunes réfugiés développent une haine viscérale pour les communistes qui leur ont volé leur pays. Ils lisent régulièrement les journaux qui décrivent la terreur stalinienne. Après y avoir beaucoup réfléchi, Peteris Zalums décide de s'enrôler comme soldat dans la Légion étrangère. C'est donc sous le drapeau de la France qu'il ira combattre le communisme en Indochine. Peteris Zalums m'a alors raconté quelques épisodes de cette autre guerre cruelle dans la jungle de l'Indochine.

Après que Peteris Zalums m'ait sommairement raconté les grands jalons de son histoire, pour me convaincre d'en faire un livre, j'ai eu l'impression que je venais de traverser le XXe siècle au complet. Je lui ai alors demandé quel âge il avait lorsqu'il a été libéré de son engagement militaire pour la France. Il a répondu qu'il avait 20 ans!

En écoutant l'histoire de cet homme devenu mon ami, j'ai appris à suspendre mon jugement pour essayer de comprendre. Essayer de comprendre est peut-être une condition essentielle pour éviter les guerres.

Heureusement, il n'y avait pas que la guerre dans l'histoire de Peteris Zalums. Une fois libéré de son engagement militaire dans la Légion étrangère, Peteris a vécu en France où il a rencontré Janine, l'amour de sa vie. Elle lui a permis de se dégager des événements sombres du début de son existence. Une petite fille prénommée Martha est née de cette union et c'est en la portant dans un panier de paille que Janine et Peteris ont immigré en Amérique à la fin des années cinquante. En s'intégrant progressivement à la vie montréalaise, ces migrants d'une autre époque ont aussi donné la vie à un fils prénommé Pierre.

Plusieurs années plus tard, après que des centaines de milliers de personnes aient donné leur vie pour défendre la liberté, le régime totalitaire soviétique s'est enfin effondré. Quarante-cinq ans après avoir quitté son pays d'enfance, Peteris Zalums a enfin pu revoir la Lettonie où il a retrouvé sa tante qui avait pris soin de lui lorsqu'il était petit.

En acceptant d'écrire la vie de Peteris Zalums, je ne m'attendais pas à être aussi bouleversé par son histoire. Je suis né dans un pays en paix et je ne comprenais pas vraiment les conditions qui peuvent mener des individus à faire la guerre. En écoutant l'histoire de cet homme qui est devenu mon ami, j'ai appris à suspendre mon jugement pour essayer d'abord de comprendre. Essayer de comprendre est peut-être une condition essentielle pour éviter les guerres.

Peteris Zalums n'a pas été un grand général ni un homme politique qui a influencé le cours de l'histoire, mais le récit de sa vie n'est pas moins important. Peteris Zalums a été un citoyen qui a courageusement tenté de trouver sa voie en essayant de demeurer conséquent avec les aspirations à la liberté de son pays natal. Sa vie témoigne du désir de survivre en temps de guerre et de la détermination à construire sa propre existence en temps de paix.

Aujourd'hui, je dois me rendre à l'évidence. J'ai écrit la vie d'un homme qui n'est plus. Parce que même si on peut survivre à plusieurs guerres, on ne gagne jamais la dernière. À la tristesse de ne plus le revoir s'oppose l'immense privilège de l'avoir connu. Merci Peteris Zalums de m'avoir raconté ton histoire.

Ceux et celles qui souhaitent lire cette histoire peuvent le faire en téléchargeant le document PDF.

Ali Chams, Libanais et ancien combattant au service de la France

https://lepetitjournal.com/

Par Hélène Boyé | Publié le 11/05/2018

Ali Chams photo 1

Il a aujourd’hui 95 ans et vit des jours paisibles dans son Liban-Sud d’origine. Le maréchal des logis Ali Chams, multi-médaillé, a servi sous les drapeaux français pendant 9 ans. De 1953 à 1961, le légionnaire traverse des grands moments de l’histoire : l’Indochine, la crise du canal de Suez et le putsch des généraux en Algérie. Portrait.

Ali Chams est né en 1923 près de Nabatiyeh, au Liban-Sud. La région, essentiellement agricole, est plutôt pauvre. Alors, à l’âge de 16 ans, il quitte son Liban natal et part travailler en Côte d’Ivoire. Une communauté libanaise en provenance du Liban-Sud est déjà installée dans ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis plusieurs décennies. Ali vient grossir les rangs de cette diaspora.

Il se retrouve responsable d’une plantation de café et de cacao pendant un an. Ne gagnant pas suffisamment sa vie, il décide de devenir transitaire à Abidjan. Pendant plus de 10 ans, Ali exporte café et cacao à Marseille et fait des vas-et-vient entre Abidjan et la cité phocéenne.

Mais la Côte d’Ivoire n’est pas cet eldorado espéré. Les cours du café et du cacao ne font que baisser à l’époque. Un jour, il passe devant le Bas-Fort Saint Nicolas à Marseille, un centre de recrutement de la Légion étrangère qui se trouve aujourd’hui à Aubagne. Sur le mur d’entrée, l’annonce est alléchante : la Légion étrangère recrute. C’est la promesse d’un emploi et d’un salaire fixe pour lui. « J’ai été séduit par les avantages de s’engager dans la Légion étrangère. Je me suis dit que j’allais apprendre un métier », explique Ali Chams. Le 12 novembre 1953, le Libanais de 30 ans signe son contrat et s’engage pour cinq ans sous les drapeaux de la France.

Ali fait ses classes à Sidi Bel Abbès, en Algérie au 1er Régiment étranger d’infanterie (REI). Il l’appelle « la maison-mère ». C’est l'un des centres de commandement de la Légion étrangère, fondé en 1842 et situé à 80 km au sud d’Oran, le doyen des régiments de la Légion. Il est ensuite affecté aux services des transmissions où il apprendra, entre autres, le morse. Grâce à sa maitrise du français que lui-même juge faible à l’époque, et la proportion de francophones étant extrêmement faible, Ali est nommé secrétaire au service du casernement. Il effectue en même temps le peloton de caporaux, la formation de sous-officier.

Nommé caporal, il est envoyé en Indochine le 1er mars 1955 et muté au 1er Régiment étranger de cavalerie (REC). Après les accords de Genève, signés en juillet 1954, faisant suite à la défaite de Diên Biên Phu, la France garde au centre et au sud du pays, sous le 17e Parallèle, une présence administrative avant de céder la place progressivement aux Américains. Ali reste basé à Saigon, cantonné dans la caserne de Chanson comme adjoint au sous-officier fourrier chargé de l’intendance, puis comme secrétaire au bureau de l’Escadron de commandements et services (ECS). En février 1956, le caporal Chams embarque à bord du fameux paquebot transporteur de troupes SS Pasteur pour être « rapatrié » en Tunisie. Le dernier contingent militaire français en Indochine est dissous en avril 1956.

Sur le chemin du retour, vient le passage du canal de Suez. De chaque côté du bateau, les rives sont à peine à quelques mètres. « Les Egyptiens nous provoquaient et ils nous ont montré leurs culs », raconte Ali Chams avec un rire malicieux. Nous sommes à quelques mois de la crise du canal de Suez et de sa nationalisation par le président égyptien Gamal Abdel Nasser. Le Pasteur fait donc demi-tour et se dirige vers le sud de l’Afrique. En remontant avoir avoir passé le Cap de Bonne espérance, les militaires demandent au capitaine de faire un crochet par l’île de Saint Hélène. « Tous sont allé saluer la mémoire de Napoléon », raconte Ali Chams.

Installé dans un premier temps en Tunisie, le 1er REC est envoyé en Algérie pour participer à la « pacification » de l’Algérie, à Bou Saada. Surnommée la « porte du désert », la ville est située à quelque 240 km au sud-est d'Alger et à environ 200 km de la région des Aurès, « épicentre » de la guerre d’Algérie. Au poste de commandement, on cherche des légionnaires parlant l’arabe. Ali Chams est le seul à maîtriser la langue. Il est affecté auprès de l’officier de renseignement comme traducteur et interprète. Le 1er janvier 1958, il est nommé Maréchal des logis, l’équivalent de sergent.

Ali Chams

Ali Chams au volant d'une jeep.

Trois ans plus tard, Ali Chams se trouve, malgré lui, au cœur d’un des événements les plus marquants de la guerre d’Algérie : le Putsch des généraux. Nous sommes au printemps 1961. Depuis le référendum sur l’autodétermination, une partie des cadres de l’armée se sent trahi par le Général de Gaulle. Eux qui ont mené de violents combats depuis sept ans préparent un coup de force. Le lieutenant-colonel de La Chapelle, chef de corps du 1er REC, se rallie aux mutins. Ali Chams suit les ordres donnés à son régiment. Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, il est envoyé à Alger. Le mouvement est peu suivi au sein de l’armée. Le 23 avril au soir, De Gaulle prononce un discours à la télé. Il en appelle à la résistance passive. Les quatre généraux Salan, Challe, Jouhaud et Zeller jettent l’éponge et appelle les unités « rebelles » à retourner dans leur casernement. Dix jours plus tard, deux officiers viennent arrêter le colonel de la Chapelle. Avant de se rendre, ce dernier va vers l’étendard, l’embrasse puis se dirige vers l’adjudant Totti qui lui avait sauvé la vie en Indochine et l’embrasse aussi. « Les larmes coulaient sur les visages de nombreux légionnaires », raconte Ali Chams.

Le 1er août 1961, arrivé à la fin de son deuxième contrat, le Maréchal des logis Chams ne rempile pas. Sa sœur, qui vit en Gambie, lui demande de la rejoindre pour aider aux affaires familiales. Après 8 ans de bons loyaux services, Ali Chams se dit qu’il a fait son temps et qu’il a assez risqué sa vie. Pour ce retour en Afrique, les affaires lui sourient d’avantage, Ali s’y marie et a trois enfants : Kamil, Hussein, Zeinab. En 1995, il rentre au Liban avec sa femme pour prendre sa retraite à Nabatiyeh.

A 95 ans, Ali Chams est décoré, entre autres, de la médaille militaire, de la Croix des combattants volontaires puis est fait chevalier de l’Ordre National du Mérite. Il est aujourd’hui le vice-président de l’Amicale des Anciens combattants de l’armée française résidant au Liban. « Là, je retrouve mes frères d’armes », souligne-t-il. Ali se sent autant Libanais que Français. « Mais c’est grâce à la France que j’ai appris un métier. C’est aussi grâce à la France que mes enfants ont pu aller à l’université et, en 2006, au moment de l’offensive israélienne sur le Liban, c’est la France qui nous a évacué », précise-t-il.

ali Chams

Ali Chams et son épouse au repas annuel de l'Amicale des Anciens combattants de l'armée française résidant au Liban

La Légion étrangère.

Le Petit Journal Illustré. 04/03/1906

En banlieu, ou, les frasques du Lieutenant Maire affecté au 119e R.I. de Courbevoie...

L'Humanité (Paris). 05/07/1906.

 

Dans le Sud - Oranais - Récit d'une reconnaissance en territoire marocain.

Le Petit Journal 03/12/1906

Un frère de Béhanzin.

L'Illustration algérienne, tunisienne et marocaine du 29/12/1906

Ce qui est en ligne depuis la dernière Newsletter...


La Newsletter 18/09 de l'AALEME.

Envoyer

La Newsletter 18/09 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

Repas champêtre de l'AALEME

Le samedi 15 septembre 2018 à partir de 11H00 sur le domaine de Mireille.

Pour les habitués des méchouis de l'AALEME au parc de la Cadoule, continuer sur la D65 en direction du Nord et prendre à droite au prochain carrefour avant le panneau Millau Ales.

Kir de bienvenue,
brasucade de moules,
jambon au tonneau façon Marcel,
lingots,
fromage
pâtisserie.
Vin.
Café
Prix : 22€

Le bar de l'AALEME sera ouvert... mais payant...

N’oubliez pas verres, assiettes et couverts, serviettes.

Les réservations et le règlement, libellé à l'ordre de l'AALEME, sont à adresser impérativement à notre trésorier, au plus tard le mardi 11 septembre 2018. AALEME, Espace les Chênes, 8 chemin des chênes, 34170 Castelnau le Lez.
07 84 42 42 05

Visite du Musée de la Légion étrangère à Aubagne et repas à Puyloubier.

Mardi, 03 Juillet 2018 14:01

Pour les Montpelliéraines, Montpelliérains, rendez-vous à 07H45 sur le parking de Géant Casino.


La Newsletter 18/08 de l'AALEME.

Envoyer

La Newsletter 18/08 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

Pique-nique de l'AALEME.

 

Le samedi 9 juin 2018 à 11h00 chez Mireille.

Vous trouverez des tables et des chaises. Du charbon de bois sera disponible, le reste est à votre charge.

Le bar de l'AALEME sera ouvert... mais payant...

Concert au profit de nos blessés le 15 juin 2018 à 20 heures 30 à NÎMES

Barbecue 2018 de l'AALESSE

Repas champêtre de l'AALEME

Le samedi 15 septembre 2018 à partir de 11H00 sur le domaine de Mireille.

Pour les habitués des méchouis de l'AALEME au parc de la Cadoule, continuer sur la D65 en direction du Nord et prendre à droite au prochain carrefour avant le panneau Millau Ales.

Kir de bienvenue,
brasucade de moules,
jambon au tonneau façon Marcel,
flageolets,
fromage
pâtisserie.
Vin.
Café
Prix : 22€

Le bar de l'AALEME sera ouvert... mais payant...

N’oubliez pas verres, assiettes et couverts, serviettes, etc...

Les réservations et le règlement, libellé à l'ordre de l'AALEME, sont à adresser impérativement à notre trésorier, au plus tard le jeudi 6 septembre 2018. AALEME, Espace les Chênes, 8 chemin des chênes, 34170 Castelnau le Lez.
07 84 42 42 05

La Newsletter 18/07 de l'AALEME.

Envoyer

La Newsletter 18/07 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

L'ADC (er) Constantin Novik a rejoint le dernier Bivouac,

Vendredi, 27 Avril 2018 10:07

 

le jeudi 26 avril à 15H30.

Engagé volontaire le 23 juillet 1945, matricule numéro 29 201, il sert successivement au 1er REI, à la 13e DBLE ( 07/12/47 - 19/02/50; 24/09/50 - 01/09/52; 18/11/53 - 30/09/54), au 6e REI (08/12/54 - 31/08/56), au 2e REI (01/09/56 - 04/01/57).  Libérable et retraitable l'Adjudant-chef Novik est rayé des contrôles de la Légion étrangère le 23 janvier 1961.

Disparu au combat à Điện Biên Phủ le 23 avril 1954 ( présumé prisonnier ), il est libéré par le Việt Minh le 20 août 1954.

Il était chevalier de la Légion d'Honneur, Médaillé Militaire, titulaire de la croix de guerre des théâtres d'opérations extérieures avec 3 citations : , médaille des blessés.

Obsèques de l'ADC (er) Constantin Novik

Le jeudi 3 mai 2018 à 10H30 au complexe funéraire de Grammont.


La Newsletter 18/06 de l'AALEME.

Envoyer

La Newsletter 18/06 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

Camerone 2018 de l'AALEME.

Couleurs.
Lecture du récit.
Dépôt de gerbes.

 

A l'issue de la cérémonie, vin d'honneur offert par la municipalité à la Mairie.

 

12H30 : Repas.

Restaurant Les Châtaigniers, route départementale 613, 34740 Vendargues.

Menu :

Kir d'accueil et amuses gueules.

Entrée : buffet varié à volonté.

Aïoli,

Plateau de fromages et sa salade,

Omelette Norvégienne,

Vin et café compris.

 

Prix : 30€. A régler auprès de notre trésorier, avant le jeudi 19 avril 2018, 12H00.

A l'adresse suivante : Trésorier AALEME, Espace les Chênes, 8 chemin des chênes, 34170 Castelnau le Lez.

Mobile : 06 37 54 97 08


La Newsletter 18/05 de l'AALEME.

Envoyer

La Newsletter 18/05 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

En raison des conditions climatiques, la réunion mensuelle est reportée au vendredi 9 mars 2018 à 20H00.


La Newsletter 18/04 de l'AALEME.

Envoyer Imprimer

La Newsletter 18/04 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

Correctif à la légende de la photo « Les lieutenants de SAKARAMY 1967 - 1968 »

Les lieutenants de SAKARAMY 1967 - 1968

ARNAUD, KAY, PLASSARD , BREG et au premier rang CHAUFFERT-HIVART, CLER

Merci au Général (2° section) Hubert BREG.

Quelle Compagnie Portée du 2° REI se trouvait à Adrar en décembre 1964 ?

 

Bonjour,



A faire paraitre dans la rubrique RECHERCHES, merci :

 

Quelle Compagnie Portée du 2° REI se trouvait à Adrar en décembre 1964.

Il y avait à ce moment- là le Lt AUBINEL, qu’est-il devenu ?

Le capitaine LORIDAN se trouvait en décembre 1964 à Beni Abbes avec la 3° CP, qu’est-il devenu ?

 

En vous remerciant.

Bernard – Ancien de la Base aérienne de Bou Sfer 1964/65. Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Camerone 1963 à Diégo Suarez.

Quel est le nom du COMSUP et de l'Amiral commandant la BS suivi par le lieutenant-colonel Mattei ?

Quel est le nom du lieutenant porte drapeau ?

Quel est le nom du C2 ?

La mort du lieutenant TISSOT

Le Progrès de Bel-Abbès du 30/06/1900

 

En même temps qu'on apprenait le terrible malheur qui venait d'atteindre les colons de Bedeau et de cette région, une nouvelle bien plus pénible, incertaine d'abord, mais hélas confirmée presqu'aussitôt parvenait à Bel-Abbès:M. le lieutenant TISSOT, du 1er Étranger, venait de perdre la vie dans les circonstances suivantes.

Une forte crue de la Mékerra s'était produite ces jours derniers à Bedeau et avait fait quelques dégâts. Afin de se rendre compte de leur importance, le lieutenant Tissot qui commandait le détachement de la Légion à Bedeau, s'était rendu à cheval, sur les lieux, en compagnie de M. le Médecin-major Légouz.

Précisément en ce moment arrivait une secondé crue d'eau beaucoup plus forte que la précédente, et, avant que les deux officiers aient eu le temps de traverser le pont, ils étaient entraînés par le courant. Le médecin-major était retire de l'eau à grand peine, quand au lieutenant Tissot, son corps n'était retrouvé que le lendemain matin, à cinq kilomètres du lieu de l'accident, près de la ferme Bernard.

La nouvelle de ce triste accident a produit une pénible impression à Bel-Abbès, où le lieutenant Tissot et sa famille jouissent de l'estime générale.

Le corps a été ramené à Bel-Abbès.

Les obsèques auront lieu ce soir.

Voici quels étaient les états de service du lieutenant Tissot :


Né à Paris en 1865, M. le lieutenant Tissot entrait dans l'armée le 25 février 1884 en qualité d'engagé volontaire.

Caporal le 25 Août 1884, sergent-fourrier le 4 mars 1885, sergent-major le 26 Avril 1886. le regretté lieutenant entrait à l'école militaire de Si-Maixent le 17 avril 1888. Sous-lieutenant le 18 mars 1889, lieutenant le 1er novembre 1891, M. Tissot partait au Tonkin en 1893, où il séjournait jusqu'en 1895.

De retour en Algérie, il demeurait parmi nous jusqu'en 1897. La même année, les exigences du service l'appelaient de nouveau au Tonkin.

Il était rentré à Bel-Abbès, depuis un mois environ.

M. le lieutenant Tissot était décoré de la médaille du Tonkin, chevalier de l'Ordre Impérial du Dragon de l'Annam, proposé pour la Croix de la Légion d'Honneur et pour l'avancement.

Le défunt laisse une jeune femme et un bébé de cinq ou six jours seulement

Nous prions les familles Tissot, Roidot et Yerlès, si cruellement éprouvées, par ce deuil, ainsi que MM. Les officiers de la garnison, de bien vouloir agréer l'expression de nos plus sincères condoléances.

Lettre du Capitaine Deleuze, commandant la 2e compagnie du bataillon de marche de la Légion étrangère, au père du LTN Pierrebourg.

Le Carnet historique & littéraire - T3 - Janvier juin 1899

 

Le 15 août dernier, le lieutenant de Pierrebourg est mort au champ d'honneur, au poste d'Antsoa (Madagascar). Officier distingué et courageux, brave cœur et ami dévoué, Pierrebourg a inspiré à son capitaine, M. Deleuze, de la légion étrangère, les lignes qui suivent, adressées au général baron de Pierrebourg, le malheureux père du jeune héros.

Mon Général,


j'ai le triste devoir, en ma qualité de capitaine et d'ami de votre fils, de vous confirmer la nouvelle, qui vous est déjà parvenue par la voie officielle, de sa mort glorieuse.

Je connaissais son affection pour vous et pour Mme de Pierrebourg.

Je connaissais votre affection pour lui. A une pareille douleur, je n'ai pas de consolation à offrir. Il est bon, cependant, que vous sachiez quels furent ses derniers moments. Peut-être, plus tard, trouverez vous dans ces détails un allégement à votre affliction paternelle.

Le sentiment très honorable qui avait poussé de Pierrebourg à venir à la légion vous est connu. Inscrit au tableau, il pouvait rentrer en France s'il n'avait voulu mériter deux fois cette récompense.

Lorsque les deux pelotons de ma compagnie se sont réunis en avril à Mevetanana, pour venir opérer dans le pays sakalave, j'ai été charmé tout de suite en voyant mon nouveau lieutenant,que je ne connaissais encore que par correspondance.

Vigoureux, énergique, toujours prêt à payer de sa personne, il devenait un précieux collaborateur. La vie de campagne, qui nous faisait passer toutes nos heures ensemble, me permettait d'apprécier, de plus en plus, outre ses qualités militaires, son intelligence; son cœur, et surtout sa perpétuelle bonne humeur, don si précieux aux colonies.

Dès qu'il fut question de l'organisation des colonnes destinées à opérer contre les rebelles, j'insistais auprès de l'autorité pour qu'il fût laissé sous mes ordres, dans le groupe sous mon commandement, afin, d'une part, l'occasion aidant, de mettre ses qualités en lumière, et d'autre part, pour le guider dans ses débuts devant l'ennemi. Je
craignais pour lui les surprises et les trahisons de cette guerre du pays sakalave, toute d'embuscades, de trahisons, sous bois, dans des fourrés, où, de part et d'autre, on ne se glisse qu'en rampant.

Je connaissais l'ardeur de son tempérament, et mon affection de chef et d'ami me faisait craindre pour lui. Aussi, dès le début de nos opérations, à lui comme à quelques autres jeunes officiers sous mes ordres, ai-je fait les recommandations les plus expresses pour qu'ils ne confondissent point la bravoure avec la témérité, et chaque fois que son ardeur lui faisait négliger quelques précautions, je n'hésitais pas à le lui faire remarquer.

Le 14 août, dans la soirée, causant sous la tente, je lui marquais ma satisfaction de voir que, l'expérience aidant, il avait reconnu la nécessité de ces précautions, et qu'il était devenu vraiment raisonnable.

Le 15 au matin, en revenant de chercher des vivres pour le poste d'Antsoa, que je venais de créer, je lui annonce que le lendemain 16 nous quitterions ce poste pour rentrer à Morondava; de Pierrebourg me marqua sa joie de rentrer, après plus de 30 jours de route, pour se reprendre un peu, et puis repartir.

Je puis même vous citer quelques mots de lui pour vous peindre sa gaieté et sa liberté d'esprit. Pendant un repos, tandis que mulets et porteurs, harassés par la chaleur, soufflaient un peu, je lui dis :

« Vous doutez-vous que c'est aujourd'hui le 15 août, jour férié ?—Si, »

« je m'en doute, mon capitaine! ce matin, en me levant, j'ai crié :

« Vive l'Empereur ! » Et de rire tous deux. »

Nous arrivons à Antsoa vers une heure du soir. En notre absence, comme d'ailleurs les jours précédents, la garnison de ce poste avait été inquiétée par les Sakalaves, et le matin même, deux tirailleurs sénégalais avaient été blessés.

Dès notre arrivée, le réseau de surveillance est étendu. Les sentinelles doubles sont augmentées et poussées plus au loin ; un piquet d'une quinzaine de légionnaires est mis a la corne d'un bois, point particulièrement dangereux, et des patrouilles sont envoyées dans le fourré.

Me voyant très occupé à régler tous les détails de l'installation du poste qui allait être laissé à ses seules ressources, et à préparer le départ de la colonne pour le lendemain, de Pierrebourg, que j'avais désigné comme mon adjoint, s'assied à ma table et écrit à côté de moi. Les dernières lignes qu'il devait tracer étaient un ordre annonçant aux troupes laissées à Antsoa lès propositions que j'avais l'intention de faire en leur faveur, et je le voyais sourire, car il avait deviné que je ne l'oublierais pas, et qu'outre une proposition pour une citation à l'ordre, je demanderais en plus, ou sa nomination au choix hors tour, ou une inscription pour la Légion d'honneur.

J'avais compris combien il eût été heureux, pour vous, mon Général, de l'une de ces récompenses.

Vers 2 h. 30 m., un coup de feu, mais qui n'atteint personne. Un peu avant 3 heures, la fusillade devient plus intense. Les sentinelles et le piquet ripostent. Nous nous levons, de Pierrebourg pour se porter au piquet, son poste de combat en cas d'alerte, moi pour voir s'il y avait lieu d'intervenir.

Les troupes non employées aux travaux du poste ou du bivouac avaient occupé leurs positions d'alerte. Tandis que je recommandais à ces troupes de ne pas tirer, leur feu pouvant être gênant pour, les sentinelles et les patrouilles sous bois, de Pierrebourg interpelle quelques auxiliaires indigènes qui couraient entre le bivouac et le
poste, puis fait quelques pas en avant, sans doute pour se rendre un compte exact de l'emplacement qu'occupait un groupe de tirailleurs sénégalais qui prolongeait à 20 ou 30 mètres le piquet.

Au même instant, il tombe à la renverse. Je cours le relever avec un légionnaire qui se trouvait à mes côtés. Hélas ! en moins d'une seconde, la mort avait fait son œuvre. Sans vie, ce brave ami, pas une parole, pas une souffrance, les yeux ouverts, mais, hélas! ne voyant plus, le sourire sur les lèvres !

Je déchire vivement ses vêtements, voulant douter; une balle de gros calibre à 6 centimètres, à hauteur et à droite du sein gauche.

Nous l'emportons vivement, voulant le soustraire à de nouveaux coups, et puis je ne voulais pas perdre tout espoir. Il me semblait impossible de croire à l'affreuse réalité. Sitôt installé sur un lit, j'essaye de ranimer en lui un souffle de vie. Rien n'y fait, et malheureusement, la place de la blessure (l'hémorragie interne foudroyante consécutive) et aussi l'expérience d'une vie coloniale assez longue, qui m'avait fait assister maintes fois à.ces douloureux événements, ne me laissent plus d.'illusions.,

Cependant, je ne voulais, pas croire, et à maintes reprises j'ai cherché à surprendre chez lui quelques symptômes de vie.

Je pensais à votre douleur,à celle de sa mère, de toute sa famille.

Autour de nous aussi, la douleur était navrante :'officiers, légionnaires, troupes indigènes et ses serviteurs indigènes, pour lesquels il était si bon! Quand il ne fut plus permis de douter, je lavai doucement les quelques gouttes de sang qui avaient perlé sur sa poitrine, et nous le vêtîmes de sa tenue de campagne. Une autre balle, un gros projectile de forme allongée, l'avait aussi atteint au bas-ventre. Cette blessure était également mortelle, mais il aurait bien souffert pendant plusieurs heures. Dieu lui a été clément. Les légionnaires avaient transformé la plus grande case du hameau, au pied du poste, en une sorte de chapelle, à l'aide de feuilles de palmier et de drapeaux tricolores. Il repose là doucement, une croix de verdure sur la poitrine, le sourire sur les lèvres. Je revois encore ce sourire, mon général, en vous écrivant, les larmes aux yeux, et le lendemain, au dernier moment, en l'embrassant une dernière fois en votre nom à tous et au mien, je ne pouvais croire que ce sourire et ce sommeil fussent éternels. Un légionnaire et un Sénégalais montent la garde auprès de lui. Quelle funèbre veillée! Nous ne pouvions croire! A l'aube, avant le soleil levant, toutes les troupes prennent les armes pour le conduire à l'endroit où il doit reposer : sous un gros tamarinier, à 80 mètres au nord du poste et sous les yeux de ce poste. Et cette triste cérémonie eut un caractère de sauvage grandeur, comme la guerre de ces pays. Tandis qu'une partie des troupes lui rendait les derniers honneurs, l'autre partie, l'arme chargée, l'oeil aux aguets, se glissait sous bois, prête! à repousser une attaque des Sakalaves.

Il me fut à peine possible, sur sa tombe, tellement notre douleur à tous était poignante, de dire quelques paroles pour rappeler le.passé militaire si glorieux de sa famille, et lui adresser, au nom de cette famille et en notre nom à.tous, un dernier adieu. Sachant qu'il était catholique, j'ai dit pour lui une dernière prière. Un gros tumulus, de forme carrée, fait en pierres sèches, marque provisoirement sa tombe.

Je fais confectionner en ce moment, avec les matériaux, hélas ! trop rares de Morondava, une grande croix en fer avec plaque en cuivre qui sera placée sur la tombe. Je vais écrire à Majunga pour tâcher d'avoir mieux.

Sa mort glorieuse, en faisant son devoir de chef, ne sera pas connue de vous seuls et de nous. J'ai demandé au général en chef que le brave de Pierrebourg soit cité à l'ordre du corps d'occupation, et que son nom soit donné au poste d'Antsoa (1).

Puis-je me permettre de vous le dire, mon général, ne plaignez pas votre fils, il a eu la plus belle mort, celle que nous rêvons tous; combien les survivants sont plus à plaindre! vous, mon général, sa mère, ses sœurs, toute sa famille!... Devant ces douleurs, je ne puis parler de consolations.

Veuillez agréer, mon général, en cette douloureuse circonstance, pour vous, pour Mme de Pierrebourg et pour toute la famille de notre malheureux ami, l'hommage de la bien vive sympathie et de la sincère affliction de ses subordonnés et de ses chefs.
G. DELEUZE,
Capitaine Cdt la 2e compagnie de la légion étrangère.


(1) Antsoa se trouve près du Èjunarivo, affluent de gauche"de la Tsiribiliina, environ par 20° de latitude sud et par 42° 27' de longitude est, côte ouest de Madagascar

LA MORT DU LIEUTENANT DE PIERREBOURG

Mercredi, 02 Mars 2016 15:22

Journal officiel de Madagascar et dépendances du 01/09/1898

NÉCROLOGIE

Le Général commandant en chef du Corps occupation et Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances a le regret de porter à la connaissance de la colonie la nouvelle de la mort de M. le lieutenant Harty de Pierre- bourg, de la légion étrangère, tué à l'ennemi le 15 août 1898.

Né le 23 septembre 1867 à Saint-Lubin (Loir et Cher), porté par ses aspirations et les traditions d'une famille militaire vers la carrière des armes, M. de Pierrebourg entrait à Saint-Cyr en 1888 et en sortait avec le grade de sous- lieutenant le 1eroctobre 1890.

Affecté au 95e régiment d'infanterie, il y était promu lieutenant le 1er octobre 1892.

Peu après, son activité et ses aptitudes pour la topographie lui valaient d'être désigné pour faire partie des brigades chargées du levé de la carte en Tunisie et en Algérie; il y accomplissait coup sur coup trois campagnes de 1894 à1897.

Plein d'ardeur, il sollicitait et obtenait bientôt d'être envoyé à Madagascar et était affecté, par décision du 2 mai 1897, à l’État-major du Corps d'occupation.

Les qualités de travail et d'intelligence qu'il y déploya dans des fonctions particulièrement délicates lui valaient l'inscription au tableau d'avancement pour le grade de capitaine.

Lorsque survinrent les incidents du Ménabé, le lieutenant de Pierrebourg fut réintégré, sur sa demande, à l'une des compagnies de la légion étrangère qui étaient destinées à engager les opérations les plus actives contre ces rebelles et à rétablir dans cette contrée l'ordre et la tranquillité. Après s'être fait remarquer au cours de cette période par son zèle et son entrain, il était dernièrement chargé de la création du poste d'Antsoa.

La campagne venait de nous assurer la basse Tsiribihina et l'occupation d'Antsoa, qui couvre flanc Sud de cette ligne de communication importante, avait été effectuée avec habileté par M. de Pierrebourg, sans coup férir et par le simple moyen de la confiance qu'il avait su inspirer aux indigènes.

Une telle réussite dans l'exécution des instructions du Général en chef lui valait, d'ailleurs, de la part de ce dernier, un témoignage de Satisfaction.

Malheureusement, au cours des travaux d'installation du poste, un petit groupe de rebelles, trompant la surveillance des sentinelles, réussit à s'embusquer à portée de fusil et deux balles frappèrent le malheureux officier au moment où il sortait de sa tente. Il était mortellement atteint.

Intelligent, sérieux et instruit, le lieutenant de Pierrebourg avait su acquérir l'estime de ses chefs. Son caractère simple, aimable, et ses qualités de cœur et d'esprit lui avaient gagné l’amitié de tous ses camarades. Sa mort de soldat met en deuil, non seulement une famille dont il continuait les traditions d'abnégation et de dévouement à la patrie, mais le Corps d'occupation tout entier.

La Légion étrangère

Le Petit Parisien. - 17/06/1900

La Légion étrangère.

L'Actualité militaire illustrée. 20/01/1884

 

Avez-vous remarqué que dans la liste des tués et des blessés l'attaque de Son-Tay, c’est Légion étrangère qui fournit le contingent le plus nombreux?

Ces braves gens qui mêlent leur sang au nôtre et qui tombent, pour notre drapeau, se battent en héros, là-bas, au Tonkin.

Venu de partout, réunis par le hasard dans les mêmes rangs, représentant toutes les races, ils ont du moins une religion commune la religion du courage !

Certes, le passé de quelques-uns d'entre eux est fertile en aventures; certes, plus d'un a eu des motifs pressants pour quitter son propre pays. Mais une fois au service de la France, qu'importe ce passé ?

Un autre homme nait en eux le jour ou ils revêtent notre uniforme : le baptême du feu les purifie et les absout pour toujours.

Belges, Suisses, Italiens ne sont plus, sous la capote grise à col rouge, que de rudes et vaillants soldats prêts à mourir pour notre cause; ces nationalités diverses se fondent en un même dévouement.

Je les ai vus, en Afrique, sur ce sol algérien qu'ils ont contribué à nous conquérir et où tant d'étapes rappellent leur conduite glorieuse, ces troupiers délite! Toujours en tête, ils font partie de toutes les colonnes, des détachements les plus périlleux, des expéditions les plus pénibles…

Ils supportent les fatigues et les privations avec une crânerie superbe, et quel que soit l'accent avec lequel ils les disent, c'est unanimement qu'ils répètent, quand il le faut, les deux mots qu'ils ont toujours été habitués à entendre : En avant.

En avant pour leur patrie d'adoption et pour ces trois couleurs qui sont devenues celles qu’ils aiment !

 

***

 


Je n'oublie pas, au reste, qu'Il y a parmi eux des hommes qui sont nés nos compatriotes et qui, leur pays soumis à des lois nouvelles, n'ont pas voulu se coiffer du casque à pointe…

Oui ils sont nombreux dans leurs rangs, les fils d'Alsace et de Lorraine, trop jeune au moment de la guerre pour opter et qui, à l'âge de la conscription prussienne, se sont réfugié chez nous, éperdus à l'idée d'avoir à servir nos vainqueurs.

Hélas ! français de cœur, ils ne l'étaient plus de nom, et notre armée nationale leur
était fermée !

En s'enrôlant dans la Légion étrangère, ils ont trouvé le moyen d'être encore chez eux sur une terre française et de porter les armes qui devaient quelque regret qu’on en eut, leur être autrement refusées…

Ils forment là un corps remarquable qui donne, avec une patriotique discipline, l’exemple des vraies qualités du soldat.

Ce sont eux, surtout, qui vont au feu avec entrain ! C'est qu'ils se piquent de rappeler à leurs camarades, quelle est leur origine.

Les autres se battent pour l’amour du péril et de l'aventure. Eux, ils marchent à l'ennemi pour être utiles encore à la patrie perdue !

 

***


La Légion étrangère formée des débris des corps étrangers au service de là France, fut organisée en 1831.

Dès cette année même. la .Légion commença cette série d'exploits et de faits d'armes qui lui ont conquis son renom-.militaire en Algérie.

Le.23 mai 1832. vingt-neuf hommes de là Légion étaient en-reconnaissance près de la Maison-Carrée; six cents Arabes les entourent brusquement.

Ce faible détachement était commandé par un sous-lieutenant, qui le premier, reçut une blessure grave. Les munitions manquant, sans s'apercevoir du sang qui l'inondait, il prend lui-même un fusil et charge à la baïonnette à la tête des siens...

Ceux-ci n’étaient plus que douze ! Les Arabes leur commandent de se rendre, en leur promettant la vie sauve, ils refusent, et un contre cent, ils luttent encore près de trois quarts d'heure ! Un seul nommé Wagner, échappa à ce massacre.

Par une singulière fatalité, c'est par Une patrouille de son propre régiment que ce malheureux, qui avait survécu à cet héroïque et inégal combat, devait être tué.

Errant dans le désert, perdu, se cachant le jour, il arriva enfin, au bout d'un mois, en vue d'un blockhaus français. Son costume, sa longue barbe, l'ayant fait prendre pour un Bédouin, le chef de la patrouille, sans lui donner le temps de parler, lui porta un coup de baïonnette...

Où ne retrouve-t-on pas la Légion, pendant la période de la conquête ?

Lé 18 juin 1834. ce fut presque seule qu'elle protégea la retraite du général Trézel forcé de repasser le Sig avec un nombre considérable de blessés, et de céder momentanément devant les forces
d'Abd-El-Kader : elle se fit décimer sans broncher, et la plupart de ses officiers furent tués ou blessés.

La Légion se chargea, trois ans plus tard, de venger cet échec, au siège de Constantine.

 

***


On sait combien ce siège fut meurtrier.

Un événement devait encore ajouter à la situation critique des Français...

Une rivière, le Rummel grossie par les pluies, devint subitement inguéable. Elle séparait les deux corps d'armée assiégeants.

Le quartier général ne pouvait, faire parvenir aucun ordre aux autres troupes...

C'est alors qu'un soldat de là Légion, nommé Morache s'offrit pour traverser le Ruminel, devenu un torrent affreux, à la nage ; il se fixa la dépêche qu'on lui avait remise sur le front, et, sous le feu des Arabes, et malgré l'impétuosité du courant, il fut assez heureux pour arriver sain et sauf au quartier général.

Ce furent cent hommes de là Légion, commandés par le colonel Combes, qui entrèrent dans la ville par la première brèche.

A peine avaient-ils pénétré dans les rues tortueuses de la place qu'une horrible explosion les ensevelissait sous les décombres …

Leur chef, le colonel Combes, fût parmi les victimes.

Ce furent aussi, le 13 mai de la même année, les soldats du 1er bataillon de la Légion qui plantèrent à Djidjelli le drapeau français.

 

***


Une statistique prouvera à quel point souffrit la Légion étrangère pendant les guerres d'Afrique. En dix ans. l'effectif s’était entièrement renouvelé! Il y avait eu 2.872 tués ou morts de leurs blessures !

Dans l’Aures, à Guelma, à Tebessa, aux frontières du Maroc et aux confins du désert, ou retrouve toujours la Légion. Le siège de Zaatcha compte aussi parmi ses plus brillants états de service. i

Ce fut là une lutte acharnée. La tète de colonne venait de pénétrer dans un fort, quand les murailles s'écroulèrent. En même temps, un ennemi invisible tirait, sans interruption sur nos soldats.
Malgré cette situation critique, il fallut répéter jusqu'à trois fois l'ordre de se replier en arrière pour que là Légion consantit à abandonner ce foyer d'incendie et de mort…

En Crimée, au Mexique, pendant l'insurrection algérienne de 1871, la Légion tient toujours à honneurs, au milieu des autres troupes, de prouver qu'elle garde ses traditions...
.
Elle a encore rendu d'autres services. A peine avait-elle formé les faisceaux, que ses soldats, saisissant la pelle, la pioche ou la truelle, travaillaient aux routes, aux fortifications, aux édifices militaires.

 

***


Véritables pionniers de la civilisation française en Algérie, ils ont été constamment aux avant-postes, prêts à combattre, à construire ou à défricher !

Je devais ce souvenir et cet hommage au corps infatigable qui recommence, au Tonkin, ce qu'il a fait en Afrique, et qui prouve, par le nombre de ses pertes aux récentes affaires, qu'il ne demande pas à être plus ménagé aujourd'hui qu’autrefois...

Quel que soit le sang qui coule dans leurs veines, ces soldats qui rivalisent de constance et de bravoure avec les nôtres ont droit aussi à toute notre affection...

Et nous devons mêler dans les mêmes regrets, quelque soit l’uniforme quils portent, tous ceux qui meurent en Français et pour la France !


J. DES BORDES

Le Roman d'un Légionnaire étranger.

Le Petit Journal Illustré. 02/06/1895.

ORDRE GÉNÉRAL 239

Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 12/04/1898

 

Notre extension méthodique dans la province de Tulléar et dans l'ouest du cercle des ayant été, à diverses reprises, entravée par les incursions à main armée d'une bande réfugiée dans le massif boisé du Vohinghezo, sis à l'Est du confluent du Mangoka et du Malio, M. le capitaine Flayelle, commandant les troupes de la province de Tulléar, fut chargé de chasser cette bande de son repaire.

 

Il idisposait,pour l'opération projetée:

D'un détachement de la 1re compagnie de Légion sous les ordres de M. le lieutenant Montagnole.

De quelques hommes de la 11e compagnie du 13e régiment d'infanterie de marine.

D'une pièce de la 6e batterie de montagne (lieutenant Defer).

D'un détachement de la 6e compagnie du 1er malgache.

D'un détachement de la 8e compagnie du 2e malgache (sous-lieutenant Garenne).

D'un détachement de la milice de Tulléar (M. l'inspecteur Charles).

Ce groupe quitta le poste de Soaserana le 11 mars dans l'après-midi, passa le Malio et, après un repos de quelques heures, se remit en route à 11 heures du soir. Il se heurta, à 4h45 du matin à des escarpements boisés occupés par les rebelles, qui accueillirent la tête
de colonne par un feu très nourri.

Aux premiers coups de feu, MM. le capitaine Flayelle et le lieutenant Montagnolle qui marchaient à l'avant-garde, tombaient mortellement blessés.

M. le lieutenant Defer prenait alors le commandement et donnait ses ordres pour l'enlèvement de la position, qui fut aussitôt effectué, grâce à un mouvement tournant vigoureusement conduit par M. le sous-lieutenant Garenne et malgré les énormes difficultés du terrain et la résistance déployée parles rebelles abrités derrière les retranchements qu'ils avaient organisés et derrière lesquels ils laissèrent de nombreux cadavres.

 

Le Général commandant en chef du Corps d'occupation et Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances cite à l'ordre du Corps d'occupation :

M. le capitaine Flayelle, commandant la 1re compagnie du bataillon étranger et les troupes de la province de Tulléar :
«A été mortellement blessé, le 12 mars au matin, dans la forêt du Vohingheso, en marchant, avec sa bravoure habituelle, à la tête d'avant-garde».

M. le lieutenant Montagnole, de la 1re compagnie du bataillon étranger :
« A fait preuve de beaucoup de bravoure, le 12 mars 1898, dans le commandement de la pointe d'avant-garde, jusqu'au moment où il est tombé mortellement blessé ».

Durlach, N° Mle 20929, soldat de 2e classe à la même compagnie :
« A montré la plus grande bravoure à l'assaut des retranchements où s'étaient embusqués les rebelles, assaut au cours duquel il a été mortellement blessé ».

Griseur, N° Mle 21921, soldat de 1re classe à la même compagnie, ordonnance de M. le capitaine Flayelle :
« Se trouvant en dehors de la ligne de feu, est allé sous les balles ramasser le corps de son capitaine mortellement frappé, est revenu ensuite chercher le corps du lieutenant Montagnole, puis est retourné au feu ».

Vonoch,N° MleÎ481, soldat de 1re classe a la même compagnie :
« A fait preuve d'une grande bravoure dans l'assaut des retranchements du Vohinghezo, assaut au cours duquel il a été blessé à l’aine »,

Mangalli, N° Mle18220, soldat de 2e classe à la même compagnie :
« S'est élancé avec impétuosité à l'assaut des retranchements du Vohinghezo et y est arrivé en même temps que l'officier qui commandait l'attaque ».

Laos, N° Mle 16063, soldat de 2e classe à la même compagnie :
« Etant blessé au coude, est resté à sa place de combat jusqu'à la fin de l'action ».

Pugin, N° Mle 14810, soldat de 2e classe à la même compagnie :
«Etant à la pointe d'avant-garde et se trouvant immédiatement derrière le lieutenant Montagnole, qui venait d'être blessé, a continué à tirer et a eu son fusil brisé par une balle ».

Schmider, N° Mle 14921, soldat de 2e classe à la même compagnie :
« S'est conduit brillamment pendant l'attaque du Vohinghezo, au cours de laquelle il a été légèrement blessé ».

Courvoisier, N° Mle B 1429, 2e canonnier, conducteur à la 6e batterie de montagne :
« A aidé avec beaucoup de sang-froid à la mise en batterie de la pièce et l'a pointée avec calme à moins de 100 mètres des retranchements ennemis ».

Ramanarany, N° Mle 5729, tirailleur de 1re classe à la 8e compagnie du 2e régiment malgache :
« A été mortellement blessé en s'élançant avec bravoure à l'assaut de la position du Vohinghezo ».

 

Le Général adresse en outre ses félicitations:

A M. le lieutenant Defer, de la 6e batterie de montagne :
«« Pour le sang-froid dont il a fait preuve en prensnt,le 12 mars 1898, le commandement de la colonne du Vohinghezo après la mise hors de combat de M. le capitaine Flayelle, et dans des conditions particulièrement difficiles, et en n'hésitant pas, après les pertes cruelles qu'avait subies la colonne dès le début de l'action, à ordonner une vigoureuse offensive contre l'ennemie ».

A M. le sous-lieutenant Garenne, de la 8e compagnie du 2e régiment malgache :
« Pour avoir commandé avec beaucoup de bravoure, le 12 mars, la troupe d'assaut qui enleva, a la baïonnette, les retranchements du Vohinghezo et être arrivé le premier sur la position ».

Au sergent rengagé Lelièvre, N° Mle 9394, de la 1re compagnie du bataillon étranger :
« Pour avoir fait preuve du plus grand sang-froid lorsque la tête de colonne fut assaillie par une grêle de balles et avoir rallié ses hommes sans précipitation ».

Au maréchal-des-logis Grenot,N" Mle B 30853, de la 6e batterie d'artillerie de montagne :
« Pour avoir mis sa pièce en batterie sous le feu de l'ennemi et conduit le tir pendant toute l'action avec le plus grand calme ».

Au soldat de 2e classe Kiener, N"M18 20991, de la 1re compagnie du bataillon étranger :
« Pour avoir, bien que blessé au mollet, aidé à transporter, sous les balles, en arrière de la ligne de feu son Capitaine mortellement blessé».

Au 1er canonnier servant Revel, N° Mle B 38486, de la 6e batterie de montagne :
« A organisé, sous le feu de l'ennemi, une ambulance pour panser les blessés, auxquels il a prodigué ses soins ».

Au soldat de 2e classe Satta, N° Mle 13604, de la 1re compagnie du bataillon étranger :
« Pour avoir aidé, avec beaucoup de sang-froid et de dévouement, l'infirmier Revel dans les soins donnés aux blessés ».

Au soldat de 2e classe Py, de la 11e compagnie du 13e régiment d'infanterie de marine :
« Pour avoir aidé à mettre la pièce en batterie sous le feu de l'ennemi ».

Le Général commandant en chef adresse en même temps ses félicitations aux détachements des compagnies de milice de Fianarantsoa et Tulléar pour le concours dévoué qu'ils ont apporté à la colonne commandée par M. le capitaine Flayelle. Il félicite particulièrement :

M. l'inspecteur de 2e classe Charles, commandant la compagnie de milice de Tulléar :
« pour son énergique attitude pendant toute l'action et les mesures judicieuses qu'il prit pour empêcher la droite d'être débordée par les rebelles. »

M. le garde de 4e classe Morel, de la compagnie de Fianarantsoa :
« pour le sang-froid qu'il a montré dans la garde du convoi et de l'ambulance, attaquée à plusieurs reprises par l'ennenii.».

Le caporal de milice Razafy, N° Mle 399, les miliciens Randratsirava, N° Mle 239, Raizanaka, N° Mie 298, Raimitsiry, N° Mle 358, de la compagnie de Fianarantsoa :
« pour s'être particulièrement distingués dans la défense du convoi de la colonne ».

Le Général décide, en outre, que les postes d'Ankazoabo, Soaserana, Vorondreoet Manera, porteront, à compter de ce jour, les noms de : poste Flayèlle, poste Montagnole, poste Durlàch, poste Ramanarany.

Un exemplaire du présent ordre sera.remis àchacun des officiers et hommes de troupe qui y sont dénommés ou envoyé à leur famille.

Tananarive, le 10 Avril 1898.
Le Général commandant en chef du Corps d'occupation et Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, GALLIENI.

Mort du Capitaine Flayelle et du lieutenant Montagnole.

Le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances du 16/04/1898

NÉCROLOGIE

Le Général commandant en chef du Corps d'occupation et Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances a le regret de porter à la connaissance de la colonie la nouvelle de la mort de MM. le capitaine Flayelle et le lieutenant Montagnole, tués à l'ennemi le 12 mars 1898.

Né le 23 septembre 1858 à Saint-Nabord (Vosges), M.le capitaine Flayelle était entré à Saint-Cyr le 29 octobre 1878; il était affecté, à sa sortie de l'école, au 91e de ligne. Nommé lieutenant le 29 juillet 1885, il était classé au 21e régiment de la même arme.
Plein de vigueur, d'entrain et recherchant, dès le début de sa carrière, l'occasion de se distinguer et de faire campagne, il demandait et obtenait de servir en Algérie, où il était placé au 1er régiment de tirailleurs.
Promu capitaine le 2 octobre 1891, il était affecté au 131e régiment de ligne, à Orléans. Passé au 2e régiment de la légion étrangère, il fut promu chevalier de la Légion d'honneur le 11juillet 1896; l'année suivante, il était désigné pour servir a Madagascar. Parti de Marseille le 10 août 1896, en même temps que le Général Gallieni, il débarquait à Tamatave le 5 septembre suivant. Il faisait, à la tête de la 1re compagnie de légion, toute la campagne contre l'insurrection hova et prit une a large part à plusieurs opérations importantes. Il se distingua, en particulier, à la prise du village fortifié Nosibé ; à cette occasion, il méritait d'être cité à l'ordre du Corps d'occupation le 21 février 1897, pour : « Avoir montré une bravoure et un sang-froid dignes des plus grands éloges, le 6 février 1897, en dirigeant, sous un feu très vif, l'escalade d'une des portes du village forlilié de Nosibé, avoir ensuite très habilement dirigé la poursuite des rebelles dans la vallée de l'Ikopa et provoqué ainsi près de 3.000 soumissions en deux jours ».
Au mois d'octobre 1897, dès que la tentative de révolte des Sakalaves de la Tsiribihina fut conue à Tananarive, le capitaine Flayelle, envoyé dans le Ménabé, se portait en toute hâte au secours d'Ambiky, où il arrivait le 17 novembre Il méritait, à cette occasion, d'être cité de nouveau à l'ordre du Corps d'occupation pour: « Avoir fait preuve de beaucoup de bravoure et de sang-froid dans le commandement des deux compagnies de renfort qu'il a conduites, du 14 au 17 novembre 1897, de Bemena à Ambiky, à travers une région boisée infestée par des bandes rebelles. A constamment marché de sa personne avec la tête d'avant-garde ».
Quelques semaines plus tard, M. le capitaine Flayelle prenait le commandement des troupes de la province de Tulléar. Notre extension méthodique dans cette province ayant été, à diverses reprises, entravée par les incursions à main armée d'une bande réfugiée dans le massif boisé du Vohinghezo, il se mettait à sa poursuite. C'est au cours de cette opération, couronnée de succès, que M. le capitaine Flayelle, qui marchait avec son intrépidité accoutumée à la tête d'avant-garde, est tombé mortellement frappé sous le feu de l'ennemi, méritant d'être cité encore une fois à l'ordre du Corps d'occupation.
M. !e capitaine Flayelle était un officier du plus grand mérite; à ses remarquables qualités militaires, à une bravoure à toute épreuve, il joignait une instruction étendue, un esprit fin et lettré qui donnait le plus grand charme à ses relations. Ses chefs l'avaient en haute estime et il était aimé de ses hommes, qu'il traitait avec justice et bonté. On se rappelle qu'au mois de novembre 1896, il n'avait pas craint d'exposer sa vie pour sauver un de ses légionnaires sur le point de se noyer dans l'Ikopa; il avait été cité une première fois à l'ordre du Corps d'occupation pour ce bel acte de courage et de dévouement.
La mort de ce brillant et valeureux officier sera déplorée par tous ceux qui l'ont connu.
*
**

Né le 31juillet 1869 a la Ravoire (Haute-Savoie), M. le lieutenant Montagnole entrait à Saint- Maixent le 1er mars 1891. Affecté, à sa sortie de l'école, au 1er régiment de légion étrangère, il faisait campagne au Soudan, du 23 février 1894 au 27 janvier 1895, et y faisait preuve de solides qualités militaires. Il était promu lieutenant le 1er avril 1895.
Désigné pour servir à Madagascar, il s'embarquait à Marseille le 10 octobre 1897 ; arrivé le 4 novembre à Tamatave, il montait à Tananarive avec un détachement qu'il conduisait peu après dans le sud, à Ihosy.
Tout dernièrement, il fut classé à la compagnie de M. le capitaine Flayelle et prit part, avec elle, à l'opération dirigée contre les rebelles du Vohinghezo.
Il marchait à la pointe de l'avant-garde, dont il avait le commandement, lorsqu'il tomba mortellement frappé à côté de son capitaine.

Le Corps d'occupation perd, en la personne de M. le lieutenant Montagnole, un officier de valeur et d'avenir, qui sera vivement regretté de ses chefs et de ses camarades.

Le dernier courrier de Madagascar...

Le Figaro 21/04/189

 

La Mort d'un Héros - 30/04/1898

Le Journal - 30/04/1898

Nouvelles de Madagascar

Le Journal - 24/05/1898

La mort du soldat.

Le Figaro 25/05/1898.

 

Je viens d'assister, à Saint-Philippe du Roule, au service célébré pour le. repos de l'âme du capitaine Louis Flayelle, de la légion étrangère, chevalier de la Légion d'honneur, tué au combat de Vohingezo (Madagascar), le 12 mars, avec le lieutenant Montagnole, des tirailleurs algériens, et trois hommes de troupe. Une heure plus tard, dans la même église, une messe était dite à la mémoire du lieutenant d'infanterie Gallet, tué à la prise de Sikasso, avec le lieutenant Soury, de l'infanterie de marine.

Le capitaine Flayelle était l'un de mes meilleurs, l'un de mes plus chers camarades de Madagascar. Nous nous étions embarqués ensemble sur le Yang-Tsé, pour cette terre lointaine d'où il ne devait pas revenir. Nous avons vécu longtemps dans l'intimité d'une existence de plein air, où chaque jour m'a fait apprécié davantage la noblesse de son cœur et l'élévation de son esprit, délicat, généreux et cultivé.

Bien souvent, depuis lors, je pensais à la joie de' retrouver, à sa rentrée en France, riche du souvenir des belles actions, cet admirable soldat que, durant une campagne ininterrompue de plus d'un an et demi, la confiance des chefs et l'entraînement passionné du devoir militaire avaient conduit à travers les aventures les plus émouvantes et les plus diverses; j'attendais impatiemment la voix affectueuse, au parler pittoresque, qui me dirait ces pages inédites de l'épopée coloniale, si exaltante pour la jeune âme héroïque d'un Flayelle, soutenu contre les fatigues et les découragements par la noblesse et l'utilité de l’œuvre patriotique à laquelle il collaborait avec tant d'autres vaillants obscurs ou couverts de gloire, les champions de la mère patrie au Tonkin, au Soudan, à Madagascar, partout où progresse le drapeau d'une France qui se réveille aux grands espoirs.

Ce n'est pas de sa bouche, maintenant, que j'entendrai le récit de tant de belles choses réalisées loin de la gloriole boulevardière assurément, il ne fallait point attendre de lui, si modeste, l'énumération des actions d'éclat accomplies au premier rang de ses légionnaires, seuls témoins de son intrépidité; et chacun dans l'armée sait ce qu'il vaut, ce témoignage, en matière de bravoure, une vertu qui dispense de toute autre les cerveaux brûlés de la légion; •̃ Les coups terribles, portés et reçus dans cette guerre aux barbares, ce n'est pas de cela, j'en suis bien sûr, qu'il aurait eu plaisir à me parler, cet. homme de grand cœur, aussi pitoyable à la détresse des populations fanatisées qu'il était paternel à ses braves troupiers, ménager de leur existence et soucieux dé leur bien-être. Mais avec quelle fierté, j'ensuis certain, il m'aurait fait connaître dans leurs moindres circonstances les ruses qu'il s'ingéniait à trouver pour prendre, sans coup férir, le contact avec les rebelles auxquels il parvint souvent à imposer l'autorité du nom français par des paroles de confiance qui assuraient plus vite et plus définitivement que les balles Lebel la prise de possession d'une région soulevée !

Une mission pacifique de ce genre, je vous l'assure, est rude à réaliser en présence des Sakalaves qui n'ont rien des mœurs courtoises dont Fontenoy nous a laissé la tradition chevaleresque embusqués parmi les rochers ou cachés derrière les arbres (c'est dans une forêt que Flayelle a trouvé la mort, comme les héros du Yen-Té), ces guerriers vous tirent à brûle-pourpoint d'innombrables coups de fusil, à quoi, bien souvent, on réplique seulement par des charges à la baïonnette; c'est le meilleur moyen de les mettre en déroute.

Le capitaine Flayelle avait pour le tir si souvent inoffensif de ces Malgaches un mépris tout spécial et dont je trouve la piquante expression dans une lettre écrite, avec sa bonne humeur coutumière, presque à la veille du jour où il allait tomber sous le feu d'un ennemi si souvent abordé avec cette témérité dédaigneuse

« La bande des Baribés, écrivait-il, a fêté notre arrivée par l'exécution de son répertoire le plus varié sur l'ancive (trompe guerrière).Quelques virtuoses du snyder se sont exercés, sans succès, à tirer sur des oiseaux invisibles qui planaient à vingt mètres au-dessus de nos têtes. Les mêmes artistes nous ont accompagnés, le 24 au matin, pendant cinq ou six kilomètres, en faisant beaucoup de bruit et aucun mal. »

Quelle que fût la longanimité du capitaine, il fallait parfois cependant en venir aux mains; on y allait carrément, mais le sang-froid du chef ne se démentait jamais dans le feu de l'action et, l'affaire terminée, son premier soin était de soustraire les vaincus aux cruautés inutiles des troupiers excités par la griserie du combat.

Parmi les diverses citations à l'ordre du jour dont il a été honoré, je relève celle du mois d'avril 1897, « pour la bravoure et le sang-froid dignes des plus grands éloges dont il avait fait preuve, le 6 février 1897, eh dirigeant sous un feu très vif l'escalade du village fortifié de Nossi-Bé, en dirigeant ensuite la poursuite des rebelles et en provoquant ainsi plus de 3,000 soumissions en deux jours M.

Et la première en date félicitait le capitaine de s'être jeté tout équipé dans une rivière torrentielle,, pour sauver un de ses légionnaires; on l'en retira lui même inanimé ce fut peu de temps après que je lui serrai la main pour la dernière fois.

Il a été tué le 12 mars dans la forêt de Vohingezo, contre laquelle il marchait à la tête d'une colonne de tirailleurs malgaches, avec une pièce d'artillerie de montagne appuyé seulement d'un détachement 'de légionnaires qu'il conduisait pour la première fois le délabrement et le dénuement de ceux de sa compagnie n'avaient pas permis de les mettre en marche et le capitaine n'avait emmené que son ordonnance, le soldat Griseur, dont la conduite a été au dessus de tout éloge dans ce combat si dramatique.

Après une marche forcée, à la faveur de la lune jetant une clarté douteuse sur la brousse inexplorée, la colonne atteignait vers onze heures du soir la lisière d'une forêt où se cachait l'ennemi. Ici je laisse la parole à l'officier qui, dans une lettre profondément touchante par la simplicité du récit et l'émotion sincère, a pieusement transmis à la famille quelques détails sur les derniers moments du capitaine Flayelle

Bientôt on a la certitude que les rebelles sont avertis leurs sentinelles fuient devant les éclaireurs, et des feux s'allument sur la montagne en face. On arrive devant un bois qui paraît impénétrable, tant l'obscurité est devenue profonde. La colonne arrêtée, l'avant garde se déploie.

Le capitaine veut attendre le jour avant d'attaquer, mais le lieutenant Montagnole s'est engagé au milieu des abatis avec deux éclaireurs. C'est le signal d'une décharge générale et que l'on évalue à 200 coups de fusil. Le capitaine lance les légionnaires sur les traces du lieutenant. Il traverse avec eux les abatis, mais il est difficile de pousser de l'avant, car on ignore absolument le terrain; on ne voit que les coups de feu qui vous aveuglent, et la fusillade à bout portant est tellement intense que les hommes n'entendent rien. On ne sait pas ce -qu'est devenu le lieutenant. Une voix dans le fourré crie « En arrière ! » Mais le capitaine, avec un geste superbe, et de toutes ses forces « Mais non pas en arrière En avant!» » A ce moment, il tombe frappé de deux balles, l'une au poumon, l'autre à l'abdomen. Il tombe à la renverse en disant à son ordonnance, qui, quittant le convoi, s'était portée à ses côtés dés les premiers coups de feu: «. Griseur, je suis mort L'ordonnance s'est agenouillée près de lui: « Où ça ? Au côté; » répond le malheureux blessé. « Attendez, je vais vous transporter en arrière pour vous faire panser; ce n'est peut-être pas si grave que cela. » Il appelle des légionnaires à l'aide et, à trois, ils le transportent à travers les abatis, malgré la demande du capitaine qui veut être laissé sur place. La colonne n'a pas de médecin; deux infirmiers, aidés de Griseur, le pansent de leur mieux. Cela ne va pas sans quelque, douleur. « Vous me faites souffrir, dit-il, laissez-moi mourir ». A l'ordonnance qui parlait à voix basse a No parlez pas à voix basse, ce n'est pas la peine, j'entends tout ce que vous dites. » Au lieutenant Defer qui vient lui demander comment il va.: «Laissez-moi mourir! » dit-il encore. Blessé 1\' cinq heures, le capitaine s'éteignait doucement à sept heures quarante, après trois ou quatre contractions de la bouS'il avait peu parlé, il avait paru conserver sa pleine lucidité. Son regard était resté clair jusqu'au dernier moment. Les deux balles étaient mortelles la première, entrée dans la région du cœur, restée dans la plaie et déterminant une hémorragie la seconde, perforant le foie et sortant par le dos. On avait (Griseur) apporté vers cinq heures et demie le corps du lieutenant Montagnole, déjà froid. Il avait reçu sept balles.

Cependant, la bande avait été mise en fuite et poursuivie, mais sans grands résultats. Vers dix heures et demie, la colonne si cruellement mutilée 2 officiers et 1 légionnaire morts,,2 tirailleurs tués sur le coup et 4 légionnaires blessés, reprenait le chemin de Spaserana. Le corps du capitaine, que l'ordonnance avait recouvert d'un drapeau, était porté sur un brancard.

A six heures et demie du soir on arrivait au poste. Griseur s'occupe aussitôt de faire la toilette du cher mort. Le corps soigneusement lavé, il le revêt de ses meilleurs effets et, l'installant sous la tente, surélève le brancard. Une sentinelle veille à côté. La figure du capitaine était restée très belle, les traits reposés « On aurait juré qu'il dormait. » Le 13 au matin, on inhumait ces morts glorieux avec tous les honneurs militaires, dans le poste même de Soaserana.

Le capitaine Flayelle aura, dans le recueillement de nos pensées, la première place. Une croix en bois du pays,' sculptée par le sergent Staber, a été envoyée à Soaserana pour être placée sur sa tombe. Nous vous en adressons le dessin.

Telle fut la fin de cet admirable soldat, tout jeune encore, aussi beau garçon que brave homme et que vaillant cœur, de l'esprit le plus orné et d'un goût d'élégance raffinée que la rude existence dans la brousse mit tout d'abord à de rudes épreuves. En d'autres temps, j'aurais dit que c'était un intellectuel. Le mot ne lui conviendrait plus.

Il me suffira de noter que ce fut un Français de la belle race il en avait les vertus, comme il en montrait les agréments. Né à Remiremont, dans le meil- leur terroir vosgien, Flayelle avait beau- coup vécu à Paris, où il s'était fait de profondes amitiés dans le monde des artistes, et Mme Séverine a consacré un éloquent article à son souvenir.

« Il était de ceux qui sont d'autant mieux à leur place que la destinée les porte plus haut, a dit un de ses anciens chefs, le général Varloud. Et il n'était pas moins hautement apprécié par ses subordonnés: « C'était un vrai et magnifique soldat, plein de sang-froid dans le danger, montrant l'exemple et payant largement de sa personne, malgré sa haute taille qui le désignait aux coups. Hélas Dieu n'a pas voulu qu'il nous revint sain et sauf. Il est mort sans que l'un de nous fût près de lui, et ce nous a été un grand chagrin. »

Ainsi se termine la lettre adressée par les lieutenants qui servaient sous ses ordres au frère du capitaine Flayelle, ce frère désespéré à qui l'affreuse nouvelle est parvenue quelques jours après l'enterrement de leur mère.

Combien enviable, cependant, aux yeux de tant d'autres, le sort de cette vieille mère que la mort, franchissant de tels espaces, réunit à son enfant ! Combien préférable cette mort à ce que la vie impose à d'autres mères de soldats, au deuil effroyable de Mme de Châteauneuf-Raidon, dont le fils était le frère d'armes de Flayelle, capitaine au même bataillon de la légion et parti le même jour avec nous pour Madagascar; brave et charmant garçon qui, sur le pont du navire' en partance, prenait à tache de rassurer la famille de Flayelle, éplorée d'un horrible pressentiment: «Rassurez-vous, disait-il, je prendrai bien soin de lui s'il est malade ou blessé! » Il s'en est allé le premier, tordu par un accès de fièvre, sans que l'ami fût là pour lui fermer les yeux.

Et mon pauvre camarade, le lieutenant Rocheron, qui, après notre exploration chez les Sakalaves du Manambolo, s'est misérablement noyé à l'embouchure de ce fleuve; alors que deux fois déjà, depuis mon retour, la nouvelle de sa mort, dans des rencontres avec les Sakalaves, avait été répandue et que, par deux fois, j'avais eu la mission bien douce de faire savoir à sa mère qu'il était encore vivant! Le voilà mort, lui aussi. Son corps a été retrouvé sur le rivage et enterré à Benjavilo, sous une petite croix d'ébène. Pauvre mère déchirée, dont il était toute la famille et l'unique appui, ce grand fils, tout jeune officier, plein d'avenir, sorti brillamment de Saint-Cyr et signalé déjà par d'éclatants faits d'armes Pauvre mère bretonne, abîmée dans.sa désolation, dont l'écho vient 4 chaque instant jusqu'ici me bouleverser sa dernière lettre annonçait un voyage à Paris, entrepris dans le seul espoir de m'entendre parler encore de son enfant. Pauvres mères de soldats l pauvres mères qui' survivent !

Vieilles mères au front saignant sous une» auréole de gloire, plus déchirante que la couronne du Christ, mais d'un non moins sublime symbolisme l'immolation des êtres d'élite qui versent leur jeune sang pour la sainte communauté nationale, comme celui du Sauveur a coulé sur l'Humanité tout entière.

Grosclaude.

Le Capitaine Flayelle et le Lieutenant Montagnole du 1er Etranger

Le Progrès de Bel-Abbès 11/06/189

 

La vie sous les Armes.

Le monde illustré du 25 juin 1898

...

Nous sommes, Dieu merci! un peuple brave par essence et, quoi qu'en pensent MM. les intellectuels, ces eunuques du cœur, petit bonhomme vit encore.

Pour en être certain, il n'y a qu'à lire les admirables ordres du jour du général Galliéni et à songer à la mort héroïque du capitaine Flayelle et du lieutenant Montagnole.

J'extrais des citations à l'ordre, relatives à l'affaire où succombèrent ces deux enfants de France, six lignes seulement :

GRISEUR, soldat de première classe, ordonnance de M. le capitaine Flayelle : « se trouvant en dehors de la ligne du feu est allé sous les balles ramasser le corps de son capitaine mortellement frappé, est revenu ensuite chercher le corps du lieutenant Montagnole, puis est retourné au feu. »

Relisez bien ces six lignes.

Vous presseriez toute l’œuvre de tel romancier, tous les discours de tel rhéteur, qu'il n'en sortirait pas une phrase où il y ait autant d'honneur et de gloire que dans la moindre virgule de ces six lignes-là.

LIEUTENANT Z.

Deux ans à Madagascar.

Études publiées par des Pères de la Compagnie de Jésus - 5 avril 1900

 

Deux ans à Madagascar.

 

LE CAPITAINE FLAYELLE

C'est à Antanamalaza que, pour la première fois, je vis le capitaine Flayelle. Un incident marqua cette entrevue. La haute taille du capitaine l'exposait à heurter de la tête le linteau de bien des portes malgaches. « Bon ! encore un coup de tête pour mes débuts ici! dit-il. – C'est de bon augure, capitaine, un Breton recommencerait – Pas moi ! J'y use tous mes casques.

Quelle chance si, un de ces jours, vous pouviez buter ainsi une forte bande Ah c'est cela qui ferait plaisir à mes hommes! »

Ils ne demandaient en effet qu'à prendre contact avec les Fahavalo, les braves légionnaires de la 1lre.

Arrêtés avant leur arrivée à Tananarive, ils avaient été dirigés vers Antsahamarina, village qui commande la route d'Ambato. manga à la capitale. Il aurait fallu entendre le capitaine nous décrire le luxe de l'installation « Des toits aux maisons, point; des vivres sur place, point; des bêtes à cornes ou autres, point; des habitants, point. » Ceux-ci avaient tout détruit en partant pour le camp des rebelles.

Si, du moins, on avait pu les rejoindre ces rebelles, le temps aurait paru court aux légionnaires, et les privations de mise.

Mais c'était la vie énervante d'un poste d'observation. « Surtout, si vous apercevez sur le rocher d'Ambatomanga un feu, avertissez vite » telle était la consigne. Jour et nuit, l'arme au pied, le regard fixé sur le rocher d'Ambatomanga, cela manquait de variété.

« Enfin nous allons voir la tête des Fahavalo, écrivit un matin sur un billet au crayon, le capitaine Flayelle. Nous partirons dans quelques heures; que vous auriez plaisir à voir la joie des légionnaires »

C'est à Ambohidahy, sur les bords de la Varahina que les rebelles attendirent nos troupes. Légion, infanterie de marine, tirailleurs algériens se trouvèrent toute une journée en face de l'ennemi, mais sans faire un pas en avant; car on ne connaissait pas encore les Hova comme on les a connus plus tard, et quelques officiers hésitaient alors à foncer sur des bandes qui paraissaient redoutables, mais qui, en réalité, étaient composées surtout de gens non armés et qui n'attendaient qu'une occasion pour prendre la fuite.

Le capitaine était en sous-ordre. « Il se montra ce qu'il fut toujours dans la suite, écrit un de ses lieutenants, calme et courageux, payant d'exemple, chef et soldat. »

Ce jour-là il reçut le baptême du feu, et ce jour-là suffit à rendre légendaire son sang-froid à la légion et dans l'infanterie de marine. Avec sa haute taille, son casque bien blanc et son pantalon bien rouge, il servit de cible aux révoltés toute la journée.

Lui, la lunette en main, aussi simplement que s'il se fût agi d'un exercice de tir « Trop haut, disait-il; trop bas – Régularisez le tir! Bon! c'est cela 1 »

« Vous savez, me disait, quelques jours après, un marsouin, le capitaine Flayelle c'est un homme. C'est pas pour dire, puisque ce n'est pas mon capitaine, mais on n'en voit pas souvent des officiers courageux comme lui1. » Enhardis par ce qu'ils appelaient leur victoire d'Ambohidahy, les Fahavalo avaient formé un camp sur le plateau de l'Andrarankasina.

Au sud-est de Tananarive, sur la rive gauche de l'Ikopa, une chaîne de montagnes court du sud au nord, serrant le fleuve de près. A l'extrémité nord, s'élève à 1600 mètres environ un grand plateau séparé du reste de la chaîne par un col profond. C'était le repaire des rebelles. Aux flancs de la montagne, une forêt.

C'était une forêt sacrée. « Jamais, disaient-ils, les Français ne monteront ici. A mesure qu'ils mettront les pieds dans la forêt ils tomberont frappés de mort ! »

Bientôt, près de mille cases surgirent sur ce haut plateau; on y fabriquait des armes; les rebelles fondirent même deux canons ou du moins 'quelque chose qui avait la prétention de l'être.

Des espions nous renseignaient sur tout cela mais en haut lieu on affectait de n'y pas croire et on taxait d'exagération les officiers qui en rendaient compte dans leurs rapports.

Cependant, autour de l'Andrarankasina et sur un grand rayon les villages brûlaient, et les habitants, de gré ou de force, passaient au camp des Fahavalo.

Enfin, Ambatomanga devint le chef-lieu d'un cercle militaire,

Vus de près et à l'œuvre, les rebelles ne parurent plus quantité si négligeable. On résolut une action décisive.

Deux compagnies de la légion, deux de tirailleurs algériens, une d'infanterie de marine, l'artillerie, furent mises en mouvement.

On devait attaquer l'Andrarankasina de tous les côtés à la fois.

Les rebelles furent délogés.

La compagnie Flayelle se distingua spécialement. « Le lendemain de l'action, me disait quelques jours après un officier d'artillerie, je voulus gravir les pentes par où le capitaine Flayelle avait donné l'assaut. Je pouvais à peine grimper par là, et cependant, malgré les ennemis qui pouvaient, cachés dans le fourré, le frapper à bout portant, il avait enlevé sa compagnie et emporté la position avec un entrain admirable. » D'autant plus admirable qu'il était en proie à la fièvre ce jour-là. Or quiconque a ressenti quelques bons accès de fièvre sait ce qu'il faut d'énergie pour échapper à la prostration physique et morale qu'elle cause.

« La fièvre le tenaillait, nous écrit un témoin oculaire; quand même, toujours en tête conduisant et guidant ses légionnaires ! »

Pour lui cependant, il n'y eut ni citation à l'ordre du jour, ni félicitation officielle. Ceux qui l'avaient vu à l'œuvre ce jour-là en furent surpris; beaucoup en éprouvèrent une vive peine.

Lui-même en fut profondément blessé; mais avec sa grandeur d'âme habituelle il surmonta cette épreuve « Personne ne peut prétendre aux citations, écrira-t-il quelques jours après, l'éloge n'étant pas un droit. »

A partir de ce jour, la correspondance entre le capitaine Flayelle et l'auteur de cette notice devient plus fréquente. Nous y puiserons sans cesse. Ces lettres feront connaître plus intimement cet homme dont un camarade, souvent son collaborateur durant ces deux années, nous écrivait « Le capitaine Flayelle m'a laissé le souvenir d'un cœur droit et d'une âme fière, une de ces âmes de preux, comme on les rêve pour des soldats, où la générosité, la clémence et la bonté pour les vaincus, l'affection pour les troupes qu'on a l'honneur de conduire, s'allient à une haute conception du devoir et de l'honneur et à une bravoure que rien n'émeut. » On verra aussi les rapports qui, à cette époque, existaient entre les officiers, et les missionnaires, ceux-ci mettant au service des officiers et leurs ressources, et leur connaissance de la langue et du pays, et leur influence les officiers usant des services des missionnaires sans arrière-pensée.

De fait, la vie n'était guère agréable à Antanetibe, au pied de l'Andrarankasina, où la compagnie Flayelle avait été laissée. On y manquait de bien des choses. « Mon Révérend Père, écrivait le capitaine, je ne sais comment vous exprimer ma reconnaissance et celle de mes officiers pour la si aimable pensée que vous avez eue de nous envoyer une bouteille de vin blanc délicieux et d'excellentes bananes.

« Depuis plusieurs jours, nous étions privés de vin et de fruits; aussi votre envoi a-t-il été pleinement goûté et on ne peut plus apprécié. »

A l'occasion, le missionnaire devenait acheteur de bœufs, et passait sa journée sur le marché à choisir les plus belles bêtes et à débattre les prix. « C'est aujourd'hui jour de marché. Pourriez-vous me faire acheter dix ou quinze bœufs moyens et me les faire conduire à Antanetibe par les bourjanes des vendeurs, sous la protection de l'escorte qui vous apportera cette lettre ? »

Pour tout et pour tous en effet, il fallait une escorte. Ces perpétuelles allées et venues, dans un pays où les courses à pied sont si pénibles, et surtout en cette saison des pluies, semblaient cependant moins dures aux légionnaires que la vie d'inaction de la précédente période. Les Fahavalo, d'ailleurs, avaient soin d'agrémenter l'existence des « exilés de l'Andrarankasina».

« Notre existence, même sous la pluie, est assez mouvementée,

« Hier nous avions dérangé MM. les Fahavalo au milieu de l'un de leurs kabary (conseil public), par quelques salves bien réglées.

Ils nous ont répondu par un combat d'artillerie qui a provoqué chez nos troupiers une vive hilarité. Leurs canons sont-ce des canons ou des engins inconnus de nous ? produisaient une fumée énorme et un bruit considérable, mais les projectiles passaient au-dessus du poste avec un bruit de ferraille tout à fait réjouissant. » (Antanetibe, 17 nov. 1896.)

On s'étonnera qu'un homme de la trempe du capitaine Flayelle, ayant à sa disposition une centaine de baïonnettes, ait supporte que les Fahavalo tinssent des kabary à une portée de fusil de son poste. Lui aussi en souffrait, mais la consigne était là s'imposant à son âme de soldat. « Il y aurait là, écrit-il, une belle prise à faire; malheureusement le colonel m'a donné l'ordre de limiter mes reconnaissances à la rive gauche. » Puis, comme pour réparer ce « malheureusement », il ajoute aussitôt cette observation qui explique les ordres de son chef « L'Ikopa est haute en ce moment, et le passage est difficile. »

Quelques jours après, l'ordre vint de passer sur la rive droite.

Le capitaine ne demandait pas mieux puisqu'il y avait affaire de l'autre côté. Cependant, comme il était chef et père de ses soldats, il crut de son devoir de faire remarquer le danger très grand qu'il y avait à traverser le fleuve en ce moment. Il lui fut répondu qu'il fallait passer coûte que coûte. On partit. Hélas il devait en coûter la vie à deux hommes. Quant au capitaine, il acquit ce jour-là une gloire qui devrait suffire à elle seule à le rendre populaire dans l'armée et lui valut d'être, pour la première fois, cité à l'ordre du corps d'occupation.

Voici ce qu'il écrivait le 26 novembre « Mon Révérend Père, je viens vous demander de vouloir bien dire une messe pour le repos de l'âme de deux de mes hommes, Hérold et Amadii, qui se sont noyés à côté de moi ce matin, dans les chutes de l'Ikopa, et d'y joindre des actions de grâces pour mon propre sauvetage.

« Entraîné par le courant avec deux de mes hommes, nous avons fait une chute verticale de près de huit pieds, que l'eau a heureusement amortie. J'ai eu le temps de me recommander à la sainte Vierge, qui ne m'a pas oublié et m'a fait repêcher par mon sergent-major et un homme au moment où j'allais couler. »

Tout cela est vrai; mais le capitaine n'a pas tout écrit. Voici ce qui s'était passé et qui m'a été redit dix fois 'peut-être par des témoins oculaires.

Afin d'exécuter l'ordre de franchir l'Ikopa, il fallut chercher un gué, ou plutôt un endroit moins profond. Le soldat Hérold se mit à l'eau le premier; mais bientôt il fut emporté par le courant et il allait être précipité de huit pieds de haut sur les rochers qui forment les chutes voir le danger de ce soldat et se jeter à son secours fut pour le capitaine affaire d'un rapide instant. Il était à l'eau avant que quiconque eût songé à en faire autant. « Hélas! c'en était fait du capitaine, écrit un des témoins du drame, si cinq ou six légionnaires ne s'étaient courageusement jetés en plein courant, »

Quel beau et réconfortant spectacle que celui de cet officier et de ses hommes rivalisant de dévouement au prix de leur vie! Le capitaine était adoré de ses soldats 1 Aussi ils se précipitent dans le gouffre, non pas un ou deux, mais cinq, six, pêle-mêle, et sont assez heureux pour le ramener sain et sauf sur la rive.

Il y a quelque chose de plus beau encore que ce dévouement, parce que c'est plus rare c'est l'abnégation de cet homme qui, tout naturellement, dans le récit de cet événement, passe sous silence ce qui le regarde pour ne faire ressortir que le dévouement de ses soldats. C'était coutume chez lui. « Le capitaine Flayelle, me disait quelque temps après un de ses chefs, a un défaut dans ses rapports, il laisse toujours de côté ce qui le concerne. Joli défaut, répliquai-je. – Oui tant d'autres font du bluff! »

Bluffeurs et courtisans, Flayelle ne détestait rien tant que ces gens-là. A Antanetibe, nous étions allé, un soir, faire une promenade jusqu'au bord de l'Ikopa. De la conversation que nous eûmes en cc tête-à-tête, peu d'expressions, je crois, ont fui de ma mémoire. A propos de l'indépendance de caractère que le capitaine aimait chez Drumont, sans partager, du reste, toutes ses idées, je lui dis « Lorsque chez un officier, à l'obéissance militaire déjà bien aveugle par elle-même, s'unit l'esprit de courtisanerie, cette union conduit à l'abdication complète de toute personnalité et de toute dignité. Un soldat courtisan! répliqua-t-il, cela me cause des nausées rien que d'y penser. Heureusement, il y en a peu, capitaine. Beaucoup plus que vous ne pensez. On veut arriver coûte que coûte, et ceux qui ne voient pas d'autres moyens de se signaler s'exercent à la courbette et à la bouche en cœur. »

Avec ce caractère tout fait de droiture et de fierté, le capitaine Flayelle devait souffrir. De fait, il souffrait beaucoup.

Déjà, dans une lettre du 2 novembre, il avait fait allusion à ses souffrances intimes. « Permettez-moi de vous remercier aussi, mon Révérend Père, de l'intention spéciale que vous avez bien voulu me consacrer le jour de la Toussaint, à la sainte messe. Je n'ai jamais eu tant besoin d'être soutenu par la grâce qu'aujourd'hui où le découragement me guette au milieu de tant d'ennuis et de responsabilités, et je vous suis bien reconnaissant de l'avoir deviné. »

A quelque temps de là, il me demandait un livre de piété. Je connaissais le goût du capitaine pour les études sérieuses, et comme la Noël approchait, je lui envoyai Bethléem, du P. Faber, ouvrage bien sérieux pour le fond, mais d'une lecture agréable. « Je vous suis bien reconnaissant, répondait-il aussitôt, de l'envoi que vous m'avez fait de Bethléem, dont je viens de lire avec un vif intérêt une partie du premier chapitre.

« Le Manuel du soldat chrétien que j'ai feuilleté contient justement les Évangiles que je désirais relire, et je vous remercie de tout cœur de m'en faire don.

« J'ai besoin de lectures aussi réconfortantes pour supporter sans trop d'amertume les épreuves que je traverse. On m'attaque ferme à Tananarive pour un compte rendu où j'ai relaté que mon poste de l'Andrarankasina s'est un jour replié devant des forces supérieures expression malheureuse qui m'a échappé pour indiquer un changement de position effectué par mon poste qui n'a jamais abandonné l'Andrarankasina, mais qui un jour, entouré par les rebelles, s'est dégagé tout en continuant d'occuper la position. »

Je ne crois pas qu'il pût avoir des ennemis, mais ce « brillant et valeureux officier » avait trop de qualités peu à la portée du vulgaire pour n'avoir point de jaloux. Ennemis ou jaloux avaient un moyen infaillible de le blesser profondément soulever un incident où son honneur fût en cause. A sa fière âme aucune blessure ne pouvait être aussi cruelle. Il bondit alors sous l'injustice. Ne pas être cité, passe! « Mais être discuté ainsi être impliqué dans une défection qui n'a jamais eu lieu! c'est chose pénible pour un officier soucieux de sa dignité. » Et lui, si réservé toujours quand il s'agit de ce qu'il a fait, s'oublie, emporté par l'indignation, à rappeler le coup d'éclat de l'Andrarankasina. « On affecte d'ignorer à l'état-major, écrit-il, que j'ai pris l'Andrarankasina à la tête de mon détachement, et on veut me rendre responsable d'une faute imaginaire commise par un de mes caporaux!

« Voilà la justice humaine ! »

« J'ai heureusement à Tananarive des amis qui me défendent et qui recueillent des témoignages d'officiers présents à l'affaire du 23, qui tous attestent que mon détachement s'est brillamment comporté. »

Cependant, le premier frémissement de l'indignation passé, il fut si tranquille que ceux qui le virent de près à cette époque, et qui souffraient presque autant que lui de cette espèce d'injustice dont il était la victime, s'étonnaient du calme de son âme et du silence absolu qu'il s'était imposé sur ce point. C'est à ces circonstances qu'un officier fait allusion dans une lettre où, après avoir dit le mépris de la mort, le sang-froid du capitaine Flayelle en face du danger, il rappelle « sa résignation et sa patience, autant de vertus du chrétien et du soldat qui étaient développées à l'extrême chez lui ». Pour lui, il écrivait simplement « J'ai peu de mérite à accepter avec un calme relatif cette épreuve cruelle; ma conscience est, en effet, si tranquille que je me sens inattaquable. » Et sans plus tenir compte des injustices que du découragement qu'elles font germer, il allait toujours de l'avant avec le même élan qu'au matin de l'Andrarankasina.

C'est qu'en son cœur brûlait un double feu qui était l'âme de sa vie et que rien ne pouvait alanguir l'amour du devoir et l'amour de la France.

Aussi, lorsqu'un léger revers était infligé à nos troupes, comme il oubliait vite tout le reste [ Vers la mi-décembre 1896, on avait inauguré en Imerina un nouveau système de répartition des postés militaires. Jusque-là on avait créé beaucoup de postes dont chacun avait peu de soldats. En ce moment « Moins de postes et plus de soldats dans chacun », c'était le mot d'ordre.

« On se trouve bien du nouveau système, annonçait l'Officiel de Madagascar, et sur la route d'étapes la sécurité est parfaite, les bandes de Fahavalo ayant été repoussées au loin, au fond de leurs forêts. »

Hélas le journal qui donnait de si rassurantes nouvelles n'était pas encore parvenu aux officiers campés aux avant-postes qu'une autre s'était répandue, et avec elle la consternation. Officier tué. un ou plusieurs?. on ne le savait pas. Des soldats massacrés en grand nombre. beaucoup de blessés, des prisonniers.

les autres en fuite! Et cela à trois heures de Tananarive !.

L'indécision des détails donnait à ces bruits quelque chose de plus sinistre encore.

De fait, les Fahavalo, au moment où on les croyait bien loin, avaient, poussés par la faim, quitté leurs forêts; entre des postes bien garnis, mais bien éloignés les uns des autres, ils avaient pu trouver passage. Sans avoir été inquiétés, ils étaient arrivés jusqu'au sud d'Ambohimalaza, à l'ouest d'Ambatomanga. Alors seulement averti de leur présence, le lieutenant Gillet avec un détachement se jette à leur poursuite. Emporté trop loin par son impétuosité ou « lâché » par la plupart de ses hommes, il se trouve isolé, à un moment donné. Les Fahavalo s'en aperçoivent, font volte-face et entourent l'officier qui tombe percé de coups.

Un peu plus loin, un petit groupe de soldats subit le même sort.

Sur le capitaine Flayelle cette nouvelle fit la plus vive impression.

Venger les victimes fut dès ce moment sa préoccupation.

A plusieurs reprises, il y revient dans sa correspondance. « Si vous apprenez quelques détails sur l'échec d'Ambohimalaza ( ? ) où un officier et trois hommes ont été tués et six blessés, vous nous intéresseriez vivement. Nous allons nous efforcer sous peu de venger avec éclat nos camarades. » Et quelques jours après « Les détails que vous avez eu la bonté de nous envoyer nous ont péniblement intéressés. Nous tâcherons de venger les victimes de notre mieux, bien que les opérations en forêt se prêtent mal à des résultats décisifs. »

La poursuite des Fahavalo dans la forêt, en effet, était toujours fort pénible, parce que, sur ce sol tourmenté, la forêt n'est qu'une suite de ravins recouverts d'un fouillis, impénétrable souvent, d'arbres, de lianes, de hautes herbes et d'arbustes. Les rebelles fuyant sans cesse d'une crête sur l'autre étaient sûrs d'éreinter nos soldats. De plus, se tenir blotti, attendre le passage d'un détachement, à bout portant tuer un homme et se laisser glisser dans le fourré, quoi de plus facile pour les Fahavalo? Ainsi fut tué un tirailleur algérien, et combien d'autres depuis.

Ces opérations dans la forêt étaient très peu décisives, pour la bonne raison qu'il était impossible de prendre contact avec des bandes importantes d'assez près pour leur faire subir des pertes sérieuses. Les cerner 1 il ne fallait pas y songer.

Quand on avait le bonheur de les forcer à se concentrer dans une de leurs places fortes, on pouvait espérer faire bonne besogne.

C'est ce qui advint au village de Nosi-be.

Sur la rive gauche de l'Ikopa, à peu de distance de la forêt,

Nosi-be était réputé citadelle imprenable. Ainsi l'avaient déclaré tous les sorciers du pays. De profonds fossés, avec seulement deux portes étroites, l'une au nord, l'autre au sud du village; une palissade et un mur d'enceinte donnaient aux dires des devins une certaine probabilité. D'ailleurs, l'étroit sentier d'accès, qui en face des deux portes réunissait les deux bords du fossé, avait disparu, et en arrivant en face de ces portes, on se trouvait devant un précipice profond de douze mètres et large de quatre il cinq.

Même parmi les soldats français, une légende s'était faite au sujet de Nosi-be. Il y a des canons, disait-on; on a entendu une voix de l'intérieur qui criait en très bon français « Venez, vous serez bien reçus 1 Celui qui aurait ainsi apostrophé nos soldats en reconnaissance, personne ne l'avait vu, mais on était certain que c'était un Français, un maréchal des logis de l'artillerie. On allait jusqu'à dire son nom.

Malgré cela, à cause de cela plutôt, on résolut le siège de Nosi-be. Artillerie, infanterie de marine, tirailleurs algériens, légion, tous furent dé la fête.

Le capitaine Flayelle fut chargé d'enlever la porte du nord.

Sous le feu des Fahavalo, par un chemin perpendiculaire à la porte et resserré entre deux talus, on avança. Le capitaine était debout, immobile à quarante mètres environ des fusils ennemis, dirigeant le mouvement que lui-même avait combiné. Il avait tout prévu, même la disparition du chemin d'accès, et, à Antanetibe, il avait fait faire une forte et longue échelle qui devait servir de pont. On l'avait portée. M. le lieutenantDérigoin, de la légion, et l'adjudant Céré, de l'infanterie de marine, avec quelques soldats, s'étaient engagés dans cette espèce de long boyau qui était le chemin aboutissant au fossé en face de la porte qu'il fallait enlever.

On faisait quelques pas, puis au commandement du capitaine, on s'arrêtait, genou en terre, pour reprendre bientôt le mouvement en avant, et sans cesse on faisait glisser l'échelle qui devait servir de pont.

Quel moment d'angoisse pour le capitaine lorsqu'il vit s'engager sur cette échelle le lieutenant, puis l'adjudant, puis les hommes. En bas, à douze mètres, le précipice; en haut, à trois mètres à peine, les ennemis. Avec quelle anxiété au fond du cœur il suivait chacun de ces mouvements mais en même temps avec un sang-froid étonnant même en lui. « Je ne l'ai jamais vu si calme », me disait un sous-officier présent à l'affaire.

Afin d'empêcher les défenseurs de Nosi-be de trop s'occuper de ceux qui s'avançaient sur l'échelle, le capitaine avait fait ouvrir de l'est et de l'ouest des feux convergents qui forçaient les Fahavalo à se tenir cachés derrière leur porte de pierre.

Après quelques heures, sur la porte nord, le drapeau tricolore flottait, et presque en même temps sur la porte sud.

Le 21 février, il était cité à l'ordre du corps d'occupation pour « avoir montré une bravoure et un sang-froid dignes des plus grands éloges, le 6 février 1897, en dirigeant sous un feu très vif l'escalade d'une des portes du village fortifié de Nosi-be, avoir ensuite très habilement dirigé la poursuite des rebelles dans la vallée de l'Ikopa et provoqué ainsi près de trois mille soumissions en deux jours ».

Le capitaine Flayelle, qui avait eu une si grande part de gloire en cette journée, fut chargé de garder la place et de pacifier le pays.

Quoique cela paraisse difficile, il est pourtant permis d'affirmer que dans cette oeuvre de pacification il fit preuve de qualités supérieures à celles qu'il avait montrées dans l'action militaire.

C'est qu'il avait au plus haut degré la grandeur d'âme, la générosité, l'indulgence pour autrui et le désintéressement, qualités maîtresses du pacificateur.

Indulgent à l'excès « pour les malheureux égarés que nous devions pourchasser et fusiller pour mettre fin au plus vite ii cette malheureuse insurrection, nous écrit un de ses collaborateurs dans cette belle œuvre, il allait jusqu'à fermer les yeux sur les incursions, dans les rizières voisines de son poste, de malheureux affamés que la crainte retenait dans les bandes rebelles ».

Aussi, bientôt les gens comprirent que c'était bien loyalement qu'on leur offrait leur grâce et que le Chef français de Nosi-be était vraiment et se montrait ray aman-dreny (père et mère) pour tous ceux qui faisaient leur soumission. C'est ainsi qu'après quelques semaines, toute la région de Nosi-be était repeuplée et le travail des champs repris.

Ce mouvementde pacification, d'ailleurs, n'était pas local; il s'étendait à toute cette contrée comprise entre l'Ikopa et la forêt, depuis Nosi-be jusqu'à Andrangoloaka, si vite et si bien que moins de deux mois après la prise de Nosi-be, en mars 1897, M. le lieutenant Goubeau, commandant le poste d'Imerinarivo, put faire l'inauguration du marché de Talata (mardi), un des premiers dont les rebelles s'étaient emparés, dès les débuts de l'insurrection dans l'est. Ce fut grande fête à Imerinarivo, et nous n'oublierons jamais cette journée. Cinq officiers étaient à table avec nous. Quelle joie de bon aloi 1 De fait, l'avenir s'annonçait si brillant pour eux tous Hélas moins de deux ans après, trois de ces cinq officiers étaient morts à l'ennemi ! les deux autres pour faits de guerre avaient obtenu et mérité la croix d'honneur.

Le lendemain, nous étions à Lazaina et à Mantasoa. Le souvenir de Laborde et de son œuvre si française nous pénétrait.

J'étais ravi pour ma part de voir des officiers se retremper à de si pures sources, de les entendre se communiquer leurs projets.

Quels beaux projets 1 Ce jour-là, déjà l'on voyait la maison de Laborde restaurée, relevées toutes ces ruines si fortement assises encore, se couvrir de réjouissantes récoltes tous ces terrains envahis par le marais ou la brousse, se repeupler de troupeaux, de pâtres, d'écoliers, de cultivateurs, d'ouvriers toutes ces solitudes.

Déjà, d'ailleurs, on s'était mis à l'œuvre; œuvre combien difficile à cette époque! En ces temps-là, pour fournir à Y Officiel une demi-colonne de renseignements sur la situation économique et les essais agricoles d'un cercle, il ne suffisait pas, à l'Européen fraîchement débarqué, de prendre, comme à présent, le rôle des prestations, de désigner cent, deux cents indigènes armés de l'angady et du sobika (bêche et panier des terrassiers) pour voir la terre défoncée et les choux, les carottes, les blés de toute provenance faire courir la plume heureuse et légère. En ces tempslà,. il fallait aller chercher les travailleurs dans la forêt, leur inspirer confiance à force de loyauté, de justice et de bonté, et enfin les protéger contre les incursions des rebelles, leurs camarades d'hier. Un gros cahier de contrôle, une plume, un interprète étaient des instruments impuissants dans les mains de l'officier pour transformer en jardins de délices aussi bien les steppes de Mantasoa que d'ailleurs il lui fallait aux mains le fusil et la bêche.

La bêche, parce que, pour entraîner au travail, il faut en donner l'exemple et que, pour enseigner un métier, il faut en avoir tâté.

Il fallait aussi le fusil bien chargé et l'œil au guet. A preuve le fait suivant. Ce jour où nous étions allés faire une sorte de pèlerinage patriotique à Mantasoa, le tirailleur, cuisinier du capitaine, nous servit une soupe « pas bonne ». On lui en fit la remarque. Il eut vite fait de trouver une excuse en bon Arabe qu'il était; du moins l'excuse était bonne cette fois. « C'est pendant qu'on faisait la soupe, dit-il, qu'on est venu attaquer le poste. Alors moi, tu sais, j'attisais le feu à la cuisine, puis j'allais faire le coup de feu; puis je revenais faire un tour à la popote et je repartais voir les Fahavalo. Alors, tu sais, la soupe pas bonne. »

De fait, ce matin-là, les Fahavalo voyant sortir de Lazaina, pour une reconnaissance dans la forêt, un fort détachement, crurent le poste dégarni de troupes et vinrent essayer de l'enlever.

Le lendemain, nous allâmes à Nosi-be. N'eussent été les rebelles qui vinrent vers le milieu de la journée se faire tirer des coups de fusil, on se serait cru en un pays depuis plusieurs années pacifié, à voir les maisons reconstruites, les rizières travaillées.

A Nosi-be, ce qui nous frappa surtout, ce fut la facilité des rapports entre le capitaine et les indigènes. C'est que « très large, très grand seigneur, le capitaine ne laissait jamais un service sans récompense, ni un travail sans salaire. Les corvéables de Nosi-be, ajoute notre correspondant, pourraient dire ce qu'il leur laissa de sa solde. » Nous aussi nous pourrions dire avec quelle largesse il nous venait en aide. Il y mettait d'ailleurs tant de délicatesse « Mon Révérend Père, écrivait-il, voici la Noël qui approche. J'ai, au sujet de cette fête, deux demandes à vous adresser. La seconde serait d'obtenir de vous la permission de vous envoyer pour vos paroissiens les plus petits une offrande destinée à mettre dans les souliers qu'ils n'ont pas quelques cadeaux de petit Noël. »

Que de fois on lui reprochait d'être trop prodigue, de gâter les prix! etc., etc. Nous-même lui avons fait quelquefois ces mêmes reproches, toujours sans succès, d'ailleurs. Voici un fait.

Pressé par les circonstances, nous avions envoyé au chef-lieu de son cercle un instituteur sachant un peu de français, mais si peu! Le capitaine se chargea de ses appointements et nous annonça qu'il lui donnerait cinquante francs par mois. « Vous allez gâter les prix ! » Ce fut le premier cri. En effet, nous pouvions à peine donner quinze francs au meilleur instituteur du district. Sur nos représentations, il consentit à restreindre les effets de sa générosité à l'égard de l'instituteur surnuméraire, mais sans que sa bourse en profitât, et il nous écrivit « François de Sales est animé d'un zèle calme mais constant. Il fait assez bien la classe, mais franchement il parle peu français et aurait beaucoup à apprendre avant d'enseigner. En attendant mieux, il occupe sa chaire et réunit après tout les élèves. Ceux-ci ont l'air satisfaits d'être assis sur des bancs dans une case qui a un pla forêt. « Nous partons demain et peut-être aujourd'hui en forêt, rendre visite à MM. Rainibakovalo, Rama. rokoto et Ramangalisa, écrit-il le 23 mars.

Le 25, j'aurai Charbonnel avec moi. Nous ferons un petit concert à ces messieurs qui leur donnera un réveil désagréable. Après je descendrai sans doute à Betafo, bien heureux si je puis vous rencontrer sur les chemins du Sud. »

Ce déplacement devait être une nouvelle gâterie de la Providence à mon égard. II m'en avait coûté, en quittant Antanama. laza pour reprendre mon poste à Arivenimamo, de me faire à l'idée que je ne reverrais plus cet officier à qui m'unissaient des liens de si intime amitié. Or, voilà que deux mois à peine écoulés, après des haltes de courte durée à Betafo et à Antsirabe, il était appelé à Ramainandro, et pendant plusieurs mois nous allions avoir encore à cultiver le même champ.

Les deux sous-gouvernements d'Ambatolampy et de Ramainandro réunis sous le nom de secteur de l'Aukaratra furent confiés à ses soins.

En peu de temps il fit beaucoup. Dans ce pays où l'influence anglaise a si longtemps survécu à notre occupation, n'ayant pour instrument que le vieux personnel administratif indigène habitué à la méfiance et à la haine, il n'était pas facile de faire aimer la France. Il y réussit pourtant à force de loyauté et de bonté; car il se fit aimer, et tout Français qui se fait aimer ici fait aimer la France.

La preuve, en est dans ces paroles d'un officier qui l'avait eu sous ses ordres « II a été doux au cœur d'un ami, proclamait-il au bord de sa tombe, de recueillir de la bouche des autorités indigènes les témoignages de la véritable affection qu'avait la population pour ce chef incomparable. »

« Quelle stupeur lorsque se répand dans le pays la fatale nouvelle! Quel chagrin dans cette famille étrangère si profondément gagnée par les charmes de ce preux ! »

La preuve, je l'ai eue hier encore. Tandis que j'écrivais cette courte notice, j'avais sous les yeux l'image de mon cher Flayelle.

En ce moment, survinrent cinq ou-six jeunes femmes, élèves de notre École Normale. L'une d'elles est des environs de Ramainandro.

Lui présentant le portrait « Reconnaissez-vous cet officier? lui dis-je. C'est ce capitaine si beau qui était à Ramainandro dit-elle après un instant d'hésitation. C'est lui même.

Où est-il à présent ? II est mort. Oh s'écria-telle » et deux grosses larmes aussitôt jaillirent de ses yeux. Alors elle raconta comment il était vraiment un père pour tous. « Lorsqu'il sortait en filanjana (chaise à porteurs), dit-elle, quand même il ne restât dehors qu'une petite heure, chaque porteur recevait au moins un franc. Dans toutes ses courses, il visitait toujours les écoles et toujours il donnait beaucoup d'argent aux élèves qui pouvaient répondre, ne fût-ce qu'à une de ses questions.

On ne saurait dire le nombre de pauvres ou de vieillards à qui il donna des habits. »

A Ramainandro, le capitaine Flayelle ne s'appelait que « le capitaine si beau » à Arivonimamo, nos élèves pensionnaires l'avaient surnommé « le capitaine qui prie si bien ».

Certes, ceux qui l'ont connu savent combien par nature il était ennemi de l'ostentation, lui, si simple et si droit; mais il n'aimait pas davantage l'hypocrisie, cette cousine germaine de l'ostentation.

Le capitaine' Flayelle descendait toujours chez le Père, ici, à Arivonimamo. « Je viens pour affaires, me disait-il; mais je viens surtout pour me retremper avec vous. »

« N'avez-vous pas peur de vous compromettre, lui disais-je un jour en riant? Qu'à cela ne tienne répliqua-t-il. Croyez-vous par hasard, que je me sois fait affilier à la confrérie des torticolis ? La confrérie des torticolis ? Je ne connais pas ça, – C'est une confrérie dans laquelle on s'engage à regarder chaque matin d'où vient le vent. Alors, vous voyez ça d'ici celui qui est à l'échelon inférieur consulte du regard celui du deuxième ne s'y trompaient pas, il savait prier, cet officier, et il le faisait. Un jour qu'il était venu me voir à Antanamalaza, lorsque nous eûmes longtemps causé, il me demanda la permission de se retirer. Il alla à l'église vers six heures et quart.

A sept heures il était encore à genoux s'entretenant seul à seul avec Notre-Seigneur !

II n'aimait pas ce qu'il appelait un jour « les dévotions de surcharge »; mais il avait une grande dévotion pour le crucifix et pour la sainte Vierge.

Je lui avais envoyé des médailles pour lui et pour ses lieutenants.

« Mon Révérend Père, écrit-il aussitôt, je m'empresse de vous remercier, au nom de mes lieutenants et au mien, des belles médailles que vous avez eu la bonté de nous envoyer.

Pour s'engager dans les sentiers de la forêt où un tirailleur de Lazaina a été tué à bout portant, c'est une bonne garantie d'avoir au cou une médaille de la sainte Vierge.

« Merci également des prières que vous avez eu la bonté de dire pour nous le matin à la sainte messe, et qui ne nous préserveront pas moins, je ne dis pas du danger, mais des angoisses de la dernière heure, si elle doit venir. »

Voilà bien le capitaine Flayelle 1 Il ne demande pas d'être préservé du danger ni de la mort, mais seulement des angoisses, des faiblesses de l'agonie. Il veut voir venir la mort et la regarder en face.


Jusqu'au dernier instant, il fut fidèle à la Vierge Marie. « Le capitaine, nous écrit un de ses lieutenants, avait dans le porte monnaie qu'il portait sur lui une médaille de la sainte Vierge qui nous» été rapportée à Tulléar. »

A cette fidélité de son enfant Marie se devait de répondre par la grâce d'une belle mort. Elle n'y manqua pas.

La campagne contre l'insurrection hova était terminée, mais les Sakalaves de la Tsiribihina étaient en pleine révolte. C'était la place du capitaine Flayelle il s'y rendit et, dès son arrivée, il méritait d'être cité une troisième fois à l'ordre du corps d'occupation pour « avoir fait preuve de beaucoup de sang-froid dans le commandement des deux compagnies de renfort qu'il a conduites, du 14 au 17 novembre 1897, de Bemena à Ambiky, à travers une région boisée infestée par des bandes rebelles. A constamment marché de sa personne avec la tête d'avant-garde. »

Quelques semaines plus tard il prenait le commandement des troupes de la province de Tulléar. Une bande réfugiée dans le massif boisé du Vohinghezo entravait, par des incursions à main armée, notre extension dans ce pays. Le capitaine se met à sa poursuite, marchant à la tête d'avant-garde avec son intrépidité accoutumée. Comme il n'avait pas hésité à se jeter dans les courants de l'Ikopa, à Vohinghezo, il n'hésite pas à se jeter au milieu des coups de feu, au secours de son lieutenant Montagnole. En tête de ses légionnaires toujours 1 Bientôt atteint d'une balle dans la région du cœur, puis d'une seconde au ventre, il tombe sans une plainte.

Puis, durant deux heures en pleine connaissance, sans un mot de regret, il attend que la mort ait eu raison de sa robuste constitution.

Lui qui, précipité de huit pieds de haut dans les chutes de l'Ikopa, avait eu assez de sang-froid pour invoquer la sainte Vierge, comme il dut avec instances demander secours à cette bonne Mère, pendant ces deux heures qui, sans angoisses, précédèrent la mort !

Aussi, je comprends cette parole au lieutenant d'artillerie « Laissez-moi mourir. vous, en avant», dit-il, c'est-à-dire: Tout ne m'est plus rien, ni jeunesse, ni fortune, ni gloire, ni passé, ni avenir, ici-bas Laissez-moi m'occuper de mon âme et accomplir en chrétien ce voyage de l'éternité. Laissez-moi mourir.

Et il mourut comme il avait vécu, calme, simple, admirable de sang-froid, dévoué enfant de Marie dont, jusqu'à ce dernier moment, il porta sur lui l'image.

Puissent ces quelques pages faire connaître cette âme si française dans laquelle s'alliaient si bien, aux plus brillantes qualités naturelles, les solides vertus chrétiennes.

Puisse au cœur de tout jeune Français retentir le dernier cri du capitaine Flayelle « En avant ! » En avant pour Dieu, pour la France En avant malgré les passions, malgré le découragement, malgré les défections, malgré les embûches ! En avant !

Henri GARDES S.J.

1. Voici, d'après le Journal officiel de Madagascar et Dépendances du 16 avril 1898, les états de service du capitaine « Né le 23 septembre 1858 à Saint-Nabord (Vosges), M. le capitaine Flayelle était entré à Saint-Cyr le 29 octobre 1878; il était affecté, à sa sortie de l'école, au 91» de ligne. Nommé lieutenant le 29 juillet 1885, il était classé au 21' régiment de la même arme.

« Plein de vigueur, d'entrain et recherchant, dès le début de sa carrière, occasion de se distinguer et de faire campagne, il demandait et obtenait de servir en Algérie, où il était placé au 1" régiment de tirailleurs.

« Promu capitaine le 2 octobre 1891, il était affecté au 131° régiment de ligne, à Orléans. Passé au 2" régiment de la légion étrangère, il fut chevalier promu de la Légion d'honneur le 11 juillet 1895; l'année suivante, il était suivant.

Il faisait, à la tête de la 1" compagnie de légion, toute la campagne contre l'insurrection bova, et prit une large part à plusieurs opérations importantes. »

Le Journal officiel ajoute, après avoir rapporté quelques-uns des traits de valeur racontés ici

« M. le capitaine Flayelle était un officier du plus grand mérite; à ses remarquables qualités militaires, à une bravoure à toute épreuve, il joignait une instruction étendue, un esprit fin et lettré qui donnait le plus grand charme à ses relations. Ses chefs l'avaient en haute estime, et il était aimé de ses hommes, qu'il traitait avec justice et bonté.

« La mort de ce brillant et valeureux officier sera déplorée par tous ceux qui l'ont connu. » (N. D. L. R.)

désigné pour servir à Madagascar. Parti de Marseille le 10 août 1896, en même temps que le général Gallieni, il débarquait à Tamatave le 5 septembre.

Bienvenue aux braves de la Légion étrangère

La Presse du jeudi 7 novembre 1918

Ce qui est en ligne depuis la dernière Newsletter...

Victor Desmet, l’un des derniers compagnons de la Libération, est décédé

http://www.lavoixdunord.fr/

Marie-Claude Guillement | Publié le 30/01/2018

Victor Desmet était l’un des huit derniers compagnons de la Libération et avait reçu la médaille d’or de la Fédération nationale des combattants volontaires (FNCV) des mains d’Alain Clair, à l’Ehpad des Ogiers, jeudi dernier. Il est décédé ce lundi à l’âge de 98 ans.

Jeudi dernier, Victor Desmet était félicité par un lieutenant représentant la Légion étrangère.

Jeudi dernier, Victor Desmet était félicité par un lieutenant représentant la Légion étrangère.

Victor Desmet est né à Roubaix le 20 décembre 1919 et a eu « un parcours atypique » quand il était âgé de 19 à 33 ans, comme l’explique le Colonel Clair, président de la FNCV. Ce dernier lui avait remis sa 11e et dernière médaille, la médaille d’or de la FNCV, jeudi dernier.

Le Roubaisien avait à peine 20 ans quand il s’est engagé au 2e Régiment des Zouaves qui servait au Liban et s’est fait remarquer pour de hauts faits d’arme et de bravoure en Palestine, en Égypte et en Libye. Il est cité à l’ordre de l’armée et décoré de la Croix de Guerre avec palme ; il est fait compagnon de la Libération par le général De Gaulle à Qastina (Palestine), en mai 1941. Il a poursuivi la guerre au sein de l’armée belge avant de rentrer chez lui, à Roubaix. « Il ne restait plus un membre de sa famille, tous ont été tués », relate Jean-Pierre Vanassche, le neveu de Victor Desmet. Il a alors rejoint la Légion étrangère.

À Croix en 2014

Une fois de retour à la vie civile, en 1952, Victor Desmet a vécu à Paris et a travaillé comme commercial. En 1965, il rencontre sa future épouse à Reims, Mireille Vyncke. Il a pris sa retraite en 1985, a perdu sa femme en 2004. C’est en 2014 que son neveu et son épouse Corinne organisent son installation à l’Ehpad des Ogiers : à 95 ans, Victor Desmet ne pouvait plus rester seul chez lui. C’est encore son neveu qui s’est démené pour obtenir cette dernière médaille d’or qui lui manquait et qui lui a procuré ses derniers moments de bonheur.

Il ne reste désormais plus que sept compagnons de la Libération.

Les funérailles de Victor Desmet seront se dérouleront ce vendredi 2 février à 11 heures à l’église Saint-Martin de Croix.

Décès à 98 ans de Victor Desmet, l’un des derniers Compagnons de la Libération

https://www.ouest-france.fr/

Publié le 29/01/2018

Le général de Gaulle en présence d'une foule immense descend les Champs-Élysées pour fêter la libération.

Le général de Gaulle en présence d'une foule immense descend les Champs-Élysées pour fêter la libération. | DR

 

Le Compagnon de la Libération Victor Desmet, qui avait participé à la première campagne de Libye et à la prise de Damas en juin 1941 avant de rejoindre l’armée belge, est décédé lundi à l’âge de 98 ans à Croix, dans le nord de la France, a annoncé l’Ordre de la Libération.

Sa disparition porte à neuf le nombre de Compagnons de la Libération encore en vie, sur les 1 036 qui s’étaient engagés au sein de la France libre pendant l’Occupation allemande.

Ce titre, créé par le général de Gaulle, a été décerné pendant et juste après la Seconde Guerre mondiale. Victor Desmet avait d’ailleurs été l’un des premiers nommés dans l’Ordre.

Il avait été décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle à Qastina en Palestine le 26 mai 1941 avant de participer à la campagne de Syrie et à la prise de Damas en juin 1941.

Il avait rejoint les forces britanniques en 1940

Né à Roubaix le 20 décembre 1919, il s’engagea en juin 1939 au 2e Régiment de zouaves, refusa l’armistice en juin 1940 et rejoignit les Forces britanniques en Palestine.

Il intégra alors le 1er Bataillon d’infanterie de Marine (1er BIM), avec lequel il prit part à la première campagne de Libye, se distinguant à Tobrouk en descendant au fusil-mitrailleur un avion italien et en faisant prisonnier un général italien.

En avril 1941, il rejoint la 13e demi-brigade de la Légion étrangère en Érythrée avant de participer à la campagne de Syrie.

Fin 1941, il s’engagea en Palestine dans l’armée belge au sein de laquelle il termina la guerre, avant de rempiler de 1948 à 1952 à la Légion étrangère, notamment en Extrême-Orient.

Victor Desmet travailla ensuite dans le secteur commercial jusqu’à sa retraite en 1985. Il est décédé à la maison de retraite de Croix, dans la banlieue de Lille, où il résidait depuis novembre.

Ces deux légionnaires de l'opération Sentinelle à Nice sont désormais citoyens français.

http://www.nicematin.com/

PAR C. M. ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) Publié le 26/01/2018

La cérémonie s'est tenue jeudi soir en mairie de Nice.

La cérémonie s'est tenue jeudi soir en mairie de Nice. Photo C. M.

 

Jeudi soir, deux militaires de la Légion étrangère, Igor et Jacobus, ont obtenu leurs certificats de nationalité française.

Une naturalisation officialisée par le maire, Christian Estrosi, et le sous-préfet Franck Vinesse.

Deux personnalités qui ont salué les actions des maréchaux des logis du 1er régiment étranger de cavalerie.

À la fois pour leurs opérations menées en extérieur, et pour leur mobilisation dans l’opération sentinelle à Nice.

Le maréchal Igor, né en Russie, totalise onze années de service. Il a participé à plusieurs opérations en Afghanistan, au Mali et en République Centrafricaine. Ses faits d’armes lui ont valu d’être décoré de la croix de la valeur militaire, avec deux citations.

Quant à son homologue, Jacobus, né en Afrique du Sud, il a servi la France pendant sept ans au Tchad et au Mali. Il a été décoré de la croix du combattant.

Pour leur bravoure, leur fidélité et leur volonté de devenir citoyen français, ils ont été honorés par Christian Estrosi: "Aujourd’hui, nous comptons deux Français et nous en sommes heureux et fiers. La France, vous l’avez choisie. Vous avez décidé de la servir. Vous étiez Français de cœur, vous l’êtes désormais de plein droit."

L'hymne officiel du Mondial de foot sera peut-être gardois !

https://www.francebleu.fr/

mercredi 31 janvier 2018 Par Sylvie Duchesne, France Bleu Gard Lozère

 

Réaliser l'hymne du Mondial de foot en Russie : c'est le projet d'Aliksey Kent, un ancien restaurateur de Bagnols-sur-Cèze. Cet ancien légionnaire russe est à l'origine d'une chanson qu'il aimerait voir interprétée dans les stades à l'occasion de cette Coupe du Monde.

Les choristes en répétition

Les choristes en répétition © Radio France - Sylvie Duchesne

 

L'idée n'est pas si farfelue : il y a un an déjà, cet ancien légionnaire avait fait chanter une centaine de choristes avec les Chœurs de l'Armée rouge à Lyon.

Aliksey Kent rêve aujourd'hui de les emmener en Russie pour la Coupe du Monde de foot qui débutera à la mi-juin. Il a pour ça composé une chanson qui pourrait devenir l'hymne officiel.

Faire vibrer les cœurs

La chanson est entrainante, facile à retenir et à reprendre en chœur. Elle sera interprétée en cinq langues : le français, l'anglais, l'espagnol, le russe et l'arabe. Son nom : " Faire vibrer les cœurs".

Tous les mardis soirs, à la salle des associations d'Orsan près de Bagnols-sur-Cèze, l'ancien légionnaire retrouve les choristes de l'ensemble vocal Amadeus pour répéter.

" La chanson est inspirée du code d'honneur du légionnaire. Chaque légionnaire est un frère d'armes, quelle que soit sa nationalité, sa race et sa religion".

La chanson pourra aussi être interprétée à l'occasion du Mondial de foot féminin en 2019

" Pour la Coupe du monde 2018, c'est un peu tard. Par contre, le Mondial de foot féminin aura lieu en 2019 à Montpellier. La municipalité est intéressée par mon projet."

En attendant d'entendre la chanson dans les stades, on pourra la découvrir dans un clip qui sera réalisé d'ici le mois d'avril.

Aliksey Kent  - Radio France

Aliksey Kent © Radio France - Sylvie Duchesne

La chanson sera interprétée en 5 langues  - Radio France

La chanson sera interprétée en 5 langues © Radio France - Sylvie Duchesne

Boxe - Un Gala du Kick Boxing Club Lucciana à couper le souffle

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Par France 3 Corse ViaStella Publié le 29/01/2018

Boxe - Un Gala du Kick Boxing Club Lucciana à couper le souffle / © FTVIASTELLA

Boxe - Un Gala du Kick Boxing Club Lucciana à couper le souffle / © FTVIASTELLA

 

Ce samedi se tenait le Gala annuel du Kick Boxing Club Lucciana. A l'affiche 10 Combats et des KO, des Knock Downs et nombre de belles images de boxe pied-poings qui auront ravi les presque 500 personnes présentes.

Quoi de mieux qu'une première sensation pour lancer un Gala ? Sébastien Lorenzi du Bastia Kick Max short orange face à Gérard Cruciani du Kick Boxing Club Lucciana. En - de 91 kgs et un crochet droit au menton d'école, pour un public conquis d'emblée.

Cruciani ne se remettra jamais de cette entrée en matière et Lorenzi placera un autre crochet droit tout aussi efficace. Arrêt de l'arbitre à la première reprise.

Mais le Gala de Lucciana est aussi fait pour que les boxeurs du club montent sur le ring et s'aguerissent. Alexandre Vasta casque rouge se voit proposé Jérôme Maxime du Bourget. Un combat équilibré et une victoire aux points pour Vasta, mais d'abord une vraie émotion.

"On voit que le public répond présent et c'est une grande satisfaction, un gage de confiance aussi par rapport à cette discipline", indique Roger Santoni, organisateur et président du KBC Lucciana.

Une image qui aura encore gagné ce samedi. Avec des gestes superbes comme les coups de pieds retournés de Bulatovic jadis Légionnaire au 2e Rep de Calvi, aujourd'hui basé à Aubagne.

Ou les low kick dévastateurs du Nîmois Albadaoui qui coupent littéralement les muscles de son adversaire. Ou encore le KO de Bombot, le Boxeur d'Arles qui touche au foie l'Italien Mamini

Souffle coupé, combat terminé, sur du grand spectacle.

Aller plus loin : rendez-vous lundi 29 janvier dans Sport'In Corsica pour encore plus d'images.

Près de Gournay-en-Bray, les bérets verts écologiques font la guerre aux déchets

Mercredi, 31 Janvier 2018 04:24
https://actu.fr/
Publié le 28 Jan 18

Installée à Saint-Germer-de-Fly, à deux pas de Gournay-en-Bray, l'association « Les Bérets verts écologistes » œuvre dans la récupération et la valorisation de tout ce qui était voué à finir sa vie en déchetterie.

Gérard, Bernard et Yannick, sans compter les autres adhérents, sont soudés pour une bonne cause. (©L’Eclaireur-La Dépêche)

L’association « Les Bérets verts écologistes » n’est ni une union d’anciens combattants, ni un nouveau parti politique.

À ce jour, les 29 adhérents de cette toute jeune association n’ont qu’un objectif : le réemploi des matières afin de réduire les déchets. Les entreprises, commerces, locaux d’habitation ainsi que les bureaux peuvent bénéficier de ce service gratuit dont le but est de redonner une deuxième utilité aux objets usagés, mais aussi aux aliments.

Gérard Brabant, président fondateur de l’association qui œuvre actuellement sur une zone allant de Gournay à Beauvais, explique l’origine de sa démarche :

Je me suis aperçu que les bennes des entreprises locales débordaient de palettes, tôles, plastiques et de nombreux produits de consommation qui ne pouvaient plus être donnés, même aux associations caritatives. Trier et se débarrasser des déchets, cela coûte cher aux entreprises alors que ça peut être récupéré

« Jusqu’à 10 000 euros d’économie »

Ni une ni deux, cet ancien fonctionnaire de police à la retraite décide de prendre contact avec plusieurs entreprises locales avec pour mot d’ordre : halte au gaspillage. Le principe de récupérer ce qui peut être encore utile est plutôt bien perçu.

Une grande surface du secteur peut faire jusqu’à 10 000 euros d’économie par an grâce à nous

Bon plan d’un côté, et bon plan aussi de l’autre. Car pour l’association, la récupération a de nombreuses vertus, comme le détaille le président :

Le pain récupéré peut être donné aux poules, aux lapins et à d’autres animaux. Avec des portes et le bois des palettes, on peut réaliser des cabanes de jardin. Les palettes peuvent servir de bois de chauffage. Avec des portes-fenêtres, on crée des serres. On fait aussi du compost et prochainement on va faire du cidre avec des pommes qui si elles n’avaient pas été ramassées, auraient pourri au sol

« Se rendre service mutuellement »

Dans un esprit de partage, l’association est ouverte à tous, avec une adhésion annuelle de seulement 10 euros. Cependant, l’échange reste au centre de la démarche.

Bernard Lequin et Yannick Lorant, membres actifs de l’association., racontent d’une seule voix :

Pour recevoir, il faut savoir donner. Entre nous, il y a une vraie cohésion et une volonté de se rendre service mutuellement

Les collectes sont réalisées gratuitement par les adhérents dont les bérets verts sont le symbole du sérieux, de la discipline et de l’écologie.

Il faut arrêter de jeter à tout va. Avec notre organisation et la rigueur dont nous faisons preuve, il n’y a que du positif. C’est un plus pour la cohésion et l’aide aux personnes, et un plus sur le plan économique pour notre territoire

Sébastien Aliome

La visite pastorale de l’évêque aux armées

http://www.midilibre.fr/

Publié le 29/01/2018

La visite pastorale  de l’évêque aux armées

Mgr Antoine de Romanet était entouré, pour l’occasion, de nombreux prêtres.

Mgr Antoine de Romanet de Beaune s'est rendu à La Cavalerie le 20 janvier.

Samedi 20 janvier, en l'église Notre-Dame de l'Assomption de La Cavalerie, l'évêque aux armées, Mgr Antoine de Romanet de Beaune a donné le sacrement de confirmation à cinq jeunes et un adulte issus des familles de la 13e DBLE (demi-brigade de Légion étrangère).

L'aumônerie catholique des armées est présente au sein du ministère de la Défense. Les textes, qui la fondent, précisent le droit fondamental pour chaque militaire de pratiquer sa religion et les responsabilités du commandement en matière d'exercice des cultes. Le militaire fait le choix de se mettre au service du pays, en dépassant ses intérêts personnels. Il doit se préparer à vivre des situations exceptionnelles qui le confrontent à la détresse extrême et à la mort. Cette spécificité est la principale raison d'être de l'aumônerie militaire. Leurs familles doivent aussi supporter les conditions et la vie propres à l'engagement militaire : l'absence et l'angoisse générée par la participation aux opérations extérieures, le déracinement géographique, etc. L'aumônier en chef du culte catholique est placé auprès du chef d'état-major des armées. Il est évêque du diocèse aux armées françaises. À ce titre, il participe à la conférence des évêques de France. Le pape Jean-Paul II a promulgué la constitution apostolique Spirituali militum curae transformant juridiquement les vicariats castrenses en ordinariats militaires, à dater du 21 juillet 1986.

Le nouvel évêque aux armées effectuait donc sa première visite pastorale auprès du régiment de La Cavalerie, la 13e DBLE. Il a été accueilli par l'un des maires adjoints, Jean-Michel Monbelli-Valloire, qui lui a souhaité la bienvenue au nom du maire François Rodriguez, retenu par ailleurs.

L'évêque était entouré de nombreux prêtres : le père Gauthier de la paroisse Jean XXIII de Millau, et les aumôniers de la gendarmerie (le diacre Yannick Levauffre, ancien aumônier du Camp du Larzac), de la 13e DBLE, du 2e Régiment étranger d'infanterie (qui part en opérations avec la 13) et de celui du 1er Régiment d'infanterie, en visite sur le camp, à la suite d'une unité de Sarrebourg. Messe très familiale animée par une belle chorale de cadres de la 13e DBLE, suivie par de nombreuses familles du régiment, mais aussi par les fidèles de La Cavalerie, durant laquelle les six confirmations ont eu lieu, mais aussi la bénédiction par l'évêque de Barnabé, un légionnaire d'origine camerounaise, membre de la communauté évangélique de son pays et qui a souhaité, ce jour-là, rejoindre la famille catholique.

Un moment d'émotion qui a permis d'oublier un instant le mauvais temps qui sévissait...

Le dernier bivouac du légionnaire Mle : 19718

Déserteur malgré lui

Le Progrès de Bel-Abbès du 07/04/1900

 

Déserteur malgré lui.

 

Le deuxième Conseil de guerre d'Oran a eu à juger un curieux cas de désertion.


Un soldat du 1er Étranger, en garnison à Sidi-Bel-Abbès, le nommé Kauffman, originaire des pays annexés, avait obtenu une permission de 30 jours pour voir ses parents à Paris.

En arrivant, il y avait trouvé une dépêche de sa mère, domiciliée en territoire allemand, et qui lui donnait rendez-vous dans un village situé en terre française sous prétexte d'arranger ensemble des affaires de famille.

S'étant rendu à cette invitation Kauffmanse rencontra,en effet, avec sa mère et son frère qui le firent boire, l'amenèrent avec eux au-delà de la frontière et le remirent à la gendarmerie allemande. Les parents de Kauffman agissaient ainsi, paraît il, parce que les autorités allemandes les menaçaient de confisquer leurs biens, si le jeune homme, qui avait été porté comme insoumis, ne revenait pas servir sous le drapeau du pays annexé.

Kauffman fut donc versé au 57e de Ligne allemand, et libéré au bout de 2 ans.

Malgré les siens qui l'obligeaient à rester et qui prétendaient même le faire interner dans une maison de santé, s'il persistait dans une détermination qu'ils attribuaient à un dérangement cérébral, Kauffman s'empressa, dès sa libération, de repasser la frontière et vint se déclarer déserteur, en France, à la Gendarmerie du village de Joeuf.

C'est dans ces conditions, que Kauffman était déféré au Conseil sous la prévention de désertion.

Après avoir entendu la belle plaidoierie de Me Bogros, le Conseil a été unanime à acquitter le déserteur, malgré lui.

Noël 1965

AG de l'AALE de Laudun le samedi 20 janvier 2018.

AGO 2018 de l'AALESSE


La Newsletter 18/03 de l'AALEME.

Envoyer

La Newsletter 18/03 de l'AALEME.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION

La Légion étrangère honore le maire !

https://www.ladepeche.fr/

Publié le 05/12/2017

Belle manifestation !

L'Amicale départementale de la Légion étrangère, dont le siège social est à Pont-du-Casse, a tenu son assemblée générale, le dimanche 27 novembre, à la mairie, en présence du général Cardinal, président de la FSALE (Fédération des sociétés des anciens de la Légion étrangère), du général Gouachon, du maire, Christian Delbrel, et du colonel Léonard, président de l'Amicale 47 qui a ouvert la séance et donné lecture du rapport moral et d'activités, les deux rapports votés à l'unanimité.

Concernant l'effectif, le constat est sans appel. Le nombre des adhérents est en baisse et s'élève à 16 actifs et 14 sympathisants. Toutes les cérémonies militaires ont été reconduites. Parmi lesquelles la commémoration de Camerone, le dimanche 13 mai 2018, à Pont-du- Casse, où le légionnaire Michel Werlé sera décoré de la médaille de la FSALE, la réunion des présidents des amicales de la Légion du grand Sud-Ouest le 16 juin à Parentis (40).

Le général Cardinal est également intervenu en soulignant que le recrutement est en augmentation ; un effectif de 9 000 est prévu en 2018 et qu'il fédère une fidélité à l'arme à 75 %.

Le maire a été honoré. Christian Delbrel, maire de la commune, a été nommé président d'honneur de l'Amicale sous les applaudissements de l'assistance, il a reçu le célèbre béret vert avec son insigne et a remercié l'amicale de cet honneur et de leur présence aux diverses manifestations sur la commune. Dans le respect des traditions, la réunion s'est terminée par le verre de l'amitié accompagné de la dégustation du boudin.

La Dépêche du Midi

Hommage au légionnaire Macioszek

https://www.lamontagne.fr/

Marcel Macioszek, ancien légionnaire, a présidé l’amicale jusqu’en 2010. © Archimbaud Fabien

L'amicale des anciens légionnaires de l'Allier a souhaité rendre un hommage particulier à son ancien président, Marcel Macioszek, enterré au cimetière de Besson. Il avait succédé au général Durantel, de 1998 jusqu'à 2010, l'année de son décès.

À sa suite, son épouse, Rolande Macioszek, récemment décorée par le général Neron-Bancel de la médaille de la fédération des anciens légionnaires, a également su tenir l'amicale de façon exemplaire.

La cérémonie au cimetière permis de leur rendre hommage à tous les deux.

Avril est un mois de commémoration pour les légionnaires, avec le 30 avril, l'hommage rendu aux combattants de la bataille de Camerone, au Mexique. La majorité des membres de l'amicale bourbonnaise, présidée par Thierry Lecomte, se retrouvera donc, dimanche 30 avril, au camp du Larzac, à la 13e DBLE (Demi-brigade de la Légion étrangère).

Harry est parti en toute discrétion

https://www.ladepeche.fr/

Publié le 19/01/2018

Harry est parti en toute discrétion

Hartmut Herzig, dit «Harry», avait conservé, de ses longues années passées à la Légion étrangère, un grand esprit de loyauté et de travail. À son retour dans la vie civile, c'est au café du village qu'il a continué à mettre en pratique ces valeurs, épaulant efficacement Simone, notamment au travers de repas de groupes. Il vivra la disparition de Simone et la fermeture du café comme une grande injustice. C'est auprès de Marie qu'il passera ses dernières années et c'est elle qui lui apportera tout le réconfort nécessaire lorsque la maladie va survenir. C'est encore elle qui prononcera la seule homélie en mémoire d'Harry, devant sa dernière demeure.

La Dépêche du Midi

Honneurs rendus à l’ancien légionnaire

https://www.lamontagne.fr/

Publié le 15/01/2018

Honneurs rendus à l’ancien légionnaire

Une fois retrouvée, la tombe du soldat a été restaurée. © Droits réservés

Après trois ans de recherches, Viviane Courtin, déléguée générale du Souvenir français pour la Creuse a retrouvé la tombe du caporal-chef, Michel Duchene du 3e Régiment étranger d'lnfanterie dans un état déplorable dans le cimetière communal de sa commune : La Chapelle-Taillefert. Et elle y a remédié.

Né le 25 septembre 1934 à Livry-Gargan (en Seine-Saint-Denis), le caporal-chef Michel Duchene en 1953, engagé volontaire en devançant l'appel, servira dans la Marine nationale sur le croiseur « Gloire ».

Le caporal-chef a servi dans la Marine et la Légion étrangère

En 1955 il sera appelé en Algérie et de nouveau engagé au titre de la Légion étrangère de 1958 à 1972. Après ces années passées au service de la France, il fait valoir ses droits à la retraite le 17 juillet 1972. Résidant de l'Ehpad de la Chapelaude, à La Chapelle-Taillefert, il décède en 2014 à l'âge de 80 ans.

En 2017, sa tombe a été entièrement rénovée. Les travaux ont été financés par le Foyer d'entraide de la Légion étrangère.

Dernièrement, les honneurs lui ont été rendus en compagnie des autorités civiles et militaires et par la musique des sapeurs-pompiers de Boussac sous la direction du caporal, Régis Raynaud. Le Boudin, chant traditionnel de la Légion, a résonné dans le cimetière. Suivi des discours du caporal-chef Jean-Paul Gaillot, ancien du 2e REP et membre du Souvenir français, du général Pascal Néron Bancelle, délégué de la FSALE.

Venait ensuite l'heure du dépôt de plaques sur sa tombe, en présence de la déléguée générale du Souvenir français, du caporal-chef Gaillot et du président de la Société nationale d'entraide de la médaille militaire, Pierre Pauly.

Plusieurs représentants d'associations avaient également fait le déplacement. Le porte-drapeau de la Médaille militaire, les porte-drapeaux de l'AALE de l'Allier, du Puy-de-Dôme et de la Loire, des Anciens marins de la Creuse, des Anciens combattants, de l'UNC de la Délégation générale du Souvenir français, de l'ACUF, des Anciens combattants de Sardent étaient présents pour rendre hommage à leur frère d'armes.

Un Rémois de 94 ans, survivant de Monte Cassino

http://www.lunion.fr/

Par Marie-Christine Lardenois | Publié le 16/12/2017

Le premier béret vert fut porté par la 13 e  demi brigade de légion étrangère de 1940 à 1945. Ildebrando Pelloni est fier d’avoir porté ce couvre-chef. Après la guerre, il est venu à Reims parce qu’on lui avit dit que les Américains embauchaient pour garder les prisonniers. Il est devenu peintre en bâtiment.

Le premier béret vert fut porté par la 13e demi brigade de légion étrangère de 1940 à 1945. Ildebrando Pelloni est fier d’avoir porté ce couvre-chef. Après la guerre, il est venu à Reims parce qu’on lui avit dit que les Américains embauchaient pour garder les prisonniers. Il est devenu peintre en bâtiment.

Qui peut encore évoquer les batailles de Monte Cassino, début 1944 en Italie, en y ayant participé ? Ildebrando Pelloni.

À 94 ans, ce monsieur vit dans son petit appartement de la maison de retraite de Montchenot, entouré d’archives, de photos de famille, de médailles symbolisant son courage. Les souvenirs de son engagement tournent encore dans sa tête.

«Il n’y en avait pas beaucoup qui sortaient vivants»

Né dans un...

Cinéma. Jeunesse aux cœurs ardents : le film qui rend hommage aux soldats français

https://www.breizh-info.com/

07/01/2018

jeunesse_coeurs_ardents

Le 14 mars prochain sortira le film « Jeunesse aux cœurs ardents » réalisé par la cinéaste indépendante Cheyenne Caron (l’Apôtre, la Chute des Hommes, Patries, La Morsure des Dieux …). Nous avons pu voir ce très bon film, véritable hommage à la légion étrangère mais plus globalement aux soldats français. On vous en parle ci-dessous.

En France, pays dans lequel on subventionne n’importe quelle bouse cinématographique ( exemple récent avec Valerian de Luc Besson..) pour la faire grimper au box-office, Cheyenne Caron fait figure d’Ovni. Elle fait ses films sans aucune aide de l’Etat, assure leur distribution, leur promotion, et ne bénéficie pas non plus forcément d’une grande presse. Elle le confie elle même, c’est difficile, très difficile. Mais elle est passionnée, elle aime ce qu’elle fait, et elle veut transmettre, parler, rendre hommage, à travers les différents films qu’elle réalise.

Et cette fois-ci, avec « Jeunesse aux cœurs ardents », c’est d’une quête identitaire sous forme d’hommage appuyé aux soldats français et à la légion dont il s’agit.

EXTRAIT_14

Voici le synopsis : David, 20 ans, habite chez ses parents ; brillants dans ses études et promu à une belle carrière, il accompagne pourtant ses amis, désabusés, dans leurs braquages. Un jour, une de leur victime s’avère être un ancien militaire ayant vécu la guerre d’Algérie : Henri, dit le « Capitaine », qui à 90 ans continue de se battre pour l’honneur et la mémoire des anciens soldats. Fasciné et admiratif, David se rapproche peu à peu du vieil homme : de leur amitié naîtra sa nouvelle vocation…

Le film est particulièrement prenant, et disons le d’emblée, sa durée (2h20) n’est pas un obstacle comme cela pourrait l’être parfois.

Comme dans Patries notamment, on renoue avec la quête identitaire à travers le personnage de David, mais aussi certains de ses amis. David, c’est un jeune français sans histoire, de bonne famille, parisien, mais qui a hérité du néant sidéral. Ses parents doux rêveurs tendance bobos , ne lui ont jamais dit qui il était, d’où il venait, et ont voulu faire de lui leur créature en quelque sorte, en l’occurence un adolescent passionné de philosophie. Point.

Oui mais cela ne fonctionne pas comme cela. David cherche à donner un sens à sa vie, ce qui est sans doute un trait de caractère universel lorsque l’on sort de l’adolescence. Mais en apparence, ce pays n’a rien à lui proposer de trépidant. Il ère donc avec ses amis, certains paumés, d’autres non, certains français de souche, d’autres immigrés fiers de leurs racines, chacun étant conscience de sa différence d’ailleurs (les dialogues contrastent fortement avec ce que l’on peut entendre sur les ondes au quotidien).

En apparence seulement, car la rencontre fortuite de David avec Henri, ancien légionnaire, ancien d’Algérie notamment, va bouleverser sa vie. Il découvre qu’il y’a (qu’il y’eut) des hommes qui s’engage (s’engageaient) encore au nom d’un idéal (la France) et par soif d’aventure. Que ces aventures, celui qui s’en donne les moyens peut aller les vivre de par le monde.

Le rôle d’Henri, joué avec brio par un ancien colonel de la Légion étrangère, est particulièrement intéressant car on y voit un homme âgé mais debout (qui refuse de baisser les yeux lorsque la bande de petites frappes dont fait alors partie David tente de le dépouiller) , pas aigri pour un sou, désireux de transmettre la passion de sa vie, l’attrait pour la carrière militaire et pour la vie de soldat, pour l’aventure, la camaraderie, le sens de l’honneur et de la fidélité.

Des valeurs qui – pour les parents de David – ne sont pas compréhensibles, comme en témoigne la rencontre élégante, lors d’un dîner, entre deux mondes qui ne se comprennent pas. On notera au passage la focalisation sur cette histoire entre un fils qui confie ne pas admirer son père, qui ne lui a jamais rien appris réellement. Et son admiration – mal vécue par le père finalement – pour un autre homme, en qui il trouve le père qu’il aurait sans doute aimé avoir.

Touchant et révélateur aussi, d’une certaine jeunesse actuelle qui ne comprend pas cette génération de parents soixanthuitards ou post soixanthuitards finalement assez égoistes et qui n’ont rien transmis si ce n’est des « valeurs » et des « idées » qui sonnent vides dans les oreilles de jeunes en quête de construction et d’idéal.

« Jeunesse aux cœurs ardents » c’est donc un film autour de la transmission d’un flambeau, d’une flamme guerrière, militaire, aventurière, qui a sauté une génération ou deux dans notre société. C’est l’immersion dans un monde finalement méconnu qu’est celui de l’armée – monde très souvent caricaturé ou décrié par une certaine presse, par « tradition » anti militariste notamment (plus facile de manier un stylo ou un clavier dans son bureau que des armes en Afghanistan ou au milieu d’un conflit africain en effet …).

C’est aussi un film sur l’obligation, pour toute société qui se veut réellement apaisée, de permettre à sa jeunesse des rites de passage (et pas des bizutages alcoolisés en intégration de première année de sociologie), de l’aventure, et surtout de lui donner un sens du devoir et de la mission, de la camaraderie aussi, de la protection et de la fierté du pays qui nous a vu naître et grandir.

Au final, ce film aurait aussi pu s’appeler Si vis pacem, para bellum (« Si tu veux la paix, prépare la guerre ») puisque être soldat, vouloir le devenir, c’est préparer et aller faire la guerre, pour assurer, à sa famille, à ses amis, à ses citoyens, la paix, et un avenir meilleur, même si il est vrai aujourd’hui, que les militaires (et d’ailleurs deux personnages du film l’admettent aussi) sont parfois amenés à servir des intérêts économiques ou politiques qui ne sont finalement pas ceux du peuple pour qui ils se sont engagés.

jeunesse-ardent

Qu’importe, il restera toujours la camaraderie, l’aventure, et la fidélité à la parole donnée …

Le DVD du film (ainsi que les autres films de Cheyenne Carron) est disponible au tarif de 28€ (le prix à payer pour un cinéma indépendant et non subventionné), en précommande ici

Yann Vallerie

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Hommage au légionnaire Goran Franjkovic à Subotica

https://rs.ambafrance.org/

20/11/2017

 

Le 14 novembre, une délégation de l’Ambassade s’est rendue à Subotica pour rendre hommage au légionnaire de 1e classe Goran Franjkovic, mort au combat au service de la France en Afghanistan le 14 novembre 2011.

Cette année, la cérémonie a été rehaussée par la présence de deux légionnaires du 2e Régiment étranger de génie, unité de la Légion Étrangère située à Saint-Christol (Vaucluse) et où servait Goran Franjkovic.

Après avoir été accueillie par la famille, la délégation a assisté à une messe en mémoire du défunt puis s’est rendue au cimetière de la ville. Au nom de l’Ambassade de France, M. Maxime Reynaud, 1er secrétaire, et le lieutenant-colonel Philippe Delsol, attaché de défense, ont déposé une gerbe sur la tombe du légionnaire Franjkovic.

Dans son allocution, l’attaché de défense a souligné le caractère particulier et l’importance de cette cérémonie en raison de la présence de deux légionnaires, pour la première fois depuis 2011, aux côtés de leur camarade mort dans l’accomplissement de sa mission au service de la France.

Le légionnaire était mort en héros

https://www.lanouvellerepublique.fr/

Publié le 22/06/2017

Le Souvenir Français a honoré la mémoire de James David.

Le Souvenir Français a honoré la mémoire de James David.


A l'occasion de la journée nationale des morts en Indochine, l'amicale des anciens légionnaires de la Vienne avait sollicité le comité du Souvenir Français pour apposer le macaron du Souvenir Français sur la tombe du lieutenant James David. Issu de l'école de Saint-Cyr, promotion « Rome et Strasbourg 1944 », il est tombé à la tête de sa compagnie, la 10e de la demi-brigade de la Légion Étrangère. Il défendait une position au col d'Annam, sur la route des forêts à Dong Hoï au Tonkin, le 18 octobre 1953.

Textes décorations 2018 à fin 2020

Le Président de la République,


Sur le rapport du Premier ministre et sur la proposition du grand chancelier de la Légion d'honneur,

Vu le décret n° 62-1472 du 28 novembre 1962 portant code de la Légion d'honneur et de la médaille militaire, notamment ses articles R. 7 et R. 14,

Décrète :

Article 1


Pour la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020, les contingents annuels de croix de la Légion d'honneur sont fixés comme suit :


Grand'croix

Grand officier

Commandeur

Officier

Chevalier

A titre civil

4

8

34

164

1 290

A titre militaire

3

6

50

226

815


Le contingent militaire ci-dessus doit être consacré, au minimum à 75 %, au personnel appartenant à l'armée active.

Article 2


Pour la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020, les contingents annuels dont dispose la ministre des armées pour les personnels militaires sont exceptionnellement majorés de 200 croix de chevalier destinées à des anciens combattants justifiant, pour les anciens de la guerre 1939-1945, d'un fait de guerre ou citation au titre de cette guerre et, pour les anciens des TOE ou d'AFN, de la médaille militaire et de deux blessures de guerre ou citations.

Décret n° 2018-28 du 19 janvier 2018 fixant le contingent de médailles militaires pour la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020

NOR: PRER1800854D
ELI: Non disponible


Le Président de la République,


Sur le rapport du Premier ministre et sur la proposition du grand chancelier de la Légion d'honneur,

Vu le décret n° 62-1472 du 28 novembre 1962 portant code de la Légion d'honneur et de la médaille militaire, spécialement son article R. 138,

Décrète :

Article 1


Pour la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020, le contingent annuel de médailles militaires est fixé à :


- 2 000 pour le personnel appartenant à l'armée active ;
- 1 000 pour le personnel n'appartenant pas à l'armée active, dont un minimum de 15 % consacré à la réserve opérationnelle.

 

Décret n° 2018-29 du 19 janvier 2018 fixant les contingents de croix de l'ordre national du Mérite pour la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020

NOR: PRER1800856D
ELI: Non disponible


Le Président de la République,


Sur le rapport du Premier ministre et sur la proposition du chancelier de l'ordre national du Mérite,

Vu le décret n° 63-1196 du 3 décembre 1963 portant création d'un ordre national du Mérite, spécialement son article 11,

Décrète :

Article 1


Pour la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020, les contingents annuels de croix de l'ordre national du Mérite sont fixés comme suit :


Grand'croix

Grand officier

Commandeur

Officier

Chevalier

A titre civil

4

8

106

538

2 544

A titre militaire

2

6

70

380

1 342


Le contingent militaire ci-dessus doit être consacré, au minimum à 65 %, au personnel appartenant à l'armée active.


Messieurs les Présidents d'amicales.


Le contingent des ordres nationaux pour les 3 années à venir a été publié ce matin; nous en parlions hier lors de l'AG de Laudun, effectivement, la plus grande part des attributions reviendra à l'armée d'active, mais la "porte" reste ouverte pour les anciens combattants, avec cependant des conditions particulières que nous évoquerons plus tard. Si le principe d'une chancellerie des amicales du Sud dépendant du délégué Fsale,le Ces LORHO, est reconduit, il va falloir s'attendre à une charge de travail (et frais) un peu plus importante que celle de 2017.


Des Amicales traitent directement leurs propositions, ce qui est normal, mais la concertation devrait rester un principe d'échanges améliorant non seulement le rendement mais la bonne compréhension des textes, donc , le maximum de chances pour un postulant à un ordre national.


Je rappelle les dates (si un changement n'intervient pas...)


Pour la MM , dossier à Pau ou Aubagne avant le 1er juillet


Pour LH et ONM , dossier à Pau ou Aubagne avant le 1er septembre.


Pour la CCV et la croix du combattant , les dossiers se traitent toute l'année.


Les propositions doivent impérativement émaner des postulants et l'information faire l'objet d'une information de la Fsale sous couvert du délégué Fsale désigné.

Demeurant à votre écoute, recevez, amis Présidents, mes cordiales salutations légionnaires.

(nb: début du travail/réception des demandes dés la mi-mars)

Yves GALVEZ

Les anciens légionnaires toujours solidaires

http://www.centre-presse.fr/

16/01/2018

Les anciens légionnaires dans les locaux de l'aéroport à l'occasion de leur assemblée générale.

C'est devenu une tradition. L'amicale des anciens de la Légion étrangère se réunit tous les ans en assemblée générale à Biard dans les locaux du restaurant l'Orée du ciel dans l'enceinte de l'aéroport. Créée en 1973, elle regroupe 20 membres actifs qui ont tous servi dans la légion étrangère. Il faut y ajouter 24 membres associés parmi lesquels des anciens militaires, amis ou veuves de légionnaires. « Le mot solidarité est important pour nous. La solidarité indéfectible vis-à-vis des nôtres en difficultés et de leurs familles » explique Jacques Vendrell, le président de l'amicale, ancien major après 40 ans d'exercice dans la légion. La devise du temps d'exercice des anciens légionnaires est toujours en application « Honneur et fidélité » et le plaisir de se retrouver est flagrant.


« L'objectif de l'association est la reconnaissance des anciens, l'entretien des liens et la recherche permanente d'anciens légionnaires du département qui pourraient nous rejoindre. Nous nous regroupons pour développer le culte du souvenir et pour perpétrer les traditions » ajoute le président. Le délégué de la fédération sociale des amicales de la légion étrangère, le major Michel Nandron avait tenu à être présent pour honorer l'amicale de la Vienne par sa présence. Avec beaucoup d'humour, il applique une autre devise de la légion « N'entrons pas pas dans les détails. Un légionnaire ne donne jamais de détail » tient-il à préciser. Outre la participation de l'amicale des légionnaires à toutes les cérémonies militaires officielles du département, l'association organisera la commémoration des combats de Camerone, fait d'armes qui a eu lieu au Mexique en 1883. Elle se déroulera sur le site du Rochereau le 28 avril, en présence des autorités civiles et militaires.

Contact: secrétariat AALE 86.
Tél. 05.49.47.17.52, aaledelavienne@ hotmail.com

Une nouvelle crèche pour la Légion Etrangère à Nice

https://blogs.mediapart.fr/

16 déc. 2017

 

A l’approche des fêtes de fin d’année certaines traditions reviennent au premier plan. Une des plus simples et vivaces dans le Sud-Est de la France est celle des crèches. Les crèches de la Légion Étrangère ont dès le départ pour caractéristiques de privilégier les matériaux de récupération, pour évoquer à la fois la crèche catholique symbolisant la naissance de Jésus-Christ ET la Légion.

A l’approche des fêtes de fin d’année certaines traditions reviennent au premier plan.

Une des plus simples et vivaces dans le Sud-Est de la France est celle des crèches.

La première connue est celle – vivante - de Saint François d’Assise à Greccio, en Italie pour Noël 1223, et la première crèche sculptée connue – celle d’Arnolfo de Cambio - date de 1288. C’est dire que l’on vient de loin quand on parle de crèche.

La Légion Étrangère, elle, date en France de 1831. Dès son origine, elle célèbre Noël avec une ferveur particulière et – le plus souvent – avec très peu de moyens matériels.

Fanions et grenade Légion © Davric

Fanions et grenade Légion © Davric

Les crèches de la Légion Étrangère ont donc dès le départ pour caractéristiques de privilégier les matériaux de récupération, pour évoquer à la fois la crèche catholique symbolisant la naissance de Jésus-Christ ET la Légion. Ceci avec parfois une très grande originalité.

Crèche Légion AALE de Nice © Delphine Trojani

Crèche Légion AALE de Nice © Delphine Trojani

Ce n’est pas forcément dans les plus grandes unités que se trouvent les plus belles, quelques légionnaires imaginatifs peuvent réaliser des merveilles dans une unité élémentaire.

Cette tradition continue après même toute obligation de service, quand « rendus à la vie civile » les anciens légionnaires se retrouvent dans leurs amicales. Là encore, l’improvisation et l’imagination ont droit de cité, dans le respect de la tradition d’ensemble.

Alors être invité à découvrir une crèche par les légionnaires, que ce soit en unité ou dans une amicale, c’est toujours un grand moment.

Un moment de réunion, un moment de rappel des valeurs communes de ce corps particulier de près de 9.000 hommes (il n’y a aucune femme dans la Légion), un moment de convivialité et de partage, et aussi un moment de surprise et d’attention.

Comment ont-ils fait ? Quel sera le thème ? Quelle sera la variante (ou le gag) qui émaillera la crèche ?

C’est aussi – quant on n’est pas légionnaire – un honneur que d’être invité à partager l’événement.

C’est ainsi que je l’ai ressenti cet après-midi, dans les locaux de l’Amicale des Anciens de la Légion Étrangère de Nice.

Crèche AALE de Nice © Delphine Trojani

Crèche AALE de Nice © Delphine Trojani

J’étais venu en ami, pas en photographe, donc sans rien pour en garder souvenir. Et puis il arrive que le destin fasse bien les choses et qu’une photographe, ostéopathe et invitée elle aussi, non seulement prenne de belles photos mais ait la gentillesse de les partager.

Crèche AALE Nice © Delphine Trojani

Crèche AALE Nice © Delphine Trojani

Merci à Delphine Trojani pour ces images, où la crèche se retrouve cette fois sous un toit bien particulier fait d’un képi de sous-officier (ou officier subalterne) recouvert de la protection d’origine en toile (devenue rarissime) qui donnera ensuite naissance au « képi blanc » symbolisant la Légion Étrangère. Beige à l’origine, elle sera au fil des ans blanchie par les légionnaires soucieux de marquer ainsi leur ancienneté sous le soleil d’Afrique. Ce soir, c’est devenu le toit de l’étable…

Une fête amicale, un moment d’échange et de partage, avec tous les légionnaires présents à Nice, hors service, ou encore et toujours en service, en tenue de sortie ou de combat, « Sentinelle » oblige.

Crèche AALE de Nice © Delphine Trojani

Crèche AALE de Nice © Delphine Trojani

La tradition n’est pas morte, la Légion est bien vivante, Saint Antoine peut en être fier.

Didier CODANI

Cent dix convives au Lagon

http://www.nicematin.com/

Publié le 20/12/2017

Viviane Passeggi Gibert (Ordre national du Mérite, présidente du Comité de Cannes), Marc Durst (représentant Mougins), Guy Villalonga (adjoint Mandelieu), Sébastien Leroy, Jean-Pierre Bontoux, Jean-Louis Bianchi.

Viviane Passeggi Gibert (Ordre national du Mérite, présidente du Comité de Cannes), Marc Durst (représentant Mougins), Guy Villalonga (adjoint Mandelieu), Sébastien Leroy, Jean-Pierre Bontoux, Jean-Louis Bianchi. Gilles Massé


L'Amicale des Anciens de la Légion étrangère du bassin cannois a organisé son repas de Noël au Lagon.

Ce qui est en ligne depuis la dernière Newsletter...

Lazare Ponticelli, le dernier des Poilus

https://www.agoravox.fr/

Par Sylvain Rakotoarison (son site) vendredi 22 décembre 2017

Lorsque j’étais petit, je me souviens nettement avoir fait un rapide calcul pour savoir quel âge avait eu mon arrière-grand-mère, que j’adorais et qui me le rendait bien, lorsque la Première Guerre mondiale avait éclaté : 30 ans ! Diable ! Si âgée que cela ! Presque l’âge de ma mère à l’époque du calcul. Je n’avais que 8 ans et pour moi, cette guerre était d’abord une guerre de livre d’histoire, comme celle de "70" (1870) qui a laissé des traces indélébiles dans les cœurs, même le mien, en raison de la situation géographique de la Lorraine et de la perte de l’Alsace-Moselle (dans les classes, on faisait chanter aux enfants des chansons qui dataient de la guerre de 1870). Au début de la guerre 1914-1918, mon arrière-grand-mère n’avait pas encore d’enfant (ils sont nés un, deux et quatorze ans plus tard). J’avais la photo de son mari, de deux ans plus jeune qu’elle, en uniforme, j’en étais presque fier, même si je n’ai pas eu la chance de l’avoir connu, mais il n’y avait pas de quoi être fier, tous les jeunes hommes étaient mobilisés.

C’est treize ans après mon arrière-grand-mère qu’est né Lazare Ponticelli, en Italie (il était Italien), c’est-à-dire il y a cent vingt ans, le 24 décembre 1897 dans le nord de l’Italie. Il a connu trois siècles. Son nom est devenu célèbre le 23 août 2007 lorsqu’il ne restait plus que deux Poilus ("officiels") survivants, lui et Louis de Cazenave (né le 16 octobre 1897), à la mort d’Aimé Avignon, né le 2 février 1897.

Le Président Jacques Chirac avait voulu honorer le dernier Poilu survivant en 2005, en lui réservant une place au Panthéon. Ces trois personnes furent des supercentenaires (plus de 110 ans). Lazare Ponticelli ne voulait pas d’un tel honneur mais après la mort de Louis de Cazenave le 20 janvier 2008, il ne restait plus que lui, à sa grande déconvenue. Avant d’être le dernier, Lazare Ponticelli avait fait état de son opposition à une cérémonie qu’il considérait comme injuste : « Je refuse ces obsèques nationales. Ce n’est pas juste d’attendre le dernier Poilu. C’est un affront fait à tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu’ils méritaient. On n’a rien fait pour eux. Ils se sont battus comme moi. Ils avaient droit à un geste de leur vivant. Même un petit geste aurait suffi. » ("Le Monde" du 10 novembre 2007).

Issu d’une famille montagnarde pauvre et nombreuse, Lazare Ponticelli fut orphelin de père très tôt (en 1903) tandis que sa mère et ses frères et sœurs ont dû émigrer à Paris pour y gagner un peu d’argent (car sans revenu du père et du frère aîné également décédé), sans lui car ils n’avaient pas assez d’argent pour lui payer son billet de train. Ses premières années furent pour lui très formatrices, car dès l’âge de 6 ans, il lui fallait travailler : « J’ai tout appris de quatre à sept ans et, ce que mon père m’a dit, je ne l’ai jamais oublié : avec le courage, on arrive toujours à ses fins ; bien sûr, on vit des mauvais moments, mais aussi des bons. » (décembre 2006).

À l’âge de 9 ans, en 1907, Lazare a réussi à prendre le train de Piacenza, en Italie, jusqu’à Paris. Au bout de quelques jours traînant dans la gare de Lyon, il fut recueilli par un chef de gare qui l’a conduit dans un quartier d’immigration italienne. Il commença à faire des petits boulots, et c’est étrange comme la petite histoire côtoie la grande : il fut vendeur de journaux à la criée le jour de l’assassinat de Jean Jaurès, tout le monde dans la rue voulait acheter son journal, et il fut aussi garçon coursier pour la physicienne Marie Curie (qui avait déjà reçu un Prix Nobel).

Après une activité de ramonage qui prospérait avant la guerre (mais plus après), il décida de s’engager dans l’armée pour gagner sa vie. Entre août 1914 et mai 1915, Lazare Ponticelli, de nationalité italienne vivant à Paris et trichant sur son âge, s’est engagé à la légion étrangère pour combattre aux côtés des troupes françaises au Chemin des Dames, puis dans l’Argonne (région qui s’étend sur une partie de trois départements, la Meuse, les Ardennes et la Marne), enfin à Verdun. Il sauva la vie à deux soldats blessés, un Allemand et un Français.

À cause de l’entrée en guerre de l’Italie, la France l’a rejeté de ses troupes car il fut mobilisé dans l’armée italienne, et contre sa volonté, il a poursuivi la guerre dans les troupes italiennes contre les troupes autrichiennes entre fin 1915 et novembre 1918. Les combats furent durs, il fut blessé au visage et fut opéré sans anesthésie, et en 1918, à Monte Grappa, dans les Préalpes vénitiennes, il a vu ses camarades mourir sur le front dans des conditions atroces. Lors d’une bataille à la mitrailleuse, il a réussi à faire prisonniers 200 soldats autrichiens.

Après la guerre, il resta encore mobilisé dans l’armée italienne jusqu’en 1920. Puis, Lazare Ponticelli retourna à Paris et a créé avec ses deux frères (dont un qu’il avait retrouvé dans la légion étrangère, engagé comme lui) une entreprise de chauffage et tuyauterie dans le secteur industriel (son premier client fut Beghin, puis des raffineries de pétrole). L’entreprise a bien prospéré : devenue une multinationale, elle compte maintenant plus de 2 000 salariés français.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Lazare Ponticelli a demandé la nationalité française pour s’engager mais à 39 ans, il était déjà trop âgé et on le préférait travaillant à l’effort de guerre dans son entreprise qu’il a délocalisée dans la zone libre, puis relocalisée à Paris après l’invasion de la zone libre. Il s’engagea alors dans la Résistance en détournant des wagons d’obus et en mettant à la disposition des FFI les véhicules de sa société lors de la libération de Paris.

Lazare Ponticelli a pris sa retraite en 1960 et se retira dans une maison de campagne. Il n’a pas parlé de ce qu’il avait vécu pendant la Première Guerre mondiale jusque vers la fin des années 1990 (il était déjà proche du centenaire). On lui a remis la Légion d’honneur le 11 novembre 1995 (à l’âge de 97 ans), comme tous les autres anciens combattants de la Grande Guerre survivants (Jacques Chirac a été le premier Président qui se préoccupa de ces anciens combattants).

Peu avant ses 110 ans, Lazare Ponticelli assista comme chaque année, mais pour la dernière fois, aux commémorations de l’Armistice (le 11 novembre 2007) : « Avant de passer à l’attaque, les camarades et moi, on se disait : si je meurs, tu penseras à moi. C’est pour ça que, depuis que la guerre est terminée, je vais tous les 11 novembre au monument aux morts. » (décembre 2006). Après la mort de Louis de Cazenave, Lazare Ponticelli accepta le 23 janvier 2008 des obsèques nationales simples et dédiées aux combattants de la Première Guerre mondiale. Pas question du Panthéon, son esprit de famille lui préférant de reposer auprès des siens.

Lazare Ponticelli est mort le 12 mars 2008. Une cérémonie d’hommage a eu lieu le 18 mars 2008 dans la cour d’honneur des Invalides après une messe à la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides (le même genre de cérémonie que récemment pour Jean d’Ormesson, mais aussi Simone Veil, Michel Rocard, etc.), en présence du Président de la République Nicolas Sarkozy, de son prédécesseur Jacques Chirac, du Premier Ministre François Fillon et de la plupart des membres du gouvernement. Un ministre italien a représenté l’Italie.

_yartiPonticelliLazare03

Ce fut l’écrivain Max Gallo qui prononça l’éloge funèbre en faisant référence au témoignage bouleversant de Primo Levi sur les camps d’extermination de la guerre suivante ("Si c’est un homme"). Une plaque a été posée aux Invalides : « Alors que disparaît le dernier combattant français de la Première Guerre mondiale, la Nation témoigne sa reconnaissance envers ceux qui ont servi sous ses drapeaux en 1914-1918. La France conserve précieusement le souvenir de ceux qui restent dans l’histoire comme les Poilus de la Grande guerre. ».

Lazare Ponticelli fut un miraculé multiple. Car il faut savoir vivre jusqu’à 110 ans, ce n’est pas donné à tout le monde. Et déjà survivre à 16 ans en pleine guerre : « J’ai eu de la chance. Des dizaines de balles me sont passées entre les jambes, aucune ne m’a touché. (…) Cette guerre, on ne savait pas pourquoi on la faisait. On se battait contre des gens comme nous. » ("L’Express" du 12 mars 2008). Au-delà de l’héroïsme du soldat en 1914, du résistant en 1942, il fut aussi l’une des preuves éclatantes d’une immigration réussie puisqu’il a toujours considéré que sa patrie était la France, pour laquelle il était prêt à perdre la vie, et un entrepreneur à succès puisque sa petite entreprise est devenue un grand groupe.

Selon l’Encyclopedia Britannica, plus de 65 millions de personnes ont combattu lors de la Première Guerre mondiale et 9,8 millions de militaires en sont morts. On a dénombré plus de 4 000 anciens Poilus en novembre 1995, 191 en novembre 2001, 87 en novembre 2002, 52 en novembre 2003, 24 en novembre 2004, 12 en novembre 2005, 8 en novembre 2006 et 4 en novembre 2007.

Après la mort de Lazare Ponticelli, il y a eu encore deux anciens combattants français qui n’ont pas eu le "statut" de combattant car ils sont restés moins de trois mois au front : Fernand Goux, né le 31 décembre 1899 et mort le 9 novembre 2008 (il arriva au front le 3 novembre 1918), et Pierre Picault, né le 27 février 1899 et mort le 20 novembre 2008.

Lazare Ponticelli était le dernier combattant français mais pas le dernier combattant tout court. Le dernier engagé dans ce conflit fut une vétéran britannique, Florence Green, née le 9 février 1901, engagée en septembre 1918, et morte le 4 février 2012.

_yartiPonticelliLazare01

Après la mort de Lazare Ponticelli, entre ces deux dates, 2008 et 2012, il y a eu encore quinze anciens combattants survivants supercentenaires (ou pas loin), dans d’autres pays : Yakup Satar, né le 11 mars 1898 en Crimée et mort le 2 avril 2008, fut le dernier combattant ottoman ; Franz Künstler, né le 24 juillet 1900 et mort le 27 mai 2008, fut le dernier combattant austro-hongrois ; l’Ukrainien Mikhaïl Kritchevski, né le 25 février 1897 et mort le 26 décembre 2008, fut le dernier combattant de l’armée impériale russe ; Francesco Chiarello (atteint de paludisme en 1918 en Albanie), né le 5 novembre 1898 et mort le 27 juin 2008, et Delfino Borroni, né le 23 août 1898 et mort le 26 octobre 2008, furent les deux derniers combattants italiens ; Waldemar Levy Cardoso, né le 4 décembre 1900 et mort le 13 mai 2009, fut le dernier combattant brésilien (devenu maréchal de l’armée brésilienne en 1966) ; Sydney Lucas, né le 21 septembre 1900 et mort le 4 novembre 2008, et John Campbell Ross, né le 2 août 1899 et mort le 3 juin 2009, furent les deux derniers combattants australiens ; John Babcock, né le 23 juillet 1900 et mort le 18 février 2010, fut le dernier engagé canadien (il n’a pas combattu au front) ; Frank Buckles, né le 1er février 1901 et mort le 27 février 2011, et Andrew Rasch, né le 5 octobre 1901 et mort le 10 décembre 2011, furent les deux derniers engagés américains ; les quatre derniers combattants britanniques furent Henry Allingham, né le 6 juin 1896 et mort le 18 juillet 2009, Harry Patch (le dernier survivant à avoir combattu dans les tranchées), né le 17 juin 1898 et mort le 25 juillet 2009, Claude Choules, né le 3 mars 1901 et mort le 5 mai 2011, enfin, Florence Green, déjà citée. Quant au dernier combattant allemand, Erich Kästner, né le 10 mars 1900, il est mort avant Lazare Ponticelli, le 1er janvier 2008.

Mais ces derniers étaient des survivants. Pour se souvenir des combattants morts pendant cette guerre tragique, des plaques commémoratives qui ont énuméré leurs noms ont été posées dans toutes les communes de France. Histoire de dire que ce serait la "der des ders"…

Note historique sur le siècle antérieur : Les deux derniers vétérans survivants de l’armée française lors des guerres napoléoniennes (entre 1792 et 1815) furent le Français Louis-Victor Baillot (considéré comme le dernier survivant de la Bataille de Waterloo), né le 9 avril 1793 et mort le 3 février 1898, et le Néerlandais Gerrit Adriaans Boomgaard, né le 21 septembre 1788 et mort le 3 février 1899 (considéré comme le premier supercentenaire "homologué").

Susan Travers, la « Miss » de la 13e DBLE

https://www.journaldemillau.fr/

Le 18 mars 2010, Simone Veil a été reçue à l’Académie Française pour occuper le fauteuil laissé vacant par Pierre Messmer. Selon la tradition, elle a fait l’éloge de son prédécesseur.

En retraçant le parcours de l’ancien premier ministre, elle a évoqué ses exploits à Bir-Hakeim en se référant aux écrits d’un témoin de la bataille. Simone Veil en cite un passage : « Notre calvaire commença une nuit de pleine lune, en mai, quand retentirent des tirs d’armes lourdes, juste avant l’aube. Au nord le ciel flamba brusquement et on entendit des salves sporadiques et des explosions ». Elle poursuit : « Ces lignes sont signées de l’adjudant Travers, Susan Travers. Oui, vous avez bien entendu : Susan Travers, légionnaire matricule 22.166. Une femme à la Légion étrangère ? Vous le savez mieux que quiconque, il arrive que des institutions soient créées et vivent longtemps, composées exclusivement d’hommes. Un jour une femme survient, et le visage de cette institution s’en trouve subitement modifié. C’est ce qui est arrivé à la Légion, quand Susan Travers, jeune Britannique engagée dans la France libre, devint chauffeur du général Kœnig ».

Lire la suite dans le Journal de Millau du 22 décembre

Les vertus des crèches de Noël au sein de la Légion étrangère

ttps://fr.aleteia.org/

Agnès Pinard Legry | 22 décembre 2017

Légion étrangère. La crèche témoigne de la richesse et la variété des talents qui animent les légionnaires.

Peu connue du grand public, la tradition des crèches de Noël au sein de la Légion étrangère s’impose comme l’un des rites fédérateurs de ce corps d’élite. Plongée dans la richesse d’un héritage construit et légué par des générations de légionnaires.

Chaque année, au matin du 14 juillet, le pas lent des pionniers de la Légion étrangère résonne sur le bitume des Champs-Élysées. Coiffés d’un képi blanc ou d’un béret vert, les hommes qui la composent interpellent. Corps d’élite de l’armée française, la Légion étrangère représente 7 % des effectifs de l’armée de Terre et devrait compter d’ici l’année prochaine 8 900 hommes. Rassemblant aujourd’hui près de 160 nationalités, elle témoigne de l’importance de fédérer ces soldats autour d’une histoire, d’un passé commun. Et comment l’incarner si ce n’est par des traditions, des rites ? « Les rites sont dans le temps ce que la demeure est dans l’espace », écrivait ainsi Saint-Exupéry dans Citadelle.

Légion étrangère. Reproduction miniature du monument aux morts de Sidi bel Abbès, transporté et installé au 1er régiment étranger d'Aubagne, maison mère de la Légion étrangère.

« Noël, fête chrétienne marquant la venue sur terre pour tous du Messie est, par-delà toutes les croyances, la fête de la famille légionnaire », rappelle le général de division Jean Maurin, commandant la Légion étrangère. Rapidement après sa création en 1831, la Légion étrangère a fêté Noël. Un témoignage rapporte ainsi qu’en 1912, à Fez, le 2e régiment étranger célébrait Noël « autour d’une crèche vivante, comme c’était alors la tradition. Les draps, les chèches, les ceintures bleues constituaient l’essentiel des déguisements de la sainte Famille et des bergers. [….] À minuit, les officiers venaient dans les chambres et la veillée commençait alors autour de la crèche avec ses chants, ses chœurs allemands, russes, espagnols. » Cette tradition n’a cessé de s’enrichir au fil des années : « Au cours de la Grande Guerre, une dimension supplémentaire fut ajoutée avec la réalisation de spectacles, de jeux ou et de sketches. Peu à peu, les crèches vivantes laissèrent la place à des crèches confectionnées par les légionnaires. C’est après la guerre d’Algérie qu’est apparu le concours de crèches au sein de chaque régiment avec attribution de prix par un jury », soulignait il y a deux ans le général Dary, ancien commandant de la Légion étrangère et ancien Gouverneur militaire de Paris.

Ces crèches, réalisées aussi bien dans les garnisons que sur le terrain en opérations extérieures, sont l’occasion de découvrir la richesse et la variété des talents qui animent ces légionnaires. Rivalisant d’imagination, d’ingéniosité et de débrouillardise, ils réalisent ainsi des crèches de Noël, œuvres d’art saisissantes d’humanité. Car au-delà de la scène de la nativité à proprement parler, la crèche témoigne de ce qu’a vécu l’unité, la section, le régiment au cours de l’année qui vient de s’écouler. Le lieutenant-colonel Rousselle, commandant en second du groupement de recrutement de la Légion étrangère, a fait partie, l’année dernière, du jury de sélection. Ce dernier comprend notamment le chef de corps, quelques cadres, le plus jeune légionnaire et éventuellement quelques autorités locales.

Légion étrangère. Passage du jury des creches de Noel au régiment.

« Une crèche m’a particulièrement marqué, se souvient-t-il. L’unité, qui avait été largement déployée dans le cadre de l’opération Sentinelle, avait représenté avec du papier mâché les monuments parisiens dont elle assurait la sécurité. Ce « spectacle » était accompagnée d’une voix, celle d’un légionnaire, qui récitait une lettre envoyée à sa mère où il faisait part de la solitude qu’il pouvait parfois ressentir en ce temps de Noël ». « La Nativité, avec Jésus, Marie et Joseph, est systématiquement présente. Mais il s’agit aussi de raconter une histoire, leur histoire (celle des légionnaires NDLR) », insiste-t-il.

Cette année, le groupement de recrutement de la Légion étrangère, situé au Fort-de-Nogent, a choisi comme thème le 11e régiment étranger d’infanterie. Créé en 1939 au début de la Seconde Guerre mondiale, il a été dissous en 1940. « S’il n’a eu que six mois d’existence, les hommes de ce régiment ont incarné le courage ultime : le sacrifice de leur vie pour l’accomplissement de leur mission. Sur les quelque 3 000 hommes que comptait le régiment, 2 300 ont été tués, rappelle le lieutenant-colonel Rousselle. En avril 2018 nous allons recevoir la garde du drapeau du 11e régiment étranger d’infanterie, d’où le choix de faire notre crèche sur ce thème.

Légion étrangère. Crèche légionnaire.

« Le monde entier a retenu de Noël l’image de la Sainte Famille. Noël, dans la tradition chrétienne est devenu ainsi la fête de la famille. Cette fête de la famille a largement dépassé la chrétienté, puisque toute famille, de par le monde, a le souci de se réunir à cette occasion, rappelle encore le général Dary. La Légion se présentant comme un refuge et une famille d’accueil pour tous ses hommes venus du monde entier, il paraissait naturel qu’elle intégrât cette fête à son patrimoine. Le légionnaire a fui ou quitté un métier, une patrie, des amis, une fiancée, et seule la chaleur d’une famille peut remplacer un tel vide dans le cœur et l’esprit d’un homme, surtout la nuit de Noël ». « Noël est fêtée avec ferveur par toute la communauté légionnaire lors de la veillée du 24 au 25 décembre, quelles que soient les circonstances, pour qu’au cours de cette nuit, plus que jamais, la Légion tienne lieu de famille au légionnaire », insiste également l’actuel commandant de la Légion étrangère, le général Maurin. Une Patrie, une famille.

Légion étrangère. la crèche témoigne de ce qu’a vécu l’unité, la section, le régiment au cours de l’année qui vient de s’écouler.

À la Légion, la crèche met tout le monde d’accord

http://www.ledauphine.com/

Publié le 19/12/2017

Le colonel Guillaume Dujon, chef de corps du 2 e régiment étranger d’Aubagne, explique que « la crèche est la symbolique communautaire et familiale.» Photo Le DL / Patrick ROUX

À la Légion étrangère, la crèche de Noël n’est pas une affaire de religion. Mais de tradition et de fraternité familiale. Chrétiens, musulmans, juifs, orthodoxes, ou athées, tout le monde s’y colle.

et si la Légion étrangère était une école de la tolérance et du bien vivre ensemble ? Voilà qui peut surprendre tant cette unité combattante est peuplée de costauds prêts à défendre chèrement le drapeau français. De grands soldats.

Il n’empêche qu’ils pourraient donner bien des leçons. Le code d’honneur du légionnaire est riche d’enseignements. Sur la solidarité, sur la fraternité, au-delà des confessions… Alors le débat qui depuis quelques années nourrit les positions dogmatiques des uns et des autres sur la présence des crèches dans le hall des mairies, passe au-dessus du képi blanc des légionnaires.

Partout où ils sont, ils font la crèche. Mohammed fait la crèche, Simon fait la crèche, Adesh fait la crèche, Jean fait la crèche. Sur une caisse de munitions, sous un arbre du voyageur, à l’abri d’une dune, ou dans les caves du régiment…

À lire en dernière page des éditions de ce mercredi

Miandrivazo : Un ex-légionnaire abatu

http://www.newsmada.com/

Publié le 14/12/2017

Les "Musiques et Chœur de l'armée française" débutent leur tournée à Paris

https://culturebox.francetvinfo.fr/

Par Jean-Michel Ogier Publié le 09/01/2018

Aurore Tillac dirige les Choeurs de l'Armée Française depuis 2007

Aurore Tillac dirige les Choeurs de l'Armée Française depuis 2007 © Garde Républicaine

Le samedi 27 janvier, le Palais des Congrès de Paris va résonner des "Musiques et Choeur de l'armée française". 150 musiciens et chanteurs appartenant aux différentes formations musicales de l'armée française vont interpréter des marches militaires, mais aussi sortir de leur répertoire pour aborder l'opéra ou les musiques de films. Un spectacle qui partira ensuite en tournée dans toute la France. Les choeurs de l'armée française dirigés par Aurore Tillac, la musique de la Légion étrangère, la fanfare de la cavalerie de la Garde Républicaine et le Bagad de Lann Bihoue. C'est la belle affiche que proposent ces deux concerts au palais des Congrès de Paris le 27 janvier prochain.150 artistes en habit d'apparât réunis pour deux heures de spectacle. Au programme : des grandes marches militaires mais aussi des airs d'opéra et des musiques de films.

C'est Patrick Poivre d'Arvor qui aura la charge d'animer cette soirée. il va raconter l'histoire de ces formations

 

Ça fait partie du moral des armées et même du moral tout simplement de la société civile. Les forces armées nous protègent mais elles savent aussi se détendre et nous détendre".

L'histoire récente l'a encore prouvé. Souvenez-vous du 14 juillet dernier quand la fanfare s'est lancée dans une reprise de Daft Punk sous les yeux d'un Emmanuel Macron ravi et d'un Donald Trump indifférent. Ou quand, un mois plus tôt avant le match France-Angleterre au Stade de France, le maréchal des logis-chef Jean-Michel Mekil de la Garde Républicaine a chanté le célèbre titre d'Oasis, "Don’t Look Back in Anger", en mémoire des victimes des attentats de Manchester et de Londres.

Les formations de musique militaires savent sortir de leur registre habituel pour interpréter des classiques ou des "tubes" comme "Amazing Grace".

Les "Musiques et Chœur de l'armée française" se produiront aussi à Strasbourg, Lille, Lyon et Caen entre autres.

Général Bruno Dary : « Noël, c’est la fête de la famille Légion »

http://www.bvoltaire.fr/

Publié le samedi 23 décembre 2017

 

Le général d’armée (2s) Bruno Dary, gouverneur militaire de Paris de 2007 à 2012, commanda la Légion étrangère de 2004 à 2006. En 2014, à l’occasion de Noël, il avait donné une tribune à Boulevard Voltaire.

Cette année, il a bien voulu expliquer au micro de Boulevard Voltaire toute l’importance que revêt la fête de Noël pour les légionnaires, ces hommes venus du monde entier pour servir la France.

Pourquoi la Légion étrangère a-t-elle adopté cette tradition des crèches de Noël ?

Je crois que pour cela, il faut revenir aux écrits car comme le disait le Livre vrai, « Au commencement était le verbe« .
Dans la définition de la Légion, la Légion est « une force combattante constituée d’étrangers et placée sous commandement français« .
« Une force combattante » : cela signifie que les personnes qui s’engagent dans la Légion ne s’engagent pas pour faire n’importe quel métier ; ils savent qu’ils vont risquer leur vie pour défendre un pays qui n’est pas leur patrie naturelle, qui n’est pas leur mère nourricière.
« Constituée d’étrangers » : en effet, il y a aujourd’hui 140-150 nationalités différentes. C’est donc une structure multi-ethnique.
« Placée sous commandement français » : la Légion a près de 200 ans d’existence, elle a été fondée sous Louis-Philippe en 1831. Les officiers, pour la plupart, sont français et elle est de structures et de culture françaises. Ces officiers français établissent le lien entre ces étrangers qui peuvent garder la nationalité et la France. La Légion est donc une unité multi-ethnique mais monoculturelle, avec une culture qui s’est construite sur près de 200 ans, avec des rites et des traditions.


La Légion étrangère est-elle censée obéir au principe de laïcité ?

Oui bien sûr. Mais Noël va au-delà de la laïcité.
La Légion a hérité sa culture et ses traditions de la culture française qui est, qu’on le veuille ou non, chrétienne. Noël correspond au début de notre ère. Nous sommes en 2017, c’est-à-dire 2017 années après la naissance du Christ. Que l’on soit chrétien ou non, peu importe, cela ne change rien.
La tradition de la crèche est une tradition qui n’est pas uniquement française, mais qui est chez nous respectée. La Légion en a donc héritée. On trouve les premiers écrits au début du XXe siècle, vers 1910 au Maroc. On faisait des crèches vivantes. Du point de vue du sens profond, Noël est la fête de la Sainte Famille qui est devenu la fête de la famille. À Noël, tout le monde se regroupe. Or le légionnaire a quitté son pays, sa famille et son travail, etc. Il va donc retrouver une nouvelle famille qui est la Légion. D’où la devise de la Légion qui est Legio patria Nostra, la Légion est notre patrie. Toute la famille se regroupe au moment de Noël.

Est-ce qu’un régiment de Légion qui a sa crèche c’est comme une famille qui a sa crèche chez soi ?

C’est même plus que ça.
Dans la vie de la Légion, il y a trois fêtes : Camerone, la fête du combattant, en souvenir des soldats morts en 1863 aux combats symboliques de Camerone au Mexique; Noël, la fête du cœur et de la famille ; et enfin la fête du régiment, la fête des anciens.
La vie est donc rythmée ainsi. Noël va bien au-delà de la crèche.
À Noël, chacun se retrouve, on fait un temps calme, une crèche et on se prépare selon ce que chacun souhaite faire, selon le régiment, ses sentiments et la vie de chacun qui s’organise. Noël va donc bien au-delà de la crèche, c’est la fête de la famille Légion où chacun se retrouve en unité constituée. Certains viennent du Kirghizistan, d’autres du Brésil, d’autres de Chine, etc. Ils ont tout quitté pour venir, c’est donc normal que la famille se resserre. C’est vrai en permanence, mais Noël est là pour le rappeler.

Noël, la fête de la famille Légion

https://www.ladepeche.fr/

Publié le 25/12/2017

L'esprit de Noël, à la Légion, est ancré dans les traditions. Où qu'ils soient, à Noël, tous les légionnaires font leur crèche pour la fête de la famille Légion, formidable exemple de cohésion et d'intégration.

«Chaque légionnaire est ton frère d'armes, quelle que soit sa nationalité, sa race, sa religion. Tu lui manifestes toujours la solidarité étroite qui doit unir les membres d'une même famille…» C'est inscrit dans le code d'honneur que tout légionnaire récite haut et fort quand il coiffe son képi blanc. La Légion étrangère est une grande famille, une famille qui se retrouve à Noël autour des traditions de l'institution et, parmi elles, les crèches que tous les légionnaires, où qu'ils soient dans le monde, fabriqueront de leurs mains. Au «4», régiment école de Castelnaudary, commandé par le lieutenant-colonel de Roffignac, on sacrifie à la tradition. Pour les jeunes engagés volontaires, c'est leur premier Noël à la Légion. Ici, quelque 120 nationalités et des jeunes gens venus des quatre coins du monde, qui ont choisi de servir la France et ses valeurs, se retrouveront loin de chez eux et de leurs proches. Ils fêtent Noël avec leur nouvelle famille. Les cadres sont là, qui,eux, ont passé la veillée avec leurs hommes. «Ce soir-là, la parole se libère, les cœurs s'ouvrent», rapporte ce lieutenant de la compagnie de commandement et des services (CCS). Lui, c'est son vingt-huitième Noël à la Légion. Son premier, il s'en souvient comme si c'était hier. «C'est gravé à tout jamais, et cela vous suit», confie-t-il. «Aujourd'hui, je transmets ce que j'ai reçu. C'est aussi notre devoir d'être auprès des jeunes. Noël, c'est être ensemble pour la famille Légion». La CCS a fait sa crèche. Elle évoque le centenaire de la Grande Guerre. La section de fortes têtes a mis l'accent sur un son et lumière et misé sur la simplicité. Il faut séduire le jury qui passera le 24. On joue notamment sur l'émotion, mais pas seulement. De nombreux critères sont retenus.
À la seconde compagnie, c'est le premier Noël du jeune lieutenant arrivé en août dernier, de l'école d'application de l'Infanterie au «4». «Il est de tradition que la conception de la crèche soit confiée au lieutenant de première année», souligne-t-il, expliquant avoir proposé le thème de la Grande Guerre au commandant d'unité, qui l'a validé. «Nous les faisons avec ce que nous avons sous la main. Le légionnaire est un combattant et un bâtisseur. Nous sommes tous un peu charpentier, maçon et même informaticien», explique l'officier de la CCS. Dans chacune des compagnies du 4e régiment étranger, tous les talents ont été mis à contribution. la Légion en est une source inépuisable. «L'instruction continue, il y a les challenges sportifs, mais ils s'investissent à fond sur leur temps libre», confie le jeune lieutenant de la seconde compagnie, soulignant comment tout a été réalisé avec du matériel de récupération. Ici, on a travaillé tous les plus petits détails des deux tableaux, où l‘on racontera les tranchées, en 1917, et Noël, cinquante ans plus tard. Là aussi, racontée avec infiniment de délicatesse. Parce que sous l'uniforme de ces soldats d'élite, bat un cœur d'homme…
Une tradition qui remonte aux origines

Noël, c'est la fête de la famille légionnaire, dont le but est de renforcer les liens entre les plus jeunes et les anciens. Chacun recevra un cadeau, le soir de la veillée, moment fort de la fête, au repas, entrecoupé de saynètes où, souvent, les cadres sont mis en scène et taquinés. Très vite après sa création en 1831, la Légion étrangère adopta Noël. Pour la Légion, famille d'accueil pour tous ces hommes venus du monde entier, il semblait naturel d'intégrer cette fête à son patrimoine. Ces jeunes gens, qu'ils soient en rupture familiale, professionnelle, psychologique ou autre, trouvent ici une nouvelle chance. C'est l'Espérance, symbole de Noël.


Gladys Kichkoff

Les légionnaires de Castelnaudary ont reçu leurs képis au Luc

http://www.varmatin.com/

Publié le 15/12/2017

Les nouvelles recrues ont reçu leur marque d'entrée dans la famille de la Légion.
Les nouvelles recrues ont reçu leur marque d'entrée dans la famille de la Légion. A. B.

 

Mercredi matin, sur la place de la Liberté, Pascal Verrelle, maire du Luc, Daniel Mennegand, président du comité d'entente des associations patriotiques, et l'adjudant Arthur Maquet, président de l'Amicale des anciens de la Légion étrangère, avaient convié la population, les associations patriotiques, les sapeurs-pompiers, les autorités civiles, représentées par plusieurs élus du Centre Var, et les autorités militaires, représentées par le général Pichon, à la remise du képi Blanc aux nouvelles recrues actuellement en cours d'instruction au 4e régiment Étranger à Castelnaudary (Aude)...

À travers le personnage de Hélie de Saint-Marc

https://www.lechorepublicain.fr/

Publié le 04/12/2017

À travers le personnage de Hélie de Sain

Georges Mourier réalisateur du documentaire et Abderahmen Moumen, historien. © Droits réservés

À l’occasion d’un café historique, samedi, les fractures de la société française causées par la guerre d’Algérie ont été évoquées.

Les cafés historiques de la région Centre Val de Loire et l'office national des anciens combattants ont organisé, samedi après-midi, à la librairie l'Esperluète, une projection-débat autour du documentaire Servir, de Georges Mourier. Il évoque la personnalité de Hélie de Saint-Marc.

Ce résistant, ancien de Saint-Cyr, déporté en Allemagne à Buchenwald, puis membre de la légion étrangère en Indochine et à Suez, cet officier d'élite a été confronté au dilemme de la guerre d'Algérie. Le 22 avril 1961, cet homme d'honneur bascule dans la dissidence pour soutenir le putsch des généraux. Il devient un rebelle et le paiera de la réclusion criminelle.

"Le choix des hommes"

Samedi, le réalisateur était présent ainsi qu'Abderahmen Moumen, historien, chargé de mission - Mémoire de la guerre d'Algérie - à l'Office national des anciens combattants. Vingt personnes ont assisté à la séance.

Le documentaire fait partie de la série "Le choix des hommes" où six documentaires ont été réalisés par Georges Mourier, sur les thématiques : croire, agir, trahir, mentir, combattre, servir : « Ces hommes ont dû confronter leur conscience à un contexte historique bien précis comme la Seconde Guerre mondiale ou dans le cas d'aujourd'hui, la guerre d'Algérie. »

Abderahmen Moumen, historien, explique : « Nous allons évoquer les fractures de la société française causées par la guerre d'Algérie de 1954 à 1962, comprendre les enjeux nationaux et analyser les faits historiques de manière neutre et dépassionner le débat. »

Qui es-tu Tavite Veredamu ?

http://www.lerugbynistere.fr/

Publié le 30 novembre 2017

VIDEO. France 7 - Qui es-tu Tavite Veredamu ?

Tavite Veredamu fait de sérieux dégâts sur les pelouses de Fédérale 1. Crédit photos : Armand Deyron


L'équipe de France de rugby à 7 a fait appel au 3e ligne de Nîmes Tavite Veredamu pour le tournoi de Dubaï. Un joueur qui ne laisse personne indifférent.

Ce vendredi débute la nouvelle saison des Sevens World Series avec le tournoi de Dubaï. Pour les Bleus, présents sur place depuis déjà une grosse semaine, les phases de poules débuteront par un match contre l'Écosse. Il faudra ensuite de frotter à l'Angleterre et l'Espagne. Une poule à portée des hommes de Jérôme Daret. Le nouveau sélectionneur de France 7 va découvrir le circuit mondial mais il ne sera pas le seul. Aux côtés des cadres sous contrat comme Laugel et Parez, on trouve Tavite Veredamu (28 ans, 1m90, 105 kilos). Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose mais sur les pelouses de Fédérale 1 où il évolue avec le club de Nîmes (1er de la poule 4), le Fidjien d'origine ne laisse pas indifférent. En l'espace de six matchs joués (6 titularisations) cette saison, il a inscrit 7 essais, dont un quadruplé.

Michel Berard, manager du Rugby Club Nîmois

C'est un bel athlète. Un joueur complet et un gros défenseur. Nous on le fait jouer en 3e ligne aile, mais il pourrait très bien évoluer au poste de numéro 8 ou bien chez les trois-quarts, au centre, à l'aile et même à l'arrière.

Une polyvalence qui devrait lui faciliter la tâche à 7. C'est dans son pays natal qu'il a découvert cette discipline. Il a commencé le rugby en 2005 au sein du club de Nakavu au Fidji avant de rejoindre Nîmes en 2010. Son parcours est plutôt atypique puisque Tavite est sous-officier au sein du 2e Régiment étranger d'infanterie de la Légion étrangère. "Il est arrivé chez nous par hasard, se souvient Michel Berard. On ne sait pas s'il a été muté ici. Il a peut-être demandé autour de lui où il pouvait jouer au rugby et il s'est présenté au stade. Le club est connu par les militaires du coin." Au RCNG, on a vite appris à le connaître même s'il a peu joué en Fédérale 2 lors de son arrivée à cause de son travail. C'est après la relégation à l'échelon inférieure qu'il a pu enchaîner les matchs. "On s'est aperçu qu'il était largement au-dessus des autres". Des performances qui lui ont notamment permis d'être sélectionné avec l'équipe de France militaire pour la Coupe du monde 2015. Avec comme point d'orgue, la victoire historique face à la British Army avec un essai à la clé. Son meilleur souvenir sportif.

Ils étaient une poignée à surclasser les autres lors de cette compétition. " C'est un extraterrestre et depuis un moment", confie son coéquipier en équipe de France militaire Antoine Robichon. Ses performances sont allées crescendo. Il a par la suite été invité à participer à un tournoi de rugby à 7 et été repéré par la Fédération française de rugby. "Le manager des équipes de France à 7, Christophe Reigt, m'a appelé en juin dernier pour que Tavite parte en stage à Biarritz avec l'équipe de France". Et il a su convaincre puisqu'il a été rappelé pour un second stage avant d'être sélectionné pour le Tournoi de Dubaï. Sera-t-il le nouveau facteur X des Bleus, désormais privés de Virimi Vakatawa ?

 

Crédit vidéo : Rugby Club Nîmois

Une fierté pour le club même s'il va cruellement manquer en championnat. "On va être un peu orphelin mais c'est la vie. C'est comme lorsqu'on a un enfant doué et qu'il quitte le cocon familial. En plus d'être bon sur le terrain, c'est un garçon charmant". Le Rugby Club Nîmois a d'ailleurs déjà failli le perdre. Tavite Veredamu a en effet été contacté par des clubs de Pro D2 mais il aurait dû quitter l'armée. Or il est encore engagé. Il devra donc finir son temps avec la Légion après sa pige avec la FFR. On parle d'un contrat fédéral de deux ans. Il pourrait donc très bien jouer la Coupe du monde l'année prochaine aux Etats-Unis. Il n'est pas impossible qu'il soit prolongé en vue des Jeux olympiques de Tokyon en 2020 s'il est performant sur le circuit mondial. Premier élément de réponse ce vendredi à Dubaï.

Aubagne : Xisto, le légionnaire volleyeur

http://www.laprovence.com/

Jeudi 07/12/2017

 

L'ancien international brésilien, co-entraîneur des féminines d'Aubagne-Carnoux (N2), est aussi caporal-chef à la Légion étrangère. Portrait

Sports - Aubagne : Xisto, le légionnaire volleyeur

La neige vient à peine de fondre sur Marseille mais le froid est encore vif. Un temps à ne pas mettre un Brésilien dehors en somme. Antonio Carlos da Silva Xisto, lui, n'a pas repoussé le rendez-vous : "L'adversité fait plaisir aux guerriers". Du soldat, le Carioca d'origine a la carrure : 1,93m, 115 kilos. Un mini Teddy Riner. La voix douce, les yeux rieurs et l'appareil qui ceint les dents du haut tranchent avec le physique très imposant. "Les filles ont besoin de ce côté guerrier, parce qu'elles sont trop dans leur confort, explique-t-il. J'essaie de muscler leur jeu pour qu'elles supportent la pression du championnat."

Le nouveau co-entraîneur d'Aubagne-Carnoux (N2F) tient cette mentalité d'une vie parallèle au volley : Xisto est dans la Légion Étrangère depuis 2004. Et il y est entré presque par hasard. Le jeune cinquantenaire se souvient : "Je venais voir un ami pour passer un test au Paris Volley. Il n'était pas à l'heure du rendez-vous, donc j'ai fait un tour." Direction la Légion Étrangère de Vincennes, à la base pour demander des informations, voir les armes et les chars. "Je croyais entrer dans un musée mais je ne parlais pas bien français. C'était un piège", s'esclaffe Xisto. "Ils m'ont donné un survêtement, m'ont rasé les cheveux... À la fin de la journée je dis "allez salut, j'y vais". En fait je ne pouvais plus sortir !" À l'époque, le Brésilien veut se stabiliser en France, la Légion le lui permet. Surtout, elle lui fait connaître une autre existence, loin des hôtels, des bons repas, des salles pleines et des groupies qui rôdent autour des parquets brésiliens. "Avant, tout me tombait dessus. Pour les filles par exemple, je n'avais pas besoin de faire d'effort, certaines me demandaient de signer des autographes sur leurs culottes... C'était mon monde mais ce n'est pas la vraie vie"

Derrière l'intouchable football, le volley est en effet l'un des sports les plus populaires dans le pays lusophone. Là encore, un concours de circonstances fut nécessaire pour rapprocher Antonio de ce qui sera la passion d'une vie. "Quand j'étais petit j'avais un problème aux jambes, mes genoux étaient arqués vers l'intérieur, l'inverse de Garrincha (l'un des meilleurs footballeurs auriverde de l'histoire, ndlr). Mon père m'a offert un appareil pour marcher, on me l'a volé une fois, puis un chien l'a cassé. Ma famille n'était pas riche, donc on n'a pas pu en acheter un troisième." Le médecin de famille est formel : il faut que le tout jeune Antonio fasse du sport. Ce sera le volley-ball, dès ses six ans révolus. La suite, ce sera des titres, des sélections en équipe nationale et beaucoup de clubs, principalement au Brésil, en Argentine ou en France (Étables-Sur-Mer, dans les Côtes-d'Armor). Mais aussi des voyages dans le monde entier pour des tournois, une expérience riche complétée par les missions avec l'armée, en République centrafricaine et en Côte d'Ivoire principalement. "La Légion me permet de partager, je fais ça pour le côté humain. Il y a des gens qui travaillent pour vivre et d'autres qui vivent pour travailler. Je suis plutôt dans la deuxième catégorie", poursuit le caporal-chef, qui a obtenu la nationalité française en 2008 et vit à la caserne d'Aubagne depuis deux ans. Antonio Carlos da Silva Xisto a même prolongé son contrat à la Légion jusqu'en 2024. De quoi continuer longtemps sa mission aux côtés d'Antoine Aleman ? Le président d'Aubagne-Carnoux est en tout cas conquis : "Antonio est une référence dans le volley-ball. Il incarne les valeurs de notre club à savoir le respect et le travail."

"Le volley c'est ma drogue, confirme le principal intéressé. Même si ma vie est à la Légion, je donne chaque minute à mon sport et au club quand c'est possible. Sans salaire, uniquement par passion." Et cette passion, ses joueuses la ressentent, coach Xisto leur demandant un effort permanent pendant l'entraînement.

"Mais elles progressent. À partir du début de l'échauffement c'est'en avant en avant'. Pour que le ballon tombe plus vite, il faut taper plus fort, il faut de l'agressivité, de la discipline et de la concentration." Comme dans l'armée.

Ludovic Ferro


Page 1 sur 2

  • «
  •  Début 
  •  Précédent 
  •  1 
  •  2 
  •  Suivant 
  •  Fin 
  • »

Traduction

aa
 

Visiteurs

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui2578
mod_vvisit_counterHier3671
mod_vvisit_counterCette semaine8701
mod_vvisit_counterSemaine dernière18115
mod_vvisit_counterCe mois53284
mod_vvisit_counterMois dernier63392
mod_vvisit_counterDepuis le 11/11/095820023

Qui est en ligne ?

Nous avons 2042 invités en ligne

aaleme.fr

aaleme.fr les News en ligne

Statistiques

Membres : 17
Contenu : 13231
Affiche le nombre de clics des articles : 13424978
You are here AALEME LES NEWSLETTERS DE L'AALEME 2018