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Légionnaire toujours...

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COMLE

Éditorial...

                   Lettre...

                                 Dossier de presse...


Ce Noël qui rassemble la Légion étrangère

https://www.legion-etrangere.com/

 

La fête de la Nativité est devenue, pour la Légion étrangère, une fête emblématique. Fête de la fraternité et de la confiance en l’avenir ; elle christallise, dans la culture Légion, le sentiment d'appartenance à une famille vers laquelle chaque légionnaire converge.

 

 

Noël, fête de famille, fête de la fraternité, fête de la confiance en l’avenir.

 

Nous sommes désormais tous habitués à l’éclatement régulier des sections et compagnies. Cependant, si elles éparpillent géographiquement les hommes, nos missions fragmentent les unités, diluent parfois le sentiment d’appartenance et bousculent les liens hiérarchiques qui ont, chez nous, une grande importance. En effet, au gré des activités, les légionnaires changent de chefs, d’équipe, de peloton, de section, de compagnie, de régiment. Cette dispersion des cellules de travail et des unités tout au long de l’année rend plus indispensable encore le besoin de se rassembler autour de ce qui nous est précieux et de retrouver régulièrement ses repères. Noël est l’un de ceux-là.

C’est ainsi que chaque année, au début du mois de décembre, la Légion se rassemble : elle prépare Noël, fête de famille, fête de la fraternité, fête de la confiance en l’avenir.

Au quartier, en opération, en mission, on réfléchit à la forme que prendra la crèche dont le projet reste secret, on spécule sur le gagnant du challenge sportif, on s’invite mutuellement et on célèbre quoi qu’il arrive le moment annoncé et désiré depuis plusieurs jours. Au milieu des dernières activités de l’année, on voit venir cette pause aux accents de fête. La magie commence avec les premiers jours de décembre.

Chaque année, au moment de Noël, la Légion étrangère converge. Quelle que soit leur nationalité ou leur religion, les légionnaires trouvent en Noël l’esprit et les rites d’une fête de famille française traditionnelle. Fête de famille car tout le monde est là, sans exception, quel que soit le grade : c’est bien la famille choisie qui a les faveurs de tous, ce soirlà. Famille traditionnelle française, car pour l’étranger qui est venu chercher l’exil en échange du service des armes de la France, il n’est de meilleur refuge pour l’âme et l’esprit qu’une part de culture intime et familiale de notre pays. Chaque crèche, véritable conte de Noël en son et lumière, est un projet collectif autour duquel les talents des légionnaires se révèlent et s’unissent. “Force les de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères”, nous rappelle avec insistance la leçon la plus connue du Citadelle d’Antoine de Saint-Exupéry. Bien sûr, une crèche à réaliser n’est pas le tunnel de Foum Zabel à percer ou la route de Tizi-N’tichka à construire, mais la démarche est la même : répartition des rôles, révélation des talents, fi erté commune, souvenirs de moments qui unissent entre camarades.

 

Noël, fête légionnaire emblématique

 

Noël rassemble parce que les activités préparatoires et la veillée de Noël, passées dans le huis-clos de la fraternité d’armes, chassent la sombre tentation de la solitude et apportent leur part de bienveillance. C’est le chef de corps qui amnistie, le capitaine commandant qui offre un cadeau, le chef de section qui écoute plus qu’il ne parle, le chef de groupe qui guide et conseille. La discipline, sans se relâcher, se fait moins formelle et subtilement plus discrète au fur et à mesure que s’avance la veillée, révélant les hommes au-delà du galon et offrant à chacun l’occasion de raconter, d’évoquer, d’oublier, de s’épancher. Les griefs sont moins lourds quand ils sont dits tout haut.

Noël, fête légionnaire emblématique : il y a trente ans exactement, le général Le Corre rappelait “ que ce n’était pas le hasard qui avait imposé cette coutume à notre communauté comme l’un des temps forts de sa vie, mais la force des liens qui unissent tous ses membres, cadres et légionnaires ”. Rien n’est plus vrai aujourd’hui.

Je vous souhaite un très joyeux Noël 2018, où que vous soyez, seul ou entre camarades. Que cette fête de Noël vous apporte la joie de célébrer avec ferveur la solidarité légionnaire. J’associe à ces souhaits nos blessés, nos anciens ainsi que nos familles et tous ceux qui, bien que loin de la Légion étrangère, gardent le souvenir des bienfaits de ce moment unique d’unité et de fraternité.

 

Par le Général de brigade Denis Mistral

commandant la Légion étrangère

(Editorial Képi-blanc Magazine N°815)


Lazare Ponticelli : Poilu et Légionnaire

1914, Lazare Ponticelli s’engage dans la Légion étrangère. Une seule motivation : défendre le pays qui l'a accueilli : “C’était ma façon de dire merci”. Dernier poilu mort en 2008, une fresque contemporaine honore désormais sa mémoire au Kremlin Bicêtre

 

En 1914, la première Guerre Mondiale éclate suite à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche. Alors qu’il n’a que 16 ans, Lazare Ponticelli, s’engage dans la Légion étrangère. Une seule motivation : défendre le pays qui lui a donné à manger - comme il le dira lui-même. Arrivé seul d’Italie à 9 ans, Ponticelli fuit son pays où selon ses termes “il crevait de faim depuis la mort de son père et de son frère aîné” avant de se battre pour la France et d’affirmer :

“C’était ma façon de dire merci”.

Décédé en 2008, à l’âge de 110 ans, le dernier des Poilus encore en vie fut mis à l’honneur pour la commémoration du centenaire de l’Armistice. Lui qui fut si souvent présent de son vivant lors des diverses commémorations de la Grande Guerre dans sa ville du Kremlin Bicêtre, sera désormais à jamais intégré aux murs de cette commune du Val de Marne. En effet, deux artistes urbains ont réalisé une fresque géante pour honorer la mémoire du dernier Poilu français au 10 rue Etienne-Dolet, sur la façade d’un immeuble.
La fresque, haute de 13 mètres, a été réalisée en une semaine par les deux artistes Nebay et Tore. Le dessin est un extrait de sa photo de mariage en 1923. Avec cette œuvre, le duo a réussi à allier l’art urbain contemporain avec les grandes heures de notre Histoire, permettant de rassembler un large public. Un excellent moyen de rappeler à quel point ce combattant historique reste un “Monsieur” à ne pas oublier, surtout pour la jeune génération...
Légionnaire de 1Cl Guillaume Lucas
Division rayonnement & patrimoine

En nous recueillant autour de notre drapeau

Texte lu lors de la veillée au drapeau, dans la nuit du 10 au 11 novembre 2018, dans la salle d'honneur du Musée de la Légion étrangère, au sein de la Maison Mère de la Légion étrangère à Aubagne.

Le 12 mars 2008 disparaissait le dernier “poilu” survivant de la guerre de 14/18. Lazare Ponticelli avait 110 ans et avec lui s’est éteinte la longue et glorieuse cohorte des quelques 6000 Engagés Volontaires pour la Durée de la Guerre.

En 1914, la France est une puissance reconnue en Europe. Son histoire, sa culture, son rayonnement suscitent chez les peuples européens une grande admiration et l’exemple de son histoire est un modèle pour ceux qui luttent pour leur liberté́ ou leur indépendance.

Dès que les prémices de la guerre apparaissent, et que le risque d’un nouveau conflit se précise, des voix s’élèvent pour défendre les intérêts de la France. C’est ainsi que le 29 juillet 1914 des intellectuels étrangers présents à Paris appellent au soutien de leur patrie d’adoption en danger.

Mais l’enthousiasme et l’ardeur ne suffisent pas pour faire de bons combattants. La Légion étrangère va instruire et amalgamer ces volontaires pour en constituer quatre régiments. Ces nouvelles unités s’articulent autour d’un noyau de cadres et de légionnaires fiers de leurs campagnes passées (Maroc, Tonkin...). Ils viennent des 1er et 2e Régiments étrangers, basés respectivement à Sidi-Bel-Abbès et à Saïda.

 

Quatre régiments de marche sont constitués en métropole dès 1914

Le 2e Régiment de Marche du 1er Etranger, commandé par le colonel Pein puis par le lieutenant-colonel COT

Le 2e Régiment de Marche du 2e Etranger, commandé par le colonel  Passard

Le 3e Régiment de Marche du 1er Etranger, commandé par le colonel Thiebault

Le 4e Régiment de Marche du 1er Etranger, sous les ordres du lieutenant-colonel Garibaldi

 

L'amalgame ne se fait pas sans quelques froissements, d'autant que la plupart des nouveaux engagés n'ont jamais fait de service militaire. Le sens de l'humain, la qualité de l'encadrement, la vie au front et ses misères, les premières escarmouches, auront vite raison des préventions réciproques, et la solidarité, grande vertu légionnaire, apparaîtra rapidement, faisant disparaître l'écume des éléments mauvais ou indésirables.

Comme le souligne l’historique du Régiment de Marche de la Légion étrangère (RMLE), « l’amalgame des volontaires de 1914 dans les unités de Légion rappelle celui de 1792 dans l’armée Royale : "au début on parlait de soldats de faïence à côté de soldats de porcelaine ; bientôt on a pu voir que toute la vaisselle allait au feu."

Ces quatre régiments sont présents sur le front de fin 1914 à fin 1915 et s’illustrent notamment en Argonne (décembre 1914), dans la Somme et à Craonne (hiver 1914-1915), en Artois (mai 1915) et enfin en Champagne (septembre 1915).

Ainsi, début mai 1915, le 2e régiment de marche du 1er étranger débarque à Saint-Pol-Aubigny, et entre dans le secteur des « Ouvrages blancs ». Il va participer à la bataille d’Artois.

Le 9 mai 1915, l’attaque est lancée et débouche à 10 heures. L’objectif à atteindre est la cote 140.

Le soir, 50 officiers et 1.889 hommes manquent à l’appel.

Le 30 mai, un important renfort permet la reconstitution du régiment.

Le 2e régiment de marche du 1er étranger, malgré ses vides, reste dans le secteur particulièrement agité de Souchez, Carency, le Cabaret Rouge. Le 16 juin, il prend part à l’attaque de Givenchy.

Sans éprouver de pertes aussi sévères que le 9 mai, le régiment, n’en compte par moins 21 officiers et 624 hommes tués, blessés ou disparus.

Le 4 juillet, le régiment part pour Montbéliard. Arrivé à destination, il trouve un renfort de 5 officiers et de 892 hommes, provenant du 3ème régiment de marche du 1er étranger, dissous. Le 2e régiment de marche ainsi porté à l’effectif de 2.060 hommes

Fin aout, le 2e régiment part pour la Champagne en prévision d’enlever le jour de l’attaque l’ensemble des positions allemandes entre la butte de Souain et la route de Souain à Somme-Py.

Le 25 septembre, sous une pluie diluvienne, l’attaque se déclenche à 9h.15.

Le 2e régiment de marche du 1er étranger est envoyé nettoyer le saillant de Presbourg, encore garni de mitrailleuses.

Les trois premiers jours de l’attaque, il ne subit que des pertes légères (9 officiers et 304 hommes tués, blessés ou disparus), mais, le 28 septembre, ayant reçu l’ordre de coopérer à l’enlèvement de la tranchée de la Kultur, il tombe sur des fils de fer intacts et perd 20 officiers et 608 hommes.

En novembre 1915, ils fusionnent pour donner naissance au légendaire RMLE.

Durant la Grande Guerre dans les rangs de la Légion passèrent près de 43 000 hommes appartenant à plus de 50 nations, dont plus de 5 000 furent tués et 30 000 blessés où disparus.

En seulement un an d’existence, le 2ème régiment de marche du 1er Régiment étranger sera cité deux fois à l’ordre de l’Armée.

La journée du 11 novembre, jour anniversaire de l'armistice de 1918 et de commémoration de la victoire et de la paix, est aussi un jour d'hommage à l'ensemble des légionnaires qui sont morts pour la France, qu'ils aient péri dans des conflits actuels ou des conflits anciens.

Depuis le 27 avril 1832 devant Maison Carrée ou la Légion étrangère reçoit son baptême du feu en perdant le lieutenant CHÂM et sept légionnaires, plus de 36 000 légionnaires ont honoré, par le don de leur vie, le contrat qu’ils avaient signé.

La Légion étrangère a su traverser le temps. Elle a résisté aux turbulences de l'histoire.

Elle a toujours su s'adapter à l'évolution des techniques et l'a même parfois provoquée. Elle montre tous les jours qu'elle est capable de s'adapter à toutes les missions nouvelles et quelquefois inattendues qui sont confiées aux armées.

En nous recueillant autour de notre drapeau, méditons ces quelques vers du  poème de Pascal Bonnetti :

 

“Le volontaire étranger”

« Le monde entier disait : la France est en danger ;

Les barbares, demain, camperont dans ses plaines.

Alors cet homme que nous nommions “l’étranger”

Issu de monts latins ou des rives hellènes


Ou des bords d’outre-mer s’étant pris à songer

Au sort qui menaçait les libertés humaines,

Vint à nous, et, s’offrant d’un cœur libre et léger,

Dans nos rangs s’élança sur les hordes germaines.


Quatre ans, il a peiné, saigné, souffert !

Et puis un soir, il est tombé dans cet enfer...


Qui sait si l’Inconnu qui dort sous l’arche immense,

Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé,

N’est pas cet étranger devenu fils de France

Non par le sang reçu mais par le sang versé ? »


Il y a 100 ans, le 11 novembre 1918, le canon se taisait enfin.

Allocution du général Mistral, COMLE, à l'occasion de la veillée de commémoration du centenaire de l’armistice, le 10 novembre 2018 à la Maison Mère de la Légion étrangère (Aubagne).

 

Il y a 100 ans, le 11 novembre 1918, le canon se taisait enfin.

Il y a 100 ans, ce 11 novembre 1918, le rideau descendait sur une des guerres les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité. Durant quatre longues années, la Première Guerre Mondiale a bouleversé les mentalités, modifié la géopolitique de l’Europe et entrainé dans un sillage de mort et de souffrances plusieurs dizaines de millions de personnes, dont les forces vives de notre pays engagées pour la défense de la Patrie et de son sol.

Quelques années après la Guerre, le secrétaire perpétuel de l’Académie Française, écrivait ces mots dans la préface du livre « Ma vieille Légion », du commandant Poirmeur :

« Au nom de tous ceux qui ont vu les volontaires étrangers à l’œuvre, qui les connaissent et qui les aiment, je salue la vieille Légion, rajeunie par la Grande Guerre, auréolée par le sacrifice et consacrée par la Victoire. »

Oui, il y eu ces volontaires étrangers, répondant à « l’appel aux amis de la France », affluant par milliers pour mettre leur vie au service d’un pays devenu leur seconde patrie et qu’ils avaient appris à aimer au point de vouloir prendre les armes pour le défendre. Dans l’élan magnifique des « étrangers patriotes », ils furent, entre 1914 et 1918, près de 43 000 issus de 52 pays différents, à rejoindre les champs de bataille de la Grande Guerre, sous le fanion de la Légion étrangère.

Ainsi, sur le front occidental, en Artois, en Champagne, de la crête détrempée de Vimy aux boues de la Somme, de l’enfer du Chemin des Dames à la percée de la ligne Hindenburg, les légionnaires écrirent en lettre de sang ce chapitre héroïque de leur histoire. Mais plus loin aussi, au Tonkin, au Maroc, dans les Dardanelles et même en Russie, ces étrangers au service de la France feront la preuve de leur esprit de sacrifice, payant de leur vie leur amour indéfectible de leur pays d’adoption et leur révolte de le voir assailli.

A leur tête étaient placés des chefs emblématiques, aux premiers rangs desquels furent Cot, Duriez, Rollet ou encore Maire. Et derrière eux, avec eux,  autour d’eux, les hommes « sans nom », célèbres ou inconnus, ont formé cette cohorte courageuse, qui avait, comme le chantait le légionnaire poète Alan Seeger, « un rendez-vous avec la mort » mais que cela n’arrêtait pas.

Le Régiment de Marche de la Légion étrangère perdit plus de 5000 hommes tués à l’ennemi, 30 000 légionnaires furent blessés ou disparurent.

Honorons aujourd’hui leur mémoire, en toute reconnaissance, en toute fierté, en toute humilité.

Reconnaissance, de nous avoir donné la victoire militaire en ce 11 novembre 1918, d’avoir libéré notre sol dans cet effort absolu à la fois collectif et anonyme dont l’écho, un siècle après, résonne comme un long coup de tonnerre dans notre civilisation.  Sachons, cent ans après et tandis que leur souvenir se fait plus lointain, leur dire encore et à jamais « merci » pour l’héritage qu’ils ont légué à leurs fils, le plus souvent dans le souffle intime et terrible des adieux à cette vie.

Fierté, devant l’ampleur de la tâche qu’ils accomplirent, devant les dangers qu’ils affrontèrent, devant les qualités qu’ils surent développer pour survivre et l’abnégation qui fut la leur. Soyons fiers de leur courage car c’est à la lumière de leurs vertus que nous, soldats, nous avançons.

Humilité enfin, pour puiser dans l’immensité de leur geste, la force d’accomplir, s’il le faut, le jour venu, le même sacrifice, pour la Légion étrangère, pour la France.

Général Denis Mistral
Commandant la Légion étrangère


Les nouvelles technologies resteront au service de nos valeurs

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06 Novembre 2018

Ce sentiment de supériorité guerrière est un alliage subtil entre les valeurs pour lesquelles il est prêt à se battre et mourir, sa confiance envers ses chefs et ses camarades, la certitude que les armes qu’il sert sont les plus performantes.

Quelques exemples tirés de l’histoire de la Légion illustrent la manifestation de ce sentiment. En septembre 1950, les acteurs et observateurs retiennent des opérations menées en Cochinchine par le 1er REC et le 2e BEP l’étroite collaboration qui règne entre nos différentes armes et l’allant et la camaraderie qui ne cessent d’animer nos hommes. En 1957, la coopération assidue dans les opérations entre les pilotes des “bananes volantes” de la marine nationale et les légionnaires provoque le succès à tous les coups, écrit, enthousiaste, le 2e REP.

Plus près de nous, les légionnaires de l’opération Serval au Mali en 2013, qui ont participé à la victoire contre AQMI, étaient forts de leur supériorité acquise grâce à la combinaison des moyens techniques les plus modernes, leur conférant une supériorité écrasante sur terre, dans la troisième et dans la quatrième dimension. L’évolution des techniques et l’essor de la technologie dans leur course de l’épée contre le bouclier, n’ont eu de cesse de servir le soldat pour augmenter sa force et le protéger. Mais pas seulement dans la façon de détruire l’ennemi : n’oublions pas les progrès de la médecine de guerre, des chirurgies orthopédiques, faciales et réparatrices, des techniques de relevage des blessés qui font l’objet encore aujourd’hui d’améliorations constantes.

Les légionnaires savent apprivoiser et maîtriser toutes les technologies. Il y a quinze ans bientôt, lorsque la numérisation de l’espace de bataille devenait à la fois outil et environnement du combattant, la richesse et la variété des expériences qui composent la Légion étrangère ont permis l’appropriation rapide et entière des nouveautés du combat infovalorisé. À présent, la bulle NEB, les équipements FELIN et les logiciels de simulation n’ont plus de secret pour eux. L’armée de terre, qui met en place un Battle lab - Terre pour fédérer les réseaux d’innovation et favoriser l’innovation individuelle, saura toujours trouver au sein des régiments de la Légion étrangère des talents indispensables à l’évolution des technologies et des techniques nouvelles au service du combattant. Ils existent, ont été plusieurs fois reconnus et sont à l’oeuvre, récompensant l’ingéniosité et la débrouillardise qui ont toujours caractérisé le légionnaire.

Si les progrès exponentiels de la technologie ont rendu cette dernière omniprésente dans l’entraînement opérationnel, ils ont aussi pris toute leur place dans la vie quotidienne des légionnaires. Demain seront développés des outils de gestion et d’information permettant un libre-service administratif militaire individualisé, entrainant de facto de nouveaux changements de mentalités. N’allons-nous pas y perdre en discipline, en cohésion, en camaraderie ? Les technologies de l’information, maintenant solidement établies dans la vie privée de chacun jusqu’à en modifier les comportements, peuvent faire craindre, à juste titre, un repli sur soi, un fort individualisme et un délaissement de nos valeurs, la façon de les vivre pouvant alors être ressentie comme une contrainte.

Le colonel Foureau, commandant le groupement de Légion étrangère, écrivait en 1974 : “nous savons bien que jamais la Légion n’a transigé sur le maintien des valeurs qui nous ont été léguées en héritage, tout en demeurant à l’avant-garde dans la mise en oeuvre des évolutions nécessaires”. C’est toujours vrai aujourd’hui. Nous accompagnerons toujours et maîtriseront résolument ces évolutions.

Tant mieux si le wi-fi gratuit pour tous au quartier permet au légionnaire de contacter sa famille, ses camarades des autres régiments et de mener des démarches administratives lui permettant de gagner du temps, y compris au profit de sa famille. Que cette avancée serve aussi à informer et regrouper les camarades lors des activités de cohésion qui doivent être des moments de “déconnexion” et qui démontrent qu’on est toujours moins seul dans la vraie vie que dans la vie virtuelle. La véritable camaraderie ne se forge pas devant un écran : elle s’acquiert dans les efforts accomplis ensemble, les souvenirs en commun et les actions quotidiennes de la fraternité d’armes, aussi petites soient-elles.

Le dossier du mois nous le montre bien : les légionnaires parachutistes ont bâti leurs victoires sur la puissance de leur collectif. Il nous faut aussi garder à l’esprit que les réseaux sociaux, hormis les risques que leur utilisation inappropriée peut engendrer pour chacun ou pour l’institution, peuvent être à l’occasion les vecteurs du célèbre “cafard” du légionnaire, qui ne trouve là qu’une de ses nombreuses déclinaisons.

Au quartier comme au combat, le commandement prendra toujours les mesures d’encadrement de l’usage de la technologie. Quel légionnaire peut souhaiter que ne tombe aux mains de l’ennemi son smartphone, contenant les coordonnées des membres de sa famille et de ses camarades ? Quel gradé peut se targuer d’être efficace s’il passe plus de temps devant son ordinateur qu’avec ses légionnaires ?

Quel chef peut souhaiter que sa manoeuvre ne soit détectée par l’imprudence d’un seul de ses hommes sur une messagerie, mettant ainsi en péril la sécurité opérationnelle de toute son unité ? C’est pourquoi une fois les avancées technologiques intégrées, le commandement les accompagne de règles d’emploi qui, sans brider ni frustrer les utilisateurs, doivent permettre d’en tirer tous les avantages sans en subir les inconvénients.

Tant qu’elles restent au service de nos valeurs, ces avancées maîtrisées permettront de garder, au combat, l’ascendant sur l’adversaire et dans la vie quotidienne, l’esprit de corps et la cohésion qui ont toujours fait la force de la Légion étrangère.

 

Par le Général de brigade Denis Mistral commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°814)


Durant la «Grande Guerre», 30.000 étrangers venus défendre la France dans la Légion (AFP)

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Publié le 30/10/2018

30 000 engagés volontaires pour la durée de la guerre (EVDG) viendront densifier les rangs de la Légion étrangère durant le premier conflit mondial. De Blaise Cendrars, Malaparte, Zinoview, František Kupka, a Hans Hartung, Georges Artemoff ou encore Ossip Zadkine... ces noms aujourd’hui illustres appartiennent au patrimoine de la Légion étrangère et viennent raconter l’histoire plus discrète de milliers d’autres étrangers venus servir la France en s’engageant dans les rangs de la Légion. Il y eu près de  6 000 morts dans ces rangs constitués essentiellement d'occidentaux (50 nationalités).

 

Turcs, Britanniques, Polonais, Espagnols, Américains...30.000 soldats de 50 nationalités ont participé au premier conflit mondial pour défendre la France sous la bannière de la Légion étrangère, la seule unité de l'armée française à pouvoir enrôler des étrangers.

Quelques-uns connaîtront plus tard la célébrité, comme le Suisse Blaise Cendrars qui rejoint la légion dès les premières heures du conflit, en 1914. Avec l'écrivain italien Ricciotto Canudo, il prend l'initiative, en août 1914, d'un "appel aux amis de la France" incitant les étrangers "nés ailleurs, domiciliés ici" qui "ont appris à l'aimer, à la chérir comme une seconde patrie" à "lui offrir leurs bras".

Phrase prémonitoire, Cendrars, grièvement blessé un an plus tard, perd son bras et est réformé. Son expérience de la guerre marquera toute son œuvre littéraire.

8.000 résidents étrangers répondent, dès août 1914, à l'appel de Cendrars et de ses amis. Ne pouvant, parce qu'étrangers, se battre sur le sol français, les premiers s'engagent, sous des noms d'emprunt, pour cinq ans dans la Légion, et "servir hors métropole". Un décret gouvernemental permettra ensuite un Engagement volontaire pour la durée de la guerre.

Parmi les tout premiers à répondre à l'appel, figure un groupe de jeunes Américains, souvent diplômés, issus de familles aisées. En avril 1916, ils sont une quarantaine à former "l'escadrille Lafayette", sous commandement français. Parmi eux, Eugène Ballard, un Afro-américain, fils d'esclave, docker puis boxeur avant de s'engager, à 16 ans, trichant sur son âge. Déclaré inapte pour l'infanterie après une blessure à Verdun, il rejoindra l'aéronautique française.

Autre légionnaire célèbre, l'écrivain Malaparte, né en Toscane de père allemand. Il a 16 ans lui aussi lors de son engagement, en 1914. Il rejoindra l'armée italienne lorsque son pays entrera en guerre, un an plus tard.

- "Très francophile" -

Son compatriote, Lazare Ponticelli, né en 1897, a connu la célébrité pour avoir été le dernier poilu survivant de la Grande Guerre. Pour ses obsèques, en 2008, il a eu droit à une cérémonie aux Invalides. Né en Italie, sixième enfant d'une famille très pauvre, il avait débarqué en France à dix ans. Engagé en 1914, il avait lui aussi rejoint l'armée italienne mais c'est en France qu'il reviendra après l'armistice, sans le sou, avant de faire fortune dans la fabrication de canalisations destinées à l'industrie pétrolière. Il sera naturalisé en 1939.

La Légion compte encore parmi ses soldats, le Russe Alexandre Zinoview, espion à Paris avant d'être peintre, ainsi qu'un champion cycliste franco-luxembourgeois, François Faber, vainqueur du tour de France en 1909, mort à 28 ans en Artois.

Plus d'un millier de Grecs avaient aussi rejoint les rangs de la Légion. Théodore Costopoulos en fait partie. Né en 1883, il s'engage, en décembre 1914 au bureau militaire de Marseille. Issu d'une famille de commerçants du Pirée, il avait fait ses études en Suisse et y avait créé une société d'import-export.

"On ne connait pas les motivations qui l'ont poussé à quitter, à plus de 30 ans, une vie déjà établie, pour s'enrôler" comme simple soldat, raconte son petit-fils Denis. "Sans doute parce qu'il était très francophile", suggère-t-il. Intégré dans l'armée d'Orient, Théodore Costopoulos se bat sur le front serbe avant la Hongrie et la Russie.

Il finira la guerre comme sergent avant de rejoindre l'Algérie, où est basée la Légion, avant de participer à la guerre du Rif, au Maroc, jusqu'en 1922. Malgré cela, "toutes ses demandes de naturalisation française seront éconduites", souligne son petit-fils. Il l'obtiendra en 1936... trois ans avant sa mort.

Après l'armistice du 11 novembre 1918, "les légionnaires engagés volontaires pour la durée de la guerre sont démobilisés. "95% d'entre eux rejoignent leur vie civile", indique le major Frédéric Ambrosino (*), un des responsables du centre de documentation de la Légion, à Aubagne. Les autres, engagés "normaux", embarquent pour l'Algérie pour rejoindre leurs unités.

"Quand a sonné le cessez-le-feu, le 11 novembre 1918, la Légion avait perdu 5.712 légionnaires", rappelle le major Ambrosino.

 

AFP

(*) COMLE - Division rayonnement & patrimoine, section des archives


La Légion ne change pas car elle s’adapte en permanence

La Légion étrangère a participé à la montée en puissance des effectifs de l’armée de Terre, s’acquittant de cette tâche au prix d’un effort reconnu. Elle occupe aujourd’hui, au sein de la Force opérationnelle terrestre, une place qu’elle se doit d’honorer avec professionnalisme, en offrant à la France ses qualités de force combattante robuste, performante et moderne.

Encore une fois et dans sa plus pure tradition, la Légion étrangère a changé de format, s’est réorganisée et s’est rétablie. Elle le doit en tout premier lieu aux étonnantes ressources de ses hommes, “dont l’honneur, disait un de nos anciens, consiste à ne trouver aucune tâche difficile, aucune besogne rebutante, aucun obstacle insurmontable”. Il faut leur rendre hommage.

Elle le doit aussi à son caractère à la fois immuable et toujours en mouvement.

Du côté de ce qui nous semble immuable, il y a ce choix politique inchangé depuis 1831 de confi er les armes de la France, dès le temps de paix, à des volontaires étrangers regroupés au sein d’une même Légion. Il y a aussi ses valeurs, inscrites progressivement sur ses drapeaux et étendards, exprimées et incarnées par tous ceux qui, des cinq continents, sont venus servir la France et mourir pour elle. Il y a les moments de gloire et ceux de sacrifi ce, qui ont traversé deux siècles de confl its ainsi que leurs champs de batailles, au cours desquels la Légion étrangère, mêlant son histoire à celle de l’armée française, a forgé sa légende et l’héritage dont nous sommes aujourd’hui comptables.

Mais la Légion est loin d’être figée ! Depuis sa création, elle n’a eu de cesse de s’adapter au contexte stratégique, aux circonstances, à l’ennemi, à la technologie. Sans pour autant remonter aux origines de son histoire, de nombreux exemples illustrent cette capacité d’adaptation.

En 1914, elle intègre dans l’urgence les quelques 36 000 étrangers patriotes répondant à l’appel des amis de la France et forme des régiments de marche qui finiront fusionnés pour n’en faire plus qu’un, le Régiment de marche de la Légion étrangère, commandé par un certain lieutenant-colonel Rollet qui innovera dans la tactique et le conduira à la gloire en 1918, lors de la percée de la ligne Hindenburg. Recruter, intégrer et former grâce à un “socle” agile et toujours taillé au plus juste : le dépôt commun et l’instruction de la Légion étrangère, quelles que soient leurs appellations, ont su, de Sidi-bel-Abbès à Aubagne et Castelnaudary, faire de ces étrangers des légionnaires servant la France avec honneur et fi délité.

Quelques années plus tard, en 1920, les nombreux Russes blancs, repliés des combats de la révolution d’octobre, offriront de telles qualités de cavaliers que la Légion décide de créer le 1er Régiment étranger de cavalerie, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles formes de combat. Trois décennies plus tard, dans la plaine des Joncs et le delta du Mékong, ce même régiment rivalisera d’ingéniosité tactique grâce aux crabes et alligators, engins amphibies conçus spécialement pour le théâtre indochinois et dont les légionnaires sauront exploiter toutes les ressources. Dans le même esprit, depuis plus de cinquante ans, en outremer et à l’étranger, de Madagascar à Tahiti en passant par Djibouti, Mayotte et la Guyane, les régiments de la Légion étrangère savent aussi bien terminer leurs missions et fermer leurs portes qu’en ouvrir de nouvelles et ressortir les drapeaux, comme ce fut le cas à Camerone cette année, avec celui du 11e REI dont le Groupement de recrutement de la Légion étrangère est désormais le gardien.

La Légion étrangère a toujours su s’adapter à l’ennemi. Elle fera d’ailleurs de l’Indochine un véritable laboratoire d’unités nouvelles et de doctrines d’emploi : compagnies de réparation, de transport, de ravitaillement par air, vedettes blindées, chalands et engins fluviaux. Le 2e Régiment étranger d’infanterie armera même deux trains blindés de 1948 à 1954. En sautant sur Kolwezi en 1978, le 2e REP fait la démonstration éclatante de la grande maîtrise de ses savoir-faire face à la guérilla katangaise et ses preneurs d’otages. Au début des années quatre-vingt, la Légion intègre les sapeurs de combats, devenus indispensables aux opérations conduites dans les guerres du faible au fort. L’expertise “tous milieux” des 6e REG, puis 1er et 2e REG s’impose face à l’ennemi, y compris en montagne. Plus proche de nous, depuis 2013 au Sahel, maniant fondamentaux de la guerre du désert, sauts opérationnels et opérations dynamiques, elle obtient de remarquables résultats face aux groupes armés terroristes.

Enfin, la Légion étrangère a toujours su faire sienne l’évolution des technologies. Aujourd’hui, elle met en œuvre les matériels les plus modernes et intègrera demain le nouveau système de combat SCORPION, comme elle s’est jadis appropriée les techniques parachutistes ou les armes les plus pointues. À chaque fois, elle valide ces adaptations par des opérations, sur le terrain, s’engageant avec confi ance sur ses nouvelles structures, ses nouveaux matériels et forte de nouvelles qualifications.

C’est pourquoi la Légion ne change pas, car elle s’adapte en permanence. Voilà pourquoi certains disent que “la Légion étrangère n’est plus ce qu’elle était”. Ils ont raison, et heureusement.

Par le Général de brigade Denis Mistral commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°813)


Dossier de Presse Légion étrangère 14 juillet 2018


« Légion immortelle »

Le 11 juin dernier, soit 76 ans jour pour jour après la victoire de Bir-Hakeim, dans la Cour d’honneur des Invalides, le président de la République élevait à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’Honneur le lieutenant Hubert Germain, Compagnon de la Libération, ancien des combats de la 13e DBLE à Bir-Hakeim, à El Alamein, en Tunisie, en Italie où il fut blessé, en Provence, en Franche-Comté, en Alsace et dans les Alpes. La magnifique photo de la couverture de ce Képi blanc fait plus que relater cet événement. Le lieutenant de Bir-Hakeim et celui d’aujourd’hui portent en leur regard le lien immortel qui unit la Légion étrangère et la France, et traduisent ainsi la fierté d’avoir dit un jour librement pour une cause juste : “j’y vais”

Près de cinquante années d’âge séparent ces deux lieutenants. Alors qu’il passait le concours de l’École navale, Hubert Germain rendit copie blanche et fi t le choix dès juin 1940, à 19 ans, de la passion plutôt que de la raison : “Mais enfin ?” disait le ramasseur de copies. Hubert Germain lui répondit : “Ça ne m’intéresse pas. Moi, je pars maintenant faire la guerre. Je vais essayer de rattraper d’une manière ou d’une autre les erreurs, les fautes graves que le commandement français, que le système politique français a fait subir, ses dommages.” Il franchit le pas et quelques jours plus tard, le général de Gaulle l’envoya se former dans une école d’officier, à l’issue de laquelle il rejoignit la 13, fasciné par la Légion qu’il avait côtoyée lorsqu’il était enfant au Tonkin. Brillant, il gagna rapidement l’estime de tous. Puis la reconnaissance vint au lendemain de la percée de Bir-Hakeim : “La nuit a été chaude” dit-il à un légionnaire qui lui répondit : “pas tant que ça !” Il renchérit : “Vous trouvez vraiment ?”, et le légionnaire conclut : “mon lieutenant, à la lueur des fusées éclairantes allemandes sur le champ de bataille, on voyait votre grande silhouette, y avait qu‘à vous suivre.”

La réunification de l’Allemagne et la chute du communisme dans les pays du pacte de Varsovie ouvrirent les frontières de l’Europe de l’Est à la fin des années 80 et au début des années 90. Venant d’un pays d’Europe centrale touché par ce séisme géopolitique, le lieutenant de la 13 que l’on voit sur la photo assister le lieutenant Germain, choisit également le parti de la passion en s’engageant dans la Légion étrangère, pour des motifs qui lui furent propres comme à chacun des légionnaires qui franchit ce pas : partir, libre, en âme et conscience, pour porter les armes pour la défense d’un pays qui n’est pas le sien, mais qui depuis toujours rayonne de par le monde comme la patrie de la liberté, et qui lui donne en échange une famille.

J’ai retrouvé ces deux lieutenants après la prise d’armes. De la conversation que j’ai eue avec le lieutenant Germain, je retiens ces deux phrases qu’il m’a dites avec une lucidité et une foi qui me marqueront toujours : “La Légion, c’est le début et la fin de ma vie d’adulte.” Puis : “Gardez bien la maison !” Autrement dit, l’acte de foi du lieutenant de Bir-Hakeim à la Légion d’aujourd’hui est : “La Légion est l’alpha et l’oméga de ma vie. Prenez soin d’elle.” Au caractère immortel de la Légion, est associée la mission de la faire vivre en lui gardant son âme. Non pas en figeant les choses, mais en agissant, en toute liberté, au gré des circonstances que nous ne maîtrisons pas, pour faire vivre fidèlement le prestigieux héritage légué par nos anciens. Car la Légion est une combinaison harmonieuse de stabilité et de qualités d’adaptation qui, seules, permettent d’évoluer, donc de durer.

C’est pour cela qu’il n’y a pas qu’une seule Légion figée dans son passé, et c’est aussi pour cela qu’il n’y a pas chez elle de transition brutale, de rupture avec les usages éprouvés et consacrés. C’est cet équilibre entre la tradition et le “En avant !” qui permet à la Légion de remplir avec succès les missions confiées. Car la Légion est aussi un pari gagné. C’est ce qu’écrivait le général Gaultier : “D’êtres plus indisciplinés que d’autres, puisqu’ils rompent avec le monde qu’ils ne peuvent plus supporter, elle fait la troupe la plus cohérente, la mieux tenue. Et sa discipline stricte mais volontairement acceptée par l’esprit et par le cœur, après les révoltes du début, est absolument consciente ; elle laisse à ses hommes dans la force de l’âge, de toutes origines, de tous niveaux, de toutes professions leur personnalité, le sens des responsabilités et le goût des initiatives !”

Pour que la maison soit bien gardée, soyons fi ers de l’héritage légué par nos anciens, et prêts à dire comme eux, More majorum : “En avant !” Alors, chacun se rappellera cette consigne du mémento du soldat de la Légion étrangère de 1937 : “dans ton uniforme de légionnaire, tu peux regarder tout le monde en face !”

 

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°811)


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