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Dossier de presse musique de la Légion étrangère Moscou Festival international de musique militaire du 29/08 au 02/09/2019


Dossier de presse Légion étrangère 14 juillet 2019


Servir à la fois la Légion étrangère, patrie choisie, et la France, pays d’accueil

La Légion étrangère compte dans ses rangs des hommes de 147 nationalités différentes, derrière lesquelles vivent 147 cultures et autant de façons de considérer la société et les rapports humains.

À peine arrivés à la Légion étrangère, tout sépare ces étrangers. Le 14 juillet, sur les Champs-Élysées, tout les rassemble.

Comment ces hommes peuvent-ils faire abstraction de l’histoire de leur patrie d’origine et devenir frères d’armes ? Ailleurs, ils peuvent se détester, voire se faire la guerre, mais à la Légion, ils s’entraident, travaillent, souffrent et vivent ensemble, acceptent de mourir les uns pour les autres. Comment cette alchimie est-elle créée ? Pour le soldat français, naturellement attaché à sa patrie, c’est souvent une énigme de voir ces étrangers ayant accepté d’abandonner leur propre pays et être prêts à mourir pour un drapeau qui n’est pas le leur. Longtemps, les légionnaires furent considérés comme des mercenaires. Mais aujourd’hui, rien de ce qui fait leur statut n’est comparable à celui de soldats perdus car la France les accueille dans un cadre bien précis et très normé.

La devise de la Légion est “Legio Patria Nostra”. À elle seule, cette devise contient le système Légion tout entier, pensé et organisé comme une patrie. “Il y a une patrie qui n’est faite ni avec des champs, ni avec des hameaux, ni avec des villes mais avec des opinions, des coutumes, des sentiments et des principes communs et dans cette grande harmonie sociale, politique et religieuse, on peut vivre sans trop de désespoir”, écrivait le Vicomte Walhs. Ainsi, cette “patrie Légion” est d’abord dotée d’une langue, le français, langue de travail incontournable pour se comprendre et progresser dans le métier. Et puis, il y a des valeurs fortes, pour se reconstruire, essentielles pour qui la vie n’a pas été tendre : accueil, nouvelle chance, rédemption, travail et avancement au mérite, effort individuel et collectif, dignité. Mais aussi des valeurs pour mourir. Mourir pour la Légion se suffit à soimême. C’est une opportunité d’écrire des pages de gloire de l’armée française, d’envisager de devenir un jour un héros et la certitude de n’être jamais oublié grâce au respect des morts et de leur souvenir. La Légion étrangère est une famille, que viennent rejoindre nombre de déracinés, rendant vivant ce mot de Gustave Flaubert : “la patrie est comme la famille, on n’en sent bien le prix que lorsqu’on n’en a plus”.

La Légion dispose aussi d’un riche patrimoine hérité de son passé prestigieux : un musée de France, des salles d’honneur, un Foyer d’entraide dont tous les militaires à titre étranger d’active ou en retraite peuvent être potentiellement bénéficiaire, une institution des invalides qui accueille anciens et jeunes légionnaires blessés ou en difficulté, des cimetières, des carrés Légion, une maison de repos, le vin de ses anciens. Ses particularismes sont forts : code d’honneur, uniforme spécifique, traditions. Elle offre bien des rites aussi : Noël, fête de la famille ; Camerone, combat fondateur ; la fête des Rois chez les cadres et de nombreuses fêtes régimentaires qui forgent l’esprit de corps. On y trouve des relations intergénérationnelles uniques et une prise en charge jusqu’à la mort pour qui le souhaite. C’est une patrie choisie, mais où s’impose une discipline forte et librement consentie : même règlement que pour l’armée française, mais plus strictement appliqué, parce que 147 idées de ce qu’est une troupe d’élite doivent se fondre sans concession dans le moule de la conception française de tout cela, pour le service de la France.

Ainsi, le 14 juillet prochain, sur la plus belle avenue du monde, les légionnaires clôtureront le défilé à pied de leur pas lent, avançant au son du “Boudin”, hymne de la Légion, leur patrie. Devant la tribune présidentielle, ils tourneront d’un bloc, sans se scinder, pour montrer aux Français et au chef des armées leur cohésion et leur attachement sans faille au fanion de la Légion comme au drapeau français qui les précède. Regardez ces étrangers défiler : certains ne connaissent pas encore les paroles de la Marseillaise. Mais, “au son de notre Marseillaise, savent combattre les Képis blancs”.

par le général de brigade Denis Mistral, commandant la Légion étrangère
Éditorial Képi-blanc Magazine 822


La FSALE : 10 000 frères d’armes fidèles à l’unité de la Légion étrangère

La Fédération des sociétés des anciens de la Légion étrangère (FSALE) est l'unique association nationale d'anciens légionnaires reconnue par le COMLE. Elle coordonne les amicales régionales ou d'armes (cavaliers, parachutistes). Elle incarne le lien fort entre jeunes et anciens. En France, comme à l'étranger,elle regroupe les anciens légionnaires et prolonge le lien de solidarité qui les ont unis durant leur période d'activité.

Les 14, 15 et 16 juin aura lieu le congrès national de la Fédération des sociétés d’anciens de la Légion étrangère (FSALE) à Nîmes,organisé avec l’appui du 2e REI.

Ce rassemblement d’ampleur, qui a lieu tous les trois ans, est un moment important dans la vie denos anciens. Mais pas seulement. C’est un évènement de taille pour l’ensemble du monde légionnaire.

La FSALE, héritière de l’USAL et reconnue d’utilité publique depuis 1957, entretient des liens forts avec la Légion dite“d’active”. D’abord, parce qu’elle cultive dans ses rangs les mêmes valeurs que la Légion d’active, car chaque ancien de la Légion les emporte avec lui lorsqu’il retourne à la viecivile. Ensuite parce qu’elle n’a cessé d’œuvrer concrètement depuis sa création en 1960, pour le rapprochement entrecette dernière et les anciens en favorisant le reclassementet l’entraide. Enfin, le COMLE est membre de droit de son conseil d’administration. Lors de son congrès national, elle procèdera au renouvellement des membres de ce conseild’administration, à la tenue de son assemblée générale et réaffirmera ses valeurs.

La Légion étrangère restera fidèle à l’idée initiale du général Rollet qui batailla ferme dans les années 30 pour que les sociétés d’anciens se regroupent : il savait qu’ensemble et fédérées, elles seraient plus fortes pour défendre les droits des anciens légionnaires que la société avait du mal à reconnaître. Ainsi, la FSALE est et restera la seule fédération nationale que la Légion reconnaît et soutient. Les valeurs qu’elle affirme ne se décrètent pas, elles s’entretiennent et se cultivent. Ce sont, entre autres, la solidarité, le souci de l’intérêt général et l’exigence de cohésion.

La solidarité ne s’épanouit que dans la durée. Le légionnaire n’est pas un homme de “coups” : il cultive la constance et la continuité dans la fraternité d’armes. La mise en œuvre de la solidarité légionnaire est la première mission d’une amicale d’anciens : apporter un soutien pour des démarches administratives, aider à reclasser ou soutenir les veuves et les orphelins de légionnaires.

C’est aussi grâce à cette solidarité que l’on accompagne, malgré tout, à sa dernière demeure un compagnon d’armes disparu trop seul, sans famille et parfois loin d’une amicale. Dans “amicale”, n’y a-t-il pas avant tout le mot “ami” ? L’intérêt général, qui doit nécessairement passer devant les intérêts particuliers. Derrière la solidarité, il y a beaucoup d’humilité et d’effacement de soi. Il faut s’oublier pour donner plus de place aux autres, pour avoir la volonté de jouer collectif.

Des efforts de chacun doit naître le bien-être de tous. Le souci de l’intérêt général se manifeste aussi par le refus de l’instinct de propriétaire, des manifestations excessives de l’ego, de voir la Légion étrangère et ses valeurs être récupérées ou instrumentalisées pour des causes qui lui sont éloignées voire totalement étrangères. Pour cela, les présidents de la FSALE et des amicales sont aussi les garants de la stricte neutralité de leur fédération et associations. C’est d’ailleurs ce que stipule entre autres l’article VII du code d’Honneur de l’ancien légionnaire : “je m’interdis d’impliquer la Légion étrangère dans toute action politique”.

La cohésion, enfin, qui assure l’unité indispensable de la Légion étrangère. L’ancien légionnaire, fier de l’adage “légionnaire un jour, légionnaire toujours”, arbore dignement son béret vert et son blazer brodé de l’insigne de son amicale. Il représentera toujours, où qu’il soit, cette Légion à laquelle il est fidèle et quine peut aller que d’un bloc, dans l’attachement à l’ensemble de ses valeurs, au premier rang desquelles se trouve cette solidarité étroite qui unie les membres d’une même famille. C’est d’ailleurs comme cela que la Légion étrangère est forte : toujours dans l’unité, jamais dans la division.

Pour être sûr de savoir où elle va, la Légion étrangère doit savoir d’où elle vient. C’est pour cela que les liens qui unissent la Légion d’active et ses anciens doivent être forts, visibles, au service de l’ensemble comme de chacun. Des liens forts, réaffirmés dans le prochain recueil des traditions de la Légion, car plus que jamais, la FSALE et les amicales qui lui sont affiliées prolongeront dans les années qui viennent l’action de la Légion étrangère. La devise “More majorum”, inscrite sur le mur du musée de la Légion étrangère, parfaitement visible depuis l’entrée du quartier Vienot à Aubagne, est là pour nous le rappeler.

par le général de brigade Denis Mistral, commandant la Légion étrangère
Éditorial Képi-blanc Magazine 821


Faire connaitre la Légion étrangère

Tradition et modernité, vecteurs conventionnels et techniques modernes, la Légion étrangère sait mettre tous les outils au service de la communication de ses valeurs, de l'affirmation de son identité.

Au début...

Au début de son existence et durant plusieurs décennies, la Légion étrangère n’était ni très visible, ni très connue. Elle ne portait pas de distinction particulière sur ses uniformes. Si certains en parlaient, c’était sous la forme de quelques romans, de souvenirs de campagnes ou de poésies. En 1885, dans son célèbre poème, “à mes hommes qui sont morts”, le capitaine de Borelli implorait d’ailleurs : “il serait temps qu’en France on se prit de vergogne à connaître aussi mal la vieille Légion…”.

Ce n’est que lorsque le progrès technique permet la démocratisation des voyages et de l’aventure, au début du XXe siècle, que la Légion étrangère commence à se faire connaître. L’attrait de l’exotisme et le mystère entourant l’engagement des légionnaires commencent à façonner l’image de l’homme sans nom et de son environnement. Avec le cinéma, les exploits du RMLE sont portés au grand public et la Légion remporte, dans l’entre-deux guerres, un franc succès grâce aux productions américaines friandes du thème du héros au lourd passé venu chercher la rédemption. C’est aussi le moment où le général Rollet œuvre pour l’image de l’institution, en imposant le képi blanc ainsi que d’autres spécificités de l’uniforme. Avec la hache des pionniers, le pas lent et les cérémonies martiales reflétant la dure discipline, le mythe prend forme et le septième art s’en empare.

La deuxième guerre mondiale permet aux auteurs et chroniqueurs de mettre en lumière le rôle des étrangers venus s’engager pour combattre l’Allemagne nazie et ses alliés. D’ailleurs, l’épopée de la 13e DBLE, unité “compagnon” qui compte elle-même 97 compagnons de la Libération dans ses rangs, est à ce titre emblématique. Mais après le conflit, la Légion étrangère est souvent objet de polémiques dans les médias, sur fond de guerre froide et de guerres de décolonisation. Depuis la fin des années 70, auréolée de la gloire des opérations Bonite et Tacaud, intégrée dans le cycle des opérations extérieures de l’armée française, elle fait l’objet de nombreux reportages et documentaires, fascinant toujours comme le montrent les nombreux projets de séries ou de films qu’elle suscite.

Aujourd’hui, comment la Légion se fait-elle connaître ?

Pour rayonner, la Légion étrangère s’appuie sur une division de son état-major organisée autour d’un centre chargé des médias conventionnels et numériques, un pôle muséal, une capacité de production image et éditoriale, sur sa Musique (MLE) et surchacun d’entre nous. Le pôle muséal est composé du grand musée du quartier Viénot à Aubagne, entièrement réhabilité et agrandi en 2011, possédant le label “musée de France” depuis cette date, d’un centre de documentation et d’une annexe se trouvant au sein du domaine du capitaine Danjou (IILE), à Puyloubier. En appui de ce pôle et depuis 2003, intervient la Société des amis du musée de la Légion étrangère (SAMLE), association qui contribue à l’enrichissement du musée et à son ancrage local et régional. De 2013, date de l’inauguration du nouveau musée, à 2018, 13 expositions temporaires ont été organisées par le conservateur du musée. En 2019, ce sont trois expositions qui seront proposées au public :“Légionnaires” (photographie), “Yom de Saint Phalles : More Majorum(sculptures) et “Noël Légionnaire”. En 2018, le musée a reçu plus de 26 000 visiteurs. Quant à la Musique, héritière des musiques de la Légion et de sa musique principale, elle est aujourd’hui la seule des musiques de l’armée de Terre dont les membres sont aussi des combattants. Elle brille autant dans les concerts et les prises d’armes (quelques cinquante prestations en 2018) qu’au sein du dispositif Sentinelle.

La communication interne de la Légion, c’est avant tout le magazine Képi blanc, véritable institution depuis le 30 avril 1947 et dont l’objectif est de relater la vie de nos unités. Le journal est toujours ce que le premier rédacteur en chef appelait de ses vœux dans le premier éditorial du premier numéro : “un organe de liaison, une lettre de famille, un journal sans politique et sans polémique”. Équipe réduite mais experte, larges contributions régimentaires pour les articles et impression externalisée : telle est la recette du Képi blanc que vous tenez entre les mains, édité à 10 500 exemplaires par mois et dont les bénéfices tirés des abonnements viennent abonder le Foyer d’entraide de la Légion étrangère. Certains le verraient bien dématérialisé : ce serait mal connaître la Légion et ses anciens, car “KB” est aussi un lien “physique et tangible”qui circule de main en main, un fond documentaire précieux,véritable journal de marche que certains relient religieusementau fil des années, et plus surprenant, un support simple,pratique et sans cesse renouvelé de l’apprentissage dufrançais aux jeunes légionnaires.

Enfin, la Légion étrangère s’inscrit résolument dans la modernité d’une communication plus directe, plus interactive. Elle anime son site Internet, récemment refondu, ainsi que les réseaux sociaux Facebook, Twitter, Instagram, YouTube ou encore LinkedIn. En 2018, c’est une nouvelle audience vers plus de 35 millions de personnes, tous publics confondus, qui ont suivi ainsi quotidiennement les aventures de nos légionnaires. Le vœu du capitaine de Borelli est aujourd’hui quasiment exaucé…

 

par le général de brigade Denis Mistral, commandant la Légion étrangère
Éditorial Képi-blanc Magazine 820


Camerone 2019


Camerone, ou quand souffle l’esprit de sacrifice

Nous célèbrerons, avec la commémoration du 156e anniversaire du combat de Camerone, l’esprit de sacrifice. C'est à dire le sacrifice suprême et le sacrifice au quotidien.

S'inscrivant pleinement dans ce thème, nous fêterons les vingt ans du 2e Régiment étranger de génie, à cette occasion.

Camerone, ou quand souffle l’esprit de sacrifice

Sans faire ici l’exégèse philosophique de l’esprit de sacrifice, il me semble important de nous préparer à cette échéance du 30 avril en évoquant cette notion dans deux de ses dimensions qui nous intéressent, le sacrifice suprême et le sacrifice au quotidien. Puis de parler du contexte dans lequel il se vit et s’entretient.


Parlons d’abord du sacrifice suprême. Du latin sacrificium, dérivé de sacrificare (de sacer et facio “faire sacré, sacrifier”), le sacrifice consistait initialement en la destruction d’un objet sensible, doué de vie ou censé contenir de la vie, afin de procurer satisfaction et hommage aux divinités. Par analogie, il signifie un renoncement, une privation que l’on s’impose volontairement ou que l’on est forcé de subir, soit en vue d’un bien ou d’un intérêt supérieur, soit par amour pour quelque chose ou quelqu’un. Etre prêt au sacrifice suprême, c’est être prêt à “mourir pour des idées”, mais contrairement à ce que chantait Brassens, souvent de mort brutale. Mais sur ce chapitre, c’est Hélie Denoix de Saint-Marc qui a résumé enune phrase admirable ce qu’est l’esprit de sacrifice : “L’homme est quelque chose qui vaut la peine d’être dépassé et le dépassement suprême, c’est de risquer sa vie pour quelquechose que l’on croit supérieur à soi-même, et c’est là où l’ontrouve le mystère de la guerre et de ces hommes qui font deleur mort l’accomplissement de toute une vie”. Tout est dit. Le sacrifice au quotidien, pour les petites ou les grandes choses, est une somme de privations que l’on s’impose pourêtre fidèle à une idée ou un idéal, pour vivre pleinement une vocation. Sacrifer son temps ou ses loisirs à son métier, sacrifier son bien-être à la rudesse de son quotidien, sacrifier sa famille à son pays, à sa patrie : ce ne sont pas de vains mots pour le soldat. Il est un texte qui chante merveilleusement ce sacrifice au quotidien, c’est la prière du parachutiste, d’André Zirnheld : “Donnez-moi mon Dieu ce qui vous reste, donnez-moi ce que l’on vous refuse, je veux l’insécurité et l’inquiétude, je veux la tourmente et la bagarre (…), que je sois sûr de les avoir toujours, car je n’aurai pas toujours le courage de vousles demander”.

Sacrifice suprême et sacrifice au quotidien s’entrelacent de manière plus forte en fonction du contexte. Durant la Grande Guerre, l’esprit de sacrifice était le levier, la raison même d’une action rituelle aussi individuelle que collective, renforcée par l’horizon indépassable d’un conflit long et au grand nombre de morts. Blaise Cendrars, écrivain-légionnaire, évoque dans “La main coupée” cet esprit de sacrifice où se mêlaient grandeur, résignation, fatalité et détachement, égayé par les petites joies du quotidien et la fraternité d’armes qui le rendaient supportable. Dans les périodes plus calmes, chacun prépare ce rendez-vous à sa façon, tout en sachant qu’à chaque mission opérationnelle, il peut surgir et s’imposer, comme le rappelle l’article 6 du code d’honneur du légionnaire : “la mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout et, s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie”. La Légion étrangère, par ses valeurs, ses traditions, son histoire, l’hommage qu’elle rend à ses morts et l’assurance qu’elle donne de ne jamais les oublier, offre un cadre exceptionnel à cet esprit de sacrifice. Magnifié ainsi, il s’impose à tous et sans jamais éluder la terrible question de la mort, rassure, exalte l’engagement et permet d’espérer.
Au Mexique, à Camerone, en ce mois d’avril 1863, pour la 3e compagnie du 1er bataillon du Régiment étranger commandée par le capitaine Danjou, il ne s’agissait finalement que de renforcer l’escorte d’un convoi transportant de l’argent et des vivres. Réarticulée à la hâte, sacrifiant son quotidien à une nouvelle mission qui semblait routinière, elle se dirigea résolument vers son destin et livra, jusqu’à l’engloutissement, cette lutte de géants qui en fit sa renommée. Chaque légionnaire de la compagnie Danjou, ayant pour habitude de pratiquer le sacrifice au quotidien, fut au rendez-vous de ce sacrifice suprême qui, rappelons-le, oblige : au combat, le chef, qui commande à des hommes animés de l’esprit de sacrifice, a l'impérieux devoir d’honorer ce don de soi en mettant tout en oeuvre pour concevoir une manœuvre épargnant leur vie autant que faire se peut. Au don de soi absolu de ses hommes, qui autorise tous les courages et tous les héroïsmes, le chef doit répondre par le don absolu de sollicitude, qui noue toute confiance. C’est aussi la leçon que nous a transmise le capitaine Jean Danjou.


Le 2e Régiment étranger de génie, lequel depuis sa création, a vu cinq des siens tomber au champ d’honneur, a gagné une fourragère et sait bien ce que sacrifice au quotidien veut dire par sa triple spécificité Légion-Sapeur-Montagne, fête ses vingt ans. Voilà qui illustrera aussi, avec force, le thème de cette année 2019.

Général de brigade Denis Mistral

commandant la Légion étrangère

Képi-blanc Magazine 819


Le front haut et l’âme fière, marchant du pas de nos anciens vers 2025.

L’armée de Terre “au contact” a entamé une nouvelle phase de sa transformation et entre de plain pied dans une nouvelle ère : l’ère SCORPION*.

Le front haut et l’âme fière, marchant du pas de nos anciens vers 2025.

En 2025, elle verra une grande partie de ses équipements et matériels de haute technologie renouvelés. Capable d’être employée en coalition et de participer à la prévention et à la gestion des crises, elle sera dotée de nouveaux moyens de communication en réseaux et de doctrines rénovées. C’est une évolution majeure qui verra émerger de nouveaux matériels, de nouvelles capacités, de nouveaux savoir-faire, de nouveaux métiers. La Légion étrangère, troupe combattante qui représente 11% du volume de la force opérationnelle terrestre, sera pleinement impliquée dans cette transformation et saura répondre présent, sans états d’âmes, forte de ses spécificités et de sa capacité d’adaptation maintes fois éprouvée.

Dans ses “Nouveaux Souvenirs” datant de l’entre-deux guerres, le colonel Maire écrivait, à propos de ces évolutions : “la Légion étrangère forme un bloc qu’il ne faut pas désagréger. On peut le travailler en évitant d’y créer des fissures”. En décembre dernier, lors de la remise des galons de sergent à la promotion qui porte son nom, le major (er) Roos, dont la riche carrière et l’humilité forcent le respect, me confiait : “j’ai connu trois Légions différentes : celle de l’Indochine, celle de l’Algérie et celle d’après. À chaque changement, nous nous sommes toujours débrouillés pour que ça marche bien”. Ces deux remarques, prononcées chacune à près d’un siècle d’intervalle, sont toujours d’actualité. En 2025, la Légion étrangère devra encore une fois être présente à ce rendez-vous qu’elle connait bien et auquel elle n’échappera jamais : celui de l’excellence opérationnelle.

C’est maintenant, dès aujourd’hui, que nous devons avoir la vision de notre Légion future au sein de l’armée de Terre SCORPION. Je vous la livre. Pour garantir que nos régiments soient, en 2025, servis par des légionnaires bien dans leur statut, adaptés à leur emploi et au rendez-vous des exigences opérationnelles, tout en continuant à faire rayonner les spécificités de la Légion étrangère au sein de l’armée de Terre, nous allons porter nos efforts dans trois directions majeures :

D’abord, nous assurer que la Légion étrangère dispose toujours, à cet horizon temporel, d’un système cohérent, juste et humain, autour du statut à titre étranger que chaque légionnaire assume pour l’avoir librement choisi. Le “système Légion”, pensé comme une patrie, s’adaptera, comme cela a toujours été le cas au cours de l’existence de la Légion étrangère, mais nous veillerons sans concession à préserver ce qui fait la cohésion, la force et la réputation de notre institution. Si les moyens d’accomplir la mission changent, les fondamentaux, eux, restent.

Ensuite, veiller à ce que chaque légionnaire trouve sa place dans la Légion de 2025, en étant parfaitement formé, portant un grade et des qualifications qui répondent aux besoins en matière d’encadrement et de spécialités des nouveaux systèmes d’armes, quelle que soit la fonction opérationnelle. Ce sont ces légionnaires qui mèneront nos groupes, nos escouades, nos sections, nos pelotons vers les victoires de demain.

Enfin, préserver sans relâche notre riche patrimoine et continuer à faire rayonner la Légion étrangère au sein de l’armée de Terre, en affirmant ses spécificités afin qu’elle reste toujours une référence et cette troupe solide sur laquelle la France peut compter en toutes circonstances. Après une remontée en puissance réussie, je sais que l’enthousiasme qu’il y a dans nos rangs nous permettra d’être au rendez-vous de cet horizon, afin que la Légion étrangère soit au cœur du projet de l’armée de Terre et y inscrive toute la place des étrangers à son service et au service de la France.

 

Par le Général de brigade Denis Mistral commandant la Légion étrangère

(Éditorial Képi-blanc Magazine N°818)


CAMERONE 2019, le colonel Corbel mis à l'honneur : il sera le porteur de la main du Cne Danjou

Le thème de la cérémonie de Camerone, cette année, sera l'«Esprit de sacrifice» qui sous tend l'action opérationnelle et quotidienne de la Légion étrangère. Ce sera également l'ocassion de fêter les «20 ans du 2ème REG » dont l'histoire récente démontre parfaitement cet esprit.

 

Le thème de la cérémonie de Camerone cette année sera : « Esprit de sacrifice  ».

 

C’est le COL (ER) Loïc CORBEL qui a accepté de nous faire l’honneur d’être le porteur de la main du capitaine DANJOU lors de la cérémonie du 30 avril au Quartier Vienot, à Aubagne. Son passé élogieux dans nos rangs au sein des 2ème REI, BLEM,13ème DBLE, 1er RE et GILE illustre parfaitement l’Esprit de sacrifice au sein de la Légion étrangère. C'est d'ailleurs le thème choisi pour 2019.

Le général Denis Mistral, COMLE a également  tenu à ce que le 2ème REG, dont nous fêtons les 20 ans,  soit mis à l’honneur en participant aux cérémonies à Aubagne. Le plus jeune des régiments de la Légion s’inscrit parfaitement dans ce thème 2019, notamment au regard de son engagement en Afghanistan qui lui a valu d’être décoré de la fourragère de la croix de la valeur militaire.

Ainsi, le colonel en retraite CORBEL sera entouré sur la voie sacrée par quatre accompagnateurs :

  • Le major ISTRE, chevalier de l’ONM, MMI , 2 fois cité.
  • L’adjudant-chef en retraite Viktor BRABEC qui, à 24 ans de service, a quitté récemment l’institution et sert encore le 2e REG comme réserviste. Médaillé militaire, il est cité deux fois.
  • L’adjudant en retraite REYNARD, médaillé militaire également, deux fois cité et blessé de guerre.
  • Le brigadier chef ABDHALLAH du 1er REC, complètera l’équipe des accompagnateurs. Il est médaillé militaire et titulaire d’une citation. Il a été blessé au Mali en 2015.

 

"Porteur de la main" : un insigne honneur au sein de la Légion

 

Loïc Corbel né le 4 juillet 1928 à Rennes dans l’Ille-et-Vilaine. À 20 ans, son baccalauréat en poche, il s’engage le 5 octobre 1948 au titre de l’école spéciale militaire interarmes. À l’issue de sa scolarité militaire de base, il rejoint l’école d’application de l’infanterie le 1er octobre 1950, jour de sa nomination au grade de sous-lieutenant.

Après ces trois années d’études, il est affecté au 27e Régiment d’infanterie à Dijon en octobre 1951.

Volontaire pour servir au sein de la Légion étrangère, il rejoint le Dépôt commun des régiments étrangers à Sidi Bel-Abbès en août 1952. En octobre, il accoste au Tonkin avec ses nouveaux galons de lieutenant. Corbel est affecté au 1er bataillon du 2e Régiment étranger d’infanterie.

Le 2 novembre, il commande le détachement d’un premier échelon de vive force à Ninh Gieng, dans le Nord Vietnam où il entraîne ses hommes avec un courage remarquable à l’abordage d’éléments rebelles. En attendant l’arrivée des échelons suivants, il contraint l’ennemi à un repli précipité, livrant ainsi à nos troupes un important point de passage. Son action lui vaut une citation à l’ordre de l’armée avec attribution de la croix de Guerre des Théâtres d’opérations extérieures avec palme.

Quelques semaines plus tard, le 24 décembre, à Hung-My, il fait stopper une violente attaque ennemie lui occasionnant des pertes sévères tout en s’emparant de l’armement complet d’une section. Il est cité à l’ordre du corps d’armée avec étoile de vermeil par le général de corps d’armée Raoul Salan.

Deux mois plus tard, le 25 février 1953, il est blessé au cours de la prise du village de Dao Xa. Il est alors cité à l’ordre de la brigade.

Toujours en 1953, le 26 novembre, il est blessé alors qu’il est à la tête de ses légionnaires par balle et par éclats de mortier au cours d’un assaut près de Dong Xa. Modèle de courage et d’abnégation, il est de nouveau cité avec palme. Cette nouvelle action au feu lui vaut d’être fait chevalier de la Légion d’honneur le 29 avril 1954 sur décision de monsieur René Coty, président de la République.

En mars 1954, suite à ses blessures de guerre, il est déclaré inapte temporairement à servir dans une unité opérationnelle. Bien que non breveté parachutiste, il se porte volontaire pour être largué sur Dien Bien Phu. Sa candidature est rejetée pour des raisons médicales.

Alors désigné comme aide camp du général commandant la 2e DMT (division militaire du Tonkin), il sillonne avec la section d’escorte les itinéraires minés et barbelés, reconnaissant lui-même des passages très dangereux. Il se distingue tout particulièrement entre le 6 et le 18 juillet 1954 au cours des opérations de désengagements du saillant de Luc-Nam ce qui lui fait mériter une citation à l’ordre de la division.

En novembre, il est réaffecté au 2e REI où il prend le commandement de la 10e compagnie du 3e bataillon au Centre-Annam.

Le 9 février 1955, le lieutenant Corbel embarque sur Le Pasteur et débarque en Tunisie 14 jours plus tard. Après quelques semaines de repos, il est affecté au
2e bataillon en mai. Le 25 décembre, il est au Maroc avec son régiment et prend le commandement de la 6e compagnie. En juin 1956, son bataillon est envoyé en Algérie où il rejoint Sidi Bel-Abbès. La compagnie Corbel est d’abord désignée pour se rendre dans la région de Guelma. Fin juillet, la 6 est envoyée en Oranie pour une mission de contrôle de zone.

Le mois d’août 1956 voit la réorganisation des bataillons du 2e REI : la création des compagnies portées sur véhicules est décidée et Corbel prend le commandement de la 1re de ses unités.

Prenant part pendant une année à toutes les actions contre les bandes rebelles dans les djebels Mekter, Mzi, Mir el Djebel et Ben Smir, il va se distinguer à plusieurs reprises.

Les 12 et 13 mars 1957, il participe brillamment au dégagement du poste de Brézina en infligeant des pertes sensibles à un assaillant dans un terrain très difficile. Les 20 et 21 mars, il prend une part décisive dans une opération à Bou Noukta où il s’empare de vive force du sommet faisant 4 tués et emportant un butin important. Les 13 et 14 avril, il est aux commandes des combats de Krouadi et du djebel Bes Seba au cours desquels l’adversaire laisse 24 tués, 6 prisonniers, 33 armes de guerre et d’importants documents. Le 25 avril, dans la région d’El Rhigha, surprenant une bande rebelle, le lieutenant Corbel en fait tuer 9  et récupère 3 armes de guerre. Enfin, le 11 mai, près du djebel Benidir, il accroche un élément rebelle, lui infligeant 3 tués et capturant 2 ennemis. Pour ces multiples actions, il est cité à l’ordre de l’armée avec attribution d’une palme.

Le 1er octobre 1957, il est nommé au grade de capitaine. Brillant commandant de compagnie de Légion, Corbel se fait remarquer à chaque opération par un sens tactique développé et un courage exemplaire. Au cours des mois de novembre et de décembre, il est impliqué dans la neutralisation de fellaghas autour du poste de Brézina infligeant à l’adversaire 6 tués, mais aussi 3 agents de renseignements et 8 ravitailleurs arrêtés ainsi que 7 armes récupérées. Le 22 janvier 1958, au cours du combat du Tamedda il est blessé par balle à la jambe droite alors qu’il amenait sa compagnie à l’assaut d’un piton tenu par les rebelles. Pour ces actions comme jeune capitaine, Corbel est cité par monsieur Jacques Chaban-Delmas, ministre de la Défense nationale à l’ordre de l’armée avec palme.

Poursuivant leur mission à 430 kilomètres au sud d’Oran, dans le secteur des Arbaouat, les légionnaires du capitaine Corbel maintiennent une pression constante aux fellaghas. Le 5 janvier 1959, à la tête de son unité, Corbel se distingue à nouveau au djebel Alouat en infligeant 10 tués à l’ennemi et en lui prenant 10 armes de guerre. Le 8 avril au djebel Som, par une manœuvre plus que périlleuse, Corbel fait 4 prisonniers et s’empare d’un très important ravitaillement. Le 27 mai, au djebel El Ktev, il accroche un commando rebelle sur un terrain extrêmement difficile. Pour ces actions, il est cité à l’ordre de la division avec étoile d’argent par le général d’armée aérienne Maurice Challe.

En juillet, il est affecté au Bataillon de Légion étrangère à Madagascar où il occupe successivement les emplois d’officier sécurité et de chef du bureau opération. Ses qualités intellectuelles et ses connaissances font de lui un officier d’état-major parfaitement à sa place.

Le 2 octobre 1961, le capitaine Corbel est affecté au Bataillon de marche de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère sur la Côte française des Somalis où il prend le commandement de la 2e compagnie (qui deviendra la 1re compagnie de la 13e DBLE).

Le 1er octobre 1962, il est affecté au 1er Régiment étranger et prend le commandement de la compagnie d’instruction des cadres. Le 1er février 1964, il prend la fonction de chef du détachement de Bonifacio au Groupement d’instruction de la Légion étrangère. Le 1er juillet 1964, il est promu au grade de chef de bataillon. En septembre 1966, il rejoint Aubagne.

Le 1er août 1967, il est muté à la direction technique des armées et de l’inspection.

Le 26 juillet 1970 il débarque à Djibouti et prend la fonction de commandant en second de la 13e DBLE, retrouvant ainsi la Légion étrangère. Le 1er avril 1972, il est promu lieutenant-colonel.

Au terme de ce séjour outre-mer, il est affecté à la Direction du personnel militaire de l’armée de Terre (DPMAT) en octobre 1972.

Les perspectives opérationnelles devenant très réduites pour cet «homme de terrain», il quitte le service actif le 5 octobre 1974. Pour le compte de grandes entreprises françaises, Loïc Corbel s’investira dans la commercialisation d’équipements militaires. Il interviendra avec succès au Proche et Moyen-Orient, en Afrique, à Chypre et jusque dans le Pacifique.

Il quitte la vie active en 1987, modestement persuadé d’avoir servi, comme il le dit, «au mieux, souvent à grands risques» son pays pendant 38 ans, 26 années comme officier de l’armée de terre dont 17 au sein de la Légion étrangère.

Le colonel Corbel est marié et père de trois fils. Il est membre de l’amicale des anciens de la Légion étrangère de Nice.

Commandeur de l’ordre national de la Légion d’honneur, il est titulaire de huit citations et compte trois blessures de guerre.

 

Major Ambrosino Frédéric

Division Rayonnement et Patrimoine / Section Archives


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