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Légionnaire toujours...

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COMLE

Éditorial...

                   Lettre...

                                 Dossier de presse...


Au revoir Padre !

 

Au revoir Padre ! "60 ans au service de la France, 55 ans au service de l'Eglise ! 23 ans au service de la Légion ! Soldat et prêtre"... le Père Lallemand, est fait Légionnaire d'honneur avant de nous faire ses adieux empreints d'humilité.

60 ans au service de la France, 55 ans au service de l’Eglise, 23 ans au service de la Légion

 

C’est dans cette salle d’honneur du musée de la Légion étrangère, que sont accueillis chaque semaine selon un rite immuable les jeunes engagés volontaires en partance pour Castelnaudary, quatre mois plus tard ces mêmes engagés devenus légionnaires lorsqu’ils sont affectés dans leur régiment, et ces mêmes légionnaires aguerris par cinq à quarante années de service lorsqu’ils disent Au revoir à la Légion à quelques heures de leur retour à la vie civile. C’est donc dans cette même salle d’honneur que nous avons choisi de vous dire Au revoir, Padre, notre Padre. Vous ne vouliez pas faire de bruit en nous quittant, mais nous ne voulions pas que vous partiez dans l’indifférence. Dans la sobriété de cette salle d’honneur qui lui donne toute sa solennité, nous tenons à vous exprimer toute notre reconnaissance pour ce que vous nous avez apporté. Nous, c’est la maison mère de la Légion étrangère bien sûr, mais ce sont aussi toutes ces têtes qui vous sont familières et qui représentent les régiments, les anciens, les familles et les amis qui vous sont si chers. Ces têtes présentes autour de vous, mais aussi tous ces visages des légionnaires qui sont passés par cette salle d’honneur.

60 ans au service de la France, 55 ans au service de l’Eglise, 23 ans au service de la Légion. Soldat et prêtre. Padre, vous êtes un homme de courage et un homme de foi, qui avez mis en pratique chaque jour cette citation du curé d’Ars, qu’aimait tant rappeler le Père Hirlemann, au point qu’il la fit graver dans l’église de Puyloubier : “on n’a rien fait tant qu’on n’a pas tout donné.”

Il est difficile de dissocier chez vous le soldat du prêtre, tant dans votre vie les vertus de l’un se sont nourries de celles de l’autre. C’est d’ailleurs ce qu’écrivit si bien l’un de vos chefs de corps, recevant un jour la redoutable mission de vous noter, et qui trouva cette phrase salvatrice, mais sonnant ô combien juste : « la sainteté est entrée dans la Légion. »

 

Il est difficile de dissocier chez vous le soldat du prêtre

 

Soldat, vous l’avez été, d’abord par le service des armes puisque comme chef de commando de chasse en Algérie, vous avez été cité à deux reprises. Soldat, vous le resterez comme aumônier militaire, en ayant troqué votre arme pour votre service quotidien des plus humbles, par votre présence rassurante et par le gain de deux autres citations. A cette bravoure du soldat, vous avez joint à maintes reprises le courage de l’engagement, physique et moral. En accueillant sur le port de Marseille sous la huée des dockers, une quarantaine de harkis et leurs familles, de la section de l’un de vos frères qu’il réussit, malgré tous les barrages, à envoyer en France, et donc, à sauver de l’assassinat par le FLN. Cela vous valut, par la pleutrerie d’un préfet et d’un évêque, d’être ordonné avec six mois de retard, non pas traditionnellement dans la cathédrale du diocèse comme vos amis séminaristes, mais en catimini dans votre village du Poitou.

Une des grandes vertus du soldat est la patience. Vous avez dû attendre six ans de sacerdoce pour rejoindre l’aumônerie militaire, que vous désiriez tant, car cette affection pour ces harkis, pour nos soldats et pour l’Algérie où l’un de vos frères y est mort pour la France, était alors punie.

En septembre 1970, vous accédez à l’aumônerie militaire, auprès des chasseurs alpins de Chambéry et de Bourg Saint-Maurice. Puis en 1972, ce sont les parachutistes du 3e RPIMa et en 1975 la Corse, principalement au sein de nos deux régiments de Légion qui y sont stationnés à Calvi, Corte et Bonifacio. Vous enchainez les missions, les exercices et les opérations en Corse, en Guyane, à Kolwezi, à Djibouti, et aux Comores. Mais ce que retiendront d’abord les légionnaires, c’est votre présence quotidienne auprès d’eux, à l’ordinaire quand vous servez la soupe, lors des marches et des manœuvres où vous donnez d’abord aux autres la nourriture que vous portez, lors des 8000 TAP, lors des 1er sauts des jeunes légionnaires. Vous êtes celui « qui ne parle pas comme les autres » disent les légionnaires. C’est vrai, l’aumônier ne donne pas d’ordre, mais vous êtes là, dans l’épreuve, dans la difficulté ou dans la solitude de ces légionnaires qui vous adoptent déjà comme l’un des leurs.

En 1981, vous quittez une première fois la Légion pour Pau et son 1er RCP que vous accompagnerez dans la douleur et dans l’épreuve du lâche attentat de Drakkar en octobre 1983 au Liban, alors que vous venez d’être nommé aumônier du groupement aéroporté à Albi, auprès du 3e RPIMa de Carcassonne. Puis c’est le Tchad, la Nouvelle-Calédonie, et la République centrafricaine. Vous quittez l’uniforme en 1986 et retournez au Tchad, pour 10 ans au service des chrétiens de l’armée tchadienne. Vous y côtoyez la misère, et le dénuement vous renforce dans votre foi au service des plus petits.

 

La sainteté est entrée dans la Légion

 

Montpellier, Castelnaudary, Aubagne, et aujourd’hui nos anciens de Puyloubier et d’Auriol. Le grand soldat bien connu de tous est aussi le saint prêtre qui déjeunait à l’ordinaire chaque dimanche avec les tous jeunes engagés volontaires en partance pour Castelnaudary, qui marchait avec eux pour qu’ils gagnent leur képi blanc, qui accompagnait les jeunes officiers en formation, qui aujourd’hui toujours conseille et réconforte ceux qui le souhaitent, qui visite les blessés, les malades et les anciens, qui marie, baptise, pardonne, enterre et absout.

Padre, vous aimez à dire « autre celui qui sème, autre celui qui récolte ». Soyez persuadé qu’en ces 60 années au service de notre pays, ce que vous avez semé auprès des plus humbles a déjà porté du fruit. La communauté légionnaire vous en remercie. Elle vous souhaite une bonne retraite partagée entre votre famille dans le Poitou et vos frères moines de Ganagobie. Elle souhaite vous exprimer sa reconnaissance d’une manière toute particulière : vous élever à l’honorariat. Vous ne rejoignez pas le millier de légionnaires de 1ère classe d’honneur, ni la centaine de caporaux d’honneur, mais la dizaine de légionnaires d’honneur que compte dans son histoire la Légion étrangère, car comme le dit l’Écriture « celui qui veut être le plus grand, qu’il se fasse serviteur des autres ». Vous avez été le serviteur de Monsieur légionnaire. Il vous dit merci, légionnaire Lallemand.

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère

Discours du 15 février 2018, à Aubagne


Tu n’abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés...

Le dernier article du Code d’honneur du légionnaire est le thème choisi par la Légion étrangère pour l’année 2018. Par ce choix, en ce centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, la Légion veut se souvenir de ses morts, soutenir ses blessés, et être digne de l’héritage légué.

Tu n’abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés...

2018 Souvenons-nous de nos morts.

 

“Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.” Le maréchal Foch nous incite à nous rappeler le sacrifice de nos Poilus.

En 1918, un an après avoir été décoré de la croix de la Légion d’honneur et reçu, pour la 1re fois, la fourragère aux couleurs de la Légion d’honneur, le Régiment de marche de la Légion étrangère, aux ordres du lieutenant-colonel Rollet, est décoré de la médaille militaire pour ces faits d’armes héroïques :

- le 26 avril, au Bois de Hangard, il brise la marche des Allemands sur Amiens. Perdant plus de 800 des siens il obtient sa 7e palme ;

- fin mai, il contient les assauts de l’ennemi sur ses positions de la Montagne de Paris ;

- le 12 juin, il anéantit les efforts d’une division allemande tout entière à Amblény et Saint-Bandry ;

- en juillet, à l’Est de la forêt de Villers-Cotterêts, en offensive et avec l’appui des chars Renault, il fait 450 prisonniers. Perdant 780 hommes, il obtient sa 8e palme ;

- le 14 septembre, après 12 jours d’une lutte épique qui lui permet d’ouvrir une large brèche dans l’un des secteurs les mieux organisés de la défense en profondeur allemande, il rompt la Ligne Hindenburg sur le plateau de Laffaux, capturant un régiment allemand entier, le célèbre Kronprinz Wilhelm. 275 légionnaires tombent au feu, 1 118 sont blessés. Le RMLE reçoit sa 9e palme à sa croix de guerre.

Il y a 75 ans, en 1943, les légionnaires combattent en Tunisie. Près de 400 légionnaires y meurent au combat pour la France.

1948 est l’année de la création des Bataillons étrangers de parachutistes. Le 1er mars 1948 à Dalat, la 13 perd pour la 2e fois son chef de corps au combat, le lieutenant-colonel Brunet de Sairigné. Le 25 juillet, la 2e compagnie du 3e étranger fait Camerone à Phu Tong Hoa face à 5 000 Vietminh.

Le 29 mai 1958, un autre Soleil meurt au combat : le lieutenant-colonel Jeanpierre, commandant le 1er REP, “le soldat type, le soldat pur, qui a vécu et est mort en légionnaire, avec valeur et discipline, dans l’honneur et la fidélité” dira de lui le général Gardy dans l’éloge funèbre.

20 ans plus tard, le 19 mai 1978, les légionnaires parachutistes sautent sur Kolwezi. Le sergent-chef Daniel, le caporal-chef Alliou, les caporaux Arnold et Harte, le légionnaire Clément y meurent pour la France. Vingt sont blessés.

Il y a 25 ans, en 1993, les légionnaires interviennent au sein de la FORPRONU et de l’APRONUC. Y meurent pour la France le légionnaire Benko, du 2e REP, le 12 février à Sarajevo, et le caporal-chef Curum, du 6e REG le 12 juin au Cambodge.

à tous ces morts des années anniversaires ou jubilaires, associons leurs 40 000 frères d’armes morts pour la France en servant la Légion étrangère. Souvenons-nous en particulier de ceux du 11e REI : 2 300 en quelques semaines de combat en mai juin 1940 ! En 2018, un honneur particulier leur sera rendu puisque, par décision du CEMAT, la garde du drapeau du 11e REI va être confiée au Groupement de recrutement de la Légion étrangère.

 

2018 Soutenons nos blessés.

 

Depuis toujours, la Légion étrangère prend soin de ses blessés. Dès ses débuts, en 1833, elle met en place en Algérie des centres de repos pour accueillir ses nombreux malades et blessés au cours des différentes batailles. En 1934, ému lorsqu’il débarque un jour à Marseille par l’errance d’anciens légionnaires médaillés, cités, blessés, le général Rollet crée la Maison du légionnaire d’Auriol. Dans le même temps, d’anciens légionnaires aident, de leur propre initiative, leurs camarades après leur réforme. En 1954, la Légion étrangère fonde le domaine du capitaine Danjou, à Puyloubier, et y installe l’Institution des invalides de la Légion étrangère pour l’accueil des nombreux blessés d’Indochine, puis d’Algérie.

En 2010, dans ce même esprit de solidarité et de gratitude, le général Alain Bouquin, commandant la Légion étrangère, instaure une journée des blessés afin d’imposer aux régiments de Légion, au-delà de leur rythme d’opérations et d’entraînements, un moment privilégié pour penser à ceux qui, venus de loin, portent dans leur chair les marques de leur courage, de leur loyauté et de leur détermination au service de notre pays. Est également créée la Commission de suivi des blessés de la Légion étrangère (CSBLE), qui met en place la structure d’un conseil de famille qui veille sur les siens.

Le parcours du légionnaire blessé s’inscrit pleinement dans celui de l’armée de Terre, voulu par le CEMAT. Il agit en étroite liaison avec le Service de santé des armées et les autres organismes compétents. La Légion étrangère apporte, en amont, mais aussi dans la longue durée, un appui complémentaire qui intègre la spécificité des militaires servant à titre étranger. La journée des blessés, voulue par le CEMAT à la date anniversaire de la bataille de Solférino, est dédiée à ceux qui ont été meurtris dans leur chair, pour le service de la France. Que cette journée du 23 juin leur donne courage et espérance.

 

2018 Tenons nos armes à la main.

 

Le code d’honneur du légionnaire oblige. Particulièrement ce dernier article des devoirs du légionnaire au combat, cité en titre, et qui s’achève d’ailleurs par “ni tes armes” !

L’année 2018 sera riche en déploiements extérieurs, tant attendus après trois ans d’opérations intérieures, de montée en puissance, et de préparation opérationnelle.

Aujourd’hui, les légionnaires ont à cœur d’être toujours prêts à dire ce que répondirent, en 1960 après le combat de Beni-Smir, leurs anciens de la 1re compagnie portée du 2e étranger aux pilotes d’hélicoptères admiratifs de la bravoure légionnaire : “ on a fait ce qu’on nous a appris dans ce cas-là, avec efficacité. Notre boulot, quoi, jusqu’au bout. On est légionnaires ! ”

 

Bonne année 2018 à tous !

 

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°806)


La 13e DBLE est devenu aujourd’hui un outil de combat

La 13e DBLE est emblématique de la réussite de la remontée en puissance et la densification de la Force opérationnelle terrestre (FOT) depuis 2015. Transfert des EAU vers le Larzac, redimensionnement du régiment, et engagement enfin, le chef de corps a tenu une conférence de presse pour annoncer son prochain départ en opération extérieure, inséré dans le dispositif Barkhane. Un belle prouesse.

La 13e DBLE, l’unité emblématique de la réussite de la remontée en puissance de la FOT

 

La 13e DBLE est emblématique de la réussite de la remontée en puissance et la densification de la Force opérationnelle terrestre depuis 2015. Implantée aux Emirats Arabes avec 60 légionnaires permanents, elle est rapidement identifiée pour être un pion important dans la définition de la nouvelle architecture d’armée permettant de rééquilibrer l’offre stratégique entre opérations extérieures et territoire nationale.

Symboliquement, le drapeau arrive sur le plateau du Larzac (Aveyron) le 29 juin 2016. Immédiatement, le régiment a trois paris à emporter : s’implanter sur un territoire marqué [le transfert], aligner des effectifs identiques à ceux des régiments d’infanterie [le redimensionnement], et surtout faire du régiment une unité opérationnelle projetable [l’engagement].

C’est la pleine réussite de ces trois étapes que le chef de corps a voulu marquer en organisant une conférence de presse en janvier 2018, à la veille d’engager une partie de ses hommes sur l’opération Barkhane. Après seulement 2 ans, la 13 est aujourd’hui totalement opérationnelle. S’il y aura toujours une surveillance sur le suivi du chantier infrastructure, le chef de corps goûte légitimement son plaisir de pouvoir annoncer son départ en OPEX.

Le colonel Guillaume Percie du Sert est chef de corps depuis deux ans. Il a 44 ans et est Saint-Cyrien d’origine. Il a une belle connaissance opérationnelle dans les rangs de la Légion, et a servi dans les états-majors centraux à Paris.

« L’objectif de cette conférence est d’informer les Aveyronnais sur la finalité de l’intense préparation opérationnelle du régiment qu’ils ont pu percevoir dans la région depuis notre installation : la 13e DBLE est devenu aujourd’hui un outil de combat qui voit dans la phase de projection qui arrive, l’aboutissement de sa montée en puissance sur le plan opérationnel.

En 2016, le régiment est arrivé en Aveyron, à la Cavalerie, dans le cadre de la remontée en puissance des effectifs de l’armée de Terre voulu par le président de la République pour lutter contre les nouvelles menaces et suite aux attentats de 2015. Comme tout nouvel arrivant, nous avions quelques inquiétudes, mais, d’emblée, J’ai  été marqué par l'accueil chaleureux des élus et de la population du Sud Aveyron. Bonnes relations que je souhaite pérenniser.

Pour notre installation, l’armée de Terre a souhaité que cette formation soit emblématique en matière d’infrastructures respectueuses de l’environnement et d’équipements modernes. C’est aujourd’hui encore un chantier en cours, mais qui livrera un camp rénové, moderne et adapté à notre façon de vivre et de nous entraîner. Pour moi, c’est un chantier important qui scelle notre implantation sur cette terre. Puis la 13e DBLE a vu ses effectifs croitre très rapidement pour devenir un régiment d’infanterie à part entière, un régiment qui terminera complétement sa montée en puissance en 2018, en alignant  1300 hommes sur ses rangs. Mais nous sommes déjà à plein régime.

Parce que l’opérationnel est notre quotidien, tout en montant nos murs et en accueillant nos jeunes légionnaires, nous avons participé, comme les autres régiments, à la mission Sentinelle déployée sur le territoire national (Paris, Marseille, Toulouse, Perpignan, Besançon…).

Mais aujourd’hui, dans le cadre d’une relève programmée, je vous annonce que la 13e DBLE va rejoindre le Mali afin de poursuivre au plus loin la protection des Français qu’elle a assuré ces derniers mois au plus près dans l’opération Sentinelle.

La 13e Demi-brigade de Légion étrangère arrive donc au terme de sa montée en puissance. Elle est aujourd’hui un régiment apte à la projection extérieure. Elle effectuera sa première OPEX au premier trimestre. Il s’agit d’un évènement marquant de l’Histoire de la « 13e DBLE implanté au Larzac ». A peine installée, la 13 part assurer  la sécurité de la France et des Français, là-bas, à l’étranger et dans les forces de souveraineté et de présence dans les DOM-COM. C’est notre métier. Nous laisserons nos familles entre vos mains amicales, nous partons rassurés.

Deux compagnies de combat seront engagées en OPEX pour au moins quatre mois. Les légionnaires ont effectué une mise en condition finale extrêmement intense pour remplir leur mission de manière efficace. Composées de d’anciens expérimentés et aguerris et de jeunes légionnaires dont ce sera la première OPEX, ils sont prêts à combattre et servir la France avec honneur et fidélité. La 13e DBLE part remplir la mission qui lui a été confiée au nom de la France avec en tête son Histoire ancienne et récente.

Il s’agira de la huitième relève programmée depuis le lancement de l’opération Barkhane. Là-bas se joue une partie de notre sécurité nationale (discours du Président Emmanuel Macron à Niamey, le 22 décembre), qui se traduit par la lutte contre les groupes terroristes dans la bande Sahélo-Saharienne. La lutte contre ces groupes terroristes nécessite une réponse globale dont Barkhane constitue le volet militaire aux côtés d’acteurs politiques, diplomatiques et économiques. Pour accomplir ses missions, les 4000 hommes de Barkhane s’attachent à développer la mobilité, la flexibilité et la réactivité pour pouvoir mener des actions dans la profondeur et assurer le soutien des populations.

Au Mali je commanderai un groupement tactique inter-arme d’infanterie (GTIA). Il y aura environ 400 hommes de la 13e DBLE et 350 autres soldats, venant d’autres régiments. L’objectif est de répondre à un spectre de missions le plus large possible.  Pendant 4 mois, nous aurons pour objectif de combattre et de détruire les groupes terroristes, de continuer la coopération avec les forces du G5 Sahel, en premier lieu avec celles du Mali, et de soutenir constamment les populations pour qu’elles puissent vivre en paix. Sur le terrain, nous nous projetterons en profondeur, loin des zones habituelles, pour surprendre l’ennemi.

Ce que je veux, c’est remplir la mission avec le coût humain minimum. Plus de dix soldats français sont déjà morts depuis le début de l’opération Barkhane, sans compter les blessés. Il y a des risques constitutifs au métier de militaires. Le sacrifice suprême, pour chacun d’entre nous, est à prendre en compte.

Ce sera dense et intense. Pendant quatre mois, ce sera du non-stop. 24 h/24. Il n’y a pas de dimanche, pas de jours de repos. On sera dans une période où il fera 30 °C dehors et à la fin, 45 °C. Dans les véhicules, ça peut monter à 70 °C. Ce sont des conditions extrêmement difficiles. Mais on est prêt pour réussir la mission, tout le monde est extrêmement enthousiastes. On cherche à donner la meilleure image de la 13e DBLE. Pour le régiment, c’est un aboutissement. On a à cœur de réussir.

C’est parce que la 13e DBLE est le régiment de tous les Aveyronnais que je souhaitais aujourd’hui  vous informer personnellement  de ce que nous allions faire là-bas.»

(Extraits de du point presse : Colonel Guillaume Percie du Sert - Chef de corps de la 13 DBLE)

En septembre 2017, dans sa présentation « quelques nouvelles de la Légion », le général Maurin, commandant la Légion étrangère, plaçait la remontée en puissance de la 13 DBLE au sein de la manœuvre d’ensemble de toute la Légion. Pour constituer rapidement un régiment opérationnel, la ressource a été puisée dans les régiments qui, par ailleurs devaient créer une unité élémentaire supplémentaire : « la mission fixée est de créer une unité de combat supplémentaire dans chacun des cinq régiments appartenant à la FOT (2e REI, 2e REP, 1er REC, 1er REG et 2e REG), et de faire de la 13e DBLE qui comptait une soixantaine de militaires permanents aux Emirats arabes unis, un régiment d’infanterie métropolitain à plus de 1200 hommes ». Plus loin, le général Maurin poursuivait en disant : « Tout cela est possible grâce à la solidité du légionnaire […] Tout cela est possible grâce aux régiments des forces et d’outre-mer […] Tout cela est possible grâce au travail quotidien, de la plus haute qualité, du Groupement de recrutement de la Légion étrangère et du 1er Etranger ,[…] Grâce évidemment à l’état-major du commandement de la Légion, qui a conçu, conduit, coordonné et soutenu cette manœuvre. Tout cela est possible grâce au 4ème Etranger de Castelnaudary, creuset de la Légion étrangère ». La projection aujourd’hui de la 13DBLE est bien le remarquable résultat particulier du chef de corps, comme celui d’un effort collectif de la Légion étrangère.


2018, la Légion se retrouve sur un message fort et fédérateur !

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27 Janvier 2018

 

La Légion étrangère a rendu officiel le thème principal de l’année 2018, permettant à la communauté Légion de se retrouver sur un message fort et fédérateur : «Tu n’abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés...». Autour de ce thème, la Légion délivre trois messages : nous nous souvenons de nos morts,  nous sommes une fraternité sans faille, nous sommes valeureux.

Le général Jean Maurin, commandant la Légion étrangère, a rendu officiel le thème principal de l’année 2018, permettant à la communauté Légion de se retrouver sur un message fort et fédérateur. S’imposant  à chaque régiment comme un phare, il est également répété à chaque occasion.

Ce thème sera le dernier article du Code d’honneur du légionnaire : «Tu n’abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés...». Il aborde la solidarité en se souvenant de nos morts et en soutenant nos blessés. Il introduit la commémoration 1918 - 2018, et dit qu’un homme n'est rien sans mémoire. Il ouvre enfin sur les opérations dans lesquelles les légionnaires vont être engagés durant les deux premiers quadrimestres de l'année, au péril de leur vie si nécessaire.

 

Sur ce thème, Camerone sera le moment  fort !

 

 

Cette année, le médecin en chef Jean-Louis Rondy sera le porteur de la main du capitaine Danjou lors de la cérémonie du 30 avril 2018, à Aubagne. A travers lui, la Légion rendra un hommage particulier au Service de Santé des Armées (SSA) et à la manière remarquable dont il prend en compte et accompagne nos blessés.

A 17 ans, en 1943, Jean-Louis Rondy entre à l'organisation civile et militaire (OCM) au sein de laquelle il participe à la libération de Paris. Puis, dans les rangs de la Division Leclerc, il est engagé dans la campagne de France et d'Allemagne. Après la guerre, il reprend ses études et prépare l'admission à "Santé Navale", où il sera admis en 1948. Nommé médecin-lieutenant en 1952, affecté au 1BEP, il rejoint le Tonkin. Il participe aux opérations dans le Delta et effectue un saut opérationnel sur Diên Biên Phu en novembre 1953. « Après mes études de médecine, j'étais breveté parachutiste et commando en 1952 et je suis parti en Indochine où j'étais affecté à ma demande comme médecin au 1er bataillon étranger parachutiste, un bataillon déjà glorieux bien que tout jeune puisque créé en 1948. Je suis parti avec eux, j'ai sauté à Diên Biên Phu, le 21 ou 22 novembre 1953. On a pris d'assaut la ville pourtant occupée par les Viets. Et mon bataillon est resté dans la cuvette jusqu'au dernier, jusqu'au 8 mai ». Il est blessé et capturé le 8 mai 1954. Il restera très marqué par cette détention inhumaine : «Ce qui m’a le plus marqué, c'est le lavage de cerveau. Les Viets voulaient nous imposer leur point de vue, nous convertir au communisme. Pas très facile car leurs arguments étaient fallacieux ! ». Libéré 4 mois plus tard, il sera rapatrié sanitaire et hospitalisé durant  presque un an.  Il servira de nouveau dans les rangs de la Légion étrangère, comme médecin-commandant au 3REI (1965 - 1967)  à Madagascar, durant les évènements aux Comores.

Au cours d'une interview, en 2014, le colonel Rondy disait : «Je crois qu'il faut entretenir la mémoire du sacrifice »… c'est tout l'objet du thème de cette année.

 

Au-delà de Camerone, la Légion étrangère délivre trois messages forts.

 

 

Nous nous souvenons de nos morts… Plus de 40 000 étrangers sont morts pour la France depuis la création de la Légion étrangère. C'est un sacrifice important, qui a lui seul fait taire les détracteurs, à lui seul impose de plier le genou ! Symboliquement, la légion se souviendra de tous ses morts à travers la commémoration du centenaire de la fin de la Grande Guerre, et participera à de nombreuses cérémonies aux côtés des amicales.

Elle inaugurera, en juin 2018, une nouvelle exposition : "Zinoview - Cendrars : regards croisés de deux légionnaires sur la Grande Guerre". La Légion rendra également un honneur particulier à ses anciens, en confiant le drapeau du 11e REI, régiment dissout en 1940, au Groupement de recrutement de la Légion étrangère.

Nous sommes d'une fraternité sans faille… Nous fréquentons ici, le supplément d'âme de la Légion, son empathie, sa dignité, sa capacité à prendre soin aussi longtemps que nécessaire de ceux qui, blessés, portent les cicatrises douloureuses de leur courage. Depuis toujours, la Légion étrangère prend soin de ses blessés. Elle y sera encore attentive du fait du fort engagement opérationnel de l'année 2018.

Cette année encore, le général commandant la Légion étrangère, adossera la Journée des blessés de la Légion étrangère à celle de l'armée de Terre. C'est la Commission de suivi des blessés de la Légion étrangère (CSBLE) qui se chargera de son organisation.

Par ailleurs le Médecin en chef Luc AIGLE - professeur agrégé, conseiller santé du général COMLE - retrace, dans un livre à paraître "Indicatif Clochette : 70 ans au service des légionnaires parachutistes" (indicatif radio des médecins des légionnaires parachutistes) la vie des médecins au cours des opérations majeures des BEP et des REP.

Nous sommes valeureux… Les légionnaires d'aujourd'hui sont résolument les dignes successeurs de leurs anciens. Ils ont su enrichir les rangs de la Légion de leur jeunesse enthousiaste, de la multiplication de leurs origines (150 nationalités en 2018, 50 en 1960), d'expériences nouvelles.  Dans ce contexte moderne, ils s'abreuvent aux mêmes valeurs de courage, d'honneur et de fidélité au service de la France.

Après trois ans d’opérations intérieures, de montée en puissance, et de préparation opérationnelle, 2018 sera l'année de l'engagement en opération extérieure. Liban, Niger, Mali, etc… La Légion répond présent, l'arme chargée, au service de la France.

 


Le COMLE, le 2ème REI, le 2ème REP, la 13ème DBLE, et le GRLE changeront de chef cet été.

http://www.legion-etrangere.com/

26 Janvier 2018

Le COMLE, le 2ème REI, le 2ème REP, la 13ème DBLE, et le GRLE changeront de chef cet été.

COMLE - le général de division Jean Maurin quittera la commandement de la Légion étrangère le 31 juillet et fera ses adieux aux armes à Aubagne (Bouches-du-Rhône).

2REI - le lieutenant-colonel Arnaud Guerry prendra le commandement à Nîmes (Gard). Il est actuellement à l'état-major particulier du Président de la République.

2REP - le colonel Christophe Passerat de la Chapelle prendra le commandement à Calvi (Corse). Il est actuellement à l'EMAT.

13DBLE - le lieutenant-colonel Jacques Bouffard prendra le commandement à La Cavalerie (Aveyron). Il sert actuellement à la DRHAT.

GRLE - le lieutenant-colonel Gabriel Rousselle prendra le commandement au Fort de Nogent (Val-de-Marne) où il est actuellement commandant en second.

1 RE - le colonel Guillaume Dujonc commandera, à Aubagne, une troisième année.

 

Par ailleurs :

Le colonel Nicolas Dufour prendra la fonction de chef d'état-major du COMLE. Ancien chef de corps du 4RE, il est actuellement commandant de la base de Défense de Marseille

Le lieutenant-colonel Nicolas-Paul Albrecht prendra la fonction de chef de la division ressources humaines du COMLE. Il est chef de la section Légion étrangère au sein de la DRHAT.


Plaquette de présentation de la Légion étrangère 2018


Noël donne à tous l’occasion d’exprimer sa générosité et d’affirmer sa fidélité

Fête de la Nativité, fête de la famille, fête de la fraternité entre légionnaires... Noël est une fête par-delà toutes les croyances.

Noël arrive

 

Noël arrive. Nos cités se parent de vert et de rouge. Ce clin d’œil qui nous est fait nous rappelle les couleurs de l’espérance et du sang versé, que la Légion a choisies officiellement relativement récemment, mais dont on peut faire remonter l’héritage au vert et rouge des épaulettes des bataillons de l’armée d’Afrique en 1868. Cette parure au cœur de l’hiver nous invite à nous préparer résolument à fêter dignement un premier ou un nouveau Noël légionnaire. Noël, fête numéro 1, fête la plus lénifiante au cœur des légionnaires, écrivait le général Gaultier, Noël qui donne un sens à notre vie de légionnaire, prêchait le Père Hirlemann, Noël, fête de la famille légionnaire par-delà toutes les croyances. Pour la nuit de Noël, arrêtons-nous. Faisons la pause et fêtons l’instant présent. Dans le Noël légionnaire, célébré avec son éclat coutumier, retrouvons la chaleur, le rituel et la fidélité.

 

Les années précédentes, j’avais évoqué la crèche, symbole d’espérance, qui nous réunit pour que surgissent du plus profond de nous-mêmes les sentiments authentiques parfois oubliés.  La naissance dans une étable d’un enfant d’une famille mise à la porte, qui ne trouve d’aide que dans les bergers, nous rappelle le devoir d’hospitalité et de générosité de la Légion étrangère. Cette crèche, dont je rappelle encore cette année le sens donné par le général Goupil, tant il traduit bien cette attente : « une crèche légionnaire : à ceux qui sont venus dans le doute, elle répond confiance ; à ceux que l’inquiétude ronge, elle apporte sérénité ; à ceux que l’isolement écrase, elle assure fraternité. »

J’avais souligné le devoir de fraternité, car sans fraternité humaine, il n’y a pas de Légion étrangère. La cohésion de nos rangs, les liens étroits qui unissent notre famille sont renforcés en cette nuit magique par l’attention portée à chacun, surtout au plus jeune, par la franchise respectueuse des propos et des échanges, quels que soient notre ancienneté et notre grade.

J’avais incité chacun à formuler des vœux d’espérance, car Noël, c’est ce qui dicte intérieurement au légionnaire, malgré les difficultés, cela vaut le coup, il faut continuer.

 

La richesse de l’héritage

 

Prenons cette année le temps de mesurer la richesse de l’héritage du Noël légionnaire légué par nos anciens et l’impératif de le transmettre au travers des âges. Comme à la halte pendant une marche harassante, vivons pleinement cet instant de repos pour accomplir au mieux ce rite avec le souci permanent de fortifier notre fraternité d’arme. Soyons à l’écoute des plus jeunes légionnaires, souvent isolés par la barrière linguistique, pour qu’au cours du rituel du Noël légionnaire, ils prennent conscience de la richesse humaine de la famille légionnaire. Comme après la pause, repartons forts et déterminés pour relever les défis futurs, car Noël donne du sens à notre engagement et de l’espérance à notre vie ; Noël apporte à chacun ce que nous sommes venus chercher dans nos rangs et nous conforte dans notre communauté fière de son passé, confiante dans son avenir, et prête à assumer toutes les missions confiées.

 

Aux anciens, je souhaite que cette nuit rappelle votre appartenance à notre communauté si chère, que vous avez contribué à forger. Conservez intacte la fierté d’avoir combattu dans l’honneur et d’avoir servi dans la fidélité.

Aux légionnaires d’aujourd’hui, que Noël nous donne à tous l’occasion d’exprimer notre générosité et d’affirmer notre fidélité aux valeurs traditionnelles léguées par nos ainés, car cette fidélité est garante de notre avenir.

 

Pour conclure, méditons les paroles d’un grand ancien, le général Arnauld de Foïard, neuf fois cité, ce grand soldat qui fut médaillé militaire alors qu’il était aspirant au RMLE. Figure du 3e Etranger, pionnier des légionnaires parachutistes, il fut blessé à nouveau en Indochine. Rédacteur de Képi blanc à la fin de cette guerre lorsqu’il était en convalescence, il signait sous le nom de Capitaine Arnaud :

"Mais qu’est Noël pour toi, légionnaire ? Les chants qui le célèbrent sont d’amour et de paix ; toi tu es homme de guerre. Cette nuit, nombre d’entre vous ne devront-ils pas tuer ? Le sentiment de Noël est celui de la famille, du cercle qui se resserre, qui garde plus jalousement la chaleur du foyer. Tu es étranger à cela… L’homme de peine que t’a fait le destin, celui qui dans l’action cherche l’oubli, ce soir doit s’arrêter…

Regarde autour de toi. Gens de partout venus pour maintes causes, vous formez une équipe où toutes les meurtrissures sont fondues, dissoutes dans une force vive qu’admire le monde entier. Tu es soudé à cette équipe, tu es ce qu’elle est. Toutes les valeurs sont brassées et toutes s’appartiennent, chaine où le maillon le plus faible a la force du plus fort. Réchauffe-toi à votre force et essaye de faire aux autres l’amitié de te plaire parmi eux ; que ta présence même ici, par le mérite que tu en as, allume en toi le feu de la joie de l’espérance. Réconforte-toi de votre commune amitié, votre part de peines plus lourde est votre naturel trait d’union. Et si tu as cette fraternelle confiance, cette compréhension pour tes frères d’armes, la paix se fera en toi, la paix de Noël. Tu seras aux côtés de celui qui naquit une nuit dans une étable, et sans avoir été un grand de ce monde, ni laissé aucune œuvre élaborée de sa main, contraignit les humains à recompter à dater de sa naissance, en lançant l’anathème à l’homme solitaire qui refuse à son frère l’asile de son amour. "

 

Joyeux Noël !

 

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°805)


Se préparer pour demain

Les régiments de Légion de la 6e Brigade légère blindée et de la 11e Brigade parachutiste se préparent à être projetés en opération en 2018. Ils le font avec rigueur, ténacité, en utilisant chaque instant disponible.

On relègue souvent la tactique aux règlements d’emploi.

« Soldat d’élite, tu t’entraines avec rigueur, tu entretiens ton arme comme ton bien le plus précieux, tu as le souci constant de ta forme physique ». Le 5e article du code d’honneur du légionnaire, relatif à l’entrainement individuel, précède les deux articles consacrés à l’exécution de la mission et au comportement du légionnaire au combat. Cette continuité fait écho aux citations « Entrainement dur, campagne facile ! Entrainement facile, campagne rude », et « la discipline est la mère de la victoire » du généralissime russe du XVIIIe siècle Alexandre Vassilievitch Souvorov, l'un des rares généraux à n'avoir jamais connu de défaite au combat. Entré dans la carrière militaire comme soldat, vainqueur de plus d’une soixantaine de batailles avec souvent des effectifs inférieurs en nombre à ceux de son ennemi, Souvorov, proche de la troupe, mit toujours en avant l’esprit d’initiative et la responsabilisation de ses subordonnés.

Dans la littérature militaire, les récits de batailles, les biographies, les romans, les histoires de geste, les traités de stratégie foisonnent. Ils sont d’ailleurs la plupart du temps écrits « après la guerre ». Plus rares sont les œuvres consacrées à la tactique ou à la préparation au combat. On relègue souvent la tactique aux règlements d’emploi. Quant à la préparation au combat, on la trouve la plupart du temps dans des manuels, ou bien essaimée dans des témoignages écrits par des soldats, des chefs de groupe, des chefs de section, des commandants d’unité ou de bataillon.

La Légion étrangère n’échappe pas à ce constat. « Une troupe instruite, entrainée et disciplinée est sure de vaincre », lit-on brièvement dans le memento du soldat de la Légion étrangère de 1937. Quant aux témoignages, ils soulignent tous la dureté de la phase initiatique de l’instruction du soldat, et l’exigence de la formation physique, technique et morale du légionnaire, permanente tout au long du contrat. Dans son livre Monsieur légionnaire, c’est ce que qualifie parfaitement le général Hallo en ces termes : A l’école de la Légion, la mue.

La Légion se prépare à être projetée en opération en 2018

Les régiments de Légion de la 6e Brigade légère blindée et de la 11e Brigade parachutiste se préparent à être projetés en opération en 2018. Ils le font avec rigueur, ténacité, en utilisant chaque instant disponible. Le magazine Képi blanc de décembre relate leur entrainement, leurs contrôles opérationnels. Je dédie l'éditorial aux régiments. Du colonel au plus jeune légionnaire, chaque jour, tous font tout pour être prêts à relever, more majorum, les défis opérationnels qui leur seront confiés, et ce, malgré les contraintes lourdes actuelles pesant sur la programmation des activités.

Pour faire écho aux premiers paragraphes de cet article, je recommande à tous de lire ou de relire l’un des meilleurs livres, selon moi, de la littérature militaire : la chaussée de Volokolamsk, écrit en pleine guerre en 1942 par Alexandre Beck, scribe d'un combattant kazakh, le lieutenant Momych-Ouli, désigné pour former, entrainer et commander un bataillon d’infanterie mobilisé à Alma-Ata, qu’il conduira à la guerre dans la défense de Moscou en octobre 1941. « J'ai horreur du mensonge et vous ne saurez pas écrire la vérité » disait à l’auteur ce lieutenant. Pourtant, rares sont les livres où le comportement de l'officier et du soldat à l’entrainement et à la guerre sont aussi bien décrits. Les paroles de ces guerriers sont nourries par le bon sens et une réflexion poussée :

Général Panfilov. « Un soldat ne va pas à la guerre pour mourir mais pour vivre. »

« Qu'est-ce qu'un soldat ?  C’est l’homme qui obéit à tout le monde, se tient au garde-à-vous devant ses supérieurs, exécute tous leurs ordres. C’est un subalterne, comme on disait autrefois… Mais qu’est-ce qu’un ordre quand il n’y a pas de soldat pour l’exécuter ? Un rêve, une fiction, une spéculation de l’esprit. Le dessein le plus sage ne se réalisera jamais si l’exécutant n’est pas suffisamment préparé pour son accomplissement. Le degré de préparation et la force combattive se mesure à ses soldats, camarades. C’est le soldat qui décide de l’issue de la guerre. »

Lieutenant Momych -Ouli.

« Sur un champ de bataille, le soldat subit les assauts de deux forces vives : le sentiment du devoir et l'instinct de conservation.  Puis il s'y mêle une troisième force - la discipline - qui assure, en fin de compte, le triomphe de la première. »

« Un commandement !  Seule la voix du chef peut décider du triomphe de tout ce que vous avez appris au soldat : l'honneur,  le courage, la discipline, le patriotisme. »

« Je pensais qu'une fois suffirait pour asseoir mon autorité et gagner la confiance de mes hommes - chose nécessaire entre toutes, car un chef ne doit pas compter sur ses soldats tant qu'ils ne comptent pas sur lui. »

Le soldat Garkoucha, qui n’avait pas suivi les ordres du lieutenant le préparant à une marche, s’adresse à lui ainsi : « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Nous autres, on est tous comme ça : on ne croit pas les discours, on veut en tâter nous-mêmes. »

 

Terminons par le bon sens du généralissime Souvorov : « l’instruction est lumière, et l’ignorance ténèbres. C’est à l’œuvre qu’on reconnait l’artisan, et si le paysan ne sait pas manier la charrue, le blé ne poussera pas ! »

 

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°804)


Ville de garnison, terre d’adoption.

La rapport du légionnaire avec sa ville de garnison est toujours fait d'attachement. La cité devient pays pour ces hommes déracinés. Il faut parfois du temps pour que les racines prennent, mais elles prennent toujours...

L'histoire des garnisons liée a celle des régiments

Il y a cinquante ans, le drapeau du 2e REP foulait pour la première fois de son histoire le sol de la métropole, à Calvi, sa garnison dont il partage désormais la vie. Il fut accueilli en 1967 par le maire de la ville, par le commandant du Groupement d’instruction de la Légion étrangère et par les anciens du Bataillon de choc : un symbole riche en émotion et en sens, puisque la famille corse, celle de la Légion et celle des parachutistes, ensemble ouvraient la première page du livre prestigieux que le REP écrit désormais depuis cinquante ans en Corse. L’histoire du REP est étroitement mêlée à celle de sa ville et à celle de la Balagne. C’est la même famille qui avance du même pas, et qui prouve la sagesse et le courage de ceux qui, voilà un demi-siècle, accueillirent avec cœur, détermination et confiance les légionnaires. Leur choix, difficile à l’époque, ne les trompa pas. D’autres anniversaires ont été ou vont être fêtés : en 2016, le 4e Etranger fêtait les 40 ans de l’arrivée des Fortes têtes à Castelnaudary. Il y a 55 ans, le drapeau du 1er Etranger quittait Bel Abbès et arrivait à Aubagne.

Le retour vers la métropole

Les garnisons des régiments de Légion sont jeunes au regard de l’histoire de la Légion. Pendant 130 ans, les légionnaires furent disséminés de par le monde pour le baroud ou pour bâtir. Ils avaient néanmoins leur fief : Bel Abbès, cité qu’ils avaient fondée en gardant le nom de la koubba du marabout qui y était enterré depuis le XVIIIe siècle. Fait rare, puisqu’habituellement, les nouvelles cités construites portaient le nom d’un officier de l’armée d’Afrique. Gite étape en 1840, Bel Abbès accueillit en 1843 un bataillon du 1er Etranger. La décision présidentielle d’y construire une ville fut prise en 1849. Ce fut le général Rollet qui en fit vraiment la maison-mère de la Légion, lors des cérémonies du Centenaire en 1931. A l’indépendance de l’Algérie, les légionnaires, tristes d’abandonner leur ville, organisèrent une veillée d’armes : en rentrant du Tonkin en 1885, le capitaine de Borelli, héros du siège de Tuyen-Quang, avait fait don au musée du grand drapeau de soie pris aux Pavillons noirs durant l’attaque, en spécifiant : « le trophée ne devra jamais quitter Bel Abbès. Si la Légion en part définitivement, il faudra le brûler. » Ce qui fut fait, le soir du 24 octobre 1962, devant 700 légionnaires, qui, lorsque le drapeau cessa de brûler, allumèrent chacun une torche, puis chantèrent le Boudin, « comme pour marquer la volonté de la Légion de se survivre à elle-même », écrira Erwan Bergot. Bel Abbès représentait donc bien plus qu’une simple garnison aux yeux du capitaine de Borelli et de ses légionnaires, dont il écrira « N’ayant à vous ni nom, ni foyer, ni patrie, Rien où mettre l’orgueil de votre sang versé, Humble renoncement, pure chevalerie, C’était dans votre chef que vous l’aviez placé ». En 1931, le général Rollet, Père de la Légion étrangère, plaça cet orgueil dans Bel Abbès, le lieu vénéré de nos aïeux, identifié pour toujours comme ville de la Légion. Aujourd’hui, Aubagne reprend le flambeau, et chaque régiment fait l’effort de suivre sa route dans et avec la cité qui l’accueille.

Suivre sa route, dans et avec la cité qui l’accueille

Lors du 20e anniversaire de l’arrivée du 2e REP à Calvi, M. Xavier Colonna, maire de la ville, concluait son discours en ces termes : « Le temps a fait son œuvre, et dans le bon sens… je voudrais, au nom de la population de Calvi, dire aux légionnaires du 2e REP que si la Légion est leur Patrie, Calvi est maintenant devenu leur pays. »

La chaleur de ces paroles nous fait rappeler que le légionnaire, au départ, est un « déraciné ». La Légion, qui est sa Patrie, lui procure une famille avec laquelle il apprend à combattre et à bâtir, dans le but de partir au baroud ou de construire, quand et là où le devoir l’impose. Cet engagement se fait au service de la France. C’est donc aussi le rôle des officiers de Légion de faire aimer la France aux légionnaires, sans oublier qu’ils sont leur premier contact au quotidien avec la France. Ce travail se poursuit dans la garnison, puis dans la région et dans le pays lors de permissions. Il répond à l’exigence de cette citation d’Eugène Lavisse inscrite dans les manuels d’histoire du temps des Hussards noirs de la République : « Tu dois aimer la France, parce que la nature l'a faite belle, et parce que l'histoire l'a faite grande». La beauté de la France, le légionnaire la perçoit en Corse, en Provence, dans le Lauragais, dans le Midi, dans le Luberon, en Guyane, à Mayotte, en manœuvre, et dans nos grandes villes qu’il découvre à Sentinelle. Quant à l’histoire de France, il sait que la Légion en a modestement écrit quelques pages.

Dans la ville, comme l'un des siens

Homme d’honneur, élu au service de sa cité, et soldat risquant sa vie pour sa Patrie lorsqu’il était Tabor en Indochine avec la Légion, M. Colonna savait qu’il avait fallu du temps pour sceller cette union entre un régiment et sa ville : « Lorsqu’il y a 20 ans Calvi a vu arriver dans ses murs le 2e REP, portant dans les plis de son drapeau l’inscription Honneur et Fidélité, elle a eu un sursaut d’orgueil… Mais la vérité oblige à dire que les circonstances n’étaient pas particulièrement favorables... Voilà, il fallait que le 2e REP ne se contente pas de vivre à côté de la population mais avec elle. Il l’a fait. Il fallait qu’il ait une tenue exemplaire et qu’en dehors de son activité propre il soit aussi, en cas de besoin au service de la population. Il l’a fait aussi et en toutes circonstances. Il fallait également que la ville de Calvi considère le 2e REP comme l’un des siens, l’adopte et le défende contre ses détracteurs. Elle l’a fait, et ce ne fut pas toujours facile. »

Ce devoir mutuel repose sur un respect mutuel. Cette règle, les légionnaires la connaissent bien. Venus volontaires de 150 pays, ils acceptent la discipline consentie et se plient au « ici, c’est comme ça » des règlements et us en vigueur à la Légion étrangère. Leur faculté d’adaptation répond naturellement à ce proverbe corse : « Lorsque tu arrives dans une autre terre, conforme-toi aux usages que tu y trouves. »

Ces règles de bon sens nourrissent la fidélité qui, pas à pas, scelle l’union du soldat et de la cité, pour toujours.

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°803)


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