AALEME

Légionnaire toujours...

  • Plein écran
  • Ecran large
  • Ecran étroit
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size


COMLE

Éditorial...

                   Lettre...

                                 Dossier de presse...


Camerone, ou quand souffle l’esprit de sacrifice

Nous célèbrerons, avec la commémoration du 156e anniversaire du combat de Camerone, l’esprit de sacrifice. C'est à dire le sacrifice suprême et le sacrifice au quotidien.

S'inscrivant pleinement dans ce thème, nous fêterons les vingt ans du 2e Régiment étranger de génie, à cette occasion.

Camerone, ou quand souffle l’esprit de sacrifice

Sans faire ici l’exégèse philosophique de l’esprit de sacrifice, il me semble important de nous préparer à cette échéance du 30 avril en évoquant cette notion dans deux de ses dimensions qui nous intéressent, le sacrifice suprême et le sacrifice au quotidien. Puis de parler du contexte dans lequel il se vit et s’entretient.


Parlons d’abord du sacrifice suprême. Du latin sacrificium, dérivé de sacrificare (de sacer et facio “faire sacré, sacrifier”), le sacrifice consistait initialement en la destruction d’un objet sensible, doué de vie ou censé contenir de la vie, afin de procurer satisfaction et hommage aux divinités. Par analogie, il signifie un renoncement, une privation que l’on s’impose volontairement ou que l’on est forcé de subir, soit en vue d’un bien ou d’un intérêt supérieur, soit par amour pour quelque chose ou quelqu’un. Etre prêt au sacrifice suprême, c’est être prêt à “mourir pour des idées”, mais contrairement à ce que chantait Brassens, souvent de mort brutale. Mais sur ce chapitre, c’est Hélie Denoix de Saint-Marc qui a résumé enune phrase admirable ce qu’est l’esprit de sacrifice : “L’homme est quelque chose qui vaut la peine d’être dépassé et le dépassement suprême, c’est de risquer sa vie pour quelquechose que l’on croit supérieur à soi-même, et c’est là où l’ontrouve le mystère de la guerre et de ces hommes qui font deleur mort l’accomplissement de toute une vie”. Tout est dit. Le sacrifice au quotidien, pour les petites ou les grandes choses, est une somme de privations que l’on s’impose pourêtre fidèle à une idée ou un idéal, pour vivre pleinement une vocation. Sacrifer son temps ou ses loisirs à son métier, sacrifier son bien-être à la rudesse de son quotidien, sacrifier sa famille à son pays, à sa patrie : ce ne sont pas de vains mots pour le soldat. Il est un texte qui chante merveilleusement ce sacrifice au quotidien, c’est la prière du parachutiste, d’André Zirnheld : “Donnez-moi mon Dieu ce qui vous reste, donnez-moi ce que l’on vous refuse, je veux l’insécurité et l’inquiétude, je veux la tourmente et la bagarre (…), que je sois sûr de les avoir toujours, car je n’aurai pas toujours le courage de vousles demander”.

Sacrifice suprême et sacrifice au quotidien s’entrelacent de manière plus forte en fonction du contexte. Durant la Grande Guerre, l’esprit de sacrifice était le levier, la raison même d’une action rituelle aussi individuelle que collective, renforcée par l’horizon indépassable d’un conflit long et au grand nombre de morts. Blaise Cendrars, écrivain-légionnaire, évoque dans “La main coupée” cet esprit de sacrifice où se mêlaient grandeur, résignation, fatalité et détachement, égayé par les petites joies du quotidien et la fraternité d’armes qui le rendaient supportable. Dans les périodes plus calmes, chacun prépare ce rendez-vous à sa façon, tout en sachant qu’à chaque mission opérationnelle, il peut surgir et s’imposer, comme le rappelle l’article 6 du code d’honneur du légionnaire : “la mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout et, s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie”. La Légion étrangère, par ses valeurs, ses traditions, son histoire, l’hommage qu’elle rend à ses morts et l’assurance qu’elle donne de ne jamais les oublier, offre un cadre exceptionnel à cet esprit de sacrifice. Magnifié ainsi, il s’impose à tous et sans jamais éluder la terrible question de la mort, rassure, exalte l’engagement et permet d’espérer.
Au Mexique, à Camerone, en ce mois d’avril 1863, pour la 3e compagnie du 1er bataillon du Régiment étranger commandée par le capitaine Danjou, il ne s’agissait finalement que de renforcer l’escorte d’un convoi transportant de l’argent et des vivres. Réarticulée à la hâte, sacrifiant son quotidien à une nouvelle mission qui semblait routinière, elle se dirigea résolument vers son destin et livra, jusqu’à l’engloutissement, cette lutte de géants qui en fit sa renommée. Chaque légionnaire de la compagnie Danjou, ayant pour habitude de pratiquer le sacrifice au quotidien, fut au rendez-vous de ce sacrifice suprême qui, rappelons-le, oblige : au combat, le chef, qui commande à des hommes animés de l’esprit de sacrifice, a l'impérieux devoir d’honorer ce don de soi en mettant tout en oeuvre pour concevoir une manœuvre épargnant leur vie autant que faire se peut. Au don de soi absolu de ses hommes, qui autorise tous les courages et tous les héroïsmes, le chef doit répondre par le don absolu de sollicitude, qui noue toute confiance. C’est aussi la leçon que nous a transmise le capitaine Jean Danjou.


Le 2e Régiment étranger de génie, lequel depuis sa création, a vu cinq des siens tomber au champ d’honneur, a gagné une fourragère et sait bien ce que sacrifice au quotidien veut dire par sa triple spécificité Légion-Sapeur-Montagne, fête ses vingt ans. Voilà qui illustrera aussi, avec force, le thème de cette année 2019.

Général de brigade Denis Mistral

commandant la Légion étrangère

Képi-blanc Magazine 819


Le front haut et l’âme fière, marchant du pas de nos anciens vers 2025.

L’armée de Terre “au contact” a entamé une nouvelle phase de sa transformation et entre de plain pied dans une nouvelle ère : l’ère SCORPION*.

Le front haut et l’âme fière, marchant du pas de nos anciens vers 2025.

En 2025, elle verra une grande partie de ses équipements et matériels de haute technologie renouvelés. Capable d’être employée en coalition et de participer à la prévention et à la gestion des crises, elle sera dotée de nouveaux moyens de communication en réseaux et de doctrines rénovées. C’est une évolution majeure qui verra émerger de nouveaux matériels, de nouvelles capacités, de nouveaux savoir-faire, de nouveaux métiers. La Légion étrangère, troupe combattante qui représente 11% du volume de la force opérationnelle terrestre, sera pleinement impliquée dans cette transformation et saura répondre présent, sans états d’âmes, forte de ses spécificités et de sa capacité d’adaptation maintes fois éprouvée.

Dans ses “Nouveaux Souvenirs” datant de l’entre-deux guerres, le colonel Maire écrivait, à propos de ces évolutions : “la Légion étrangère forme un bloc qu’il ne faut pas désagréger. On peut le travailler en évitant d’y créer des fissures”. En décembre dernier, lors de la remise des galons de sergent à la promotion qui porte son nom, le major (er) Roos, dont la riche carrière et l’humilité forcent le respect, me confiait : “j’ai connu trois Légions différentes : celle de l’Indochine, celle de l’Algérie et celle d’après. À chaque changement, nous nous sommes toujours débrouillés pour que ça marche bien”. Ces deux remarques, prononcées chacune à près d’un siècle d’intervalle, sont toujours d’actualité. En 2025, la Légion étrangère devra encore une fois être présente à ce rendez-vous qu’elle connait bien et auquel elle n’échappera jamais : celui de l’excellence opérationnelle.

C’est maintenant, dès aujourd’hui, que nous devons avoir la vision de notre Légion future au sein de l’armée de Terre SCORPION. Je vous la livre. Pour garantir que nos régiments soient, en 2025, servis par des légionnaires bien dans leur statut, adaptés à leur emploi et au rendez-vous des exigences opérationnelles, tout en continuant à faire rayonner les spécificités de la Légion étrangère au sein de l’armée de Terre, nous allons porter nos efforts dans trois directions majeures :

D’abord, nous assurer que la Légion étrangère dispose toujours, à cet horizon temporel, d’un système cohérent, juste et humain, autour du statut à titre étranger que chaque légionnaire assume pour l’avoir librement choisi. Le “système Légion”, pensé comme une patrie, s’adaptera, comme cela a toujours été le cas au cours de l’existence de la Légion étrangère, mais nous veillerons sans concession à préserver ce qui fait la cohésion, la force et la réputation de notre institution. Si les moyens d’accomplir la mission changent, les fondamentaux, eux, restent.

Ensuite, veiller à ce que chaque légionnaire trouve sa place dans la Légion de 2025, en étant parfaitement formé, portant un grade et des qualifications qui répondent aux besoins en matière d’encadrement et de spécialités des nouveaux systèmes d’armes, quelle que soit la fonction opérationnelle. Ce sont ces légionnaires qui mèneront nos groupes, nos escouades, nos sections, nos pelotons vers les victoires de demain.

Enfin, préserver sans relâche notre riche patrimoine et continuer à faire rayonner la Légion étrangère au sein de l’armée de Terre, en affirmant ses spécificités afin qu’elle reste toujours une référence et cette troupe solide sur laquelle la France peut compter en toutes circonstances. Après une remontée en puissance réussie, je sais que l’enthousiasme qu’il y a dans nos rangs nous permettra d’être au rendez-vous de cet horizon, afin que la Légion étrangère soit au cœur du projet de l’armée de Terre et y inscrive toute la place des étrangers à son service et au service de la France.

 

Par le Général de brigade Denis Mistral commandant la Légion étrangère

(Éditorial Képi-blanc Magazine N°818)


CAMERONE 2019, le colonel Corbel mis à l'honneur : il sera le porteur de la main du Cne Danjou

Le thème de la cérémonie de Camerone, cette année, sera l'«Esprit de sacrifice» qui sous tend l'action opérationnelle et quotidienne de la Légion étrangère. Ce sera également l'ocassion de fêter les «20 ans du 2ème REG » dont l'histoire récente démontre parfaitement cet esprit.

 

Le thème de la cérémonie de Camerone cette année sera : « Esprit de sacrifice  ».

 

C’est le COL (ER) Loïc CORBEL qui a accepté de nous faire l’honneur d’être le porteur de la main du capitaine DANJOU lors de la cérémonie du 30 avril au Quartier Vienot, à Aubagne. Son passé élogieux dans nos rangs au sein des 2ème REI, BLEM,13ème DBLE, 1er RE et GILE illustre parfaitement l’Esprit de sacrifice au sein de la Légion étrangère. C'est d'ailleurs le thème choisi pour 2019.

Le général Denis Mistral, COMLE a également  tenu à ce que le 2ème REG, dont nous fêtons les 20 ans,  soit mis à l’honneur en participant aux cérémonies à Aubagne. Le plus jeune des régiments de la Légion s’inscrit parfaitement dans ce thème 2019, notamment au regard de son engagement en Afghanistan qui lui a valu d’être décoré de la fourragère de la croix de la valeur militaire.

Ainsi, le colonel en retraite CORBEL sera entouré sur la voie sacrée par quatre accompagnateurs :

  • Le major ISTRE, chevalier de l’ONM, MMI , 2 fois cité.
  • L’adjudant-chef en retraite Viktor BRABEC qui, à 24 ans de service, a quitté récemment l’institution et sert encore le 2e REG comme réserviste. Médaillé militaire, il est cité deux fois.
  • L’adjudant en retraite REYNARD, médaillé militaire également, deux fois cité et blessé de guerre.
  • Le brigadier chef ABDHALLAH du 1er REC, complètera l’équipe des accompagnateurs. Il est médaillé militaire et titulaire d’une citation. Il a été blessé au Mali en 2015.

 

"Porteur de la main" : un insigne honneur au sein de la Légion

 

Loïc Corbel né le 4 juillet 1928 à Rennes dans l’Ille-et-Vilaine. À 20 ans, son baccalauréat en poche, il s’engage le 5 octobre 1948 au titre de l’école spéciale militaire interarmes. À l’issue de sa scolarité militaire de base, il rejoint l’école d’application de l’infanterie le 1er octobre 1950, jour de sa nomination au grade de sous-lieutenant.

Après ces trois années d’études, il est affecté au 27e Régiment d’infanterie à Dijon en octobre 1951.

Volontaire pour servir au sein de la Légion étrangère, il rejoint le Dépôt commun des régiments étrangers à Sidi Bel-Abbès en août 1952. En octobre, il accoste au Tonkin avec ses nouveaux galons de lieutenant. Corbel est affecté au 1er bataillon du 2e Régiment étranger d’infanterie.

Le 2 novembre, il commande le détachement d’un premier échelon de vive force à Ninh Gieng, dans le Nord Vietnam où il entraîne ses hommes avec un courage remarquable à l’abordage d’éléments rebelles. En attendant l’arrivée des échelons suivants, il contraint l’ennemi à un repli précipité, livrant ainsi à nos troupes un important point de passage. Son action lui vaut une citation à l’ordre de l’armée avec attribution de la croix de Guerre des Théâtres d’opérations extérieures avec palme.

Quelques semaines plus tard, le 24 décembre, à Hung-My, il fait stopper une violente attaque ennemie lui occasionnant des pertes sévères tout en s’emparant de l’armement complet d’une section. Il est cité à l’ordre du corps d’armée avec étoile de vermeil par le général de corps d’armée Raoul Salan.

Deux mois plus tard, le 25 février 1953, il est blessé au cours de la prise du village de Dao Xa. Il est alors cité à l’ordre de la brigade.

Toujours en 1953, le 26 novembre, il est blessé alors qu’il est à la tête de ses légionnaires par balle et par éclats de mortier au cours d’un assaut près de Dong Xa. Modèle de courage et d’abnégation, il est de nouveau cité avec palme. Cette nouvelle action au feu lui vaut d’être fait chevalier de la Légion d’honneur le 29 avril 1954 sur décision de monsieur René Coty, président de la République.

En mars 1954, suite à ses blessures de guerre, il est déclaré inapte temporairement à servir dans une unité opérationnelle. Bien que non breveté parachutiste, il se porte volontaire pour être largué sur Dien Bien Phu. Sa candidature est rejetée pour des raisons médicales.

Alors désigné comme aide camp du général commandant la 2e DMT (division militaire du Tonkin), il sillonne avec la section d’escorte les itinéraires minés et barbelés, reconnaissant lui-même des passages très dangereux. Il se distingue tout particulièrement entre le 6 et le 18 juillet 1954 au cours des opérations de désengagements du saillant de Luc-Nam ce qui lui fait mériter une citation à l’ordre de la division.

En novembre, il est réaffecté au 2e REI où il prend le commandement de la 10e compagnie du 3e bataillon au Centre-Annam.

Le 9 février 1955, le lieutenant Corbel embarque sur Le Pasteur et débarque en Tunisie 14 jours plus tard. Après quelques semaines de repos, il est affecté au
2e bataillon en mai. Le 25 décembre, il est au Maroc avec son régiment et prend le commandement de la 6e compagnie. En juin 1956, son bataillon est envoyé en Algérie où il rejoint Sidi Bel-Abbès. La compagnie Corbel est d’abord désignée pour se rendre dans la région de Guelma. Fin juillet, la 6 est envoyée en Oranie pour une mission de contrôle de zone.

Le mois d’août 1956 voit la réorganisation des bataillons du 2e REI : la création des compagnies portées sur véhicules est décidée et Corbel prend le commandement de la 1re de ses unités.

Prenant part pendant une année à toutes les actions contre les bandes rebelles dans les djebels Mekter, Mzi, Mir el Djebel et Ben Smir, il va se distinguer à plusieurs reprises.

Les 12 et 13 mars 1957, il participe brillamment au dégagement du poste de Brézina en infligeant des pertes sensibles à un assaillant dans un terrain très difficile. Les 20 et 21 mars, il prend une part décisive dans une opération à Bou Noukta où il s’empare de vive force du sommet faisant 4 tués et emportant un butin important. Les 13 et 14 avril, il est aux commandes des combats de Krouadi et du djebel Bes Seba au cours desquels l’adversaire laisse 24 tués, 6 prisonniers, 33 armes de guerre et d’importants documents. Le 25 avril, dans la région d’El Rhigha, surprenant une bande rebelle, le lieutenant Corbel en fait tuer 9  et récupère 3 armes de guerre. Enfin, le 11 mai, près du djebel Benidir, il accroche un élément rebelle, lui infligeant 3 tués et capturant 2 ennemis. Pour ces multiples actions, il est cité à l’ordre de l’armée avec attribution d’une palme.

Le 1er octobre 1957, il est nommé au grade de capitaine. Brillant commandant de compagnie de Légion, Corbel se fait remarquer à chaque opération par un sens tactique développé et un courage exemplaire. Au cours des mois de novembre et de décembre, il est impliqué dans la neutralisation de fellaghas autour du poste de Brézina infligeant à l’adversaire 6 tués, mais aussi 3 agents de renseignements et 8 ravitailleurs arrêtés ainsi que 7 armes récupérées. Le 22 janvier 1958, au cours du combat du Tamedda il est blessé par balle à la jambe droite alors qu’il amenait sa compagnie à l’assaut d’un piton tenu par les rebelles. Pour ces actions comme jeune capitaine, Corbel est cité par monsieur Jacques Chaban-Delmas, ministre de la Défense nationale à l’ordre de l’armée avec palme.

Poursuivant leur mission à 430 kilomètres au sud d’Oran, dans le secteur des Arbaouat, les légionnaires du capitaine Corbel maintiennent une pression constante aux fellaghas. Le 5 janvier 1959, à la tête de son unité, Corbel se distingue à nouveau au djebel Alouat en infligeant 10 tués à l’ennemi et en lui prenant 10 armes de guerre. Le 8 avril au djebel Som, par une manœuvre plus que périlleuse, Corbel fait 4 prisonniers et s’empare d’un très important ravitaillement. Le 27 mai, au djebel El Ktev, il accroche un commando rebelle sur un terrain extrêmement difficile. Pour ces actions, il est cité à l’ordre de la division avec étoile d’argent par le général d’armée aérienne Maurice Challe.

En juillet, il est affecté au Bataillon de Légion étrangère à Madagascar où il occupe successivement les emplois d’officier sécurité et de chef du bureau opération. Ses qualités intellectuelles et ses connaissances font de lui un officier d’état-major parfaitement à sa place.

Le 2 octobre 1961, le capitaine Corbel est affecté au Bataillon de marche de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère sur la Côte française des Somalis où il prend le commandement de la 2e compagnie (qui deviendra la 1re compagnie de la 13e DBLE).

Le 1er octobre 1962, il est affecté au 1er Régiment étranger et prend le commandement de la compagnie d’instruction des cadres. Le 1er février 1964, il prend la fonction de chef du détachement de Bonifacio au Groupement d’instruction de la Légion étrangère. Le 1er juillet 1964, il est promu au grade de chef de bataillon. En septembre 1966, il rejoint Aubagne.

Le 1er août 1967, il est muté à la direction technique des armées et de l’inspection.

Le 26 juillet 1970 il débarque à Djibouti et prend la fonction de commandant en second de la 13e DBLE, retrouvant ainsi la Légion étrangère. Le 1er avril 1972, il est promu lieutenant-colonel.

Au terme de ce séjour outre-mer, il est affecté à la Direction du personnel militaire de l’armée de Terre (DPMAT) en octobre 1972.

Les perspectives opérationnelles devenant très réduites pour cet «homme de terrain», il quitte le service actif le 5 octobre 1974. Pour le compte de grandes entreprises françaises, Loïc Corbel s’investira dans la commercialisation d’équipements militaires. Il interviendra avec succès au Proche et Moyen-Orient, en Afrique, à Chypre et jusque dans le Pacifique.

Il quitte la vie active en 1987, modestement persuadé d’avoir servi, comme il le dit, «au mieux, souvent à grands risques» son pays pendant 38 ans, 26 années comme officier de l’armée de terre dont 17 au sein de la Légion étrangère.

Le colonel Corbel est marié et père de trois fils. Il est membre de l’amicale des anciens de la Légion étrangère de Nice.

Commandeur de l’ordre national de la Légion d’honneur, il est titulaire de huit citations et compte trois blessures de guerre.

 

Major Ambrosino Frédéric

Division Rayonnement et Patrimoine / Section Archives


Maitriser les milieux extrêmes, vocation légionnaire que «rien n'empêche»

Le chemin qui mène des étrangers venant du monde entier à s'engager et devenir légionnaires ne change pas les hommes mais les révèle à eux-mêmes

Un engagement pour l'extrême

Chaque année, quelques huit mille hommes venant du monde entier se présentent aux portes de la Légion étrangère. Un bon millier d'entre eux seulement seront sélectionnés et pourront entamer le long chemin qui les mèneront à l'honneur de porter le képi blanc : comprendre et parler le français, devenir légionnaire puis soldat, spécialiste et combattant pour enfi n prétendre à exercer une expertise dans les fonctions opérationnelles qu'offre la Légion étrangère. Et puis, sûrement un jour, recevoir le baptême du feu. Dans le mémento du légionnaire du Régiment de marche de la Légion étrangère de 1945 était écrit l'avertissement suivant : “le combat demeure la phase capitale de l'existence du légionnaire et l’instruction qui va t'être donnée et l'entrainement quotidien auquel tu seras soumis n’ont d’autre but que de te permettre de te présenter dignement et avec le maximum de chances et de succès à cette rude épreuve”. Cette prescription est plus que jamais d'actualité.


Ce chemin de légionnaire, qui ne change pas les hommes mais les révèle à eux-mêmes, offre aussi et surtout ce que le jeune engagé volontaire ne soupçonne pas forcément à son arrivée à la Légion, un engagement en milieux extrêmes : théâtre des opérations, troisième dimension, montagne, désert, forêt équatoriale, milieu aquatique. Autant de défi s qui appellent naturellement le légionnaire et l’on sait qu’en latin, appeler se dit vocare et que ce mot est à l'origine du terme de vocation. D’ailleurs, son histoire et ses chants, quant à eux, lui rappellent sans cesse cette vocation : “de Sidi-bel-Abbès aux sables brûlants de Meknès / sous le soleil brûlant d'Afrique / dans la boue sombre des rizières / à travers pierres et dunes / s'élançant dans la fournaise / nous volons vers l’ennemi...” Autant de références aux milieux extrêmes, qui scellent le destin mais dont il faut parler tout haut, en chantant s’il le faut, pour en atténuer la force, en amoindrir les effets et en conjurer les dangers.

 

Une vocation aux combats éprouvants


Les opérations au Sahel, en Afghanistan, en Irak, au Tchad ou ailleurs ont permis, en quelques années, à tous les régiments de la Légion étrangère d'être déployés dans des conditions de combat particulièrement éprouvantes, aux confins de régions hostiles, nécessitant (dans la mise en œuvre de leurs savoir-faire) une réelle capacité de réactivité et d'adaptation. Et là encore, ils firent comme leurs anciens pour maitriser le milieu.

À Kourou, le 3e Régiment étranger d'infanterie tire son fort esprit de corps de son aptitude à l'engagement en milieu équatorial : Selva ! En 2018, il a attiré d'emblée quarante jeunes légionnaires sortant directement de leur instruction initiale. Régiment en opérations permanentes, son expertise du milieu, reconnue, lui a permis de dispenser au centre d'entrainement en forêt équatoriale (CEFE), cette même année, plus de quatre-vingt formations individuelles et collectives au profi t de deux mille stagiaires, dont de nombreux militaires étrangers.

À Calvi, au 2e Régiment étranger de parachutistes, à chaque compagnie son milieu, de l'amphibie à la montagne en passant par la forêt et le désert. Mais pour tous, c'est d'abord y être parachutiste, spécialité permettant à chacun, selon ses capacités, de suivre le parcours professionnel exaltant des troupes d’assaut au contact de la troisième dimension : l'année dernière, le centre de saut du 2e REP a qualifié cent quatre-vingt jeunes légionnaires, tandis que plusieurs dizaines d’experts parachutistes (chefs de groupe et de section, moniteurs, largueurs, pilotes tandem et commandos parachutistes) sont sortis de ses rangs.

À Laudun, au 1er Régiment étranger de génie, les plongeurs de combat sont les spécialistes des travaux en milieu aquatique et confiné. Recrutés parmi les meilleurs légionnaires, ils suivent une spécialité longue de près de deux ans, exigeante et extrêmement sélective. Aptes à remplir un vaste éventail de missions comme la reconnaissance de réseaux suburbains, de plages, la dépollution, le déminage ou encore les travaux subaquatiques, les plongeurs du génie savent s’infiltrer à l'aide de nombreux moyens nautiques ou aériens.

À Saint-Christol enfin, le 2e Régiment étranger de génie, régiment d'appui-génie de la 27e BIM, maitrise sa triple spécificité légion-sapeur-montagne. Chaque année, il qualifie “montagne” à tous niveaux près de quatre cents cadres et légionnaires. Il forme également ses plongeurs et ses commandos. Le benjamin des régiments de la Légion étrangère, auquel est consacré le dossier du mois et dont nous fêterons cette année les vingt ans, peut s'enorgueillir d'avoir su, comme son ainé le 6e puis 1er REG, porter haut et d'emblée les valeurs d'engagement et d'esprit de sacrifice.

En vingt ans, cinq des siens sont tombés au champ d'honneur et la fourragère aux couleurs de la croix de la Valeur militaire vient orner l'épaule de celui qui arbore l'insigne à la pagode, symbole de l'héritage des unités de génie-Légion d'Indochine. Rien n'empêche, telle est sa devise….

 

Par le Général de brigade Denis Mistral commandant la Légion étrangère

(Éditorial Képi-blanc Magazine N°817)

 


En 2019, belle solidarité légionnaire !

La solidarité légionnaire est le ciment qui unit officiers, sous-officiers et légionnaires en une fraternité sans faille… Nous fréquentons ici, le supplément d'âme de la Légion, son empathie, sa dignité, sa capacité à prendre soin, dans la durée, de ceux qui ont servi dans ses rangs, avec honneur et fidélité.

 

En 2019, belle solidarité légionnaire !

une belle solidarité légionnaire

Je vous présente mes vœux les plus chaleureux, de bonne et heureuse année 2019. Je souhaite à chacun d’entre vous que cette nouvelle année vous apporte satisfactions professionnelles et joies familiales. Je pourrais également vous souhaiter la santé bien sûr, de bonnes missions à venir, une bonne mutation, la réussite dans la carrière et bien d’autres choses encore. Personnellement, je choisis de vous souhaiter tout particulièrement pour 2019, une belle solidarité légionnaire.

Car cette année encore la structure de solidarité de la Légion étrangère sera sur tous les fronts. Depuis le brassage des nationalités opéré par le général Bernelle en 1835, la solidarité légionnaire est toujours le ciment qui unit les étrangers entre eux, par l’acceptation et la tolérance et qui en fait des frères d’armes au service de la France. Cette solidarité, ancienne dans sa forme mais moderne dans son idée, a surtout pris corps avec l’ouverture des centres de repos pour légionnaires dès 1834 à Alger puis plus tard, à Nemours, Dellys ou Hammamet. Celui de la Malmousque, à Marseille, ouvert en 1974, existe toujours et offrira très prochainement un cadre rénové et moderne pour les pensionnaires qui bénéficient là d’un site hors du commun.

une solidarité cohérente

Au cours du XXème siècle, le dispositif s’est étoffé grâce au réseau des amicales d’anciens qui se développe et qui deviendra l’USAL en 1912 puis la FSAL en 1957 et enfin la FSALE en 1960. En coordination étroite avec le BARLE, ses missions sont la solidarité, l’accompagnement, le placement. Chaque légionnaire qui quittera l’institution en 2019 aura une entrevue avec ses anciens qui l’informeront de ce que le réseau d’amicales peut faire pour lui. Et puis la FSALE interviendra, cette année encore, auprès des plus démunis et des familles, continuant à aider financièrement, juridiquement et moralement les anciens légionnaires en difficulté.

Depuis que le Général Rollet fit en 1934 l’acquisition d’un domaine à Auriol, devenu la Maison du légionnaire, et qui accueille 55 pensionnaires aujourd’hui, il y aura en 2019 toujours un toit pour nos anciens. Tout comme à Puyloubier, où l’Institution des Invalides de la Légion étrangère, avec ses 100 places d’hébergement et son domaine de 220 hectares, sera produit le vin de la Légion, notre Puyloubier, ainsi que des produits réalisés par nos anciens : céramiques, reliures, huile d’olive, sérigraphie, etc. La vente de ces produits permettra d’assurer la pérennité du domaine et à chaque ancien légionnaire de n’être jamais laissé pour compte. L’IILE change progressivement de visage, pour accueillir la quatrième génération du feu et les jeunes anciens, que ce soit pour se poser pour mieux rebondir, ou pour y finir sa vie avec ses camarades,. Pour que ces deux établissements que les soldats du monde entier nous envient fonctionnent, le produit de la vente du magazine Képi Blanc pèsera dans les recettes à trouver chaque année. C’est donc bien parce que vous avez payé l’exemplaire que vous tenez actuellement entre les mains que tout cela est possible et que la Légion étrangère vous est infiniment reconnaissante.

une générosité sans faille

Sur le front de la solidarité, sera présent le Cercle Mixte de la Légion étrangère (CMLE) avec ses bénéfices réinvestis au profit de ses ayants-droit, les légionnaires, sous forme d’allocations et investissements. Enfin, le Foyer d’Entraide de la Légion étrangère (FELE) servira encore au bien commun et exercera une solidarité active au profit de tous les militaires, jeunes ou anciens, servant ou ayant servi sous le statut à titre étranger.

Pour nos blessés, le soutien sans relâche sera apporté en 2019, au centre d’hébergement et d’accueil (CHALE) de la Ciotat ou lors de la journée des blessés en juin prochain. La Légion étrangère œuvrera activement avec de nombreux organismes et associations partenaires pour accompagner, aider, réinsérer. Citons parmi eux l’Ordre Souverain de Malte, lié à la Légion étrangère depuis le début des années 90.

En 2019 encore, il y aura des anciens, des amis de la légion, des admirateurs, des redevables, des inconnus qui feront des legs et des dons, sans rien demander en retour, pour que vive cette solidarité. A tous ceux qui agissent discrètement et humblement en ce sens, je dis d’avance merci, mille fois merci.

Et puis il y aura vous. Parce que votre générosité est sœur de cette solidarité et parce que la célèbre expression « A moi la Légion ! » aura encore tout son sens pour vous en cette nouvelle année.  Je vous souhaite une belle solidarité légionnaire 2019.

 

Par le général Denis Mistral, Commandant la Légion étrangère

Éditorial paru dans le Képi Blanc Magazine de janvier 2019 (816)


Ce Noël qui rassemble la Légion étrangère

https://www.legion-etrangere.com/

 

La fête de la Nativité est devenue, pour la Légion étrangère, une fête emblématique. Fête de la fraternité et de la confiance en l’avenir ; elle christallise, dans la culture Légion, le sentiment d'appartenance à une famille vers laquelle chaque légionnaire converge.

 

 

Noël, fête de famille, fête de la fraternité, fête de la confiance en l’avenir.

 

Nous sommes désormais tous habitués à l’éclatement régulier des sections et compagnies. Cependant, si elles éparpillent géographiquement les hommes, nos missions fragmentent les unités, diluent parfois le sentiment d’appartenance et bousculent les liens hiérarchiques qui ont, chez nous, une grande importance. En effet, au gré des activités, les légionnaires changent de chefs, d’équipe, de peloton, de section, de compagnie, de régiment. Cette dispersion des cellules de travail et des unités tout au long de l’année rend plus indispensable encore le besoin de se rassembler autour de ce qui nous est précieux et de retrouver régulièrement ses repères. Noël est l’un de ceux-là.

C’est ainsi que chaque année, au début du mois de décembre, la Légion se rassemble : elle prépare Noël, fête de famille, fête de la fraternité, fête de la confiance en l’avenir.

Au quartier, en opération, en mission, on réfléchit à la forme que prendra la crèche dont le projet reste secret, on spécule sur le gagnant du challenge sportif, on s’invite mutuellement et on célèbre quoi qu’il arrive le moment annoncé et désiré depuis plusieurs jours. Au milieu des dernières activités de l’année, on voit venir cette pause aux accents de fête. La magie commence avec les premiers jours de décembre.

Chaque année, au moment de Noël, la Légion étrangère converge. Quelle que soit leur nationalité ou leur religion, les légionnaires trouvent en Noël l’esprit et les rites d’une fête de famille française traditionnelle. Fête de famille car tout le monde est là, sans exception, quel que soit le grade : c’est bien la famille choisie qui a les faveurs de tous, ce soirlà. Famille traditionnelle française, car pour l’étranger qui est venu chercher l’exil en échange du service des armes de la France, il n’est de meilleur refuge pour l’âme et l’esprit qu’une part de culture intime et familiale de notre pays. Chaque crèche, véritable conte de Noël en son et lumière, est un projet collectif autour duquel les talents des légionnaires se révèlent et s’unissent. “Force les de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères”, nous rappelle avec insistance la leçon la plus connue du Citadelle d’Antoine de Saint-Exupéry. Bien sûr, une crèche à réaliser n’est pas le tunnel de Foum Zabel à percer ou la route de Tizi-N’tichka à construire, mais la démarche est la même : répartition des rôles, révélation des talents, fi erté commune, souvenirs de moments qui unissent entre camarades.

 

Noël, fête légionnaire emblématique

 

Noël rassemble parce que les activités préparatoires et la veillée de Noël, passées dans le huis-clos de la fraternité d’armes, chassent la sombre tentation de la solitude et apportent leur part de bienveillance. C’est le chef de corps qui amnistie, le capitaine commandant qui offre un cadeau, le chef de section qui écoute plus qu’il ne parle, le chef de groupe qui guide et conseille. La discipline, sans se relâcher, se fait moins formelle et subtilement plus discrète au fur et à mesure que s’avance la veillée, révélant les hommes au-delà du galon et offrant à chacun l’occasion de raconter, d’évoquer, d’oublier, de s’épancher. Les griefs sont moins lourds quand ils sont dits tout haut.

Noël, fête légionnaire emblématique : il y a trente ans exactement, le général Le Corre rappelait “ que ce n’était pas le hasard qui avait imposé cette coutume à notre communauté comme l’un des temps forts de sa vie, mais la force des liens qui unissent tous ses membres, cadres et légionnaires ”. Rien n’est plus vrai aujourd’hui.

Je vous souhaite un très joyeux Noël 2018, où que vous soyez, seul ou entre camarades. Que cette fête de Noël vous apporte la joie de célébrer avec ferveur la solidarité légionnaire. J’associe à ces souhaits nos blessés, nos anciens ainsi que nos familles et tous ceux qui, bien que loin de la Légion étrangère, gardent le souvenir des bienfaits de ce moment unique d’unité et de fraternité.

 

Par le Général de brigade Denis Mistral

commandant la Légion étrangère

(Editorial Képi-blanc Magazine N°815)


Lazare Ponticelli : Poilu et Légionnaire

1914, Lazare Ponticelli s’engage dans la Légion étrangère. Une seule motivation : défendre le pays qui l'a accueilli : “C’était ma façon de dire merci”. Dernier poilu mort en 2008, une fresque contemporaine honore désormais sa mémoire au Kremlin Bicêtre

 

En 1914, la première Guerre Mondiale éclate suite à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche. Alors qu’il n’a que 16 ans, Lazare Ponticelli, s’engage dans la Légion étrangère. Une seule motivation : défendre le pays qui lui a donné à manger - comme il le dira lui-même. Arrivé seul d’Italie à 9 ans, Ponticelli fuit son pays où selon ses termes “il crevait de faim depuis la mort de son père et de son frère aîné” avant de se battre pour la France et d’affirmer :

“C’était ma façon de dire merci”.

Décédé en 2008, à l’âge de 110 ans, le dernier des Poilus encore en vie fut mis à l’honneur pour la commémoration du centenaire de l’Armistice. Lui qui fut si souvent présent de son vivant lors des diverses commémorations de la Grande Guerre dans sa ville du Kremlin Bicêtre, sera désormais à jamais intégré aux murs de cette commune du Val de Marne. En effet, deux artistes urbains ont réalisé une fresque géante pour honorer la mémoire du dernier Poilu français au 10 rue Etienne-Dolet, sur la façade d’un immeuble.
La fresque, haute de 13 mètres, a été réalisée en une semaine par les deux artistes Nebay et Tore. Le dessin est un extrait de sa photo de mariage en 1923. Avec cette œuvre, le duo a réussi à allier l’art urbain contemporain avec les grandes heures de notre Histoire, permettant de rassembler un large public. Un excellent moyen de rappeler à quel point ce combattant historique reste un “Monsieur” à ne pas oublier, surtout pour la jeune génération...
Légionnaire de 1Cl Guillaume Lucas
Division rayonnement & patrimoine

En nous recueillant autour de notre drapeau

Texte lu lors de la veillée au drapeau, dans la nuit du 10 au 11 novembre 2018, dans la salle d'honneur du Musée de la Légion étrangère, au sein de la Maison Mère de la Légion étrangère à Aubagne.

Le 12 mars 2008 disparaissait le dernier “poilu” survivant de la guerre de 14/18. Lazare Ponticelli avait 110 ans et avec lui s’est éteinte la longue et glorieuse cohorte des quelques 6000 Engagés Volontaires pour la Durée de la Guerre.

En 1914, la France est une puissance reconnue en Europe. Son histoire, sa culture, son rayonnement suscitent chez les peuples européens une grande admiration et l’exemple de son histoire est un modèle pour ceux qui luttent pour leur liberté́ ou leur indépendance.

Dès que les prémices de la guerre apparaissent, et que le risque d’un nouveau conflit se précise, des voix s’élèvent pour défendre les intérêts de la France. C’est ainsi que le 29 juillet 1914 des intellectuels étrangers présents à Paris appellent au soutien de leur patrie d’adoption en danger.

Mais l’enthousiasme et l’ardeur ne suffisent pas pour faire de bons combattants. La Légion étrangère va instruire et amalgamer ces volontaires pour en constituer quatre régiments. Ces nouvelles unités s’articulent autour d’un noyau de cadres et de légionnaires fiers de leurs campagnes passées (Maroc, Tonkin...). Ils viennent des 1er et 2e Régiments étrangers, basés respectivement à Sidi-Bel-Abbès et à Saïda.

 

Quatre régiments de marche sont constitués en métropole dès 1914

Le 2e Régiment de Marche du 1er Etranger, commandé par le colonel Pein puis par le lieutenant-colonel COT

Le 2e Régiment de Marche du 2e Etranger, commandé par le colonel  Passard

Le 3e Régiment de Marche du 1er Etranger, commandé par le colonel Thiebault

Le 4e Régiment de Marche du 1er Etranger, sous les ordres du lieutenant-colonel Garibaldi

 

L'amalgame ne se fait pas sans quelques froissements, d'autant que la plupart des nouveaux engagés n'ont jamais fait de service militaire. Le sens de l'humain, la qualité de l'encadrement, la vie au front et ses misères, les premières escarmouches, auront vite raison des préventions réciproques, et la solidarité, grande vertu légionnaire, apparaîtra rapidement, faisant disparaître l'écume des éléments mauvais ou indésirables.

Comme le souligne l’historique du Régiment de Marche de la Légion étrangère (RMLE), « l’amalgame des volontaires de 1914 dans les unités de Légion rappelle celui de 1792 dans l’armée Royale : "au début on parlait de soldats de faïence à côté de soldats de porcelaine ; bientôt on a pu voir que toute la vaisselle allait au feu."

Ces quatre régiments sont présents sur le front de fin 1914 à fin 1915 et s’illustrent notamment en Argonne (décembre 1914), dans la Somme et à Craonne (hiver 1914-1915), en Artois (mai 1915) et enfin en Champagne (septembre 1915).

Ainsi, début mai 1915, le 2e régiment de marche du 1er étranger débarque à Saint-Pol-Aubigny, et entre dans le secteur des « Ouvrages blancs ». Il va participer à la bataille d’Artois.

Le 9 mai 1915, l’attaque est lancée et débouche à 10 heures. L’objectif à atteindre est la cote 140.

Le soir, 50 officiers et 1.889 hommes manquent à l’appel.

Le 30 mai, un important renfort permet la reconstitution du régiment.

Le 2e régiment de marche du 1er étranger, malgré ses vides, reste dans le secteur particulièrement agité de Souchez, Carency, le Cabaret Rouge. Le 16 juin, il prend part à l’attaque de Givenchy.

Sans éprouver de pertes aussi sévères que le 9 mai, le régiment, n’en compte par moins 21 officiers et 624 hommes tués, blessés ou disparus.

Le 4 juillet, le régiment part pour Montbéliard. Arrivé à destination, il trouve un renfort de 5 officiers et de 892 hommes, provenant du 3ème régiment de marche du 1er étranger, dissous. Le 2e régiment de marche ainsi porté à l’effectif de 2.060 hommes

Fin aout, le 2e régiment part pour la Champagne en prévision d’enlever le jour de l’attaque l’ensemble des positions allemandes entre la butte de Souain et la route de Souain à Somme-Py.

Le 25 septembre, sous une pluie diluvienne, l’attaque se déclenche à 9h.15.

Le 2e régiment de marche du 1er étranger est envoyé nettoyer le saillant de Presbourg, encore garni de mitrailleuses.

Les trois premiers jours de l’attaque, il ne subit que des pertes légères (9 officiers et 304 hommes tués, blessés ou disparus), mais, le 28 septembre, ayant reçu l’ordre de coopérer à l’enlèvement de la tranchée de la Kultur, il tombe sur des fils de fer intacts et perd 20 officiers et 608 hommes.

En novembre 1915, ils fusionnent pour donner naissance au légendaire RMLE.

Durant la Grande Guerre dans les rangs de la Légion passèrent près de 43 000 hommes appartenant à plus de 50 nations, dont plus de 5 000 furent tués et 30 000 blessés où disparus.

En seulement un an d’existence, le 2ème régiment de marche du 1er Régiment étranger sera cité deux fois à l’ordre de l’Armée.

La journée du 11 novembre, jour anniversaire de l'armistice de 1918 et de commémoration de la victoire et de la paix, est aussi un jour d'hommage à l'ensemble des légionnaires qui sont morts pour la France, qu'ils aient péri dans des conflits actuels ou des conflits anciens.

Depuis le 27 avril 1832 devant Maison Carrée ou la Légion étrangère reçoit son baptême du feu en perdant le lieutenant CHÂM et sept légionnaires, plus de 36 000 légionnaires ont honoré, par le don de leur vie, le contrat qu’ils avaient signé.

La Légion étrangère a su traverser le temps. Elle a résisté aux turbulences de l'histoire.

Elle a toujours su s'adapter à l'évolution des techniques et l'a même parfois provoquée. Elle montre tous les jours qu'elle est capable de s'adapter à toutes les missions nouvelles et quelquefois inattendues qui sont confiées aux armées.

En nous recueillant autour de notre drapeau, méditons ces quelques vers du  poème de Pascal Bonnetti :

 

“Le volontaire étranger”

« Le monde entier disait : la France est en danger ;

Les barbares, demain, camperont dans ses plaines.

Alors cet homme que nous nommions “l’étranger”

Issu de monts latins ou des rives hellènes


Ou des bords d’outre-mer s’étant pris à songer

Au sort qui menaçait les libertés humaines,

Vint à nous, et, s’offrant d’un cœur libre et léger,

Dans nos rangs s’élança sur les hordes germaines.


Quatre ans, il a peiné, saigné, souffert !

Et puis un soir, il est tombé dans cet enfer...


Qui sait si l’Inconnu qui dort sous l’arche immense,

Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé,

N’est pas cet étranger devenu fils de France

Non par le sang reçu mais par le sang versé ? »


Il y a 100 ans, le 11 novembre 1918, le canon se taisait enfin.

Allocution du général Mistral, COMLE, à l'occasion de la veillée de commémoration du centenaire de l’armistice, le 10 novembre 2018 à la Maison Mère de la Légion étrangère (Aubagne).

 

Il y a 100 ans, le 11 novembre 1918, le canon se taisait enfin.

Il y a 100 ans, ce 11 novembre 1918, le rideau descendait sur une des guerres les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité. Durant quatre longues années, la Première Guerre Mondiale a bouleversé les mentalités, modifié la géopolitique de l’Europe et entrainé dans un sillage de mort et de souffrances plusieurs dizaines de millions de personnes, dont les forces vives de notre pays engagées pour la défense de la Patrie et de son sol.

Quelques années après la Guerre, le secrétaire perpétuel de l’Académie Française, écrivait ces mots dans la préface du livre « Ma vieille Légion », du commandant Poirmeur :

« Au nom de tous ceux qui ont vu les volontaires étrangers à l’œuvre, qui les connaissent et qui les aiment, je salue la vieille Légion, rajeunie par la Grande Guerre, auréolée par le sacrifice et consacrée par la Victoire. »

Oui, il y eu ces volontaires étrangers, répondant à « l’appel aux amis de la France », affluant par milliers pour mettre leur vie au service d’un pays devenu leur seconde patrie et qu’ils avaient appris à aimer au point de vouloir prendre les armes pour le défendre. Dans l’élan magnifique des « étrangers patriotes », ils furent, entre 1914 et 1918, près de 43 000 issus de 52 pays différents, à rejoindre les champs de bataille de la Grande Guerre, sous le fanion de la Légion étrangère.

Ainsi, sur le front occidental, en Artois, en Champagne, de la crête détrempée de Vimy aux boues de la Somme, de l’enfer du Chemin des Dames à la percée de la ligne Hindenburg, les légionnaires écrirent en lettre de sang ce chapitre héroïque de leur histoire. Mais plus loin aussi, au Tonkin, au Maroc, dans les Dardanelles et même en Russie, ces étrangers au service de la France feront la preuve de leur esprit de sacrifice, payant de leur vie leur amour indéfectible de leur pays d’adoption et leur révolte de le voir assailli.

A leur tête étaient placés des chefs emblématiques, aux premiers rangs desquels furent Cot, Duriez, Rollet ou encore Maire. Et derrière eux, avec eux,  autour d’eux, les hommes « sans nom », célèbres ou inconnus, ont formé cette cohorte courageuse, qui avait, comme le chantait le légionnaire poète Alan Seeger, « un rendez-vous avec la mort » mais que cela n’arrêtait pas.

Le Régiment de Marche de la Légion étrangère perdit plus de 5000 hommes tués à l’ennemi, 30 000 légionnaires furent blessés ou disparurent.

Honorons aujourd’hui leur mémoire, en toute reconnaissance, en toute fierté, en toute humilité.

Reconnaissance, de nous avoir donné la victoire militaire en ce 11 novembre 1918, d’avoir libéré notre sol dans cet effort absolu à la fois collectif et anonyme dont l’écho, un siècle après, résonne comme un long coup de tonnerre dans notre civilisation.  Sachons, cent ans après et tandis que leur souvenir se fait plus lointain, leur dire encore et à jamais « merci » pour l’héritage qu’ils ont légué à leurs fils, le plus souvent dans le souffle intime et terrible des adieux à cette vie.

Fierté, devant l’ampleur de la tâche qu’ils accomplirent, devant les dangers qu’ils affrontèrent, devant les qualités qu’ils surent développer pour survivre et l’abnégation qui fut la leur. Soyons fiers de leur courage car c’est à la lumière de leurs vertus que nous, soldats, nous avançons.

Humilité enfin, pour puiser dans l’immensité de leur geste, la force d’accomplir, s’il le faut, le jour venu, le même sacrifice, pour la Légion étrangère, pour la France.

Général Denis Mistral
Commandant la Légion étrangère


Page 1 sur 16

Traduction

aa
 

Visiteurs

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui4460
mod_vvisit_counterHier6301
mod_vvisit_counterCette semaine45474
mod_vvisit_counterSemaine dernière56760
mod_vvisit_counterCe mois158079
mod_vvisit_counterMois dernier254048
mod_vvisit_counterDepuis le 11/11/096803214

Qui est en ligne ?

Nous avons 1418 invités en ligne

aaleme.fr

aaleme.fr les News en ligne

Statistiques

Membres : 17
Contenu : 13341
Affiche le nombre de clics des articles : 15535603
You are here LEGION ETRANGERE COMLE Comle