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2015




LIBRE OPINION du Général (2S) François TORRES : Les grands dangers de l’égalitarisme

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Posté le mardi 01 septembre 2015

 

LIBRE OPINION du Général (2S) François TORRES : Les grands dangers de l’égalitarisme

Si aujourd’hui on ausculte avec attention le monde enseignant sur le thème de l’invasion des universités par la masse des reçus au baccalauréat devenu « une salle des pas perdus », on constate que de plus en plus de professeurs prennent conscience des effets pervers du poids du nombre sur la qualité de l’enseignement inéluctablement tirée vers le bas. Par obsession idéologique de nos élites toutes marquées au fer rouge de l’égalitarisme, l’ancestral « bac » n’assure plus aucune sélection et déverse dans les universités des cohortes de jeunes qui entrent dans les études supérieures à la suite d’un très puissant malentendu.

Ce quiproquo de grande ampleur aux conséquences incalculables pour la qualité des ressources humaines de la République et la sécurité du pays se lit déjà dans la vieille origine très élitiste du mot baccalauréat. Issu de l’ancien français « bacheler », du latin médiéval « baccalarius » (jeune homme qui aspirait à devenir chevalier) et de « laureare » (couronne de lauriers), le « bac » était à la fois conçu pour sanctionner les études secondaires et considéré comme le premier grade universitaire. Aujourd’hui, sous l’effet de l’obsession de nivellement, l’examen toujours aussi populaire est devenu selon l’économiste historien Jacques Marseille décédé en 2010 un « monument d’hypocrisie » et un instrument « d’inégalité sociale ».

Un risque pour la sécurité du pays

Qui ne voit pas en effet que, favorisé par une longue suite ininterrompue de réformes confondant le laxisme et le manque de rigueur avec le progrès, le déferlement dans les facultés d’une meute d’étudiants aux dispositions pour les études intellectuelles très incertaines, recèle quelques grands effets pervers. Il donne à peu de frais l’illusion d’appartenir à une élite et tire la qualité universitaire vers le bas. Surtout, il fabrique de gros bataillons de frustrés, dont la rancœur aujourd’hui éventuellement manipulée par le radicalisme religieux proliférant dans les banlieues, constitue un terrible risque pour la sécurité du pays, encore aggravé par la faiblesse de l’emploi, lui-même résultat d’une vision très idéologique et sectaire des relations entre les chefs d’entreprise et leurs employés.

Alors qu’une jeune idéologue, héritière du nivellement opéré en mai 1968, tient les rênes compliquées de l’éducation nationale, tout ceci nous ramène à un vaste non dit que l’obsession égalitaire occulte : le poids incontournable du QI dans le succès ou l’échec du cursus scolaire que les idéologues s’obstinent à nier. Il n’y a que très peu d’intellectuels qui, dans le poids des mantras politiquement corrects, osent aborder ce sujet. L'Américain Charles Murray classé très à droite évoquait déjà la question dans « Real Education » (2009).

Apprendre la rigueur et l'humilité

Pour lui, en voulant forcer la réussite universitaire de ceux que l’étude et la recherche de la vérité n’intéressent pas, les systèmes éducatifs occidentaux outrepassent leurs rôles, perturbent les progrès des plus doués et se condamnent à l’échec par le poids du nombre. Un système éducatif dit-il doit seulement aider tout enfant à « devenir ce qu’il peut ». L’enseignement ne doit être ni trop long, ni trop spécialisé. Il doit apprendre la rigueur, l’humilité, l’analyse des données. Et seule l’élite doit accéder à l’université. On le voit, la charge était violemment à contre courant.

Simon Leys, décédé en 2014, pourfendeur du maoïsme forcené et aveugle des universitaires français des années 60 et 70, noyés dans les aberrations égalitaristes et dont un des biographes disait qu’il appartenait à cette espèce intellectuelle aujourd’hui menacée d’extinction que Nietzsche appelait « les esprits libres », avait livré ses réflexions sur l’éducation le 18 décembre 2005 dans un discours à l’Université catholique de Louvain qui venait de le faire Docteur honoris causa.

En exergue à ses idées qui renvoyaient  à la difficulté de penser de manière indépendante dans le monde moderne, il citait Flaubert ardent défenseur de l’élitisme. Dans une de ses lettres à son ami Ivan Tourgueniev l'auteur de Madame Bovary expliquait : « J’ai toujours tâché de vivre dans une tour d’ivoire, mais une marée de merde en bat les murs à les faire crouler ».  (voir l’excellente biographie de Gustave Flaubert par Michel Winock, Gallimard 2013).

Pour notre sinologue iconoclaste l’université, pour opérer efficacement devait se subordonner à 4 facteurs essentiels : 1) Une communauté de savants ; 2) Une bonne bibliothèque ; 3) Des étudiants (dont il dit qu’ils sont « un élément important mais pas indispensable ») on verra plus loin pourquoi ; 4) des ressources financières, dont il faut cependant veiller à ce qu’elles ne deviennent pas un but au lieu de ne rester qu’un moyen.

La communauté des savants

Pour illustrer l’importance de « la communauté des savants » - ce qui nous ramène à notre sujet du primat indispensable de l’indépendance d’esprit face aux idéologues et aux bureaucrates et par contrecoup face à la nouvelle ministre de l’éducation -, Leys cita un incident survenu en Angleterre il y a quelques années quand un « brillant et fringuant ministre de l’éducation venu visiter une grande et ancienne université » commença son laïus par : « Messieurs, comme vous êtes tous ici des employés de l’université… » ; Sur ce, il fut aussitôt interrompu par un vieux professeur : « Excusez moi Monsieur le Ministre, nous ne sommes pas des employés de l’Université, nous sommes l’Université ».

On ne saurait mieux dire. Il existe en effet des « employés de l’université », logisticiens, administrateurs, techniciens, comptables, financiers, bureaucrates. Ceux-ci ne dirigent pas les universitaires. Ils sont à leur service. On peut regretter qu’en France les universitaires libres d’esprit aient trop souvent abandonné leur indépendance d’esprit aux bureaucrates, aux idéologues et aux politiques.

*

Passons sur les 2ième et 4ième points (la bibliothèque et l’argent) dont l’importance est évidente, comme il est évident que la primauté de l’argent peut, si on n’y prendre garde, perturber l’indépendance académique de l’université.

Le troisième point (les étudiants) est intéressant car il renvoie au poids étouffant du nombre, résultat des démagogies ambiantes qui incitent à envoyer à l’université sans aucune sélection n’importe qui, sujet de cet article.

Leys raconte qu’il avait décidé de quitter l’université quand un recteur avait incité les professeurs à considérer les étudiants comme des « clients », allant jusqu’à autoriser des recalés pour plagiat à se présenter quand même aux examens. En France, les étudiants ne sont pas des « clients », l’université publique étant gratuite. Mais la dérive démagogique est la même, puisque le baccalauréat n’a plus aucune valeur sélective, un ancien ministre de l’éducation ayant même récemment glosé sur l’échec impossible à cet examen autrefois emblématique, au point que, dit-il, « pour rater le bac, il fallait en faire la demande ».

De l'égalité et de la démocratie

Ainsi l’exigence élitiste de l’Université, gage de qualité se trouve-t-elle puissamment affaiblie au nom des principes d’égalité et de démocratie. Mais, précise Simon Leys, et revoilà notre malentendu des origines, si l’exigence d’égalité est une noble aspiration dans sa sphère propre – qui est celle de la justice sociale et de la politique -, l’égalitarisme devient néfaste dans l’ordre de l’esprit où il n’a aucune place.

La démocratie est le seul système politique acceptable, mais précisément il n’a de pertinence qu’en politique. Hors de son domaine propre, elle est synonyme de mort : car la vérité n’est pas démocratique, ni le partage de l’intelligence, ni la beauté, ni l’amour. Une éducation vraiment démocratique serait une éducation qui formerait des hommes capables de maintenir la démocratie en politique ; mais dans son ordre à elle, qui est celui de la culture et du savoir, elle est implacablement aristocratique et élitiste.

Mais qui écoute Simon Leys ou Charles Murray aujourd'hui ?

Que voit-on en effet dans notre belle université française ? Chaque université présente tous les 4 ans son projet pédagogique. Le Ministère de tutelle peut le refuser voire fermer l'université, ce qu'évidemment il se gardera toujours  de faire. A la rentrée de la 4ème année du cycle, les portes s'ouvrent en grand pour accueillir tous les étudiants qui souhaitent s'inscrire, bacheliers ou admis par équivalence, auditeurs libres, élèves étrangers etc. Cet afflux permet de demander davantage de postes d'enseignants lors de la présentation du projet pédagogique au printemps,  renforçant les effectifs des syndicats, et peu importe que 3/4 des inscrits filent vers d'autres occupations avant la fin du 1er trimestre.

Quant à la distinction entre les professeurs qui devraient « être » l'Université et les personnels administratifs, elle n'existe plus depuis l'instauration des commissions paritaires par Edgar Faure où les professeurs, les administratifs qui comprennent le personnel d'entretien, et les étudiants ont le même nombre de voix. Même Lénine n'y avait pas pensé. Ainsi l'Université d'aujourd'hui, à l'instar de notre pays, a entièrement changé de visage.  Et pourquoi en serait-il autrement ? 

Evidemment cette vision des choses sera violemment condamnée par les thuriféraires de « l’excellence pour tous ». Devenu un slogan du ministère de l’éducation nationale, cette notion proche de l’oxymore qui spécule sur la contradiction entre l’exception qualitative et le poids du nombre renvoie au grand malentendu égalitaire, dans un monde où l’élitisme et la sélection sont présentés comme des idées rétrogrades et sectaires, ennemies du peuple.

 

Les menaces qui pèsent sur nous sont multiples. Certaines qui se nourrissent des modes d’action terroristes de l’Islam radical sont directes et bien identifiées. D’autres sont obliques et bouillonnent sous la surface. En galvaudant par idéologie le beau principe républicain de l’égalité des chances devenu l’illusion de l’interchangeabilité de tous, les doctrinaires idéalistes fabriquent des légions de frustrés dont l’insatisfaction devient, avec d’autres, l’un des terreaux, dont se nourrissent les ennemis de la France à partir des entrailles même du pays.

François TORRES
Officier général (2S)

LIBRE OPINION du Général (2S) Bernard MESSANA : « Si tu crois en ton destin… »

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Posté le mardi 01 septembre 2015 

 

LIBRE OPINION du Général (2S) Bernard MESSANA : « Si tu crois en ton destin… »Le 13 janvier dernier, le Premier ministre a déclaré : « La France est en guerre contre l’islamisme radical ». Pour éclairer cette nouvelle « drôle de guerre », le général Bernard Messana explique pourquoi, à son avis, l’islam conduit effectivement des musulmans à mener un combat plus ou moins direct et violent contre ceux qui ne partagent pas leur foi.

« Si tu crois en ton destin ». Ce titre rappellera sûrement quelque chose à certains. Il s’agit en effet des premières paroles d’un chant traditionnel des parachutistes, et peut-être pouvez-vous en fredonner la suite, « [] si tu crois au lendemain, l’ami, faut pas hésiter, prends ton sac et viens sauter ! ». Si l’on en croit la chanson, le saut est donc tout à la fois un test – « faut pas hésiter… » –, et une « clé » pour un destin que l’on voudrait grandiose.

Mais il existe bien d’autres « clés » pouvant donner l’espoir d’un futur d’exception. La chahada, profession de foi musulmane, en est une. Prononcée dans certaines conditions, elle permet de rejoindre le cercle des croyants, communauté fraternelle accueillante et chaleureuse. Le converti, touché par la grâce, délivré des souillures de l’incroyance, se sent soudain plus fort, et respecté. Personne ne lui demande de devenir un éminent connaisseur des textes sacrés. Il lui suffit d’écouter les prêcheurs et d’appréhender l’essence du fait religieux unissant les hommes dans la soumission à un Dieu, Allah, dont il faut, ici-bas, appliquer la loi. Un Dieu fort et juste qui fait des hommes ses ardents serviteurs, les imprégnant d’un sentiment de plénitude, et d’une foi pouvant aller jusqu’au sacrifice.

Ainsi donc, sauter en parachute ou se convertir à l’islam ne seraient que des moyens d’oser croire en son destin, potions magiques donnant « force et courage » pour changer de vie et guider celles de nos concitoyens.

Mais ma comparaison quelque peu provocatrice va s’arrêter là…

Le saut en parachute n’est en effet qu’une sorte d’introduction à l’action, un prélude, une mise en jambes. Les « choses sérieuses » ne commencent qu’après. Le « saut dans l’islam », lui, s’avère d’emblée action, et action globale. Dans tous ses aspects, voilà que la vie est encodée, rythmée, canalisée. L’islam devient le moteur de l’activité humaine, codifiant le mental, disciplinant le spirituel, ordonnant le matériel. C’est une sorte de feu intérieur, une flamme. Une flamme qui éclaire, réchauffe, ou brûle le monde des musulmans

Une flamme qui éclaire, réchauffe, ou brûle le monde des musulmans

Elle éclaire ceux que j’appellerai les « sécularisés ». Elle réchauffe les « fervents ». Elle brûle les « incendiaires ».

Les « sécularisés » ont fait le choix de vivre en France et se sont volontairement adaptés aux coutumes et modes de vie français. Leur religion, ils la vivent un peu comme les Français, dits « de souche », qui vivent leur christianisme raboté par la laïcité. En effet, si le christianisme reste officiellement, et de très loin, la première religion de France, ceux qui s’en réclament se déclarent aussi, le plus souvent, « non pratiquants ». Et vous ne les verrez plus, ou rarement, aux offices religieux. Le concept de laïcité, conçu pour et contre le christianisme, a là parfaitement rempli son office abrasif. Pour le musulman sécularisé, les choses sont encore plus simples. L’islam, en effet, ne comprend pas de clergé, et, contrairement aux discours spécieux concernant les mosquées, le musulman n’a nul besoin impératif de lieux dédiés pour prier. L’islam n’est-il pas d’ailleurs né dans le désert ? Dès lors, vivant en Occident et désireux d’y faire souche, le musulman « sécularisé » se pliera aux modes de vie des indigènes, évitant toute attitude ou discours susceptible de les heurter. Ses femmes, par exemple, ne porteront pas ce voile qui serait un reproche d’impudeur, sorte d’affront pour les occidentales qui ne le portent pas. En bref, l’esprit qui anime la sécularisation musulmane en France est de rendre à César ce qui lui appartient. La religion, c’est une affaire privée, un rapport strictement personnel, direct et discret avec la divinité : « Je n’adore pas ce que vous adorez, et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore (…) À vous votre religion, et à moi ma religion. » (sourate 109/ 2.6.). L’islam est Religion, pas Politique. En Occident, il n’a aucun droit de gérer la Cité, d’en changer les règles. Surtout quand cette Cité a baigné pendant des siècles dans un christianisme qui a marqué les paysages, influencé les lois, conditionné les comportements, structuré la pensée. Les racines chrétiennes sont à la fois bases et architecture interne de notre civilisation. Il y a donc, et la loi de 1905 n’y pouvait rien changer, un gène en forme de croix dans l’ADN du « Français de souche ». Et les musulmans sécularisés l’ont parfaitement compris et accepté. C’est cela, l’art du vivre ensemble.

Les musulmans « fervents » aussi l’ont compris. Mais ils ne s’en accommodent guère. Ils veulent, en France, tenter de vivre comme ils le feraient en terre d’Islam, suivant les préceptes du Coran et des Hadith. Allah, pour eux, porte aussi la couronne de César, et devrait donc gouverner la Cité. Frustrés de ne pouvoir l’exiger de notre République déclarée laïque, les « fervents » vont le mettre en pratique dans leurs communautés, qui s’inscrivent alors dans le paysage français comme des îlots préservés, zones de non droit laïc, à l’écart des miasmes haram, des mécréants : «  Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au jour dernier […] et ceux des gens du Livre qui ne se donnent pas comme religion la religion de la vérité, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation […] ; et qu’ils se fassent petits » (sourate 9/ 29.). À Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, et bien d’autres villes, il suffit de flâner pour, au détour d’une rue, se retrouver soudain en pays musulman et devenir ainsi « l’étranger », pas toujours bienvenu, sommé de se faire « petit » sur son propre sol. C’est donc là l’expression claire d’un communautarisme résolu que des élus couards en mal d’électorat n’hésitent cependant pas, niant effrontément l’évidence, à qualifier de républicain. Dès lors, parfaitement toléré, et par là semi-officialisé, ce communautarisme va s’exprimer avec une insistance proportionnelle à la faiblesse de ses interlocuteurs, par des revendications « pragmatico-provocatrices »– transformons les églises sans paroissiens en mosquées ! –, par un « grignotage » incessant dans tous les domaines, culte, culture, éducation, habitudes vestimentaires, alimentation, liberté d’expression, etc... Comme les dinandiers des souks ciselant leurs plateaux de cuivre, on martèle à petits coups précis la croix génétique du Français en espérant la transformer en croissant.

Quant aux « incendiaires », ce sont des « fervents » qui, s’étant trop approchés de la flamme islamique, se sont embrasés. Ils brûlent alors de combattre pour imposer urbi et orbi la charia, et, comme aux premiers temps de l’islam, soumettre et convertir les incroyants, ou les détruire. Ils ne se contentent pas, en effet, suivant en cela les prescriptions de leur Livre saint, de promettre aux mécréants, dans l’au-delà, le feu de la Gehenne. Mais ils appliquent ici-bas, avec ardeur et inventivité, la peine de mort que le Coran prescrit à ceux qui refusent la soumission : « Quant à ceux qui mécroient, Je vais jeter l’effroi dans leurs cœurs : frappez donc au-dessus des cous, et frappez les aux jointures ! […] Et puis ce n’est point vous qui les avez tués : mais c’est Dieu qui les a tués. » (sourate 8/12.17.). Le califat, aujourd’hui rétabli, et des prêcheurs islamistes virulents vont donc guider l’action des « incendiaires » dans une guerre dite sainte. Mais le combat est global, et ils inspireront aussi et faciliteront les opérations de terrorisme menées dans le monde des mécréants par des « incendiaires » déguisés en « fervents », et parfois même grimés en « sécularisés ». Tuer les blasphémateurs – Charlie-Hebdo –, tuer les Juifs – Hyper-casher –, tuer les « croisés » s’ils viennent polluer les terres d’Islam – le Bardo, Sousse –, tuer le chiite, tuer l’alaouite, tuer, tuer, tuer…

Ne pas avoir peur ?

« N’ayez pas peur ! » clament nos dirigeants politiques, se découvrant soudain une âme de pasteurs tutélaires de la Nation. Et les Français, interloqués, se regardent. De quoi donc ne faut-il pas avoir peur ?

Ne pas avoir peur des « incendiaires » ? Alors qu’au lendemain de l’attentat contre Charlie-Hebdo, nos dirigeants politiques ont déclaré que nous étions en guerre contre eux, que ce soit sur notre sol – opération Sentinelle –, mais aussi dans la bande sahélo-saharienne (BSS) où, justement, le président a ordonné de les « détruire » ! Mais si, dans la BSS, la Force Barkhane fait effectivement la guerre, quoiqu’avec des moyens trop réduits pour espérer pouvoir la gagner, faisons-nous effectivement la guerre sur notre sol ? « Drôle de guerre » ! Le citoyen informé n’arrive pas à comprendre pourquoi la masse imposante et l’extrême précision des informations dont nous semblons disposer sur nos ennemis ne débouchent pas sur une exploitation opérationnelle digne de ce nom. Comme s’il fallait attendre le « flagrant délit » pour agir, ou, dans certains cas douteux, recourir à une justice pointilleuse du temps de paix où le jeu des procédures provoque inéluctablement l’enlisement ! Rejoindre Daech ou Al Qaïda, ou tenter de le faire, n’est-ce pas déclarer la guerre à l’État français ?

Ne pas avoir peur des « fervents » ? Certes, et les propos publics de cette pieuse assemblée magnifient avec lyrisme l’esprit de tolérance et d’ouverture de leur religion… feignant toutefois d’oublier que le Coran n’admet littéralement qu’une religion unique, l’islam, ne laissant aux chrétiens et aux juifs qu’un statut de « dhimmitude », et au mécréant irréductible, le sacrifice. Par ailleurs, pour un esprit cartésien, quel type d’intégration attendre d’une communauté musulmane « fervente » ne dissociant pas spirituel et temporel, se refusant catégoriquement à toute relecture moderne d’un Coran « incréé », et assimilant nos concepts de laïcité et démocratie à des hérésies ? « Not in my name ! » disent les « fervents » devant les crimes des « incendiaires ». Certes, mais doit-on se suffire d’une condamnation des individus « fous de Dieu », en se gardant de condamner leur vision de l’islam issue d’un texte intouchable ? L’intégration vue par les « fervents » se résume alors à une coexistence bancale, sorte d’état de guerre froide où, remettant en question le patrimoine culturel et l’équilibre de civilisation existants, la règle permanente devient celle du compromis, de la transaction, du marchandage, de la cote toujours mal taillée. Les Français non musulmans, et les Français musulmans « sécularisés », conscients de cet envahissement sociétal obstiné qu’ils dénoncent en vain, se sentent bafoués et « s’encolèrent ». Et islamophobie et amalgames naissent et prospèrent, prodromes de déchirements à venir…

Voilà pourquoi les Français ont peur. Mais ce qui les effraye le plus, c’est assurément l’attitude de leurs dirigeants dont ils ressentent, avec une angoisse croissante, l’impuissance.

Impuissance à définir clairement avec les musulmans un islam compatible avec notre République laïque. Si « Vivre en France » est bien le choix de nombreux musulmans, ne doivent-ils pas alors, comme le font déjà les « sécularisés », en assumer le poids, dans toute sa plénitude, selon les lois, mais aussi les us et coutumes français, sans chercher à en contourner l’application, en discuter le bien-fondé ? Tout se passe comme si, ayant su pourtant, au terme d’un long combat, dompter le christianisme, le politique se refusait aujourd’hui à contraindre l’islam à s’adapter aux règles républicaines et laïques, prenant ainsi le risque de réveiller sur notre sol une de ces guerres de religions dont nous avons eu le secret.

Quant aux raisons qui expliquent l’impuissance et les hésitations de nos dirigeants, en exercice ou non, chacun les cherchera, à sa guise, dans ce mélange obscur d’idéologie, de haine de soi, de repentance, de couardise, mais aussi d’électoralisme de bas étage, et de goût irrépressible pour les contrats juteux et les généreuses enveloppes moyen-orientales. J’oubliais l’incompétence et l’inculture…

Que veulent donc les politiques ? Une France « soumise », « houellebecquienne » ? Y aura-t-il alors un politique entrant en résistance pour lancer, pourquoi pas, l’« appel de Rome » ?

Une phrase récente du président de la République devant les ravages des incendies de forêts provoqués par des irresponsables résume à merveille, à la manière d’une « raffarinade », « l’état français » : « Quand on voit les conséquences, on se dit qu’il faut traiter les causes ! »

Traiter les causes ? C’est justement ce que s’apprêtent à faire, à leur manière, des citoyens exaspérés, et désespérés, mais qui veulent encore « croire en un destin… ». Les choix désespérés cependant sont rarement les plus beaux

Bernard MESSANA
Officier général (2S)

LIBRE OPINION de Caroline GALACTEROS

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Posté le samedi 29 août 2015

Pour lutter contre l'afflux de migrants et redevenir une forteresse protectrice de ses peuples, l'Europe doit prendre des décisions difficiles.


Selon l'agence Frontex, 107 500 migrants se sont présentés aux frontières de l'Union européenne en juillet, autant que durant toute l'année 2014. Depuis janvier, plus de 224 000 seraient partis à l'assaut de l'Europe (HCR), 160 000 seraient déjà arrivés sur les côtes grecques, et plus de 2 500 se seraient noyés dans ces traversées de tous les dangers. Selon Berlin, plus de 700 000 malheureux devraient d'ici la fin de l'année avoir cherché à s'établir en Allemagne, dont 40 % en provenance des Balkans (qui viennent d'être déclarés « sûrs » pour limiter l'appel d'air). 10 à 15 % seulement de ces populations sont des « réfugiés politiques », l'immense majorité des autres fuient la misère. Judicieux calcul, singulièrement en France, si l'on considère, avec la Cour des comptes, que 1 % des déboutés du droit d'asile sont effectivement reconduits à la frontière...

Chaque jour porte son lot de nouvelles sinistres : un naufrage en Méditerranée de miséreux terrifiés, le Tunnel sous la Manche paralysé par les passages sauvages, les îles grecques prises d'assaut, la France débordée à Calais, l'Italie à Vintimille, la panique d'États membres déchirés entre empathie et indifférence. La cacophonie européenne habituelle, se rassure-t-on. Non. Cette fois, l'Europe fait face à une attaque sans précédent, au moins partiellement planifiée, qui vise la déstructuration en profondeur de nos sociétés. L'Allemagne se raidit et dénonce la réalité d'une immigration « de confort ». La Hongrie, l'Autriche, la Bulgarie, le Danemark n'entendent pas plus se laisser prendre dans la mélasse de la mauvaise conscience. Mais, sans action radicale et coordonnée, c'est l'adversaire qui triomphe, instrumentalisant notre humanisme empathique, secondé par des médias avides de sensationnalisme. Lorsqu'on voit des policiers ou des marins excédés dégonfler des canots surchargés de pauvres hères, c'est l'image de l'Europe accueillante qui succombe, c'est notre vulnérabilité qui crève l'écran. L'Europe n'est plus une forteresse protectrice de ses peuples, c'est une passoire.

Une crise est géopolitique bien plus qu'humanitaire

Mais cette crise est géopolitique bien plus qu'humanitaire : nous nous débattons dans le piège tendu par une organisation terroriste État islamique très organisée et surtout conséquente. Le « calife » al-Baghdadi, chef de Daesh, que nous répugnons toujours à combattre au sol, nous contentant de frappes si ciblées qu'elles ne font que galvaniser ses effectifs grandissants, n'avait-il pas annoncé dès février dernier qu'il submergerait le fragile esquif européen « de 500 000 migrants à partir de la Libye » si l'Italie se joignait à la coalition ? Les Soudanais, Érythréens, Afghans, Irakiens et Syriens, eux aussi malmenés par les bouleversements géopolitiques en cours en Afrique et au Moyen-Orient, n'ont fait que prendre en marche le train de cette macabre prophétie…

Les dirigeants de Daesh disent ce qu'ils font et font ce qu'ils disent. L'Europe, elle, ne dit toujours pas ce qu'elle veut faire ni ne fait ce qu'elle énonce : le blocus des côtes libyennes, la destruction préventive des bateaux, etc. Souhaitons que l'accord franco-britannique sur la lutte contre les passeurs à Calais nous fasse mentir. Engluée dans la procrastination, l'Europe donne le spectacle quotidien de sa désunion et de sa pusillanimité. Elle est coupable en premier lieu envers ses propres populations. Coupable de ne pas porter le bon diagnostic sur la nature et la gravité de la menace ; de ne pas admettre que ses États sont en guerre, de s'accrocher comme à une bouée dégonflée à ses « valeurs », sans oser le seul choix salutaire : répondre à Daesh. Sur le double front de l'intransigeance migratoire, en mettant déjà en œuvre un blocus militaire sans failles de la Libye et une fermeture efficace de ses frontières, et d'une intervention militaire massive au sol (avec forces spéciales américaines et frappes françaises en Syrie), pour contrer ceux que l'on a trop longtemps soutenus : les islamistes sunnites de « l'Armée de la conquête », qui n'ont rien de modéré ou de représentatif, et veulent mettre en pièces le régime de Bachar el-Assad afin de prendre le pouvoir en Syrie. Même leurs mentors saoudiens commencent à s'en inquiéter.

Idéalisme entêté, mâtiné de cynisme

Évidemment, le non-dit implicite du discours de nos « responsables » est que nous sommes les fauteurs de troubles de ces territoires en guerre (Irak, Afghanistan, Syrie, Libye, Sahel…) et que nous devons recueillir les malheureux que notre aventurisme militaire et politique a jetés hors de chez eux. Partiellement vrai. La France s'est, certes, imprudemment engagée en Libye et a contribué à la déstructuration violente de cet État. Mais le chaos irakien, matrice de toute la déstabilisation régionale, ne lui est nullement imputable, et son action courageuse au Sahel, même à l'aune de ses moyens insuffisants, doit être portée à son crédit. Quant à la Syrie, notre dogmatisme à l'égard de Bachar el-Assad qui était (comme Saddam Hussein ou Kadhafi d'ailleurs) le dernier rempart d'un équilibre ethnico-religieux imparfait mais protecteur des minorités, notamment chrétiennes, est désormais clairement en porte-à-faux par rapport au réalisme américain (comme sur les dossiers russe ou iranien).

Combien de massacres faudra-t-il encore laisser commettre, combien de morts, de chrétiens d'Orient livrés à la sauvagerie de l'ennemi, d'otages et d'attentats, avant de reconnaître que l'on s'est trompé d'ennemi une fois encore ? Espérons que le soutien unanime le 17 août du Conseil de sécurité des Nations unies à un plan « inclusif » pour des pourparlers de paix en Syrie amorce un retour au réalisme politique et stratégique, notamment du côté occidental. Notre idéalisme entêté, parfois mâtiné de cynisme, a contribué depuis quatre ans au martyre de ce pays.

Il n'est pas trop tard. Mais il faut du courage, celui de dire la vérité et d'en assumer les conséquences. Nous sommes en guerre. Nos opinions l'ont compris. Ce sont nos politiques (et aussi certains « analystes » aussi lunaires qu'irresponsables), notamment en France, qui refusent de l'admettre et de prendre les décisions – pas longtemps impopulaires – qui s'imposent. Devant cette invasion planifiée, nous n'avons plus le choix : nous devons fermer pour quelques années au moins les frontières de l'Europe à toutes les immigrations, humanitaires et même politiques. Nous devons faire en sorte que Daesh comprenne que son entreprise a échoué, qu'il ne submergera pas nos États, n'infiltrera pas ses kamikazes ni ne sèmera la discorde dans nos communautés. Il n'y a pas trente-six façons de convaincre al-Baghdadi et ses sbires, comme d'ailleurs les réseaux de passeurs, que leur idée n'est plus rentable, ni politiquement ni financièrement. La politique européenne doit devenir une politique d'accueil exceptionnel sous conditions strictes. Non plus : « on accueille par principe tout le monde sauf… », mais « on n'accueille personne sauf… » ; strictement l'inverse de ce qui provoque actuellement l'engorgement des dispositifs d'enregistrement et d'accueil. Schengen est mort. Ce dispositif était valable pour la circulation des biens et des capitaux. Mais ces hommes, ces femmes et ces enfants déversés sur les côtes italiennes et grecques ne sont pas des biens ou des capitaux ; ce sont des armes de destruction massive d'un nouveau genre, des vecteurs, malgré eux, de déstabilisation politique et de mutation identitaire.

Montée des populismes

À force de nier, de renier son histoire et son identité chrétienne comme s'il s'agissait d'une maladie honteuse, l'Europe, et singulièrement la France, ont offert leurs flancs désarmés à l'offensive politique d'un islam conquérant pris en mains par des chefs déterminés et ambitieux. Notre pusillanimité les ravit. Quel cadeau inespéré que ces politiciens incapables pour la plupart de voir loin, de décider les priorités de l'action publique, ces gestionnaires qui ne dirigent rien et confondent laxisme et relativisme ! L'abstention électorale et la défiance envers le politique explosent ? Qu'à cela ne tienne ! On naturalise massivement de nouvelles catégories d'électeurs, qui voteront bientôt avec gratitude pour des pouvoirs leur assurant une survie confortable aux dépens d'une France laborieuse, d'en haut et d'en bas, écœurée par tant d'opportunisme et d'encouragement au communautarisme et à la haine sociale. Tout cela au nom d'une laïcité dévoyée et de valeurs républicaines distordues par le revanchisme social. Comment oser dès lors s'étonner de la montée d'un populisme qui fait son lit de cette pleutrerie des « partis de gouvernement » quêtant la popularité dans le renoncement ? Le ras-le-bol populaire gronde.

Comme la France en son temps, l'Europe « ne peut accueillir toute la misère du monde ». Elle n'en a plus les moyens et de moins en moins la volonté. Riche par rapport aux parties du monde à feu et à sang, l'UE est en crise politique et identitaire profonde et en régression économique et sociale sensible par rapport à ses concurrents directs. Sans parler de son poids stratégique en recul. Elle n'est pas attaquée pour rien. Elle est le maillon faible d'un Occident qui vacille. Elle doit prendre soin de ses propres citoyens, et n'a ni emplois, ni logements, ni argent à offrir à des masses de migrants « catapultés », dans une version moderne du siège médiéval, pour modifier la composition démographique, ethnique et religieuse de nos États. Il est en fait de notre devoir moral de stopper l'accueil « de seconde zone » des migrants, indigne de nos standards de solidarité. Le paradoxe n'est qu'apparent. Un peu comme cette consigne de sécurité aérienne contre-intuitive, qui rappelle qu'en cas de dépressurisation de la cabine, il faut d'abord mettre son propre masque à oxygène avant de songer à en munir les enfants et à leur porter secours.

C'est une décision douloureuse, un renoncement apparent à ce qui a fait l'histoire de l'Europe, et singulièrement celle de la France. Mais nous sommes en lambeaux. Notre identité nationale, le cœur même du « pacte républicain » sont mis à mal, notre société est percée de mille flèches qui ont pour noms démagogie, électoralisme, communautarisme, ultra-individualisme, surendettement public, inefficacité administrative, naïveté internationale, dogmatisme diplomatique. Ce virage sécuritaire serré n'est que la rançon soudaine d'un trop long laxisme, d'un aveuglement entêté sur les ressorts de la résilience des sociétés modernes. Nous payons l'acceptation béate, depuis 25 ans, de « l'horizontalisation » massive du monde, de l'abaissement des États, de l'explosion des réseaux sociaux – vecteurs de progrès pour les libertés mais aussi caisses de résonance  pour les idéologies les plus macabres –, de l'hyper connectivité qui produit peu de lien mais bien des connexions assassines. Nous payons dans la douleur notre renoncement à l'autorité politique, à la hiérarchie des valeurs, à la prescription assumée des comportements individuels et collectifs. La sanction des faits est redoutable. Elle devient mortelle. À quoi sert d'être « le pays des droits de l'homme » si notre population entre dans l'ère de la défiance politique radicale, du chômage de masse et du non-travail, s'appauvrit et se désespère, se voit sommée de financer à fonds perdus des chimères humanitaires alors que ses équilibres sociaux primaires sont mis en péril par ces utopies ?

Caroline GALACTEROS
Le Point.fr


Souvenirs de Djibouti

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La Plume et le Képi

Publié le 13 août 2015 par légionnaires-officiers

La célèbre place des mouches.

La célèbre place des mouches.

Un souvenir ne me quitte pas quand il m’arrive de penser à cette ville de Djibouti située dans la corne de l’Afrique, c’est celui de « la rue des mouches ». Beaucoup de rues se ressemblent dans cette ville, mais la plus typique, haute en couleurs, reste cette rue jonchée de détritus et de carcasses de matelas. De part et d’autre d’un chemin de terre bosselé, je revois ces tailleurs de vêtements qui vous confectionnaient en un temps record l’habit de votre choix, ils frappaient la pédale de leur vieille machine à coudre comme s’ils jouaient de la musique, peut-être en jouaient-ils… Je revois cette place des mouches où l’odeur de la viande et du poisson incommodait et attirait trop de mouches… C’était le lieu de ballade attitrée de ces femmes djiboutiennes drapées dans leur « diri’», longue étoffe colorée, un châle encadrant leur visage chocolat qu’agrémentait, souvent, un léger fard mauve pailleté qui faisait briller leurs paupières. Dans ce pays musulman, les hommes tenaient à la beauté de leurs femmes.

Il est des moments où l’homme le plus érudit a le sentiment, pour parler en quelques mots d’une belle fille, de ne pouvoir utiliser que la poésie… Difficile de ne pas remarquer dans ce quartier populaire ces djiboutiennes éclatantes qui font vivre du matin au soir ces lieux de rassemblement  populaire. Des vendeuses ambulantes sont regroupées, assises dans la poussière sur de grands cartons d’emballage, certaines ont la figure peinte de « houroud »   poudre jaune à base de Curcuma.

A l’ombre des cafés, les hommes se tiennent à l’écart de cette activité observant les passantes. Mais l’après-midi est dédié à un tout autre passe-temps : la consommation du « khat », une plante verte aux propriétés euphorisantes qui, chaque jour, ralentit le rythme du pays après une frénétique accélération aux abords de l’aéroport où arrivent, avant l’heure de la sieste, les ballots de « khat » en provenance des hauts plateaux éthiopiens et la course effrénée des taxis qui livrent en ville. Promesse  d’évasion en voyages immobiles, de grands départs dans l’imaginaire… Allongés sur des nattes de paille, le coude posé sur un coussin, les « Warias » ont troqué leur tenue de travail pour un « Fouta », large tissu qu’ils enroulent autour de la taille et qui leur fait comme une longue jupe. Les premières heures sont celles de l’hilarité, ils échangent, analysent, règlent des conflits, commentent la politique, fument et boivent des sodas… bref, ils palabrent à l’ombre. Après cette allégresse vient le repli sur soi, réaction où leurs gestes ralentissent ;  alors, ils n’écoutent plus, la réalité disparaît pour un dialogue intérieur joues gonflées par la boule de « khat ». L’aventure prend fin au coucher du soleil, les brouteurs  sont imprégnés d’inquiétude et de mal-être. Pourtant chaque jour, ils recommencent, c’est la fin du rêve éveillé.

L’aridité étouffante prive de tout, sauf d’illusions. Dans cette région du globe, les habitants vivent au rythme du soleil et de ce « khat » promesse de rêves sans lendemain.

J’ai beaucoup apprécié mes séjours dans le plus petit des pays africains. La Légion y a laissé son empreinte, mais  le   « Kramsin »  et une ingratitude politique ont effacé, à tout jamais, les traces de la "phalange magnifique".

Ainsi va le monde… 

Souvenirs de Djibouti

HOMMAGE AU 11ème ET 12ème REGIMENT ETRANGER D'INFANTERIE 1939-1940

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AUTORITE 21 HISTOIRE & DEFENSE

Jun 28, 2015

On a trop souvent entendu dire à cause d'une « sale et répugnante » propagande que nos Armées ne s'étaient pas battues en 1940. Pourtant ce n'est pas le cas. Les actes héroïques de résistance à la pression infernale de la « blietzkrieg » nazie a eu lieu un peu partout sur la « ligne de contact » et nos Forces ont combattu dans l'Honneur avec les seuls moyens dont elles disposaient.
Voici le cas du 11e Régiment étranger d'Infanterie qui disparu dans la tourmenta après avoir combattu jusqu'au bout en perdant un grand nombre de ses effectifs.

 


En 1939, la Légion présente le plus gros effectif de toute son histoire, avec plus de 45.000 hommes. Les 11e et 12e REI, le GRD 97 ( Groupe de Reconnaissance Divisionnaire N°97), les 21e, 22e et 23e RMVE (Régiments de Marche de Volontaires étrangers), disparaissent dans la tourmente de 1940.

La toute jeune 13e DBLE (Demi-brigade de Légion étrangère) s'illustre à Narvik (Norvège), seule victoire française de la campagne de 1940. Elle entreprend ensuite une épopée qui la mènera de Bir Hakeim en 1942, jusqu'à la Victoire finale, aux côtés du 1er REC et du RMLE.

En France, aux heures tragiques de juin 1940, les 11e et 12e étrangers, le 1er Régiment étranger de Cavalerie mènent un combat désespéré et sauvent l’honneur

 

 



LE 11e REI 1939-1940 :
Le 11e Régiment étranger d’Infanterie est un régiment de la Légion étrangère créé au début de la Seconde Guerre mondiale en 1939 et dissous en 1940.

Le régiment est créé le 6 novembre 1939 à partir de réservistes et de légionnaires provenant d'autres unités. Constitué à l'origine de 3 000 hommes environ, il se compose de 3 Bataillons.

Affecté au secteur de Sedan, au sein de la 6e Division d'Infanterie Nord Africaine (6èDINA), il résiste héroïquement au Bois d'Inor puis à Saint Germain sur Meuse les 27 et 28 mai 1940 où ses pertes sont estimées à plus de 300 hommes. Le 18 juin 1940, pour briser l'encerclement lors de la retraite, il perd la quasi-totalité de son 2e Bataillon dont son Commandant. Le Régiment se rend le 23 juin, a bout de munitions, ne pouvant donc plus combattre, il brûle son drapeau et cache sa cravate afin qu'il ne tombe pas aux mains de l'ennemi. Il ne compte plus alors que 800 hommes dont beaucoup sont blessés. Le 11e étranger s'est battu dans le plus pur esprit de CAMERONE.

DRAPEAU :
  
Inscription : CAMERONE 1863

Emblème brulé pour qu'il ne tombe pas aux mains de l'ennemi.

CHEFS DE CORPS :

Colonel Maire

Colonel Robert

Colonel Clément


LE 12e R.E.I - 1940 :

Le 12e  Régiment étranger d’Infanterie est un régiment de la Légion étrangère créé au début de la Seconde Guerre mondiale en février 1940 et dissous la même année lors de l'armistice.
  
Le Régiment est créé le 24 février 1940 à partir de réservistes de la Légion, d'engagés d'Afrique du Nord et de Volontaires étrangers. Il comporte 3 bataillons.
   
Affecté à la 8e Division d'Infanterie (8e DI), son 3e bataillon est totalement anéanti lors de la défense des ponts sur l'Aisne le 6 juin 1940 (secteur de Soissons).

DEVISE :
     
Honneur et Fidélité, Valeur et Discipline

CHEF DE CORPS : Colonel Besson
      
DRAPEAU : Inscription : CAMERONE 1863

"AUX MORTS" !

Cultiver la solidarité

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À Puyloubier, dans les Bouches-du-Rhône, l’Institution des invalides de la Légion étrangère accueille et aide à se réinsérer près d’une centaine de pensionnaires. Tous participent à la vie du lieu qui connaît un moment important aux vendanges, lorsque de jeunes légionnaires viennent prêter main-forte à leurs aînés.

Le soleil se lève sur la montagne Sainte-Victoire. Une douce lumière inonde le domaine Capitaine Danjou, à Puyloubier, dans les Bouches-du-Rhône. Rassemblés dans les vignes, 90 légionnaires d’active se munissent de sécateurs et de seaux. Comme chaque année, ils participent à une mission bien particulière : vendanger les parcelles de vignes de l’Institution des invalides de la Légion étrangère (Iile). Un geste de solidarité envers les anciens qui habitent ce lieu si particulier. Structure unique en France, l’Iile a pour mission d’accueillir, d’héberger, d’administrer, de soigner et de réinsérer d’anciens képis blancs.

le château, bâtiment principal du domaine Capitaine Danjou, abrite les bureaux de la direction et le musée de l’uniforme.

1954. La guerre d’Indochine touche à sa fn : elle a fait de nombreux invalides. La Légion décide alors d’ouvrir un lieu pour prendre en charge ces militaires rendus à la vie civile après avoir été réformés. Ils sont ainsi près de 180 à intégrer l’Iile lors de son ouverture, en 1955. Depuis, l’Institution n’a jamais fermé ses portes et continue à accueillir des légionnaires blessés physiquement ou « blessés de la vie », qui n’arrivent pas à trouver leur place dans le monde civil.
Aucun grade, aucun critère d’ancienneté de service et aucun revenu particulier ne sont exigés. Le seul sésame est le certifcat de bonne conduite attribué en fn de service. « Aujourd’hui l’Iile offre l’hospitalité à 87 hommes, âgés de 30 à 92 ans. Nous comptons quatorze nationalités différentes et deux apatrides », explique le lieutenant- colonel Daniel Bouchez, directeur de l’Institution. Le temps des séjours varie en fonction des pensionnaires. Le doyen actuel est arrivé en 1968 et n’a plus jamais quitté les lieux. « Dernièrement, l’un d’entre eux a retrouvé un travail et un logement dans le civil. C’est un exemple de réinsertion réussi. Son séjour à Puyloubier lui a permis de reprendre confance en lui », se félicite le lieutenant- colonel Daniel Bouchez. Pour l’épauler, le directeur de l’Iile peut compter sur une quinzaine de légionnaires d’active et du personnel civil, souvent d’anciens légionnaires reconvertis.
Ensemble, ils veillent au bien-être des pensionnaires. Ceux-ci vivent à « l’hémicycle », un grand bâtiment de style colonial qui domine le domaine. Chacun dispose d’une chambre individuelle. « Ils doivent respecter le règlement intérieur et sont libres de circuler ou de partir “en permission”, explique l’adjudant-chef Laurent Fransquin, chef de l’hémicycle. Je veille à ce qu’ils soient bien logés et qu’ils ne manquent de rien ! Je leur trouve des occupations, car il est important pour eux de savoir qu’ils servent à quelque chose. » Les pensionnaires participent ainsi à la vie du lieu en fonction de leur condition physique. « Ici, depuis l’origine, la réinsertion passe par le travail, souligne le directeur. Nous proposons des ateliers fonctionnels au sein desquels les hommes s’attachent à entretenir les abords du domaine, des ateliers occupationnels offrant de réaliser de la reliure et de la céramique, ainsi qu’un atelier production avec l’olivier et la vigne. L’activité viticole est très importante. » En effet, la vente du produit de la vigne subvient quasi exclusivement aux besoins financiers de l’Institution, qui ne reçoit aucune subvention de la part de l’État. Elle bénéficie aussi du soutien du foyer d’entraide et de solidarité de la Légion étrangère qui collecte des legs et des dons au profit de la Légion.

des hommes du commandement de la Légion étrangère, du 1er régiment étranger et du 1er régiment étranger de cavalerie aident les pensionnaires à vendanger les 40 hectares de vigne du domaine.

Vendanger dans la fraternité

L’adjudant-chef Laurent Fransquin veille également au respect de la discipline. « Les pensionnaires ont besoin de cette rigueur militaire. Durant toute leur vie, ils ont été commandés, ils ont respecté des règles. » « Ici, j’apprécie particulièrement l’encadrement militaire. Tout est carré : la discipline règne. Ce n’est pas comme dans le civil, témoigne Berthold Vossler, l’un des doyens de l’Institution. Cela fait plus de dix ans que je suis à l’Iile. Vous savez : légionnaire un jour, légionnaire toujours ! Avant je vivais seul, j’avais ma maison. Mais je m’ennuyais. J’ai ni ascendants, ni descendance. Ici, je suis entouré de mes frères d’armes. »

 

Un pensionnaire à l’ouvrage dans l’atelier de reliure.

 

Les vendanges représentent un moment important. Jeunes légionnaires et anciens travaillent ensemble. Il n’y a plus aucune nationalité, ancienneté, grade, âge… tous exercent la même activité dans un esprit de solidarité. « Cette fraternité dans la Légion existe tous les jours. Nous possédons un code d’honneur qui dit qu’au combat comme dans la vie, on n’abandonne jamais les siens », souligne le lieutenantcolonel Daniel Bouchez.

L’Institution des invalides de la Légion étrangère compte 220 hectares dont 40 sont dédiés à la culture de la vigne. Les pensionnaires produisent du vin rouge, blanc et rosé d’appellation d’origine contrôlée Côtes de Provence. Cette production représente environ 220 000 bouteilles par an, commercialisée au profit de l’Iile. Ces vins, dont la qualité est aujourd’hui unanimement reconnue, s’exportent partout dans le monde. Si vous souhaitez faire un don ou déguster une bouteille de l’Iile rendez-vous sur : www.legion-boutique.com/info_vin.php

La matinée touche à sa fin. Dans un rang de vigne, l’ancien légionnaire Clement Addante explique à ses collègues d’un jour comment s’organiser pour cueillir les grappes de raisin rapidement. « Il s’agit de mes cinquièmes vendanges à l’Iile. C’est agréable d’être avec ces jeunes. Il y a quarante ans, j’étais à leur place, à Puyloubier, à aider mes aînés. Ça fait partie de la solidarité. Il est primordial de ne pas oublier les anciens et les légionnaires en détresse. » À côté de lui, le maréchal des logis Fabien S., du 1er régiment étranger de cavalerie, écoute en souriant ses recommandations, puis témoigne : « C’est une chance pour nous de pouvoir donner un coup de main aux anciens. Tout le monde y met du sien. Tout un esprit légion prend alors forme à travers la cohésion.
Car sans solidarité, un corps de troupe ne peut pas avancer correctement. » Une fraternité, une solidarité et un esprit de corps qui contribuent à rendre l’Iile si exceptionnelle.

Carine Bobbera 


Lettre d'ailleurs nº 152

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La Plume et le Képi

Publié le 12 août 2015par légionnaires-officiers

 

Insigne de la promotion de Linarès

Insigne de la promotion de Linarès

En 52 à Hanoï

L’ancien adjudant-chef Leclerc a, depuis de nombreux mois, trouvé ce que je considère comme une excellente occupation : il publie dans Facebook sur une page dédiée aux Légionnaires du 1er REC, des documents photographiques anciens nous montrant des facettes de l’histoire légionnaire du plus grand intérêt. Aujourd’hui une perle : un ordre du jour du général de Linarès adressé à nos compagnons du nord Tonkin, portion du territoire indochinois dont il avait le commandement au début des années 50, plus exactement entre 1951 et 1953. Il est mort en 1955 à l’hôpital de Baden-Baden ; son fils, qui commandait un bataillon de chasseurs alpins, a trouvé la mort en montagne en 1972.

Une promotion de saint-Cyr, la « de Linarès » regroupe l’hommage fait conjointement au père et à son fils.

Je loue l’action de l’adjudant-chef Leclerc qui permet, par l’exhumation qu’il fait de ces vieux documents, de les porter à la connaissance du plus grand nombre et, je ne résiste pas à publier in-extenso l’ordre du jour que le général adressait en 1952 à ses légionnaires :

« Officiers, Sous-officiers, Caporaux et Légionnaires du Tonkin,

D’autres pleurent leurs Morts. Vous Légionnaires vous les fêtez, précisément parce que vous connaissez le prix de la vie et parce que vous avez la même ardeur insouciante pour aller au-devant des plaisirs de la vie que pour affronter la Mort.

Comme Soldat parlant à des Soldats, il m’apparaît inutile de vous rappeler les Campagnes menées par la Troupe d’élite à laquelle vous avez l’honneur d’appartenir. Mais, ce que je veux vous dire, moi qui suis votre Chef ici, c’est que les fastes de votre Légion s’identifient à la gloire de la France ; et que vous tous, Légionnaires qui m’écoutez, êtes parmi les meilleurs des meilleurs artisans de cette gloire. Qui pourrait donc, en effet, contester que vous en jalonnez, presque journellement, avec vos sacrifices et vos tombes, le rude chemin ?

J’ai connu vos aînés d’Afrique et d’Europe, ceux des campagnes Marocaines et de Rhin et Danube. Depuis déjà 13 mois, je vous vois à l’œuvre sur cette terre d’Asie. Je vous dis alors, avec toute mon affection, que chaque semaine m’apporte la preuve que la Légion d’aujourd’hui a su conserver les traditions de ses Anciens.

Pour la plupart, vous appartenez maintenant à des groupes mobiles, dont vous constituez souvent l’ossature. Vous avez été de toutes les grandes opérations et votre part dans leur succès a toujours été grande, fréquemment déterminante. Vous avez aussi participé à ces nombreuses actions de détails, moins spectaculaires certes, mais aussi nécessaires et parfois plus dangereuses. Partout vous avez fait preuve des plus belles qualités guerrières et été dignes de la Légion.

Je vous le dis parce que je le pense du plus profond de mon cœur. Je vous en félicite aussi.

Je m’incline devant la Mémoire de tous vos Morts, de ces Etrangers dont on a pu dire qu’ils étaient : « Français, non par le sang reçu, mais par le sang versé ».

Je salue vos Drapeaux, vos Etendards et vos fanions dont les plis, grâce à vous, ne cessent de s’alourdir de Gloire.

Ma pensée va vers ceux d’entre vous qui, sur leur lit d’hôpital, souffrent dans leur chair, vers ceux aussi qui, dans les prisons Vietminh manquent d’une nourriture suffisante et des soins les plus élémentaires. Elle va, enfin, avec une attention toute particulière, vers ceux qui, à cette minute même où je parle à la Légion du Tonkin, se battent. Quel que soit l’endroit où ils se trouvent, quel que puisse être leur grade ou leur emploi, leur Général est parfaitement tranquille sur le résultat de leur combat car ils le mènent aujourd’hui, comme jadis les Légionnaires du Capitaine Danjou à Camerone… avec Honneur et Fidélité ».

Antoine Marquet


Souvenirs qui passent... la vieille caserne oubliée...

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La Plume et le Képi

Publié le 10 août 2015par légionnaires-officiers

 

On a coutume de dire que l'histoire ne repasse jamais les plats, et pourtant... voici que le camp du Larzac sera de nouveau habité par des légionnaires... C'est qu'on ne se débarrasse pas facilement du premier régiment constitué engagé aux côtés du Général de Gaule au début de la seconde guerre mondiale, et fait Compagnon de la libération.

La glorieuse Demi-brigade débarque en Norvège, puis se scinde en deux; le plus grand nombre rejoint de Gaulle et constitue le cœur, le noyau même des Forces françaises libres, elle débarque à Dakar, participe à la prise de Libreville, puis c'est l'Erythrée en 41 où elle se distingue à Messaoua avant de rejoindre la Palestine... elle participe à la guerre de Syrie et après rejoint la Lybie. Bir-Hakeim, El-Alamein, le plateau d'El-Himeimat et la perte de son chef de corps... la Tunisie verra son installation à Sousse puis Nabeul avant de se lancer dans les campagnes d'Italie et de France. Elle talonne les Allemands du Garigliano à Radicofani ensuite ce sera Naples avant de débarquer en Provence. Elle remonte la vallée du Rhône libère des villes et remonte jusque dans les Vosges et en Alsace. Puis ce sera l'Indochine où elle perdra un autre chef de corps sur Béatrice à Dien Bien Phu. Elle retrouvera l'Afrique du nord et s'installera en Algérie où elle combattra jusqu'à l'indépendance  avant de rejoindre plus à l'est et plus au sud le Territoire Français des Afars et des Issas où tant de nous ont servi. Il y a cinq ans, réorganisation oblige, elle est "louée" aux Emirats Arabes Unis dans une sorte de "partenariat-mercenaire" qui ne dit pas son nom. Réduite à la portion congrue, unité de base de compagnies tournantes, elle doit son salut à sa distinction de Compagnon de la Libération... Elle s'apprête de nouveau à quitter les sables du désert pour rejoindre les cailloux du plateau du Larzac,  et - dit-on - voir monter son effectif  aux environs du millier. C'est qu'il faut donner à manger au Moloch "Vigipirate-Sentinelle"...

Christian à la fin de  son billet conseille de se méfier des oiseaux  qui ont entrainé dans leur sillage les paysans locaux pour empêcher l'armée de développer ce camp... Il oublie un détail qui rend son conseil caduc: les énergumènes qui ont tout essayé et réussi pour faire obstacle aux militaires sont maintenant députés européens, alors ils se fichent du Larzac comme de leur premier jeton de présence au Parlement européen!

Antoine Marquet

 

"La rouille ne laisse plus guère de place à la peinture d’origine, une grille en fer forgé, ouverte est figée sur ses gonds. Quelques souvenirs laissent toutefois encore l’illusion d’un passé radieux. La façade grise d’une grande bâtisse se dresse sur la hauteur d’un jardin en friche. Elle n’attire pas le soleil, la lumière peine à éclairer une végétation sauvage, dense et persistante qui regorge  d’ombres noires autant que de mystères. Les nuages passent au  loin, caravane indolente qui revient d’un long voyage. Lorsque l’on passe la grille, une curieuse émotion ne vous laisse pas tranquille. Etrange sensation qui se dégage ici… comme si des regards enfouis dans l’ombre des arbres ou dans les vitres sombres, sales et glacées des fenêtres laissaient l’image furtive et implacable d’un  temps récent trop vite évanoui.

Tout a été détruit pour de nouvelles constructions, de nouvelles choses dit-on !

Juste retour des choses? N’en a-t-il pas été de même lors de l’installation des légionnaires dans cette caserne qui avait déjà l’empreinte indélébile  de l’histoire des gens qui y étaient passés avant eux?

Pourrions-nous changer le déroulement des événements qu’un destin implacable ne saurait empêcher   l’aspiration monstrueuse par le vide de toute chose vivante. Serions nous d’une autre composition que les rêves qui nous poursuivent tout au long de notre existence et qu’animent sans cesse un espoir salvateur d’un monde meilleur ?

Partir pour un ailleurs, reconstruire à nouveau en imprégnant une nouvelle fois les lieux de ses particularités, s’installer, repartir encore et toujours pour d’autres horizons;  changer sans cesse au gré des événements !  Jamais, au grand jamais, on ne parviendra à ce que meure cette ardeur invisible qui fait notre cohésion et notre force, nos anciens l’avaient en eux, nous, leurs héritiers légitimes, savons faire face comme ils l’ont fait en d’autres circonstances…

Ces écrits, réactions à ce qu’inspirait la vue de la caserne Lapasset à Castelnaudary quelque  temps après le transfert du 4ème étranger, ont été ressentis à l’identique quand le 1er REC s'est exhilé, dernièrement, à Carpiagne. Les nouvelles implantations laissent, cependant, un espoir immense tant il est vrai que le légionnaire est un soldat exemplaire mais qu'à l'occasion, il sait être aussi, un bâtisseur efficace.

Toujours et encore une action « More Majorum », visant la réussite de son implantation au Larzac pour une 13ème DBLE habituée et entrainée sous le soleil brûlant d'Afrique... Comme pour nos cavaliers, l'environnement et l'étendue des terrains sont propices aux entrainements, mais revers de médaille oblige,  comme dans une cage, il faudra se méfier des oiseaux qui faisaient de ce lieu le symbole de tous les combats pacifistes, écologistes et autres, entrainant dans leurs sillages revendicateurs de braves paysans qui étaient aussi éloignés de leurs pensées que  la Lune l'est de Jupiter...

 

Souvenirs qui passent... la vieille caserne oubliée...

Quand les officiers du Rec portaient la ceinture bleue

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Le dernier combat du général ROLLET

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La Plume et le Képi

Publié le 31 juillet 2015 par légionnaires-officiers

Le dernier combat du général ROLLET
 
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la maison du légionnaire

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Marseille

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La maison du légionnaire

La maison du légionnaire

L’ancêtre de notre «Képi Blanc » du mois d’avril 1935, la revue « la Légion étrangère » présentait l’action sociale qui était à cette époque troublée par une crise internationale envahissante. L’article justifiait pleinement la nécessité d’une action sociale mais expliquait que seules les amicales pouvaient intervenir, la Légion d’active ayant bien d’autres préoccupations et missions. L’enjeu était vital, les écrits éloquents : « Au cours de l’année passée, nous avons pu placer, dans des emplois divers, quelques légionnaires, huit environ alors qu’une centaine par mois se retrouvent sur le port de Marseille). Ce maigre résultat ne prend pas moins une certaine importance à nos yeux, eu égard aux conditions économiques actuelles et à l’accroissement de chômage qui en découle.

Nous avons pu, également, habiller quelques-uns de ces hommes particulièrement miséreux et dont l’état des vêtements était un premier obstacle à l’obtention d’un emploi.

Quelques autres reçurent chez nous une petite « obole », modeste aide que leur dénuement complet nous imposait de leur consentir, afin qu’ils puissent franchir le cap d’une nuit et prendre un repas dont leur pauvre face amaigrie ne décelait que trop l’urgent besoin ».

Certes la misère est affreuse pour tous ceux qu’elle atteint, mais il semble qu’elle soit plus encore pour ces anciens légionnaires aux yeux desquels elle revêt l’aspect d’une injustice.

Ces hommes comprenaient difficilement qu’il n’y avait pas à leur libération, une aide officielle organisée, dans un pays à la grandeur duquel ils avaient conscience d’avoir largement contribué par au moins cinq ans d’une vie très dure  et pour grand nombre, au prix de leur sang versé.

Ils admettaient encore moins aisément de s’y voir – sous prétexte d’être de nationalité étrangère et par suite de chômage qui sévit ici comme partout ailleurs – refuser la carte de travailleur qui leur permettait une chance de trouver un emploi.

De plus, ils n' admettaient pas qu’ayant été jugés assez bons pour revêtir un uniforme militaire français ils ont montré un savoir faire ouvriers, en  construisant des pistes, des routes, des postes, des villes dont en même temps, ils assuraient la sécurité, on leur dénie, maintenant qu’ils ont quitté cet uniforme, le droit de vivre ici, comme s’ils étaient chez eux, et d’y gagner tout simplement le droit de vivre.

Ils doutaient de l’esprit d’équité d’un pays dont ils furent, cependant, chargé d’administrer les principes de civilisation et de justice.  

Voilà ce à quoi le général Rollet était confronté en 1935, au moment pour lui de prendre sa retraite, notre « père Légion » ne pouvait ne rien faire, jusqu’à sa mort le 16 avril 1941, ce fut son dernier combat.

L’histoire se renouvellerait-elle ?     

Le dernier combat du général ROLLET
Le dernier combat du général ROLLET

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