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Légionnaire toujours...

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FSALE



AG et CA à l'Amicale de pays d'Aix et de la Sainte Baume

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Après la mise en place récente d’un nouveau directeur à la tête de l’Institution des Invalides de la Légion Etrangère, le hasard des choses et du calendrier offrait à l’Amicale des Anciens de la Légion Etrangère du Pays d’Aix et de la Sainte Baume, l’occasion également d’un grand changement.

L’Amicale de Puyloubier est une des plus importantes de la FSALE, de par le nombre affiché de ses membres, mais aussi et surtout, par sa situation géographique et sa vocation première qui est celle d’être la “veilleuse” du bien être du pensionnaire en liaison directe avec le Directeur de l’I.I.L.E.

Ainsi se présentaient le dimanche 17 et le jeudi 22 février 2018, les temps forts de la vie de l’ Amicale avec son Assemblée Générale qui était suivie de la réunion du Conseil d'administration.

Le constat ne s’est pas fait attendre, L'amicale a réussi à renouveler la moitié des membres du CA et du bureau en présence du Lieutenant-colonel Gilles Normand, directeur de l'Institution et de monsieur Frédéric Guiniéri, maire de Puyloubier. Cette importante réunion se déroulait dans le cadre de la salle des fêtes de la ville de Puyloubier dans une ambiance fraternelle et tous se retrouvaient au “Foyer du légionnaires” pour une remise effectuée par le délégué régional de la FSALE, le Chef d'Escadrons (er) Jacques Lorho, de la “médaille de la FSALE à deux membres actifs: Madame Françoise Vendel et à l'Adjudant-chef (er) Albert Pasquier, tous deux “grands argentiers” de l'amicale.

Enfin, pour conclure ce grand rassemblement légionnaire, un excellent cassoulet de Castelnaudary, SVP, régalait tout le monde, y compris, bien entendu, les pensionnaires de cette magnifique institution, point zéro de la solidarité légionnaire.

Au revoir et un grand merci à l’ancien président, l’adjudant-chef (er) Alain Angot-Lefebvre et bienvenue au nouveau président l’Adjudant-chef (er) Yves Galvez, vieux légionnaires qui a fait le choix d’être lui-même pensionnaire à l’Institution afin de rendre, dans la limite de ses “grands moyens”, le meilleur service au profit des pensionnaires et de leur Directeur.

Pour info, le nouveau bureau de l’Amicale:

Président : Adc (er) Yves Galvez,

Vice président : Sgt (er) José Herrera,

Vice président : Lieutenant-colonel (er) Jean-Claude Pierron,

Trésorière : Madame Françoise Vendel,

Trésorier Adjoint : Adc (er) Albert Pasquier,

Secrétaire : Monsieur Alexandre Proven,

PORTE DRAPEAU : Cch (er) Jean Spatay,

Porte Drapeau Adjoint: Cch (er) Michel Joineau.

 

C’est avec une grande satisfaction doublée d’un réel plaisir que nous félicitons le nouveau Président et son bureau. Nul doute qu’ils apporteront un plus sans pour autant négliger ou oublier de rendre hommage, aux bonnes actions effectuées par leurs très honorables prédécesseurs, cela va de soit !


Départ en retraite du père Yannick LALLEMAND

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Messe célébrée le mercredi 15 février 2018 par le père Yannick Lallemand à la chapelle du quartier Viénot à Aubagne qui part en retraite de prières au crépuscule de sa vie sacerdotale. Son sermon était remarquable et ce n’est rien de dire qu’il chargeait d’émotions, les anciens légionnaires et les cadres d’actives présents.

A l’issue de la messe, une cérémonie présidée par le général Jean Maurin, précisait toute l’estime de la Légion étrangère pour un de ses plus fidèles aumôniers avec la distinction de légionnaire honoraire, juste reconnaissance pour 50 ans de sacerdoce dont 23 passés au service de la Légion étrangère.

Enfin, ultime épreuve pour notre "Padre", qui signait, avec beaucoup d'émotion, le livre d’or dans la salle d’honneur du musée.

Pour mémoire: Interview du père Lallemand  par CM.

CM : Comment vous est venu votre vocation d’Aumônier militaire ?

Père Lallemand : Ayant fait la guerre d’Algérie, j’ai vu les aumôniers militaires qui œuvraient magnifiquement dans des situations souvent difficiles au service du Seigneur. Etant moi-même, fils de militaire, l’armée est un milieu que je connais bien et c’est tout naturellement que la vocation militaire m’était venue d’être officier comme l’étaient plusieurs de mes frères. Quand j’ai pris la décision de devenir prêtre, je n’avais d’autre alternative que celle d’être au service d’autres militaires. C’est un milieu au service de Dieu et de la France que j’estime. J’ai ainsi baigné dans cette vie que nous devons donner à notre pays et dont nous recevons chaque jour les bienfaits sans que nous nous en apercevions. Mon père a donné toute sa vie au pays, à l’Armée et je l’ai toujours entendu dire : « Faire le sacrifice de sa vie est un honneur et aussi un service que chacun devrait rendre s’il le fallait » : mon frère aîné est mort en Algérie. Mon père qui à ce moment là était en Tunisie, a fait le déplacement pour déposer la Légion d’Honneur sur le cercueil de son fils .

Ayant aussi le désir de rester sportif, le fait d’être aumônier militaire c’était, pour moi, la possibilité de faire du sport, j’ai pratiqué beaucoup de cross, de skis, de montagne, de marches, de parachutisme, être prêtre aux Armées me permettait cette vie sportive.

CM : Parlez nous, mon Père, de votre aventure Tchadienne :

Père Lallemand : De 1986 à 1996, j’ai vécu 10 ans au Tchad mais je revenais chaque année pour ma mère qui était très âgée, malade et je me faisais un devoir de la revoir et de passer en sa compagnie 3 semaines à 1 mois, c’est moi même qui payais le voyage.

Alors pourquoi suis-je parti au Tchad ?

Il y a plusieurs raisons : quand j’ai décidé d’être prêtre, j’avais l’intention de devenir missionnaire mais je n’ai pu réaliser ce projet du fait que mon frère aîné venait d’être tué, je ne souhaitais pas m’exiler loin de ma famille à cause de mes Parents. La deuxième raison vient de ma participation pendant 6 mois à l’opération « Manta », opération qui avait pour mission le soutien de l’Armée française aux combattants tchadiens contre l’envahisseur libyen. J’ai rencontré très souvent des chrétiens tchadiens perdus dans le désert surtout des fonctionnaires : soldats, instituteurs et infirmiers venus du sud du pays qui n’avaient pas vu de prêtres depuis une dizaine d’années, ils avaient d’importants besoins spirituels. Une troisième raison est que j’ai bien compris que l’Esprit Saint était là ! qu’il m’appelait à venir au Tchad, à tout quitter et en particulier ma situation privilégiée d’aumônier parachutiste avec son gros salaire pour retrouver la vie d’un religieux, coexistant avec les tchadiens, vivant comme eux la pauvreté, la misère et le dénuement. Il y a peut-être une quatrième raison : celle d’avoir été témoin à Beyrouth de la mort de 72 parachutistes et de 4 marins. J’y ai trop subi une situation malsaine d’impuissance à voir ces jeunes gens mourir. J’étais bouleversé de devoir les accompagner dans leur dernier parcours terrestre. En fait, avec le recul du temps et celui de la réflexion, je souhaitais un peu de paix, mon choix était faussé, je retrouvais, malgré-moi un pays, encore et toujours, en état de guerre…

Le prêtre est un homme seul, il vit de solitude, de recherche de silence, éléments indispensables pour la place que tient la prière dans son quotidien, dans son face à face avec Dieu. Pour revenir à mon aventure tchadienne, il serait intéressant d’en parler et expliquer mon action sacerdotale à vivre la vie nomade de ces chrétiens Tchadiens.

CM: Merci mon Père !


Connaissez-vous la CRTRLE ?

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http://www.legionetrangere.fr/

La CRTRLE, Compagnie Renforcée de Travaux Routiers de la Légion Etrangère était une unité du 1er Régiment Étranger implantée au camp de Canjuers dans le Var.

Héritière de la 1er compagnie de sapeurs-pionniers, unité qui dépendait du 1er Régiment Etranger stationné en Algérie, sa spécialisée était la pose et la réfection des voies ferrées, elle a été Dissoute en 1940. La CRTRLE a été créée en août 1978 au moment du départ du 61e BMGL, le commandement lui avait confié l’infrastructure et l’entretien des routes et pistes.

Au total, sept sections constituaient cette grande unité, elle était cantonnée sur le plateau du camp, vaste étendue de 34 594 hectares esposée aux vents et aux intempéries.

La CRTRLE c’était quatre vingt engins de travaux publics et autant de véhicules.

La section équipement:

Cette section particulière et unique était composée de 26 hommes: 1 officier, 2 sous-officiers et 23 légionnaires, ils avaient la mission d’embellir les routes du camp et de concasser les roches que le forage et les explosifs détachaient des carrières. Dans le détail, le concassage consiste à transformer un bloc rocheux en petits cailloux parfaitement calibrés.

La mise en place du tapis d’enrobé, cette opération délicate consistait a couvrir d’une robe soyeuse au possible et résistante à souhait les cents kilomètres de routes du camp. Pour ce faire, la section équipement en plus du concassage était composée de spécialistes parfaitement expérimentés. Ainsi se “déroulait” la chronologie horaire d’une journée de la section équipement: 04heures30: mise en chauffe de la centrale – 07h00: préparation matériel – 08h00 jusque 19h00 sans interruption (casse-croute sur place sans cesser le travail): déroulé du tapis d’enrobé – 19h00 jusque 20h00 Nettoyage machines et pleins de carburants. Ceci pendant 8 mois !

4 tonnes d'explosifs (Gomme et minex) chaque mois !

La section équipement, j’en garde un excellent souvenir, je sais que j’ai vécu ces années intensément selon mes espérances et mes rêves de la façon où elles se présentaient à l’époque, c’est un moment extraordinaire où la cohésion de cette équipe de légionnaires ne s’est jamais faite défaut. Les hommes qui la constituaient étaient très soudés entre eux et exceptionnels. Eux aussi avaient sauté par dessus les barrières d’une société où ils se sentaient peut être mal à l’aise, ils offraient dans cet endroit perdu le seul bien qu’ils possédaient: leur vie, dont il en faisait bon marché avec l’élan généreux du soldat des grandes époques comme le disait si bien le colonel Villebois-Mareuil dans les deux articles qui précèdent celui-ci…

IL serait dommage que notre mémoire collective ne garde le souvenir de ces braves légionnaires retranchés sur le camp de Canjuers qui se sentaient hantés du sentiment d’être isolés de leur maison-mère d’Aubagne qui se trouvait à des kilomètres de là. Peut-être que le même sentiment animait leurs ainés de la 1ère compagnie de sapeurs pionniers travaillant sur les rails Algériens.

La CRTRLE a laissé sur cette terre varoise plusieurs de ses légionnaires décédés en service et enterrés au cimetière de la ville de Montferrat où était administré le camp. L’amicale des Anciens Légionnaires du Var se charge chaque année de leur rendre visite au moment de la fête des morts, merci à nos anciens pour ce geste généreux et fraternel.

Chaque légionnaire de la section équipement avait comme cadeau de départ un albun photos.

CM


Le mot de Noël du Président Fédéral

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dimanche 24 décembre 2017

"Sentinelle" par Louis Perez Y Cid

 

Chers Anciens, chers Camarade, Mesdames, Messieurs,

 

"Noël est une des fêtes les plus importantes de la Légion, occasion pour chacun d’entre nous de resserrer nos liens fraternels et amicaux agrémentés d’espérance.

Noël est la fête de la Nativité, fête de la famille par excellence, rite Légion entre frères d’armes.

Je vous adresse à tous, et à ceux qui vous sont chers, mes souhaits pour une belle et joyeuse fête de Noël.

Notre Fédération évolue dans un monde en mouvement, en changement permanent, nous devons veiller à ne pas brader nos repères et nos traditions

Ainsi nous prévoyons pour 2018 de promouvoir une posture de la FSALE participative en favorisant les échanges de bonnes pratiques internes entre les Amicales tant avec les idées spontanées que celles provoquées.

Restons fidèles aux valeurs de notre jeunesse, la soif d’idéal et l’ enthousiasme pour la réussite de la mission.

Fiers de montrer qu’il y a une autre vie après avoir quitté l’uniforme, toujours solidaires, faisons ensemble encore cette fois, un bout de route sur le chemin de « l’Amitié légionnaire » !

Bien Fidèlement."

 

Le Président Fédéral le général (2s) Rémy Gausserès


Médaille de la FSALE: Session de Noël 2017

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Médaille de la FSALE

Distinction honorifique spécifique à la FSALE, la « Médaille de la Fédération » est destinée à récompenser les personnes vivantes qui, par leur dévouement, leur activité, leur compétence ou leur générosité, se sont distinguées dans le soutien, la défense et la gestion des intérêts moraux et matériels de la Fédération et des amicales qui y sont affiliées. Elle ne peut être attribuée à une collectivité.

Décernée sur proposition de la Fédération, des délégués ou des présidents d’amicale, elle est attribuée par, le président de la FSALE après étude des mémoires reçus, tous les ans à l’occasion de Camerone et de Noël voire exceptionnellement selon les circonstances.

 

Session de Noël 2017

* Cpl (er) Louis RICHARD, n° 168

Ancien trésorier de l’AALE 37

* Cdt (er) François PROVOST, n° 169

VP AALE 44 et contrôleur aux comptes

* Cpl (er), Alfonso GOMES n° 170

Porte-drapeau AALE 41

* Adc (er), Albert PASQUIER n° 171

Trésorier adjoint  AALE 13 Aix Ste Baume

* Sgt/c (er) Valentin LATTNER , n° 172

Porte-drapeau AALE 84

* Sgt/c (er) Robert WALLOIS, n° 173

Porte-drapeau et VP AALE 52

* Adc (er) Yves GALVEZ, n° 174

Identification des tombes LE à Madagascar

* Cch(er) Salvador CASAMASSA n°175

VP AALE 13 Aubagne

*  Lég (er) Jacques ROISEUX, n°176

Membre de l’AALE de Vendée (85)

* Cpl (er) Michel WERLE, n°177

Porte-drapeau AALE 47

* Monsieur Giuseppe AGOSTI, n°178

Secrétaire Nord-Ouest Italie ANIEL

* Monsieur Christian DAME, n°179

Porte-drapeau AALE 83 (Hyères les Palmiers)

* Cpl (er) Jacques IRIARTE, n°180

Porte-drapeau AALEP 75

* Leg (er) Robert DIENGER, n°181

Porte-drapeau AALE 68 (Colmar)

*Adc(er) Gerd LANGENSTÜCK, n°182

VP AALE 30 (Nîmes)

* Monsieur Wolfgang AUER, n°183

Secrétaire AALE 67 (Strasbourg)

* Cpl (er) Jean-Philippe FERRARO, n°184

Président de l’AALE 10

* Cpl (er) Jacky GARRY , n°185

VP- trésorier adjoint- porte-drapeau (remplaçant)

*Sgt/C (er) Fernand GALLIN, n°186

Trésorier et porte-drapeau AALE 30 (Laudun)

* Cch (er) Patrick BOUCKAERT, n°187

Porte-drapeau et clairon AALE 83

* Madame Marie-France BEZZUBOFF, n°188

Secrétaire – Trésorière et chargée de missions

* Sgt (er) Martial MUSY, n°189

Secrétaire AALEP et AALE 91

*Cne Med (er) Alain BOURDON, n°190

VP AALE 13 Marseille (AACLEM)


Stèle à la mémoire du chef de bataillon (er) Jacques Morin

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lundi 18 septembre 2017

Quelle peut donc être la motivation d’un ancien légionnaire, non parachutiste, pour s’inquiéter de l’état de délabrement d’un monument érigé à Moulins, dédié au créateur des légionnaires parachutistes en Indochine et président fondateur de l’Amicale des Anciens Légionnaires parachutistes ?

En fait, Philippe Moindrot est tout simplement moulinois comme l’était le chef de bataillon Morin et pour lui, constater l’état de décrépitude de la stèle de cet illustre ancien était pour lui tout simplement insupportable…

C'était devenu pour Philippe Moindrot  un devoir, celui de construire une nouvelle stèle à un endroit plus approprié qui mettrait avantageusement en valeur la mémoire de ce chef légionnaire au passé exemplaire.

L’idée principale était de concevoir et surtout d’organiser un projet pour une nouvelle stèle et de mobiliser tous les moyens possibles et les ressources nécessaires quant à pouvoir réaliser ce noble projet. Une évidence s’imposait: avant même de commencer les démarches, l’association ne disposait d’aucun moyen financier, dès le départ le manque de possibilités faisait outrageusement défaut, il fallait organiser au plus vite les demandes de subventions et de dons.

Forts de ce constat, Philippe Moindrot et son équipe se sont adressés à diverses associations moulinoises et à la Légion en particulier; tous ont répondu favorablement et c’est ainsi que le projet pouvait voir le jour.

Ainsi donc, ce samedi 16 septembre 2017, devant les autorités locales et les délégations des institutions militaires et civiles en présence d’un piquet d’honneur du 2ème REP venu spécialement pour l’occasion de Calvi avec son Chef de Corps, le colonel Jean de Monicault , lui même moulinois, avec le concours de la Musique de l’AAMLE venue d’Auriol; la cérémonie d’inauguration de la stèle érigée à la mémoire du chef de bataillon Jacques Morin pouvait se dérouler.

Parmi les autorités, le président fédéral de la FSALE, le général Rémy Gausserès rehaussait par sa présence cette belle cérémonie.

Une vraie réussite à ne point douter qui confirme l’adage: “A coeur vaillant, rien d’impossible !”

Un grand bravo aux “Amis du chef de bataillon Jacques Morin” et à leur président Philippe Moindrot en particulier pour s’être impliqué sans ménagement ni de son temps, ni de sa peine…

More Majorum.

 


Mémoire: visite de la tombe du capitaine Maine

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jeudi 14 septembre 2017

Le colonel (er) Bernard Dufour a demandé à un de ses amis de passage à Douzillac en Dordogne de visiter la tombe du caporal Maine, héros rescapé de la bataille de Camerone, inhumé dans le cimetière de la ville.

“La 3 du 1er est morte, mon Colonel, mais elle en a assez fait pour que, en parlant d’elle, on puisse dire: elle n’avait que de bons soldats!” Cette magnifique phrase a été écrite par le caporal Berg, désigné par les survivants du combat de Camerone pour adresser le 1er mai, un compte rendu de la bataille au colonel Jeannigros.

De bons soldats ? “Le combattant capable d’obéissance et de direction dans son action, c’est le sentiment qu’il a de la discipline, c’est son respect des chefs, sa confiance en eux, sa confiance dans ses camarades, sa crainte qu’ils puissent reprocher de les avoir abandonnés dans le danger, son émulation d’aller où vont les autres, sans plus trembler qu’un autre, son "esprit de corps" en un mot.”

Pour le légionnaire, c’est aussi l’identification personnelle à une famille dans laquelle il se reconnait progressivement et qui lui donne comme vertus essentielles: l’honneur et la fidélité. Dans le testament de Camerone, le général Olié aborde cette question de l’honneur légionnaire: “C’est à ce degré élevé que se réalise la mue de l’homme en soldat, quand libéré par son adhésion, il ne ressent plus sous le Képi blanc les contraintes de la discipline mais perçoit en revanche la fierté de son appartenance à la Légion, fierté faite de l’estime de soi et de celle de ses pairs qui implique l’acceptation totale du devoir et la détermination d’être toujours digne du patrimoine de gloire que ses anciens lui ont légué.”

Maine et ses compagnons ont donné Camerone à la Légion, ce testament s’est concrétisé maintes fois lors de combats ultérieurs.

Voir cette tombe en parfait état, conséquence d’un entretien suivi est réconfortant; ne dit-on pas que "nos chers disparus ne seront réellement morts que lorsque ceux-ci sortiront de la mémoire des vivants"…

Merci à l’ami du colonel pour ces photos récentes.


Port illégal de décoration

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mercredi 6 septembre 2017

Port illégal de décorations constaté à Saint-Etienne le samedi 02 septembre 2017

(Après 5 ans de service, Cet ancien n'a ni blessure, ni citation, ni décoration sur son ESS.)

 

Les imposteurs qui arborent illégitimement des décorations se font « légion »…

Près de 50 sont dévoilés chaque année, un chiffre qui, malgré les procès régulièrement instruits ne diminue pas.

Rappel : L’article 433 – 14 du code pénal : « Punit notamment d’un an de prison et de 15 000 € d’amende, le fait par toute personne, publiquement et sans droit de porter une décoration réglementée par l’autorité publique, c’est-à-dire par la République ».

 

Si Vous êtes témoin d’un port illégal de décoration, adressez les renseignements suivants à la FSALE : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. :

 

  • Prénom et Nom de l’individu et si possible matricule,
  • Une photo (non floutée) de l’individu avec sa ou ses décorations,
  • La date et le lieu constatés de cette infraction.

 

La FSALE se chargera des dispositions à prendre et vous retransmettra la conduite à tenir.


Livre de témoignages sur les OPEX

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Chers Présidents,

 

nous recevons l'annonce par le président de l'ANOPEX d'un projet de livre sur "les OPEX engagées depuis quarante ans (1978-2018)" porté par deux officiers d'active, le colonel Gilles Harberey et Rémi Scarpa.

Ce livre sera constitué de témoignages des acteurs et de photos. Les anciens d'OPEX peuvent envoyer un texte de 20 à 30 lignes sous word sur leurs expériences particulières, le vécu (combat, ressenti, scènes de la vie quotidienne ...)

Les cibles visées par ce livre sont: les civils qui découvriront la réalité opérationnelle, humaine, les valeurs de camaraderie et d'esprit de corps; les Anciens qui sauront que les jeunes ont repris le flambeau derrière eux; les militaires d'active, fiers de replacer leurs actions dans un cadre qui entre dans l'histoire.

Le plan du livre prévoit que tous les témoignages soient articulés de la même façon: nom de l'OPEX, pays, date, mandat, grade de l'époque, prénom et nom, mission générique de l'unité, mission du témoin puis récit. Joindre si possible des photos haute résolution dont l'insigne de l'OPEX et/ou de l'unité.

Afin que la Légion ne soit pas absente de cet ouvrage il est souhaitable que vous soyez nombreux à témoigner.

En mettant la Fsale en copie, Texte et photos sont à envoyer au plus tard pour le 14 septembre 2017 à l'adresse suivante: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. A tous les valeureux qui souhaitent écrire leur vécu en OPEX, à vos claviers.

 

Bien fidèlement.

 

Général Rémy Gausserès président de la FSALE.


Mémoire vivante: interview du général (2s)Jean-Claude Coullon

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samedi 26 août 2017

 

De tout temps les armées ont évolué et vu les réorganisations succéder aux organisations… La Légion étrangère, depuis sa création n’a pas échappé   à cette règle. Cependant, plus qu’une simple réorganisation, une modification fondamentale va avoir lieu en 1984 sous l’impulsion du général Jean-Claude Coullon, commandant le Groupement de Légion étrangère et la 31è Brigade, qui verra l’Institution  sous les ordres  d’un chef doté non seulement d’une autorité morale sur l’ensemble Légion mais aussi d’une autorité organique. Nous avons donc demandé au Général de bien vouloir se prêter au jeu de nos questions afin de laisser un témoignage écrit de cette réorganisation, pour sa valeur historique puisque faisant appel à la mémoire vivante de son concepteur.

L’interview a été réalisée par deux officiers en retraite, anciens "Képi Blanc": le lieutenant-colonel Antoine Marquet (AM)  et le chef de bataillon  Christian Morisot (CM).

Nous remercions le général d’armée Jean-Claude Coullon (JCC) de l’honneur qu’il nous fait et de la confiance qu’il a accordée à ces “compagnons d’armes” qui ont servi directement sous ses ordres, en leur révélant les dessous d’une page importante de l’histoire contemporaine de notre Légion étrangère.

AM et CM: « Permettez-nous, mon Général, de vous présenter succinctement :

 

Vous êtes Saint-Cyrien de la promotion 1950. Après la scolarité et un bref passage aux FFA vous rejoignez Bel-Abbès destiné au “renfort Indochine”, territoire où vous débarquez en septembre 54. La guerre est finie et les jeunes officiers Légion de renfort sont ventilés dans diverses unités. Il vous échoit un régiment de tirailleurs marocains avec lequel, plus tard, vous rejoignez l’Afrique du Nord. En avril 58 vous revenez à la Légion au sein des compagnies portées sahariennes du 2e REI. Vous y faites, comme lieutenant au début, un de vos   temps de commandement. En 1961 vous rejoignez la métropole pour un autre temps de commandement et des postes en état-major  avant de revenir à la Légion comme chef de bataillon, adjoint au commandant du GILE, en Corse, puis comme chef du BPLE à Aubagne.

Le 16 août 76 on vous confie le drapeau de la 13e Demi-Brigade à Djibouti. Le 1er décembre vous êtes promu colonel.

Général de brigade en 1982, vous êtes nommé, en octobre, commandant de la 31ème Brigade et du G.L.E. (Groupement de Légion Etrangère). Auparavant vous êtes au cabinet du ministre de la défense où, à l’été 82, vous êtes chargé de mission du gouvernement pour la mise en place de la mission “Epaulard” à Beyrouth, menée à bien par les légionnaires-parachutistes, rejoints par les marsouins du 3e RPIMa et du RICM, des éléments du 17e RGP et du Matériel. En 1983, vous commandez les éléments de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth au Liban…

 

AM  « Mon Général, c’est précisément le début de la période qui nous intéresse et qui suscite notre curiosité. »

CM « Mon Général, pouvez-vous nous expliquer comment et pourquoi le Groupement de Légion Etrangère s’est-il transformé en COM.LE ? »

JCC «La préparation de la mission "Beyrouth" m'avait conduit à porter la priorité de mon effort de commandement sur la 31° Brigade. J'allais, dès mon retour du LIBAN, donner la priorité à l'organisation de la Légion, organisation à laquelle j’avais beaucoup réfléchi  durant mon commandement de la 13e DBLE et mon passage au cabinet du Ministre.

Mon ambition était de jeter les bases pour en faire l'outil de combat le plus solide et le plus moderne de l'armée de terre, avec pour fil directeur la volonté de voir former le légionnaire comme un compagnon d'armes et non comme un matricule, fort au physique comme au moral et comme un soldat indiscutable au plan de la compétence et de l'éthique. Pour atteindre ce but, il fallait disposer d'une autorité formelle sur l'ensemble de la Légion, ce qui n'était pas le cas dans ma fonction de commandant du G.L.E. Il fallait aussi réorganiser en interne la "maison- mère" afin de faire d'Aubagne le centre d'autorité non plus seulement moral mais organique de la Légion. Pour la conduite de cette action, je vais avoir la chance de disposer de trois atouts majeurs.

1-Le Ministre, Charles Hernu, dont j’ai été le chef adjoint du Cabinet militaire pendant 18 mois et le Chef d'Etat-major de l'Armée de terre, le Général Imbot qui est un ancien légionnaire de la "13" en Indochine et nos relations s’inscrivent dans l’amitié depuis que j'ai été son adjoint au bureau Infanterie de la DPMAT en 1973.

2-Les régiments sont commandés par une équipe de colonels de très grande pointure et d'une totale discipline intellectuelle : Germanos -2°REP, François -2°REI, Gosset -3°REI, Colcomb - 4°RE, Mayer - 5°RE, de La Presle -1°REC, Cler -1°RE, Rideau -13°DBLE  et avec lesquels la grande franchise des rapports est une marque de respect réciproque.

3-Enfin d’une équipe de collaborateurs d’une exceptionnelle qualité à l’état-major du G.L.E., en particulier mes deux adjoints successifs, les colonels Forcin et Lecorre (décédé en 2014), devenus de fidèles amis.

AM « En 1984, dans l’après Beyrouth, la 31e Brigade va être dissoute pour laisser la place à la 6e D.L.B. Voyez-vous là une opportunité de réorganisation de la « maison » Légion ? »

JCC « Oui, je vais en effet avoir la chance de cette opportunité qui est   la dissolution de la 31e Brigade. 1984 va donc être la grande année d'une réorganisation en profondeur de la Légion étrangère. J'y ai consacré la majeure partie de mon action avec la ferme volonté de convaincre de sa nécessité la haute hiérarchie et de réussir ce pari sur l’avenir.

Pour décrire cette réorganisation je vais employer le « JE » mais en fait, si en tant que Chef je suis bien le décideur, je bénéficie, comme je l’ai souligné dans mes « atouts » d’une solide « équipe » - mes adjoints, mes chefs de bureau de l’EM et les chefs de corps - d’une exceptionnelle qualité dont les conseils et les avis m’ont toujours été une aide précieuse.  Cette réorganisation est donc au niveau de mon état-major et des chefs de corps une œuvre collective.

Début juin, dans la perspective de cette dissolution annoncée de la brigade, j’adresse une lettre au Ministre, par la voie hiérarchique, demandant la création du commandement de la Légion étrangère avec une proposition de l’arrêté ministériel de création correspondant.

Le 30 juin 1984, la 31e brigade est dissoute et donne naissance à la 6e division légère blindée dont le PC est à Nîmes. Une grandiose prise d'armes, présidée par le général Forray, Commandant la force d'action rapide (FAR), rassemble une dernière fois au quartier Viénot toutes les unités de la Brigade. J'ai convié à cette cérémonie, en souvenir de notre "campagne" de Beyrouth, le vice-amiral KLOTZ, commandant l'aviation embarquée et le groupe des porte-avions. Une page est tournée.

Le 1er juillet, je deviens le premier commandant de la Légion étrangère. (Enquête faite il a bien existé un commandement de la Légion (COLE) de 1955 à 1957 mais ce commandement ne regroupait pas toutes les unités Légion). En effet, jusqu'à cette date (juillet 1984), la République n'avait pas voulu - disait-on - rassembler les unités de la Légion sous un commandement unique, mettant, sans doute, en application l'adage historique : "Rome, prends garde à la colère de tes légions". Tous mes prédécesseurs, depuis le général Rollet en 1931, n'avaient été, au mieux, que des inspecteurs techniques de la Légion étrangère. Les généraux inspecteurs furent au nombre de six : Rollet(1931-1935), Monclar (1948-1950), Lennuyeux, Gardy, Morel, Lefort (1955-1964).

En 1972, une nouvelle formule est créée pour donner un semblant de cohésion à l'ensemble Légion : le Groupement de Légion étrangère (GLE) regroupant Le 1er RE et le 4e RE. Mais ses chefs successifs, les généraux Letestu, Fourreau, Goupil, Lardry et moi-même, n'ont en fait que des prérogatives d'inspecteur technique sur les six autres régiments qui ne sont pas placés sous leur autorité directe. Or, l’arrêté signé Charles Hernu, qui fonde désormais le commandement, stipule : "L'officier général commandant la Légion étrangère exerce ses attributions sur l'ensemble de la Légion étrangère". Cet arrêté, nous l'avons élaboré à trois : Lecorre, Forcin, Coullon. Pas une ligne n'a été modifiée par le Ministre, alors que l'EMAT, fort d'idées préconçues sur les soi-disant appréhensions politiques vis-à-vis d'un tel commandement, m'avait prédit que le Ministre ne le signerait pas ! L'objectif principal est atteint. Mais encore faut-il le conforter par un effort d'organisation interne. Ce dernier s’inscrit dans deux objectifs :

1-Renforcer les liens internes de la communauté légionnaire et « afficher » la solidarité de ses membres,

2-Accroître la capacité opérationnelle de la Légion et solidifier son image. »

CM « Comment entendiez-vous concrétiser ces objectifs ? »

JCC «L’adoption d’un « Code d’honneur du Légionnaire » et l’institution de la fonction de Président des sous-officiers Légion constituent le premier objectif.

1-l'institution d'un président des sous-officiers de la Légion étrangère, autorité morale de l'ensemble du corps des sous-officiers de tous les régiments, désigné par le Général après avis des présidents des sous-officiers de chaque régiment. Ce président devient membre du cabinet du COMLE.

2-l'établissement d'une règle de conduite "légionnaire" commune que je baptise "code d'honneur du légionnaire". L'adoption de ce code m'était apparue nécessaire pour lutter contre la dégradation lente mais continue du sens moral de nos jeunes engagés dont une partie était constituée, il faut bien le dire, du sous-produit d'une civilisation urbaine manquant de plus en plus de repères moraux. J'ai l'adhésion immédiate de tous mes colonels pour cette entreprise, à l'élaboration de laquelle ils vont largement contribuer. Chaque régiment m’adresse ses propositions. Je confie la mise au point finale au 4e étranger.

En adressant le produit « fini » à toutes les unités, j'écris dans ma directive : « Je tiens à vous préciser le cadre général dans lequel vous le ferez enseigner et qui exclut toute proclamation à caractère solennel où ostentatoire. Il ne faut, en effet, jamais confondre éthique et folklore. »  Jusqu’en 1998, la Légion demeurera la seule unité de notre armée disposant d'un code d'honneur et d'une formation morale inscrite au programme de son régiment d'instruction ».

CM « Nous entendons bien les motivations déterminantes dans l’établissement du code d’honneur, mais pourquoi un P.S.O. Légion alors même que chaque unité élémentaire et chaque régiment en ont un et que le P.S.O. régimentaire est en prise directe avec le chef de corps, votre subordonné direct ?

JCC «Il me faut en effet revenir sur la création du poste de Président des sous-officiers de la Légion étrangère. A la Légion, le corps des sous-officiers est une institution, un ordre même. D'une discipline exemplaire, d'un incontestable professionnalisme, fiers de leur état et conscients de la force qu'ils représentent, les sous-officiers sont la "Légion" avec ses remarquables qualités mais aussi ses défauts. Véritables apôtres de l'institution légionnaire, combattants redoutables et d'un dévouement absolu, ils sont rarement pris en défaut. Mais ils ont l'orgueil, parfois excessif, de leur situation au sein des régiments. Rien n'est possible sans leur adhésion. Le général BROTHIER, un de mes grands anciens avait, à leur sujet, cette image :" Ils sont l'ossature, les courroies de transmission, les embrayages, les accélérateurs et les freins de la mécanique "Légion".   Pour moi, ils sont et ils demeurent la colonne vertébrale de la Légion. Quand on a su gagner leur confiance et leur attachement, on peut tout attendre d'eux, sans avoir rien à demander. Ils aiment donc, très légitimement, être écoutés, entendus et traités comme des cadres de maîtrise et non comme de simples subalternes. Voilà pourquoi j'ai créé le poste de Président des sous-officiers de la Légion étrangère. Mes deux premiers Présidents furent deux de mes anciens sous-officiers de la 13e DBLE : les majors Krepper et Ross, tous deux d'origine allemande. »

AM « Nous croyons savoir, ou est-ce peut-être une légende urbaine, que vous « rêviez » d’une Légion interarmes de « mêlée » frisant les 10 000 hommes, cela met en exergue votre remarque sur l’adage historique conseillant à Rome de prendre garde à ses Légions. Sans le transformer en réalité vous avez toutefois réussi à introduire le Génie d’assaut dans les rangs légionnaires qui étaient plutôt Génie «pelle et pioche» à l’instar de leurs devanciers romains et à transformer le 5e RMP en 5e RE. Etait-ce là votre deuxième objectif ? »

JCC « Oui. Le 5e régiment mixte du pacifique (RMP), où la Légion est l'élément dominant

- 60% des effectifs - retrouve sa filiation légitime de 5e régiment étranger renouant ainsi avec le passé prestigieux de notre  « régiment du Tonkin » de l'épopée coloniale. J'avais, en fait, demandé cette nouvelle appellation au général Imbot au retour de mon inspection de décembre 1983 à Mururoa. Il avait immédiatement acquiescé et décidé la mesure. Un régiment doit avoir des "racines", il y puise une grande partie de ses forces morales. Les sapeurs du Génie et les militaires du Matériel qui servaient au 5°RMP ont été très fiers de porter, comme leurs camarades légionnaires, le béret vert pendant leur séjour en Polynésie. Et puis le terme "mixte" prêtait à ambiguïté. Certains pensaient même qu'il s'agissait d'un régiment où hommes et femmes étaient à parité.

Enfin et surtout, le 1er juillet, la Légion compte un régiment de plus, le 6e régiment étranger de Génie (6°REG). C'est une première dans son histoire de compter un régiment de cette arme dans ses rangs. Je l'avais demandé pour élargir notre "palette" interarmes. En contrepartie, il fallait sacrifier la compagnie de réparations et de travaux routiers de la Légion étrangère (CRTRLE) qui, depuis cinq ans, jouait les terrassiers dans le camp de Canjuers.

Voici les circonstances exactes de cette création :

A mon retour de la mission « Beyrouth » de la 31e brigade, en 1983, j’avais fait part au général Imbot de l’importance du rôle qu’avait joué l’unité du 17e RGP placée sous mes ordres. J’avais, à la fois, été impressionné par la remarquable qualité professionnelle de ses personnels mais aussi par leur « usure » rapide, leur régiment étant l’unique régiment de génie d’assaut de notre armée. Il en avait convenu et m’avait demandé avec humour « si la Légion avait une solution à lui proposer ».

Cette boutade n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd d’autant qu’à l’époque, la CRTRLE, qui avait succédé au 61e BMGL à Canjuers, nous apparaissait exploitée par le génie travaux du camp comme une unité « corvéable à merci » (2 décès dus à la fatigue).

L’opportunité d’une solution Légion s’offrait par la dissolution de la 31e Brigade et la création du COMLE. J’avais déjà fait étudier en cercle très restreint la transformation de la CRTRLE comme première mise d’une création d’un régiment de génie d’assaut légion. L’EMAT de son côté avait dans ses cartons une 6e DLB. Le rapprochement des deux « solutions », sous la houlette du CEMAT, aboutit à la création du 6e REG malgré la ferme opposition du Directeur et de l’Inspecteur du Génie (2 enfants de troupe comme moi), qui m’accusèrent d’avoir conduit une OPA Légion sur le Génie ! J’ai dû leur rappeler que la Légion ne pesait que 8 000 hommes contre un Génie de 35 000 hommes. Difficile de conduire une OPA avec une telle mise de fonds ! Là était d’ailleurs le vrai problème : « qui payait la facture en effectifs » ?

CM « Précisément mon Général, qui va payer la facture humaine ? »

JCC « Le 6°REG créé, il fallait, en effet, pour l’EMAT demeurer dans son enveloppe d’effectifs. Aussi, en bon « ancien DPMAT » le général Imbot me fit successivement deux propositions :

1-Un commandement commun 6°DLB/COMLE à l’exemple de l’ancien GLE/31e Brigade. Economie : 1 RCS (Régiment de Commandement et de Soutien), cette fonction étant assurée par le 1er RE pour les deux unités DLB et COMLE. Refus sans appel et solidement argumenté de ma part : un chef ne peut pas avoir deux missions permanentes. Beyrouth avait été pour moi un exemple probant.

2-La mise sur pied d’un escadron de transport de la 6e DLB au sein du 1er RE. Discussion de « chiffonniers », des deux côtés chiffres en main, avec le CEMAT par téléphone, puis, à Aubagne, avec le Major Général, le général Schmitt, pour aboutir à : entretenir en permanence un peloton de transport organique et, sur préavis, mise sur pied du reliquat de l’escadron, tout cela sur l’effectif du 1er RE.

Enfin pour mémoire, le dernier incident eut lieu avec l’Inspecteur du Génie, le général de corps d’armée Coutenceau. Il concernait l’inscription à porter sur le drapeau : 6e régiment étranger DU génie -pour lui-, DE génie -pour moi- comme il y a un 2e régiment étranger DE parachutistes et un 1er régiment étranger DE cavalerie.   Le Chef d’Etat-major trancha le différend à mon avantage. »

AM « Oui, néanmoins, le premier drapeau du régiment ainsi que les fanions des compagnies portaient la mention DU génie, il a fallu tout changer ».

JCC « La CRTLE dissoute allait devenir le noyau actif de ce régiment de génie d'assaut, à la satisfaction de tout son personnel. Le 6e REG  fut implanté au camp de l'Ardoise, près d'Avignon. Une partie des cadres sous-officiers provenait de l'arme du génie, c’était ce que nous appelons dans notre langage légion des cadres "blancs". Cet apport nous était nécessaire en attendant de disposer des techniciens "génie" au sein de notre corps de sous-officiers. Le 12 octobre, le général Imbot, CEMAT remettait son drapeau au Régiment en déclarant : "En remettant son drapeau au 6e REG, je paye ma dette à la Légion qui m'a appris à vivre et à servir comme elle vous apprend encore aujourd'hui, légionnaires, à vivre et à servir". Avec ce régiment la Légion disposait désormais de la gamme complète des armes dites de "mêlée" : infanterie, cavalerie, génie d'assaut.

Ce changement de dénomination pour le « 5 » et cette création du « 6 » confèrent au Commandement de la Légion, dès sa création, outre la notoriété, une base solide pour asseoir son autorité de fait au sein de l'institution légionnaire mais surtout au sein de l'Armée de terre, vis-à-vis des grands commandements qui ont « pour emploi » nos régiments de combat.

CM « C’est à ce moment aussi que vous confiez l’étendard du 2e REC au Détachement de Légion étrangère de Mayotte… »

Oui. Au plan des unités, cette réorganisation des formations est complétée par l’attribution du drapeau du 2e REC à notre Détachement de Légion de Mayotte qui, jusqu’ici, ne disposait que d’un fanion. L’accord m’est donné par le général Imbot en réponse immédiate à ma demande. Le DLEM prend ainsi rang de « corps de troupe ».

AM « De l’eau a coulé sous les ponts. La Légion, et toute l’armée française, est en constante mutation comme tous les organismes vivants. L’arrêt des expérimentations nucléaires a provoqué la disparition de notre cher « régiment du Tonkin », le 6 que vous avez créé est devenu le 1er REG – J’ai eu comme pour le 5 le triste privilège de rentrer son drapeau au musée – le 2e REG a été créé et s’est spécialisé dans le génie-montagne, la demi-brigade particulièrement chère à votre cœur, après avoir presque disparu monte fortement en puissance… – merci à sa croix de Compagnon de la Libération ? – Par quoi vouliez-vous compléter, en 1984  l’organisation nouvelle, complément qui doit se retrouver de nos jours ? »

JCC « Cette action d'organisation sera complétée par une sensibilisation permanente des cadres à la qualité des relations humaines qui sont le ciment de notre institution légionnaire. Celles-ci reposent sur deux principes qui fondent l'exercice du commandement à la Légion étrangère :

1-Homme coupé de son passé, de son milieu social et familial, le légionnaire doit trouver à la Légion le climat affectif d'une nouvelle famille (LEGIO PATRIA NOSTRA).

C'est le chef qui crée ce climat.

2-0utre l'oubli, l'asile ou l'aventure, le légionnaire est venu chercher un idéal à la Légion.

C'est le chef qui personnifie cet idéal.

Ces relations humaines exigent donc de la part de l'officier : AMOUR, EXIGENCE, RESPECT à l'égard de" Monsieur légionnaire". Voici le message que je me suis efforcé de faire passer pendant tout mon commandement.

En effet, le jeune légionnaire arrive à la Légion bien souvent déboussolé, avec l'intention de rompre avec son passé, à la recherche d'on ne sait quoi, mais d'autre chose que ce qui était jusque-là son quotidien. (C'est la raison pour laquelle on ne doit jamais l'utiliser dans son ancien métier sauf s'il en fait expressément la demande). En s'engageant à la Légion, il entre dans une véritable communauté militaire où la rude discipline n'exclut ni la confiance, ni la solidarité, ni l'amitié réciproque. Il voit ses cadres partager sa vie de tous les jours, et, en opération, les mêmes fatigues et les mêmes dangers. Il s'attache profondément à ses officiers dont il a la coquetterie et l'orgueil. Il finit par tout admettre d’eux, même leurs extravagances pour certains. Il n'y a pas une troupe, dans notre armée, où l'officier porte une aussi lourde responsabilité morale et affective à l'égard de ses hommes. »

AM – CM « Merci mon Général et que vive la Légion. »

Le général d’armée Jean Claude Coullon est Grand Officier de la Légion d’Honneur (1989), Grand-Croix de l’Ordre National du Mérite, titulaire de 6 citations dont 4 à l’Ordre de l’Armée, de la médaille d’Outre-mer agrafe Liban, de la médaille commémorative d’Indochine et de celle des opérations de sécurité et maintien de l’ordre en AFN agrafes Algérie et Maroc. Il est commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban.


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