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«La guerre, ce n’est pas comme dans les westerns»

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Publié le 06/12/2013

Jeudi, trois anciens combattants de la guerre d’Algérie, membres de l’Union nationale des combattants de Seclin, ont été décorés par son président Jacques Lemaire et par Robert Vaillant, conseiller municipal ayant lui-même servi douze mois dans le pays après le conflit. Souvenirs pudiques de ces trois Seclinois.

 De gauche à droite : Robert Vaillant, Jacques Lemaire, Émile Vanschoote, Jean-Claude Travet et Armand Colson.  LOCVDN

Jean-Claude Travet : « Ce n’était pas facile »

Il a reçu la médaille commémorative avec agrafe Algérie et la médaille de reconnaissance de la Nation avec agrafe Afrique du Nord.

Jean-Claude Travet est arrivé en Algérie en 1963, après l’indépendance, mais il rappelle que ceux qui y ont servi jusqu’en juillet 1964 sont reconnus comme anciens combattants : « Pendant cette période, il y a eu encore plus de 600 morts dans l’armée ». Détaché du 1er régiment d’artillerie, il a servi 10 mois sur place, en temps qu’appelé. « J’étais fils unique, alors c’était automatique, explique-t-il. Ce n’était pas facile, à 19 ans ». À cette période, le travail des militaires consistait en partie à débarrasser le matériel. « On en a mis beaucoup à la mer, confie Jean-Claude Travet. On jetait les Jeeps et les camions du haut des falaises ! » L’ancien combattant se souvient aussi avoir vécu dans les fermes des colons. « Il en restait encore, j’avais même réparé la moissonneuse-batteuse de celui chez lequel j’étais. » Ensuite, Jean-Claude Travet est rentré en France, « un peu fatigué, car on mangeait très mal. Et puis comme nous n’étions pas beaucoup, on ne dormait pas une nuit sur deux, pour monter la garde… Ce qui m’a valu quelques trouilles. »

Émile Vanschoote : « On a vécu des accrochages »

Décoré de la médaille commémorative avec agrafe Algérie, de la Croix du combattant et de la médaille de reconnaissance de la Nation avec agrafe Afrique du Nord, Émile Vanschoote a servi trois ans en temps que volontaire en Algérie, à partir de 1959.

« J’avais 19 ans, et on a malheureusement vécu quelques accrochages, se souvient-il. La guerre, ce n’est pas comme dans les westerns, quand on tire, on se planque ». À l’époque sergent, l’ancien combattant confie avoir eu la chance « de ne pas avoir à regretter de morts dans l’équipe ». Rentré en métropole, Émile Vanschoote rencontre sa femme, Danielle, avec de laquelle il célébrera l’année prochaine ses cinquante ans de mariage.

Armand Colson : « Pourquoi je suis resté vivant ? »

Déjà titulaire des médailles précédemment citées, le Seclinois a été distingué de l’insigne officiel 10 ans de porte-drapeau. Armand Colson a servi en Algérie de 1957 à 1959, au sein du 19e régiment du génie. Destinée à la construction des infrastructures nécessaires au combat, cette unité n’était pas vouée à affronter directement l’ennemi. « Avant de partir, j’étais à l’école des travaux publics, ce qui m’a permis d’intégrer ce régiment, c’était inespéré. » Mais, même s’il se souvient avoir « toujours été en short », Armand Colson admet que « dans la nuit, c’était autre chose… Certains camarades ont d’ailleurs été tués. Mais moi je suis resté vivant. Pourquoi ? Je pense que ça fait partie de la vie ». Tandis que son unité était défendue par la légion étrangère, le Seclinois se rappelle avoir participé à la construction du mausolée du général Leclerc, près de la commune de Colomb-Béchar, en 1957, là où l’avion de celui qui fut l’un des principaux chefs militaires de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale s’était écrasé, 10 ans plus tôt.

Une ou des dates de commémoration...

Le décret du 26 décembre 2003 a défini le 5 décembre comme la date d’hommage aux combattants morts pour la France pendant la guerre d’Algérie. Une date très décriée à l’époque, puisqu’elle ne correspond à aucun événement pertinent de ce conflit.

C’est pourquoi la loi du 6 décembre 2012 a reconnu le 19 mars comme « journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ».

Une date qui ne fait pas non plus l’unanimité, puisqu’elle correspond à celle des accords d’Évian (1962), début du cessez-le-feu, considérée par certains anciens combattants comme une trahison. Surtout, elle ne met pas fin aux morts, puisque beaucoup d’exactions ont encore été commises après. Le choix a donc finalement été laissé aux communes de choisir la date de commémoration.

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