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Lettres de l’ASAF




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« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/06

« Deux regards avant l’été »

 

Exiger le respect

Il n’y a pas de vie collective sans respect de soi, sans respect de l’autre, du patrimoine commun et de valeurs partagées. En rendant un hommage national à nos soldats tués en opération, c’est autour de l’armée que le Président rassemble la Nation car l’armée symbolise à la fois l’unité et l’identité de la France. Une nation peut-elle être libre sans une armée forte ? A l’inverse, une armée peut-elle vaincre sans la nation rassemblée qui la soutient d’une manière indéfectible et dans la durée ?


Le 8 mai, à l’issue de la cérémonie du ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe, le président de l’ASAF, s’appuyant sur l’unanimité des réactions recueillies sur son site, toutes opposées à l’empaquetage de ce monument envisagé en avril 2020, a demandé au président de la République de renoncer à donner une suite favorable à ce projet imaginé par  l’artiste américain Christo. Il lui a signifié qu’un tel projet susciterait inévitablement un très fort rejet d’une grande partie de l’opinion publique, qu’il serait une source de polémiques et de divisions, compte tenu du caractère sacré que revêt ce monument.

Cette « arche immense » est en effet l’écrin dans lequel repose le Soldat inconnu, auprès de laquelle brûle, sans interruption depuis 1923, la flamme ravivée chaque soir à 18h30 au cours d’une cérémonie empreinte d’une grande ferveur populaire.
Les noms des victoires et des héros gravés dans la pierre, les hauts-reliefs retraçant notre histoire sculptés sur les piliers sont-ils destinés à disparaître sous un voile un mois durant au nom d’une supposée œuvre d’art ?

Quels conseillers ou proches collaborateurs ont pu proposer au Président de donner son accord pour qu’un tel projet inévitablement facteur de divisions voit le jour ? N’y a-t-il pas d’autres monuments qui feraient davantage consensus : Beaubourg, temple de l’art contemporain, l’Assemblée nationale (comme l’a été le Bundestag) ou l’obélisque de la Concorde, voire la tour Eiffel, qui ne présentent pas ce caractère sacré ?

Si nombre de Français, comme cela est probable, s’opposent par une réaction massive à ce travestissement de l’Arc de Triomphe, verrons-nous alors le ministre de l’Intérieur déployer les forces de Police ou de Gendarmerie contre les Français pacifiques qui refuseraient cette  défiguration annoncée, alors qu’il n’a pas réussi à s’opposer au vandalisme dont il fut l’objet le 1er décembre dernier ?
Faut-il préciser en outre que, à l’issue de cet événement lamentable, le coût de la restauration s’est élevé à 1 million d’euros financé pour partie par au moins une grande association de blessés au service de la France, celle des « Blessés de la face et de la tête », « Les Gueules Cassées » ?

Viser l’autonomie stratégique de l’Europe

Les élections européennes passées, les questions posées doivent être réglées mais aussi celles qui ne l’ont pas été ou trop peu.
A cet égard, les questions de Défense et plus généralement d’autonomie stratégique de l’Europe, c'est-à-dire de nos pays, n’ont pas occupé une place centrale dans les débats tant ceux-ci se sont réduits à des affrontements politiciens très franco-français.

Au-delà du face-à-face proposé « populistes, progressistes » ou « souverainistes, mondialistes », caricatural, réducteur et trompeur, il est urgent de voir comment les nations européennes doivent s’organiser pour garantir leur indépendance et les valeurs de leur civilisation commune.
Inutile de nier ou de refuser la mondialisation, certaines de ses nécessités et de ses contraintes (un Français sur trois travaille pour l’exportation qui nous permet de payer le pétrole que nous n’avons pas) ;  mais tout aussi stupide et dangereux est le projet de nous dissoudre dans un vaste ensemble au sein duquel chaque nation d’Europe aurait perdu son identité, ses spécificités, bref ce qui fait l’une des richesses de notre continent.

Face aux grandes puissances comme les États-Unis et la Chine, disposant de capacités de domination qui augmentent de manière exponentielle, il est indispensable que nos nations coopèrent activement et partagent sur les domaines nouveaux qui conditionneront notre liberté dans les années à venir. Sinon nous serons inexorablement dominés, vassalisés, soumis aux intérêts de ces puissances étrangères.

C’est particulièrement vrai dans le domaine militaire et notamment pour ce qui concerne le renseignement, l’espace et la cyberguerre. Mais là comme ailleurs, ces coopérations renforcées qu’il faut développer dans les domaines hautement stratégiques exigent une volonté et des efforts considérables s’inscrivant dans la durée de la part des États qui sont les plus déterminés. Dans tous les cas, l’Europe, sans permettre aux nations d’économiser, suscitera des synergies significatives. Mais surtout, elle contribuera à faire que nos pays restent libres.

C’est l’enjeu majeur et urgent auquel doivent faire face les nations européennes. Unis nos pays peuvent rentrer à nouveau dans le jeu mondial ; isolés, chacun d’eux sera balloté au gré des intérêts des grandes puissances. Il faut méditer les exemples de Galileo, d’Ariane et d’Airbus, et se persuader que l’Europe peut être le cadre dans lequel, par des coopérations renforcées dans des domaines stratégiques, chaque nation pourra rester elle-même.


La RÉDACTION de l’ASAF*

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« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/05

« Le sens d’un engagement »

 

C’est pour remplir leur mission coûte que coûte, celle de libérer et ramener vivants deux otages français, que deux commandos des forces spéciales de notre armée ont été tués dans la nuit du 9 au 10 mai 2019. Ils ont accepté de sacrifier leur vie pour ne pas risquer celle des otages. Il y a là l’expression d’un sens supérieur du devoir que le colonel Arnaud Beltrame incarna avec superbe et que les Français identifient intuitivement et admirent. Ils le mesurent d’autant mieux quand ils comparent le sens des responsabilités et du sacrifice des soldats engagés dans cette opération à l’irresponsabilité égoïste des deux touristes.

En effet, si le soldat estime que sa mission revêt toujours un caractère sacré qui justifie si nécessaire le sacrifice de sa propre vie et celle de ses camarades, le touriste, lui, dans une démarche toujours individualiste, oublie que, s’aventurant dans une zone dangereuse, il constitue une cible monnayable et qu’il engage alors  la France, sa Patrie, dont la règle de conduite est de ne jamais abandonner aucun de ses citoyens. Pour tenir cet engagement notre pays met en œuvre toutes les capacités militaires dont il dispose, en acceptant de risquer la vie de ses soldats. Car, par nature,  une opération de libération de ressortissants, contrainte par le souci de préserver la vie des otages, est toujours complexe et dangereuse. Elle se déroule souvent de nuit, sur court préavis, dans une zone favorable et sur un terrain connu des ravisseurs qui restent toujours aux aguets.

C’est cette exigence supérieure et permanente qui fait du soldat un citoyen à part au sein de la Nation. L’armée cultive inlassablement des valeurs qui ne s’arrêtent pas à de simples « paroles verbales » ponctuant les discours politiques mais qui sont appliquées au quotidien par les soldats au prix de leur sang. En ces temps de doute et de fragilisation de la société, ces deux commandos de la Marine adressent un message à chacun d’entre nous.

La France est notre Patrie. Nous avons reçu en héritage un pays de liberté. Nous devons le défendre et être prêts, lorsqu’il est menacé comme aujourd’hui et comme ce fut souvent le cas dans son histoire,  à nous battre et à nous sacrifier pour lui si nécessaire. La France entretient une armée, mais elle ne peut vaincre que si la Nation tout entière est rassemblée et soutient indéfectiblement ses soldats, marins et aviateurs qui veillent au quotidien et se battent souvent au loin ou dans l’ombre.

La primauté de la communauté nationale

Car, répétons-le, notre liberté, notre sécurité et notre culture sont aujourd’hui menacées. Après avoir vaincu deux totalitarismes en moins d’un siècle, le nazisme et le communisme, notre pays doit en affronter un troisième : l’islamisme. Pour vaincre cette nouvelle idéologie conquérante,  le combat qui est engagé exige une nation soudée, une armée forte et une détermination sans faille de tous nos concitoyens, responsables comme anonymes, dans la durée.

En effet, la force d’une nation réside dans les liens qui unissent l’ensemble de ses membres. Les talents de chacun doivent être identifiés puis sollicités et surtout conjugués. L’esprit de corps des unités militaires s’appuie sur ce constat. Du général au simple soldat, tous ont fait le même choix à vingt ans. Si c’est au chef qu’il appartient d’orienter les énergies et les capacités pour permettre à chacun de se dépasser,  la victoire demeure toujours collective.


La France et son armée : le lien du sang

Le sacrifice de ces deux officiers mariniers, comme celui du colonel Beltrame et de tous ceux qui depuis des siècles sont morts pour la France, rappelle la force du lien qui attache le peuple français à ses soldats. C’est ce qui explique la fidélité à la cérémonie quotidienne du ravivage de la flamme qui brûle sans interruption depuis 1923 devant le tombeau du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.

C’est aussi, hélas,  l’occasion de dénoncer l’incongruité du projet d’empaquetage de l’Arc de Triomphe par Christo en avril 2020. Les réactions de milliers de Français à la suite du sondage lancé par l’ASAF contre ce projet sont unanimes ;  tous, jeunes ou anciens, civils ou militaires, jugent insultant ce détournement par un « artiste » en mal de publicité de ce qui est aujourd’hui un sanctuaire national inviolable destiné à rassembler les Français autour des immenses sacrifices de nos soldats d’hier et d’aujourd’hui.

Espérance

Heureusement, chaque événement tragique que notre pays traverse offre aussi l’occasion de montrer que se trouvent en son sein certains de ses fils prêts à mourir pour lui. Même si c’est à bas bruit, une guerre se déroule actuellement. Il importe donc que tous les Français participent au combat et se mettent en ordre de bataille, chacun dans son domaine de compétence et en remplissant au mieux son devoir. C’est seulement à ce prix et dans une unité retrouvée face à un ennemi clairement identifié et désigné que notre pays vaincra et que le sacrifice de ces deux héros français ne sera pas vain.

L’armée, toujours prête à défendre les Français où qu’ils se trouvent et quelles que soient les circonstances, a plus que jamais besoin de sentir le soutien indéfectible de la Nation.

 

La rédaction de l’ASAF
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(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/04

« Retrouver le bon sens »

 

L’actualité couvrant des sujets d’intérêt militaire n’échappe pas aux incohérences et au prêt-à-penser de notre temps. Il est urgent de retrouver notre bon sens et notre liberté de penser.

  • Mort d’un camarade

Certains médias font valoir que la première source d’économies citée par les participants au grand débat est le budget de la Défense.
Faut-il rappeler qu’il y a eu environ 2 millions de contributions provenant de 500 000 personnes différentes et que le pourcentage cité est de 28% soit, in fine, moins de 150 000 personnes sur 47 millions de Français en âge de voter, c’est-à-dire 0,25% d’entre eux. Est-ce significatif alors qu’un récent sondage rappelle que plus de 80% des personnes interrogées estiment que l’armée française doit être modernisée ?

Mais pourquoi les médias, qui mettent en avant  cet avis tout à fait marginal, ne rappellent-ils  pas que le lieutenant Damien Boiteux est mort au début de l’opération Serval en pilotant un hélicoptère Gazelle de 40 ans d’âge alors que le programme Tigre avait été reporté de plusieurs années pour des raisons budgétaires ?
Faut-il préciser que le médecin-capitaine Marc Laycuras, qui vient d’être tué au Mali dans l’opération Barkhane, était dans un VAB plus vieux que lui ? Le programme Scorpion, dont le VBMR Griffon vise à remplacer les vieux VAB, a été décalé de 3 ans en 2010 et réduit en nombre. Les faits sont là. Que ceux qui proposent d’économiser sur le budget de la Défense aillent constater par eux-mêmes sur les théâtres d’opérations les effets des engins explosifs improvisés (IED) sur les VAB !

  • Empaqueter l’Arc de Triomphe

On apprend discrètement par la presse que l’Élysée aurait donné son accord pour l’empaquetage de l’Arc de Triomphe par l’artiste Christo, pendant 14 jours (du 6 au 19 avril 2020, délai de montage non compris !), à l’image de ce qu’il avait déjà fait pour le Pont Neuf en 1985. On croit rêver !
Que se passe-t-il dans la tête des conseillers de l’Élysée, des fonctionnaires du ministère de la Culture ou à la Mairie de Paris ? Quant au ministère des Armées, son silence vaut-il acquiescement ?

Tous ces responsables n’ont-ils pas compris que l’Arc de Triomphe n’est pas le Pont Neuf ? Ce lieu est sacré ! Contrairement aux œuvres éphémères de Christo, il symbolise, depuis près d’un siècle et sans aucune interruption, même sous l’occupation allemande, les immenses sacrifices consentis par notre peuple durant la Grande Guerre. Il est, depuis lors, le lieu par excellence de rassemblement  et de recueillement de la Nation. Il est l’écrin d’un tombeau recouvert d’une dalle sacrée sur laquelle ces mots sont gravés : « Ici repose un soldat français Mort pour la Patrie » et auprès de laquelle brûle en permanence la flamme du souvenir.
Il n’est donc pas question que Christo dénature « l’Arche immense ». Ce monument est intouchable. Qu’il laisse le Soldat inconnu reposer en paix ! En outre, dans le contexte dramatique présent, le financement de cette opération pourrait être utilement consacré à la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

  • La mixité pour renforcer la capacité opérationnelle

Mixité et parité sont deux des mamelles du politiquement correct et semblent être des vérités indépassables. Tous ceux qui les mettent en question sont soit des malades psychiatriques incurables, soit de dangereux extrémistes !
Suffit-il de citer Jeanne d’Arc pour justifier la mixité et la parité  au sein des armées aujourd’hui?
L’ASAF s’honore de compter parmi ses membres d’honneur le général Valérie André, première femme officier général de l’armée française. Notre revue ENGAGEMENT est l’un des rares médias à avoir honoré Jeannette Guyot, héroïne de la Résistance, notre site à avoir annoncé la diffusion du remarquable film « La source K », femme agent des services secrets français avant et durant la Deuxième Guerre mondiale, et enfin à avoir proposé une jeune résistante pour entrer au Panthéon sans prendre en compte la notion de parité puisqu’elle aurait été la 3e femme parmi les quatre entrants.

Cette posture intellectuelle conduit la ministre des Armées à affirmer sans le démontrer que « la mixité est une ambition collective pour renforcer l’efficacité opérationnelle de nos armées. »
Voire ; pourquoi ne pas constituer un équipage de sous-marin nucléaire entièrement féminin ? Cela confirmerait très vraisemblablement son égale valeur avec les équipages masculins, susciterait une saine émulation et éviterait très certainement les inévitables problèmes de cohabitation en milieu « clos ».
Si la valeur individuelle est essentielle, la cohésion du groupe est encore plus importante et à rechercher en priorité plutôt qu’une mixité à tout prix ou une quelconque parité.

  • Rwanda, l’intoxication médiatique

Le président de la République, chef des Armées, a décidé de fixer au 7 avril la date de la journée de commémoration du génocide des Tutsis. Pourquoi ?
N’y a-t-il pas un relent de repentance dans cette annonce, alors que notre pays a été le seul à envoyer  ses soldats pour évacuer ses ressortissants et limiter des massacres qui concernent d’ailleurs non seulement les Tutsis mais également les deux millions de Hutus réfugiés en République démocratique du Congo.
La France va-t-elle décréter une journée pour chacun des génocides de la longue histoire du monde ? Doit-elle satisfaire à la bien-pensance en laissant planer un doute sur l’action de nos soldats ? Sommes-nous devenus fous ?                                                   


En conclusion, plus que jamais les Français doivent développer leur capacité de jugement et refuser les diktats médiatiques qui nous sont servis quotidiennement. Ne pas subir pour rester libres et agir.

La rédaction de l’ASAF
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(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/03

« Défense : l’Europe impuissante »

 

Isolés, les pays européens seront rapidement dominés stratégiquement par les grandes puissances. Pour rester indépendants, ils sont condamnés à coopérer. Sont-ils prêts ? Veulent-ils encore peser sur le destin du monde ? Pour ce faire, il est urgent que des pays motivés, dotés de compétences avérées, coopèrent sur des projets stratégiques concrets.

Richesse et faiblesse européennes

« L’Europe puissance » n’existe pas mais chaque État européen peut s’appuyer sur un long et riche passé. Le Danemark, le Portugal, l’Espagne ou la Pologne ont tous été de grandes puissances. Leur histoire millénaire n’a rien de comparable avec celle du Nevada ou de l’Utah. Le modèle américain n’est pas transposable à l’Europe.
Les querelles entre populistes et progressistes semblent dérisoires quand se joue l’indépendance stratégique de chacune de nos nations. Inutile de dénigrer tel ou tel pays ; agir ainsi, c’est créer du ressentiment entre les peuples et faire le jeu des grandes puissances.

Nous savons hélas que les intérêts des États européens divergent souvent, mais il en est d’autres, hautement stratégiques, qui peuvent être communs. Efforçons-nous de les identifier et de rassembler nos forces pour relever les défis et porter une véritable ambition mondiale. Sinon, il est illusoire de croire que nous pourrons conserver notre identité, assurer notre indépendance et participer aux transformations du monde.

Autonomie stratégique

L’exemple de Galileo est à cet égard emblématique puisque ce système de localisation, aujourd’hui le plus performant au monde, procure à chaque pays européen une totale indépendance dans le domaine essentiel et en pleine expansion de la géolocalisation. Aucun pays européen n’aurait pu mener seul un tel projet et tous seraient alors restés dépendants du système GPS américain, y compris pour ses applications militaires comme ils l’étaient depuis plusieurs décennies.

La dépendance se paie cher et sans doute beaucoup plus que l’indépendance. Ainsi, la France ayant refusé de participer à l’opération militaire en Irak déclenchée en 2003, les États-Unis ont mis sous embargo les pièces de rechange des catapultes (d’origine américaine) du porte-avions Charles de Gaulle. Maintenue plus de 6 mois, cette mesure aurait conduit à son indisponibilité opérationnelle !

Rapport de force

Dans le rapport effectué sur le secteur spatial qu’ils ont présenté devant la commission de la Défense, en janvier 2019, MM. Olivier Becht et Stéphane Trompille relèvent : « pour la surveillance des orbites basses, la France utilise les données d’un catalogue publié par les États-Unis mais on ne peut pas s’y fier totalement : il omet certains appareils américains et certaines données orbitales sont particulièrement floues… C’est pourquoi la France a développé le système de radar GRAVES. Signe de l’importance cruciale de cette capacité: jusqu’à l’entrée en service de GRAVES, les Américains rendaient public ce qui concernait nos satellites militaires ; avec GRAVES, la France étant en position de faire de même pour les satellites américains, les États-Unis ont cessé ces publications. »

Si dans ce cas précis la France a pu réaliser ce programme, l’importance croissante des satellites d’observation, de communication et d’interception, notamment pour notre Défense, exige des capacités complémentaires satellitaires que la France ne pourra pas financer seule, d’autant qu’il existe de nombreux autres domaines dans lesquels elle révèle d’importantes lacunes. Faut-il rappeler que nous louons des avions de transport de très grande capacité à des compagnies aériennes russes et ukrainiennes pour assurer la logistique d’une partie de nos forces engagées au Sahel dans l’opération Barkhane ?

Face aux États-Unis ou à la Chine, la France peut-elle développer seule le système de combat aérien du futur, des capacités de cyberdéfense efficaces, renforcer ses moyens de recherche et d’exploitation du renseignement si ce n’est en multipliant par deux son effort de Défense ? Et quand bien même elle le pourrait, aurait-elle les ressources scientifiques et techniques suffisantes pour travailler dans ces différents domaines stratégiques alors que les Américains sont 5 fois plus nombreux et dépensent pour leur défense plus de 10 fois ce que nous consentons ?

Réagir pour restaurer notre indépendance

Face aux grandes puissances, les États européens qui le veulent doivent mettre en commun certaines de leurs ressources pour développer des capacités stratégiques essentielles. Tirons le meilleur parti de nos cultures distinctes et combinons, sur des projets concrets, nos différents talents, capacités et génies et nous serons supérieurs à nos concurrents.

Concernant nos armées, chaque pays a une culture militaire propre et des domaines d’excellence. C’est autour de ces atouts qu’il faut organiser nos forces. Devons-nous demander aux Baltes et aux Finlandais d’envoyer autant de soldats au Sahel ou en Libye que les Portugais ou les Italiens ? Il vaut mieux prendre en compte la position géographique, la perception des menaces, mais aussi les capacités naturelles, le tempérament et les pôles d’excellence de chacune des nations.

Agir au plus tôt

Il serait erroné de croire que le financement collectif de capacités trop difficiles ou impossibles à posséder au niveau national, permettrait de réaliser des économies. Malgré la crise des gilets jaunes, la France doit en effet tenir l’engagement, qu’elle a pris comme tous les pays appartenant à l’OTAN, de consacrer 2 % de son PIB pour sa Défense en 2025.

En attendant une hypothétique défense européenne, pourquoi ne pas proposer de faire financer dès à présent le surcoût des opérations menées contre les islamistes au Moyen-Orient et au Sahel par les pays qui estiment qu’ils sont un ennemi commun ?

La rédaction de l’ASAF
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(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/02

« L’ASAF s’implique dans le grand débat national »

 

 

 

« Pour moi, il n’y a pas de  questions interdites » (extrait de la lettre du président Macron)

 

L’ASAF, association d’intérêt général et membre du groupe des associations représentatives du monde combattant, ne saurait être absente du grand débat national. Elle l’avait du reste annoncé dans sa lettre de janvier consacrée à la crise des « gilets jaunes ».

Dans le cadre strict de ses statuts, elle propose ci-dessous les quatre points qui lui paraissent devoir et pouvoir être portés par tous ceux qui, sans omettre leurs préoccupations personnelles, souhaitent que la Défense, sujet qui concerne tous les Français, ne soit pas la grande absente de cette consultation populaire.

 

1- La France doit disposer d’une armée complète, bien équipée et entraînée pour garantir son indépendance, son intégrité et la protection des Français.

Il s’agit donc de veiller à ce que les ressources prévues dans la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, indispensables à la remontée en puissance de nos armées, soient préservées.

La France doit veiller à préserver son autonomie stratégique. L’exemple de l’embargo  imposé par les États-Unis sur la fourniture des pièces de rechange pour les catapultes du porte-avions Charles de Gaulle, après le refus de la France de soutenir l’engagement américain en Irak, est à ce titre très révélateur.

La France doit impérativement accroître la part de son budget consacré à la Défense et atteindre dans un premier temps 2% du PIB en 2025 comme le prévoit la LPM. C’est là une condition nécessaire pour que nos Armées aient les moyens d’accomplir leurs missions.

Rappelons que, pour sa Défense, chaque Américain dépense plus de deux  fois ce que dépense chaque Français.

 

2- La France doit renforcer sa cohésion et être fière de son passé pour bâtir son avenir.

L’État doit cesser toute forme de repentance et mettre en valeur l’exemplarité de héros français tout au long de son Histoire.

Certains dirigeants, intellectuels ou médias français jettent trop souvent l’opprobre sur certaines pages de notre histoire, soit de façon mensongère (la colonisation assimilée à un crime contre l’humanité), soit par ignorance du contexte (affaire Audin), soit par pure naïveté.

En revanche les innombrables Français dont le comportement fut héroïque sont trop rarement évoqués devant un peuple qui manque aujourd’hui de confiance en lui et une jeunesse en perte de repères.

Cette attitude est grandement préjudiciable à l’unité de la Nation car elle est susceptible de susciter chez certains, en particulier chez les jeunes nouvellement naturalisés, un sentiment de rejet au lieu d’offrir des exemples dont ils pourraient s’inspirer pour développer leur sens de l’engagement au service de la Nation.

 

3- Les engagements opérationnels doivent s’inscrire dans le cadre d’une politique de long terme, soutenue par l’ensemble de la population.

Nos soldats doivent bénéficier du soutien indéfectible de la Nation et être assurés que les opérations qu’ils mènent aujourd’hui au prix du sang ne seront pas dénigrées demain.

Chaque fois que l’on accuse nos soldats d’hier d’avoir commis des crimes ou des atrocités, comme c’est régulièrement le cas à propos de l’Algérie, ou, plus récemment, d’avoir favorisé le génocide au Rwanda et d’en avoir été les complices par leur passivité, on sème le doute dans les esprits des soldats engagés aujourd’hui en opérations extérieures et on les fragilise.

Comment les empêcher de penser que leurs actions d’aujourd’hui seront peut-être demain, comme celles de leurs anciens, vouées aux gémonies ? Comment peuvent-ils continuer à se battre, à souffrir et à mourir aujourd’hui pour un pays dont les responsables politiques  risquent  de les abandonner demain ?

L’engagement de nos forces armées est celui de la Nation tout entière et celle-ci doit faire preuve de son soutien indéfectible à ses soldats dans le long terme. C’est particulièrement vrai pour ses blessés qui l’ont été « pour la France » à 20 ans et dont les  blessures nécessitent des soins très contraignants tout au long de leur vie tels que les grands brûlés, les blessés psychiques et de la moelle épinière, ou encore les amputés.

 

4-Les associations représentatives du monde combattant, déclarées d’intérêt général, doivent être davantage associées à la réflexion et aux décisions relatives à la Mémoire et au lien armée-nation.

Certaines dispositions relatives à la Mémoire pourraient faire l’objet d’une consultation des associations afin d’aller vers plus de cohérence et de pertinence :

  • le choix des commémorations patriotiques nationales annuelles ;
  • la place de la médaille des victimes du terrorisme qui pour l’instant est située avant celle remise pour des actes de courage et de dévouement ;
  • l’attribution de la mention « Mort pour la France» pour le colonel Beltrame et pour les militaires français tués en étant observateurs de l’ONUST ;
  • la simplification du calendrier  des commémorations nationales et son recentrage sur le 11 novembre conformément à l’esprit de la loi du 28 février 2012 ;
  • enfin, quand elles ne sollicitent pas de subventions de l’État, les associations d’intérêt général, qui contribuent bénévolement au développement de l’esprit de Défense, doivent pouvoir émettre des reçus fiscaux pour les dons qu’elles reçoivent des Français.

 

En conclusion

Il ne faudrait pas que la satisfaction des intérêts particuliers de nos concitoyens conduise à l’affaiblissement des  fonctions régaliennes de l’État et, en particulier, de la  première d’entre elles : la Défense.
Dans le monde actuel il est plus que jamais essentiel que notre pays soit uni autour d’une armée forte. C’est la  condition incontournable pour être efficacement protégés et rester libres.


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Lettre de l’ASAF 19/01

« État faible : la Nation et son armée fragilisées »

 

 

 

Un bilan triste et inacceptable

Dix morts, des centaines de blessés, des scènes de pillage diffusées en direct, des dégâts matériels considérables, la liberté de circuler en voiture entravée et de nombreux Français plongés tous les samedis dans l’insécurité, en ville, aux ronds-points et péages ; c’est l’image ternie par des dérives inacceptables que donne la France au monde depuis quelques semaines. Ce désordre, encouragé par des partis politiques et dont profitent des nations étrangères, affaiblit considérablement notre pays, restreint sa capacité d’influence et réduira inévitablement sa crédibilité militaire.

Un terreau favorable

La contestation des gilets jaunes, dont la légitimité n’est pas en cause, s’est déclenchée sur un terreau favorable et a pris la forme d’un mouvement sans responsables déclarés. Du fait de certains individus radicalisés ou étrangers au mouvement, elle a dérivé, ici et là, au gré des heures et au fil des semaines, vers  une forme localisée de guérilla urbaine, où se mêlent expressions d’injures et de haine, actes de violences et de pillage, autant de propos et de gestes puisés aux plus bas instincts.

Tel est le triste bilan aujourd’hui d’un État dirigé depuis tant d’années par des hommes et des femmes méconnaissant trop souvent les réalités du terrain, diffusant un sentiment de suffisance, voire parfois d’arrogance. Ils se sont montrés incapables de rassembler la Nation autour d’un projet qui redonne leur fierté aux Français et leur permette de relever collectivement les redoutables défis auxquels ils sont confrontés. Bien au contraire, les Français, dans leur majorité, ont le sentiment d’être dirigés par une classe politique inefficace qui, loin de montrer l’exemple, ne sait pas expliquer clairement les objectifs à atteindre ni les efforts inévitables à consentir pour restaurer la puissance de notre pays.

C’est une grande faute que de ne pas avoir dit franchement depuis longtemps que nous dépensons trop, que nous devons réorganiser l’État, revoir notre système social et que nous devons travailler bien davantage sous peine de devenir très rapidement un pays de second rang.

La loi bafouée

Dans cet environnement fragile, les dirigeants d’aujourd’hui, comme  ceux d’hier, se révèlent incapables de faire respecter la loi, y compris quand ils déclarent que « nous sommes en guerre ». Ils préfèrent dénigrer le passé et noyer la France dans une repentance historique systématique, qui mine la confiance, fissure la cohésion et éteint l’enthousiasme. Cette attitude intellectuelle est mortifère car elle divise encore davantage au lieu de rassembler et elle inocule le doute au lieu de renforcer la confiance et la fierté.

Selon la loi, toute manifestation doit être déclarée et encadrée par les manifestants sur un itinéraire défini et dans un créneau horaire précis.Cela signifie que, si une manifestation non déclarée est décidée, ses instigateurs doivent être interpellés et les participants sanctionnés.

Déclarée, une manifestation ne doit en aucun cas porter atteinte à la liberté des autres citoyens. Or depuis trop longtemps l’État tolère que les Français soient pris en otage et supportent les contraintes imposées par des manifestants, alors que la liberté de circuler prime sur le droit à manifester.

De même la sécurité des personnes et des biens doit-elle être strictement assurée. Or, depuis trop longtemps, les responsables politiques laissent les manifestants occuper illégalement des locaux ou des terrains comme ceux de Notre-Dame-des-Landes. Pourtant la mission des forces de sécurité est de faire respecter les lois de la République, y compris par la force si nécessaire. Rien ne justifie en effet, dans une démocratie comme la nôtre où les élections se déroulent à des échéances régulières, que la violence soit un moyen d’expression et de pression.

Une  France affaiblie

En huit semaines, quel gaspillage : le chef de l’État, chef des Armées, contesté, insulté et menacé, la sécurité intérieure non garantie sur certains lieux de manifestation, la cohésion nationale fissurée, le symbole des sacrifices immenses de la Nation outragé !

Si des mesures très fermes ne sont pas prises au plus tôt pour neutraliser les casseurs et les pillards en les sanctionnant lourdement, la France sera demain un lieu où risquent de s’affronter ces voyous et des commerçants qui défendront leur commerce les armes à la main ou encore des Français qui n’accepteront plus de voir brûler leurs voitures. Face à ces affrontements mortels en viendra-t-on à faire intervenir l’armée ?

Pour éviter cette extrémité, l’État doit d’urgence restaurer la confiance en nos forces de sécurité intérieure en leur donnant des consignes fermes, faute de quoi la France continuera à s’affaiblir et à se discréditer pour le plus grand bonheur de ses concurrents. Quant à l’armée, intimement liée à la Nation, et dont le chef semble à ce point contesté, elle risque alors de perdre très vite une partie de sa crédibilité tant auprès de ses alliés que de ses ennemis islamistes.

Un espoir

Dans ce contexte qui ne peut plus être admis, il apparaît capital que la démarche originale de consultation des Français initiée par le président de la République, chef des Armées, porte les fruits attendus de réconciliation nationale, de retour de la confiance dans les autorités responsables, et de fierté retrouvée dans un grand destin national et européen ; d’ailleurs, sur ce dernier point, les membres de l’ASAF  ont un rôle important à jouer  en participant activement au grand débat national.

Mais cet espoir, c’est aussi celui que doivent nous inspirer les deux pilotes et les deux pompiers qui ont péri en s’entraînant au combat et en luttant contre un incendie ; ils ont ainsi montré que des hommes et des femmes sont toujours prêts à donner leur vie pour défendre la France et sauver leurs compatriotes.

 

La RÉDACTION de l’ASAF

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« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 18/12

« De l’année de la mémoire à celle de l’espoir »

 

 

 

Les tweets du président américain

Les tweets du président Trump sont naturellement destinés en priorité à son opinion publique. Cependant, et sans entrer dans une quelconque polémique, ils nous offrent l’occasion de rappeler à nos amis américains quelques éléments de notre histoire commune qu’ils n’ont sans doute pas l’occasion d’apprendre à l’école ou par leurs médias.

De très nombreux jeunes Français, encadrés par leurs professeurs, sont allés se recueillir à Verdun pour honorer le sacrifice des 300 000 Poilus morts pour la France, mais aussi dans les cimetières américains de Colleville et de Saint-James, en Normandie, devant les 15 000 tombes de GI’s tombés sur notre sol.
Ils savent que, durant la Première Guerre mondiale, les États-Unis ne sont venus soutenir notre pays avec leurs troupes qu’à partir de juin 1917, que leurs soldats ont été instruits et équipés, notamment en chars et en artillerie, pour l’essentiel par la France et qu’ils n’ont pu être engagés au combat qu’en juillet 1918.

À son retour de la cérémonie du Centenaire du 11 novembre 1918, en France, monsieur Trump, a-t-il rappelé à ses compatriotes que les Français ont eu 1,4 million de soldats tués pour 38 millions d’habitants quand les États-Unis, dans un temps certes beaucoup plus court, n’en ont compté que 50 000 pour une population de 95 millions ? Leur a-t-il dit que le Sénat américain n’avait pas ratifié le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 bien qu’il fût pourtant très inspiré par les idées de leur président de l’époque, Woodrow Wilson ?      
Les Américains se souviennent-ils que leur pays a exigé d’une France exsangue, qui avait dépensé durant la guerre 50 % de sa richesse nationale, le remboursement intégral et accéléré des dettes qu’elle avait contractées pour acheter les matières premières, notamment le charbon et l’acier, qu’elle ne produisait pas en quantité suffisante pour répondre aux besoins de la guerre ?

Aussi, quand la France estime que sa défense et celle du continent européen doivent être assurées par les nations européennes face à tous les pays y compris les États-Unis, elle ne fait que prendre en compte les réalités d’hier et celles d’aujourd’hui : espionnage continu et systématique des dirigeants politiques, des grandes entreprises européennes, embargo sur les matériels militaires américains en cas de non alignement sur leurs choix politiques comme ce fut le cas pour la maintenance des catapultes du porte-avions Charles de Gaulle lors de la deuxième guerre contre l’Irak.

La France, qui a une longue histoire, sait qu’elle doit compter d’abord sur elle-même et que les intérêts des États-Unis peuvent malheureusement être divergents des siens (« Make America Great Again »).

 

Les discours des dirigeants français

  • Monsieur Emmanuel Macron sur le porte-avions Charles de Gaulle à Toulon

Les Français accepteront de se battre pour leurs alliés européens face à un ennemi commun car ils partagent une même terre, une même Histoire et une même culture et ils font face ensemble aujourd’hui à la menace islamiste.

Mais pensez-vous qu’ils accepteront de voir mourir leur fils, frère ou mari pour défendre la Turquie de monsieur Erdogan s’il entre en conflit avec la Russie ? Non seulement l’Europe s’arrête au Bosphore et Ankara est en Asie comme 90% de la Turquie mais, surtout, les nations européennes ne partagent guère de valeurs avec un pays au régime dictatorial et islamiste. D’ailleurs, l’appartenance à l’Alliance atlantique n’implique aucune obligation d’engager des forces armées au profit de l’un de ses membres.

  • Monsieur Édouard Philippe à Hanoï

Oui, nous vous sommes reconnaissants d’avoir honoré nos soldats à Diên Biên Phu et par là même tous les Français, civils et militaires, qui ont fait rayonner la France en Indochine pendant des décennies.
En revanche pourquoi rendre hommage à Hô Chi Minh, dictateur rouge, membre du Komintern qui contribua à asservir le peuple vietnamien en lui faisant miroiter la liberté derrière le mot indépendance puis à l’enfermer dans un pays prison où régnaient délation, camps de travail et de rééducation et dont les rares prisonniers qui en réchappaient, n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes ?

Si ce ne fut pas à proprement parler un acte de repentance, vos propos furent perçus comme une insulte par les milliers d’anciens prisonniers français et étrangers et les millions de Vietnamiens torturés au nom d’une idéologie mortifère, le communisme, qui a fait plus de 50 millions de morts à travers le monde.

 

Vœux de l’ASAF pour 2019

Pour cette année 2019 qui s’annonce, l’ASAF demande au nom de l’immense majorité des Français qui voient leur pays se fragiliser, parfois se fragmenter et douter de lui-même, de cesser toute forme de culpabilisation, de repentance au regard de notre passé, d’assumer toute son Histoire sans reniement ni omission et de retrouver la fierté en mettant en avant ses héros plutôt que des victimes.

Vis-à-vis de l’Algérie notamment, elle propose d’une façon très symbolique que nos deux pays restaurent ensemble le superbe monument aux Morts d’Alger, hommage aux Algériens de souches européenne et nord-africaine qui ont versé ensemble leur sang pendant les deux guerres mondiales ; il est en effet enfermé depuis 1962 dans un bloc de béton…

Elle demande que soit tenu l’engagement de remise à niveau de notre armée puis entamée une véritable remontée en puissance, faute de quoi la France ne pourra plus garantir son indépendance et protéger sa population ainsi que ses intérêts stratégiques. Les engagements financiers des responsables politiques devront être tenus intégralement ! L’ASAF incitera les Français à faire preuve d’une grande vigilance pour éviter qu’une fois de plus les promesses ne soient pas tenues. Le maintien de la confiance et de la loyauté des soldats est à ce prix.

 

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« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 18/11

« Le sens du sacrifice »

 

 

Comprendre hier

11 novembre 2018, 80 chefs d’État s’avancent ensemble, à pied, sous la pluie, vers l’Arc de Triomphe, et s’inclinent devant la dalle sous laquelle repose le Soldat inconnu. Quel plus bel hommage pour ce Poilu Mort pour la France ? Quelle plus grande marque de reconnaissance du monde à la France, pour avoir défendu la liberté avec tant de ténacité !

C’est bien une armée, composée de millions de soldats, qui a combattu pendant plus de 4 ans dans des conditions effroyables pour, avec ses alliés, freiner, arrêter puis repousser un ennemi conquérant venu de l’est afin de  nous envahir et nous imposer sa volonté. Cette armée, avec celles de ses alliés, a résisté et  a vaincu grâce au courage de ses soldats, à la valeur supérieure de son commandement, au soutien indéfectible de la Nation tout entière. Bref, dans l’adversité elle a tenu car, unie, elle était invincible. 

Ces soldats se battaient pour défendre leur terre, leur famille, leur patrie, l’héritage qu’ils avaient reçu des générations précédentes comme le firent avant eux leurs aïeux face à d’autres invasions. Ils se battaient aussi pour la liberté à l’instar des compagnons de Jeanne d’Arc. Inlassablement, ils sont montés à l’assaut des tranchées ennemies derrière leurs chefs pour briser les chaînes qui enserraient la France sur plus de 750 km, de la mer du Nord à la Suisse, jusqu’au jour où, sous les coups de boutoir répétés, ces chaînes cédèrent.

Se souvenir aujourd’hui

Un siècle plus tard, le chef des armées françaises a voulu parcourir le front où se déroulèrent ces combats acharnés. Ce fut d’abord Strasbourg, symbole du retour des provinces perdues après la défaite de 1870, puis le village des Éparges où son Maire a su décrire, dans l’intimité, avec autant de passion que de talent, la violence des combats où furent tués ou  blessés des dizaines de milliers d’hommes - dont Maurice Genevoix - pour la conquête d’une crête. Le Président y a exprimé un superbe hommage aux Poilus. Il a visiblement médité sur les champs de bataille où s’est joué le destin de la Patrie.

Mais au-delà de cette « itinérance », et dans les profondeurs de la Nation, c’est tout le pays, notamment les plus jeunes Français, qui se sont mobilisés pour découvrir leur passé à travers l’histoire de leur famille, de leur quartier, de leur village pendant la Grande Guerre. D’innombrables actions ont été menées avec l’appui de la mission du Centenaire. Si elles n’ont pas toujours fait « la une » de l’actualité, elles ont cependant remué en profondeur les jeunes générations en leur permettant de découvrir leur passé, de renforcer leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale. Il ne s’agissait pas de générer chez eux la haine de l’ennemi mais une admiration croissante pour ces aïeux, ces Anciens,  qui à 20 ans  ont accepté de donner leur vie pour eux.

Les polémiques sont bien peu de choses au regard de ces immenses sacrifices et douleurs !
Seule la France, qui paya le plus lourd tribut au regard de sa population, pouvait rassembler autant de nations autour d’elle le 11 novembre 2018. Jamais, en effet, aucun peuple d’un pays démocratique n’a accepté,  dans l’Histoire, un tel taux de sacrifice. Les 40 000 étrangers qui sont venus s’engager en France témoignent que le monde reconnaissait alors la France comme étant le pays de la Liberté. Ce qui fera écrire à de Gaulle dans ses Mémoires : «  Il existe un pacte multiséculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde. »


Agirpour demain

Après cette victoire si chèrement acquise, la paix ne fut pas au rendez-vous espéré. La paix ne se décrète pas, elle se construit et les armes doivent la garantir en permanence. La France, saignée à blanc par ces 52 mois de guerre, était affaiblie, épuisée. Sa démographie était insuffisante, les destructions matérielles considérables et les dettes contractées auprès des Américains durent être remboursées très vite. Notre pays fut contraint d’accepter certaines exigences des Alliés et des promesses qui ne seront pas tenues. La paix a été perdue. 20 ans après le traité de Versailles, la Seconde Guerre mondiale éclatait.

Une nation unie, une armée forte sont nécessaires à un peuple qui veut rester libre : tels sont les enseignements essentiels de la Grande Guerre pour aujourd’hui, tout comme la nécessité du courage à tous les niveaux, l’amour de sa patrie jusqu’au sacrifice et la conscience qu’elle est un héritage à enrichir et à transmettre. Bref, être  un peuple fier et assumant sans aucune réserve son Histoire est une condition indispensable pour être ouvert et comprendre les autres peuples.

Les menaces n’ont pas cessé depuis la Seconde Guerre. La réconciliation franco-allemande marque la fin d’une guerre de 75 ans avec les Allemands. Mais pour demain, que constate-t-on ? Un nouveau totalitarisme : l’islamisme, des Alliés dont nombre d’intérêts divergent, des champs de compétition, d’affrontement, de bataille nouveaux et la guerre hors limite dont parlent les Chinois.

Face à cette situation, la France doit viser l’excellence dans tous les domaines car elle sait qu’elle pèse moins de 1% de la population mondiale. Pour autant elle dispose d’atouts considérables souvent mal valorisés. Il lui faut mieux s’organiser, faire preuve de plus de méthode et de constance dans les choix stratégiques ainsi que dans l’action. La France doit donc d’abord être forte. Mais elle sait que certains défis à relever exigent d’elle de s’associer à d’autres nations.

La France doit contribuer à faire émerger une « Communauté des nations européennes » au sein de laquelle ceux qui veulent développer des projets en commun s’associeront à  l’instar de Galileo, le GPS européen, qu’aucun pays n’aurait pu réaliser seul, et qui, achevé ensemble, donne à chaque État une plus grande indépendance. Cette communauté des nations européennes doit avoir pour objectif de renforcer l’indépendance des nations d’Europe, de préserver leur identité, de garantir leur Défense et leur liberté.

La paix sans la liberté s’appelle l’esclavage et cette liberté, jamais acquise, se défend au quotidien, dans tous les domaines de l’activité des hommes.

 

La Rédaction de l’ASAF

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« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 18/10

« Les politiques, l’État et l’Armée »

 

 

A observer certains évènements récents qui se sont produits en France, on est en droit de s’interroger sur leur sens et de se demander s’ils n’expriment pas une forme de nihilisme privilégiant systématiquement le rejet d’un passé qui serait honteux plutôt que la célébration d’une histoire riche et glorieuse. Une telle attitude  conduit insidieusement à fragiliser la Nation. L’autorité de l’État, si nécessaire aujourd’hui,  peut-elle sortir renforcée du dénigrement de son action passée ?

Cette culpabilisation est irresponsable. Elle instille le doute, conduit à la perte de confiance et entraîne inexorablement notre pays sur la voie du déclin. Elle est d’autant plus surprenante qu’elle se développe au moment où l’État peine à exercer ses prérogatives régaliennes. Elle est d’autant plus grave qu’elle met en cause non seulement des hommes politiques mais également, et implicitement, son bras séculier l’Armée.

Le mensonge par omission

L’ASAF estime que la politique de Mémoire a pour but principal la connaissance et la compréhension de notre Histoire, qu’elle doit contribuer à rassembler les Français plutôt qu’à les diviser et à leur donner des exemples propres à renforcer leur confiance en leur pays.
Cela impose de rappeler le contexte historique et le cadre géographique dans lesquels se déroulent  les évènements évoqués.

La démarche du président de la République vers la famille de Maurice Audin s’est affranchie de cette exigence  intellectuelle. En effet, le destin de ce militant doit être inscrit dans le soutien qu’il apportait aux terroristes poseurs de bombes du FLN qui tuaient et estropiaient chaque jour des civils innocents à la sortie des écoles ou dans les bars fréquentés par de nombreux jeunes.

Omettre sciemment ces éléments de contexte aussi fondamentaux, c’est travestir la réalité. Il n’est pas acceptable de dénigrer les décisions de l’État et condamner même implicitement l’action de l’Armée si l’on oublie de rappeler que, chaque jour, des victimes innocentes comme celles du Bataclan en 2015, tombaient à Alger en 1957. Les Français d’aujourd’hui pourront alors comprendre pourquoi, dans l’urgence et faute d’outils techniques plus performants pour rechercher les renseignements, tous les moyens disponibles furent utilisés pour arrêter cette hémorragie.

Une repentance trompeuse et destructrice

À entendre la surenchère de certains propos culpabilisants, on en vient, par exemple,  à oublier que les terribles  massacres de dizaines de milliers de harkis, qui commencent le 19 mars 1962, malgré les engagements pris, et qui vont se poursuivre massivement après l’indépendance de l’Algérie du 3 juillet 1962, sont le fait des égorgeurs et éventreurs du FLN algérien !

Cette attitude de repentance qui consiste à taire et détourner les réalités du présent, telle la sévérité des combats au Sahel contre les islamistes, en condamnant le passé est dévastatrice pour nos armées et par là même pour notre Défense. Elle sème le doute dans les esprits de nos soldats sur le bien fondé de leurs engagements opérationnels d’aujourd’hui. L’Armée est-elle condamnée à servir de bouc émissaire aux dirigeants politiques n’assumant pas leurs responsabilités du moment ? Leurs successeurs dénonceront-ils demain, dans un contexte inévitablement différent, les engagements de nos armées en Afghanistan, en Irak  et au Mali contre les djihadistes ?

Enfin, cette repentance, servie ad nauseam à propos de l’aventure coloniale française, ne contribue-t-elle pas à faire douter les Français d’eux-mêmes et à susciter chez certains d’entre eux, fraîchement naturalisés, un désir de revanche fragilisant un peu plus la cohésion nationale ?

Plutôt que Maurice Audin, complice de terroristes, pourquoi n’avoir pas mis en avant des comportements héroïques tels celui de l’ingénieur Keller révélé récemment au grand public par une production de France 5, « la source K », ou de ce couple, parents de cinq enfants, qui s’est engagé dans la Résistance malgré les risques considérables encourus pour leur famille ?
Ces trois résistants qui seront déportés et dont deux  succomberont dans les camps de la mort, ne sont-ils pas les héros dont les jeunes ont besoin et que, hélas, la France ignore ?

Une Nation fragilisée

La France a célébré récemment le 75e anniversaire de la libération de la Corse, premier département libéré. Il l’a été par le bataillon de choc, les goumiers marocains et la Résistance.
Des jeunes scolaires ont été intelligemment associés aux cérémonies. Mais quelle honte d’avoir vu des élus de cette région, et non des moindres, participer aux cérémonies sans porter leur écharpe tricolore, sans chanter la Marseillaise, et déposer des gerbes sans ruban tricolore avec des inscriptions en langue corse.

Ces comportements sont-ils acceptables alors que la Constitution rappelle que « la France est une République indivisible, que la langue officielle de la République  est le français, et enfin que les partis et groupements politiques … doivent respecter les principes de la souveraineté nationale... » ?

Quand bien même ces dirigeants indépendantistes n’étaient pas nés alors que  les résistants, les goumiers et les commandos se sacrifiaient pour le drapeau français et la liberté, devons -nous accepter dans l’indifférence ces comportements d’élus ? Si oui, de quelle Nation et de quel lien armée-nation parlons-nous ?

Une  raison d’espérer cependant : les applaudissements nourris initiés par des Corses profondément français, lors des dépôts de gerbes par le consul général du Maroc en Corse puis par madame Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées. Les quatre dépôts de gerbes précédents, ceux des élus corses, eurent lieu dans un silence gêné et réprobateur.

L’urgence d’un État rassembleur et fort

Il est temps que les responsables politiques d’aujourd’hui cessent d’affaiblir l’État en s’érigeant en juges d’un passé qu’ils connaissent souvent mal où qu’ils observent d’un œil partisan. Ils doivent, au contraire, renforcer l’unité de la Nation, susciter le dépassement des Français en honorant les héros qui ont fait et font aujourd’hui la fierté de notre pays. Il est essentiel qu’ils se concentrent sur la tâche immense qui est la leur aujourd’hui plutôt que de dénigrer l’action de leurs prédécesseurs et de notre Armée.


La Rédaction de l’ASAF

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(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 18/09

« Politique étrangère et engagement opérationnel »

 

 

La France déploie en permanence 30 000 militaires en posture opérationnelle. Parmi ceux-ci, la moitié l’est dans des pays étrangers pour y remplir des missions de stabilisation ou des missions de combat. Ces engagements se déroulent souvent dans la durée sur des terrains éprouvants tant pour les hommes que pour les matériels.

Le volume de nos armées, l’état de leurs équipements, les finances de notre pays et les risques encourus par nos soldats doivent conduire les Français à s’assurer que la stratégie militaire et opérationnelle conduite par nos dirigeants s’inscrit bien dans une stratégie générale, c'est-à-dire dans une politique, claire et de long terme. Cela impose que notre politique étrangère se fasse en cohérence avec les capacités militaires réelles de nos armées : effectifs, disponibilité des matériels, bases et vecteurs de projection permettant des actions dans la durée, …

Proche-Orient : mener une realpolitik

La France contribue, pour des raisons historiques et depuis plus de 40 ans, à la stabilisation du Liban submergé par les réfugiés : Palestiniens ayant été expulsés hier de leurs terres, Syriens et Irakiens fuyant aujourd’hui les massacres.

Depuis la Jordanie et l’Irak, nos avions et notre artillerie ont participé efficacement à la réduction de l’État islamique. Pour autant les terroristes survivants, endurcis par les combats, vont devenir nos ennemis directs au Sahel, constituer un risque important contre nos intérêts et nos ressortissants dans les pays musulmans d’Asie et faire peser une menace meurtrière en France s’ils parviennent à rejoindre le territoire national.

Dans ces conditions la France peut-elle continuer à ignorer, voire à rejeter, le gouvernement officiel syrien, soutenu militairement par les Russes, dont l’armée a repris le contrôle de l’essentiel de la Syrie ? En effet, comment peut-on encore ne pas comprendre que la stabilité du Liban et la sécurité de nos forces qui y sont déployées sous l’égide de l’ONU passent, pour une part, par des échanges d’informations avec le gouvernement de Damas et ses services de renseignement ?

 

RCA : refuser le chaos silencieux

En 2015, la France est intervenue en République centrafricaine après avoir suivi en direct son invasion venue du nord par la Séléka soutenue par des Tchadiens et des Soudanais armés.

Les massacres qui se sont déroulés peu après, notamment à Bangui, ont contraint la France à intervenir dans le but d’arrêter les bains de sang. Mais, pour ne pas avoir décidé d’agir plus tôt dans le nord dès le début de l’invasion, la France a laissé se détériorer très rapidement une situation au point que les effectifs militaires initiaux envoyés sur place (moins de 1 000 hommes) furent totalement insuffisants pour rétablir le calme à Bangui (800 000 habitants) et dans un pays plus grand que la France (625 000 km2).

Une force militaire aux capacités opérationnelles réduites, envoyée trop tard pour remplir une mission à la fois floue et pour tout dire impossible, telle fut l’expression de la politique française dans ce pays où nous sommes présents depuis l’indépendance en 1960.

Faute d’avoir une vision politique de long terme, la France n’a pas cessé d’y intervenir militairement. Ce pays dont la position est stratégique entre l’Afrique du Sahel et celle de la forêt, à la charnière entre les États qui bordent à l’est l’océan Indien et à l’ouest l’océan Atlantique, ce territoire vaste, sous-peuplé (5 millions d’habitants) au potentiel minier et surtout agricole considérable, est méconnu et oublié des dirigeants français.

Bien connu en revanche par nombre de militaires, ce pays, certes enclavé, mais véritable clef de voûte des pays africains est une proie facile susceptible de devenir rapidement un enjeu pour ses voisins et les grandes puissances (les Russes viennent d’y renforcer leur présence militaire en y envoyant près de 200 coopérants, la Chine y a acheté des terres,…). Il mériterait une politique française de long terme.

L’Europe doit se défendre ou elle disparaîtra

L’OTAN a-elle encore une raison d’être ? La nouvelle situation internationale n’est-elle pas favorable à l’émancipation de notre continent vis-à-vis de l’Alliance atlantique devenue, depuis l’effondrement de l’URSS, un obstacle majeur à la constitution d’une défense européenne indépendante, en donnant à la plupart des États de notre continent l’illusion d’être gracieusement (ou presque) défendus par le puissant allié américain ? La contrepartie est qu’ils acceptent d’être dépendants politiquement et militairement de leur grand allié en restant convaincus que celui-ci viendra à leur secours au moindre bruit de bottes…

En fait l’OTAN, qui intègre en son sein un pays comme la Turquie, n’a plus de véritable raison d’être dans le contexte actuel. En revanche elle maintient de fait les pays européens sous une forme de tutelle assurée par la puissance dominante de l’Alliance. Elle contribue à faire de l’Europe un continent sans voix car sans puissance militaire commune ; pire, donne l’image d’un ensemble de pays alignés sur la politique américaine.

Mais quels pays, en Europe, en dehors de la France, souhaitent réellement l’émergence d’une puissance militaire européenne ? Tant qu’il n’y aura pas de volonté politique de chacune des nations, la situation demeurera. Ne comptons pas sur les États-Unis, ni sur la Grande-Bretagne pour y contribuer, ce serait contre leurs intérêts : « pas de puissance sur le continent européen ».Il nous faut donc convaincre nos alliés européens ; commençons par deux ou trois grands pays et un ou deux petits pays, définissons une ambition politique commune et cessons les querelles sur les sujets secondaires.

 

La Rédaction de l’ASAF

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