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La Légion étrangère honore la mémoire de deux de ses grands artistes au musée d'Aubagne

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Publié le 28/07/2018

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Blaise Cendras(à gauche) et Alexandre Zinoview (à droite). sold'art

 

Le prestigieux corps de l'Armée de terre présente une exposition dédiée à l'écrivain Blaise Cendrars et au peintre Alexandre Zinoview, tous deux engagés pendant la Première Guerre mondiale.

La légion rend hommage à deux grandes figures. L'artiste peintre Alexandre Zinoview (1889-1977) et l'écrivain Blaise Cendrars (1887-1961) se sont, tous deux, engagés dans la Première Guerre mondiale au sein de la Légion étrangère, qui leur consacre une exposition dans son musée d'Aubagne, crée en 1934.

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Alexandre Zinoview arrive à Paris en 1909, d'abord espion avant d'être peintre, le Russe fréquente les milieux artistiques de Montparnasse et s'enrôle, dès la déclaration de guerre, dans la Légion. Également membre des milieux artistiques parisiens depuis 1912, le Suisse Blaise Cendrars s'engage aussi dès les premières heures du conflit et rédige un texte appelant les étrangers à suivre son exemple. L'exposition qui s'appuie sur chacune des œuvres des artistes traverse le premier conflit mondial. En plus de nombreux tableaux et dessins d'Alexandre Zinoview, sont exposés des extraits des écrits de Blaise Cendras, des objets de la Légion et des films d'archives, soit une centaine d'œuvres originales prêtées pour l'occasion par des musées et des collectionneurs privés.

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Des œuvres inspirées du front

«La ligne de chance», Alexandre Zinoview

Depuis les tranchées du front, Alexandre Zinoview ramène des séries de portraits de ses camarades de combat, saisis par la peur et l'effroi, sur fond d'explosions et de paysages dévastés. Il laisse également un récit intime de son périple dans des carnets de guerre. Les chemins des deux artistes se croiseront, sur le front, en Champagne, à la ferme Navarin où Zinoview est ambulancier. Blaise Cendras, gravement blessé, vient s'y faire soigner. Un dessin du premier, montre ainsi l'arrivée d'un soldat, probablement Cendras, bras en lambeaux, au poste de secours.

«Le sang qui pissait, le froid qui me gagnait et la peur soudaine, la frousse intense de crever là, sur mon brancard», témoignera Cendrars. Il est amputé du bras droit puis réformé en 1915. Il rédigera par la suite de la main gauche plusieurs écrits racontant l'horreur de la guerre, telles que La Guerre au Luxembourg, (1916), puis J'ai tué (1918), illustré par Fernand Léger, avant La main coupée (1946). Zinoview quittera quant à lui la Légion en 1919. L'exposition intitulée Zinoview Cendras, deux légionnaires dans la grande guerre, regards croisés d'un peintre et d'un écrivain, est visible jusqu'au 6 janvier.

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C'est en découvrant les tableaux de Zinoview, exposés pour la première fois à Amiens en 1990, que Miriam Gilou-Cendrars, fille et biographe de Cendras disparue en juin 2018, a eu l'idée de croiser les œuvres des deux artistes.


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