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Evariste Berg : Un Réunionnais à la bataille de Camerone

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6 mai 2018

Les derniers instants de la bataille de Camerone.

Les derniers instants dela bataille de Camerone

Le caporal Evariste Berg.

Le caporal Evariste Berg

 

HISTOIRE. Dans la chanson de geste de la Légion Etrangère, la bataille de Camerone au Mexique le 30 avril 1863 occupe une place à part. Le caporal Evariste Berg, est le seul Réunionnais à avoir pris part  à cet épisode glorieux. Ancien légionnaire, vice-président de l'Amicale de la Légion Etrangère de la Réunion Bruno Mancini se bat pour que l'on n'oublie pas Evariste Berg dont seule une modeste rue au Chaudron perpétue le souvenir.

Evariste Berg voit le jour à Saint-Benoît le 13 février 1834. Son père, Louis Berg, commandait le stationnaire La Lionne à Nossy-Bé en 1844. Lors d'une escale à la Réunion Louis Berg épouse Antoinette Rolland dont le frère, le futur général Emile Rolland, jouera un rôle décisif dans la carrière d'Evariste Berg. Ce dernier grandit sur la propriété de son grand-père Dauphin Rolland à Sainte-Anne.  Il s'engage dans l'artillerie de Marine le 18 novembre 1852. Il n'a que 18 ans. Il est fait caporal le 21 juillet 1853, sergent le 1er avril 1854. Evariste Berg se bat dans la Baltique en août 1854. En Crimée, il retrouve son oncle Emile Rolland. Evariste Berg rejoint le 25 juin 1855 le premier régiment de Zouaves comme simple soldat. Dans ses rangs, il combat en Afrique, en Italie, en Syrie et prend du galon. Il devient officier. Pour des raisons restées mystérieuses, Evariste Berg est rayé des cadres le 30 novembre 1861. Il démissionne en juin 1862 mais l'uniforme lui manque.

Comme simple soldat il s'engage dans la Légion Etrangère le 25 décembre 1862 et participe à la campagne d'Afrique. En 1863, Evariste Berg est caporal dans la troisième compagnie du premier régiment étranger cantonné à Sidi-Bel-Abbès en Oranie dans le nord-ouest algérien. Depuis 1861 la France est engagée dans une expédition au Mexique décidée par Napoléon III. En pleine guerre de Sécession américaine, il s'agit de contrer l'expansion des États-Unis et leur domination sur tout le continent américain. Au début de 1863, le régiment  d'Evariste Berg, commandé par le colonel Jeanningros, est envoyé au Mexique en renfort des troupes françaises. Il reçoit comme mission d'assurer la sécurité des convois de ravitaillement des unités qui assiègent Vera Cruz. Ce port  dans le golfe du Mexique et la ville fortifiée de Puebla, protègent la route de Mexico. Embarqués sur le "Saint-Louis" le caporal Evariste Berg et ses camarades arrivent à Veracruz le 26 mars 1863. Les hommes du colonel Jeanningros ont mission de surveiller une partie de la route de Veracruz à Cordoba.

"Nous ne nous rendrons pas"

Le 29 avril 1863, le colonel Jeanningros apprend qu'un gros convoi emportant trois millions en numéraires, du matériel de siège et des munitions est en route pour Puebla. Le capitaine Danjou, son adjudant-major, le décide à envoyer au-devant du convoi une compagnie. Le 30 avril, le colonel Jeanningros demande à la compagnie du capitaine Danjou de faire une reconnaissance près de Palo Verde, à une dizaine de kilomètres de Camerone. A ce moment, l'ennemi se montre et le combat s'engage. Arrivé à la hauteur de l'auberge de Camerone, vaste bâtisse comportant une cour entourée d'un mur de 3 mètres de haut, le capitaine Danjou décide de s'y retrancher pour fixer l'ennemi. Il répond  à un militaire mexicain le sommant de se rendre : "Nous avons des cartouches et ne nous rendrons pas". Puis, levant la main, il jure de se défendre jusqu'à la mort et fait prêter à ses hommes le même serment. Face aux soixante hommes de la Légion Etrangère, deux mille Mexicains : huit cents cavaliers, mille deux cents fantassins. A midi, le capitaine Danjou est tué d'une balle en pleine poitrine. Vient le tour du sous-lieutenant Vilain deux heures plus tard qui tombe frappé d'une balle au front. A ce moment, le colonel mexicain réussit à mettre le feu à l'auberge. Les légionnaires persévèrent, nombre d'entre eux sont tués, si bien qu'à 5 h, il ne reste que 12 hommes autour du sous-lieutenant Maudet. Le caporal Evariste Berg tient la porte principale de l'hacienda. Il est fait prisonnier.  Le caporal Maine, l'un des seuls survivants, raconte dans quelles circonstances : "L’assaut repris plus terrible que jamais. L’ennemi se précipitait sur toutes les ouvertures à la fois. A la grande porte le caporal Berg seul restait debout, il fut entouré, saisi par les épaules, par le cou, enlevé ; l’entrée était libre, et les mexicains s’y jetèrent en foule." Les Mexicains donnent l'assaut général par les brèches qu'ils ont réussi à ouvrir, mais auparavant, le colonel mexicain Milan adresse une dernière sommation au sous-lieutenant Maudet.

"Ce ne sont pas des hommes, ce sont des démons"

La bataille terminée, il ne reste que six hommes : le sous-lieutenant Maudet, le caporal Maine, les légionnaires Katau, Wensel, Constantin, Léonhart. Chacun d'eux cependant garde encore une cartouche, et, dans un coin de la cour, le dos au mur, ils font face. Le sous-lieutenant Maudet et deux légionnaires tombent frappés à mort ; Maine et ses deux camarades vont être massacrés quand un officier mexicain se précipite sur eux et les sauve. Il leur crie : "Rendez-vous!" - "Nous nous rendrons si vous nous promettez de relever et de soigner nos blessés et si vous nous laissez nos armes". Leurs baïonnettes restent menaçantes. "On ne refuse rien à des hommes comme vous !" répond l'officier qui ajoute : "Ce ne sont pas des hommes ce sont des démons". Les soixante hommes du capitaine Danjou auront tué 300 soldats mexicains et blessé autant. La compagnie de Légion  déplore : 31 morts au combat, 9 morts des suites de leurs blessures, 24 prisonniers dont 17 blessés parmi lesquels le caporal Evariste Berg et un légionnaire laissé pour mort qui sera retrouvé par les renforts français sur les lieux du combat le 1er mai.

"La troisième n’avait que des bons soldats"

Après le combat, la colonne de secours du colonel Jeanningros ne retrouve que des corps dépouillés. On cherche en vain la main articulée que le capitaine Danjou, dix ans plus tôt, en Algérie, s'était fait fabriquer à la suite d'un accident d'arme à feu. La prothèse est retrouvée le 20 juillet 1865 par un lieutenant autrichien Grüber chez le propriétaire français d'un ranch des environs de Tesuitlan. Il l'achète pour 50 piastres. Elle est actuellement au musée de la Légion Etrangère à Aubagne. Le caporal Berg est chargé par ses camarades de rédiger un rapport au colonel Jeanningros. Il écrit : "La Troisième du Premier est morte mon colonel mais elle en a assez fait pour que parlant d'elle, on puisse dire : elle n'avait que de bons soldats."

Evariste Berg est fait sous-officier puis officier. Il continue à prendre part à la campagne du Mexique. Les circonstances de sa mort ne sont pas clairement établies. Il serait décédé de la fièvre jaune à 30 ans ou lors d'un duel à Orizaba avec un camarade sous-lieutenant comme lui ou encore des suites d'une blessure reçue lors du siège de Puebla. Transporté à l'hôpital d'Orizaba il aurait eu le temps de recevoir la visite de l'empereur Maximilien qui selon un témoin "s'arrêta avec une intention toute particulière  auprès du lit d'Evariste Berg et le fit parler du combat de Camerone autant que les forces du blessé le permirent. En se retirant l'empereur  annonça qu'il lui enverrait la décoration de la Guadeloupe." Evariste Berg s'éteint dans les bras de son oncle maternel le futur général de division Emile Rolland sans avoir revu sa terre natale.

Alain Dupuis


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