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Major Rodet-Loew

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http://sabre-et-esprit-au-combat.over-blog.com/

29 Mars 2018 Rédigé par HERNAULT et publié depuis Overblog

« Le secret du bonheur est avant tout dans le courage, dans la force où consiste la vertu. L'énergie est la vie de l'âme comme le principal essor de la raison. L'homme fort est bon. Le faible seul est méchant. »

 

Major "Rodet-Loew":

La Major Rodet-Loew, c'est :

- Un engagement au 2e Régiment Etranger de Parachutiste en 1977 !

- Une auguste et majestueuse participation à l'opération Bonite, avec un un saut sur Kolwezi en tant que légionnaire du 2 REP au sein de la compagnie d'éclairage et d'appui. Un saut qui marqua à sa vie, et son engagement au sein du Régiment.

- Plus de 2500 sauts à son actif.

Le Major Jean Rodet-Loew, a quitté aujourd'hui le 2e REP de Calvi pour terminer sa carrière au Larzac auprès de la 13e DBLE. Figure illustre, le major a passé plus de quarante ans de sa vie au sein de la Légion étrangère, qu'il sert encore aujourd'hui, avec Honneur et Fidélité.

Sa grandeur avait été surtout de se connaitre parfaitement, d'apprécier à leur juste valeur les éléments de son élévation, et de faire avec la modestie d'un sage, les honneurs de sa victoire !

Opération "Bonite" : saut sur Kolwezi avec la Légion étrangère, le 18-19 mai 1978

Depuis des années,
Ils étaient oubliés.
Quand on parlait d'eux
C'était souvent hodieux.

Certains critiquaient
Les accents étrangers
De ces Français
Par le sang versé.

C'est l'histoire de sept cent hommes
Qui partaient de Calvi, de Calvi.
Pour délivrer d'autres hommes
Un jour à Kolwézi, Kolwézi.

L'histoire de sept cent légionnaires
Portant un béret vert,
Largués sur un coin de terre,
Pour effacer l'enfer.

L’intervention française au Shaba a été déclenchée le 18 mai 1978 pour faire face à une situation d’urgence imprévue où la population européenne était en train de se faire massacrer à Kolwezi, à 6 000 kilomètres de la France. Le 2e Régiment Etranger de Parachutistes, commandé par le colonel Philippe Erulin, a pour mission de faire cesser les massacres en cours et de libérer plus de 2 000 civils européens et des milliers de civils africains, terrés dans les caves et les greniers de leurs maisons. Cet engagement, l’opération Bonite,a revêtu un caractère ponctuel tant dans son point d’application que dans son but : ‘’rétablir l’ordre et la sécurité dans Kolwezi’’. Ainsi, l’opération aéroportée sur Kolwezi est l’exemple type d’action extérieure, riposte rapide et adaptée, décidée pour répondre à une crise grave. Limitée dans l’espace comme dans le temps, l’opération Bonite a une dimension médiatique et psychologique, particulièrement significative. Opération aéroportée de courte durée, mais risquée, cette opération était complexe.

Détails de l'opération "Bonite"

Jeudi 18 mai

A 0 heure, l’ambassadeur Ross reçoit un appel téléphonique de l’Elysée : ‘’Le chef du gouvernement vous prie d’avertir immédiatement le chef de l’Etat zaïrois qu’une opération aéroportée va être entreprise par les Français à Kolwezi’’.

A 0 heure 45, à Calvi, le 2e R.E.P. reçoit l’ordre de passer en alerte aéroportée à trois heures.. Le message laconique est envoyé également à l’ambassade de France à Kinshasa : ‘’Primo. 2e R.E.P. sera acheminé de Solenzara sur Kinshasa à bord de cinq appareils ‘’long-courrier’’ quittant successivement Solenzara courant journée 18.05.78….Quarto. A son arrivée à Kinshasa, le commandant du 2e R.E.P. se mettra aux ordres du colonel Gras, conseiller militaire du président zaïrois’’. Le dernier paragraphe annonce l’envoi de deux équipes du 13e Dragons parachutistes qui seront chargés des liaisons radio longue distance entre Kolwezi et Kinshasa, soit huit spécialistes de ce régiment très spécial.

A 2 heures 20, à Calvi, l’adjudant de Vivi, officier de permanence, met en route la sirène. La récupération des cadres du régiment est lancée avec la mise en place des unités Au service général, l’adjudant Hessler, adjudant de semaine, expédie une jeep avec le clairon pour aller sonner le rassemblement à la cité-cadres, à l’entrée de Calvi. Les véhicules de la P.M. font le tour des bars, des hôtels et des logements en ville.

A quatre heures 30, le 2e R.E.P. fait mouvement vers la BA 126 de Solenzara, sur la côte orientale, soit 175 kilomètres de routes de montagne corse à franchir de nuit, où doivent attendre un D.C.8 du COTAM de l’Armée de l’Air, trois D.C.8 de la compagnie U.T.A. et un Boeing 707 d’Air France, réquisitionnés. Le lieutenant-colonel Bénézit, le capitaine Coevoet et le capitaine Jolivet, officier T.A.P. du régiment, spécialiste du matériel de largage, qui ont établi plusieurs plans d’embarquement sur les cinq D.C.8 prévus, revoient leurs plans. Le décollage est prévu à 9 heures 30.

A 10 heures 30, le capitaine Coevoet annonce aux commandants de compagnie la répartition des unités dans les avions ; la charge offerte de chaque avion est différente. Toutes les armes seront en soute. La priorité est donnée aux munitions. Les parachutes du 2e R.E.P. restent en Corse car, sur place à Kinshasa, des parachutes américains de l’armée zaïroise sont disponibles. Les capitaines donnent leurs ordres pour la répartition du fret aérien ; les adjudants de compagnie dressent les listes de colisage.

A 21 heures 30, le dernier avion s’envole de Solenzara avec la 2e compagnie. Quant à l’échelon lourd, il ne quitte la Corse, à bord d’avions gros porteurs américains, que le 20 mai. Du terrain d’aviation de Solenzara en Corse jusqu’à l’objectif, les distances sont énormes : huit heures de vol en quadriréacteur pour joindre Kinshasa, plus quatre heures ensuite en avions largueurs de la capitale zaïroise à Kolwezi. Les légionnaires ont embarqué avec eux les deux pilotes demandés en renfort et les huit Dragons Parachutistes.

Vendredi 19 mai

A 3 heures du matin, le montage de l’opération est terminé et le colonel Erulin approuve le plan de l’opération ; il peut donner ses ordres. La réussite de la mission, c’est l’évidence même, dépend de la rapidité de l’intervention du régiment et de sa détermination. Le chef de corps et son état-major préparent la mise en condition du 2e R.E.P. Mais les problèmes sont nombreux et surviennent au fur et à mesure : incidents sur des moyens aériens, parachutes américains inadaptés au matériel français (mais le système D des légionnaires aidés des moniteurs largueurs de la M.M.F. résout le problème avec des bouts de suspente ou de fil de fer), ordres et contre-ordres de Paris et surtout, absence de renseignements recoupés sur l’objectif et sur l’ennemi.

Entre 10 heures 40 et 11 heures 05 du matin, la première des deux vagues décolle de Kinshasa à bord de quatre C 130 Hercules zaïrois et un C 160 Transall : direction Kolwezi, soit trois heures et demi de vol pendant lesquelles les hommes restent équipés.

A partir de 14 heures, les C-130 belges arrivent sur la base de Kamina. Mais les paras commandos du colonel Depoorter devront encore attendre sept heures et demie pour que le ministre de la Défense Van Den Boyenants transmette aux troupes belges le mot de code déclenchant l’opération Red Bean. Après quatre heures de vol dans des conditions éprouvantes de chaleur, d’entassement et de fatigue, suite à des erreurs de navigation du leader zaïrois, les quatre C 130 zaïrois ne sont plus sur l’itinéraire et la formation, disloquée, part à la dérive. Une mauvaise présentation du leader sur la ville oblige toute la formation à faire un passage pour rien avant d’aborder la zone de saut dans l’axe prévu. Le Transall octroyé au colonel Gras comme P.C. volant, piloté par le lieutenant-colonel Bernier, arrive à point pour les récupérer. C’est enfin la lumière verte et les ordres du largueur sont un soulagement pour tout le monde.

Entre 15 heures 40 et 16 heures, le P.C. et trois compagnies sautent normalement à 250 mètres, sur le terrain de l’ancien aéroclub de Kolwezi alors que les Katangais les attendent à l’aéroport plus au Sud. Mais un avion largue ses parachutistes à 400 mètres. Pour le deuxième passage, le premier avion zaïrois est à 250 mètres et il arrive droit dans les sticks des paras largués à 400 mètres, qui se trouvent sur la trajectoire ; in extremis, le pilote donne un magistral coup de manche sur le côté. Puis il se redresse, voyant défiler les coupoles 50 mètres sur sa gauche. Par ailleurs, l’adjudant Zingraff, largueur, voit le légionnaire Strata retenu par sa S.O.A. L’adjudant tranche la S.O.A. et le légionnaire, parachutiste civil confirmé, ouvre son ventral. En dépit du tour au-dessus de la ville et des conditions acrobatiques dans lesquelles s’effectue le saut, celui-ci surprend les rebelles. Le largage a lieu à moins de 500 mètres des premiers objectifs. Le vent souffle à une vitesse d’au moins 6 mètres/seconde, sans balisage. 50% des hommes tombent dans la zone de saut. Les autres atterrissent dans des arbres, dans l’ancienne ville ou dans la gare. La première vague de 381 légionnaires parachutistes va faire face à plus d’un millier de Katangais, sans appui ni soutien santé. Toute la phase initiale de l’opération devient encore plus basée sur l’audace et la rapidité. Accueillis par des tirs d’armes automatiques en fin de zone de saut, les parachutistes les neutralisent dès leur arrivée au sol. Un légionnaire portugais, Falero, de la 1ère compagnie, reçoit des impacts de balles dans son pépin. Un rapide décompte donne quatre jambes cassées et deux grosses entorses. Plus quinze disparus qui seront retrouvés dans les trois jours. Appliquant strictement la consigne donnée en pareil cas, les légionnaires qui ont été largués trop loin, se cachent sur place. Pratiquement, tous les tireurs au L.R.A.C. sont manquants, partis à la recherche de leurs gaines. Leurs engins ont été largués trop tôt ou trop tard et se sont évaporés dans la nature. A la nuit huit d’entre eux manqueront encore. Sept rejoindront dans les 24 heures. Le huitième, le caporal Arnold de la 1ère compagnie, atterrissant loin de son unité, est tué et mutilé dans le jardin d’une villa, sans avoir pu se défaire de son parachute.

Vers 18 heures, section par section, la 2e compagnie investit l’hôpital, où tout a été saccagé et détruit. Les légionnaires découvrent à quelques centaines de mètres de là neuf médecins européens terrés dans la cave de la clinique des cadres de la Gécamines : parmi eux, le docteur Himmer, le chirurgien-chef belge, et son collègue français, Delauney, qui ont fait preuve de beaucoup de sang-froid en continuant à opérer tous les blessés qui étaient amenés, rebelles, zaïrois ou européens.

La nuit tombe en effet rapidement en Afrique ; aussi le colonel décide-t-il de reporter au lendemain le largage de la 4e compagnie, de la S.E.R. et de la section des mortiers lourds. La S.E.R. comporte six sous-officiers et une vingtaine de légionnaires, qui, tous, possèdent le brevet de ‘’Chuteurs opérationnels’’. Avec les légionnaires devaient sauter les instructeurs français du 311e bataillon parachutiste zaïrois, fiers de leurs exploits et impatients d’aller les rejoindre, le colonel Larzul, le commandant Capelli et l’adjudant Leclere ; il y a aussi quatre convoyeuses de l’Air aux ordres du commandant Solange Roy. A 19 heures 30, les avions se posent à Lubumbashi avec des légionnaires frustrés.

A la fin de la journée, le bilan du 2e R.E.P. est éclatant ; l’effet de choc caractéristique des troupes d’assaut a été déterminant et a bousculé l’ennemi : une centaine de rebelles tués, deux A.M.L. détruites, de nombreuses armes lourdes ou individuelles récupérées. Côté R.E.P., pour l’instant, trois ou quatre blessés et cinq tireurs au L.R.A.C. encore absents.

Samedi 20 mai

Dès 5 heures du matin, le colonel Erulin relance l’action de ses compagnies de combat qui progressent dans leurs secteurs en combattant pour élargir le périmètre sécurisé. Les adjudants de compagnie ont une mission à part : récupérer le maximum de véhicules pour acquérir une plus grande mobilité tactique. L’adjudant Schyns trouve d’énormes camions de chantier Magirus, neufs, en état de marche, d’une magnifique couleur orange qui n’est pas inaperçue ! A

5 heures 30, des rafales claquent : les légionnaires de Rouge 2 sont visés ; Bareda est touché au bras. Une balle traverse le casque de Raymond, lui ouvrant l’arcade sourcilière. Aveuglé par le sang, Raymond est évacué vers l’infirmerie volante où officie le Père brancardier Lallemand.

A l’aube, vers 6 heures 30, pendant que la deuxième vague du régiment saute à son tour et achève le bouclage de la ville nouvelle : la 4e compagnie du capitaine Bernard Grail, les hommes de la Section d’éclairage et de reconnaissance du capitaine Jean-Claude Halbert et les appuis avec la section de mortiers du lieutenant Tristan Verna sautent sur une zone située à l’est de la ville nouvelle et viennent à la rescousse.

Dans l’après-midi, la 4e compagnie mène une reconnaissance offensive à destination du nord-ouest, avec la voie ferrée comme main courante. C’est la troisième section du sergent-chef Cas (Gris 3) qui ouvre la marche. Elle arrive à proximité de la gare, puis l’occupe sans coup férir. La section Gris 2, commandée par le lieutenant Dary, se porte en tête. Du poste d’observation, le sergent-chef Cas repère avec ses jumelles une centaine d’hommes en uniforme, rassemblés sur la route. Les rebelles essaient d’encercler Gris 3 et la fusillade se déclenche ; de sa position élevée, Gris 2 peut appuyer Gris 3. Le légionnaire Susser, tireur d’élite de la 4e compagnie, allume le tireur d’une mitrailleuse rebelle avec son F.R.F.1, fusil de haute précision à lunette. Le mitrailleur disparaît. Quelques minutes plus tard, l’arme se met à tirer. Posément, Susser vise à nouveau et tue le second mitrailleur. Il recommence une troisième fois sur le Katangais qui cherche à récupérer la mitrailleuse. Il n’y aura pas de quatrième tentative.

Bilan de l'opération Bonite:

pour les militaires, 5 tués et 20 blessés au 2e REP, 6 disparus à la mission militaire française, 1 tué pour les parachutistes belges, 14 tués et 8 blessés au 311e bataillon parachutiste zaïrois, et enfin près de 250 Katangais tués et 160 prisonniers. Pour les civils, environ 120 Européens sont tués et plus de 2 000 sauvés. Près de 500 Zaïrois, civils et militaires, ont été tués. De nombreuses armes lourdes et plusieurs centaines de fusils sont récupérés.

"Le 2e REP a gagné ce pari stratégique par une opération militaire exemplaire."

Il faut donc être prêts, il faut être toujours prêts, car, comme il est écrit : «Nul ne sait ni le jour ni l'heure !»

 

Ouvrages de T.HERNAULT :

Les guerres françaises du XXIe siècle (Atelier Fol'Fer, 312 pages)

L’Évolution de la doctrine d'utilisation des Forces spéciales françaises (L'Harmattan 188 pages)

Sabre et esprit de l'armée française"


Traduction

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