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Légionnaire toujours...

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Noël donne à tous l’occasion d’exprimer sa générosité et d’affirmer sa fidélité

Fête de la Nativité, fête de la famille, fête de la fraternité entre légionnaires... Noël est une fête par-delà toutes les croyances.

Noël arrive

 

Noël arrive. Nos cités se parent de vert et de rouge. Ce clin d’œil qui nous est fait nous rappelle les couleurs de l’espérance et du sang versé, que la Légion a choisies officiellement relativement récemment, mais dont on peut faire remonter l’héritage au vert et rouge des épaulettes des bataillons de l’armée d’Afrique en 1868. Cette parure au cœur de l’hiver nous invite à nous préparer résolument à fêter dignement un premier ou un nouveau Noël légionnaire. Noël, fête numéro 1, fête la plus lénifiante au cœur des légionnaires, écrivait le général Gaultier, Noël qui donne un sens à notre vie de légionnaire, prêchait le Père Hirlemann, Noël, fête de la famille légionnaire par-delà toutes les croyances. Pour la nuit de Noël, arrêtons-nous. Faisons la pause et fêtons l’instant présent. Dans le Noël légionnaire, célébré avec son éclat coutumier, retrouvons la chaleur, le rituel et la fidélité.

 

Les années précédentes, j’avais évoqué la crèche, symbole d’espérance, qui nous réunit pour que surgissent du plus profond de nous-mêmes les sentiments authentiques parfois oubliés.  La naissance dans une étable d’un enfant d’une famille mise à la porte, qui ne trouve d’aide que dans les bergers, nous rappelle le devoir d’hospitalité et de générosité de la Légion étrangère. Cette crèche, dont je rappelle encore cette année le sens donné par le général Goupil, tant il traduit bien cette attente : « une crèche légionnaire : à ceux qui sont venus dans le doute, elle répond confiance ; à ceux que l’inquiétude ronge, elle apporte sérénité ; à ceux que l’isolement écrase, elle assure fraternité. »

J’avais souligné le devoir de fraternité, car sans fraternité humaine, il n’y a pas de Légion étrangère. La cohésion de nos rangs, les liens étroits qui unissent notre famille sont renforcés en cette nuit magique par l’attention portée à chacun, surtout au plus jeune, par la franchise respectueuse des propos et des échanges, quels que soient notre ancienneté et notre grade.

J’avais incité chacun à formuler des vœux d’espérance, car Noël, c’est ce qui dicte intérieurement au légionnaire, malgré les difficultés, cela vaut le coup, il faut continuer.

 

La richesse de l’héritage

 

Prenons cette année le temps de mesurer la richesse de l’héritage du Noël légionnaire légué par nos anciens et l’impératif de le transmettre au travers des âges. Comme à la halte pendant une marche harassante, vivons pleinement cet instant de repos pour accomplir au mieux ce rite avec le souci permanent de fortifier notre fraternité d’arme. Soyons à l’écoute des plus jeunes légionnaires, souvent isolés par la barrière linguistique, pour qu’au cours du rituel du Noël légionnaire, ils prennent conscience de la richesse humaine de la famille légionnaire. Comme après la pause, repartons forts et déterminés pour relever les défis futurs, car Noël donne du sens à notre engagement et de l’espérance à notre vie ; Noël apporte à chacun ce que nous sommes venus chercher dans nos rangs et nous conforte dans notre communauté fière de son passé, confiante dans son avenir, et prête à assumer toutes les missions confiées.

 

Aux anciens, je souhaite que cette nuit rappelle votre appartenance à notre communauté si chère, que vous avez contribué à forger. Conservez intacte la fierté d’avoir combattu dans l’honneur et d’avoir servi dans la fidélité.

Aux légionnaires d’aujourd’hui, que Noël nous donne à tous l’occasion d’exprimer notre générosité et d’affirmer notre fidélité aux valeurs traditionnelles léguées par nos ainés, car cette fidélité est garante de notre avenir.

 

Pour conclure, méditons les paroles d’un grand ancien, le général Arnauld de Foïard, neuf fois cité, ce grand soldat qui fut médaillé militaire alors qu’il était aspirant au RMLE. Figure du 3e Etranger, pionnier des légionnaires parachutistes, il fut blessé à nouveau en Indochine. Rédacteur de Képi blanc à la fin de cette guerre lorsqu’il était en convalescence, il signait sous le nom de Capitaine Arnaud :

"Mais qu’est Noël pour toi, légionnaire ? Les chants qui le célèbrent sont d’amour et de paix ; toi tu es homme de guerre. Cette nuit, nombre d’entre vous ne devront-ils pas tuer ? Le sentiment de Noël est celui de la famille, du cercle qui se resserre, qui garde plus jalousement la chaleur du foyer. Tu es étranger à cela… L’homme de peine que t’a fait le destin, celui qui dans l’action cherche l’oubli, ce soir doit s’arrêter…

Regarde autour de toi. Gens de partout venus pour maintes causes, vous formez une équipe où toutes les meurtrissures sont fondues, dissoutes dans une force vive qu’admire le monde entier. Tu es soudé à cette équipe, tu es ce qu’elle est. Toutes les valeurs sont brassées et toutes s’appartiennent, chaine où le maillon le plus faible a la force du plus fort. Réchauffe-toi à votre force et essaye de faire aux autres l’amitié de te plaire parmi eux ; que ta présence même ici, par le mérite que tu en as, allume en toi le feu de la joie de l’espérance. Réconforte-toi de votre commune amitié, votre part de peines plus lourde est votre naturel trait d’union. Et si tu as cette fraternelle confiance, cette compréhension pour tes frères d’armes, la paix se fera en toi, la paix de Noël. Tu seras aux côtés de celui qui naquit une nuit dans une étable, et sans avoir été un grand de ce monde, ni laissé aucune œuvre élaborée de sa main, contraignit les humains à recompter à dater de sa naissance, en lançant l’anathème à l’homme solitaire qui refuse à son frère l’asile de son amour. "

 

Joyeux Noël !

 

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°805)


Se préparer pour demain

Les régiments de Légion de la 6e Brigade légère blindée et de la 11e Brigade parachutiste se préparent à être projetés en opération en 2018. Ils le font avec rigueur, ténacité, en utilisant chaque instant disponible.

On relègue souvent la tactique aux règlements d’emploi.

« Soldat d’élite, tu t’entraines avec rigueur, tu entretiens ton arme comme ton bien le plus précieux, tu as le souci constant de ta forme physique ». Le 5e article du code d’honneur du légionnaire, relatif à l’entrainement individuel, précède les deux articles consacrés à l’exécution de la mission et au comportement du légionnaire au combat. Cette continuité fait écho aux citations « Entrainement dur, campagne facile ! Entrainement facile, campagne rude », et « la discipline est la mère de la victoire » du généralissime russe du XVIIIe siècle Alexandre Vassilievitch Souvorov, l'un des rares généraux à n'avoir jamais connu de défaite au combat. Entré dans la carrière militaire comme soldat, vainqueur de plus d’une soixantaine de batailles avec souvent des effectifs inférieurs en nombre à ceux de son ennemi, Souvorov, proche de la troupe, mit toujours en avant l’esprit d’initiative et la responsabilisation de ses subordonnés.

Dans la littérature militaire, les récits de batailles, les biographies, les romans, les histoires de geste, les traités de stratégie foisonnent. Ils sont d’ailleurs la plupart du temps écrits « après la guerre ». Plus rares sont les œuvres consacrées à la tactique ou à la préparation au combat. On relègue souvent la tactique aux règlements d’emploi. Quant à la préparation au combat, on la trouve la plupart du temps dans des manuels, ou bien essaimée dans des témoignages écrits par des soldats, des chefs de groupe, des chefs de section, des commandants d’unité ou de bataillon.

La Légion étrangère n’échappe pas à ce constat. « Une troupe instruite, entrainée et disciplinée est sure de vaincre », lit-on brièvement dans le memento du soldat de la Légion étrangère de 1937. Quant aux témoignages, ils soulignent tous la dureté de la phase initiatique de l’instruction du soldat, et l’exigence de la formation physique, technique et morale du légionnaire, permanente tout au long du contrat. Dans son livre Monsieur légionnaire, c’est ce que qualifie parfaitement le général Hallo en ces termes : A l’école de la Légion, la mue.

La Légion se prépare à être projetée en opération en 2018

Les régiments de Légion de la 6e Brigade légère blindée et de la 11e Brigade parachutiste se préparent à être projetés en opération en 2018. Ils le font avec rigueur, ténacité, en utilisant chaque instant disponible. Le magazine Képi blanc de décembre relate leur entrainement, leurs contrôles opérationnels. Je dédie l'éditorial aux régiments. Du colonel au plus jeune légionnaire, chaque jour, tous font tout pour être prêts à relever, more majorum, les défis opérationnels qui leur seront confiés, et ce, malgré les contraintes lourdes actuelles pesant sur la programmation des activités.

Pour faire écho aux premiers paragraphes de cet article, je recommande à tous de lire ou de relire l’un des meilleurs livres, selon moi, de la littérature militaire : la chaussée de Volokolamsk, écrit en pleine guerre en 1942 par Alexandre Beck, scribe d'un combattant kazakh, le lieutenant Momych-Ouli, désigné pour former, entrainer et commander un bataillon d’infanterie mobilisé à Alma-Ata, qu’il conduira à la guerre dans la défense de Moscou en octobre 1941. « J'ai horreur du mensonge et vous ne saurez pas écrire la vérité » disait à l’auteur ce lieutenant. Pourtant, rares sont les livres où le comportement de l'officier et du soldat à l’entrainement et à la guerre sont aussi bien décrits. Les paroles de ces guerriers sont nourries par le bon sens et une réflexion poussée :

Général Panfilov. « Un soldat ne va pas à la guerre pour mourir mais pour vivre. »

« Qu'est-ce qu'un soldat ?  C’est l’homme qui obéit à tout le monde, se tient au garde-à-vous devant ses supérieurs, exécute tous leurs ordres. C’est un subalterne, comme on disait autrefois… Mais qu’est-ce qu’un ordre quand il n’y a pas de soldat pour l’exécuter ? Un rêve, une fiction, une spéculation de l’esprit. Le dessein le plus sage ne se réalisera jamais si l’exécutant n’est pas suffisamment préparé pour son accomplissement. Le degré de préparation et la force combattive se mesure à ses soldats, camarades. C’est le soldat qui décide de l’issue de la guerre. »

Lieutenant Momych -Ouli.

« Sur un champ de bataille, le soldat subit les assauts de deux forces vives : le sentiment du devoir et l'instinct de conservation.  Puis il s'y mêle une troisième force - la discipline - qui assure, en fin de compte, le triomphe de la première. »

« Un commandement !  Seule la voix du chef peut décider du triomphe de tout ce que vous avez appris au soldat : l'honneur,  le courage, la discipline, le patriotisme. »

« Je pensais qu'une fois suffirait pour asseoir mon autorité et gagner la confiance de mes hommes - chose nécessaire entre toutes, car un chef ne doit pas compter sur ses soldats tant qu'ils ne comptent pas sur lui. »

Le soldat Garkoucha, qui n’avait pas suivi les ordres du lieutenant le préparant à une marche, s’adresse à lui ainsi : « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Nous autres, on est tous comme ça : on ne croit pas les discours, on veut en tâter nous-mêmes. »

 

Terminons par le bon sens du généralissime Souvorov : « l’instruction est lumière, et l’ignorance ténèbres. C’est à l’œuvre qu’on reconnait l’artisan, et si le paysan ne sait pas manier la charrue, le blé ne poussera pas ! »

 

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°804)


Ville de garnison, terre d’adoption.

La rapport du légionnaire avec sa ville de garnison est toujours fait d'attachement. La cité devient pays pour ces hommes déracinés. Il faut parfois du temps pour que les racines prennent, mais elles prennent toujours...

L'histoire des garnisons liée a celle des régiments

Il y a cinquante ans, le drapeau du 2e REP foulait pour la première fois de son histoire le sol de la métropole, à Calvi, sa garnison dont il partage désormais la vie. Il fut accueilli en 1967 par le maire de la ville, par le commandant du Groupement d’instruction de la Légion étrangère et par les anciens du Bataillon de choc : un symbole riche en émotion et en sens, puisque la famille corse, celle de la Légion et celle des parachutistes, ensemble ouvraient la première page du livre prestigieux que le REP écrit désormais depuis cinquante ans en Corse. L’histoire du REP est étroitement mêlée à celle de sa ville et à celle de la Balagne. C’est la même famille qui avance du même pas, et qui prouve la sagesse et le courage de ceux qui, voilà un demi-siècle, accueillirent avec cœur, détermination et confiance les légionnaires. Leur choix, difficile à l’époque, ne les trompa pas. D’autres anniversaires ont été ou vont être fêtés : en 2016, le 4e Etranger fêtait les 40 ans de l’arrivée des Fortes têtes à Castelnaudary. Il y a 55 ans, le drapeau du 1er Etranger quittait Bel Abbès et arrivait à Aubagne.

Le retour vers la métropole

Les garnisons des régiments de Légion sont jeunes au regard de l’histoire de la Légion. Pendant 130 ans, les légionnaires furent disséminés de par le monde pour le baroud ou pour bâtir. Ils avaient néanmoins leur fief : Bel Abbès, cité qu’ils avaient fondée en gardant le nom de la koubba du marabout qui y était enterré depuis le XVIIIe siècle. Fait rare, puisqu’habituellement, les nouvelles cités construites portaient le nom d’un officier de l’armée d’Afrique. Gite étape en 1840, Bel Abbès accueillit en 1843 un bataillon du 1er Etranger. La décision présidentielle d’y construire une ville fut prise en 1849. Ce fut le général Rollet qui en fit vraiment la maison-mère de la Légion, lors des cérémonies du Centenaire en 1931. A l’indépendance de l’Algérie, les légionnaires, tristes d’abandonner leur ville, organisèrent une veillée d’armes : en rentrant du Tonkin en 1885, le capitaine de Borelli, héros du siège de Tuyen-Quang, avait fait don au musée du grand drapeau de soie pris aux Pavillons noirs durant l’attaque, en spécifiant : « le trophée ne devra jamais quitter Bel Abbès. Si la Légion en part définitivement, il faudra le brûler. » Ce qui fut fait, le soir du 24 octobre 1962, devant 700 légionnaires, qui, lorsque le drapeau cessa de brûler, allumèrent chacun une torche, puis chantèrent le Boudin, « comme pour marquer la volonté de la Légion de se survivre à elle-même », écrira Erwan Bergot. Bel Abbès représentait donc bien plus qu’une simple garnison aux yeux du capitaine de Borelli et de ses légionnaires, dont il écrira « N’ayant à vous ni nom, ni foyer, ni patrie, Rien où mettre l’orgueil de votre sang versé, Humble renoncement, pure chevalerie, C’était dans votre chef que vous l’aviez placé ». En 1931, le général Rollet, Père de la Légion étrangère, plaça cet orgueil dans Bel Abbès, le lieu vénéré de nos aïeux, identifié pour toujours comme ville de la Légion. Aujourd’hui, Aubagne reprend le flambeau, et chaque régiment fait l’effort de suivre sa route dans et avec la cité qui l’accueille.

Suivre sa route, dans et avec la cité qui l’accueille

Lors du 20e anniversaire de l’arrivée du 2e REP à Calvi, M. Xavier Colonna, maire de la ville, concluait son discours en ces termes : « Le temps a fait son œuvre, et dans le bon sens… je voudrais, au nom de la population de Calvi, dire aux légionnaires du 2e REP que si la Légion est leur Patrie, Calvi est maintenant devenu leur pays. »

La chaleur de ces paroles nous fait rappeler que le légionnaire, au départ, est un « déraciné ». La Légion, qui est sa Patrie, lui procure une famille avec laquelle il apprend à combattre et à bâtir, dans le but de partir au baroud ou de construire, quand et là où le devoir l’impose. Cet engagement se fait au service de la France. C’est donc aussi le rôle des officiers de Légion de faire aimer la France aux légionnaires, sans oublier qu’ils sont leur premier contact au quotidien avec la France. Ce travail se poursuit dans la garnison, puis dans la région et dans le pays lors de permissions. Il répond à l’exigence de cette citation d’Eugène Lavisse inscrite dans les manuels d’histoire du temps des Hussards noirs de la République : « Tu dois aimer la France, parce que la nature l'a faite belle, et parce que l'histoire l'a faite grande». La beauté de la France, le légionnaire la perçoit en Corse, en Provence, dans le Lauragais, dans le Midi, dans le Luberon, en Guyane, à Mayotte, en manœuvre, et dans nos grandes villes qu’il découvre à Sentinelle. Quant à l’histoire de France, il sait que la Légion en a modestement écrit quelques pages.

Dans la ville, comme l'un des siens

Homme d’honneur, élu au service de sa cité, et soldat risquant sa vie pour sa Patrie lorsqu’il était Tabor en Indochine avec la Légion, M. Colonna savait qu’il avait fallu du temps pour sceller cette union entre un régiment et sa ville : « Lorsqu’il y a 20 ans Calvi a vu arriver dans ses murs le 2e REP, portant dans les plis de son drapeau l’inscription Honneur et Fidélité, elle a eu un sursaut d’orgueil… Mais la vérité oblige à dire que les circonstances n’étaient pas particulièrement favorables... Voilà, il fallait que le 2e REP ne se contente pas de vivre à côté de la population mais avec elle. Il l’a fait. Il fallait qu’il ait une tenue exemplaire et qu’en dehors de son activité propre il soit aussi, en cas de besoin au service de la population. Il l’a fait aussi et en toutes circonstances. Il fallait également que la ville de Calvi considère le 2e REP comme l’un des siens, l’adopte et le défende contre ses détracteurs. Elle l’a fait, et ce ne fut pas toujours facile. »

Ce devoir mutuel repose sur un respect mutuel. Cette règle, les légionnaires la connaissent bien. Venus volontaires de 150 pays, ils acceptent la discipline consentie et se plient au « ici, c’est comme ça » des règlements et us en vigueur à la Légion étrangère. Leur faculté d’adaptation répond naturellement à ce proverbe corse : « Lorsque tu arrives dans une autre terre, conforme-toi aux usages que tu y trouves. »

Ces règles de bon sens nourrissent la fidélité qui, pas à pas, scelle l’union du soldat et de la cité, pour toujours.

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère

(Képi-blanc Magazine N°803)


Quelques nouvelles de la Légion étrangère.

Le 27 septembre, au Château de la Demande à Aubagne, le général Jean Maurin recevait autour de lui les autorités et amis de la Légion étrangère, à l'occasion de la traditionnelle "Réception de rentrée". Au cours de son allocution, il donnait "quelques nouvelles de la Légion étrangère".

 

La semaine dernière, le 2ème REP a fêté Saint-Michel en commémorant tout particulièrement ses noces d’Or avec la ville de Calvi, qui l’a accueilli il y a 50 ans. Je réalisais alors que pour la Légion, c’était la 2ème garnison la plus ancienne, derrière Aubagne, qui accueillit le 1er Etranger, il y a 57 ans. Un régiment dans sa ville, une ville et son régiment, c’est ce que nous vivons ici chaque jour, avec cœur et estime réciproques [...].

 

Quelques nouvelles de la Légion étrangère

D’ici la fin de l’année, nous aurons achevé notre montée en puissance des effectifs, passés de 7000 à 9000 en trois ans. Cette montée en puissance a été voulue par le Président de la République pour faire face à la menace terroriste islamiste qui nous a frappés dès le début de l’année 2015. Pour la Légion, cela s’est traduit par la création d’une compagnie supplémentaire dans les régiments des forces stationnés en métropole, et par le transfert de la 13ème DBLE des Emirats-arabes-unis (EAU) au camp du Larzac, avec une augmentation de ses effectifs d’une soixantaine à 1300. Cette montée en puissance sera achevée l’été prochain, mais la 13 a déjà participé à plusieurs reprises à l’opération Sentinelle, dès  l’été 2016, et se prépare à intervenir au Sahel début 2018.

 

Un effort considérable, dans un contexte tendu

Depuis deux ans, les régiments de Légion ont fait un effort considérable pour réussir cette montée en puissance. More majorum, ils ont tout donné pour remplir cette mission, avec abnégation et sens du devoir. Je ne citerai que les mutations dès janvier 2015 des nombreux cadres et légionnaires avec leurs familles pour rejoindre Le Larzac sous la neige, dans un camp de passage qui n’a jamais accueilli de régiment. Cette mission s’est également faite dans un contexte ou depuis deux ans, le légionnaire n’a pas vu le sable chaud, mais a arpenté les rues de nos cités pour votre défense dans le cadre de l’opération Sentinelle. Pour ne pas perdre les acquis, les cadres et légionnaires ont sacrifié beaucoup de leurs permissions pour continuer à s’entrainer, à se préparer aux actions extérieures qu’ils attendent aujourd’hui avec patience et détermination.

 

Un effort collectif, sans perdre de vue la priorité de l'opérationnel

Fidèle à ses anciens, le légionnaire est solide, il exécute la mission jusqu’au bout. Mais il souhaite aussi en découdre, et s’y prépare avec la plus grande rigueur. Les régiments de métropole commencent à repartir en opérations extérieures : le 2ème REG (Opération BARKHANE) y est actuellement et le 2ème REI se trouve en Estonie (Opération LYNX). Début 2018, ce sera le tour des régiments Légion de la 6ème BLB, et l’été prochain viendra le tour du 2ème REP. Les légionnaires commencent à voir la sortie du tunnel.

En Guyane, le 3ème REI a rassemblé et préparé un dimanche après-midi en quelques heures une compagnie pour la projeter en urgence aux Antilles pour venir en aide aux victimes du cyclone Irma (Opération IRMA 2017). Elle est rentrée hier à Kourou, fière de la mission accomplie dans l’urgence.

Tout cela est possible grâce à la solidité du légionnaire, qui commence et termine son service ici, à la maison mère, l’alpha et l’oméga de la vie légionnaire.

Tout cela est possible grâce aux régiments des forces et d’outre-mer, qui sont les muscles de la Légion, notre raison d’être de combattant.

Tout cela est possible grâce au travail quotidien, de la plus haute qualité, du Groupement de recrutement de la Légion étrangère et du 1er Etranger. Travail qu’ils réalisent au profit de l’ensemble de la Légion étrangère. Grâce évidemment à l’état-major du commandement de la Légion, qui a conçu, conduit, coordonné et soutenu cette manœuvre.

Tout cela est possible grâce au 4ème Etranger de Castelnaudary, creuset de la Légion étrangère. Il forme, instruit, éduque le légionnaire, les gradés, les spécialistes et les sous-officiers. Sans renfort permanent, mais grâce aux renforts donnés par les régiments de Légion, il a formé la vague supplémentaire des légionnaires (+80% en 2015). Aujourd’hui, son effort est porté sur les spécialistes.

A la manière des anciens, la Légion a réussi cette mission. Avec ses 9000 hommes, elle est solide et est prête à relever les défis futurs, ceux d’une troupe combattante entrainée et victorieuse pour le seul service des armes de la France, avec honneur et fidélité.


De la brocante joyeuse au temple sacré, le Musée de la Légion étrangère raconte...

De la brocante joyeuse au temple sacré, le Musée de la Légion étrangère raconte une histoire de combats, de conquêtes, de sacrifices... c'est l'histoire des légionnaires et donc de la Légion étrangère. Ce Musée, résolument moderne, témoigne du passé et parle de l’actualité des opérations dans un même élan de courage et de fidélité. La scénographie y est sobre et élégante, comme l’histoire qu’elle expose.

« La Légion est une grande famille qui n’oublie pas »

le Musée de la Légion étrngère

les souvenirs, cette « brocante glorieuse »

La tradition, pour chaque régiment, de posséder une salle d’honneur est relativement récente. Jusqu’à la fin de la Royauté, les souvenirs matériels des campagnes étaient partagés entre le souverain (employeur), le colonel (propriétaire) et les multiples participants. C’est ce qui explique la richesse des demeures ancestrales de certaines grandes familles. Peu après sa création, la Légion étrangère a occupé des garnisons pratiquement fixes au premier rang desquelles Sidi-Bel-Abbès. Et les souvenirs, cette « brocante glorieuse » que tout soldat rapporte de ses périples commençaient à s’accumuler. Les bibliothèques, les mess, les popotes, le bureau du chef de corps furent les dépositaires de ces objets qui, groupés auraient pu permettre de réaliser une salle d’honneur. Il faudra attendre 1888, pour que le colonel Wattringue, chef de corps du 1er Etranger, pose la première pierre de la salle d’honneur de Sidi-Bel-Abbès.

Salle d'exposition - Musée de la Légion étrangère

Ainsi naquit en 1892 la première salle d’honneur du 1er Régiment étranger.

 

Profitant d’un temps de répit pour la Légion étrangère, il voulait rendre hommage aux légionnaires qui depuis 1831, en Algérie, en Crimée, en Italie, au Mexique et pendant la guerre de 1870 avaient donné toutes leurs forces et souvent leurs vies pour la France. Situons cette création dans le contexte de l’époque. La défaite de 1870 laissait un goût amer à tous, ce qui amena le ministre Boulanger à vouloir faire remonter le moral de l'Armée, notamment en faisant peindre les guérites aux couleurs tricolores, en instituant l'adoption d'un nom de baptême pour les quartiers militaires, en recréant les bibliothèques régimentaires ou de garnison, et en voulant des salles d'honneur dans les régiments. Concernant ces dernières, cela ne se fit pas sans mal. Les règlements ne prévoyaient rien à ce sujet, il n’y avait pas d’argent pour cela et les services en charge des casernements étaient peu enclins à réaliser ce qui leur paraissait comme une fantaisie. L’ingéniosité des cadres et légionnaires suppléa vite ce regrettable état de fait : A la Légion, il y a toutes les professions pour entreprendre. Quant à l’argent, le chef de corps autorisa des légionnaires à travailler chez des colons lors de quartiers libres, moyennant le reversement d’une obole pour la construction de la salle d’honneur ! Ainsi naquit en 1892 la première salle d’honneur du 1er Régiment étranger. C’est depuis cette date que la main de bois du capitaine Danjou, la hampe du drapeau du second Empire et les trophées rapportés de Tuyen-Quang sont honorés et vénérés. Le chef de corps voulait alors « exalter dans les cœurs de leurs successeurs par l’exemple de leurs hauts faits d’armes –ceux des légionnaires depuis 1831 NDLR-, leur sentiment d’abnégation et leur esprit de sacrifice », comme l’écrira 50 ans plus tard le colonel Azan.

Salle d'exposition - Musée de la Légion étrangère

Salles d’honneur et musée du souvenir de la Légion étrangère

 

Quelques années après les cérémonies du centenaire, profitant à nouveau d’une période de calme, le colonel Azan décida la création du musée du souvenir. Il conclut la préface du livre du général Andolenko « Salles d’honneur et musée du souvenir de la Légion étrangère » édité pour l’occasion en ces termes : « La Légion est une grande famille qui n’oublie pas. Et c’est pour préserver de l’oubli les meilleurs ouvriers de nos gloires,..., qu’ont été édifiées puis développées ces salles d’honneur, où vit la mémoire de nos héros afin que la gloire de leur mort nous fortifie mieux. » Ainsi, par ses collections, sa mémoire, et son histoire, se renforçait la famille légionnaire. Ce but pédagogique fut d’ailleurs traduit en ordres pour le légionnaire dans le mémento de 1937, au paragraphe devoirs au combat : « dès qu’il te sera possible, visite la salle d’honneur et le musée du souvenir de Bel-Abbès. Recueille-toi devant les noms gravés dans les plaques de marbre des officiers tombés au champ d’honneur. Lis les citations qui ont été décernées à tes anciens et recueille-toi profondément devant ton drapeau, à la devise orgueilleuse et stricte. C’est alors que tu comprendras combien tu as le droit d’être fier de porter l’uniforme de légionnaire… »

C’était il y a 80 ans, et c’est toujours d’actualité. En 1962, le musée quitta Bel-Abbès pour Puyloubier, puis pour Aubagne, où le ministre Messmer y posa la première pierre à Camerone 1963.

Salle d'exposition - Musée de la Légion étrangère

Le temple sacré de l’alpha et l’oméga de la vie du légionnaire

 

Aujourd’hui, grâce à la ténacité de mes prédécesseurs, grâce au travail des conservateurs successifs et des légionnaires, grâce à la Société des amis du musée de la Légion étrangère et tout particulièrement grâce à l’action de son président pendant 14 ans, le général Le Flem auquel j’exprime toute ma reconnaissance, grâce à tous les donateurs dont en premier lieu les légionnaires qui ont versé leur obole, grâce aux spécialistes de haut niveau consultés pour l’occasion, notre musée, agrandi, est labélisé musée de France. Ses collections sont donc inaliénables. Il accueille de plus en plus de visiteurs extérieurs.

Il reste le temple sacré de l’alpha et l’oméga de la vie du légionnaire. C’est dans la salle d’honneur du musée qu’est remis au légionnaire son contrat initial à l’engagement, et son certificat de bonne conduite lors de la cérémonie de départ. C’est dans la crypte, lors de sa ventilation en régiment et à la fin de son contrat qu’il se recueille devant la main du capitaine Danjou.

Dans les régiments, les salles d’honneur apportent la même ferveur aux jeunes légionnaires comme aux plus anciens. Cela me rappelle l’article d’un journaliste paru dans le Midi libre en juillet 1962, lorsque la Légion quitta l’Algérie : « regardez-les encore, ils entassent dans des caisses les reliques de leur musée, la main articulée du capitaine Danjou, les décorations de leur drapeau, les lambeaux de capote de leurs héros, les fleurs teintées du sang versé sur l’Ouargha… les photos fanées, les fourragères, tout ce bric-à-brac de souvenirs qui ne vaut pas cent sous et qu’ils ne cèderaient pas pour des millions… Ils partent avec leurs souvenirs collés à la semelle de leurs souliers. Ils partent, s’ils ont commis des crimes, c’est d’avoir trop aimé la France et l’Algérie… d’avoir trop servi… d’être morts trop nombreux. Que du moins on leur laisse leurs traditions, leurs drapeaux et leurs képis blancs, leur allure lourde d’un siècle de combats et leurs nostalgiques refrains… ».

Je termine par la phrase inscrite sur le vitrail de la salle d’honneur du 2ème REP à Calvi : « A ceux, qui de la France furent parmi les plus braves et plus désintéressés des serviteurs, que leur exemple nous guide. » Pour eux, venez nombreux visiter le musée, et soutenez la Société des amis du musée de la Légion étrangère.

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère (Képi-blanc Magazine N°802)


Le képi blanc et la fête nationale

En 1939, lors du défilé du 14 juillet, le képi blanc entrait dans l'histoire de France sous les bravos, les vivats et les cris de « vive la Légion ! ». Fiers, impassibles, certains de leur force comme de leur élégance, les légionnaires en prirent possession ce jour là.

Le képi blanc et la fête nationale

J'ai désigné cette année le 4e Etranger pour défiler le 14 juillet sur les Champs Elysées, afin de mettre à l’honneur l’effort porté par les "fortes têtes" ces dernières années pour former, éduquer et instruire la vague des jeunes engagés volontaires, puis celles des sous-officiers, gradés et spécialistes, venues grossir nos rangs. La désormais traditionnelle prise d’armes du 13 juillet au Sénat a été l’occasion pour le 4e Etranger de procéder à une remise de képis blancs, à une jeune section d’engagés volontaires. Je profite de cette circonstance pour faire un retour sur les liens entre le képi blanc et notre fête nationale.

 

Le légionnaire n’est pas comme les autres, et il veut qu’on le remarque

Dans ses souvenirs, le colonel Maire écrivait sur la période des années 1930 : « Si le légionnaire arrive à se distinguer par sa tenue étrange, disparate, lorsqu’il est en colonne, dès qu’il se retrouve en garnison il met son point d’honneur à devenir le soldat coquet, élégant même, qui n’a pas son égal parmi les autres troupes. Il est fier de ses épaulettes, de sa ceinture bleue, de son couvre-képi qui est devenu d’une blancheur éclatante, bien qu’à plusieurs reprises des ordres aient été donnés pour le teindre en marron en raison de sa grande visibilité. Mais là, on se heurte à la tradition, et le légionnaire est traditionnaliste. Il est légionnaire, il n’est pas comme les autres, et il veut qu’on le remarque. »

Le képi blanc, avec ou sans son légendaire couvre-nuque, s’est donc identifié au légionnaire pendant cette période de l’entre-deux-guerres. Au point d’ailleurs que le légionnaire est devenu, dans le langage courant, un képi blanc. Pourtant, le port du couvre-nuque est antérieur. Il date de la conquête de l’Algérie un siècle plus tôt. Astuce imaginée pour éviter les insolations, créé officiellement vingt ans plus tard en 1850 pour la Légion et les bataillons d’Afrique, le couvre képi n’est plus porté pendant la guerre de Crimée. Il réapparait au Mexique : « Chacun devra être pourvu d’un couvre-képi, car la cause principale des maladies est l’insolation » ordonne le général Forey. Officialisé en 1874 pour les troupes qui servent en Algérie, il devient blanc dans les années 1910, par le soleil et les lavages, et s’impose au Maroc comme signe distinctif de « la Légion de Lyautey ». Vers 1920 au Maroc, l’Intendance liquide pour la Légion un stock de vieux képis marrons, que les légionnaires s’empressent de recouvrir de couvre-képis blancs. L’état-major s’insurge contre cette mode non réglementaire, mais finit par donner raison aux légionnaires, certes frondeurs, mais avant tout courageux et efficaces au combat. Pour les cérémonies du Centenaire en 1931 à Sidi-Bel-Abbès, les 2e et 3e Etrangers sont en képi blanc. Des querelles persistent cependant au Maroc avec l’état-major qui veut imposer le casque en métal ou à nouveau le manchon marron. Le légionnaire Martin relate : « Ce fut un beau chahut ! Avec quelques inspirations comme celles-là, on aurait vite fait de la Légion un collège d’enfants de troupe ! »

 

Les voilà ! les voilà ! Ce sont eux !

La Légion, on peut bien le redire, fut le « clou » de la revue

C’est en fait la foule parisienne qui clôt la polémique, par son extraordinaire ovation le 14 juillet 1939 lors du 1er défilé de l’histoire de la Légion étrangère en képis blancs sur les Champs Elysées. La Légion étrangère avait certes déjà défilé à Paris pour la fête nationale, mais jamais sur les Champs Elysées. A l’issue de la campagne d’Italie, le défilé du 14 août 1859, se déroule de la Bastille à la place Vendôme ; celui du 14 juillet 1917, sur le cours de Vincennes où le Régiment de marche de la Légion étrangère arbore pour la 1ère fois la fourragère de la médaille militaire, nouvellement créée. La Légion ne participe pas au défilé de la victoire après la Grande Guerre.

Pour ce célèbre 14 juillet 1939, laissons parler la presse de l’époque. Le journal « Vu » est dithyrambique : « La Légion, on peut bien le redire, fut le « clou » de la revue. Après avoir follement acclamé les soldats anglais, ceux de l’Empire et les nôtres, il semblait que la foule immense n’aurait plus de voix, lorsque, soudain, après un grand trou de silence, on entendit des éclats de cuivres qui la firent frissonner. « Les voilà ! les voilà ! Ce sont eux ! » Puis on se tut… Alors, on vit s’avancer une troupe massive, sombre, vêtue de kaki délavé, coiffée de képis blancs cabossés mais recouverts du bout de toile blanche que chaque légionnaire, où qu’il soit, trouve le moyen de laver et de repasser. Les visages étaient durs, brûlés, creusés de rides, mais les torses se bombaient, les jambes se raidissaient, et les têtes hautes regardaient la foule avec un dédain superbe… Ils marchaient lentement, lourdement, prenant possession du sol chaque fois qu’ils y posaient le pied, comme des hoplites pesamment armés, entraînés par le rythme large et puissant qui roulait sur les tambours et se cuivrait dans les clairons. Un moment interdite, par la beauté âpre et par l’impression de force qui se dégageaient de ces hommes ne paraissant faire qu’une seule masse, qu’un seul bloc, la foule se mit à hurler soudain – l’expression n’est pas trop forte- « vive la Légion ! » Cependant, sous cet ouragan de bravos et de vivats, ils passèrent impassibles, fiers et crispés, le menton en avant, sans daigner regarder ni les drapeaux, ni les femmes qui les couvaient des yeux. »

Nombre d’entre eux tomberont au champ d’honneur sur le front de France, dans la neige de Norvège, dans les sables d’Afrique, et jusqu’en Italie et en Allemagne. Parmi eux, parmi tant d’autres, à la tête de sa compagnie, un prince géorgien qui ne deviendra Français que quelques mois plus tard : le capitaine Amilakvari.

Ce triomphe du képi blanc clamé par la population parisienne se renouvelle le 2 avril 1945, où une compagnie d’honneur du RMLE défile en képi blanc et est follement acclamée, alors que la compagnie de la 13e DBLE qui la suit en bérets kaki n’attire qu’une attention polie. Trois mois plus tard, pour le 14 juillet de la Victoire, la 13 coiffe le képi blanc et est alors acclamée à la hauteur de son sacrifice de cinq années de guerre ininterrompue.

Depuis, chaque année, dans un rite immuable de communion avec la foule, le légionnaire est fier de porter devant la Nation son képi blanc, signe de son service de la France avec honneur et fidélité.

 

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère (Képi-blanc Magazine N°801)


Dossier de presse 14 juillet 2017


Le KB-Mag : «Marque particulière : grand esprit de famille»

"On le prendra comme on voudra mais, dans une certaine mesure la terre tourne à l’ombre du képi blanc." C'est avec cette formule provocante que le capitaine Ghesens, premier rédacteur en chef du magazine képi blanc, annoncait la parution du premier numéro de cette institution qu'est devenu ce mensuel de la Légion étrangère. La volonté est d'en faire une lettre de famille plus qu'un journal de communication. Aujourd'hui encore, le légionnaire engagé au Mali prend des nouvelles de son camarade stationné à Mayotte... c'est ainsi que la terre tourne encore !

Le KB-Mag : «Marque particulière : grand esprit de famille»

Baptême au champagne

Fin novembre 1946, le capitaine Gheysens, officier chargé du service de l’information du Dépôt commun des régiments étrangers, trouva dans un dossier revenant du chef de corps, le colonel Gaultier, une note de ce dernier lui demandant d’envisager la création d’un journal à caractère légionnaire. Son premier réflexe fut de classer cette note, à la suite de quelques autres, dans un dossier sur lequel était calligraphié un mot pourtant très simple, mais lourd d’espoirs et de projets : « Instance ». Mais quand deux semaines plus tard, une autre note du colonel Gaultier vint lui demander si le journal était susceptible de paraître dans quinze jours, c’est-à-dire pour le 1er janvier 1947, le capitaine Gheysens, assisté seulement d’un sous-officier, comprit l’urgence de la mission donnée. Quatre mois plus tard, le 30 avril 1947, grâce aux conseils de l’Echo d’Oran qui fournit également le papier, et à l’aide de la Maison Roidot qui mit à disposition son matériel d’imprimerie, naquit le 1er numéro de Képi blanc, tiré à 15 000 exemplaires et expédié sur les cinq continents ; cette naissance fut baptisée au champagne.

Pour le cinquantenaire le rédacteur en chef édita l’acte d’engagement suivant :

« L’an mille neuf cent quarante-sept, le 30 avril, s’est présenté devant nous, colonel Gaultier, chef de corps du Dépôt commun des régiments étrangers, M. Képi blanc, exerçant la profession de Journal d’information de la Légion étrangère, résidant à Sidi-Bel-Abbès, fils du capitaine Gheysens, ... Constatant que M. Képi blanc n’est atteint d’aucune infirmité, qu’il réunit la taille et les autres conditions requises pour servir dans la Légion étrangère,… Nous, intendant militaire… avons reçu l’engagement de M. Képi blanc, lequel a promis de servir avec honneur et fidélité pendant une durée indéterminée, le contractant a promis également de servir le corps ou toute fraction du corps partout où il conviendrait au gouvernement de l’envoyer. Lecture faite à M. Képi blanc du présent acte, il a signé avec nous. Signalement de M. Képi blanc : 64 pages, taille d’un mètre 21x29,7. Poids : 0,210 kg. Marque particulière : grand esprit de famille. »

 

Le KB Mag à 70 ans

Képi blanc vient de fêter ses 70 ans à Camerone et son 800ème numéro parait ce mois-ci !  70 ans, soit la durée des jours d’un roi selon Isaïe, le cours ordinaire de la vie humaine selon le psalmiste, ou bien le symbole de la régénérescence dans l’Egypte antique. Cela pour illustrer la maturité, la sagesse et la pérennité de l’œuvre lancée par le capitaine Gheysens. C’est à lui que ce numéro de Képi blanc est dédié.

Officier Saint-Cyrien au rayonnement extraordinaire, qui commença sa carrière chez les tirailleurs tunisiens, le capitaine Gheysens rejoignit la Légion en 1939, et fut fait chevalier de la Légion d’honneur au feu comme commandant de la 3ème compagnie du 11ème REI. Prisonnier au camp de Lübeck, il retrouva la Légion étrangère après la guerre, appelé à y servir à nouveau par le colonel Gaultier qui l’avait connu au feu au 11ème Etranger. On le décrivait comme « pétri d’esprit et de finesse, fantaisiste mais énergique, passionné malgré un fort esprit critique, réalisateur obstiné bien qu’affichant volontiers un peu de scepticisme et pas mal de dilettantisme, ouvert à toutes les formes d’art… ». Il sut s’entourer d’une équipe solide pour créer le journal : le sergent-chef Dauxy, ancien préfet, un certain Deville qui signait ses articles sous le nom de Deschamps par dérision ou par humour, « homme pourri d’esprit, d’une haute culture historique et rédacteur de grand talent » dira de lui le général Hallo. Il y avait aussi Brainois, un agrégatif de grec. Plus tard, l’équipe s’agrandit encore avec un légionnaire grand prix de Rome, et d’autres légionnaires dessinateurs dont l’un finira premier décorateur de l’opéra de Paris. Ces hommes de talent restaient légionnaires : après son temps de rédacteur en chef, le capitaine Gheysens partit pour l’Indochine où il fut tué au combat en mars 1950. Quatre ans après, en juillet 1954, le sergent Mairken, premier reporter de Képi blanc envoyé en opération et son photographe le sergent Mirka tombèrent également au champ d’honneur au Tonkin. Ils furent parmi les tous derniers légionnaires tués en Indochine.

 

Un organe de liaison entre tous les légionnaires qui servent dans l’Empire

Les principes fondamentaux de Képi blanc ont clairement été énoncés par le capitaine Gheysens dans son éditorial du premier numéro de Camerone 1947 : « un organe de liaison entre tous les légionnaires qui servent dans l’Empire et tous les anciens légionnaires épars dans le monde est une nécessité qui se fait sentir. On le prendra comme on voudra mais, dans une certaine mesure la terre tourne à l’ombre du képi blanc. « Pas moins-se » comme on dit au Détachement de Légion étrangère de Marseille. Un organe de liaison, un journal, si je puis employer ce mot pour une publication qui ne sera que mensuelle, un journal, donc, qui racontera à Tong ce qui se passe à Taroudant, à Ouargla ce que l’on pense au Ke, un journal qui permettra à toute la Légion de savoir ce qui se passe dans toute la Légion… Un journal qui serait la lettre de famille. Un journal à la hauteur de cette grandiose Famille qu’est la Légion…»

Aujourd’hui encore, c’est bien le grand esprit de famille, la marque particulière signalée sur l’acte d’engagement de Képi blanc, qui donne toujours son sens à notre si belle revue. Car Képi blanc, en plus d’être un vecteur de la communication de la Légion, est avant tout une œuvre de la solidarité légionnaire : les recettes des abonnements participent directement au bon fonctionnement de l’Institution des invalides de la Légion étrangère. C’est pour cette raison que le directeur du Foyer d’entraide de la Légion étrangère est le directeur de la publication de Képi blanc.

Le capitaine Gheysens terminait son premier éditorial en ces termes : « Voilà donc Képi blanc, il doit coiffer toute la Légion, c’est-à-dire qu’il doit être magnifique – indispensablement. Il le sera si vous nous aidez tous. » Pour ce soixante-dixième anniversaire et ce 800ème numéro, rendons hommage à cet officier magnifique, tombé au champ d’honneur à Don Giap en Indochine en criant « Vive la Légion ! », alors qu’il allait au-devant d’un partisan blessé. Aidons-le ! Aidons Képi blanc ! Aidons l’équipe de Képi blanc d’aujourd’hui qui fait son maximum pour poursuivre l’œuvre lancée par le capitaine Gheysens !

Que chaque lecteur s’abonne à Képi blanc, si ce n’est déjà fait, et qu’il y abonne deux amis, voisins ou camarades. Pour le capitaine Gheysens, et pour la solidarité Légion d’aujourd’hui !   

 

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère (Képi-blanc Magazine N°800)


La fraternité d’armes, c’est la partie humaine du combattant… sa partie profonde.

Publié le 10/05/2017 à 08:18 | DRP

Que représente la fraternité d'armes ? Inscrite dans le code d'honneur du légionnaire, qu'est-ce que cela lui impose ?

Que représente la fraternité d’armes ?

 

La fraternité d’armes est un état d’esprit qui sous-tend naturellement toutes les relations d’hommes appelés à vivre intensément le service des armes, avec « la mort comme hypothèse de travail », pour reprendre l’expression du colonel Goya. Ce n’est ni une qualité, ni un dogme, ni une matière que l’on instruit, c’est plutôt  une condition essentielle du principe de l’esprit de corps. Vous direz alors : « Mais qu’est-ce que l’esprit de corps ? ». C’est justement l’ensemble des valeurs qui forgent l’âme des combattants légionnaires : la discipline, le culte de la mission, l’amour du travail bien fait, le respect, la solidarité, la fraternité, l’honneur et la fidélité. L’adhésion profonde à ces valeurs  rend possible la cohésion de ces hommes aux origines diverses, pour constituer une troupe moderne, efficace et au fort potentiel d’adaptation. L’esprit de corps se distingue aussi par la confiance tissée entre les légionnaires et leurs chefs, gage de fidélité de ces étrangers au service de la France. La fraternité d’armes, c’est la partie humaine du combattant… sa partie profonde.

Mais la fraternité d’armes peut également s’entendre comme fraternité entre formations. Elle répond à la même exigence que la fraternité d’armes entre deux légionnaires : un socle commun de valeurs. Cette fraternité d’armes n’est pas une nouveauté pour la Légion qui a toujours livré bataille aux côtés d’autres unités. A  Narvik, en 1940, elle s’est engagée aux côtés des chasseurs et des troupes alpines, avec l’appui de la marine.  En Indochine, en 1950, elle était avec des parachutistes coloniaux, des Tabors et des tirailleurs. En 1990, dans le Golfe, elle s’est lancée à l’assaut sous commandement américain, protégée par une couverture de l’armée de l’Air, avec des artilleurs, des marsouins et des équipages de l’aviation légère de l’armée de Terre. Plus récemment, comme par exemple en ex-Yougoslavie, en Afghanistan ou au Mali, les engagements se sont tous inscrits dans une triple logique : interarmes, interarmées et interalliée. Avec les autres armes, nous partageons certes des souvenirs, mais nous partageons surtout le même sang, comme des frères.

 

Au sein de la Légion étrangère, cette notion fait partie du code d’honneur, qu’est-ce que cela implique pour chaque légionnaire, et pour ses chefs ?

 

Le code d’honneur est la formalisation de ce dont nous venons de parler. Dans les années 80, ayant constaté qu’une partie des jeunes légionnaires manquait parfois de repères, mais aussi parce qu’il fallait nous assurer que chacun, venant de cultures différentes, se retrouve dans des principes communs, le Commandement  de la Légion étrangère a décidé de  rédiger un recueil de principes destinés à guider son action au quotidien, tant au plan personnel que dans le domaine professionnel. Il sert de guide et de référence à tout légionnaire. Il est également utile au chef  dans sa compréhension du  légionnaire et lui permettra d’enrichir son style personnel de commandement.

Plus précisément, le code d’honneur, structuré autour de sept articles, souligne en des mots simples, détachés des modes, et compréhensibles par chacun, quelle que soit sa culture, les valeurs de volontariat, de fraternité d’armes, de respect, de dignité, de rigueur, de solidarité et de sacrifice. Tout cela s’impose au légionnaire, et tout cela forme l’âme du légionnaire. Tout cela définit la fraternité d’armes.

Par le Lieutenant-colonel Bourban Jean-Philippe

Droit Légion étrangère 2017©BRN


Ici passa la Légion !

Le mot du général COM.LE - Képi blanc N° 799

 

Rien ne dit mieux l'œuvre de bâtisseur de la Légion étrangère que cette phrase du général Pélissier « Les routes carrossables, les barrages, les ponts, les canaux d’irrigation qui ont changé la face du pays vous sont dus et c’est à vous que le colon reconnaissant saura reporter le mérite de ces grandes œuvres si dignes des légions romaines. A Sidi Bel Abbès, vous avez fait d’un camp une ville florissante, d’une solitude un canton fertile, image de la France. »

"Ici passa la Légion !" Ainsi pourrait être résumée l’œuvre gigantesque de bâtisseur entreprise par la Légion étrangère au cours des deux derniers siècles, plus particulièrement en Afrique du Nord.

En 1858, après la construction de la route Sétif-Bougie taillée à flanc de montagne, un légionnaire tailleur de pierre avait commencé à sculpter sur la paroi de la falaise une énorme grenade à sept flammes. Des pressions furent exercées pour détruire, au besoin à coup de canon, ce magnifique travail. L’œuvre fut interrompue, mais non détruite. Cette grenade est sans doute la première des nombreuses signatures, qui dans tant de contrées, encore aujourd’hui, scellent l’œuvre du légionnaire bâtisseur qui clame à tous, par la qualité de son travail : « Ici passa la Légion ».

 

« Nous avons marché l’épée dans une main, la pelle dans l’autre »

 

« Nous avons marché l’épée dans une main, la pelle dans l’autre », disait le Maréchal Bugeaud, montrant ainsi à quel point étaient liées dans l’armée d’Afrique, comme dans les Légions romaines, la force qui conquiert, plus d’ailleurs par démonstration que par utilisation, la pelle qui bâtit, et la charrue qui féconde.

Le général Gaultier écrivait : « les légionnaires ne sont pas des êtres parfaits, mais ils ont de solides vertus…  Trois de leurs vertus ou aptitudes surclassent les autres : par l’exercice de la première, ils font d’excellents infirmiers aussi bien pour la troupe que pour les populations voisines… La deuxième relève de leur activité combattante. Elle se manifeste aussi bien au feu que lors des trêves… Les légionnaires sont enfin des pionniers qui découvrent et aménagent des territoires, des bâtisseurs qui construisent villes et ouvrages d’art, et qui ont droit, comme tels, à l’hommage réservé à ceux qui créent. »

 

le Génie n’a cessé d’être présent à la Légion. Car le légionnaire est un soldat, un pionnier et un bâtisseur.

 

Depuis sa création en 1831, la Légion étrangère a ouvert des routes, s’est battue et a construit.

Même si l’accolement des mots Génie et Légion est relativement récent, puisqu’il n’est apparu qu’en 1949 avec la création en Afrique du nord de la 1ère compagnie de Génie-Légion, aussitôt dirigée sur Madagascar, le Génie n’a cessé d’être présent à la Légion. Car le légionnaire est un soldat, un pionnier et un bâtisseur.

A la création de la Légion étrangère en 1831, il est mentionné une « compagnie hors rang » qui comprenait un caporal et quatre sapeurs par bataillon.

En 1833, les légionnaires construisirent en deux mois la chaussée de Boufarik : « on vit sortir du fond des marais infects et souvent impraticables une chaussée élevée de deux mètres au-dessus du sol, bordée de fossés larges et profonds, de deux rangs de peupliers et de fontaines », rapporte le général Bernelle.

Le premier barrage voûté créé en France, retenant les eaux de ruissellement de la Sainte-Victoire, inauguré en 1854, est l’œuvre de l’ancien légionnaire Zola engagé en 1831, revenu à Marseille en 1833 comme ingénieur topographe, et père de l’écrivain.

En 1840, les sapeurs furent bien identifiés avec le tablier, la hache et les gants.

Plus tard, en 1851, le 2ème Etranger fut récompensé pour ses travaux archéologiques de découverte de plus de 40 villes, positions romaines, et postes fortifiés.

 

Vous avez fait d’une solitude un canton fertile, image de la France.

 

Aux légionnaires en partance pour la Crimée, le général Pélissier dira : « Les routes carrossables, les barrages, les ponts, les canaux d’irrigation qui ont changé la face du pays vous sont dus et c’est à vous que le colon reconnaissant saura reporter le mérite de ces grandes œuvres si dignes des légions romaines. A Sidi Bel Abbès, vous avez fait d’un camp une ville florissante, d’une solitude un canton fertile, image de la France. »

En Crimée, 100 légionnaires volontaires placés sous les ordres du sergent-major Valliez ouvrirent la voie aux zouaves en prenant d’assaut la citadelle de Malakoff : les légionnaires pionniers appliquèrent les échelles, les madriers et les ponts flottants sur les obstacles et les murs des bastions russes. Sortant de la tranchée qui fut amenée jusqu’à 25 m des positions de l’ennemi, ils franchirent cet espace battu par le feu, puis le fossé et pénétrèrent les premiers dans l’ouvrage.

Fin 1884, à Tuyen Quang, le sergent du génie Bobillot édifia pendant deux mois les défenses du poste avec les légionnaires. Les Chinois, à cent contre un, traqués jusque sous terre par les légionnaires, n’arrivaient pas à passer. L’assaut dura deux mois, et les Chinois renoncèrent. De nos héros légionnaires, naîtra sous la plume du capitaine de Borelli une des plus belles pages écrite sur la Légion : « A mes hommes qui sont morts ».

En 1920 et 1921, une compagnie de sapeurs pionniers fut créée dans chaque régiment étranger d’infanterie, afin de construire routes, ponts et tunnels. Celle du 3ème Etranger fut mise à l’honneur lors du Centenaire en 1931, en ouvrant la marche en tenue traditionnelle. Le colonel Gaultier, en 1946, rétablira cette tradition oubliée pendant la guerre.

Les pionniers ne participèrent pas à la campagne de la Libération. Quand éclata la guerre d’Indochine, la démobilisation avait privé l’arme du Génie d’une grande partie de ses cadres, et son recrutement se trouva fortement ralenti par les besoins en spécialistes pour la reconstruction civile. Par ailleurs, l’envoi du contingent en Indochine ne fut pas envisagé. Il fallut donc remplacer, et créer. La 40ème compagnie de camions bennes, mise sur pied à Nîmes en septembre 1945 embarqua pour l’Indochine dès janvier 1946. D’autres unités suivirent. En 1952, l’effectif légionnaire servant dans le Génie atteignait 2 400 hommes, mais l’appellation restait « Génie ».

En 1963, le 5ème Régiment mixte du Pacifique vit le jour. L’héritage du 5ème Etranger, la composition et les missions du nouveau corps marquèrent cette double appartenance à la Légion et au Génie. Le 61ème Bataillon mixte Génie-Légion, créé en 1969, fit les travaux du camp de Canjuers. A Djibouti et en Guyane, les compagnies de travaux ou d’équipement ouvrirent et construisirent de nombreuses routes et pistes. On constate ainsi que sur cette période le Génie Légion a été essentiellement tourné vers la mission de pionnier et de bâtisseur. Cent ans après Tuyen Quang, la « sape » s’imposa alors à nouveau à la Légion après l’expérience opérationnelle du Liban qui fit reprendre conscience du danger des mines. Le général Coullon, COMLE, proposa alors la création du 6ème Régiment étranger de génie.

Aujourd’hui, nos deux régiments étrangers de génie, créés en 1984 et en 1999, partagent avec leurs camarades des autres régiments les traditions du légionnaire, combattant, pionnier et bâtisseur. Par leurs savoir-faire spécifiques de sapeurs, ils font vivre l’héritage de leurs anciens de Malakoff et de Tuyen Quang.

Maniant le fusil, la pioche, la hache ou la truelle, que tous conservent l’amour du travail bien fait, et qu’ils signent leurs œuvres de grenades orgueilleuses sculptées dans la pierre !

 

Par le Général de division Jean Maurin commandant la Légion étrangère (Képi-blanc Magazine N°799)


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