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La Newsletter 14/13 de l'AALEME

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La Newsletter 14/13 de l'AALEME

Extraits de l’hommage émouvant rendu par son camarade de promotion, le lieutenant-colonel (er) André Barraquier, au Colonel Jean Sarrabère.

Colonel Jean SARRABERE, commandeur de la LH, le 10 août, à presque 87 ans


Salut Sarrabère ! Donne-moi la force nécessaire pour contenir mon émotion pour que je puisse aller au bout de cet hommage que je tiens absolument à te rendre.


Après quatre ans au prestigieux Prytanée Militaire de La Flèche, tu es admis à l’École Spéciale Militaire Interarmes, notre chère école.


Saint-cyrien de la promotion GARIGLIANO, à la sortie de l’École d’application de l’infanterie à Saint-Maixent, où nous nous sommes côtoyés pour la première fois en 1951, tu ne choisis pas la Légion mais le 3e Régiment de tirailleurs algériens à Constantine.


Puis, passé par Bel Abbès tu arrives au 5e Régiment étranger d’infanterie. Je suppose combien grande était ta fierté de servir dans la même unité que ton père, le Régiment du Tonkin. Je t’y rejoins au 1er Bataillon en octobre 1953. Tu étais l’adjoint du capitaine commandant la 4e compagnie. Un poste difficile qu’il fallait affecter à un officier de confiance, car la 4 était la compagnie ‘jaune’ du bataillon, celle composée essentiellement de ‘tirailleurs annamites’, des vietnamiens, malheureusement mal formés militairement et dont le moral était parfois défaillant car ils pressentaient le sort funeste réservé à leur patrie.


Rapidement, nous avons combattu côte à côte lors de l’opération MOUETTE, avec les deux gros accrochages de Chi-Phuong et Yen-Mong, au Sud du Tonkin, dans la région de Phu-Nho-Quan.


Suivent quelques opérations dans le delta. Puis, fin décembre nous embarquons pour Saigon, que nous quittons trop rapide-ment pour prendre la piste vers le Moyen Laos. Nous atteignons Seno, notre base de départ et début janvier 1954, nous entrons dans la forêt laotienne. Nous n’en ressortirons qu’au mois de mai très affaiblis avec des effectifs squelettiques et le moral au plus bas.


Dans cette campagne, tu vas te montrer déterminant dans les deux plus gros combats que nous avons menés.


Le 31 janvier à Bang-Poung, notre point d’appui est menacé par un régiment vietminh. Tu es chargé de donner l’alerte en cas d’attaque avec une vingtaine de tirailleurs à quelques centaines de mètres en avant de notre dispositif, ce que tu as parfaitement exécuté. J’entends encore l’ordre hurlé par mon commandant de compagnie aux avant-postes : « N’ouvrez le feu qu’après le passage du lieutenant Sarrabère » et puis le cri d’un légionnaire : « Le lieutenant est rentré ». Ouf ! est la réaction de tout le bataillon. Nous avons gagné la bataille, d’abord grâce à toi, sans aucun doute.


Moins de trois mois plus tard, à Ban-Sen-Phan, tu es en tête de ta nouvelle unité, entièrement légionnaire : la 3e compagnie. Tu disais alors : « l’officier adjoint est toujours en tête ou en queue mais jamais ‘peinard’ au milieu ». Ce jour-là, tu pénètres dans cette maudite clairière jusqu’au fond de la nasse où le feu, le fer et une nuée de bô-doi s’abattent sur ta troupe en la disloquant totalement. Je ne sais pas comment tu es revenu vers nous pour participer aux contre-attaques qui nous ont permis de récupérer les survivants, les morts et le corps du lieutenant Vaugrente, ton commandant de compagnie froidement exécuté d’une balle dans le front.


Dans le courant du mois de mai, le moral affaibli par la fin de Dien Bien Phu, nous revenons au Tonkin. Nous participons aux opérations de récupération des postes à la périphérie du delta. Tu vas une nouvelle fois te distinguer dans la région des Sept Pagodes en prenant d’assaut avec une seule section, un piton, le « piton Sarrabère ». Et voilà l’armistice, notre régiment sera le dernier à évacuer Hanoï. Puis, il rejoindra l’Annam à Tourane (aujourd’hui Da-Nang). Nous devons quitter le 5 et rejoindre le 2e Régiment étranger d’infanterie en vue d’un rapatriement en Afrique du Nord. Nous débarquons à Bizerte et rapidement, les opérations de sécurisation de la mise en place de la nouvelle République tunisienne ressoudent nos unités. C’était en 1956. Le travail terminé, nous recommençons au Maroc pour l’installation de Mohammed V.


Tu nous quittes pour l’ESMIA qui a besoin d’officiers exemplaires, comme toi, pour former nos jeunes camarades. D’ail-leurs, tu exerceras tes talents d’instructeur à l’Ecole d’Application de l’Infanterie par deux fois, à Saint Maixent puis à Montpel-lier.


Revenu à la Légion au 4ème REI dans le Sud Constantinois puis au 1er RE à Saïda, tu commandes la 4ème Compagnie.


Tu vas nous quitter car tu rejoins la métropole. Puis, c’est la fin de l’Algérie et commence la valse des mutations : Place de Paris, 19e BCP, État Major de la 1re Division puis de la 6e Région. Mais la Légion te réserve le commandement du Détachement de Légion étrangère de Mayotte comme Chef de corps, récompense suprême pour un officier de Légion !


Tu reviens à l’EAI en 1979 et tu plantes des racines à Montpellier. Et nous sommes à nouveau réunis jusqu’à la fin...


Jean SARRABERE tu étais un homme valeureux, un soldat discipliné, un officier de Légion honnête et fidèle.

Adieu Sarrabère ! Mon vieux compagnon, mon très cher frère d’Arme.


Extraits de l’hommage émouvant rendu par son camarade de promotion, le lieutenant-colonel (er) André Barraquier

 

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Hélie de Saint-Marc en BD: sobre et efficace

08.09.2014

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Les éditions Artège viennent de publier une BD consacrée à Hélie de Saint-Marc (cliquer ici pour accéder au site d'Artége et voir la présentation de cet ouvrage).

Jean-François Vivier est au scénario et Pierre-Emmanuel Dequest au dessin. Le tandem avait déjà travaillé sur Tom Morel, le héros des Glières (voir ici la présentation de ce livre sur le site d'Artège). Avec tout autant de bonheur (même si on peut regretter qu'en 61 pages certains épisodes soient rapidement traités), le voilà qui se penche sur une autre grande figure de l'histoire militaire française dont le testament spirituel clôt la BD.

Je ne vais pas revenir sur le commandant de Saint-Marc; le site officiel d'Hélie de Saint-Marc est à consulter ici. Mais pour ceux qui ignorent la vie et les convictions de l'ancien résistant déporté, cette BD est une excellente introduction.

Hélie de Saint-Marc, par Vivier et Dequest, éditions Artège, 61 pages, 14,90 €.

Agen : elle retrouve son père après onze ans de recherches

Publié le 19/09/2014

Ils ne s'étaient pas vus depuis vingt-neuf ans

Agen : elle retrouve son père après onze ans de recherches
Daniel Lambert rêve désormais de s’installer à Paris, près de Laura. © PhotoThierry-daniel vidal
Elle a des yeux de biche dans lesquels il n'avait pas pu plonger son regard depuis… vingt-neuf ans. À l'heure de rattraper le temps perdu, ceux de ce dur à cuire ne restent pas longtemps secs. Daniel Lambert en a pris « des tartes dans la gueule » au fil de soixante-sept années d'une vie chaotique : « J'étais à la limite de l'extrême, dégoûté de la vie. Là, ça donne un coup de fouet. »

Placé à l'orphelinat à l'âge de 3 mois avant de devenir garçon de ferme, pour finalement épouser, contraint et forcé, la Légion étrangère à tout juste 18 ans, Daniel Lambert a souffert. Et continue aujourd'hui à se battre pour joindre les deux bouts. « Pas déserteur mais révolté », il n'a pas rempilé dans la Légion et s'assoit donc sur la retraite que ces années noires auraient pu lui octroyer. Idem pour ses dix-sept années de businessman dans les Balkans, dont il n'a ramené qu'une fillette qu'une femme qui n'en voulait qu'à sa nationalité française lui a donnée. Aujourd'hui âgée de 9 ans et demi, elle vit seule avec lui à Agen. C'était sa première fille.

Prié de mettre les voiles

Désormais, il en a une seconde. Plus vieille de vingt ans… Laura a la trentaine, un salon de coiffure à Paris et une obstination qui a payé, après onze années de sa vie consacrées à rechercher celui qui l'a tenue six mois dans ses bras avant de se voir contraint de s'éclipser. Père et fille n'ayant aujourd'hui que l'intime volonté de passer du temps ensemble, ils tairont « la sale histoire de famille » à l'origine de cette séparation. Tout juste indiquent-ils que Daniel n'étant pas juif, comme la mère de Laura, sa « belle-famille » l'a empêché de la reconnaître et lui a gentiment prié de disparaître. Après s'être accroché quelques années, Daniel Lambert s'est résigné. Et a mis les voiles. Une nouvelle épreuve dans une vie qui n'en manquait pas.

Mais voilà qu'à 18 ans Laura apprend que « le père » avec lequel elle vit n'est pas le sien. « J'ai su la vérité, du moins une partie. Et je me suis mise à chercher. Dans l'annuaire d'abord, mais des Daniel Lambert, il y en a des milliers… » à ses débuts, elle ne connaît que son identité et à peu près son âge. Les années passent et les souvenirs remontent peu à peu : « Ma mère se souvenait qu'il avait eu des ennuis de santé. Je suis donc allée dans la clinique où il avait été suivi. En vain. Elle s'est ensuite rappelé qu'il avait vécu à Noisiel, en Seine-et-Marne. »

Identifié par… un voisin

La jeune femme frappe à toutes les portes, embauche un détective, contacte des émissions de télévision pour le retrouver, puis se ravise : « J'avais besoin de chercher, mais j'étais sûre que ça ne marcherait jamais. » En 2011, elle poste sur plusieurs sites Internet, dont doctissimo.fr, un avis de recherches. Dans les réponses, on lui conseille de créer une page Facebook dédiée et d'y ajouter une photo de Daniel, si vieille soit-elle. Ce sera « Laura recherche Daniel Lambert ». À Noisiel, elle en retrouve un. Selon les témoignages, c'est bien lui. Le tatouage « Mort aux vaches » cher aux légionnaires, la date de naissance, qu'elle finit par apprendre, tout semble coller. Ce n'était finalement qu'un parfait homonyme.

Le découragement gagne. Jusqu'à ce 14 juillet dernier, où, sur Facebook, un homme pense le reconnaître. Un Albanais arrivé à Agen presque en même temps que Daniel et qui n'habite qu'à 500 mètres de chez lui. Le lendemain, père et fille se retrouvaient. Et, depuis, ne se lâchent plus…

L'ancien légionnaire prend sa plume pour un fusil

Orange / Publié le Jeudi 11/09/2014

Antoine Chapelle revendique un humour décadent et décapant

L'ancien légionnaire prend sa plume pour un fusil

On commence à bien le connaître, ici à La Provence ! Quatrième fois qu'il vient nous présenter ses écrits. Antoine Chapelle, ancien légionnaire, chauffeur routier de son état, écrivain à ses heures perdues, la nuit dans la cabine de son poids lourd, adore choquer et secouer les esprits.

Née de son imagination débordante, voire dévorante, sa dernière oeuvre, sous son nom d'artiste Markus Selder est "Marek et colegram". Une série de nouvelles, dans laquelle il raconte ses souvenirs et surtout ceux des autres. "Des anecdotes indispensables et des propos irresponsables" dit l'auteur.

Fil conducteur de ces histoires, Marek Volsky. Un ancien de la légion, comme lui, rencontré dans le désert djiboutien au sein de l'escadron de reconnaissance. "Il était fou, un vrai fou", raconte Markus Selder.

Dans les pages, l'on rencontre d'autres légionnaires, dont l'infirmier-major de Djibouti : "C'était un gros fayot de Français, il écœurait même le commandement par sa servilité, sa propre épouse le méprisait, alors forcément, pour tenter d'exister, ce collabo faisait chier les légionnaires." Ces militairesdont il avance : "Une femme dans chaque port et un porc dans chaque homme !"

Dans Marek et colegram, "j'ai décidé d'être ignoble, foncièrement malsain, politiquement effroyable et surtout très cynique". Voilà pour la couleur. "J'en ai marre du politiquement correct. Ici, tout le monde ramasse. Le livre contient même une parenthèse peu flatteuse sur Antoine de Saint -Exupéry".

Sans orgueil, l'Orangeois, en écrivant, veut simplement s'amuser et se faire plaisir. Face à ces mots acerbes et gras, "il ne faut pas se prendre au sérieux, c'est du 15e degré, pour rire", prévient Markus Selder.

"Marek et colegram" de Markus Selder aux éditions A Verba Futurorum disponible sur http://www.averbafuturorum.com

Caroline Denime

Le 2e REP de Calvi fête Saint-Michel en ville

Rédigé par (Jean-Paul-Lottier) le Samedi 27 Septembre 2014

Le 2e Régiment étranger de parachutistes de Calvi a innové en fêtant la Saint-Michel au pied de la citadelle de Calvi, en lieu et place du Théâtre de verdure, derrière la jetée du port de commerce. La prise d’armes présidée par le général de corps d’armée Pierre Chavancy a été suivie d’un défilé des troupes en ville.


Il y avait foule samedià 10h30 dans le centre-ville de Calvi pour assister aux cérémonies de la Saint-Michel.
Une cérémonie que le 2e REP de Calvi a souhaité faire partager à la population avec qui elle entretient de très bons rapports.
C’est donc derrière la jetée du port de commerce, au pied de la citadelle,que les troupes étaient rassemblées pour cette prise d’armes présidée par le général de corps d’armée Pierre Chavancy, gouverneur militaire de Lyon, officier général de zone de défense et de sécurité Sud-Est et commandant la région terre Sud-Est.
En attendant l’arrivée des autorités civiles et militaires, une présentation était faite du partenariat que le 2e REP mène avec les hommes du commando parachutistes de l’armée de l’air N°20 qui se fonde sur l’échange de procédures et sur des séances d’entraînements tactiques communes dans le domaine de la 3e dimension.

Une section de la BA 126 de Solenzara
A ce titre l’exemple d’une projection de forces interarmées et réussi e au Mali en 2013 n’est plus à démontrer.
A noter à cette cérémonie la présence de la musique militaire de la Légion étrangère d’Aubagne sous les ordres du chef de musique Emile Lardeux, d’une section d’honneur de l’Escadron de protection de la BA 126 de Solenzara aux ordres du Cpt Jérôme Sylvestre.
Six compagnies du 2e REP étaient présentes à cette prise d’armes (CCL, CAS, 1re Cie, 5e Cie, CEA, 6e Cie de réserve), tout comme des délégations des associations d’anciens combattants, de commandos de l’Air N°20, des cadres des personnels civils de l’armée, amicale des anciens parachutistes et anciens du 2e REP….
Le colonel Jean-Michel Meunier, chef de corps du 2e REP de Calvi inspectait les troupes, avant de rendre les honneurs au drapeau et présenter le régiment au général de corps d’armée Pierre Chavancy qui à son tour passait les troupes en revue.
Les autorités civiles et militaires se dirigeaient vers le drapeau pour rendre les honneurs.
Parmi elles, outre les personnes déjà citées Ange Santini, maire de Calvi, Jean-Toussaint Guglielmacci, conseiller général de Calvi-Lumio, Pierre Guidoni, maire et conseiller général de Calenzana, Jean-Jo Allegrini-Simonetti, maire de l’Ile-Rousse, Etienne Suzzoni, maire de Lumio, Dominique Andreani, maire de Cateri, colonel Didier Rahmani, commandant le Groupement de gendarmerie de Haute-Corse….

"Sous le regard bienveillant de l’Archange"
Le Général Pierre Chavancy proclamait ensuite son ordre du jour N°1 pour s’adresser à l’ensemble des légionnaires : « Comme chaque année en cette fête de la Saint-Michel, nous voici rassemblés ici sous le regard bienveillant de l’archange autour de notre drapeau ici à Calvi mais également en République Centre Africaine où la 4e Cie se comporte brillamment dans un contexte très tendu et aux Emirats Arabes Unis où la 2e Cie s’entraîne sans relâche dans cette région du monde particulièrement infâme.
Alors qu’Il y a exactement 60 ans, le 2e BEP quittait l’Indochine, qu’il y 50 ans les premiers légionnaires parachutistes découvraient la Balagne, et qu’il y a exactement 20 ans était créée la 5e Cie, il est opportun de se souvenir que cette cérémonie dépasse largement le traditionnel, elle vise à vous rappeler ainsi qu’à tous ceux qui vous entourent aujourd’hui le temps trop court de votre mission au service de la France partout dans le monde(…)
Vous êtes forts d’un héritage prestigieux que vous faites fructifier au quotidien ici à Calvi et dans tous les camps d’entraînement, mais aussi ailleurs(…)
En ce jour, mes pensées vont plus particulièrement vers l’adjudant Harold Vormezeele et au sergent Marcel Kalafut tués au Mali ou encore à d’autres morts en héros
Je pense également toujours au Père Casta bien connu ici en Corse (…)
« Je vous souhaite à tous et à chacun une bonne fête de la Saint-Michel ».
Une remise de décorations devait suivre (voir par ailleurs), avant que Ange Santini, maire de Calvi ne remette symboliquement le décret de naturalisation à 3 légionnaires.
Sous les applaudissements nourris des très nombreux spectateurs, les troupes défilaient en ville.
Un vin d’honneur était enfin offert par le régiment.










La remise de décorations de la Saint-Michel

Médaille Militaire : Adjudant/vhef (er) James Cunningham
Croix Valeur Militaire avec Etoile d’Argent : Capitaine Marc Bouquin, Caporal Gaël Delcour
Croix Valeur Militaire avec Etoile de Bronze : Adjudant/chef Stéphane Hernault, Caporal Jaroslav Stastny, Caporal Constantin Lungu
Croix du combattant volontaire barette missions extérieures : Commandant (r) Raphael Banda
Médaille d’or de la Défense Nationale : avec étoile de bronze : Sergent/chef Krzystof Bredzen, Sergent Alexandre Janvier, Caporal/chef Benavides Garrido, Caporal Romualdas Barkovskis, Caporal Luis Zelteros, Caporal-chef Agostinho Da Cruz Ferreira, Caporal/Chef Cédric Galiana.








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Ivan Roso: Ja u Legiji stranaca

Vojna povijest

Objava: 15.9.2014 Autor:Tomislav Šulj

U Legiji je proveo 37 godina, umirovljen je u funkciji najvažnijeg dočasnika, odnosno kao Président des sous-officiers de la Légion étrangère

Tijekom posjeta francuskoj Legiji stranaca, uvjerili smo se koliko je dubok trag koji su Hrvati ostavili služeći u ovoj elitnoj postrojbi. Štoviše, nemali broj Hrvata ostvario je značajne karijere što je izuzetno postignuće, ako uzmemo u obzir činjenicu koliko je strancu teško napredovati u časničkoj hijerarhiji Legije, koju ipak ponajprije čine francuski časnici. Ove godine Hrvat, pukovnik Zlatko Sabljić, nosio je relikviju Legije, drvenu ruku kapetana Danjoua na obilježavanju Dana Camerone, što je najveća čast koju umirovljeni legionar može doživjeti. Pukovnik Sabljić jedan je od najcjenjenijih časnika Legije stranaca, u što smo se i uvjerili u druženju s legionarima. No i jedan drugi Hrvat koji je nedavno umirovljen, također je cijenjen i omiljen u Legiji kao i pukovnik Sabljić. Zapravo, s kojim god legionarom smo zapodjenuli razgovor osvrnuo se i na karijeru majora Ivana Rose. Naime, Roso je u Legiji proveo 37 godina aktivne službe, a umirovljen je u funkciji najvažnijeg dočasnika Legije stranaca, odnosno kao Président des sous-officiers de la Légion étrangère. Pojednostavljeno, to je funkcija koju obnaša najcjenjeniji (najviši po činu) dočasnik Legije. Osim što je osoba od povjerenja zapovjednika Legije, uz niz drugih obaveza, osnovna zadaća Predsjednika dočasnika Legije jest da rješava eventualne probleme kolega dočasnika. Bilo je to idealno odabrana služba za Rosu jer je po karakteru osoba koja voli pomoći.

FOTO: Ivan Roso za vrijeme intervencije u Beirutu 1983. godine. Pozira pred razrušenim kompleksima zgrada u Sabri i Chatili, u palestinskom dijelu Beiruta (upravo na tom području dogodilo se masovno ubojstvo Palestinaca te godine). Roso je opremljen prvom verzijom puške FAMAS i vojnim prslukom zaduženim specijalno za tu intervenciju.

No, vrijeme treba vratiti na početak priče koja je započela davne 1975. godine. Roso je bio sportaš, perspektivni vratar osječke „Olimpije“. Iako je bio zanimljiv i poznatijem gradskom rivalu, Nogometnom klubu Osijek, ozbiljnu seniorsku karijeru nije započeo jer je otišao na služenje vojnog roka od 1972. do 1974. godine. Kako je stariji brat Ante tada služio u Legiji stranaca, Ivan je uznemirenoj majci za volju pošao u Francusku vidjeti što se točno s bratom događa. Francuska, u odnosu na zatvorenu Jugoslaviju, bila je privlačno mjesto za život. Rosi se nije pretjerano vraćalo, a kao nadobudnom mladiću bilo mu je malo i neugodno vratiti se a da nije ništa postigao. Naime, želio se okušati u Bastiji, u najpoznatijem klubu s Korzike. Iako je interes bio obostran, nakon nekoliko odigranih probnih utakmica, od svega toga nije bilo ništa jer trebala je ispisnica nogometnog saveza koju u ono vrijeme Fudbalski savez Jugoslavije nije izdavao mladim nogometašima, željnima napuštanja Jugoslavije. Stoga se bez prevelikih mogućnosti izbora prijavio u Calvi – logično jer tamo je živio Rosin tetak, a brat Ante bio je u Legiji u tom gradu. Prijam i obuku prošao je bez problema, iako je poznato kako je obuka koja prethodi potpisivanju legionarskog ugovora rigorozna. Ipak, Roso je u Francusku došao kao sportaš, nakon netom okončanog prvenstva. Bio je u iznimnoj kondiciji te mu onoga što je legionaru najpotrebnije, tjelesne spreme, nije nedostajalo. Zanimljivo, nakon odlaska, obuke i konačno potpisanog ugovora za Legiju stranaca, iz Osijeka su tri puta dolazili po njega, no umjesto sportske, odabrao je vojnu karijeru. Mnogo teže od savladavanja fizičkih prepreka, Ivan Roso nosio se s usvajanjem francuskog jezika: „Bilo nas je u klasi 12 iz Jugoslavije. Stalno smo se družili, a ne možeš naučiti s njima francuski ni da si Francuz. Kada smo nakon tri mjeseca obuke prvi put izišli u grad, odmah ih je 6 pobjeglo jer im je obuka bila preteška“. Također valja napomenuti da je Roso bio polaznik prve generacije koja je savladavala obuku u gradiću Castelnaudryu, gdje se od 1976. godine vrši kompletna obuka za novake u Legiji.

FOTO: Ivan Roso, iako veteran, branio je do mirovine za postrojbe Legije. Na slici u paradi brani na golu tijekom turnira legionara u Gvajani prigodom obilježavanja Dana Camerona 2007. godine

Na obuci je postizao zapažene rezultate, od 60-ak polaznika bio je drugi u klasi, u padobrancima, u 2 REP, najvjerojatnije stoga što je brat Ante u to vrijeme vršio dužnost dočasnika u padobranskoj pukovniji Legije. No zasigurno su i njegove fizičke predispozicije utjecale da ga nadređeni usmjere u alpinističku postrojbu 2. pukovnije (2e Régiment Étranger d’Infanterie, 2e REI). U to doba 2 REI bio je smješten na Korzici, u vojarnama u Cortama i Bonifaciu. Ubrzo mu je od koristi bila prednost što se bavio nogometom. Po samom dolasku, već prvog vikenda održavao se nogometni turnir u Ajacciou, trebali su golmana. Ivan se je javio te počeo stjecati prijatelje i izvan matične postrojbe. Bavljenje sportom nedvojbeno mu je pomoglo u karijeri, no u Legiji nema napredovanja ako legionar nije kvalitetan vojnik, a Ivan je to bio. Za manje od dvije godine položio je za čin vodnika i, koliko zna, bio je jedan od najmlađih vodnika u Legiji, jer za takvo što treba odslužiti barem tri godine. Problem s jezikom u tom razdoblju posebno je došao do izražaja, jer više nije trebao znati samo osnove i razumijevati zapovijedi. „Nije bilo lako, prijatelji iz Jugoslavije otišli su u različite postrojbe, a ja nisam imao izbora. Mislio sam čak i da nešto znam dok nisam počeo izlaziti u grad, među Korzikance. Za početak, iako to smiješno zvuči, uzeo sam stripove i počeo na toj razini savladavati jezik. Priznajem, do Korzike sam se švercao s učenjem jezika. Došao bih u grad i da se ne osramotim u nepoznavanju roda umjesto jedne, naručio bih dva piva. Ipak, sve je sjelo na svoje i ubrzo sam usvojio jedan vrlo kompliciran jezik“. U konačnici je Roso itekako bio zadovoljan što su ga izabrali u alpinističku postrojbu jer bio je sportaš, volio je izazove, a došao je iz ravne Slavonije.

FOTO: Fotografija iz ranih dana tijekom služenja 2 REI, Corte Korzika, 1978. godine. Počasna smjena zapovjednika postrojbe, Ivan Roso stupa u sredini, noseći legionarsku “k`epi blanc”

Završio je čitav niz alpinističkih tečajeva. Nakon početaka, vojne obuke o snalaženju u brdima i planinama, slijedile su specijalne obuke (ljetna i zimska) kod francuskih alpinista, što je bila prava kvalifikacija. „Obuku su vršili pripadnici francuske Gorske službe spašavanja. Tamo je stvarno bilo naporno do krajnjih granica jer to su vrhunski svjetski alpinisti. Kako bi oni mogli tolerirati da se na obuci provlači netko tko će danas-sutra po zadaći krenuti osvajati najzahtjevnije svjetske vrhove? Stvarno, nije bilo šale. Obuka je bila rigorozna, testovi zahtjevni do maksimuma. Primjerice, trebaš savladati planinu za tri sata. Zakasniš li minutu – dolaziš iduće godine. Teško, strašno je naporno prolaziti te kvalifikacijske tečajeve alpinista. Ali, kako ćeš ići u Alpe, ako nisi spreman? No išlo je to meni. I volio sam to kao sportaš i zato što je to bila posebna obuka unutar legije. I sami alpinisti jako su mi se svidjeli. Ti ljudi imaju poseban karakter. A da se jesam oznojio za to – jesam. Darove nikad nisam dobio. Jer te su obuke držali i pripadnici regularne francuske vojske. Normalno, kada mi legionari dođemo, jedva su dočekali da nas „srežu“, za dobrodošlicu, samo da vide koliko uopće vrijedimo. A tek onda moraš naporno raditi. Svuda smo se penjali, po Alpama, Pirinejima, gdje god je trebalo. Jedino nisam išao na Mont Blanc, to mi je jedino žao. Jer baš kada smo trebali ići gore, otišli smo za Beirut. A nakon 4 mjeseca Beiruta takvo što je bilo neizvedivo. Jer u Beirutu izgubiš kondiciju potrebnu za takav uspon“. Prije odlaska u Libanon, Roso je obilazio različite terene. Po zadaći je otišao i na višemjesečnu zadaću u Mayotte. Mayotte je francuski prekomorski departman u Indijskom oceanu, između sjevernog Madagaskara i sjevernog Mozambika, u Komorskom otočju. Od 1843. godine cjelokupno otočje, znano kao Komori, nalazilo se pod francuskom upravom. No, za razliku od susjednih otoka koji su izglasali nezavisnost, stanovništvo je odlučilo da Mayotte ostane pod upravom Francuza.

FOTO: Dva hrvatska legionara tijekom intervencije u Beirutu, 1983. godine. Ivan Roso, slijeva, kao zapovjednik straže u glavnom stožeru 2 REI. u Zapadnom Beirutu, nedaleko od Libanonske televizije. Desno, Bruno Zorica – Zulu koji se pripremao za povratak u Francusku.

Za Ivana Rosu, Mayotte je važno odredište jer je tamo našao životnu suputnicu, Aniku. „Tko bi rekao da ću naći suprugu 12.000 kilometara preko oceana, a da nije domorotkinja. Njezin otac bio je iskusan časnik. Prošao je terene Indokine, Alžira, Maroka, ali kao pripadnik francuske vojske, ne kao legionar. Po dužnosti je pred kraj karijere trebao odraditi dvije godine kao nadređeni časnik Legije. Naravno, došao je s familijom. Nije da mu je naša ljubav na početku baš sjela, ipak sam bio legionar, k tome iz Jugoslavije, a bio sam ja malo i mangup, nisam baš bio „vojničina“. No raspitao se pa su mu moji nadređeni rekli da sam kvalitetna osoba i više nije bilo problema. Otada, osim na intervencije, Anika je išla kuda sam i ja išao. Navikla je kao dijete vojnika. Inače, sumnjam da bi netko drugi mogao izdržati više od 30 godina stalnih prekomandi u najzabačenije kutke svijeta“. Ubrzo nakon vjenčanja, Roso je otišao na intervenciju u Libanon. Na niz obračuna, koji su kulminirali građanskim ratom brojnih nacionalno-vjerskih frakcija, međunarodna zajednica reagirala je slanjem mirovnih snaga; američkih, francuskih i talijanskih postrojbi. Obračuni, posebno u Beirutu, nisu prestajali sve do 1990. godine. Grad je bio podijeljen na čitav niz skupina, a uskoro su mete postale i međunarodne snage. Zapravo je to bilo doba začetaka suvremenog terorizma, a svjetsku javnost zaprepastio je teroristički akt koji je rezultirao pogibijom gotovo 300 pripadnika prije svega američkih, ali i francuskih elitnih postrojbi. U zrak su ih tijekom „krvave nedjelje“ 23. listopada 1983. raznijela dva kamiona dupkom natovarena eksplozivom. Neposredno prije Roso je napustio Beirut, no prisjeća se kako je postalo opasno: „U početku je to bio godišnji odmor. Baš se sve malo smirilo kada smo došli. Vršili smo uobičajene patrole, jedno mjesec dana. Štoviše, s Libanoncima i Amerikancima kao instruktor sam provodio alpinističke obuke. Ali onda je počelo gruvati na sve strane. Ne znaš tko je tko, svaka ulica ima neku svoju postrojbu ili bandu. U jednoj ulici su za Arafata, u drugoj Hezbollah, u trećoj su Đumblatovi, pa Druzi, Falange, PLO, Amali, Maroniti...ludnica! A mi smo se baš našli na nezgodnoj lokaciji jer čuvali smo školu od Palestinaca.

FOTO: Prva službena fotografija Ivana Rose pri potpisu ugovora od pet godina, 1977. godine. Običaj u Legiji bio je da pri promjeni identiteta inicijali legionaru ostaju isti (IR), ali se katkada nadređeni časnik, poznavatelj prilika u Jugoslaviji, na zanimljiv način poigrao s identitetima novih legionara. U slučaju Rose, on je sljedećih pet godina bio zaveden kao Igor Raković iz Beograda

Une première sculpture belge à Woluwe-Saint-Lambert pour honorer le régiment para-commando

Publié le Jeudi 4 Septembre 2014

Belga

A l’initiative du conseiller communal de Woluwe-Saint-Lambert Jean-Jacques Vandevelde (LB), une première sculpture belge représentant le régiment para-commando créé en Angleterre en 1942 sera inaugurée, vendredi à 10h00, sur la place de l’église Notre-Dame de l’Assomption, située avenue Emile Vandervelde. L’œuvre du sculpteur flamand Thierry Lauwers est intitulée «Me and my pal».

Le sculpteur flamand Thierry Lauwers est un ancien sous-officier du régiment para-commando, ancien légionnaire du 2e régiment étranger de parachutistes et membre de l’Amicale Nationale Para-Commando Vriendenkring (ANPCV).

La commune de Woluwe-Saint-Lambert a invité plus de 300 anciens militaires et civils. Une parade composée d’un détachement armé de la Brigade Légère descendant du régiment Para Commando, du Corps musical de la police bruxelloise et d’une délégation de militaires écossais jouant de la cornemuse partira de l’église à 11h45 pour rejoindre le Wolubilis, où une réception sera donnée.

L’œuvre en acier inoxydable représente un para-commando secourant sur son dos un de ses frères de combat. Thierry Lauwers a choisi de privilégier l’expression de la solidarité à celle de la violence des conflits. «J’ai évoqué un sauvetage sous les lignes ennemies d’un copain blessé. Il s’agit du test le plus difficile pour obtenir son béret».

Pour rappel, à la suite de la capitulation de la Belgique en mai 1940, quelque 300 volontaires belges ont choisi de continuer à lutter aux côtés des Anglais. Ils entreront alors dans l’Escadron parachutiste SAS et la 4e troupe du 10e commando interallié.

Le Musée Saharien

Depuis son ouverture la notoriété du Musée Saharien ne cesse de s’étendre !

Ouvert à tous, adhérents de La Rahla ou non, c’est un évènement que tous les sahariens attendaient depuis bien longtemps.

Ce musée privé intégralement réalisé par le président de notre comité Languedoc-Roussillon Bernard Adell, abrite ses collections personnelles, une part importante des collections appartenant à La Rahla, le contenu d’une vitrine entièrement dédiée à Théodore Monod présentant divers objets confiés par sa famille à notre association, ainsi que de nombreux objets provenant de collections privées.

Cet ensemble constitue, à notre connaissance, le seul Musée au monde entièrement dévolu à l’histoire et aux populations de Sahara. On y évoque les plus grands noms de l’exploration saharienne, les personnages illustres tels Laperrine, le père de Foucauld, Théodore Monod, la préhistoire (armes, bijoux…), l’épopée saharienne de la France (uniformes, fanions, documents, armes…), l’habitat nomade et l’artisanat véritables expositions ethnologiques. La splendeur des paysages y est aussi représentée dans une collection de photos signées des plus grands noms : Jean-Marc Durou, Alain Sèbe, Raymond Depardon.

Voir galerie photos ci-dessous (clichés Alain Guérin).

Le Musée Saharien est situé dans la proche banlieue de Montpellier
1 avenue de Castelnau, 34920 Le Crès.
Téléphone : 06 67 29 94 42
Gare SNCF-TGV de Montpellier : le musée est à 700 mètres de la station Aube Rouge,
Tramway ligne 2, direction Jacou

Musée saharien
Musée saharien
Musée saharien
Musée saharien

Legio – Patria nostra : les Tchèques dans la Légion étrangère

03-11-2008 16:20 | Anna Kubišta

Legio – Patria nostra. Tel est le titre du documentaire réalisé pour la première chaîne de la télévision publique par la documentariste Lucie Králová, qui est allée à la rencontre de Tchèques qui se sont engagés dans la Légion étrangère.

Il n’existe pas de chiffre officiel, mais il y aurait, d’après Lucie Králová, quelque 800 Tchèques engagés dans cette structure militaire d’élite, vestige de l’histoire coloniale de la France. La Légion étrangère est entourée d’une auréole de mythes et de mystère, en raison du recrutement de ces soldats, mais aussi de la forte dimension identitaire, voire familiale de ce corps militaire qui n’a pas d’équivalent. Une discipline de fer qui « casse » les plus durs, des règles internes qui peuvent paraître absurdes comme lorsque l’on voit ces soldats repasser leurs lacets de chaussures... Pour le commun des mortels, l’idée de s’engager ainsi corps et âme dans une structure qui a la réputation d’envoyer ses hommes en première ligne, est incompréhensible, ce sont donc les motivations profondes de ces hommes que Lucie Králová a cherché à percer :

 

Legio - Patria Nostra

Legio - Patria Nostra

« Ce qui m’intéressait, c’était de savoir ce qui pouvait motiver des hommes à suivre des règles et un régime spécial. La plupart des réponses étaient : je veux de l’aventure, j’aime le monde militaire ou la pensée militaire. Il y avait aussi le fait de pouvoir manipuler des armes. Ils ont un véritable besoin d’héroïsme. »

Ce sont souvent les événements historiques importants qui influencent les effectifs de la Légion. D’ailleurs, de nombreux anciens SS y ont trouvé une couverture efficace après la Deuxième guerre mondiale, dont témoignent encore certains chants aujourd’hui encore entonnés en version française. La chute du rideau de fer, mais aussi les récents conflits dans les Balkans ont fait grimper les statistiques de nationalités issues des anciens pays du bloc de l’Est. D’autant que fidèle à sa tradition, la Légion, en effaçant l’identité de ses engagés, leur permet de commencer une nouvelle vie. Un des Tchèques interviewés par Lucie Králová explique que la Légion lui a permis d’échapper à certains problèmes qu’il ne détaillera pas face à la caméra.

 

Legio - Patria Nostra

Legio - Patria Nostra

Les légionnaires interrogés par Lucie Králová ont tous des états de service de longévité différente, certains ont pris la nationalité française, d’autres pas, mais pour tous se pose le problème de l’après-Légion :

« Un de ces légionnaires, un vrai phénomène, Stanislav Gazdík qui est resté dans la Légion pendant 15 ans, a écrit un livre sur son expérience. Très officiellement, aujourd’hui, il entraîne des unités d’élite de l’armée tchèque... Sinon, je sais de façon non-officielle, que beaucoup d’anciens légionnaires font aujourd’hui partie de l’armée tchèque. Ils voulaient continuer cette vie militaire parce que c’est dur : dans la vie normale, il y a beaucoup d’incertitudes, alors que là tout est tracé. » D’autres se reconvertissent en « contracteurs privés », un euphémisme pour désigner en fait des mercenaires.

 

Legio - Patria Nostra

Legio - Patria Nostra

Dotée d’une identité très forte, la Légion étrangère peut apparaître aujourd’hui comme une structure archaïque. Alors, quel est le sens d’un tel corps militaire dans le monde d’aujourd’hui ? Pour Lucie Králová, la réponse est claire :

« C’est tout simplement un moyen pour la France de défendre ses intérêts dans ses anciennes colonies. D’après moi, ce n’est rien d’autre. Même si aujourd’hui la Légion joue un autre rôle : celui d’éviter des conflits. J’ai demandé aux anciens légionnaires ce qu’étaient pour eux la Légion. Ils m’ont dit qu’au début, ils pensaient qu’ils allaient pouvoir aider les gens, mais certains ont été très déçus. Ils se sont rendus compte de la prépondérance des intérêts économiques et du fait que la guerre était un business. »

Le documentaire Legie - Patria Nostra a été présenté au dernier festival du documentaire de Jihlava.

Aux origines de l’infanterie portée et de la cavalerie blindée : les compagnies montées et la cavalerie de la légion étrangère en Afrique du nord (1881-1939)

Le haut commandement a longtemps considéré la Légion étrangère comme une troupe encombrante, notamment pendant la conquête de l’Algérie, tout en lui confiant des missions délicates. Victime de sa mauvaise réputation, en grande partie due aux généraux de l’armée d’Afrique, le nouveau corps militaire doit gagner la confiance et l’estime du commandement. Il lui fallait donc faire ses preuves, payer le prix fort au combat pour devenir une troupe française à part entière. Les théâtres d’opérations nord-africain et syrien vont offrir aux unités de Légion un champ d’expériences, inédites et innovantes, qui leur permettent de se distinguer parmi les autres troupes impliquées dans la conquête coloniale. C’est ainsi que ces soldats réputés lents à la manœuvre vont devenir tour à tour fantassins « portés » puis cavaliers et porter à leur crédit des succès tactiques entre la fin du XIXe siècle et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. En effet, quelques officiers de Légion, avisés et perspicaces, perçoivent le problème posé par l’emploi de l’infanterie sur le champ de bataille – dans les colonies en général, en Afrique du Nord en particulier – en raison du manque de mobilité et d’autonomie qui explique les difficultés pour exploiter l’avantage acquis par la cavalerie. Quel corps serait capable de suivre et de soutenir, le moment venu, les cavaliers ? En bref, comment associer la mobilité de la cavalerie à la solidité de l’infanterie, sinon en créant un corps d’infanterie montée ? Le théâtre nord-africain se prête à une expérience déjà tentée pendant la campagne d’Égypte en 1799 avec la mise sur pied d’un « régiment de dromadaires ». Après bien des hésitations et des tâtonnements, le commandement se résout à créer des compagnies montées qui vont rapidement se distinguer entre 1881 et la fin de la « pacification » du Maroc, en 1934. Entre-temps, le Parlement adopte une proposition de loi autorisant la création d’un régiment étranger de cavalerie qui dote la Légion d’une unité, adaptée au théâtre d’opérations méditerranéen.

LES COMPAGNIES MONTÉES (1881-1939)

La première compagnie « montée » de Légion, composée exclusivement de fantassins, est créée pendant la campagne du Mexique en février 1866. Équipée de mulets, elle constitue, pendant les derniers mois du conflit, une unité de contre-guérilla avec pour mission de couvrir les opérations d’évacuation du corps expéditionnaire français, harcelé par les Mexicains. De retour en Algérie, cette « compagnie franche » est dissoute. Quinze années plus tard, le commandement, confronté à la révolte de Sidi Bou-Amama dans le Sud-Oranais et au revers subi par la colonne du colonel Innocenti le 19 mai 1881, se penche à nouveau sur le problème de l’emploi de l’infanterie dans le type de guerre imposé par un ennemi rusé et mobile.

Afin de contraindre les dissidents à accepter le combat, il faut disposer d’une troupe capable de parcourir de longues distances en territoire hostile. Le choix de l’animal capable de transporter les hommes et les équipements se porte sur le mulet, préféré au chameau – résistant, au pas lent mais excellent coursier dans la hamada et l’erg saharien –, en raison de sa cadence très régulière. En effet, il se déplace à une allure proche de celle du pas de l’homme, soit à une vitesse moyenne comprise entre 5 et 6 km/h. Le colonel de Négrier, commandant de la Légion étrangère depuis juillet 1881, chargé de la pacification de la région de Géryville, met en place un dispositif tactique adapté au « pays de la soif ». Le groupe léger ou échelon de manœuvre, composé d’un détachement de cavalerie, d’un goum et d’une section montée, est destiné à pallier l’infériorité de la cavalerie dans les colonnes. Au sein de ce groupe, l’infanterie montée, formée d’une section de légionnaires triés sur le volet, a pour mission d’accrocher les dissidents et de les forcer à combattre. Il convient de souligner que cette unité reste avant tout une troupe d’infanterie. Cette unité se distingue par sa puissance de « marche d’infanterie », associée à celle du mulet qui assure le contact avec la cavalerie pendant les longues recherches ou poursuites qui pouvaient durer plusieurs jours. Car, selon le colonel de Négrier, « le problème n’est pas d’aller vite, c’est d’aller longtemps et loin... Nous nous battons à coups de kilomètres. Il s’agit de marcher » . Un dispositif tactique calqué sur ce modèle est adopté pour la colonne d’Aïn-Séfra avec une compagnie de 100 hommes montés sur la base d’un mulet pour deux légionnaires. Le groupe léger doit pouvoir parcourir jusqu’à 150 km en quarante-huit heures.

Dès lors, Bou-Amama perd l’avantage de la mobilité qui lui permet de bénéficier de l’effet de surprise dans une zone de relief difficile d’accès. En effet, le nouveau dispositif tactique est testé avec succès dès le printemps, après le revers subi le 26 avril 1882 par la section montée de Légion au combat du Chott-Tigri. Les légionnaires affrontent un adversaire très supérieur en nombre. Ils se comportent en cavaliers, font le coup de feu sur leurs montures, rapidement surclassées par les chevaux arabes, et subissent de lourdes pertes. Désormais les « montés » mettront pied à terre pour combattre, après avoir rempli la première de leurs missions qui consiste à chercher le contact avec l’Arabe fuyant et le plus souvent insaisissable. En 1884, le commandement décide de conserver deux compagnies montées de Légion, celle d’Aïn-Séfra au 1er régiment étranger, celle de Géryville au 2e régiment étranger. Cependant la reconnaissance officielle de ces unités tarde à venir. Quelques années plus tard, à l’issue de la campagne du Soudan, la bonne tenue de la compagnie montée – réclamée dès 1892 par le colonel Archinard – convainc le haut commandement de l’utilité de cette infanterie atypique. Une instruction du ministère de la Guerre, en date du 12 juillet 1894, donne son statut aux compagnies montées du Sud-Oranais. Toutefois, leur emploi improvisé dans le corps expéditionnaire envoyé à Madagascar se révèle contre-productif. L’adoption du système d’un mulet pour trois hommes use la monture ainsi que le cavalier et réduit sensiblement le rayon d’action de l’unité et, dès lors, son efficacité en campagne.

DES CONFINS DU SUD ALGÉRIEN AU MAROC (1900-1939)

S’enfonçant dans le Sud, les compagnies montées continuent inlassablement de soutenir la cavalerie dans les confins algéro-marocains devenus leur terre d’élection. Alors que l’occupation du Sahara, longtemps différée, reprend en 1901 avec les troupes spéciales de méharistes qui vont faire merveille contre les Touaregs , les légionnaires chargés d’escorter les convois, traversant les régions insoumises, effectuent en outre des tournées de police destinées à prévenir les incursions des tribus venues du Maroc. En effet, l’agitation reprend dans le Maroc oriental où l’autorité du sultan est ébranlée à l’annonce des accords territoriaux conclus en 1902 entre la France et l’Empire chérifien qui établissent la délimitation des frontières dans les territoires du Sud. Les Beraber, les Doui-Menia se joignent aux Oulad-Djerid pour former une harka forte de 8 000 hommes en vue de repousser les Français. Au lendemain de la première alerte de Taghit en juillet 1903, où la garnison est dégagée contre un parti de 3 000 dissidents, les compagnies montées sont sur le pied de guerre.

Deux mois plus tard, le 2 septembre, la 22e compagnie montée du 2e régiment étranger s’illustre au combat d’El-Moungar. Les 111 légionnaires, chargés d’escorter les chameaux d’un convoi de 2 000 hommes, sont surpris en terrain découvert par un millier de guerriers. Acceptant le combat, ils vont résister et repousser pendant sept heures les assauts répétés des Marocains. La pénétration au Maroc oriental se poursuit jusqu’en 1911 à partir d’Aïn-Séfra où le colonel Lyautey est chargé de soumettre les tribus les plus belliqueuses. Le commandant du territoire (militaire) décide de s’appuyer sur les deux nouvelles compagnies montées, dont une rattachée au 1er régiment étranger, créées au printemps 1904 pour assurer la défense de la nouvelle frontière. Jusqu’en 1908, les Berbères des confins algéro-marocains ne se manifestent pas en dépit de l’avancée des Français après la crise de Tanger, l’occupation de Casablanca en août 1907 et l’offensive lancée par le général Lyautey au nord-est en direction d’Oujda. La guerre éclate dans l’Atlas impénétrable, lorsque les Beraber et autres redoutables Chleuh, farouchement indépendants, se soulèvent. Ils vont opposer aux troupes françaises une longue résistance jusqu’aux dernières opérations dans l’Atlas qui s’achèvent en 1934. Quant aux légionnaires des montées, ils vont rayonner dans toute la région à partir du ksar de Bou-Denib enlevé le 14 mai 1908 aux Berbères qui est aussitôt fortifié. Il faut se préparer à affronter Moulay-Lhassen qui vient de lancer l’appel à la guerre sainte dans le Tafilalet tout proche. De surcroît, les deux régiments étrangers doivent adapter leur organisation aux opérations de pacification exigeant à la fois une mobilité accrue et une dispersion dans des postes d’où les unités rayonnent au cours de tournées de police destinées à « montrer sa force pour en éviter l’emploi », selon la formule de Lyautey. Parmi les quatre compagnies montées, celle du capitaine Rollet – surnommé familièrement « Père espadrille » – est mise à contribution en mai 1911 dans la colonne du général Gouraud, chargée de dégager Fez assiégée par les tribus révoltées contre le sultan.

Pendant la Première Guerre qui survient alors que la pénétration est loin d’être achevée, Lyautey ne peut compter que sur de maigres effectifs pour tenir le Maroc, une vingtaine de bataillons, alors qu’il avait disposé de 70 000 hommes en 1913 . Les légionnaires vont devoir monter la garde aux nouvelles frontières de l’Empire dans des missions sans éclat. Insérées dans les trois groupes mobiles de Taza, de Fez et de Bou-Denib, les compagnies montées sont de toutes les grandes opérations. Dès 1915 et jusqu’à la fin de l’année 1916, il faut réduire le soulèvement des Branès, au sud de Taza, alors que pointe une nouvelle menace au sud sur l’oued Ziz où la 2e compagnie montée se bat à l’entrée du défilé de Foum-Zabel. Le Rif n’est pas en reste ; il s’agite à l’appel d’Abd el Malek, descendant d’Abdel-Kader. La fin du conflit en Europe ne signe pas autant la fin des épreuves pour ces unités chargées de porter tout le poids de la défense des positions chèrement gagnées. En 1919, les tournées de police des montées permettent de tenir la région de la haute Moulouya. Une nouvelle page de leur courte histoire s’ouvre en 1920 lorsqu’elles participent à l’encerclement et à la pacification de la montagne rebelle.

La réorganisation comme le renforcement de la Légion étrangère accroissent sensiblement les effectifs mis à la disposition du résident général du Maroc. La création de trois régiments, les 3e et 4e régiments étrangers d’infanterie ainsi que le 1er régiment étranger de cavalerie, dont le premier escadron est créé à Saïda en décembre 1920, facilite la création de nouvelles compagnies portées. Âge d’or de la vieille Légion, les années marocaines sont aussi, pour les montées, le temps de la pacification marquée par la reprise des combats contre des tribus insoumises qui vont permettre d’améliorer la tactique ébauchée au début du siècle. Entre juin 1923 et juillet 1926, la réduction de la tache de Taza d’abord, la guerre du Rif ensuite, occupent les unités montées des trois régiments. De plus, les Chleuh du Haut-Atlas qui n’ont pas désarmé se montrent menaçants et sont prêts à s’allier aux dissidents du Tafilalet. La guerre se prolonge jusqu’en 1933 alors que la motorisation décidée par le colonel Catroux signe déjà l’arrêt de mort des montées. Toutefois, la conquête du Tafilalet permet de surseoir à la dissolution des compagnies jugées encore efficaces en montagne et dans le Grand Sud.

Cinq ans après la fin de la guerre du Rif, le quart des territoires sous protectorat français depuis 1912 échappent encore à son autorité. Les tribus dissidentes tiennent en effet le cœur de l’Atlas, le Tafilalet, le massif imposant du Sahro et l’Anti-Atlas de même que les bordures sahariennes. Le contrôle par la troupe des accès de la montagne n’empêche pas les razzias au cours des incursions périodiques des bandes. L’encerclement du Grand Atlas est minutieusement préparé par une série d’opérations lancées entre juillet 1931 et janvier 1932 qui achèvent la réduction complète du Tafilalet. La compagnie du 3e Étranger du groupe des confins, aux ordres du général Giraud, se déploie à partir de Bou-Denib pour effectuer de longues reconnaissances sur la hammada du Guir, tandis que les autres fantassins de la Légion du groupe mobile de Marrakech, sous le commandement du général Catroux, se lancent à l’assaut du massif derrière les goumiers et les partisans afin d’économiser le sang des troupes régulières. Après le revers subi lors de l’assaut donné le 28 février 1933 au massif du Bou Gafer, les légionnaires de la 1re montée du 2e Étranger sont à nouveau en première ligne, le 9 août, au violent combat du djebel Kerdous qui clôt la campagne. La soumission de l’Anti-Atlas en 1934 et le rétablissement de la paix au Maroc marginalisent cette infanterie montée sur mulet alors même que la motorisation est en marche, assurant une plus grande mobilité et une autonomie dans la manœuvre. Leur histoire s’achève en 1950 avec la dissolution dans l’indifférence générale – si l’on fait exception des « anciens » – des deux dernières montées devenues mixtes pendant la Seconde Guerre mondiale. La motorisation des régiments d’infanterie de la Légion commencée en 1944 avec le programme de réarmement, décidé à la conférence de Casablanca le 24 janvier 1943, est désormais achevée.

LE 1ER RÉGIMENT ÉTRANGER DE CAVALERIE (1920-1939)

La conduite exemplaire des régiments étrangers dans la Grande Guerre, notamment le rôle modérateur du régiment de marche de Légion étrangère (RMLE), stationné à Mourmelon pendant les mutineries de mai et juin 1917, impressionne ses détracteurs de la veille. On doit au général Mordacq, alors chef de cabinet de Georges Clemenceau, la proposition de renforcement notable de la Légion. Le projet de loi, portant création d’armes spéciales dans les divisions de Légion étrangère envisagées comme « noyau de l’armée nouvelle », est appuyé par Lyautey, confronté au défi de la pacification dans un Maroc en ébullition. Le parlement amende le projet de loi ambitieux pour ne retenir que la création du seul 1er régiment étranger de cavalerie, écartant ainsi l’idée d’une division de Légion étrangère disposant des quatre armes, soit l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie et le génie. Le légionnaire, enfin signalé comme fantassin digne d’intérêt, doit le prouver, parmi les engagés volontaires qui se pressent dans les bureaux de recrutement depuis la fin du conflit mondial. L’armée Wrangel, repliée sur Constantinople, va fournir des contingents d’anciens combattants « blancs » sans emploi. Mais l’épisode de la révolte des trois brigades russes du camp de la Courtine, en septembre 1917, comme la conduite pour le moins douteuse des membres de la Légion des volontaires russes – peu motivés et surtout marqués par les actes d’indiscipline et les mutineries –, est encore dans toutes les mémoires. Aussi Paris hésite-t-il à accepter dans les rangs de la Légion des Russes, dont la loyauté ne serait pas assurée. Entre le 1er novembre 1920 et le 1er avril 1922, le renfort inattendu de 2 437 rescapés de l’armée Wrangel qui contractent un engagement rend possible la mise sur pied rapide à effectif complet du régiment de cavalerie à cheval prévu par l’état-major. Le général Niessel, commandant le 19e corps à Alger, va même jusqu’à évoquer la menace d’une recrudescence des désertions.

Les régiments étrangers d’infanterie fournissent les futurs cavaliers des quatre premiers escadrons qui prennent garnison à Sousse entre octobre 1920 et janvier 1923. La nouvelle unité de cavalerie légère et de reconnaissance en garnison à Sousse fait partie de la brigade de cavalerie de la division d’occupation de la Tunisie. Sa mission principale est identique à celle qui est dévolue aux compagnies montées du Maroc : assurer le maintien de l’ordre. Bien que le rôle de la cavalerie soit remis en question par l’état-major – alors même que de nombreux régiments sont transformés en unités-cadres sans emploi –, le maintien du 1er REC constitue une exception. S’il est vrai que cette arme de rupture et de poursuite, chargée d’éclairer, de reconnaître, de combattre et d’exploiter, a été marginalisée pendant et par la guerre de position entre septembre 1914 et la rupture de 1918, il n’en demeure pas moins qu’elle peut encore rendre des services sur les théâtres d’opérations extérieures. La cavalerie à cheval permet les reconnaissances profondes avant que l’utilisation de l’avion d’observation ne rende obsolète outre-mer son emploi comme arme stratégique. Cependant, malgré ses handicaps, l’arme s’intègre dans les groupes mobiles qui s’appuient sur le réseau de postes bien approvisionnés en fourrage, équipements et autres munitions.

LE TEMPS DES DERNIÈRES CHEVAUCHÉES

Le cheval, concurrencé par le chameau et le mulet, rend des services appréciables dans la dernière phase de la pacification de l’Afrique du Nord aux confins du désert et dans les massifs montagneux où sa mobilité lui permet de se déplacer sur tous terrains. Mais la liberté d’action du cavalier souffre des conditions de son rôle au sein des dispositifs car il lui est difficile d’opérer en troupe autonome. Les instructions tactiques prescrivent la liaison intime avec les autres armes afin de conclure par un combat « classique » d’infanterie, auquel le cavalier légionnaire participe en s’accrochant au terrain. Mais la cavalerie peut aussi enlever la décision au cours de charges brutales comme ce fut le cas à plusieurs reprises au Maroc et en Syrie. La rapidité d’action, permettant l’effet de surprise en montagne, explique le maintien d’escadrons à cheval dans l’entre-deux-guerres. Le 3e escadron reçoit le baptême du feu dans le Rif en juillet 1925, avant d’illustrer, le 30 septembre, à la prise d’une mechta située près d’Ain-Ouekara, la supériorité de la cavalerie en terrain découvert. Le peloton du lieutenant Solomirsky charge au grand galop, saute à terre avant que les Rifains prennent la fuite.

Au Levant, la révolte druze qui couve depuis la défaite en 1920 de l’émir Fayçal contraint le haut commandant à envoyer des renforts à Beyrouth. Les victoires d’Abd el Krim sur les Espagnols d’abord, sur Lyautey ensuite entre avril et juin 1925, sont autant d’encouragements pour les partisans d’un soulèvement nationaliste dans le monde arabe. Le 4e escadron est dépêché en Syrie après le massacre de la colonne Marchand, le 18 juillet 1925. Débarqués le 20 août, les 160 légionnaires sont aussitôt dirigés sur le djebel druze, avant de se joindre à la colonne du général Gamelin qui a décidé de fixer des unités dans le village de Messifré en vue de dégager la garnison assiégée de Soueïda. Le 17 septembre, l’escadron résiste aux assauts de milliers de cavaliers fanatiques, avant d’être secouru par des renforts venus de Chalalé. Deux mois plus tard, du 20 au 24 novembre, à Rachaya dans l’ancien château fort, construit par les croisés, aménagé en citadelle aux côtés du 1er escadron du 12e Spahis et d’une centaine de gendarmes libanais, les légionnaires réussissent à repousser avec succès les Druzes. Ces combats d’infanterie sont menés dans la grande tradition de la Légion mais ils ne peuvent entièrement satisfaire des cavaliers. Le Maroc leur offre bientôt l’occasion de se lancer dans les grandes chevauchées dont ils ont été privés.

Pendant la campagne du Maroc, la coopération et la liaison entre les unités à cheval et les éléments motorisés deviennent la règle. Les formations automobiles poussent en avant en terrain découvert, quand les cavaliers montés ouvrent le chemin en terrain couvert ou coupé. Compagnies montées de Légion et escadrons du REC participent parfois en liaison au sein des colonnes marocaines entre 1930 et 1934. Ainsi, dans le sous-groupement Suffren qui opère dans le Sud en janvier 1932, les 3e et 4e escadrons sont engagés au côté de deux compagnies montées. En février 1932, au cours d’un raid dans l’Anti-Atlas, la bonne articulation entre les 4e et 5e escadrons motorisés du 1er REC et les unités à cheval permet d’emporter les positions réputées inexpugnables d’Icht et d’Akka. Les cavaliers opèrent habituellement en flanc-garde en restant à bonne distance des citernes du REC : la combinaison des unités décuple les possibilités de manœuvre en augmentant le rayon d’action ainsi que la mobilité des colonnes enfoncées dans ces contrées désolées.

Mais le grand défi, dans les années 1930, porte sur le problème posé par la transformation des escadrons. En effet, le 1er REC joue un rôle précurseur dans la motorisation de la cavalerie de l’armée d’Afrique. L’expérience marocaine a convaincu le haut commandement de l’urgence et de l’utilité de disposer d’un matériel moderne pour agir en toutes circonstances. Les demi-mesures qui ont prévalu pendant la dernière phase de la pacification du Maroc ont démontré l’obsolescence de procédés tactiques hérités des guerres coloniales. Mais le Maroc a aussi servi de ban d’essai. Le 5e escadron, dès 1933, expérimente en opération des camions blindés tous terrains Panhard, pour la première fois dans l’armée française. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, le parc disparate des blindés comprend les automitrailleuses de découverte White-Laffly, ainsi dénommées parce montées sur deux types châssis américains construits sous licence par Renault, et des voitures blindées de prise de contact Berliet équipées de quatre roues motrices fort utiles dans le « bled ». Avec des moyens réduits le 1er REC se prépare, avec le 2e régiment étranger de cavalerie, à une longue et inattendue veillée d’armes, avant de participer en 1944 à la libération de la France.

CONCLUSION

La filiation entre les compagnies montées et les escadrons de cavalerie de la Légion traduit la capacité d’adaptation de ce corps, reconnu en tant que subdivision d’arme en 1928 dotée d’une inspection confiée au général Rollet. Si le mulet – le fameux et familier « brèle » du légionnaire – gagne ses lettres de noblesse, les montées peuvent s’enorgueillir d’avoir été le fer de lance de la pénétration française dans l’Atlas et les régions du Sud marocain. L’introduction du moteur entraîne leur transformation en compagnies montées motorisées avant de devenir les célèbres compagnies portées de l’après-Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, la cavalerie connaît la même évolution en devenant une arme blindée. Désormais la Légion étrangère, à défaut de se constituer en division ou grande unité, dispose d’une infanterie motorisée capable de soutenir les blindés. En 1939, alors que se dessine une organisation et une doctrine d’emploi de l’infanterie portée et de la cavalerie blindée, la modernisation de la vieille Légion est en marche.

Notes

[1]

André-Paul Comor, La tradition du recrutement étranger : un long débat entre pouvoir politique et haut commandement, Mélanges offerts à Jean-Claude Allain réunis par Jean-Marc Delaunay, à paraître.

[2]

Bureau d’information et historique de la Légion étrangère (BIHLE), Journaux de marche des régiments étrangers et des compagnies (1866-1950).

[3]

Texte adopté le 20 mai 1920 par les députés et le 30 juillet au Sénat. Cf. BO, no 210-1922 du 5 août 1920.

[4]

Jean-Charles Jauffret, Georges Gugliotta, Les compagnies montées de la Légion étrangère, mémoire de maîtrise sous la direction du Pr Pierre Guiral, Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence, 1972, p. 24-26. La seule étude complète sur le sujet.

[5]

Ibid., p. 29.

[6]

Pierre Denis, L’évolution des troupes sahariennes française, thèse, Rennes, 1969.

[7]

Les articles 4 à 7 du traité de Lalla Marnia du 18 mars 1845 concernent la question de la frontière du Sud. L’article 4 stipule que, « dans le Sahara (désert), il n’y a pas de limite territoriale à établir entre les deux pays, puisque la terre ne se laboure pas et qu’elle sert seulement de pacage aux Arabes des deux empires qui viennent y camper, pour y trouver les pâturages et les eaux qui leur sont nécessaires ».

[8]

Le deuxième combat d’El Moungar ou Camerone des sables conduit le commandement à renoncer à l’emploi de l’infanterie portée dans les escortes de convoi alors même que la pacification est loin d’être achevée.

[9]

Daniel Rivet, Lyautey et l’institution du protectorat français au Maroc (1912-1925), Paris, 1988 ; Robert Ageron, « La politique berbère du protectorat marocain de 1913 à 1934 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1971, p. 50-90.

[10]

Jean Ganiage, Histoire contemporaine du Maghreb de 1830 à 1962, Paris, 1994, p. 399.

[11]

De même, en Syrie les 4e et 5e bataillons du 4e Étranger arrivés en 1921 se dotent d’une compagnie montée installée à Deir-ez-Zor et chargée d’effectuer des tournées de police à la frontière entre la Syrie et l’Irak.

[12]

Le lieutenant Fernand Gambiez, de la 2e compagnie montée du 2e régiment étranger, est chargé de préparer la motorisation de l’unité au courant dans le mois de mars 1930.

[13]

Le même jour, le capitaine Bournazel, l’invulnérable homme rouge, est mortellement blessé au cours de l’attaque d’un piton du massif du Bou Gafer.

[14]

Jacques Vernet (chef de bataillon), Le réarmement et la réorganisation de l’armée de terre (1943-1946), Château de Vincennes, 1980, p. 20.

[15]

J.-H. Mordacq, Souvenirs d’un témoin : le ministère Clemenceau, t. 3, Paris, 1931, p. 239-330.

[16]

Jean-Charles Jauffret, L’idée d’une division de Légion étrangère et le premier régiment étranger de cavalerie, 1836-1940, thèse pour le doctorat de troisième cycle sous la direction du Pr André Martel, Université Paul-Valéry - Montpellier III, 1978, p. 69-78.

[17]

Michel Boyer, Les Russes au service de la France : 1914-1921. Des brigades russes au recrutement russe de la Légion étrangère, mémoire de DEA, Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, 1997, p. 83-123.

[18]

Douglas Porch, La Légion étrangère, 1831-1962, Paris, 1994, p. 457. Le colonel Rollet lui-même s’inquiète des conséquences de l’appel à des cadres d’autres armes sur la cohésion de la Légion.

[19]

Le général Mordacq réagit vivement à la campagne menée par des parlementaires en 1919 contre la cavalerie, en faisant valoir qu’elle peut encore remplir des missions de reconnaissance, poursuivre et effectuer des raids à l’intérieur des lignes ennemies. Ce combat d’arrière-garde n’empêche pas les dissolutions d’unités et l’adoption du nouveau règlement de 1921-1923.

[20]

BIHLE, ALE, Journal de marches et d’opérations des 5e et 6e escadrons.

[21]

BIHLE, ALE, Journal de marches et d’opérations du 5e escadron.

Résumé

Français

La Légion a réussi à relever les défis qui ont mis en péril son existence dès sa création. L’adaptation aux formes nouvelles de la guerre dans les différents théâtres d’opérations explique sa pérennité. Ainsi, en Afrique du Nord, sa terre d’élection, ses officiers, jouissant d’une liberté d’action que leurs camarades des troupes métropolitaines leur enviaient, innovent en expérimentation un dispositif tactique inédit. Les compagnies montées dotées de mulets vont dans les confins algéro-marocains et dans la pénétration au Maroc jouer le rôle de fer de lance des colonnes et des groupes mobiles. En reconnaissance des services rendus pendant la Grande Guerre, la Légion est dotée d’un régiment de cavalerie à cheval rapidement motorisé puis blindé. Complémentaires, l’organisation et la doctrine d’emploi des compagnies montées et du 1er REC préfigurent celles de l’armée française après 1942.

Plan de l'article

  1. LES COMPAGNIES MONTÉES (1881-1939)
  2. DES CONFINS DU SUD ALGÉRIEN AU MAROC (1900-1939)
  3. LE 1ER RÉGIMENT ÉTRANGER DE CAVALERIE (1920-1939)
  4. LE TEMPS DES DERNIÈRES CHEVAUCHÉES
  5. CONCLUSION

Pour citer cet article

Comor André-Paul, « Aux origines de l'infanterie portée et de la cavalerie blindée : les compagnies montées et la cavalerie de la légion étrangère en Afrique du nord (1881-1939) », Guerres mondiales et conflits contemporains 1/ 2007 (n° 225), p. 37-45
URL : www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2007-1-page-37.htm.
DOI : 10.3917/gmcc.225.0037

La légion tchèque de Bayonne

La guerre de Madagascar - 1897


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