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2015




BD: Une leçon d'histoire !

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La Plume et le Képi

Publié le 26 juillet 2015 par légionnaires-officiers

bande dessinée

bande dessinée "Léon et les Amazones" édition épuisée.

Bandes Dessinées, le sens de la vie…

"Léon et les Amazones", cette BD est avant tout un acte d'amitié entre deux anciens légionnaires devenus officiers.

Trente sept ans après avoir travaillé ensemble au magazine "Képi Blanc", ils se retrouvent à réaliser un rêve, faire une BD.

Cet ouvrage distrayant, agrémenté de données brassées, mélangées et modernistes, se rehausse d'une interprétation historique rigoureuse bien que romancée de l'épopée de la Légion étrangère au Dahomey.

 

Depuis mon enfance, je reste un inconditionnel de la “Bande Dessinée”.

La BD est capable, en trois mots et deux coups de crayon, d’exprimer pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien, s’il faut mourir ou vivre et si vraiment la vie à un sens. Un bon album inspiré permet de contracter et de dilater la vie de son héros à l’image d’un accordéon, il trouve ses propres chemins vers des questions que l’on pourrait croire réservés à la philosophie. Monde de rêves et de fantasmes, d’absurde et de non-sens, c’est autant d’images qui permettent au dessin d’offrir de vraies angoisses existentielles.

Charles Schulz déclarait son amour pour les “Peanuts” et sa reconnaissance envers ces “poètes de l’enfance, ces enfants tel “Charlie Brown” qui nous touchent de près parce qu’ils sont, en un certain sens: des monstres. Le mot est lâché, nous sommes en présence d’une monstrueuse présentation enfantine de toutes les névroses d’un citoyen moderne de notre civilisation. Tout y est, la lutte frustrée pour le succès, la quête de sympathie, la solitude, l’arrogance, le consentement passif et la protestation névrotique. Tous ces éléments ne sortent pas de la bouche d’innocents mais sont bien des pensées restituées après avoir traversé le filtre, précisément, de l’innocence.

Le monde des “Peanuts” est un microcosme, une comédie humaine, en deux coups de crayon, la version de la condition humaine est étalée sans concession, dans sa pure réalité. Julien Baggini, philosophe, résume ce genre de “BD”: “La réalité de Charlie est celle d’une abstraction qui aurait capturé l’essence de la vie réelle, non pas celle d’un homme particulier et réel dans lequel nous voyons notre propre reflet”.

J’aime beaucoup aussi le savant “Cosinus” de Christophe, ah! Ce sacré Cosinus, résolu à parcourir le monde pour y apporter la civilisation et qui se révèle incapable de quitter Paris. Cet ancêtre du professeur Tournesol instille malicieusement le chaos dans la marche triomphale du déterminisme scientifique. Cosinus installe la figure d’un savant distrait, un peu fou. Une série d’expérimentations ratées, propre à rassurer le commun des mortels.

Le monde de la BD, à mon avis est essentiellement philosophique puisqu’il doit réfléchir et présenter la réalité mieux que les fictions réalistes. Ce n’est pas une coïncidence si la plupart des productions culturelles, les plus perspicaces sont des dessins comiques.

Pour attirer votre attention et peut-être votre intérêt, je souhaite parler du célèbre chien de Lucky Luke. Boris Cyrulnik qui a développé le concept de la “résilience” fait l’éloge de Rantanplan: “Pauvre Rantanplan! Tout le monde le prend pour une demi-truffe. Tout le monde sauf Cyrulnik qui, au nom d’une vérité que notre culture dont on a fétichisé la parole, tend à perdre de vue que les mots ne doivent pas être dissociés de la perception, ni coupés de la réalité sensible.

Ainsi Cyrulnik précise qu’avec sa manière de penser, notre chien célèbre présente: “l’humour surgit du contre-sens entre les valeurs canines et les valeurs humaines. Rantanplan a-t-il raison de raisonner, de réfléchir en termes d’images plutôt qu’en mots ? A la vérité, je pense que notre culture a surcôté la parole au point même de l’utopiser”… et de préciser: “lorsque le bébé pointe du doigt un biberon, il sait qu’il va manipuler le monde mental de sa mère pour l’obtenir”.

Il confirme: “J’ai eu l’occasion de discuter avec des racistes qui rentraient d’une ratonnade. Heu-reux. Ils avaient fait la fête, ils avaient cassé la gueule à un “bougnoule”, c’était une bonne journée. Ils répondaient à une représentation coupée du réel sensible. C’est à dire que ce “bougnoule”, s’ils avaient travaillé avec lui, ils auraient pu être copains. Ils ne répondaient pas à la perception de “bougnoule”, ils répondaient à la représentation du “bougnoule”, qui vient prendre notre travail, violer nos femmes, être délinquant, etc…” Ils étaient dans un monde totalement logique, créé par la parole. Quelle que soit la cible, les noirs dans les récits du Ku Klux Klan, par exemple sont toujours présentés dans les mêmes récits, dissociés et coupés de la perception.

Voilà ce sur quoi nous alerte Rantanplan. Pas mal non ?

La BD, le meilleur moyen de faire de la philosophie, non-sens de la vie à l’anglaise, c’est à dire d’une forme d’humour qui échappe à la définition, emprunte à l’absurde sans s’y laisser emprisonner et qui, dans tous les cas nous invite à sourire. De quoi donner un sens à la vie.

Notre "Léon et les Amazones", c'est Pierre Messmer qui définissait le mieux  quand il découvrit cette BD, au congrès de la Fédération des Sociétés de la Légion étrangère à Cherbourg, s'installa dans un fauteuil et commença à lire, contre-temps au programme d'une visite minutée, interrompant sa lecture il conclut: "voilà une manière remarquable d'apprendre l'histoire aux jeunes et moins jeunes" tout était dit !

BD: Une leçon d'histoire !

 

 
 

Les artistes tchèques légionnaires dans la Grande Guerre : sujet d’échanges pour lycéens français et tchèques

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22-07-2015 | Guillaume Narguet

Comment intéresser des étudiants français à certains chapitres de l’histoire tchèque qui appartiennent aussi à l’histoire européenne ? C’est la question à laquelle s’efforce de répondre Zuzana Loubet del Bayle. Professeur d’histoire-géographie jusqu’à la fin de l’année scolaire écoulée au lycée Paul Langevin à Suresnes, dans la région parisienne, Zuzana Loubet del Bayle a travaillé avec ses élèves sur un projet dit eTwinning consacré à l’engagement des artistes tchécoslovaques dans la Légion étrangère durant la Première Guerre mondiale. Ce projet, marqué également par des voyages d’échange, a été mené à bien en coopération avec le gymnázium Matyáš Lerch à Brno, comme l’a expliqué à Radio Prague Zuzana Loubet del Bayle :

« Nous cherchions tout d’abord un sujet qui puisse concerner les deux pays, la France et la République tchèque, et un sujet historique, car je suis professeure d’histoire-géographie. Nous nous sommes donc dit que monter un sujet sur les légionnaires tchèques serait une bonne idée. Nous nous sommes intéressés surtout aux artistes, à des peintres et sculpteurs comme Otto Gutfreund, František Kupka ou Emil Filla, autant d’artistes tchèques qui ont passé une partie de leur vie à Paris et ont décidé, pendant la Première Guerre mondiale, de se battre aux côtés de la France. »

 « Dans le cadre de notre projet, nous étudions donc l’œuvre de ces artistes, leur manière de représenter et de vivre la guerre, ce qui fait que notre projet s’intéresse à la fois à l’histoire en tant que telle et à l’histoire de l’art. »


-Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce qu’est un projet eTwinning ?

 « D’abord, eTwinning est une plateforme européenne, ce qui veut dire qu’elle est financée par l’Union européenne. Cette année, en 2015, eTwinning fête son dixième anniversaire. Il est donc normal que tout le monde ne connaisse pas encore. C’est une plateforme qui permet aux différents pays européens de coopérer et de monter différents projets ensemble. Par exemple, pour vous donner un exemple concret, à l’issue de l’échange que les élèves ont vécu l’année écoulée entre notre lycée Paul Langevin à Suresnes et le gymnázium Matyáš Lerch à Brno, nous avons créé un forum de discussion auquel ont pu participer les étudiants tchèques comme français pour donner leurs impressions sur cet échange. Ou alors, autre exemple, nous pouvons produire ensemble un commentaire de document en histoire et le résultat de ce travail en commun peut être affiché sur la plateforme eTwinning pour le rendre accessible à tous ceux que ce type de projet est susceptible d’intéresser. »


-Vous êtes tchèque et enseignez en France. Est-il difficile d’intéresser vos élèves français à un sujet tchèque qui peut leur sembler très éloigné ?

 « C’est difficile au départ, car la plupart d’entre eux ne connaissent pas, ou très peu, l’histoire tchèque. J’ai une classe française et un programme français dans lequel je peux, ici ou là, inclure ou mentionner quelques événements de l’histoire tchèque, mais cela ne se produit pas souvent car, généralement, les programmes ne s’y prêtent pas bien. C’est pourquoi ce n’est pas toujours évident de les intéresser. Comme ils n’ont pratiquement pas de connaissances, il faut partir de zéro, tout leur expliquer et essayer de leur montrer que cela peut être intéressant. »

« Comme la République tchèque est un pays qui est loin pour eux, ils ne se sentent pas vraiment concernés par ce que nous pouvons leur raconter. C’est pourquoi il faut leur expliquer que ce sont des événements importants pour l’histoire européenne, y compris française donc aussi, et essayer de trouver une passerelle pour leur montrer l’intérêt de ce que nous leur proposons d’étudier. »

Pour plus de renseignements sur le sujet, cf. : http://www.etwinning.net/en/pub/profile.cfm?f=2&l=en&n=105176


Journal de route du Bas-Manambovo à Tuléar

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Ces Romands qui ont combattu pour la France

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— 27.07.2014

 

Parmi les milliers de Suisses qui ont combattu pour la France, gros plan sur les officiers romands Edouard Junod, genevois, et Pierre-Félix Glasson, fribourgeois (portrait). Premier volet de notre enquête.

 

Tandis que la guerre ravage l’Europe, le fossé se creuse entre la Suisse romande et la Suisse alémanique. Faisant abstraction de la neutralité affichée par la Confédération, laquelle s’apparente bien plus à un état de non-belligérance favorable aux grands Empires centraux, des Romands ne peuvent s’empêcher de rejoindre les rangs français. Nombre d’entre eux rallongeront l’interminable liste des soldats emportés par l’affreuse tourmente.

Bien que la Suisse n’ait pas été impliquée militairement dans le premier conflit mondial, elle a été touchée économiquement et moralement, démontre Alexandre Elsig avec la publication sur le site internet «14-18.ch» de cartes postales éditées à cette époque, lesquelles témoignent d’un climat tendu au sein de la Confédération. «C’est à ce moment-là qu’apparaît le terme ‘Graben’ pour signifier le fossé qui sépare la Suisse romande de la Suisse allemande», indique l’assistant diplômé de l’Université de Fribourg.

L’audacieux genevois Junod commande une compagnie française.

Parmi les Romands héros de la Grande Guerre, une mention toute particulière pour le capitaine genevois Edouard Junod (1875-1915), du 2e régiment de marche du 1er étranger qui servait depuis dix-sept ans à la Légion -au Maroc, au Tonkin et à Madagascar- quand débuta la Grande Guerre. Cet ancien officier dans l’armée de milice «est un mercenaire, dans la vieille tradition militaire suisse».

Il exerçait sur ses hommes une véritable fascination. Son contemporain Albert Erlande décrit le phénomène en mai 1915, lors de la meurtrière bataille de l’Artois: «Le capitaine Junod, un pied sur la marche d’un escalier creusé à la pelle-pioche, sa cigarette russe à la bouche, cravache en main, son regard froid électrisant sa compagnie, commande d’une voix douce: ‘En avant, mes enfants! Courage!’».

En 1914, le capitaine Junod prend en France le commandement d’une compagnie du 2e régiment de marche du 1er étranger. Connu pour son audace et son humanité, le capitaine qui se voulait «officier suisse au service de la France» aimait passionnément son pays. Il tenta de réintégrer l’armée suisse, en vain, ce qui fut un crève-cœur pour lui qui avait écrit dans son testament: «Quoique sous un drapeau étranger, je ne cesserai jamais de servir la Suisse dans ma pensée». Le 9 mai 1915, il est blessé en entraînant sa compagnie à l’assaut des «Ouvrages blancs» en Artois. Mais il s’empresse de retourner sur le front sans achever sa convalescence.

C’est à la butte de Souain en Champagne, dans l’après-midi du 28 septembre 1915, le jour même où Blaise Cendrars perd son bras sur un autre point du front, que le capitaine Junod  laissa la vie, sous les balles de mitrailleuses allemandes, après 20 campagnes qui lui avaient valu la Légion d’honneur, lors d’une offensive ordonnée par Joffre aussi meurtrière qu’inutile. «Junod meurt pour rien, ou presque. L’offensive de Champagne lancée par le général Joffre, commandant en chef des armées françaises, se solde par une avancée de… quatre kilomètres. Le bilan humain est terrifiant. L’armée française déplore 28’888 morts, 98’000 blessés, 53’000 prisonniers et disparus».

Junod venait d’envoyer ce mot à sa sœur: «J’écris dans l’obscurité. La journée a été terrible. On avance lentement. L’adversaire est dur, son artillerie admirablement servie nous abrutit sans interruption avec du 140 asphyxiant. Trêve ni jour ni nuit. Il pleut. Quelques éclaircies. Soleil pâle; on grelotte. Moral excellent. Je ne comprends pas comment je suis encore debout.»

Avant l’attaque, il avait dit à ses hommes: «Je compte que vous ferez honneur au pays, au nom de Suisses, que vous montrerez comment les Suisses savent se battre, avec le même courage que les anciens». Et Paul de Vallière (1877-1959), qui cite la phrase, d’ajouter: «Il faudrait raconter la bataille d’Arras, Verdun, la prise de Cumières, celle de Villers-Bretonneux où les Suisses repoussèrent cinq contre-attaques et perdirent 800 morts et 1’500 blessés. A l’attaque du bois de Hangard [-en-Santerre], sous un tas de cadavres, on trouva sur le corps du soldat Buvelot, de Nyon, un fanion rouge à croix blanche qu’une jeune Vaudoise lui avait brodé, avec l’inscription: ‘Vive la Suisse! Honneur à la Légion!’ (…) Le soldat Perottet, de Colombier, resté seul à sa mitrailleuse, Bolliger, Blaser, Mauser, Schaller, Berthoud, Jaccard, Bonnet tous décorés de la Croix de guerre, Cramer tué comme agent de liaison, le caporal Bourquin, cent autres qu’il faudrait nommer, se cramponnèrent au terrain conquis. Barbey, grièvement blessé, eut encore la force de transmettre un ordre avant de mourir. Près de Soissons, le caporal mitrailleur Fracheboud, de Gruyères, refusa de se rendre, dernier survivant de sa section. On le retrouva au milieu des cadavres ennemis, couché sur sa pièce qu’il avait entourée de ses bras en mourant. Le mitrailleur Vaucher, de Neuchâtel, engagé à 16 ans, Croix de guerre et Médaille militaire, a continué à servir sa mitrailleuse, l’œil arraché par une balle; cité à l’ordre de la division. Le clairon Renard de Lausanne, blessé mortellement, sonna la charge jusqu’à son dernier souffle». Le soldat Louis-Ernest Augustin, de Lausanne, engagé en 1917, à dix-huit ans, cité à l’ordre du régiment, le 8 janvier 1918, se retrouva, en 1940, sergent-major dans l’armée de milice suisse mobilisée. Si l’on s’en réfère à Vallière, en 1918, «le 18 juillet, les Suisses bousculèrent l’ennemi sur une profondeur de 11 kilomètres, à l’est de Villers-Cotteret. Le lieutenant Rebut, de Genève, neuf citations, Légion d’honneur, y fut tué».

 Pierre-Félix Glasson: un Gruérien combattant dans le nord de la France.

Ce même 18 juillet 1918,  le capitaine Pierre-Félix Glasson (1886-1929), de Bulle en Gruyère, ex-capitaine au 1er régiment des grenadiers de la Garde royale belge, devenu capitaine de la 6e compagnie du régiment de marche de la Légion étrangère de 1916 à 1918, est blessé d’un éclat d’obus devant sa compagnie. Fortement intoxiqué par les gaz de combat, le Bullois ne quitta son poste qu’à l’arrivée de son remplaçant. Figure marquante du service militaire étranger au XXe siècle, il était né à Fribourg le 7 octobre 1886. Il descendait d’une famille gruérienne bien connue à Bulle, dont la souche remonte au XIIIe siècle.

Quoique féru d’histoire de l’art, il avait commencé par faire des études de droit à Fribourg, puis à Munich. Lieutenant d’infanterie en 1909, il devient capitaine des gardes suisses du pape de 1911. En 1914, il rentre en Suisse puis s’engage dans l’armée belge le 21 février 1915.  Il devient successivement lieutenant puis capitaine dans le régiment des grenadiers de la Garde royale en 1915. Le 19 juillet 1915, Glasson se voit décerner la croix de chevalier de l’Ordre de Léopold. En mai 1917, il quitte l’armée belge pour passer au service de France. Glasson reçoit le 14 septembre 1917 le commandement de la 6e compagnie du régiment de marche de la Légion.

Son régiment va tenir pendant trois semaines la région de Cottenchy-bois du Paraclet, avant de passer à l’offensive le 26 avril 1918 au bois de Hangard sur le plateau de Gentelles au sud-est d’Amiens. Le 21 mai, le capitaine Glasson est cité à l’ordre du corps d’armée: «Le 26 avril 1918, a magnifiquement entraîné sa compagnie sur un terrain violemment battu par l’artillerie et les mitrailleuses. Par l’habileté et la décision de sa manœuvre, a forcé le repli de l’ennemi et atteint son objectif avec un minimum de pertes». Il est encore à Ambleny, dans l’Aisne, à l’ouest de Soissons, le 9 juin. La compagnie Glasson atteint le 19 juillet à 9 heures la route Château-Thierry-Soissons, mais le 20, le capitaine Glasson est blessé d’un éclat d’obus au bras droit et fortement intoxiqué par les gaz. Il n’abandonnera cependant son commandement qu’à l’arrivée d’un remplaçant. Le 15 août, il est cité à l’ordre de la division marocaine: «Officier d’un grand courage. Blessé à la tête de sa compagnie, resté seul officier, n’a pas voulu se laisser évacuer avant d’avoir passé son commandement à un officier d’une autre unité désigné par son chef de bataillon». Blessé et gazé, cet officier suisse profondément marqué par la guerre sera décoré de la Croix de guerre française.

Le 10 mars 1919, le capitaine Glasson est attaché au général Dupont, chef de la mission militaire française à Berlin. Il le restera jusqu’au 15 janvier 1920. Entre-temps, le 11 mai 1919, il est titularisé dans l’active comme capitaine à titre étranger. Du 19 février au 6 juin 1920, il est affecté au 24ème d’infanterie et adjoint au général Odry puis au général de Corn dans l’enclave de Memel -l’actuel Klaïpeda- petit territoire alors coincé entre la Prusse orientale et la Lituanie. Le 6 septembre 1920, il obtient son congé de la Légion et retourne dans le canton de Fribourg. Il ne démissionne de l’armée active qu’en avril 1926.

L’expérience de Glasson, quoique fortement atteint dans sa santé, profita à ses compatriotes. Il donna en Suisse romande, dans les cercles d’officiers, des conférences sur le premier conflit mondial, qui remportèrent un immense succès. La conférence qu’il donna à Fribourg fut d’ailleurs publiée dans la Revue militaire suisse de juin et de juillet 1921. En 1922, il publia La guerre future (Editions Victor Attinger),  un petit volume de 124 pages qui sera traduit en espagnol et en tchèque.

Le capitaine Glasson mourut le 16 juin 1929 des suites lointaines de ses blessures. Peu avant sa disparition, la République française l’éleva au rang d’officier de la Légion d’honneur. Les réserves duMusée gruérien de Bulle abritent ses uniformes et ses décorations.

Blessés ou morts, des héros romands honorés.

Dans son oeuvre «Les Suisses au service de la France», Jérôme Bodin cite de son côté l’adjudant-chef Mader qui, avec 10 légionnaires,  neutralise à Aubérive en avril 1917, une compagnie adverse et s’empare d’une batterie de canons lourds. Vallière cite encore le lieutenant Doxat, de Champvent, Légion d’honneur, quatre citations; le capitaine Gustave Marolf, de Genève, de la 3e compagnie de mitrailleuses, tombé à Belloy en Santerre; le lieutenant Blanck, de Vevey, dix citations, Croix de guerre, Médaille militaire, Légion d’honneur; le capitaine Courvoisier, de Neuchâtel, blessé le 12 juin 1918; le lieutenant Guillermin, de Genève, Légion d’honneur, frappé mortellement le 23 juillet 1918, près de Noyon; le lieutenant Blancpain, tombé près d’Arras; le sous-lieutenant Granacher, chef du peloton des pionniers, tombé à Flirez le 12 janvier 1918. Sans oublier le lieutenant Deglon tué le 13 septembre 1918, le sergent Drescher, le caporal Jotterand, grièvement blessé comme chef de pièce à la 3e compagnie de mitrailleuses, le légionnaire genevois Wyler «remarquable estafette calme et courageuse, qui trouva la mort en juin 1918, près d’Ambleny et titulaire de cinq citations; le légionnaire Louis Armand (Genève) qui n’hésita pas à s’élancer sous la mitraille pour porter secours au capitaine de Tscharner, blessé».

Ces Suisses qui ont combattu pour la France

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Le Dormeur du Val

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Posté le lundi 20 juillet 2015

Rimbaud a sans doute laissé quelque chose sur le boulevard du Montparnasse, coincé entre l'hôpital Cochin et des immeubles haussmanniens, entre des rues parisiennes agitées avec des gens pressés et une caserne de pompiers. Caché par un camouflage de grands arbres, il y a un grand hôpital que tout le monde connaît depuis la Révolution : le Val-de-Grâce. Bien sûr, la boutade va de soi : la médecine militaire est à la médecine civile ce que la musique militaire est à la musique. Mais cette blague ne marche ni au pas cadencé ni chez les comiques. Souvenez-vous des puissants qui venaient du monde entier se faire soigner au Val-de-Grâce comme s'il était un hôpital ambassadeur de la qualité de la médecine française. Du simple soldat, du marin à l'aviateur, du militaire retraité et aussi des civils, il pouvait accueillir tout le monde. Plus d’une fois, lorsqu’en urgences, les hôpitaux civils débordaient, cet hôpital recevait les malades avec humanité et compétence.


Les puissants s'y sentaient rassurés et les politiques protégeaient cet hôpital, car ils n'étaient pas certains de finir ministres, mais ils savaient que probablement un jour ils iraient au Val-de-Grâce. Des attaques nucléaires aux regards indiscrets ou des violations du secret médical, la «Grande Muette» savait tout protéger dans cet hôpital.

Souvenez-vous des images des journalistes en cas de drame politique ou d'attentat devant le Val-de-Grâce, cherchant à meubler le manque d'informations. Le suicide de Pierre Bérégovoy, l'accident vasculaire cérébral de Chirac, le malaise de Sarkozy... tout le monde y venait. Où iront-ils désormais ? Sûrement pas dans la salle d'attente des urgences!

 A l'heure où notre pays est entré dans une guerre terroriste sournoise, effroyable, avec en plus de nombreuses opérations extérieures, fermer le Val-de-Grâce ne me semble pas une bonne idée. Une fois de plus, les économies l'emportent sur la réalité et les besoins des soldats, de la population. Je ne sais pas comment évoluera la guerre, mais les hôpitaux militaires ferment les uns après les autres depuis des années. La médecine a besoin de la chirurgie militaire et notamment traumatologique, viscérale et maxillo-faciale, sans oublier la compétence en anesthésie des  grands traumatismes, sans écarter la psychiatrie militaire, qui a apporté beaucoup pour la prise en charge des psycho traumatismes, ou encore la rééducation des grands traumatisés cérébraux ou orthopédiques...

L'autre jour, nous sommes allés transférer un des derniers malades du Val. Il était dans le coma et dormait. Le personnel était là, des aides-soignants, des infirmières, des médecins... Tous compétents et dévoués à leurs tâches comme à leur hôpital. Ils avaient toutes et tous un sourire triste, de ceux qui ont fait du bon boulot jusqu'au bout, qui se  souviennent de tous ces malades sauvés entre ces murs depuis si longtemps, des tristesses oubliées par le bonheur d'une réussite médicale. Ah, pour sûr que la réanimation du Val était d'une grande qualité! Sans compter son caisson hyperbare, nécessaire à des malades ayant des maladies très graves. Avec cette fermeture, il n'y a plus de caisson dans Paris intra-muros et plus qu'un seul en Île-de-France. Les équipes avaient mis un point d'honneur à toutes être là pour ce dernier malade, comme une sorte de haie d'honneur devant les chambres vides et les couloirs.

En sortant avec l'ambulance, cet hôpital ressemblait à ces grands bateaux qui sont au port et qui ne partiront plus en mer. Un hôpital abandonné à ses fantômes, alors qu'il manque des lits pour hospitaliser les malades. Vous allez dire que j'en fais des tonnes pour les militaires dans un journal qui est par son histoire, antimilitariste... Mais il y avait à Paris un hôpital militaire qui faisait de la grande médecine pour tous et qui vient de fermer dans le silence, comme un soldat tué au combat de la bataille économique.

 

Auteur : Patrick PELLOUX
Source : Charlie Hebdo du 1/7/15 n° 1197
Transmis par : Médecin général (2S) Jacques LEPAGE

 

Cet hommage au Val de Grâce paru dans les lignes de Charlie Hebdo est un coup de chapeau à la médecine militaire et par delà aux armées si peu habituel dans ce journal qu'il mérite d'être retransmis

Médecin général 2S Jacques LEPAGE

Source : Patrick PELLOUX

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