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2015




Légion immortelle ?

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Publié le 30 mars 2015 par légionnaires-officiers

 

 

Il est curieux que la France ait toléré l’existence d’un corps plaçant la fidélité au dessus de celle qu’il devait au pays et dont la devise : « Legio Patria Nostra » est une déclaration de demi-allégeance.

Le général Rollet en développant voire en créant les traditions a provoqué l’isolement, le sentiment d’autosuffisance de la Légion pour glorification de ses mythes.

Ainsi, trop attaché à sa géographie morale, la Légion s’est faite prisonnière de ses propres contradictions et ne peut garder en mémoire que son rôle principal est de seulement mettre en œuvre la politique décidée par le gouvernement, sa mission fût-elle déplaisante, elle reste toujours comme le dit si bien le légionnaire Flutsch (dont le livre était récemment offert au jeune officier affecté à la Légion) : « un monastère d’incroyants. »

Ainsi « Legio Patria Nostra » justifierait-il la révolte d’Alger en 1962 ?

L’imagerie populaire de la Légion repose sur l’esprit de Camerone qui précise, exemple à l’appui, que le légionnaire reste toujours fidèle à la parole donnée et que de ce fait, la mission, il l’accomplira jusqu’au bout faut-il pour y parvenir, mourir.

C’est cette maxime qui donne à notre Institution légionnaire un panache exceptionnel qui a pesé très lourd quand son existence était menacée.

Il est tellement vraie que si la Légion est parvenue à s’imposer française par le sang versé, sa force reste d’être attachée aux préjugés et à la vanité des Français par des liens très forts où se mélangent les sentiments les plus divers de la fierté au mythe, en passant par l’admiration, l’inquiétude et la conviction d’exposer aux yeux du monde l’exemple indiscutable d’une intégration réussie de l’étranger au pays des droits de l’homme et du devoir du citoyen. 

Camerone, la main du capitaine Danjou représentation fétiche de la parole donnée, devant un tel symbole, la Légion ne peut que perdurer avec cet état d’esprit depuis longtemps disparus des armées des nations. La Légion est bien vivante et a de l’allure. Le musée des gloires passées où dans la crypte repose la main articulée du capitaine Danjou incarne un besoin

essentiel de l’âme légionnaire : « celui de pouvoir recommencer une vie brisée où est possible une forme de rédemption par le danger et la souffrance.

La Légion, n’en doutons pas, aura un avenir aussi brillant que son passé. Mais elle ne sera jamais une arme incontrôlable.

Ce 30 avril 2015, nous serons en communion de pensée avec nos camarades légionnaires et anciens légionnaires du monde entier et nous aurons une pensée respectueuse pour nos morts.

Christian Morisot


VIGIPIRATE : questionnement légitime sur le rôle des armées ?

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Posté le jeudi 26 mars 2015

L’exécution du plan gouvernemental VIGIPIRATE au stade le plus élevé de son intensité, dénommé à l’occasion Sentinelle, à l’issue des évènements du 7 janvier dernier a vu le recours aux forces armées dans le cadre d’une action d’ensemble contre le terrorisme. Déployé en dehors de tout état d’exception (état de siège, état d’urgence, défense opérationnelle du territoire), ce plan est destiné à assurer la sécurité de lieux et de points sensibles. Il pose néanmoins la question du rôle des armées sur le territoire national et des conditions d’engagement de soldats en armes dans un cadre qui n’est pas rigoureusement défini sur le plan juridique, à l’inverse justement des états d’exception évoqués plus haut.

Mis en œuvre à des fins politiques pour rassurer la population, Sentinelle répond davantage à une préoccupation d’ordre émotionnel qu’à un objectif précis visant à l’efficacité militaire. Les armées ont été en quelque sorte réquisitionnées par la puissance publique, sous l’autorité des préfets, mais sans être pour autant considérées comme des forces dites de 3ème catégorie, destinées au maintien de l’ordre.

Dès lors, les règles de comportement et d’engagement imposent de limiter l’usage de la force à la stricte légitime défense, ce qui induit que les armées ne peuvent pas « ouvrir le feu d’initiative », tout comme les policiers en temps normal, à l’inverse des gendarmes qui jouissent de cette faculté en tant que force de police à statut militaire. L’agression d’une garde statique de militaires par un individu armé d’un couteau à Nice, illustre bien la maîtrise de la force par nos soldats qui n’ont pas fait usage de leurs armes, avec un grand sang-froid, bien qu’ils se soient trouvés en état de légitime défense.

Le plan Vigipirate incluant une forte participation des armées est appliqué sans interruption depuis septembre 1995 – bientôt vingt ans - à des degrés divers de mise en œuvre selon les périodes. Le stade actuel dit « alerte attentat » est le plus élevé.

Mais, cette durée exceptionnelle d’activation pour un plan de sécurité nationale pose in fine la question de la finalité du rôle des armées, tout autant que celui des forces de l’ordre par contrecoup. La posture actuelle qui requière la participation de 10.500 militaires, essentiellement de l’armée de terre, n’est pas tenable dans la durée sauf à remettre en cause l’entraînement des unités et leur participation aux opérations extérieures. D’autant que la situation justifiant la mise en œuvre de Sentinelle pourrait paraître comme définitivement installée par tous nos concitoyens, ce qui va rendre particulièrement délicate l’annonce à un retour à des stades d’alerte moindres, voire à un désengagement des armées.

Le fait que le Président de la République ait lui-même annoncé le ralentissement de la déflation des effectifs des armées entre 2015 et 2019, montre bien que les contrats opérationnels donnés aux armées, en adéquation supposée avec les menaces et leurs missions, étaient sous-estimés. On pourrait en dire autant des forces vives de la police et de la gendarmerie, dont les effectifs ont aussi connu une décrue depuis 2008, moins forte cependant que celle vécue par les armées, puisque la raison principale du recours aux armées tient à la nécessité de soulager l’effort des forces de l’ordre et de sécurité.

Mais, s’agissant de l’engagement d’unités de l’armée de terre, la véritable interrogation tient à la mission qui leur est confiée et aux modalités de son application. S’il est normal et légitime que les armées interviennent dans l’urgence en tant que seule force organisée au plan national, dotée des moyens nécessaires, pour pallier l’inexistence, l’insuffisance, l’inadaptation ou l’indisponibilité des moyens des forces de l’ordre et de sécurité, on ne saurait considérer comme normale une perpétuation de ce rôle, l’urgence passée, notamment depuis la création après-guerre des compagnies républicaines de sécurité et des groupements de gendarmerie mobile.

En effet, les armées doivent rester sur le territoire national le dernier recours, l’ultima ratio des gouvernants dans ce type d’intervention. A défaut d’user des « états d’exception », l’emploi de l’armée devrait signifier à l’ « adversaire » et à l’opinion publique un changement de posture, décidé par le gouvernement, devant la gravité d’une situation jugée elle-même exceptionnelle. C’est un signal fort. L’engagement d’un soldat en arme formé à neutraliser ou à détruire un adversaire ne doit pas se diluer, encore moins se dévaluer, sauf à contredire son statut singulier et spécifique de soldat. L’image de militaires en armes employés comme supplétifs de forces de l’ordre n’est pas saine. En ce sens, le défaut d’usage de ses armes à Nice par la patrouille agressée, délivre un signal négatif à l’égard de l’ « adversaire », lequel peut le considérer comme un aveu de faiblesse. Il faut méconnaitre la réalité de l’état militaire pour se féliciter de ce comportement et en faire le parangon des actions militaires à venir.

Si l’on considère que nos sociétés européennes sont exposées pour longtemps à la menace terroriste, hypothèse d’autant plus vraisemblable qu’elle est liée au fort taux d’engagement de nos armées en  interventions extérieures, il devient urgent de réfléchir et de statuer sur les missions données aux armées sur le territoire national. Il conviendrait surtout de leur accorder un statut particulier agrémenté d’un environnement juridique approprié qui ne peut se confondre avec celui des forces de l’ordre. Car, même si les missions de nos soldats, en zone urbaine, évoluent de gardes statiques vers des patrouilles plus mobiles pour les rendre moins vulnérables, la finalité des armées n’est ni de rassurer les populations, ni de contribuer à la diminution de la délinquance, mais bien de combattre un ennemi déclaré avec les moyens adéquats.

Jean-Marie FAUGERE


MEMOIRE ET HONNEUR

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Sans engager la polémique, le général Zammit souligne ici la réalité de faits et de valeurs que l’ASAF a déjà rappelés à maintes reprises mais que certains voudraient chasser à tout jamais de notre mémoire collective et de nos principes moraux.

Commentant la décision du maire de Béziers de débaptiser une rue du 19 mars 1962 et de lui donner le nom de commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, le Premier ministre en campagne électorale a déclaré hier 14 mars : "la nostalgie de l'Algérie française n'apporte rien de bon… Le FN n'aime pas la France, c'est rance, c'est triste". Pourtant, il ne s'agit pas plus de FN, que de nostalgie l'Algérie française. C'est autre chose dont il s'agit. Il s'agit de se souvenir de morts français et d'honorer un grand soldat.
 
Depuis 2003 (décret n° 2003-925 du 26 septembre 2003), l'Etat français a retenu le 5 décembre pour commémorer "l'hommage aux morts pour la France durant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de Tunisie". Ce choix fut le résultat d'une longue concertation avec les associations d'Anciens combattants et de Français rapatriés qui ont toutes, à deux exceptions près (FNACA et ARAC), rejeté la date du 19 mars 1962. Pourquoi ce rejet de la date du 19 mars ? Le 19 mars 1962 est la date d'un cessez-le-feu respecté uniquement et unilatéralement par l'armée française mais jamais respecté par le Front de Libération Nationale algérien. Après le 19 mars, en quelques mois, il y eut des milliers de civils Français d'Algérie, de harkis désarmés avec leurs familles qui furent assassinés, enlevés et jamais retrouvés. Ils étaient seulement coupables d'avoir aimé et choisi la France. La loi de novembre 2012 faisant du 19 mars 1962 une commémoration nationale ne change rien à cette histoire factuelle, à ce douloureux moment de notre histoire nationale. Elle trahit la mémoire de ces milliers de victimes.
 
Quant au commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, une ville ne peut que s'honorer d'avoir une rue qui porte son nom. Résistant à vingt ans, déporté à Buchenwald, officier parachutiste de la Légion étrangère, prestigieux combattant d'Indochine et d'Algérie, le commandant de Saint Marc s'était rallié en avril 1961 au putsch des généraux contre la politique du général de Gaulle pour ne pas renier la parole donnée, disant avoir "préféré le crime de l'illégalité à celui de l'inhumanité". Jugé, emprisonné, libéré en 1966, réhabilité en 1978, il fut élevé à la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur dans la cour d'honneur des Invalides en 2011 par le président de la République : "nul ne saura si l’accolade du chef des armées représentait le pardon du pays à l’un de ses grands soldats ou bien la demande de pardon de la République pour avoir tant exigé de ses soldats à l’époque de l’Algérie. Le pardon, par sa puissance, par son exemple et surtout par son mystère, fera le reste de la cérémonie !….Aujourd’hui, vous nous laissez l’exemple d’un soldat qui eut le courage, à la fois fou et réfléchi, de tout sacrifier dans un acte de désespoir pour sauver son honneur !" dira en août 2013 le général d'armée Dary dans le poignant éloge funèbre de ce grand soldat, homme d'honneur s'il en est.

Voilà pourquoi, aux mots "nostalgie" et "rance", j'oppose "mémoire" et "honneur"

Le 15 mars 2015
Pierre ZAMMIT, Officier général (2s.)

La Légion étrangère pendant la campagne de Madagascar 1895 - 1896

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Le Lion d'Ali-Sabieh

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Le 23.06.1977, je prends le commandement de la 3e compagnie de la 13e DBLE à ALI SABIEH (DJIBOUTI).


Le tableau d’effectifs comporte une animalerie impressionnante : des cochons, des ânes, deux guépards et un lion.

Les cochons sont destinés à améliorer l’ordinaire des légionnaires.

Les ânes, initialement prévus à nourrir le lion, ont la vie sauve sur la demande insistante d’une épouse. Le 03.10.1977, l’ânesse met bas un ânon nommé PARTAGAS, en honneur à son père spirituel, un officier du BOI, particulièrement apprécié à la Compagnie.

Les guépards, en liberté dans le camp, sont accusés de tous les maux par la population locale. Le 01.07.1977, je les fais mettre en cage.

CHIFTA, bandit de grand chemin en langue somalienne, est un magnifique lion. Il habite une cage en face du bureau du commandant de compagnie sur une petite colline. Le lendemain de la passation de commandement, le Caporal-chef, gardien du fauve, ayant abusé des festivités nocturnes, ne trouve rien de mieux que de dormir dans la cage du lion. Je suis alerté par les hurlements de l’intéressé, lorsque le lion se couche sur lui. Mon adjoint, le Capitaine MILLET, surveille la scène, prêt à abattre l’animal de son pistolet. Finalement, le lion se lasse et le Caporal-chef finit sa sieste en prison.

En septembre 1977, le Colonel COULLON, chef de corps, m’annonce la triste nouvelle : le camp d’ALI SABIEH sera remis à l’armée Djiboutienne. Je dois laisser un quartier immaculé, créer une nouvelle installation dans l’enceinte de GABODE, près de la ville de DJIBOUTI, évacuer mes hommes et leurs familles, ainsi que la totalité du matériel, mais sans les animaux.

Mon ami, le Capitaine DEROUSSEAUX DE MEDRANO, patron de l’Escadron de Reconnaissance d’OUHEA, me propose gentiment de prendre en charge nos animaux. L’évacuation des cochons et des ânes ne pose aucun problème. Le transport des guépards se solde par la mort accidentelle d’un des fauves.

Par contre, CHIFTA nous fait des soucis. Ayant installé une cage de transport à coté de celle du lion, avec une chèvre vivante à l’intérieur, j’espère que le lion avalera cette proie. Un Sergent, armé d’un fusil, se tient sur la cage de transport pour la fermer au moment propice. Pendant plusieurs jours, les beuglements de la chèvre n’incommodent nullement notre lion. L’Adjudant-chef REUL, mon adjudant de compagnie, propose de pousser le lion avec la lance à incendie. CHIFTA prend stoïquement sa douche et ne bronche pas.

Nous faisons alors appel au vétérinaire de DJIBOUTI pour endormir le fauve. C’est l’Adjudant-chef MUNDHENKE, infirmier-major de GABODE, qui apporte le pistolet du vétérinaire et les produits anesthésiants. Bien sûr, le pistolet ne marche pas. Courageusement, MUNDHENKE rentre dans la cage et injecte le produit avec une seringue. CHIFTA ne bronche toujours pas. Après trois injections, il s’écroule. MUNDHENKE, pensant avoir dépassé la dose, fait des massages cardiaques au lion.

Enfin, CHIFTA est dans la cage de transport, la chèvre a la vie sauve et l’Escadron de Reconnaissance charge le lion sur un camion. Ouf !!!

Le camion dévale la petite colline, les freins lâchent, le camion se renverse, la cage de transport s’ouvre et le lion se trouve en liberté. Heureusement, il est trop commotionné pour opposer la moindre résistance.
Ainsi, le lion d’ALI SABIEH rejoint son congénère MAO à OUHEA.
Wolf ZINK
 

Hélie-de-Saint-Marc : Franz-Olivier Giesbert ne veut pas voir

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Robert Ménard débaptise une rue du 19 mars 1962

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 Publié le 15 mars 2015

Au cours de la cérémonie, le premier édile biterrois a notamment fustigé la repentance et parlé de ce qu'a été l'après mars 1962 pour ceux qui étaient restés en Algérie.

Samedi 14 mars 2015, le maire de Béziers a débaptisé une rue « du 19 mars 1962″ pour la renommer rue du « Commandant Denoix de Saint Marc ».

Au cours de la cérémonie, le premier édile biterrois a notamment fustigé la repentance et parlé de ce qu’a été l’après mars 1962 pour ceux qui étaient restés en Algérie. Il a enfin promis de dire « notre vérité à ceux qui armaient le bras des assassins des harkis ».

Que n’avait-il pas dit là…

Aussitôt la gauche est montée au créneau pour dénoncer cet acte inadmissible, les plus virulents allant jusqu’à scander : « facho, assassin… » lors de ladite cérémonie (dixit le quotidien Midi-Libre).

Le porte-parole du gouvernement y est allé de son petit touite personnel : « Avec Denoix de Saint Marc, Ménard et FN montrent leur visage : réécrire l’Histoire, mépriser la mémoire et s’en prendre à la République ».
Ces quelques mots ont été immédiatement repris par la presse bien-pensante en accompagnement de l’article consacré à cette inauguration.

Pour tous ceux qui connaissent quelque peu l’Histoire, une telle phrase ne peut laisser indifférent.

Qui est en train de réécrire l’Histoire ? N’est-ce pas du négationnisme de passer sous silence l’assassinat sauvage de dizaines et de dizaines de milliers de Harkis et de leur famille ? N’est-ce pas du négationnisme de cacher qu’ils ont été lâchement et volontairement abandonnés par l’État français à qui ils avaient fait allégeance ?

Qui est en train de mépriser la mémoire ? La mémoire serait-elle sélective ? Devrions-nous nous faire acte de repentance pour certaines victimes et pas pour d’autres ?

Qui s’en prend à la République ? Midi-Libre (toujours lui…) cite la LOI n° 2012-1361 du 6 décembre 2012, comme si elle avait été bafouée. Pour mémoire, cette loi est relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. On ne voit pas en quoi l’initiative du maire de Béziers porte atteinte à cette journée…

Quant à Hélie Denoix de Saint Marc, la même presse s’est bien gardée d’informer objectivement ses lecteurs sur la personnalité exceptionnelle de cet homme. A ceux qui ne le connaissent pas et qui veulent en savoir un peu plus sur lui, je suggère la lecture de la déclaration qu’il a faite devant le haut tribunal militaire le 5 juin 1961, elle se trouve facilement sur Internet.

Évidemment, ce sont des mots que certains ne peuvent pas et ne veulent pas comprendre.
Pour ma part, ils me permettent d’affirmer haut et fort que Monsieur Robert Ménard a fait le bon choix et je l’en remercie vivement.


Rendons hommage à Hélie Denoix de Saint-Marc

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Publié le 15 mars 2015

Il était de ces héros fidèles à leurs convictions, à la parole donnée, parfois en proie au doute, toujours soucieux de l’Autre. 

En débaptisant la rue du 19 mars 1962 pour honorer Hélie Denoix de Saint-Marc, Robert Ménard n’a pas seulement voulu provoquer – il y a réussi, si l’on en juge par les réactions de Manuel Valls et de Stéphane Le Foll ou les appels à manifester contre « cette droite réactionnaire, révisionniste, colonialiste et raciste » et à dénoncer le comportement d’un « criminel terroriste », d’un « commandant partisan et fanatique ».

Par cet acte symbolique, le maire de Béziers a également voulu rétablir la vérité historique. « Rue du 19 mars 1962 – Cessez le feu en Algérie » pouvait-on lire sur l’ancienne plaque. Mais la guerre a continué, sous d’autres formes que beaucoup préfèrent oublier, comme pour les effacer : oublier les milliers de Français tués, enlevés, disparus, après le 19 mars, le commerce d’otages, les dizaines de milliers de harkis abandonnés à une mort barbare, leur tête servant parfois de ballon de football ; oublier que l’armée avait reçu du gouvernement l’ordre de ne pas intervenir. Oublier : c’est commode pour s’éviter des cas de conscience – quand on en a une. Oublier aussi l’exode de centaines de milliers de pieds-noirs qui débarquèrent en France, notamment à Marseille, accueillis par cette phrase terrible de Gaston Deferre : « Qu’ils aillent se réadapter ailleurs ! » Toux ceux qui ont vécu cette période tragique se souviennent de cette terre qu’ils aimaient. Ils peuvent légitimement dire avec Robert Ménard : « L’Algérie, c’est notre paradis ». Un paradis perdu. Irrémédiablement.

La nouvelle plaque porte l’inscription suivante : « Rue Cdt Denoix de Saint-Marc – 1922-2013 – Héros Français ». Plutôt que de polémiquer, de crier « Ménard facho, Ménard assassin! », les opposants auraient dû se pencher sur la vie de cet homme admirable, avec un brin d’honnêteté intellectuelle – on peut rêver ! Résistant à 19 ans, arrêté par la gestapo, déporté dans le camp de Buchenwald, puis de Langenstein, il intègre Saint-Cyr en 1945 et choisit la Légion étrangère. Trois séjours en Indochine. Puis la guerre d’Algérie. En avril 1961, il participe au putsch, répondant à l’appel du général Challe, « pour assurer une solution qui protègerait les pieds-noirs et les musulmans favorables à la France ». Arrêté le 25 avril, il est condamné deux mois plus tard à dix ans de réclusion criminelle. Réhabilité, il écrira plusieurs ouvrages et donnera des centaines de conférences en France et à l’étranger. Il était de ces héros fidèles à leurs convictions, à la parole donnée, parfois en proie au doute, toujours soucieux de l’Autre. Comme il le déclara à son procès, « on peut beaucoup demander à un soldat. On ne peut lui demander de se dédire, de se contredire, de mentir, de tricher, de se parjurer ».

Le commandant Denoix de Saint-Marc était un héros qui voulait « simplement essayer d’être un homme ». En donnant son nom à une rue de Béziers, Robert Ménard a restitué un pan caché de l’histoire.


Discours prononcé lors de l’inauguration de la rue Commandant Denoix de Saint Marc

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Publié le 14 mars 2015 

« Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les présidents, Mesdames, Messieurs,
Et surtout, chers, très chers amis,

D’abord, merci ! Merci d’être là. Merci d’être venus au rendez-vous de la justice et de la fidélité. Honneur à vous qui, parfois, avez parcouru 500 kilomètres, 1000 kilomètres pour être ici. Votre présence, votre nombre, prouvent combien cette cérémonie répond à un impérieux besoin de réparation et de reconnaissance. Et puis, pourquoi ne pas le dire, votre présence me touche infiniment. Oui, merci d’être là. Pour nous, pour tous ceux qui nous ont quittés et, aussi, pour ceux qui viennent.
Il y a des moments, il y a des gestes, il y a des paroles qui vous engagent totalement. Qui disent d’où vous venez. Qui disent ce qui est essentiel à vos yeux. Qui disent ce que vous êtes. Qui vous donnent l’occasion – rare, précieuse – de vous replacer dans une lignée, de rendre hommage aux vôtres, de saluer un père, une mère, une famille, de saluer votre famille.
Il y a des moments où il faut se rassembler, se retrouver, se souvenir, se tenir chaud les uns les autres. Il y a des moments où il faut dire non aux mensonges, à l’histoire trafiquée, réécrite, bafouée. Il y a des moments où trop c’est trop, où nos plus âgés meurent sans que jamais l’on ait reconnu leur travail, leur mérite, en un mot, leur vie .
 Oser dire, oser laisser penser que la guerre, oui la guerre d’Algérie s’est terminée le 19 mars, le jour de la signature des accords d’Evian, n’est pas seulement un mensonge, c’est une ignominie, une insulte à la mémoire de tous ceux – pieds-noirs, harkis, jeunes du contingent – qui ont été torturés, qui ont été émasculés, qui ont été tués, qui ont disparu après cette date, après cette capitulation, après cet abandon, après ce renoncement à ce que fut la France, à ce que fut la grandeur de ce pays, de notre pays.
À cela, nous ne pouvons nous résigner. À cela je ne peux me résigner. Parce que je pense à ma famille, à nos familles. Parce que je pense à mon père, à nos pères. Parce que je pense à ces cimetières abandonnés, saccagés, rayés de la carte, comme gommés de l’histoire officielle, expurgés des manuels scolaires qu’on impose à nos enfants, à nos petits- enfants.
Voilà pourquoi je suis là aujourd’hui. Voilà pourquoi nous sommes là aujourd’hui. Pour rappeler à ceux qui nous ont trahis qu’ils ne pourront pas, éternellement, mentir, tromper, falsifier. L’Algérie de notre enfance, l’Algérie de nos aïeux, notre Algérie, ce n’est pas ce que certains veulent nous faire croire, ce n’est pas ce qu’un Benjamin Stora ne cesse d’écrire, ce n’est pas aux renégats, aux porteurs de valises d’en imposer l’image. De cela, nous ne voulons pas, nous ne voudrons jamais.
Je le dis à l’adresse de ceux qui s’agitent là-bas, plein d’une haine titubante, enveloppés dans de vieux mensonges qui s’effilochent : le communisme est mort et ses derniers militants sont des spectres errant dans le dédale de leur rancœur et de leur ignorance. Ils ont voulu hier l’Algérie algérienne, ils ne veulent pas aujourd’hui de la France française. La traîtrise est leur patrie. Nos victoires leur châtiment.
« À lire une certaine presse, écrivait Albert Camus en 1955, il semblerait vraiment que l’Algérie soit peuplée d’un million de colons à cravache et à cigare, montés sur Cadillac… »
60 ans plus tard, rien n’a vraiment changé. Alors, si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour dire
« assez ! ». Assez de ces contre-vérités sur les pieds- noirs qui n’étaient pas tous des colons roulant en décapotables américaines. Assez des mensonges sur le bilan de la colonisation. Assez de cette perpétuelle repentance !
Oui, nous pataugeons dans une perpétuelle contrition. Honteux de ce que nous avons été. Honteux même, parfois, de ce que nous sommes. Quand la France intervient en 1830 en Algérie, elle mène une guerre de conquête longue et impitoyable, c’est vrai ! Mais, faut-il le rappeler, il s’agissait de mettre hors d’état de nuire les pirates qui sévissaient depuis la côte algéroise. Ces forbans n’étaient pas des pirates d’opérette : ils enlevaient, suppliciaient, réduisaient les chrétiens en esclavage. Le rappeler, est-ce se transformer en avocat inconditionnel de l’épopée coloniale ? Bien sûr que non !
Faut-il le redire aux révisionnistes de tout poil, la présence française en Algérie, ce sont des ports, des aéroports, des routes, des écoles, des hôpitaux. Ce sont des marais asséchés, des maladies éradiquées. Mais aussi du soleil sur la peau, des éclats de rire sur les plages, des filles à la peau suave, un ciel comme il n’en existe nulle part ailleurs. L’Algérie, disait ma mère, c’est notre paradis à nous, ce paradis qu’on nous a enlevé, ce paradis qui hante, toujours, plus de cinquante ans plus tard, nos cœurs et nos mémoires. Après nous avoir pris notre pays, certains voudraient maintenant nous priver de nos souvenirs. Et nous faire croire que les combats ont cessé le jour où des traîtres signaient un cessez-le-feu qui n’était rien d’autre qu’un lâche abandon, un vil renoncement. Demandez aux Algérois de la rue d’Isly ! Demandez aux Oranais du 5 juillet ! Demandez aux milliers, aux dizaines de milliers de harkis ! Demandez à nos martyrs ! Demandez-leur ce que furent les jours, les semaines, les mois qui ont suivi cette véritable capitulation ! On voudrait les faire disparaître une seconde fois ! On voudrait les oublier, les nier.
Les oublier ? C’est hors de question. Comment oublier ces Européens enlevés par le FLN afin de récupérer le sang dont il avait besoin pour soigner ses
combattants ? Vidés, oui vidés de leur sang, au sens clinique du terme… Et dire que certains continuent de se vanter d’avoir été les « porteurs de valises » de ces terroristes qu’on applaudit dans la bonne presse. C’est raté. Nous sommes ici des milliers pour porter témoignage. Nous sommes ici pour dire haut et fort notre vérité, la vérité. Pour la jeter à la figure de tous ceux qui nous font la morale, qui nous parlent du sens de l’histoire, des accommodements auxquels nous devrions nous résigner. Nous sommes ici pour dire tout cela à ceux qui armaient le bras des assassins, des bourreaux des Français d’Algérie.
Des assassins, des bourreaux qui nourrissent encore aujourd’hui une haine à l’égard de la France, de ses valeurs, de son histoire, de ses combats, de sa civilisation. Une haine qui pousse certains à abattre des journalistes parce qu’ils sont journalistes, à abattre des policiers parce qu’ils sont policiers, à abattre des Juifs parce qu’ils sont juifs. Cette haine de la France est comme une insulte, comme une gifle pour d’autres musulmans, pour nos amis musulmans, pour nos frères harkis, eux qui ont choisi la France, qui sont morts pour la France. Eux qui ont été massacrés, certains écorchés vifs, ébouillantés. Eux qui ont été abandonnés sur ordre de l’État français, livrés à la vindicte du FLN.
Mais que s’est-il donc passé ? Que s’est-il passé pour qu’aujourd’hui, dans notre pays, on occulte à ce point la réalité de notre histoire ? Tout simplement que, alors qu’on obligeait un million de Français à quitter leur Algérie natale, on ouvrait la France – quasi simultanément – à des millions d’immigrés bien décidés pour certains à ne jamais se sentir, à ne jamais devenir des Français à part entière.
Colonisation de peuplement, disait-on de la présence française en Algérie. Il faut parler aujourd’hui, en France, d’immigration de peuplement, d’immigration de remplacement. Un chassé-croisé dont l’histoire a le tragique secret et dont je redoute que nous ne cessions de mesurer les funestes, les dramatiques conséquences. Je voudrais me tromper. Je crains d’avoir raison.
Face aux drames d’hier, il est des hommes qui ont su dire non. Des hommes qui n’ont pas hésité à tout risquer, à tout perdre pour des valeurs qui étaient, qui faisaient toute leur vie, au point d’être prêts à mourir pour elles. Hélie de Saint Marc était de ceux- là. On les appelle des héros. Un mot qui sonne comme un anachronisme à une époque, la nôtre, où l’on nous serine qu’on ne va quand même pas mourir pour des idées, où la vie, son confort, ses petites habitudes justifient tous les compromis, toutes les compromissions. Je ne vais pas avoir l’outrecuidance de rappeler les états de service, les engagements, le prix payé par Hélie de Saint Marc devant les membres de sa famille qui nous font l’immense honneur d’être aujourd’hui parmi nous.
« Se tenir à la pointe de soi-même. » Voilà une phrase du commandant de Saint Marc qui dit, avec la plus grande justesse, l’exigence de sa vie, de toute sa vie. De l’Occupation à la perte de l’Algérie, rien n’a pu anéantir ce cœur vif, ce cœur exemplaire. Né mille ans plus tôt, son histoire serait celle d’une chanson de geste. Hélie de Saint Marc est un preux, un orphelin d’un ordre spirituel et guerrier, tenant sa vie comme une lance.
Henry de Montherlant écrivait : « Il y a le réel et il y a l’irréel. Au-delà du réel et au-delà de l’irréel, il y a le profond ». La vie et les livres d’Hélie de Saint Marc sont un périple vers les profondeurs de l’être, dans le fond sans fond de son âme. Comme Ulysse, jamais les épreuves ne le détournèrent de sa destination, j’allais dire de sa destinée. Voyages des camps et des prisons, voyages des batailles et des carnages. Voyage vers ce qu’il appelait « le tremblement sacré des choses invisibles ».
Je citerai encore le commandant de Saint Marc, et il faut le citer souvent, car il ne fut pas seulement un chef mais aussi un remarquable éducateur. Non pas un donneur de leçons, ni un « coach de vie » comme l’on dit aujourd’hui, mais un homme qui a beaucoup vécu, beaucoup vu, immensément ressenti.
Le commandant écrivait, et son petit-fils nous l’a rappelé à l’instant : « La vie est un combat, le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. » Et il ajoutait : « Vivre, ce n’est pas exister à n’importe quel prix. »
Dire comme lui que la vie est un combat n’est pas faire l’apologie de la guerre, n’est pas faire de la guerre sa profession de foi. C’est un simple constat : si une vie, c’est aimer, partager, éduquer, c’est aussi une somme d’épreuves, de contrariétés, d’oppositions, d’expériences et d’engendrements. C’est cette somme qui fait une vie. Et celui qui refuse ce combat ne vit pas. Dire que vie et combat sont de la même substance est une adresse d’espoir. Voilà ce que nous dit le rescapé de Buchenwald. Il faut espérer et faire de son espoir un bélier qui fracasse toutes les murailles. Il faut même espérer au-delà de toute raison. C’est Héraclite qui disait : « Qui n’espère pas l’inespérable ne le découvrira pas. »
Ici, je le sais, nous espérons, nous n’avons jamais cessé d’espérer. Nos espoirs sont nos fidélités. Et nos fidélités comme nos espoirs trouvent en ce jour leur récompense, comme elles trouveront demain, en d’autres lieux et sur d’autres plans, des satisfactions encore plus décisives pour notre nation et notre peuple.
Le commandant de Saint Marc est l’homme d’une génération. Une génération qui, de septembre 1939 à juillet 62, ne connut jamais le répit et la paix. Une génération qui, entre la débâcle et l’abandon, connut cent victoires. Une génération qui nous a laissés seuls avec les souvenirs de sa gloire. C’est elle, aussi, qu’en ce jour nous célébrons. Gloire à eux ! Gloire aux compagnons du Commandant de Saint Marc, gloire à ceux d’Indochine, à ceux d’Algérie, gloire à ceux des prisons qui étaient alors les garnisons de l’honneur. Oui, comme vous, comme beaucoup d’entre vous, j’ai lu les livres de celui dont cette rue portera dorénavant le nom. Et je n’ai pas honte de vous le dire : j’en ai eu les larmes aux yeux, regrettant presque d’avoir été trop jeune pour être confronté à des choix qui forcent le destin et font de vous un homme.
Et puis, je me suis dit que j’avais tort. Que chacun, à son époque, est face à des engagements qui, sans avoir le caractère dramatique de ces années algériennes, n’en sont pas moins cruciaux, vitaux. Aujourd’hui, notre pays est face à une crise qui engage son avenir, sa vie, sa survie. Et face à ces dangers, Hélie de Saint Marc, son courage, son panache, sont d’une actualité brûlante, d’une force existentielle.
Allons-nous abandonner la France, laisser faire, nous réfugier dans des slogans aussi creux, aussi vides qu’une rengaine publicitaire, qu’un discours de politicien censés nous faire oublier les responsabilités des uns et des autres ?
Il y a 50 ans, je m’en souviens, vous vous en souvenez, nous tapions sur des casseroles en scandant « Al-gé- rie fran-çaise ». Il faudrait aujourd’hui, avec la même ardeur, avec la même détermination, dire non à cette France métissée qu’on nous promet, qu’on nous annonce, qu’on nous vante. Dire non à cette France multiculturelle qu’on nous impose. Mais dire oui à une France fière d’elle-même, de son histoire, de ses racines judéo-chrétiennes. Cette France que pieds- noirs et harkis ont admirablement incarnée, cette France pour laquelle un Hélie de Saint Marc s’est battu pendant la résistance, en Indochine et en Algérie. Cette France que nous voulons transmettre, intacte, à nos enfants.  Alors, pour Hélie de Saint Marc, pour tous ceux qui sont morts en Algérie, persuadés que nous étions en France, que nous nous battions pour la France, pour tous ceux qui l’ont quittée, définitivement orphelins d’une partie d’eux-mêmes, je voudrais avant que nous entonnions « Le chant des Africains », je voudrais, en votre nom à tous, je le sais, dire, redire, répéter ce qui est notre viatique, notre credo, notre passé et, je l’espère, notre avenir : « Vive la France », « Vive la France française ! »

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