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AMIENS Pas facile d’être un berger des villes

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Courrier picard

Publié le 05/09/2016

 

Alain, ancien légionnaire, veille au troupeau arrivé il y a une semaine au parc du Grand Marais. S’il se sent berger, il est surtout agent de sécurité chargé de chasser les intrus.

 Alain et son fils assurent une présence 24h/24 sur le site. Ils dorment dans une caravane installée près du local du gardien.

Alain et son fils assurent une présence 24h/24 sur le site. Ils dorment dans une caravane installée près du local du gardien.

Alain avait comme un petit coup de blues ce dimanche en début d’après-midi en rejoignant à pied le parc du Grand Marais, à deux pas du quartier Étouvie : il venait tout juste de raccompagner son fils à la gare d’Amiens. Bergers tous les deux pour la société Ecozoone, spécialisée dans la mise à disposition d’animaux pour l’entretien des espaces verts, ils surveillent ensemble le troupeau d’animaux installés depuis le 29 août sur l’une des parcelles du parc qui fait 8 hectares en tout et est clôturée. Un taureau, quatre vaches, 22 moutons, 12 chèvres, 10 poneys et 6 ânes qui, jusqu’à fin octobre, vont brouter l’herbe du site pour le compte de la Métropole qui développe l’éco-pâturage à Amiens.

«  On n’est pas de trop à deux pour s’en occuper, surtout qu’il faut assurer une présence ici 24 heures sur 24. Mais il faut bien qu’on fasse des pauses lui et moi, ne serait-ce que pour retrouver nos familles. Là, mon fils est reparti une semaine chez lui et après ce sera à mon tour de me reposer un peu », explique Alain, ancien légionnaire qui s’est lancé dans ce créneau il y a trois ans. Mais le métier n’est pas facile et on est très loin de l’image du berger qui se donne corps et âme à son troupeau et médite le reste du temps, au grand air, un livre à la main…

« On vérifie que les bêtes vont bien. Par exemple, en ce moment, un des poneys a une conjonctivite donc je m’en occupe, je lui mets du produit dans les yeux mais ça s’arrête là. Dans mon contrat, je suis berger mais aussi débroussailleur et, surtout, agent de sécurité. C’est le plus gros de mon travail : protéger le troupeau et éviter les intrusions et les vols car il y a, malheureusement, beaucoup de tentatives. En ville comme ça, près d’un quartier, c’est inévitable », raconte encore le berger qui dit ne pas dormir beaucoup la nuit.

« Il y a parfois des accrochages »

« On fait des rondes, on se relaie, il y a parfois des accrochages avec des gens qui forcent les clôtures et que l’on doit faire sortir. Ce n’est pas évident ici, le terrain est trop grand, il y a beaucoup de passages et des groupes qui traînent dans le coin, ça peut rentrer de partout, donc c’est très compliqué à gérer. On doit souvent faire la police, c’est un métier à risque en fait », soupire Alain qui ne porte aussi plus jamais de vêtement de couleur rouge. « Ça énerve le taureau, je n’ai pas envie qu’il me charge non plus ! » (NB : le taureau, comme le chien, ne voit pas les couleurs).

Lui et son fils dorment dans une caravane installée près du local du gardien du parc. « On manque de confort mais on a la télé, c’est déjà ça. » Le contrat des deux bergers se terminera fin octobre. Après une pause bien méritée, ils rejoindront un nouveau site au printemps, quelque part en France.

TÉRÉZINHA DIAS

L’éco-pâturage privilégié

Amiens Métropole n’en est pas à son coup d’essai en matière d’éco-pâturage. Le principe devrait même se développer encore à Amiens dans les années qui viennent. Après les poneys, les chèvres et les ânes sur l’îlot Boulogne, rue de la Vallée, mais aussi sur la ZAC Intercampus, c’est maintenant au tour du site du parc du Grand Marais d’en bénéficier avec une cinquantaine d’animaux qui vont paître naturellement et donc faire le travail à la place d’une fauche mécanique. « C’est une alternative qui permet d’assurer l’entretien courant des friches et lieux difficiles d’accès. C’est plus écologique dans la mesure où l’on n’utilise plus de produits phytosanitaires (Ndlr : la Métropole s’est d’ailleurs engagée dans un programme O phyto), ce qui permet de préserver la santé des publics mais aussi des personnels, et, dans le même temps, on réduit les émissions de gaz puisque l’on n’a plus recours aux engins à moteur », explique Mickaël Grimaux, chef d’unité patrimoine végétal pour la Métropole. Prochaine étape : le recensement de toutes les friches qui pourraient bénéficier de ce système. L’idée d’installer un troupeau sur le site du futur campus de la Citadelle, sur les terrains les plus inaccessibles, est déjà dans les cartons. Le plus difficile pour la collectivité étant de trouver le cheptel.


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