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L'armée de terre veut remuscler sa force opérationnelle de 66 000 à 77 000 soldats

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27/03/2015

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Les acteurs attendent avec impatience leur nouveau texte : en l'occurrence, Au Contact !, le nouveau modèle de l'armée de terre, mené par son chef d'état-major, le général Jean-Pierre Bosser, qui doit être présenté officiellement en avril. On imagine que le CEMAT n'a pas mené sa réforme tout seul dans son coin avec ses grands subordonnés. C'est aussi le fruit d'un arbitrage politique ministériel depuis les intentions décrites par le président François Hollande en Conseil de Défense le 11 mars.

Pour la première fois depuis la naissance de l'armée professionnelle, ses capacités humaines pourraient remonter, nous indique Le Figaro. Ce n'est pas si simple et évident et dépend beaucoup de la façon d'aborder le problème... Pour s'adapter à l'augmentation durable de la mission TN (territoire national) et répondre à l'épuisement des troupes, qui n'ont guère le temps de souffler, l'armée de terre propose une augmentation, de 66 000 à 77 000, de sa force opérationnelle.


L'opération Sentinelle occupe les armées depuis les attentats de janvier à hauteur de 10 000 hommes, dont 7 000 dédiés à la protection sites confessionnels. Sur la durée, comme pour les opérations extérieures ou les forces prépositionnées, le facteur 3 s'impose (remise en condition, préparation à la mission), soit 21 000 hommes. Auparavant, le plan Vigipirate n'occupait en permanence qu'un millier de militaires.

C'est ce qui a entraîné cette conclusion majeure pour le devenir de l'armée de terre : " Le chef de l’Etat a demandé de prendre les mesures nécessaires pour adapter l’organisation des armées à cette évolution de leur mission. "

Quand nous l'avions rencontré en octobre au Commandement des forces terrestres à Lille, le général Bosser envisageait des priorités futures tournant autour de l'aéromobilité, le renseignement, le Command and Control, le cyber et les forces spéciales. Il ne pouvait imaginer les assassinats de Charlie-Hebdo, Montrouge et de l'Hyper-Cacher. Pourtant, il lançait une phrase lourde de sens : " Nous souhaitons réinvestir le territoire national. C'est le milieu naturel de l'armée de terre. "

Vers un nouveau contrat opérationnel 

Reprenons nos comptes terrestres car la pérennité d'un renfort sur l'opération Sentinelle concernera au premier chef l'armée de terre (99 % des troupes). Le contrat opérationnel du Livre blanc de 2013 évoque une force opérationnelle terrestre (FOT) de 66 000 hommes comprenant appui et soutien. On compte les déploiements en OPEX (6 000 x 3), les forces prépositionnées (6 500 x 3), l'alerte Guépard (4 300), les permanences dans les régiments (environ 10 000), les indisponibles (5 000 en permanence) et les 1 000, actuellement 10 000, de la mission TN.

Or selon nos informations, entre Sentinelle et les OPEX (Liban, Levant, Barkhane, Centrafrique), l'armée de terre atteint voire dépasse ce chiffre maximal qui provoque la surchauffe et bouscule l'indispensable préparation opérationnelle. D'où la proposition d'une augmentation de la FOT à 77 000 soldats.

Actuellement, plus de 28 000 soldats français sont en mission (OPEX et Territoire national) ou en alerte (Guépard).

Le nouveau modèle d'armée de terre, intitulé Au Contact !, prend donc tous ces éléments en compte, sans oublier le reste (on s'appuierait de nouveau sur un échelon divisionnaire, sur la base des deux états-majors de force de niveau 2, les EMF1 de Besançon et EMF3 de Marseille). Et sans revenir sur les suppressions prévues à l'été de la 1re brigade mécanisée et du 1er RAM basés à Châlons-en-Champagne.

Les terriens gagnants au détriment des marins et des aviateurs ?

L'armée de terre recrute déjà environ 10 000 hommes et femmes par an. Ce sera difficile mais il faudra faire plus. Pour remplir un nouvel objectif de 7 000 sur la durée de la mission TN (territoire national), les déflations envisagées dans la Loi de programmation militaire 2014-2019 vont ralentir voire stopper au ministère de la Défense et surtout dans l'armée de terre, concernée au premier chef par l'opération Sentinelle. Les deux autres armées risquent de grincer car " pour remplir la baignoire armée de terre, il faudra bien vider les deux autres ", illustre un officier... De toute évidence, le Livre blanc de 2013 et la LPM qui en découle ne sont plus adaptés à l'évolution accélérée des menaces.

Si le président de la République accepte la proposition, l'armée de terre imagine de stopper les déflations et même de recruter massivement et rapidement dans les deux ou trois ans. Ce qui n'est pas si simple quand on sait qu'un militaire du rang fait une moyenne de 5,6 ans pendant que les ressources humaines (RHAT) apprécieraient d'arriver à huit. Il faudra que le budget suive. Un prochain Conseil de Défense mi-avril tranchera la douloureuse question.

NB : après réflexion, j'ai supprimé de ce texte un calcul approximatif sur la perspective des effectifs de l'armée de terre. Il ne prenait pas toutes les données en compte et restait trop aléatoire.


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