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L'histoire rocambolesque d'Eugène Lelouvier

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23/07/2014

En fouinant sur internet, Bernard Desgrippes est tombé sur une carte qui mentionne un Domfrontais qui fait le tour du monde à pied. Après recherches, il dégote un sacré personnage

Eugène Lelouvier, à gauche, au départ de la folle course automobile New York-Paris. Archives Bernard Desgrippes
Eugène Lelouvier, à gauche, au départ de la folle course automobile New York-Paris. Archives Bernard Desgrippes
Eugène Lelouvier naît à Domfront le 7 juillet 1873, il est le fils d’Auguste Lelouvier, qui était boulanger à Domfront, rue Guérin (c’était une portion de ce qui est aujourd’hui la route d’Alençon). En 1887, premier coup d’éclat, il sauve un dénommé Albert Moreau alors qu’ils jouent sur de la glace et que celle-ci rompt.

L’aventure comme fil conducteur

Après de (très) brèves études à l’Ecole des arts et métiers d’Angers, Eugène s’embarque dans la marine marchande. Une aventure qui tourne court. Par deux fois, il se trouve à bord de navires qui font naufrage, une première fois dans la Manche, une seconde fois aux Antilles. La première fois, on le croit mort, sa famille fait même donner des messes, mais il réapparaît quelques semaines après.
Il s’engage dans l’armée le 11 septembre 1891. Il est incorporé dans le 1er régiment d’infanterie de marine (Rima). Un peu moins d’un an plus tard, le 15 mai 1882, il est muté au 10e Rima et part pour le Tonkin où il s’illustre, une fois de plus pour acte de bravoure : blessé, il a porté sur son dos un légionnaire grièvement touché. Cela lui vaudra une médaille militaire et une citation. Au cours de cette expérience orientale, il croise Joffre, futur maréchal qui était alors commandant, ou bien Gallieni qui était colonel et qui deviendra gouverneur de Paris durant la Grande Guerre. Son expérience militaire se poursuit et se termine en Algérie. Il quitte l’armée le 7 septembre 1900.
On le croyait rassasié d’aventure, c’est mal connaître le bonhomme qui entre comme journaliste auprès du journal La Patrie et décide de faire le tour du monde à pied et sans le sou ! Un périple qui le mène jusqu’en Sibérie via Bruxelles, Berlin, Varsovie, Minsk, Moscou, Kazan, Novosibirsk, Irkoutsk, etc.

Retour à Paris

La traversée de la Sibérie s’avère difficile. Attaqué par des malfrats, il est blessé. Par chance, il est transporté à l’hôpital d’Omsk où il est soigné par une infirmière bénévole : Hélène Kreis, qui deviendra quelques mois plus tard sa femme. Le 10 mai 1903, il l’épouse à Oufa avant de repartir. Périple pédestre qui prend fin en Mandchourie. La guerre entre la Russie et les Japonais y fait rage. Malgré d’âpres négociations, son voyage s’arrête là et les époux doivent retourner à Paris. Ils arrivent le 31 décembre 1903, Hélène accouche d’une petite Georgette le 5 janvier 1904.

Après l’Asie, l’Afrique

Mais le père a toujours la bougeotte et il s’engage dans une société qui fait des relevés topographiques au Congo. De nouveau blessé, il est rapatrié en métropole. Il trouve alors du travail dans l’usine Automobile de Dion, à Lyon. Dans le même temps, sa femme a retrouvé sa Russie natale et s’installe à Moscou.
Il ne tient pas en place et quand en 1907 le journal Le Matin est en plein préparatif pour l’organisation de la course automobile Pékin-Paris, Eugène se porte volontaire pour reconnaître la première étape asiatique. Il va donc parcourir 2 000 km à cheval et à dos de chameau, mais surtout, il va traverser à pied 800 km du désert de Gobi, d’Ulan Bator (Mongolie) à Pékin, l’un des coins de la planète où le climat est le plus extrême ! Sa mission : baliser les étapes et repérer les points d’eau. En 1908, il participe au grand raid automobile New York-Paris. Non pas le Paris sis au Texas immortalisé par le cinéaste Wim Wenders, mais bien Paris en France, via le détroit de Béring.

La chance le quitte

La naissance de son fils Louis le 17 juin de cette même année précipite son retour vers Moscou et lui donne l’occasion de se fixer dans la capitale russe durant trois ans où il exerce le métier de mécanicien dans l’aviation.
1911 marque le retour de la famille en France, à Lyon, où le Domfrontais exerce encore ses talents de mécanicien. En 1914, quand la guerre éclate, il est mobilisé comme instructeur mécanicien dans l’aviation. Puis un jour, fini la chance qui le suivait jusqu’ici, en lançant une hélice à la main, il reçoit une pale en pleine tête. Il bénéficie du statut de gueule cassée. Il survit avec sa famille en faisant de petits boulots.
Une crise d’urémie l’emporte le 25 décembre 1937, il avait 64 ans. Hélène lui survit jusqu’en 1973. Une partie de sa famille vit aujourd’hui encore à Bagnoles-de-l’Orne.
Adrien Borga avec le concours de Bernard Desgrippes

Traduction

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