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Mali: un légionnaire français tué le 14 juillet dans une attaque suicide

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Frédéric DUMOULIN | 15/07/2014

Un soldat français de la Légion étrangère, dans le nord du Mali, le 21 janvier 2013
© AFP/Archives - Fabio Bucciarelli

Un légionnaire français a été tué lundi et deux autres grièvement blessés lors d'une "attaque suicide" dans le nord du Mali, à la veille du basculement de l'opération Serval vers une mission plus large de lutte contre le terrorisme au Sahel.

Cette attaque, qui a fait le neuvième mort français depuis le début de Serval --le premier par attaque suicide--, est également intervenue à la veille d'une tournée africaine de François Hollande.

Lundi, en fin d'après-midi, "un véhicule suicide a attaqué des éléments de la force française engagés en opération de contrôle de zone à une centaine de kilomètres au nord de Gao", a indiqué le ministère de la Défense mardi dans un communiqué.

"L'attaque a été portée contre des véhicules blindés installés en surveillance dans le secteur d'Al Moustarat. Sept militaires ont été touchés par l'explosion puis immédiatement pris en charge par leurs camarades avant d'être évacués vers l'hôpital militaire de campagne de Gao. L'un des trois militaires grièvement blessés est décédé dans la soirée", a-t-on précisé.

Il s'agit du neuvième soldat français tué au Mali depuis le lancement de l'opération Serval en janvier 2013. Si des attentats ou tentatives d'attaques suicides ont déjà eu lieu dans le nord du pays contre des casernes où étaient stationnés des soldats français et africains, c'est la première fois qu'un militaire français est tué au cours d'une opération de ce type. La dernière perte française au Mali remonte au 8 mai.

La victime est l'adjudant-chef Dejvid Nikolic, 45 ans, né en Serbie et naturalisé français, du 1er régiment étranger du génie (1er REG) de Laudun-l'Ardoise (Gard), a indiqué le ministère. Sous-officier aguerri, il effectuait au Mali sa huitième mission en opération extérieure, après avoir servi au Gabon, à Djibouti, en Afghanistan (2005 et 2010) et au Liban (2012 et 2013).

- Fin de Serval, début de Barkhane -

François Hollande, chef des armées, a souligné dans un communiqué que les soldats français accomplissaient "avec courage et efficacité" leur mission "pour consolider la souveraineté du Mali et lutter contre les groupes terroristes". Le Premier ministre, Manuel Valls, a également rendu hommage aux soldats français engagés pour "assurer la sécurité et la stabilité de cette région". Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a lui souhaité "un prompt rétablissement" aux militaires blessés.

A l'Assemblée nationale, les députés ont observé une minute de silence en hommage au légionnaire. Le président du Sénat Jean-Pierre Bel (PS) a salué "l'exemplarité" de l'engagement des forces françaises "contre les groupes terroristes" au Sahel.

Quelque 1.700 militaires français participent à la mission Serval lancée le 11 janvier 2013 pour stopper la progression des islamistes armés et soutenir les troupes maliennes. Elle doit s'achever dans les prochains jours pour céder la place à une opération plus large et permanente de lutte contre le terrorisme au Sahel, qui mobilisera 3.000 soldats français.

Cette perte française intervient juste avant la tournée en Afrique, de jeudi à samedi (Côte d'Ivoire, Niger, Tchad), de François Hollande et la visite au Mali de Jean-Yves Le Drian, qui doit signer mercredi à Bamako l'accord de défense franco-malien qui ouvre l'après-Serval. Un millier d'hommes devrait rester au Mali pour lutter contre "les groupes terroristes combattants".

Dimanche, M. Le Drian avait acté la fin de la mission Serval et salué une "opération contre le terrorisme menée à bien, avec une grande efficacité", avec "beaucoup d'éliminations" de "terroristes" "et beaucoup de stocks d'armes repris". Au total, 200 tonnes d'armements et de munitions ont été saisis, dont 20 tonnes de nitrate d'ammonium, qui sert à fabriquer des engins explosifs, selon son entourage.

Serval va être remplacée par l'opération Barkhane, qui doit se mettre en place en "partenariat" avec les cinq pays de la zone sahélo-saharienne (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) avec "à peu près 3.000 militaires". L'opération comptera 20 hélicoptères, 200 véhicules blindés, 10 avions de transport tactique et stratégique, 6 avions de chasse et 3 drones, selon le ministère. L'état-major sera basculé sur N'Djamena.


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