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Opérations extérieures : salut à nos volontaires

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le jeudi, 10/11/2011

La célébration de ce vendredi marque désormais l’hommage de la nation à ses “soldats morts pour la France” dans toutes les guerres, jusqu’à ceux des opérations extérieures récentes.

La génération des poilus – appelée aussi “première génération du feu” – s’est éteinte cette année. Mais le “monde combattant” se renouvelle, au fil des opérations extérieures (Opex) menées depuis plus de quarante ans, du Tchad à l’Afghanistan, en passant notamment par les Balkans, le Liban, le Cambodge, la Côte d’Ivoire ou la Libye.

Cette “quatrième génération du feu” ne cesse de se renforcer. Ces soldats, encore en activité ou retournés à la vie civile, et les unités engagées sur les différents théâtres d’opérations seront honorés par Nicolas Sarkozy, ce 11 novembre à l’Arc de triomphe. La cérémonie prévue est inédite. Trente-six unités des trois armées, de la gendarmerie, du service de santé et du service des essences ont été désignées pour recevoir la fourragère de la croix de la Valeur militaire. Jusque-là, cette décoration n’était accordée qu’à titre individuel, pour témoigner d’un comportement exemplaire. Douze drapeaux, fanions ou étendards seront présents sur la place Charles-de-Gaulle, face au chef de l’État, avec leur chef de corps et leur garde d’honneur.

L’autre innovation de ce 11 novembre 2011 est l’hommage national qui sera rendu aux vingt-quatre soldats “morts pour la France” en 2011, le “millésime” le plus meurtrier pour nos armées depuis le Liban, en 1983. Leur nom sera rappelé, solennellement, devant le président de la République, entouré des familles de ces jeunes militaires ayant fait le sacrifice de leur vie pour accomplir leur mission.

Il fallait rattraper quelques erreurs ou maladresses

Pourquoi tant de sollicitude, aujourd’hui, de la part du chef de l’État ? « C’est une année particulière avec beaucoup de morts en opérations, explique Marc Laffineur, secrétaire d’État à la Défense. Les associations attendaient aussi cet hommage. Nous avions des demandes. » L’année électorale n’est sans doute pas étrangère à cette attention particulière portée au “monde combattant” qui représente cinq millions de personnes (dont 400 000 militaires en activité). Il fallait aussi rattraper quelques erreurs ou maladresses commises par Nicolas Sarkozy au début de son quinquennat, qui avaient tant choqué les armées.

« Depuis les dix morts d’Ouzbine, en 2008, et après une ou deux prises d’armes un peu prises à la légère, le président a corrigé le tir », confirme un officier, familier du sérail politico-militaire. L’arrivée à la tête de son état-major particulier du général Benoît Puga, un opérationnel reconnu pour ses états de service et sa forte personnalité, n’est pas étrangère à cette correction de cap. « L’important c’est de garder la mémoire, insiste Marc Laffineur. À travers cet hommage aux opérations extérieures, nous rappelons le poids de la France dans le monde et le fait que notre pays reste porteur de valeurs. »

L’idée de cet hommage particulier aux soldats des Opex date en réalité de 2008. Les projets ont avancé, à partir des recommandations du rapport du professeur André Kaspi sur la journée des Anciens Combattants, remis en 2008, et du rapport que le général Bernard Thorette vient de remettre à Gérard Longuet, le ministre de la Défense, sur la nécessité de dédier un monument national aux 616 soldats morts dans les opérations extérieures depuis la fin de la guerre d’Algérie : « Il y avait une demande, les choses ont mûri, c’est le moment », dit-on à la Défense.

Dans son rapport, la commission Kaspi avait indiqué le chemin à suivre : « Les commémorations publiques ou nationales sont trop nombreuses. Elles atteignent aujourd’hui le nombre de douze, soit deux fois plus qu’en 1999. Leur nombre pourrait encore augmenter dans les années à venir. Ce qui entraîne une désaffection et une incompréhension de la part d’une très grande majorité de la population, un affaiblissement de la mémoire collective, des particularismes qui vont à l’encontre de l’unité nationale. »

Le choix qui vient d’être fait clarifie donc la situation. Le 11 Novembre permettra maintenant de commémorer les morts du passé et du présent. Le 8 Mai est maintenu pour marquer la victoire sur le nazisme et le 14 Juillet pour célébrer la fête nationale. Les autres dates deviendront des commémorations locales ou régionales.

En septembre, aux Invalides, dans son émouvant adieu aux armes, le général Elrick Irastorza, alors chef d’état-major de l’armée de terre, avait souhaité plus de considération de la nation pour saluer le courage, l’enthousiasme, la volonté, la camaraderie de ses “volontaires” pour les Opex : « Dans ce domaine, j’ai relevé que l’on passait assez étonnamment de l’indifférence affective à la frilosité compassionnelle et je m’interroge parfois sur notre capacité à faire face, collectivement, aux vicissitudes de l’Histoire. Je regrette qu’au moindre revers de fortune les polémiques viennent affaiblir la parole de la France et la force de ses armes. »

Évoquant les pertes récentes au combat, il avait rappelé cette triple obligation pour notre pays : « Honorer nos morts, surmonter nos peines et repartir de l’avant. Nos monuments aux morts… témoignent de cette capacité de résistance de notre pays. » D’où l’importance, à ses yeux, de ce futur monument à la mémoire de nos soldats tués en Opex : « Il prolongera cet indispensable témoignage et entretiendra cette flamme qui ne doit pas s’éteindre et qui s’appelle le patriotisme. »

Vigilant, le vieux soldat avait aussi adressé cette mise en garde à la nation et à ses décideurs : « La mission est la clé de voûte de notre vocation de soldat ; son accomplissement peut exiger le sacrifice de la vie. À ces deux titres, elle est deux fois sacrée et devra le rester… Si d’aventure cette dimension sacrale venait à s’effilocher au fil des ans, notre métier deviendrait moralement inconsistant et nous serions alors bien incapables de donner du sens à l’engagement de nos soldats et moins encore à leur sacrifice. Ce jour-là, faute d’armée motivée, bref faute d’armée tout court, la voix de la France ne pèserait plus grand-chose. »

Frédéric Pons


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