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Marseille : la justice étouffe le feu de 2009 à Carpiagne

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Publié le jeudi 15 septembre 2011 à 17H22

Le parquet requiert un non-lieu en faveur du légionnaire mis en cause dans cette catastrophe

Dans le but de se racheter, l'armée avait déployé cinquante légionnaires

pour aider l'ONF aux travaux urgents dans les massifs sinistrés et auprès

de la population. Photo Cyril Sollier

 

Un maire de Marseille ulcéré, réclamant des "sanctions exemplaires", un préfet de région "scandalisé", des Marseillais sidérés par "la stupidité" et une armée qui plaide coupable. En juillet 2009, alors que les sols noircis des massifs qui surplombent Marseille, de Vaufrèges à Saint-Loup, sont encore fumants, l'implication des militaires dans l'origine du feu ne fait pas de doute.

L'incendie, qui a ravagé 1069 hectares et détruit 50 à 100 000 arbres - y compris au coeur du futur parc national des Calanques -, a éclos dans le camp militaire de Carpiagne, derrière la butte d'un des champs de tir, lors d'un exercice au cours duquel des balles traçantes ont été introduites dans les fusils d'assaut Famas.

L'adjudant Philippe Fontaine du 1er régiment étranger d'Aubagne, maître de cet exercice, est placé en garde à vue. Mis en examen, il est le seul à supporter le poids de la catastrophe. Deux ans plus tard, dans un réquisitoire signé le 30 août dernier, le parquet de Marseille requiert un non-lieu en faveur du légionnaire, mis en examen pour "destruction involontaire par incendie de forêt de nature à causer un dommage irréversible à l'environnement et pour blessures involontaires".

Le parquet ne réclame son renvoi devant le tribunal que pour une "violation de consigne", un délit puni au maximum de deux ans d'emprisonnement par le Code de justice militaire. Ce schéma judiciaire, s'il est suivi par les juges d'instruction Annaïck Le Goff et Carole Sayous, dégagerait encore plus clairement l'armée de toute responsabilité dans le désastre écologique de l'été 2009.

Ce jour-là, les cinq légionnaires encadrés par l'adjudant Fontaine avaient tiré 1304 munitions, dont 262 traçantes. Les balles sont conditionnées sous forme de barrettes de dix, dont deux traçantes caractérisées par un embout rouge. Le mois précédent, en juin, au camp des Garrigues dans le Gard, Philippe Fontaine avait fait retirer, une à une, 2800 balles traçantes.

Le 22 juillet, à Carpiagne, cette précaution n'avait pas été prise en dépit des consignes rappelées en rouge dans le bureau où était passé le groupe et sur le trajet conduisant au champ de tir : "Tirs balles traçantes interdites". Si, selon le procureur de la République, le délit de "violation de consigne" ne fait aucun doute - il est même reconnu par l'adjudant -, "il n'est en revanche absolument pas établi que ce soit l'une des munitions fautivement tirées qui ait été à l'origine de l'incendie".

Le magistrat s'appuie sur l'expertise de quatre fragments retrouvés sur le lieu d'éclosion de l'incendie, dont aucun ne correspond aux balles traçantes tirées ce jour-là. "Il ne peut être juridiquement établi de lien de causalité" entre le tir de balles interdites et le déclenchement du feu. Avec cette réserve que le piétinement par les secours de la zone de départ du feu "obère la qualité des constatations".

Surtout, une fumée blanche s'est élevée à 13h20, juste derrière la butte fermant le champ de tir et, selon les pompiers, il n'y a pas eu d'autre départ de feu dans le secteur. L'adjudant Fontaine, qui a toujours douté que son exercice soit à l'origine de l'incendie, avait fait un compte rendu immédiatement après les faits : "On a tiré, on a mis le feu, on est intervenus, mais ça nous a échappé".

Si les juges d'instruction partagent l'analyse du parquet, l'armée ne pourrait plus se voir opposée de faute, même civile, alors qu'elle est assignée en réparation des dommages subis par quelques unes des 67 victimes recensées.

En juillet 2009, le gouverneur militaire avait envoyé la troupe sur les terres calcinées et auprès de la population. Des légionnaires musculeux pour couper les fûts d'arbres calcinés et mettre les habitations en sécurité. Mais, comme le conclut le procureur, "il n'est pas possible de savoir ce qui a déclenché cet incendie". Rompez !

Luc LEROUX ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )


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