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Kostas Sarantidis, un soldat blanc de l'Oncle Hô 240308

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De nationalité grecque, son nom est Kostas Sarantidis, pourtant il préfère le patronyme Nguyên Van Lâp, typiquement vietnamien. Durant la guerre du Vietnam, ce soldat de la légion étrangère a déserté l'armée française pour s'engager parmi les combattants de l'Armée populaire vietnamienne. Résidant à présent en Grèce, le Vietnam reste toujours sa 2e patrie où il a vécu une vingtaine d'années.


Kostas Sarantidis est né en 1927 en Grèce. Février 1946, le jeune Kostas s'est engagé avec la 2e R.I.E pour aller à Saigon "désarmer les fascistes japonais" selon le contrat signé avec la légion étrangère. "Mais à mon arrivée, j'ai compris mon erreur, raconte Kostas, il n'y avait aucun soldat japonais, seulement l'armée française".

Les jours suivants, le jeune homme a témoigné et participé, avec sa troupe, aux massacres et ratissages, dont les victimes étaient des civils, y compris des femmes et des enfants. "J'ai pleuré et souffert, en voyant ces crimes envers la population vietnamienne. J'ai passé plusieurs jours tourmenté par mes réflexions. Je pensais à mes compatriotes grecs, massacrés par les fascistes allemands durant la 2e guerre mondiale et me demandais pourquoi l'Armée française agissait aussi cruellement à l'égard de gens innocents. En participant aux massacres, je me comportais vis-à-vis des Vietnamiens comme l'avaient fait les fascistes allemands avec les Grecs", se souvient le vétéran.

Rejoindre la cause du Viêt-minh

Kostas Sarantidis s'est épanouit en renonçant à l'armée française pour "suivre la voie d'une juste cause". En rencontrant Mai Lê Lily, une agent de renseignements du Viêt-minh, Kostas a clairement compris le Viêt-minh et le noble idéal que poursuivaient les soldats vietnamiens dans leur œuvre de lutte pour l'indépendance nationale. "J'ai trouvé depuis mon chemin entre justesse et idéal", raconte-t-il.

Le 4 juin 1946 est un jour "historique" pour le jeune Kostas, qui, avec son ami de la 2e R.I.E, l'Espagnol Santos Merinos, a fui l'armée française pour rejoindre l'armée du Viêt-minh. Il y a été accueilli et porte depuis un nom vietnamien : Nguyên Van Lâp. Officiellement admis au rang des "soldats de l'Oncle Hô", il s'est engagé à militer pour la justice au Centre du Vietnam jusqu'en 1954. Kostas se souvient à jamais des jours passés sous le drapeau des communistes. "Ce sont des moments inoubliables. L'esprit d'équipe et la cama- raderie m'ont donné la force spirituelle de surmonter les difficultés de la guerre et de poursuivre la lutte pour l'indépendance du Vietnam", dit-il. Jusqu'aujourd'hui, il se montre toujours fier d'avoir combattu pour "l'idéal communiste, la liberté et une cause juste", confie l'octogénaire.

En 1954, les troupes de l'Armée vietnamienne au Sud ont été regroupées au Nord. Le soldat Kostas Sarantidis en faisait partie pour se rendre dans la province de Thanh Hoa. Un an après, Kostas a été mobilisé à l'aéroport de Gia Lâm à Hanoi. En 1956, il a été démobilisé et a travaillé comme interprète à l'imprimerie Tiên Bô, puis comme chauffeur aux mines de houille de Cao Bang et La Duong. En 1965, Kostas est revenu en Grèce avec sa femme vietnamienne et ses 3 enfants.

Trois rencontres inoubliables avec Hô Chi Minh

Kostas Sarantidis a eu l'honneur de voir le président Hô Chi Minh à 3 reprises. "Jamais je n'ai rencontré une personne comme l'Oncle Hô. Quand j'étais proche de lui, j'étais captivé par ses yeux, brillants comme des perles baignées par les rayons du soleil", dit-il avec émotion. Kostas a approché Hô Chi Minh la première fois alors que le Président passait en revue le régiment 354 à l'aéroport de Gia Lâm, Hanoi. La 2e fois à la cérémonie d'inauguration de l'imprimerie Tiên Bô et la 3e à l'hôpital C de Hanoi, lorsque Hô Chi Minh rendait visite à Lê Duc Tho (diplomate et membre du politburo du Parti des travailleurs du Vietnam à l'époque (actuel Parti communiste du Vietnam), au moment où Kostas y était aussi hospitalisé. "Chaque rencontre m'a donné tant d'affection, je n'oublierai jamais les moments, où le tenant par la main, j'écoutais sa voix douce", ajoute Kostas.

Réinstallé en Grèce depuis 1965, Kostas Sarantidis est revenu à multiples reprises au Vietnam. Tout récemment, il était au Vietnam sur l'invitation de la Télévision nationale pour le programme "Nous sommes soldats". "J'y reviendrai prochainement".

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