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Association de soutien à l’armée française

18, rue de VEZELAY
75008 PARIS
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www.asafrance.fr

« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 12/07

« 14 juillet : Ne pas désarmer »

 

En cette veille de Fête nationale nos dirigeants annoncent les premières mesures d’économies qu’ils estiment indispensables à la réduction des déficits publics. Ce n’est pas fini ;  il leur faudra ensuite s’attaquer à la dette de 1 800 Mds € accumulée en 35 ans et dont les intérêts annuels s’élèvent à 50 Mds € !

Des choix déterminants pour l’avenir

C’est dans ce contexte budgétaire très contraignant que certaines voix, et non des moindres, déclarent que le budget de la Défense doit contribuer, une fois de plus,  à l’effort annoncé. C’est ignorer la situation internationale, l’état de nos armées et les conséquences à court et moyen termes d’une telle décision sur nos capacités opérationnelles et notre crédibilité.
Le niveau et la cohérence des capacités militaires - celles que nous devons détenir en propre et celles que nous pouvons partager avec nos alliés - n’ont rien à faire des querelles politiciennes ou de la couleur des uniformes. Elles fixent de façon durable la place que notre pays veut occuper dans le concert des nations et déterminent son degré d’indépendance et sa volonté de rester libre.
Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, dont la révision vient de commencer, doit réévaluer les menaces qui, à l’évidence, n’ont pas diminué. Par une étude rigoureuse il doit fixer les moyens militaires qu’il nous faut posséder aujourd’hui et développer pour demain.  Alors pourquoi parler de réduction des moyens quand l’étude ne fait que démarrer ?

Des solutions séduisantes mais dangereuses

Deux pistes sont avancées pour justifier la réduction des dépenses militaires : la Défense européenne et la réduction du format.
Pour ce qui est de la première, encore faudrait-il qu’une politique européenne existât, ce qui n’est pas le cas. Dès lors comment intégrer une Défense européenne cohérente avec une politique qui n’existe pas ?  Si nous pouvons et devons renforcer nos coopérations, il est dangereux de croire et de faire croire que cette perspective nous dispense de faire des efforts. En effet, nous devons disposer d’un socle de capacités strictement nationales pour faire face aux situations de crise dans lesquelles nous devrions ou voudrions agir seuls : territoire métropolitain, DOM-COM, pays avec lesquels des accords de défense ont été signés,…
Ces capacités doivent en outre nous permettre de conserver une position de leader en Europe avec l’Allemagne et la Grande Bretagne.
Aujourd’hui, l’état de nos forces ne nous permet pas de remplir correctement ces deux conditions.
L’autre illusion est de réduire encore les effectifs des armées.
Si certaines évolutions, notamment techniques peuvent permettre de gagner ici ou là quelques effectifs - les frégates de dernière génération requièrent des équipages moins importants que ceux des anciennes -, des besoins nouveaux nécessitent des effectifs supplémentaires. C’est donc davantage un redéploiement de certains effectifs plutôt qu’une réduction qui doit être envisagé,  mis à part dans certaines niches telles que le Contrôle général des armées dont les effectifs demeurent immuables alors que ceux des armées n’ont cessé de diminuer!
En fait, au terme de la déflation en cours depuis 2009, l’armée française (terre, mer, air et services communs) atteindra avec 225 000 hommes un niveau historiquement bas. Ses effectifs seront alors inférieurs à ceux des forces de sécurité intérieure ou de la sécurité civile.

Ne pas sacrifier les effectifs restants

Les effectifs de l’armée sont sur le point d’atteindre un seuil critique. Passer en dessous signifiera ne plus disposer de l’éventail complet et au meilleur niveau des compétences indispensables faute d’une ressource militaire suffisante.
Par exemple, comment avoir des forces spéciales très performantes sans disposer d’un vivier suffisant pour les alimenter ? L’armée de Terre, qui compte 100 000 hommes et femmes, en fournit 2 500 aux forces spéciales, soit 2,5%. Ce ratio est le même pour les personnels fournis par la Marine et l’armée de l’Air.
N’oublions pas que la conduite d’une opération militaire exige des unités et équipages parfaitement entraînés. C’est un long processus car il est hors de question de « projeter » des forces qui ne seraient pas au niveau. Mais pour 15 000 hommes déployés, commandés et soutenus, il en faut 6 fois plus en cours de recrutement, de formation individuelle et collective, d’aguerrissement, d’entraînement spécifique à la zone d’engagement ou encore, après le retour d’opération, au repos et en remise en condition, voire en reconversion pour les plus anciens. Trop de stratèges déclarés et d’experts autoproclamés ignorent ces réalités.

Un devoir pour demeurer nous-mêmes

Lors des défilés du 14 juillet, nous serons à juste titre fiers de vivre encore dans un pays dans lequel des hommes et des femmes sont prêts à sacrifier leur vie pour lui garantir son indépendance. L’armée qu’ils forment cultive des vertus d’honneur, de courage, de discipline et de fraternité qui pourraient largement inspirer l’ensemble de la communauté nationale en ce temps de crise, et lui donner l’exemple de la cohésion.
Aussi est-il du devoir  des responsables politiques d’aujourd’hui de donner à ces soldats les moyens leur permettant de remplir les missions qui leur sont confiées, dans les meilleures conditions.
Il est aussi du devoir de ceux qui en ont conscience, civils et militaires, d’y veiller et de l’exiger si nécessaire. Il y va de l’intérêt supérieur du pays et des générations à venir. L’Honneur et l’Histoire, autant que le bon sens, le commandent et nous obligent.

Traduction

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