AALEME

Légionnaire toujours...

  • Plein écran
  • Ecran large
  • Ecran étroit
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

La mort d'Yves Debay, reporter de guerre

Envoyer

Secret défense

Vendredi 18 Janvier 201 Jean-Dominique Merchet
 

Il a été tué jeudi par un sniper à Alep en Syrie.

On apprend la mort d'Yves Debay, reporter de guerre et journaliste bien connu dans les milieux militaires. Selon des informations encore partielles, il aurait été tué jeudi à Alep (Syrie), non loin de l'hopital de la ville, par un tireur embusqué des forces loyalistes.
Yves Debay avait 58 ans et dirigeait le magazine Assault, qu'il avait créé en 2008, après de nombreuses années passées chez Raids.

La guerre était sa vie et il est mort à la guerre. C'est, n'en doutons pas, comme cela qu'il rêvait de finir... mais pas si vite. Yves Debay était un personnage haut en couleurs, adorable et complètement cinglé.
Né en 1954 au Congo belge, ce géant blond au visage poupin s'engage d'abord dans l'armée belge, mais la soif d'aventures le pousse à aller voir ailleurs, en rejoignant l'armée rhodésienne - l'armée du régime blanc qui combat la guerilla africaine d'inspiration marxiste. Cet engagement, à la fin des années 70, correspond à son amour de l'Afrique comme à ces idées politiques, proches de l'extrême-droite. Mais par dessus tout, il aime la guerre, les soldats, l'odeur de la poudre et le goût de la bière. Il ne changera jamais.
Au milieu des années 80, il se reconvertit dans le journalisme d'abord à la Gazette des Armes puis au magazine Raids pour lequel il couvre tous les conflits. Dès qu'un coup de feu éclate quelque part, il s'y précipite ! L'Afghanistan (des Soviétiques), la guerre du Golfe, les Balkans, le Caucase, le Liban, l'Irak et bien sûr toujours son Afrique bien aimée. Lorsque qu'il n'est pas "au front", il est de toutes les manoeuvres où il cotoie plus volontiers le caporal-chef que le général, avec une affection toute particulière pour la Légion. Sportif, il pratique le parachutisme, collectionnant les brevets du monde entier, et la plongée... mais aux Maldives !

Il était capable des choses les plus insensées, toujours dans un grand éclat de rire. Présenter un spectacle de marionnettes (Kermit le grenouille !) à des Moudjhadines afghans, prouver à un officier de Saddam Hussein (qui le détenait pour espionnage...) qu'il était français en imitant Louis de Funès dans Rabbi Jacob. Embrasser la terre de Grèce parce que son seul Dieu était Dionysos, le dieu de l'ivresse... Pratiquer le baise-main dans un surplus militaire. Faire de très mauvaises blagues sur la Fraternité Totenkopf, sans qu'on parvienne à lui en vouloir tant sa gentillesse et sa générosité étaient évidentes.

Yves Debay avait connu son heure de gloire médiatique lors de l'entrée des chars américains dans Bagdad en 2003. Il y était, évidemment, et avait raconté le déboulé blindé aux médias du monde entier. Mais il s'en moquait. Sa reconnaissance, ce vieux célibataire - qui n'a pour famille que sa seule mère -  la trouvait dans l'ambiance virile des popotes.

En 2008, il avait créé son propre magazine Assaut. S'il parvenait difficillement à joindre les deux bouts, cela lui permettait de partir couvrir les conflits - la seule chose qu'il aimait. Il s'est envolé pour la Syrie juste la veille du déclenchement des opérations françaises au Mali. Il y avait donc rendez vous non pas avec Dionysos, mais avec Arès, le Dieu de la Guerre. Que celui-ci prenne désormais soin de notre ami ! 


Traduction

aa
 

Visiteurs

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui2634
mod_vvisit_counterHier9763
mod_vvisit_counterCette semaine12397
mod_vvisit_counterSemaine dernière62361
mod_vvisit_counterCe mois135902
mod_vvisit_counterMois dernier224610
mod_vvisit_counterDepuis le 11/11/098336635

Qui est en ligne ?

Nous avons 1787 invités en ligne

Statistiques

Membres : 17
Contenu : 13462
Affiche le nombre de clics des articles : 18058268
You are here BREVES 2013 La mort d'Yves Debay, reporter de guerre