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Légionnaire toujours...

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Campagne d’Alsace 1944-1945 – Sixième partie (la Poche de Colmar)

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France – Histoire – Espérance

6 – L’attaque de la 1re DMI (DFL) sur l’Ill et le combat de Grussenheim

– Le 22 janvier, Garbay et son état-major installent le PC divisionnaire dans une école de Scherwiller. Il fait toujours un temps glacial (- 23°C) et les soldats de la division, fatigués, grelottent. « Nous ne sommes pas des Russes pour attaquer par un temps pareil » écrit le Colonel Bernard Saint-Hillier. La 4e Brigade du Colonel Delange a presque disparue après les combats d’Obenheim. La division reçoit le renfort du GTV  mais la coopération avec les hommes de Leclerc va s’avérer exécrable.

– Le 23 janvier, Garbay lance la 2e Brigade du Colonel Bavière et la 13e Demi-Brigade de la Légion Etrangère (DBLE) d’Arnault à l’assaut. En dépit du terrain boisé, Légionnaires et Tirailleurs remportent plusieurs succès. Le 1re Bataillon de la Légion Etrangère (BLE) de Gabriel Brunet de Sairigné s’empare d’Illhausern et y franchit l’Ill. En revanche, le 2nd BLE du Commandant Jean Simon échoue à déborder Elsenheim. Le 24, le 2nd BLE et le BM 11 (Capitaine Boucard) tentent de prendre la localité mais sans succès. Le BM 5 (2nde Brigade) du Capitaine Hautefeuille échoue lui aussi à franchir l’Ill. Garbay demande alors l’intervention du Groupement Tactique V mais le nouveau de cette unité mixte, Adolphe Vézinet (qui a remplacé de Guillebon), refuse d’engager ses chars et ses fantassins portés (J-Ch. Notin). La rage s’empare de l’état-major de la 1re DMI qui trouve un allié en la personne du Général Jean Touzet du Vigier, tout juste nommé Gouverneur Militaire de Strasbourg. Soldat loyal et officier résistant de la première heure (1), l’ancien commandant de la « Saint Louis » appelle Vézinet et n’a pas de mots assez durs pour qualifier l’attitude de l’officier du GT V : « Que vous laissiez tuer des gens de n’importe quelle autre division de la Ire Armée, ça se comprendrait car vous ne les aimez guère. Mais pas ceux de la 1re DFL ! »  Propos auxquels Vézinet rétorque qu’il n’a d’ordres à recevoir que de son chef, le Général Leclerc, qui ne lui a pas ordonné d’appuyer une attaque d’infanterie. Pour Garbay et Saint-Hillier, la coupe est pleine. En plus de l’état-major de la Ire Armée, voilà qu’il faut croiser le fer avec la 2e DB ! Finalement, Garbay et Saint-Hillier font passer le GT V (501e RCC, 3/RMT, 3/RMSM, 2/RBFM, 11/64e RA et 2/13e BG) par le secteur tenu par l’aile gauche de la 3rd US Division et le Sous-Groupement Sarazac nettoie les bois qui gênent la 13e DBLE.

– Les Allemands tenant encore Elsenheim, la 13e DBLE  attaque alors en direction de Grussenheim. Le 27 janvier, le 3e BLE du Commandant Lalande progresse vers le Carrefour 177 où il effectue sa jonction avec le GT V. Le Sous-Groupement Putz doit établir une tête de pont sur la Blind au nord-ouest de Grussenheim avec l’aide d’éléments du 1er Bataillon du Génie de la DMI-DFL. La Blind est une rivière encaissée et non-gelée malgré le froid qui mesure 3-4 m de larges et 80-100 cm de profondeur. En parallèle, le 1er BLE de Sairigné arrive à pied depuis Bergheim (10 km à pied dans la neige), avant d’expédier sa 3e Compagnie et la 2nde Compagnie du 501e Régiment de Chars de Combat (Capitaine de Witasse) sur le Carrefour 177. Malheureusement, Légionnaires et équipages de chars ne tardent pas à essuyer un violent barrage de l’artillerie allemande. A 16h00, la 3/1er BLE franchit la Blind avec les chars « Ulm »  et « Auerstaedt » et par le M10 « Le Phoque » du 2nd Escadron du RBFM. Plus à l’ouest, la 1re Cie du 1er BLE et la 12e Cie du Régiment de Marche du Tchad franchissent aussi la Blind pour établir une seconde tête de pont de 300 mètres de long. A 17h00, les Français s’installent et deux heures plus tard, sous le couvert de la nuit, les équipes du 1er BG commencent à installer un pont sur la Blind. Les reconnaissances lancées par le même bataillon n’indiquent aucune présence allemande.

Gabriel Brunet de Sairigné, commandant du 1er BLE

– Mais à 22h30, les Allemands déclenchent un violent tir de barrage sur les Français avec mortiers, obusiers et mitrailleuses lourdes. Une section du Génie est anéantie et l’ennemi lance une contre-attaque  de nuit avec Grenadiers lourdement armés portant des capes blanchs et Jagdpanther du Pzjäg-Abt. 654 bien dissimulés sous le couvert des arbres et des aides. Légionnaires et Fantassins portés du Tchad luttent comme ils le peuvent Les Howitzer M1 de 105 mm du 11/64e Régiment d’Artillerie qui assurent la couverture ouvrent le feu à l’ouest de Grussenheim, pendant que ceux du 1er Régiment d’Artillerie déclenchent leur tir sur la zone sud sur la rive est de la Blind. Les fantassins de Séraigné et ceux du RMT réussissent finalement à repousser les assaillants à l’arme légère mais subissent de lourdes pertes. Le 1er BLE a eu près d’une centaine de tués. Le GT Vézinet déplore la perte de 180 hommes dont le Lieutenant-Colonel Joseph Putz, l’un des premiers ralliés à la France Libre. Le 30-31 janvier, Garbay et Leclerc décident d’arrêter temporairement les frais. Leurs hommes sont fatigués et le temps est toujours aussi sibérien. C’est le 1er février que le SG Sarazac, les Tirailleurs du BM 21 (Commandant Oursel) et des éléments du 1er Régiment de Fusiliers Marins (Pierre de Morsier) finissent par prendre Elsenheim et Marckolsheim.

– Mais l’épreuve des armes ne calme pas les esprits dans les états-majors, comme le note toujours Jean-Christophe Notin (2). Le 29 janvier, au regard des pertes, Leclerc demande que le GT V ne soit engagé qu’avec le soutien de 2 Bataillons d’Infanterie « en bon état » et avec le soutien des chasseurs-bombardiers. Bernard Saint-Hillier enrage alors contre le chef de la 2e DB qu’il accuse d’attaquer seulement quand bon lui semble et surtout quand il est sûr de remporter un succès. Le jugement est bien sévère car Leclerc a bien fait donner sa cavalerie dans les combats de janvier 1945. En revanche, l’animosité des vieux FFL va toujours à Joseph de Goislard de Monsabert, accusé une fois de plus d’avoir gaspillé les forces de la 1re DFL. C’est dans les rangs des Légionnaires que l’on en veut le plus au chef du IInd Corps, le Commandant Arnault, patron de la « 13 » refuse catégoriquement de lui serrer la main après la prise d’Elsenheim. Pour la DMI-DFL, la campagne d’Alsace va s’arrêter là. Elle doit être retirée en vue d’un redéploiement contre les Poches de l’Atlantique. Sauf que ce sont les Alpes-Maritimes (Authion) qui lui sera attribuée. Néanmoins, – toujours pour reprendre les propos de Notin – la plupart des anciens d’Afrique, d’Italie et de Provence percevront ce nouveau comme une injustice. Eux qui avaient formé la première unité combattante contre les Nazis et leurs Alliés, voilà qu’on leur refusait le franchissement du Rhin et l’entrée en Allemagne. Certains en voudront énormément à de Gaulle de ne pas les avoir défendus et ce, au profit des forces de de Lattre.

[Suite]

(1) : Voire sur ce même blog : Jean Touzet du Vigier, commandant de la Saint-Louis
(2) : In NOTIN J-Ch. : Le Général Saint-Hillier. De Bir-Hakeim au putsch d’Alger, Perrin

Remerciements tout particuliers à Patrice S. pour ses précieuses informations.


Traduction

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