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Légionnaire toujours...

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L’arme des 300 derniers mètres

La Légion restera une troupe d’infanterie dans l’ère Scorpion. Elle fera valoir son esprit de corps, son esprit combatif, sa rusticité, sa compréhension du monde et sa maîtrise de la force.

 

La Légion est une troupe d’infanterie

Des générations de cadres ont retenu cette aphorisme lors de leur apprentissage du combat d’infanterie. Cependant, puisque notre époque n’est plus, comme le dit Fabrice Hadjaj, « essentiellement celle de l’idéologie mais de la technologie », cette notion des 300 mètres n’est-elle plus qu’un mythe qui nous renvoie à des combats légendaires ?  Ainsi de la bataille des Thermopyles, du combat des 300, des chocs de Tolbiac et de Bouvines, du face-à-face de Marignan, des charges d’Austerlitz jusqu’au « miracle » de la Marne et, finalement, aux furieux corps-à-corps de Dien-Bien-Phu...

A l’heure du numérique qui abolit les distances, des robots, de l’intelligence artificielle, qui décomposent chaque phénomène en fonctions calculables, jusqu’à l’humain, que vaut un fantassin, fut-ce dans les 300 derniers mètres ? La reine des batailles a-t-elle encore sa couronne ?

Il ne m’appartient pas, ès qualités, de répondre seul à cette question, bien qu’elle soit d’importance pour la Légion étrangère.  En effet, la Légion est sans contestation une troupe d’infanterie. Elle l’est par son recrutement, par la combativité qui la caractérise, par sa rusticité et sa capacité d’adaptation.

Quatre régiments étrangers sur huit formations opérationnelles sont composés de combattants débarqués. Dans leurs spécialités, ils couvrent tous les milieux, qui sont autant de sanctuaires potentiels pour l’ennemi : désert, ville, montagne, forêt. Ils utilisent tous les modes de déplacement pour approcher de l’ennemi, au plus près et le plus rapidement.

De plus, la Légion étrangère sélectionne sans exception ses candidats à l’engagement sur les critères sévères de l’infanterie française, au plan physique, médical et psychologique. Elle forme ensuite ses recrues au creuset de l’école exigeante du combattant débarqué, aux prises avec la rudesse du terrain, elle les prépare aux situations locales encore plus imprévisibles, elle les amène au dépassement de soi et finalement elle les initie à l’imbrication, à la prise de décision isolée, à la maîtrise de la force jusqu’au sacrifice.

Que signifie, alors, "être fantassin" dans le système de combat Scorpion ?

La mise en réseau des informations dissipera en partie le brouillard de la guerre, accélèrera la manœuvre et augmentera les distances du contact, posant ainsi la question de ces fameux 300 derniers mètres. Dans ces conditions, doit-on encore préparer les esprits et les corps au prochain Camerone ?

L’Ecole de l’infanterie de Draguignan, experte de cette fonction, prend position dans un document très éclairant : « L’infanterie moderne se définit tout à la fois par le caractère intemporel de son combat, à courte distance, jusqu’à affronter le regard de son ennemi, mais aussi par l’impérieuse nécessité de maitriser parfaitement les atouts de la haute technologie mise à sa disposition. Dans ce domaine, Scorpion permettra à l’infanterie de démultiplier ses aptitudes sans pour autant changer la nature de son combat »[1].

Ce document définit ensuite les qualités de l’infanterie à conserver ou à développer en vue des engagements futurs : rusticité, cohésion, confiance mutuelle, rectitude du commandement, protection individuelle, précision et rapidité des tirs, supériorité informationnelle, combinaison interarmes, mais aussi compréhension du milieu et de l’environnement humain.

L’expérience nous rappelle le besoin d’allier technologie et combativité pour obtenir les effets que seul le contact direct, le duel, peut produire. Le monde numérique n’apporte pas, seul, la supériorité au contact de l’ennemi. Le combat d’infanterie restera souvent affaire de précision dans l’exécution de tâches élémentaires, d’initiatives et de courage collectif.

La reine des batailles n’a donc pas fini de régner et, si nécessaire, une parole d’un autre expert, Michel Audiard, devrait nous en convaincre définitivement : « A l’affut sous les arbres, ils auraient eu leur chance ; Seulement de nos jours, il y a de moins en moins de techniciens pour le combat à pied. L’esprit fantassin n’existe plus, c’est un tort ».

La Légion restera une troupe d’infanterie dans l’ère Scorpion. Elle fera valoir son esprit de corps, son esprit combatif, sa rusticité, sa compréhension du monde et sa maîtrise de la Force.

 

Général de brigade Alain Lardet

Commandant la Légion étrangère

[1] Concept général de l’infanterie de 2018.


Traduction

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