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Légionnaire toujours...

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Hommage à l'adjudant-chef Dieter Ries

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Il existe un chant que les Légionnaires entonnent sur la tombe de leurs morts, il s’appelle J’avais un camarade: en voici le début:

«J’avais un camarade De meilleur il n’en est pas, Dans la paix et dans la guerre nous allions comme deux frères, Marchant du même pas.»

Oui, moi aussi j’avais un camarade et maintenant il n’est plus, Il se nommait Dieter Ries, ici nous l’appelions Didier, c’était un vrai soldat et un homme de bien. II ne faut pas que son souvenir tombe dans l’oubli, c’est pourquoi je vais vous parler encore un peu de lui.

Didier RIES est né le 3 octobre 1938 à Francfort sur le Main en Allemagne .A l’issue de la guerre sa mère se trouve veuve et sans ressources pour élever ses trois enfants, une fille et deux garçons. Le jeune Didier ne fera pas de longues études et devra très tôt se mettre à travailler pour aider sa famille.

Toutefois le jeune homme ne tarde pas à ressentir l’appel impérieux de l’aventure, en 1957, à 19 ans il s’engage à la Légion Étrangère, il est aussitôt affecté au 1er Régiment Étranger Parachutiste qui est alors en première ligne au cœur du conflit algérien.

Dès lors la vie de Didier peut se découper en trois périodes:

A partir 1957 date de son engagement à la Légion et jusqu’en 1971 il est militaire. Je préfère dire soldat, un soldat d’élite, un combattant de choc et un meneur d’hommes né. Après l’Algérie il sera en garnison à Aubagne, à Verdun, à Trêves, à Landau où il rencontre Valérie cette femme remarquable trop tôt disparue qui fut son épouse et que nous avons tous connue. Il quitte le service à Toulouse en 1971 avec le grade d’adjudant —chef, cinq citations et la Médaille militaire. La France lui marquera plus tard sa reconnaissance en lui décernant la Légion d’honneur.

Une mission à Libreville lui ayant donné l’idée de se tourner vers l’Afrique il part y travailler et, de 1973 à 1986 il est au Gabon puis en RCA où il se montre un organisateur et un logisticien de premier plan dirigeant sur le terrain d’importants programmes de travaux.

A partir de 1986 il est ici, à Saint Clément, d’abord négociant en vins avec une clientèle à Hambourg puis et ensuite au service de la commune en assumant à partir de 1989 au sein du conseil municipal des responsabilités importantes dont vous parlera sans doute notre maire monsieur Cacciaguerra.

La vie de Didier telle que je viens de vous la résumer dénote la fermeté de caractère, l’intelligence des choses, l’esprit de décision. Cela appartient, pourrait on dire, au côté soldat .C’était un homme extrêmement actif ,membre de plusieurs associations , un chasseur acharné qui traquait la bécasse avec son chien Solo .Mais la personnalité de Didier était infiniment riche . Il possédait une immense curiosité intellectuelle ,une ouverture d’esprit peu commune ,un souci des autres qui en faisait un ami fidèle , attentionné et tolérant., J’ai parcouru avec lui les bois et les garrigues pour cueillir les cèpes et les asperges sauvages , animé les réunions d’anciens paras, assisté à des manifestations patriotiques. Mais nous aussi discuté des soirées entières de la guerre en Afghanistan, épluché l’organisation des légions romaines, tenté de sonder les arcanes du monothéisme d’Akhenaton, disséqué les récits de Tacite et de Xénophon. Nous nous sommes aussi appuyés l’un sur l’autre lorsque le vent était mauvais.

Rappelez-vous ce poème castillan:

Caminante no hay camino, e! camino se hace al andar, Toi qui marche, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant

Didier a marché longtemps se faisant son propre chemin, dimanche dernier il est passé derrière notre ligne d’horizon, il ne peut pas se retourner pour regarder le sillage qu’il a laissé. Mais nous, nous pouvons le faire et nous voyons une ligne nette, sans crochets ni retours, les empreintes d’un homme qui a toujours avancé debout face au soleil.

Nous sa famille, ses amis, ses compagnons nous ferons tout pour que la poussière du temps ne vienne pas effacer la trace de ses pas.

Général Jean-Paul FAVREAU


Traduction

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