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Général Burkhard : « Le soldat qui meurt pour son pays ne tombe jamais pour rien »

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Le 10 novembre en fin de journée, la flamme du soldat inconnu a été ravivée par de jeunes soldats de l'armée de terre après une course à pied entre Verdun et l'Arc de Triomphe, sur cette même Voie sacrée qu'empruntaient les Poilus pour rejoindre le front. Cinq jours de relais, avec équipements de combat et armes, sur ce même itinéraire par lequel fut rapatriée la dépouille du soldat inconnu.

Portrait du général d'armée Thierry Burkhard, chef d'état-major de l'armée de Terre. © Arnaud KLOPFENSTEIN / Sirpa Terre

Il y a tout juste cent ans, c'était un autre jeune soldat français, Auguste Thin, qui désignait un cercueil parmi les huit qui lui étaient présentés. Chacun contenait le corps d'un soldat non identifié et retrouvé dans l'un des secteurs du front. Le lendemain, le soldat inconnu était transféré sous l'Arc de Triomphe, où il faisait une arrivée solennelle.

 

Mémoire vivante

Il fallut attendre le 11 novembre 1923 pour qu'une flamme du souvenir marque l'emplacement de la sépulture et rappelle à tous le sacrifice de tant de Français et d'étrangers pour notre pays. Depuis, le ravivage de la flamme sous l'Arc de Triomphe est un geste immuable, renouvelé tous les jours. Quel sens mettons-nous derrière le symbole de la transmission de cette flamme ? Que recevons-nous de nos anciens, de nos aînés ? Et que devons-nous transmettre à nos jeunes soldats et aux plus jeunes générations ?

La flamme est d'abord symbole de mémoire vivante. Chaque 11 novembre, nous honorons les militaires tombés pour la France durant la Grande Guerre et pendant les conflits que nous avons traversés jusqu'à aujourd'hui. Ils sont plus d'un million et demi à qui nous avons tout demandé. Nous leur devons une seule chose en retour : notre reconnaissance qui ne doit jamais faiblir.

 

« Aller au feu »

Leur sacrifice peut paraître difficile à comprendre pour une société qui n'a pas connu la guerre sur son sol depuis plusieurs décennies. Mais leur engagement a fait ce que nous sommes aujourd'hui. Les combats auxquels ils ont participé et les victoires qu'ils ont remportées résonnent encore en 2020, au travers de notre manière de vivre libres et en paix. Cette reconnaissance s'exprime de bien des façons, par les témoignages de nos anciens combattants auprès des plus jeunes, par nos cérémonies civiles et militaires et par nos monuments aux morts, comme celui inauguré il y a un an, en hommage aux militaires morts pour la France en opération extérieure.

La flamme est ensuite symbole de combativité. Partir en guerre, c'est « aller au feu ». Car ne nous y trompons pas, les conflits où tombent nos soldats ne sont pas cantonnés aux seuls livres d'histoire. Ces dernières années, nos régiments ont connu des opérations de combat sans discontinuer avec l'Afghanistan, la République centrafricaine, le Mali, l'Irak, le Liban et d'autres théâtres encore. Ce haut niveau d'engagement, l'armée de terre le paie dans sa chair. Depuis dix ans, en opération, 110 de nos frères d'armes ont donné leur vie pour leur pays et plus de 2 500 ont été blessés.

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Admiration féconde

La flamme est aussi chaleur, celle du réconfort que nous devons à celles et ceux qui sont en difficulté. Ce sont nos blessés, dans leur corps ou dans leur esprit, que nous soutenons au travers de nombreux projets conduits par nos associations d'entraide, sous l'égide de la cellule d'aide aux blessés de l'armée de terre. Ce sont aussi nos familles endeuillées. Le 11 novembre est un moment privilégié pour les entourer et leur rappeler que le soldat qui meurt pour son pays ne tombe jamais pour rien. Sa vie n'est pas perdue. Elle est donnée à la France et aux Français, que nous avons pour mission de protéger. Notre identité de soldat se nourrit de cette fraternité d'armes.

La flamme éclaire et nous guide. Elle nous propose un chemin de courage et d'exigence. Pour l'emprunter, nous avons besoin d'admirer, de suivre des exemples singuliers. Nous avons besoin d'être inspirés par des figures qui nous élèvent, des hommes ou des femmes d'action, de grands soldats, des aventuriers et même des héros : Maurice Genevoix, les Compagnons de la Libération et notamment Pierre Simonet qui vient de nous quitter, et tant d'autres, humbles et discrets, d'hier et d'aujourd'hui. Il ne s'agit pas d'une admiration qui aveugle, mais d'une admiration féconde qui nous dit quelque chose sur nos propres capacités et nous donne envie de passer à l'action.

 

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Au combat, on perd tout

Dans l'armée de terre, cette possibilité d'admirer est cultivée par la mémoire des actes de bravoure de nos aînés et des batailles dans lesquelles nos régiments se sont illustrés. Voilà l'essence de nos traditions militaires. Elles inspirent chaque soldat et nous aident à nous dépasser lorsque les circonstances l'exigent.

Mais si la flamme peut vaciller, il restera toujours des braises ardentes. Au combat, on perd tout : le confort, la tranquillité et la paix, que l'on échange contre la fatigue, la peur et le danger. Tout est ramené à l'essentiel : la fraternité et le don de soi. En opération, nombre de nos jeunes se transcendent pour leurs camarades, leur groupe de combat, leur section. Beaucoup de soldats trouvent dans nos engagements difficiles un sens à leur existence, bien conscients qu'aller jusqu'au bout de leur mission signifie qu'il pourrait leur être demandé de s'exposer physiquement et même de mettre leur vie en danger.

Transmettre la flamme

Cette flamme a donc besoin d'être transmise. C'est ce que fait l'armée de terre avec ses jeunes. Telle est la belle mission de nos centres de formation initiale, de nos régiments et de nos écoles, Saint-Cyr Coëtquidan pour les officiers ou Saint-Maixent pour les sous-officiers. Transmettre la flamme, c'est transmettre ce qu'il y a probablement de plus structurant pour nos soldats : la confiance. Confiance en eux, confiance dans les autres – leurs camarades, leurs chefs, leurs subordonnés –, confiance dans leur armée et confiance dans leur pays. Cet apprentissage n'est pas théorique, mais passe par l'action, par cette rencontre avec les autres et avec le monde.

Oui, la flamme que nos anciens nous transmettent est un vrai motif d'espérance ! Dès lors, peut-être est-ce cette interrogation que nous pouvons soulever : que faisons-nous, chaque jour, pour transmettre ce bien précieux que nos anciens nous ont confié ?

Général d'armée Thierry BURKHARD, chef d'état-major de l'armée de terre


Traduction

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