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2015


Le maire de La Cavalerie : "La Légion ne me pose pas de difficulté, au contraire"

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Publié le 03/09/2015

Pour le maire Bruno Ferrand, le village est prêt à accueillir ce régiment. DR
 

Projets immobiliers, développement économique, début de vague de contestation : le maire de La Cavalerie Bruno Ferrand évoque tous les aspects de l'arrivée de la 13e DBLE au camp militaire .

Au printemps, lorsque les tractations ont débuté, vous n'y "croyiez pas vraiment". Maintenant que c'est officiel, qu'une demi-brigade de la Légion étrangère va bien installer ses valises au camp, comment accueillez-vous cette nouvelle ?

La première chose à laquelle on pense, en tant que maire, c'est à nos commerçants, dont beaucoup ne font que survivre et n'arrivent que difficilement à joindre les deux bouts. En milieu rural, il faut faire beaucoup d'efforts pour s'en sortir. Après, on pense aux écoles, on pense à la vie du village qui va se dynamiser davantage. On pense aussi au camp : à l'heure actuelle, à l'exception du réfectoire et de quelques autres, la plupart des bâtiments du camp ont été construits à la va-vite et sont dans un état dingue de décrépitude.

L'arrivée de la Légion va permettre la rénovation de ce bâti. Pour toutes ces raisons, son arrivée me fait très plaisir. J'y suis même ultra-favorable et ça ne me pose aucune difficulté de le dire. Et je ne pense pas être le seul...

Des aménagements vont être nécessaires dans la commune : qu'avez-vous dans les tuyaux ?

Pour l'instant, les chiffres des effectifs sont encore un peu flous. On pourra se projeter une fois que le comité de pilotage sera créé. Alors, on sera exactement ce qu'il en est, en termes d'effectifs et d'infrastructures nécessaires. Ceci dit, le village est prêt à accueillir ce régiment et ne manque pas de projets. Pour commencer, ça va conforter la création du village de marques. Le promoteur, qui n'a pas attendu la Légion pour faire avancer le dossier, s'en est réjoui. À ce jour, la commercialisation des lots est même bien avancée...

Et sur le plan immobilier ?

Sur le village, on dispose de multiples terrains constructibles. On est déjà en contact avec un privé qui envisage de construire 45 lots de lotissement. On a aussi l'ambition de bâtir un grand gymnase et ce, depuis plusieurs années. Pareil, ça devrait faciliter son aboutissement, même si la décision finale appartient aux élus communautaires. De plus, la commune va bénéficier de nouvelles rentrées fiscales grâce à la Légion, et cela nous aidera à développer l'accueil de la petite enfance, à favoriser plus de centres aérés, et booster l'installation des commerces manquants.

Actuellement, sur la commune, il y en a combien ?

En gros, on compte deux boulangeries, un supermarché, deux bars alors qu'il y en avait cinq à la grande époque, une boutique de souvenirs... Bref, pas grand-chose. Or, depuis l'annonce de la décision, de nombreuses personnes sont venues nous dire qu'elles étaient prêtes à se lancer, à ouvrir des commerces dont on pourrait tous avoir besoin, à commencer par une boucherie.

Comment les Cavalériens réagissent à cette décision ?

Pour la grande majorité des habitants, c'est plus perçu comme une chance que comme une contrainte. Dans le passé, bon nombre d'entre eux ont déjà partagé leur quotidien avec une forte population militaire.

Une frange de la population semble pourtant s'y opposer ?

Ce qui me gêne, chez ceux qui sont contre, c'est qu'ils arrêtent une réflexion sur un territoire par rapport à une idéologie. Il faudra peut-être faire des efforts d'information pour rassurer tout le monde. Mais ne pas reconnaître les apports d'une telle installation, je trouve cela pas très humain. Qu'on soit antimilitariste, voire chamboulé par la nouvelle, c'est une chose. Pour autant, il faut aussi que ce groupuscule d'opposants, dont je me demande s'il y en a beaucoup qui vivent sur le plateau, pense aux habitants du Larzac, aux emplois que cela va créer... Il faut comprendre, dans ce dossier, que le gouvernement ne dit pas "Cassez-vous, nous sommes chez nous !". Au contraire, la Légion arrive en garantissant non seulement la rénovation du bâti mais aussi la non-extension du camp. Mieux, et preuve d'une intégration parfaite, les conventions qui lient les chasseurs avec le camp seront maintenues. C'est quand même le seul de France où ces derniers peuvent et pourront encore chasser sur le périmètre militaire.

La Légion a toujours véhiculé une image controversée. Est-ce un sujet d'inquiétude ?

Que l'on soit clair, le profil des légionnaires a changé. Ils font partie d'un corps militaire très strict et portent obligatoirement, une fois dehors, leur uniforme et ce, durant les cinq premières années. Ce que je veux dire par là, c'est qu'ils ne peuvent pas déconner comme ça, dès qu'ils sont dehors. Ils se tiendront bien, ils représentent le pays, la nation. Au moindre pépin, au moindre dysfonctionnement, on alertera aussitôt les officiers. Je ne me fais aucun souci là-dessus.

À votre avis, un avenir civil sur le camp est-il envisageable ?

Je n'y crois pas...

Pourquoi ?

Personne ne connaît réellement le degré de pollution du site. Si on voulait le rendre civil, il y aurait de nombreuses règles à respecter. Pour le dépolluer, il faudrait le déminer et décaisser toute la surface du camp sur 5 mètres de profondeur. Vous imaginez le coût ? Et les dégâts sur l'environnement ? Deuxièmement, c'est un camp avec 5 complexes de tir, capables d'être exploités en simultané, ce qui est unique en Europe. À ce titre, ce camp est un vrai atout, surtout en termes d'entraînement...

Il était pourtant annoncé que le Ceito partait...

De ce que je sais, c'est la mission d'évaluation du Ceito qui part. La mission d'entraînement au tir devrait rester. Il y aura toujours des tirs sur le plateau mais dans une moindre mesure.


Le Medef se pose la question de la « réconciliation »

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Le Bien Public

Le 02/09/2015

« Réconcilier » tous ceux qui s’opposent, c’est le vaste thème abordé hier lors de l’université d’été du Medef en Bourgogne, à Dijon.

Les cinq experts qui ont participé à la table ronde « Ils s’opposent, ils s’ignorent, ils s’affrontent : réconciliables ? » (de gauche à droite) : Khalid Hamdani  (directeur de l’Institut éthique et diversité), Agnès Verdier-Molinie (directrice de la fondation IFRAP), le général Christophe de Saint-Chamas (ancien commandant de la Légion étrangère), Alain Bonnin (président de l’université de Bourgogne) et Youssef Seddik (philosophe et anthropologue).  Photo Philippe Bruchot

C’était il y a tout juste un an, à Jouy-en-Josas dans les Yvelines. Invité par le Medef dans le cadre de l’université d’été du mouvement patronal, Manuel Valls avait lâché une petite phrase – « J’aime l’entreprise » – qui avait fait couler beaucoup d’encre et déclencher une vive polémique dans son propre camp. Mais derrière les propos du Premier ministre, il y avait avant tout une volonté : celle de réconcilier deux mondes que tout oppose sur le papier : patronat et salariat.

Douze mois plus tard, le Medef en Bourgogne a visiblement compris le message et avait donc choisi de faire de cette « réconciliation » le fil conducteur de son université d’été, qui avait lieu ce mardi après-midi dans les locaux de l’ESC (École supérieure de commerce) de Dijon.

Réconcilier le secteur éducatif avec celui de l’entreprise, c’est justement l’un des objectifs que s’est fixé le président de l’université de Bourgogne, Alain Bonnin, qui intervenait hier dans le cadre d’une table ronde intitulée « Ils s’opposent, ils s’ignorent, ils s’affrontent : réconciliables ? ». « Notre démarche consiste à mettre en relation deux secteurs qui n’ont pas appris à se connaître, ni à se comprendre », a-t-il insisté, rappelant la nécessité « d’impliquer davantage les industriels dans l’élaboration des projets pédagogiques universitaires ».

« Ne jamais tricher avec les promesses »

Mais l’intervention qui a le plus retenu l’attention de l’auditoire, c’est certainement celle d’Agnès Verdier-Molinie. Directrice de la fondation IFRAP (un think tank notamment dédié à l’analyse des politiques publiques), mais aussi récente auteure du livre On va dans le mur , où elle critique largement l’État et le système économique français, cette dernière s’est longuement épanchée sur « l’opacité » de nombreuses institutions, mais aussi sur le « gaspillage » de l’argent public ou encore le « manque d’exemplarité » des élus. Avec de tels propos, on n’est pas certains qu’Agnès Verdier-Molinie aura contribué à réconcilier grand monde. Mais elle s’est en revanche attiré la sympathie d’une assistance en grande majorité composée de chefs d’entreprise. Le tout sous le regard du président du conseil régional de Bourgogne, François Patriat, installé aux premières loges aux côtés du président du Medef de Bourgogne et de Côte-d’Or, Pierre-Antoine Kern.

Au final, celui qui a peut-être le mieux cerné le thème de cet après-midi, c’est peut-être l’invité d’honneur de cette université d’été, le célèbre opticien Alain Afflelou. Loin d’être « fou », il a simplement rappelé l’un des piliers de sa réussite : « Ne jamais tricher avec les promesses faites aux consommateurs ». Un conseil qui s’adressait aussi bien à ses confrères entrepreneurs qu’aux différents élus locaux présents dans la salle.

Bertrand Lhote


Béziers : hommage à Jean Farret, abattu par un "fou de Dieu" il y a 14 ans

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Publié le 01/09/2015 ANTONIA JIMENEZ

Béziers : hommage à Jean Farret, abattu par un
La nouvelle de la tragédie avait bouleversé la ville. © D.R
 

Un hommage à l'homme est rendu à la stèle du souvenir, près du rond-point de la Treille, ce mercredi, à 17 h 30.

En cette période de menaces et de craintes d'attentats terroristes islamistes, et après le massacre du 7 janvier dernier à Charlie Hebdo, l'hommage qui sera rendu ce mercredi 2 septembre à la stèle du souvenir, avenue Rhin-et-Danube, à l'ancien directeur de cabinet de Raymond Couderc, abattu le 2 septembre 2001 à l'arme de guerre par Safir Bghioua, devrait être chargé d'une émotion particulière. C'était il y a 14 ans. Un jeune de La Devèze se lance dans un combat à mort avec la police. Armes de guerre en main, il sème la terreur dans la ville, lors d'une nuit qui s'achève dans le sang. Celui du forcené, certes, abattu par le GIPN, mais aussi et malheureusement celui de Jean Farret, directeur du cabinet du maire de l'époque, Raymond Couderc.

Il devait prendre sa retraite

Alors âgé de 72 ans, Jean Farret était marié, père de deux filles et avait quatre petits-enfants. Entré à la mairie de Béziers en 1986, nommé directeur de cabinet en 1995, il devait prendre sa retraite à la fin du mois de septembre 2001. La grande faucheuse en a décidé autrement. Ou plutôt Safir Bghioua, qui, le samedi soir, tirait à l'arme de guerre dans la ville, d'abord dans le quartier de La Devèze, s'écriant, entre autres "Allahou Akbar". Il avait également tiré avec un lance-roquettes sur le véhicule d'une policière garé devant le commissariat. Mais ce n'est qu'au petit matin, peu avant 8 h, soit le dimanche 2 septembre, que l'ancien légionnaire, Jean Farret, ancien commandant de l'armée de terre, qui faisait le plein à une station-service biterroise, un gyrophare sur le toit de son véhicule, se faisait abattre.

Il aidait la police

Durant la nuit de samedi à dimanche, l'homme que tous ceux qui l'ont connu qualifient d'homme d'honneur et de devoir, avait sillonné la ville au volant de sa voiture derrière les policiers. Qui l'avaient appelé pour trouver un terrain sur la ville où une rencontre devait avoir lieu entre le meurtrier et les forces de l'ordre. Expérience oblige, Jean Farret intervenait d'ailleurs souvent auprès de la police. C'est d'ailleurs pour cela qu'il était équipé d'un gyrophare. "C'était un collaborateur très proche et précieux", dira de lui le maire de l'époque, Raymond Couderc. Un homme d'action dans une première vie de béret vert, puis une deuxième consacrée à sa ville, de l'ombre, qui n'aimait pas les paillettes, œuvrant avec discrétion et détermination. L'acte totalement irrationnel aux yeux des véritables croyants (chrétien, musulmans et autres) ou des athées, d'un fou de Dieu, du moins d'un homme qui se rêvait soldat du djihad, a coupé court à la vie de Jean Farret, brisant celle de toute une famille. Les Biterrois n'oublieront jamais cette tragédie du 2 septembre 2001.


La nouvelle bataille du Larzac

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Actualités

Publié le 31/08/2015

Le camp du Larzac.
Le camp du Larzac.

Pas un nuage à l'horizon ce samedi matin sur le Larzac. Le soleil écrase de sa chaleur ce vaste plateau du causse où file le ruban d'asphalte de l'A75, entre Hérault et Aveyron, qui conduit au célèbre viaduc de Millau; l'ouvrage de Norman Foster qui vient de fêter son 50 millionième véhicule. Le vent se lève, balaye cette étendue majestueuse devenue parc naturel régional. Le souffle chaud qui couche les herbes et plaque les cardabelles est aussi celui de l'Histoire. Les cités templières et hospitalières ont récemment été classées au patrimoine mondial de l'Unesco et attirent des touristes en quête d'authenticité.

Près de l'une d'elles, La Cavalerie, se trouve le plus petit camp militaire de France, mais aussi le plus célèbre. Il y a quarante ans, son extension avait fait se lever un vent de colère et de révolte sur le plateau, fédérant militants et paysans. L'extension stoppée par François Mitterrand en 1981 a ouvert une ère de cohabitation entre le camp de 3 000 hectares, devenu Centre d'entraînement de l'infanterie au tir opérationnel (Ceito), et la population. Un centre unique en Europe et un camp inédit en France où, entre deux tirs, chasseurs et cueilleurs de champignons peuvent pénétrer dans son enceinte et où les éleveurs sont autorisés à faire paître les brebis, dont le lait fera le roquefort.

Pas d'extension du camp

Mais le paisible plateau est redevenu agité depuis que fin juillet, on a appris la venue prochaine de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère en remplacement du Ceito, amené à déménager au camp de Canjuers (Var). Cette arrivée, programmée l'année prochaine, électrise déjà le Sud-Aveyron.

Du côté des défenseurs de la Légion, on trouve les élus de tous bords qui se sont mobilisés dès le mois de mai auprès du ministère de la Défense pour que le Larzac soit choisi parmi d'autres possibilités, et qui comprennent mal la contestation. «Nous avons eu des garanties sur le maintien voire le rétrécissement du périmètre, sur les baux ruraux. Le comité de suivi entre l'armée, l'État, les élus, le Parc, etc. va porter un vrai projet d'intégration respectueux entre Millau, Saint-Affrique et les villages, qui aura un réel impact économique» assure Alain Fauconnier, maire PS de Saint-Affrique. «J'ai manifesté à l'époque contre l'extension mais je ne suis pas antimilitariste. Je peux comprendre le regard particulier, la sensibilité, mais le contexte a changé.»

Même son de cloche chez Alain Marc, sénateur LR : «Je n'arrive pas à comprendre pourquoi on peut être contre. La Légion a changé, ce ne sont pas des barbares. Il y a un véritable projet de territoire. L'État investira 40 M€ sur le camp, le Département entre 15 et 20 M€ pour les infrastructures périphériques : ce sera un bol d'oxygène pour le Sud-Aveyron, pour l'économie, la construction, l'écologie. Sans compter que la solde des légionnaires sera de 24 M€ par an, et le fonctionnement du camp amènera 2 M€ supplémentaires. Ce ne sera pas neutre».

Cette manne fait rêver les communes alentour. A La Cavalerie, au pied de remparts superbement restaurés, le jeune maire Bruno Ferrand, 30 ans, fourmille déjà de projets en attendant l'arrivée des légionnaires, une centaine d'abord, puis 400, puis 1 200 environ. «Nous sommes prêts à les accueillir avec leurs familles» assure l'élu sans étiquette, soulignant l'entente actuelle parfaite avec le camp, qui a donné lieu à une garderie et des activités communes. Nouveau gymnase, peut-être un nouveau collège et impact sur les commerces ont fini par emporter l'adhésion de l'élu. «Ceux qui s'opposent sont dans le souvenir. Moi je ne vois que du positif. La Légion aura un effet booster comme le viaduc de Millau». Les commerçants de La Cavalerie partagent ce sentiment. «C'est vraiment positif, une chance», explique le barman du café-restaurant le plus proche du camp. Au centre du village, une restauratrice est plus mesurée. «Je ne suis ni pour ni contre. On verra bien.»

Une autre idée du Larzac

Si l'arrivée de la Légion «recueillerait 95 % d'avis positifs en cas de consultation» selon le sénateur Marc, il n'en reste pas moins qu'elle ne fait pas l'unanimité. Le communiste millavois André Pérez, dénonce ainsi au nom du Front de gauche «un déni démocratique», le fait accompli et doute des retombées économiques promises. «Ségolène Royal est venue en juillet saluer le travail de mise en valeur qui est fait sur le Larzac. A aucun moment il n'a été question du camp. La décision de transférer la Légion n'a pas fait l'objet d'un débat démocratique avec la population», souligne Gilles Gesson, membre du collectif d'opposants qui s'est monté début août. Il dénonce lui aussi des «effets d'annonce» et des chiffres «largement surévalués.» «Puisque l'État va investir 40 M€, pourquoi cette somme n'est-elle pas utilisée ailleurs», s'étonne Jean-Louis Hamelle de la Fédération des grands causses.

Pour ces militants, le déménagement du Ceito aurait dû poser le débat d'un avenir civil du Larzac que jugent illusoire les défenseurs de la Légion… qui mettent en avant la modération de certains historiques du plateau, comme Léon Maillé, ou José Bové qui parle «d'affaire interne à l'armée.»

«Nous ne sommes peut-être qu'une centaine, mais nous nous sentons héritiers de ce qui s'est passé il y a quarante ans et d'une autre vision du Larzac», explique Mathieu Thelen, qui indique que le collectif qui se réunit ce soir prépare des actions «cré-actives» début septembre.

La nouvelle bataille du Larzac est sans doute moins frontale que celle des années 70, mais elle porte finalement en elle les deux identités contemporaines de ce causse si singulier : l'identité militaire qu'a apportée le camp depuis 1902 et l'identité pacifiste solidaire qui l'a fait connaître dans le monde entier.


Voilà le message du Larzac

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Actualités

Publié le 31/08/2015

Voilà le message du Larzac
Voilà le message du Larzac

La 13e demi-brigade de la Légion étrangère au Larzac ? J'ai cru au début à une rumeur sans fondement. Qui aurait pu avoir l'idée saugrenue d'installer 1 200 militaires là-haut, au Larzac, à cet endroit précis de la planète où 103 paysans avaient engagé et gagné – voilà quarante ans – une longue bataille contre le projet d'extension du camp existant imaginé par la déraison d'État et cornaqué par le ministre Michel Debré ? Plus de 1 000 soldats au Larzac… allons donc ! Sur les quelque 550 000 km2 de la France métropolitaine, il devait bien se trouver des quantités de lieux aptes à servir de caserne et de champ d'entraînement à une troupe ayant besoin de cantonnement et d'exercice. Et puis même, si ce projet avait une once de réalité on n'aurait pas manqué d'en informer puis de consulter les populations concernées, à commencer par les agriculteurs-éleveurs du plateau. Mais la rumeur n'en était pas une, la réalité du projet se confirme et je n'en reviens pas ! Les opposants à cette implantation vont peut-être avoir à revivre un remake de ce que leurs familles ont vécu. Quoi qu'il advienne, qu'ils n'oublient jamais la partition que le Larzac décida un jour de jouer à la France et à la planète entière et comment les citoyens de France et de la planète entière ont accouru pour entendre et voir de plus près. Rappelez-vous : les premiers à monter sur le plateau venus en voisins solidaires étaient les ouvriers gantiers mis au chômage à Millau. Les avaient suivis les travailleurs lock-outés du Joint Français de Saint Brieuc, puis les pacifistes de l'Arche, puis un groupe de paysans japonais puis une délégation d'Indiens de la nation sioux ! Jour après jour le Larzac s'agrandissait de l'exemple qu'il offrait au monde et de ce que le monde invité à sa table lui apportait.

Paix et solidarité entre les peuples furent les mots majeurs de ces entre-découvertes, de ces rencontres. Paix et solidarité, c'est le message si nécessaire à notre temps que le Larzac n'a cessé d'envoyer à la terre des hommes. Oui, c'est cela, le Larzac.


Visa pour l'image : Edouard Elias suit les légionnaires en Centrafrique

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Armelle Canitrot, le 31/08/2015

Prix de la Ville de Perpignan Rémi-Ochlik 2015, Édouard Élias, Getty Images, expose son reportage « Opération Sangaris » à Visa pour l’image.
Retranchés derrière des sacs de sable, des soldats attendent leur commandant, à l’avant-poste français de Bambari, en République centrafricaine, le 16 août 2014.

Retranchés derrière des sacs de sable, des soldats attendent leur commandant, à l’avant-poste français de Bambari, en République centrafricaine, le 16 août 2014. / Edouard Elias/Getty Images Reportage

Se remettre en forme physiquement, telle fut la priorité d’Édouard Élias en rentrant en avril 2014 de Syrie, où il fut retenu otage pendant dix mois. Puis très vite, ce fut de chercher une zone de conflit pour repartir. S’il renonce à l’Ukraine déjà bien couverte, il s’intéresse en revanche à la Centrafrique, étonné qu’il n’y ait aucun reportage sur les conditions de vie de l’armée française là-bas.

"J'étais toujours sur mes gardes"

 « L’idée de partir “embedded” (embarqué) avec la Légion étrangère et bénéficier de l’encadrement de l’armée m’est venue, m’offrant un peu plus de sécurité pour vérifier si je tiendrais le coup physiquement et psychologiquement, confie le jeune Français de 24 ans. J’étais évidemment moins stressé qu’en Syrie en 2012, où j’avais fait fort en commençant avec les rebelles pour mon premier reportage sur un conflit. En Centrafrique, j’étais néanmoins toujours sur mes gardes et quand on s’est fait attaquer, je me suis tout de suite placé correctement. » 

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En août 2014, Édouard Élias partage ainsi la vie quotidienne de vingt légionnaires chargés de sécuriser la région de Bambari. Entre la toilette matinale et l’épuisement du soir, il enregistre ce qui rythme leurs journées : attente des instructions à la base de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) à Bria, riposte face à une attaque de combattants de la Séléka, tentative de sortie d’un bourbier de leur véhicule blindé, soins apportés à un civil blessé, sécurisation de l’évacuation de musulmans de leur village, apaisement de chrétiens après une altercation avec les musulmans… Mais aussi les moments de repos au camp, les parties d’échecs entre deux sorties, les coups de téléphone aux proches.

A la Légion, on attend que l'autre parle

 « Souvent les légionnaires détestent les journalistes, croient qu’ils sont contre eux. Il faut du temps et de la patience. Jusqu’à ce qu’ils voient que l’on peut vivre, aller au combat et suer comme eux. Je ne les prends jamais dans des situations dégradantes. Mais j’ai prévenu que si j’assistais à des comportements graves ou à des exactions je ne les passerais pas sous silence. Ils m’ont accordé leur confiance et nous sommes devenus amis. Ils étaient très fiers du quart de page publié sur mon reportage dans le Midi Libre. » 

À la Légion, on ne pose pas de question, on attend que l’autre parle. Mais le jour où ils ont appris que l’Américain James Foley, avec lequel Élias avait partagé la même cellule durant huit mois en Syrie, avait été décapité, les légionnaires ont été particulièrement attentionnés avec lui.

 > Lire aussi : Les quatre journalistes otages français en Syrie « libres » et « en bonne santé »  

L’une des grandes satisfactions du photographe ? La lettre de la mère d’un légionnaire irlandais qui, après avoir découvert son reportage dans un magazine, le remerciait de lui avoir permis de mieux comprendre le choix de son fils et de renouer le dialogue avec lui.

 ______________________ 

 Édouard Élias 

1991. Naissance en Égypte où il grandit.

2009. Retour en France.

2011. Études de photographie à l’école de Condé de Nancy.

2012. Reportage sur les camps de réfugiés en Turquie et en Birmanie.

Juillet 2012. Reportage Le martyre d’Alep.

Juin 2013-Avril 2014. Otage en Syrie.

Août 2014. Reportage Opération Sangaris, avec la Légion étrangère en République centrafricaine.

 

Exposition au couvent des Minimes, Perpignan, jusqu’au 13 septembre.

 www.visapourlimage.com 

Armelle Canitrot

Entretien avec le photoreporter Édouard Élias

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Recueillis par Armelle Canitrot, le 31/08/2015

Édouard Élias/Getty Images Reportage expose son reportage La Légion étrangère en République Centrafricaine, jusqu’au 13 septembre, au Couvent des Minimes, à Perpignan, durant Visa pour l’image, Festival International du photojournalisme.

Édouard Élias, Français, 24 ans, a étudié la photographie à l’école Condé de Nancy. Il est auteur de reportages sur les camps de réfugiés en Turquie et en Birmanie. Repéré en 2012 à Visa pour l’Image, son reportage sur l’offensive des rebelles à Alep en Syrie est publié dans Paris Match, Der Spiegel, le Sunday Times. De juin 2013 à avril 2014, il est resté dix mois otage en Syrie.

  La Croix : Votre reportage sur la Légion étrangère en Centrafrique date de 2014. Cette année vous avez suivi un mois la formation des jeunes légionnaires en France. Pourquoi ? 

  Édouard Élias :  Je veux comprendre comment ces jeunes aux corps d’enfants vont devenir des grands gaillards comme ceux que j’ai suivis en Afrique. Plus on passe de temps et plus on a de chance de faire de bonnes photos. Mon reportage en Centrafrique a été publié notamment dans Match et exposé au pont du Gard. Les légionnaires ont pu venir avec leurs familles et j’ai eu beaucoup de retour de leur part et de leur entourage. En devenant amis avec eux, c’est aussi une relation de respect qui s’installe. Je leur donne des portraits, c’est une approche différente de celle d’un photographe qui passe trois heures puis s’en va. Je ne sais pas si c’est très déontologique, mais c’est ma façon de travailler. Depuis la guerre en Syrie, j’ai un problème de culpabilité quand je photographie car j’ai l’impression de beaucoup prendre et de ne pas assez donner. Pour moi une publication ce n’est pas rendre aux gens, c’est seulement la façon dont je gagne ma vie.

  La Croix : Pour votre premier reportage en 2012 vous êtes allé en Syrie. N’était-ce pas de l’inconscience ? 

  Édouard Élias :  Lorsque j’ai arrêté ma première année d’école de photo à Nancy pour partir en reportage sur les camps de réfugiés en Turquie, je n’avais pas du tout l’intention d’aller en Syrie. Mais là-bas j’ai rencontré un fixeur qui faisait passer quelques photojournalistes et je suis parti avec eux parce qu’ils avaient plus d’expérience. Je ne m’y attendais pas, mais mon reportage a rapidement été publié. Je me suis alors lancé dans une phase d’apprentissage. J’ai fait un stage de secourisme avec un ami pompier, j’ai téléphoné à des confrères habitués aux conflits pour qu’ils m’apprennent les déplacements, à faire mon sac. C’est Olivier Voisin, mort depuis en Syrie, qui m’a expliqué qu’il faut toujours garder les mains vides, et pouvoir se délester rapidement des choses par ordre décroissant d’importance. Pour finir par le matériel photo, notre raison d’être là, et des biscuits pour tenir 24 heures.

  La Croix : Durant votre second voyage en Syrie vous avez été pris en otage, comment voyez-vous maintenant ces mois de séquestration ? 

  Édouard Élias :  Je ne m’exprime pas beaucoup car c’est aussi une question d’éthique, de respect pour les copains que nous avons laissés là-bas. Quand on a 21 ans, que l’on vit à huis clos avec une dizaine de personnes qui ont entre 35 et 50 ans dans une cellule, on apprend énormément sur soi, à défendre sa place, à tenir pour survivre au stress. Avec ses trente années d’expérience, Didier François m’a aidé à me construire, à rester efficace et digne. Il faut tenir face aux maux qui viennent de l’extérieur, mais aussi face à ceux de l’intérieur. C’est une expérience qui apporte beaucoup, mais je reste néanmoins un gamin de 24 ans.

  La Croix : Comment s’est passé votre retour ? 

  Édouard Élias :  Je me suis vite remis au travail. Je ne veux pas être considéré comme « l’ex-otage ». Il faut que ce soit la qualité des photos qui prime. J’ai travaillé énormément : le Zooparc de Beauval, le viol comme arme de guerre au Congo, Bruno Lemaire, la course à pied en Patagonie pour VSD, des portraits pour le Monde, le Lido pour Gala… Il n’y a pas de petit sujet, chacun doit être bien fait. Psychologiquement je ne sens pas vraiment de séquelles, même si je sursaute quand une porte claque, ou quand j’entends un avion car cela me rappelle les bombardements en Syrie. Je pourrais repartir sur un conflit, mais la Syrie est trop dangereuse depuis l’avènement de Daesh. En revanche, j’ai travaillé sur Boko Haram avec l’armée camerounaise pour Le Monde. Si le conflit avec les Karens s’envenime en Birmanie j’y serai. Je veux évidemment éviter une seconde prise d’otage, et de faire revivre cette angoisse à mes grands-parents et à mes amis.

  La Croix : Pourquoi avoir choisi le métier de photojournaliste ? 

  Édouard Élias :  J’ai envie d’être là où l’histoire se passe, de vivre ces choses avec les gens et de les relater. On ne fait pas ce travail-là uniquement par altruisme. Quand on creuse, les photojournalistes de conflits ont tous des vécus un peu particuliers. Je suis déraciné et la vie sociale n’a jamais été évidente pour moi. Mon père est Égyptien, ma mère française et j’ai vécu dix ans en Egypte à Charm-El-Cheikh. Puis en France, j’ai été élevé par mes grands-parents catholiques, qui me faisaient regarder des documentaires sur Arte. Cela me sert beaucoup aujourd’hui. Être timide et introverti faisait que j’aimais bien observer autour de moi. L’appareil photo était une façon de faire plaisir aux autres, tout en étant tranquille de mon côté. Je sais ainsi me faire oublier dans un groupe ce qui est utile dans mon métier. Mon oncle m’a initié très tôt à la bande dessinée ce qui m’influence sans doute dans la composition des images. Un jour à l’école, j’ai passé une heure à regarder la petite afghane aux yeux verts de Steve MacCurry dans mon livre d’histoire. En 2010, l’album de Reporter sans Frontières Magnum, 101 photos pour la liberté de la Presse a été mon premier livre photo. Toutes ces petites pierres ont contribué à me construire et à me faire choisir ce métier.

  La Croix : Comment avez-vous vécu les événements liés à l’attentat à Charlie Hebdo ? 

  Édouard Élias :  Très mal parce que c’est le moment où j’avais réussi à prendre une semaine de vacances. J’ai cru que c’était une blague de Charlie Hebdo. Un sentiment bizarre, l’adrénaline qui monte. Mais j’ai déjà perdu des collègues sur le terrain, des gens dans les guerres, et je relativise ces douze morts par rapport à tous ces attentats en Afghanistan, au Cameroun, ou à Charm-El-Cheikh en 2005. S’attaquer à la presse est un prétexte pour faire du battage médiatique, mais c’est l’État français qui est visé. Cela m’a un peu rattrapé par rapport à ce que j’ai vécu en Syrie. Les terroristes viennent de là. J’ai beaucoup de colère contre ces gens qui veulent créer une scission entre les communautés et favoriser la montée des extrêmes car ils ont besoin d’antagonisme pour se développer. Ce sont des délinquants qui cachent leurs méfaits derrière des raisons islamiques.

Recueillis par Armelle Canitrot

L'arrivée de la Légion agite le Sud-Aveyron

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Actualités

Publié le 31/08/2015

La nouvelle bataille du Larzac
La nouvelle bataille du Larzac

L'arrivée programmée en 2016 de la 13e demi-brigade de Légion étrangère ( 13e DBLE) au camp militaire du Larzac agite le Sud-Aveyron. Enthousiasme des élus et des commerçants face aux potentielles retombées économiques; méfiance voire hostilité chez une partie de la population.

Quarante ans après la lutte historique contre l'extension du camp militaire du Larzac, une nouvelle bataille va-t-elle s'ouvrir sur le vaste plateau sud-aveyronnais ? On n'en est certes pas encore là, mais la requalification du centre d'entrainement au tir interarmées (Ceito) annoncée le 31 juillet dernier par le ministère de la Défense suscite de nombreuses réactions bien tranchées, à la fois d'enthousiasme et d'hostilité.

Dans le cadre de la refonte de la carte militaire, le camp du Larzac va, en effet, «être densifié», selon l'expression du ministère de la Défense.

Transfert de la Légion

Le document de 16 pages rendu public le 31 juillet sur les principales mesures de restructurations des armées qui seront mise en œuvre en 2016 indique que «la 13e demi-brigade de la Légion étrangère actuellement stationnée aux Emirats arabes unis sera transférée sur le camp du Larzac et sera renforcée.»

Cette unité, longtemps en place à Djibouti, actuellement basée à Abou Dhabi, a été créée le 27 février 1940 et a compté dans ses rangs l'ancien Premier ministre Pierre Messmer et surtout le général Jacques Pâris de Bollardière, celui-là même qui deviendra plus tard une figure de la non-violence et rejoindra... les militants et paysans opposés à l'extension du camp du Larzac dans les annés 70. Curieux pied de nez de l'histoire...

Un appel à François Hollande

Loin de ces considérations historiques, les élus et les commerçants des villages environnant le camp militaire se réjouissent majoritairement de l'arrivée des quelque 1 200 légionnnaireset de leur famille d'ici 2018. L'union sacrée des élus a même été de mise dans un Sud- Aveyron où l'on n'aime rien tant que les joutes politiques. Ainsi le sénateur Les RépublicainsAlain Marc et le maire socialiste de Saint-Affrique Alain Fauconnier défendent de concert le transfert de la Légion sur le Larzac pour remplacer un Ceito dont les effectifs allaient en diminuant. Les retombées financières pourraient atteindre 2 M€ supplémentaires. Des recettes de nature à financer plusiers projets comme un éventuel collège à La Cavalerie, le bourg le plus proche du camp.

Mais l'arrivée de la Légion ne fait pas que des heureux, à commencer par les figures historiques du Larzac qui se sont battues pour limiter la présence militaire sur le plateau et rêver de voir fermer le Ceito. Henri Celié, Christian Burguiere, Marisette Tarlier et 67 autres «paysans et citoyens ont interpellé le 4 août François Hollande. Estimant que «l'Etat rompt le contrat moral établi par François Mitterrand en 1981», ils demandent au chef de l'Etat «d'annuler» la décision. En attendant, les opposants au transfert de la Légion battent le rappel des troupes. Ce soir, comme il y a quatre décennies, ils se réunissent pour organiser la résistance. Gardarem lo Larzac version 2015.


Un Éthiopien et une Russe dominateurs

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Ouest-France, toute l’actualité locale et internationale

Publié le 30/08/2015

L'Éthiopien Tura Kumbi Bechere, ici à gauche, emporte la 34e édition de l'Enduro des sables, au sprint devant le Burundais Nduwimana.
L'Éthiopien Tura Kumbi Bechere, ici à gauche, emporte la 34e édition de l'Enduro des sables, au sprint devant le Burundais Nduwimana. | Jacques Blondel

Enduro des Sables d'Agon-Coutainville. Engagé de dernière heure, l'Éthiopien Tura Kumbi-Becherel'a emporté au sprint.

Six doigts levés, avant le départ. Pour dire que la passe de six était loin d'être assurée pour lui. Bien vu de la part de Gervais Hakizimana, toujours vainqueur sur l'estran coutainvillais jusqu'ici.

À peine descendus sur le sable encore gorgé de l'eau de la grande marée, ils étaient bien six Africains à se disputer déjà la victoire. Vite devant. Et aussitôt loin des autres. Willy Nduwimana, le Burundais de la Légion étrangère d'Aubagne partait fleur au fusil.

À ses trousses, Gervais Hakizimana, le Rwandais quintuple vainqueur ; un autre Burundais, Onesphore Nkunzimana, qui allait abandonner avant la cale des Moulières, trahi par une jambe ; le Kenyan Abel Maina Ndemi ; le Djiboutien Omar Way Moussa ; et engagé de la veille, l'Éthiopien Tura Kumbi Bechere.

Généreux au-delà du possible, Willy Nduwimana assurait l'essentiel du train. « On était à 21 km/h », soufflait, à l'arrivée, Gervais Hakizimana. « Je savais que Tura était très fort ». De fait, à la sortie de la Pointe d'Agon, les dunes avaient fait éclater le quintet de tête. Moussa et Ndemi avaient lâché prise. L'Enduro était déjà joué à mi-course. Restait à connaître le vainqueur.

Pas très fort au sprint, Nduwimana, menait le plus souvent contre la brise légère. Solide sur ses appuis, Kumbi Bechere plantait quelques banderilles en réponse assez révélatrices de son dynamisme. Fort de son expérience, mais sans guère d'illusions, Gervais Hakizimana y allait aussi de quelques courtes et vaines attaques. L'inéluctable arrivait. Dernier engagé, vendredi après-midi seulement, Tura Kumbi Bechere ajoutait l'Éthiopie au palmarès.

Vainqueur en 1999, Marina Ivanova, « accueille et fait la mama poule » pour les athlètes russes ou ukrainiennes désormais. « Pas de guerre entre les deux pays, c'est du sport », souriait-elle à l'arrivée. La championne de Russie 2013 de cross, Ekaterina Shlyakhova, a bien profité de ses conseils, « partir prudemment et accélérer progressivement ». Un peu moins que Daria Mykhaiolova qui s'est un peu égarée dans les dunes. Suffisamment pour ne pouvoir reprendre Betty Khatambi-Murungi, partie en tête, au contraire d'Ekaterina.

Classements.

Hommes : 1. Tura Kumbi Bechere (Éthiopie) les 14, 6 km en 45'08'' ; 2. W. Nduwimana (Burundi), à 4'' ; 3. G. Hakizimana (Rwanda), à 35'' ; 4. A. Ndemi (Kenya), à 46'' ; 5. O. Moussa (Djibouti), à 1'06'' ; 6. D. Kosgey-Chebii (Kenya), à 2'55'' ; 7. J. Onami (Kenya), à 3'13'' ; 8. V. Glukhov (Russie), à 3'20'' ; 9. L. Saint-Amand (AS Pierrefitte), à 3'33'' ; 10. R. Kiplimo (Kenya), à 3'56''.

Femmes : 1. Ekaterina Shlyakhova (Russie), les 10 km en 39'02'' ; 2. B. Kathamni-Murungi (Burundi), à 26'' ; 3. D. Mykhailova (Ukraine), à 59'' ; 4. E. Siard (Valognes), à 2'51'' ; 5. E. Jamme (AS Tourlaville), à 3'20''.


Les temps forts de Visa pour l'image

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Culture

Par Anne Sollier  Publié le 28/08/2015

Le festival international de photojournalisme ouvre ses portes samedi à Perpignan. La 27e édition propose un large panel de manifestations. Voici les rendez-vous à ne pas manquer.

Visa pour l'image, le festival international de photojournalisme créé en 1989, se déroule cette année dans toute la ville de Perpignan, du samedi 29 août au dimanche 13 septembre. Les professionnels puis le grand public sont invités à admirer le travail des célèbres photoreporters mais aussi des jeunes photographes qui, par passion, ont décidé de parcourir le monde pour continuer à informer. De nombreuses manifestations et rencontres sont au programme de cette 27e édition.

● Les expositions

Cette année, vingt-six photographes ont accroché leurs tirages dans toute la ville. Parmi eux, huit jeunes talents ont été sélectionnés. Nancy Borowick montre de façon émouvante et touchante ses parents atteints d'un cancer. Le Vénézuélien Alejandro Cegarra retrace l'actualité de son pays depuis la mort d'Hugo Chavez. Giulio Pischitelli suit les filières de migrants partant d'Afrique pour arriver en Europe. La Canadienne Adrienne Surprenant témoigne de l'impact sur les populations locales d'un projet de construction d'un canal au Nicaragua.

● Les projections

Elles ont lieu tous les soirs de la semaine dans le cloître du Campo Santo. Après une «chronologie» en images retraçant l'actualité de l'année (deux mois par soir), une série de reportages photos abordant de nombreux thèmes est projetée sur écran géant. Ainsi, le lundi 29 août, on pourra visionner la sécheresse en Californie, deux mines de charbon, une à ciel ouvert en Grèce, l'autre sous la glace en Sibérie. Édith Piaf, les enfants jockeys, les Aborigènes font, eux, partie de la sélection du mardi 30 août. Le jeudi 3 septembre sont présentés le virus Ebola, la crise au Mexique, la diaspora arménienne.

● Les colloques et rencontres

Lieu de débats et de discussions, Visa pour l'image donne également rendez-vous aux acteurs de la profession pour évoquer leur travail au quotidien (choix et traitement des sujets, montage de reportage). Deux tables rondes sont particulièrement au cœur de l'actualité: le travail des femmes photoreporters dans le monde avec le magazine Elle et le témoignage d'une femme Yézidie victime de tortures.

● Les récompenses

Outre les Visas d'or (news, magazine et presse quotidienne) qui seront remis à partir du 2 septembre à un reportage, plusieurs autres prix sont décernés durant le festival. Quarante et un directeurs photos du monde entier ont sélectionné des reportages tout au long de l'année. Le choix des Visas d'or est fait par un jury restreint. En partenariat avec Le Figaro Magazine, le Visa d'or d'honneur sera attribué le vendredi 4 septembre à un photographe pour l'ensemble de sa carrière. Le prix de la Ville de Perpignan-Rémi-Ochlik a récompensé le jeune photographe Édouard Élias pour son travail sur la Légion étrangère en République centrafricaine.

Retrouvez notre série vidéo sur le festival Visa pour l'image à partir de demain samedi 29 août 2015.


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