AALEME

Légionnaire toujours...

  • Plein écran
  • Ecran large
  • Ecran étroit
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

"Carpiagne est le paradis du légionnaire cavalier"

Envoyer

Jeudi 23/04/2015

A quelques heures de l'ouverture au public du camp militaire de Carpiagne, ces samedi 25 et dimanche 26 avril, le colonel Rémi Bouzereau, commandant le 1er Régiment étranger de cavalerie (REC), a accepté de répondre aux questions de LaProvence.com

Actualités - Carpiagne est le paradis du légionnaire cavalier

Le colonel Bouzereau, chef de Corps. T.J.

​Le 1er REC est unique au sein des forces françaises. Quelle est sa particularité ?

C’est à la fois le seul régiment de cavalerie de la Légion étrangère et le seul régiment de la Légion au sein de la cavalerie, ce qui justifie sa devise "A nul autre pareil" qui était aussi celle du Roi Soleil. Nous sommes d’ailleurs les héritiers du "Royal Étranger", régiment fondé par Richelieu en 1635. En fait, le 1er REC a vu le jour en 1921 à Sousse, en Tunisie, créé avec des contingents de cavaliers tsaristes, les "Russes blancs", qui fuyaient la révolution bolchevique.

Qui sont aujourd’hui les légionnaires du 1er REC ?

Le régiment est composé à 80% d’étrangers qui servent sous commandement français. C’est ce qui explique que sur notre étendard figurent les mots "Honneur et Fidélité" et non "Honneur et Patrie". Près de 80 nationalités sont représentées dont une majorité issue de l’ex-bloc de l’Est, d’Amérique du Sud et d’Asie. C’est pour moi-même et mes officiers une grande responsabilité car nous commandons des hommes qui viennent se battre et éventuellement mourir pour un pays qui n’est pas leur patrie d’origine, la France.

Quelles sont alors leurs motivations ?

A vrai dire, par discrétion, hormis lors de son engagement, on ne pose jamais cette question à un légionnaire. Chacun vient pour des raisons qui lui sont propres, qu’elles soient d’ordre personnel ou liées au contexte politique ou économique du pays dont il est issu. Le légionnaire vient chez nous refaire sa vie et chercher une forme d’excellence. C’est cela le vrai challenge: offrir une deuxième chance à un homme qui a connu des difficultés dans sa vie, sans le juger a priori. La France permet à ces étrangers de s’intégrer. Ils peuvent d'ailleurs demander la nationalité française au bout de cinq ans d’engagement ou s’ils ont été blessés en opérations.

Comment réussissez-vous pareille alchimie ?

Nous combinons un commandement sans concession sur la discipline à une manière très humaine de faire adhérer. En un sens, la Légion constitue la synthèse militaire de l’esprit français. D’autres nations ont essayé de nous imiter mais sans jamais parvenir exactement au même résultat.

Quel est votre principal matériel de combat ?

Il s’agit de l’engin blindé AMX10RCR. Il date du début des années quatre-vingts mais a été régulièrement revalorisé en fonction de l’expérience acquise sur le terrain. Le régiment en possède normalement 36 en dotation mais depuis la fin de la Guerre Froide, nous n’avons plus besoin en permanence de 100 % de nos moyens pour nous entraîner. Le régiment dispose donc de 18 de ces engins à Carpiagne. L’AMX10RCR est un véhicule de 16 tonnes à six roues motrices, doté d’un canon de 105 mm approvisionné de 48 obus, capable de rouler à 110 km/h et parcourir 600 km sans ravitaillement. Il correspond parfaitement à la culture française qui privilégie les engins légers, souples d’emploi avec une bonne puissance de feu, une grande mobilité et une protection suffisante.

Pour quels types de mission l'utilisez vous ?

Nous sommes les héritiers de la cavalerie légère qui était surtout chargée de missions de renseignement, de couverture et de flanc-garde sous l’Ancien Régime et l’Empire. Aujourd’hui, nous sommes engagés par exemple pour effectuer des missions de reconnaissance, de contrôle de zone, d’ouverture et de protection d’itinéraire, d’escorte de convois ou encore d’appui à d’autres unités.

Que vous apporte le site de Carpiagne par rapport à celui d'Orange où vous étiez stationnés auparavant ?

C’est le paradis du légionnaire cavalier! Nous avons vécu pendant 47 ans sur les 120 hectares de notre quartier à Orange et y étions très attachés, ainsi qu’à nos amis orangeois et à tous les anciens du régiment qui se sont retirés dans la région. Mais avec ses 1500 hectares, le potentiel de Carpiagne est exceptionnel en terme d’entraînement opérationnel. Ce camp dispose de tout ce dont nous avons besoin: des pistes nous permettant de nous entraîner au pilotage des blindés, des champs de tirs, des infrastructures de sport en cours de rénovation, certains systèmes de simulation de dernière génération, etc. Nous avons également de la place pour développer nos infrastructures. En plus, nous sommes à deux pas de Toulon et d’Istres, ce qui facilite nos projections par voie maritime ou aérienne. Et tout à côté se trouvent le commandement de la Légion étrangère (Aubagne) et celui de la 6e Brigade légère blindée (Nîmes). C’est vraiment l’idéal.

Quel est le poids économique d'un régiment comme le 1er REC et quelles sont ses retombées sur le territoire qui l'accueille ?

Le régiment emploie environ 790 personnes et verse chaque année près de 20 millions d’euros de masse salariale. En 2012, à Orange, nous distribuions 2,3 M€ aux entreprises locales pour nos dépenses d’entretien et de fonctionnement, auxquelles on peut ajouter ici les dépenses de rénovation des infrastructures du site de Carpiagne. Nous avons également entre 350 et 400 enfants scolarisés dans les villes voisines comme c’était le cas à Orange. Actuellement, 90 familles sont établies à Carnoux et 45 à Marseille. Mais la plupart des légionnaires sont célibataires et 70 % habitent sur le camp.

Vous préparez un prochain déploiement sur un théâtre d'opération extérieur. En quoi va-t-il consister ?

Nous partons pendant quatre mois en République centrafricaine dans le cadre de l’opération Sangaris avec un groupement tactique composé de différentes unités de la Légion étrangère: un état-major et un escadron du 1er REC, une compagnie de 2èmeREI (Régiment étranger d’infanterie), une section du 1er REG (Régiment étranger de génie) et le groupe de commandos parachutistes du 2ème REP (Régiment étranger de parachutistes). La mission consistera à permettre les conditions politiques d’un retour de la stabilité en RCA, et notamment dans Bangui, la capitale . J’assurerai le commandement de ce groupement pendant deux mois, puis mon successeur à la tête du 1er REC, le colonel Valentin Seiler, prendra ma relève fin juillet. En parallèle le 2ème escadron va être engagé dans l’opération Barkhane, au Mali.

Vous restez également très présent sur le territoire national.

En effet, le régiment participe à l’opération Sentinelle qui constitue aujourd’hui la priorité opérationnelle n°1 de l’Armée de Terre. Il a d’ailleurs été engagé dans Marseille dès le mois de janvier pour y protéger les sites sensibles suite aux attentats du 11 janvier.

Propos recueillis par Philippe Gallini


Traduction

aa
 

Visiteurs

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui2798
mod_vvisit_counterHier8460
mod_vvisit_counterCette semaine21021
mod_vvisit_counterSemaine dernière62361
mod_vvisit_counterCe mois144526
mod_vvisit_counterMois dernier224610
mod_vvisit_counterDepuis le 11/11/098345259

Qui est en ligne ?

Nous avons 1285 invités en ligne

Statistiques

Membres : 17
Contenu : 13462
Affiche le nombre de clics des articles : 18069907
You are here PRESSE XXI° 2015 "Carpiagne est le paradis du légionnaire cavalier"