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Béziers : Robert Ménard honore un symbole de l'Algérie française

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Publié le 14/03/2015

Le maire de Béziers Robert Ménard prononce un discours le 14 mars pour inaugurer la rue du commandant Helie Denoix de Saint-Marc. Crédits photo : SYLVAIN THOMAS/AFP

Le maire proche du FN a débaptisé la rue du 19 mars, date du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie, pour lui donner le nom du commandant Hélie de Saint-Marc, ancien résistant qui a participé au putsch des généraux de 1962.

La rue du 19 mars 1962, en référence à la date du cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre d'Algérie, a été débaptisée ce samedi à Béziers. Elle s'appelle dorénavant rue du Commandant Hélie Denoix de Saint Marc. Cet ancien officier, mort en 2013, a connut plusieurs vies en une. Ancien résistant, il a été déporté en Allemagne jusqu'à la reddition de l'Allemagne nazie. A la Libération, il rejoint la Légion étrangère. En avril 1961, il choisit de protester contre la politique algérienne du Général de Gaulle d'aller vers l'indépendance de l'Algérie et tente de renverser la République française, c'est ce qu'on appelle le putsch des généraux. Sorti de prison en 1966, il a été réhabilité en 1978 et était depuis devenu un écrivain à succès, estimé par de grands intellectuels dont Jean d'Ormesson. En novembre 2011, Hélie de Saint Marc fut fait grand-croix de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy.

Reste qu'à Béziers, le symbole dérange. La décision avait été validée par le conseil municipal du 11 décembre dernier. Robert Ménard, apparenté FN, la justifie en affirmant que «faire du 19 Mars 1962 la date de la fin de la guerre d'Algérie, c'est se moquer de l'Histoire et c'est une insulte à la fois aux Français d'Algérie et aux Harkis». La date du 19 mars 1962, devenue en 2013 journée nationale du souvenir en hommage aux victimes de la guerre d'Algérie, continue de diviser les Français. Pour ses contradicteurs, elle marque aussi le début du départ des «pieds-noirs» de leur terre natale et des représailles contre des harkis, supplétifs de l'armée française. En retenant le nom d'un officier putschiste, le maire de Béziers, lui même pied-noir, entend en revanche «rendre hommage à un héros. C'est juste un acte réparateur», expliquait-il à nos confrères du Parisien.

Le PS exprime sa «vive réaction»

La décision du premier édile crée toutefois la polémique. Manuel Valls, en marge d'un déplacement de campagne à Saint-Brieuc samedi, a ainsi estimé que «la nostalgie de l'Algérie française n'apporte rien de bon». «Le FN n'aime pas la France, c'est rance, c'est triste», a-t-il ajouté. Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a aussi dénoncé sur Twitter l'initiative de Robert Ménard. «Avec Denoix de Saint Marc, (Robert) Ménard et (le) FN montrent leur visage: réécrire l'Histoire, mépriser la mémoire et s'en prendre à la République», a-t-il écrit sur le site. «Face à ceux qui cherchent à raviver les plaies du passé pour nous diviser, plus que jamais, le devoir de rassemblement s'impose», a-t-il ajouté. Le Parti socialiste a également exprimé «sa vive réaction» dans un communiqué et dit «s'associer» aux initiatives locales contre cette mesure qui «porte atteinte» à la République.

Le Front national a de son côté défendu le maire de Béziers. «Total soutien à Robert Ménard pour l'hommage qu'il rendra ce jour au commandant Hélie Denoix de Saint-Marc contre la révision de l'histoire», a ainsi écrit sur Twitter Louis Aliot, vice-président du parti. Les anciens combattants de la FNACA, qui regroupe des appelés du contingent envoyés en Algérie, parle d'une «injure, selon France Info. Sur place, un recours a été déposé devant le tribunal administratif, une pétition circule dans la ville ayant recueilli plus de 3000 signatures. En juillet, dernier, Robert Ménard avait déjà crée la polémique en s'inclinant devant une stèle de l'OAS, l'organisation de l'armée secrète qui s'est battue pour conserver l'Algérie française. Le premier édile se défend toutefois de toute nostalgie. Une manifestation d'opposition a eu lieu lors du discours du maire de la ville, qui a prononcé son discours sous les acclamations de partisans de l'Algérie française et, en toile de fond, les huées de ses opposants.


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