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Au Fort de Nogent, des inconnus tentent de devenir Légionnaires

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publié le 10/07/2015

Fontenay-sous-Bois - Ils arrivent à la grille, sac de sport en main, regards de bêtes traquées. Elle s'ouvre, quelques chaises dans une petite pièce. Le soldat qui les accueille porte un képi blanc. Sous une arche, "Legio patria nostra": la Légion étrangère.

Comme eux, ils sont des milliers venus du monde entier, nuit et jour, toute l'année, à entrer au Fort de Nogent à Fontenay-sous-Bois pour tenter d'intégrer cette unité unique au monde, "force combattante au service de la France composée d'étrangers", qui clôturera comme chaque année le défilé militaire du 14 juillet. 

Ils sont quatre dans la salle d'accueil. Un légionnaire à l'accent yougoslave demande à un Tahitien sculptural de vider sur la table le contenu de son sac. 

- "Et tous ces crayons, c'est quoi' 

- Pour dessiner. Je suis tatoueur. 

- T'as pas de claquettes, pour la douche. T'as de l'argent' Faut en acheter. C'est important, les claquettes". 

Gidey, Ethiopien de 24 ans, récite: "La Légion, c'est l'une des meilleures forces armées du monde. Une légende. Je veux acquérir une expérience. C'est une école pour la vie". 

Pendant une semaine, les candidats vont passer des tests physiques et psychologiques. Les meilleurs partiront pour Aubagne, QG de la Légion, pour la suite de la sélection. 

"Nous sommes exigeants", concède le lieutenant-colonel François-Xavier Petiteau, chef du Groupement de recrutement de la Légion. "Nous n'en acceptons qu'un sur huit. Rentrer à la Légion, ça se mérite. C'est vrai, on capitalise sur le mythe". 

Au mur de son bureau un portrait de légionnaire, regard d'acier, gueule d'amour et cheich autour du cou. 

Vérification des papiers d'identité, pour ceux qui en ont, puis premier test: les tractions. Une barre dans un couloir, il faut monter à la force des bras, jusqu'au menton, au moins trois fois. Ensuite tests psycho-techniques, sur papier puis sur écran, avant un premier entretien.  

"Le clandestin sans papiers, la loi nous autorise à le prendre" explique l'officier. "On est quand même prudents: Il faut qu'on puisse l'identifier, puis il y a toute une série de vérifications". 

- Vie rêvée d'aventure - 

Le mythe du criminel recherché qui vient se cacher sous le képi blanc a la vie dure. Cela a pu être vrai, il y a longtemps. Aujourd'hui les crimes de sang, les crimes sexuels, l'implication dans le trafic de drogue sont éliminatoires. 

"Ensuite, pour ce qui est des délits, faut voir", sourit l'officier. "Le type qui braque l'arme à la main, on n'aime pas trop. Mais le casseur à la niçoise, ça on aime bien. On a eu longtemps des perceurs de coffre, c'était bien pratique". 

Spécialisée dans les accidentés de la vie, les hommes en rupture entre 17 ans et demi et 40 ans, à la recherche d'une rédemption, d'une deuxième chance ou d'une vie rêvée d'aventure, la Légion commence par leur donner une fausse identité. 

"Enfin, une vraie-fausse identité, comme la loi nous l'y autorise", dit le colonel. "On appelle ça une identité déclarée: un nom, un prénom que nous leur affectons, le temps des contrôles. La quasi-totalité des candidats étant interdits bancaires, ça leur permet d'ouvrir un compte, pour la solde. Au bout d'un an, ils récupèrent leurs vrais papiers". 

Les contrôles, c'est l'affaire de la Division statistique et protection de la Légion étrangère (DSPLE). Grâce à leurs contacts, les enquêteurs fouillent le passé des candidats. 

"Ils trouvent toujours, ou presque. Ils savent à qui s'adresser. Ca peut prendre du temps", ajoute l'officier. "Parfois ils nous disent : +Celui-là, dehors+. Ne disent pas pourquoi, on ne pose pas de question+". 

Dans un bureau, quatre adjudants interrogent les candidats. Ils vident leurs portefeuilles, demandent des explications. Si le jeune homme ne parle pas français, on trouve toujours à Nogent un légionnaire parlant sa langue. 

"On les écoute, ils nous racontent leur vie, depuis leur naissance", explique un adjudant. "Il faut que ça colle. On leur demande ce qu'ils viennent chercher chez nous, on les observe. Ces questions, on les pose ici, puis plus jamais ensuite". 

Ce qu'il est venu chercher, Adrian, un Brésilien de 31 ans, le dit en quelques mots: "Vivre en France, la Légion, c'est un rêve. Je vais m'y donner corps et âme". 


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aa
 

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