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2014


Lirac : La mémoire des Poilus ravivée par Marie-Josée Teissier

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17/11/14

Le maire, Stéphane Cardènes, présentant Marie-Josée Teissier-Queyranne

Pour le 11 Novembre, après la cérémonie de commémoration, la conférencière a retracé le parcours des soldats Liracois.

Ce mardi, après la cérémonie du 11 novembre, Marie-Josée Teissier-Queyranne originaire de Lirac a présenté dans une salle comble, les  grandes lignes de la guerre de 1914 à 1918. Marie-Josée est actuellement guide conférencière à Soissons dans l'Aisne en région Picardie. Soissons est l'une des villes martyres de la Première Guerre mondiale avec beaucoup d'histoires et de monuments.
Marie-Josée vient en vacance à Lirac dans la maison familiale. Elle est passionnée d'histoire et autour d'un café avait promis aux élus de rechercher l'histoire des Poilus de Lirac morts pendant cette horrible guerre des tranchées et de réaliser une conférence lors du 11 novembre.

Un long travail de recherche

C'est donc dans la salle de la mairie que Marie-Josée tout au long de son discours a relaté les années de guerre et a décrit ces hommes morts pour la France.
Louis Damien Viaud, né le 24 mars 1893 à Lirac, caporal du  554e régiment d'infanterie,  mort le 04 décembre 1914 de la typhoïde à l'hôpital de Pont Saint Esprit. Léonce Chambon, né le 04 juin 1892 à Nîmes, sapeur pompier au 4e génie, mort le 26 octobre 1914 dans la Meuse. Antoine Bougarel, né le 30 février 1893 à Manduel, 2e classe du 240e régiment d'infanterie, mort le 28 février 1915 à Verdun, Cyrille Joseph Simon né le 16 mars 1893 à Lirac, 2e classe du 22e régiment d'infanterie, mort le 30 avril 1917 à Vierzy. Albert Roger Roche né le 10 mai 1890 à Lirac, 2e classe du 211e régiment colonial, mort le 11 mai 1917 à Laffaux. Eugène Grand né le 15/11/1890 à Lirac, 1re classe du 8e régiment colonial, mort le 10 novembre 1918 du paludisme à l'hôpital de Cannes et Septime Montanari, italien de la légion étrangère mais habitant de Lirac.
Malgré des recherches approfondies, elle n'a pas trouvé de Marcel Grand et Léon Aumont.
Une conférence très appréciée par l'assemblée et très applaudi en fin de séance. Le maire Stéphane Cardènes a remercié Marie-José de son intervention et de son travail de recherche sur les poilus de Lirac. Une passionnée d'histoire qui par sa conférence a transporté l'assemblée dans les années de la Première Guerre mondiale avec toutes les horreurs.


Le bureau de Clemenceau reconstitué à l'Hôtel de Brienne

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17/11/14

Le bureau de Georges Clemenceau reconstitué quasiment à l'identique au ministère de la Défense, le 13 novembre 2014 à Paris

Le bureau du "Tigre", Georges Clemenceau, président du Conseil de 1917 à 1920, a été reconstitué quasiment à l'identique au ministère de la Défense afin de rendre hommage à celui qui conduisit la France à la victoire de 1918.

Ministre de la Guerre en même temps que président du Conseil, il s'était installé au premier étage de l'Hôtel de Brienne, dans un salon qui donnait alors directement sur la rue Saint-Dominique et sous les fenêtres duquel les Parisiens vinrent l'acclamer le 11 novembre 1918, après la signature de l'armistice.

Cet espace, qui avait changé de destination au fil du temps et perdu son aspect originel, a retrouvé tout son éclat sur une initiative de l'actuel ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en fonction depuis mai 2012.

"C'est lui qui a conduit la guerre, en respectant les institutions démocratiques et en sachant établir sa crédibilité auprès du monde militaire. Nous lui devons l'Armistice, c'est-à-dire la Victoire", souligne M. Le Drian dans un hommage écrit.

Le bureau du général de Gaulle, brièvement sous-secrétaire d'Etat à la Défense nationale en juin 1940, avait été en revanche scrupuleusement conservé, une porte plus loin.

"Jean-Yves Le Drian était très heureux de retrouver le bureau du général de Gaulle de 1940 et un peu désolé de voir que la mémoire de Clemenceau n'avait pas perduré de la même façon", relève un de ses conseillers, Gaëtan Bruel.

Pendant dix mois, les spécialistes des Monuments historiques ont effectué un minutieux travail, à partir de photos en noir et blanc, pour retrouver le mobilier, les cartes d'état-major ou les livres qui peuplaient le quotidien du "Tigre" (une référence à la fermeté légendaire de Clemenceau) au coeur de la guerre.

"Il n'y avait plus ni le mobilier, ni les tapisseries, ni le parquet (...) On est allé le plus loin possible, avec cette reconstitution, dans la fidélité à l'esprit des lieux", raconte Gaëtan Bruel.

- Clemenceau et Napoléon -

La couleur des tapisseries, qui n'apparaissait pas sur les photos, a été reconstituée par comparaison avec d'autres lieux. Le bureau a été retrouvé chez le chef du cabinet militaire, le fauteuil aux accoudoirs ornés de têtes de tigre dans un dépôt du musée de la Légion étrangère, à Hyères (Var).

Dans un coin du salon, un deuxième bureau monumental, qui accompagna Napoléon dans toutes ses campagnes militaires - il lui servait à déployer des cartes - trône de nouveau. "Clemenceau en faisait le même usage d'après les photographies", note M. Bruel.

Sur un porte-cartes refait à l'identique, un fac-similé présente un canevas de tirs d'artillerie sur les positions adverses.

"Clemenceau, homme d'Etat, s'intéressait aussi de près aux affaires militaires, il descendait dans le détail des opérations. D'où des tensions très vives avec les grands chefs militaires qui ne supportaient pas ce qu'ils considéraient comme une immixtion", relève Gaëtan Bruel.

Le bureau restauré sera inauguré ce lundi par M. Le Drian et ouvert au public chaque année lors des Journées du Patrimoine, en septembre.


Légion d'honneur. Fernand Mauduit décoré

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15 novembre 2014
De gauche à droite, Fernand Mauduit, qui a reçu la Légion d'Honneur ; Ange Helloco, le maire; Jean Collet, qui a reçu la Croix du Combattant
 
La cérémonie commémorative du 11-Novembre s'est déroulée mardi sous une pluie battante, et c'est donc dans l'église Saint-Paul et Saint-Pierre que la remise des médailles s'est effectuée. Un événement puisque Fernand Mauduit a été décoré de la Légion d'honneur, la plus haute distinction nationale, créée en 1802 par Napoléon. Gendarme jusqu'en 1981 Né en janvier 1927, Fernand Mauduit a débuté en tant que sabotier, comme son papa. Après son service militaire, il s'est engagé dans la gendarmerie jusqu'en 1981. De Thionville (57), il est parti dans le sud de l'Algérie, puis en Indochine entre 1952 et 1954. En Algérie, Fernand Mauduit a ensuite combattu dans la Légion étrangère. Dans sa carrière de gendarme, il a servi en Afrique équatoriale, en République centrafricaine, en Nouvelle-Calédonie, puis à Paris, en tant que maréchal des logis, à la direction de la sécurité. Il a fêté ses noces d'or avec Madeleine en 2005, entourés de leurs deux filles et de leur famille. Pour sa carrière exemplaire et ses faits d'armes, il a reçu une dizaine de médailles, dont la Médaille militaire, l'Ordre national du Mérite, la médaille du combattant et la croix de guerre d'Indochine. La Légion d'honneur lui a été remise par M. Thomas, lui-même Chevalier de la Légion d'honneur. Jean Collet a reçu la croix du combattant pour ses états de service en Algérie en 1962 et 1963.

11-Novembre : l'hommage des écoliers

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Publié le 14/11/2014

Les élèves ont cité les noms des soldats de Villasavary morts en 1914.

Mardi 11 novembre, ils étaient venus nombreux rendre hommage aux soldats qui ont combattu et à ceux qui sont morts pendant la Grande Guerre. Une guerre atroce où 76 jeunes villasavariens sont morts au combat. Un groupe d'élèves de l'école accompagnés de la directrice Claudine Sarrazin a énuméré les noms des 19 morts pendant l'année 1914. Chaque enfant a ensuite déposé une fleur au pied du monument aux morts auprès de la gerbe déposée par le maire et Maurice Sié, président de l'amicale des Anciens Combattants. Un piquet de la Légion étrangère était présent. Le maire, après avoir lu la lettre du ministre délégué aux Anciens Combattants et fait un petit discours, a invité la population à se rendre sous les halles pour visiter l'exposition du Souvenir Français de Castelnaudary et boire le verre de l'amitié.

La Dépêche du Midi

Quand Bercy insulte nos soldats

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Vendredi 14 Novembre 2014

François Hollande. Photo © SIPA

COULISSES. Pour une bourde, c’en est une belle, faite par Bercy. Elle est très mal prise par nos militaires, surtout ceux engagés en opérations, où sept de leurs camarades sont morts au combat cette année.

Ce 11 novembre, alors que le chef de l’Etat et les hautes autorités militaires rendaient hommage à tous les soldats tombés pour la France, le ministère des Finances diffusait un communiqué pernicieux sur les annulations de crédits dans le prochain budget (572 millions d’euros pour la Défense). Il laissait entendre qu’une bonne partie des 2,2 milliards d’euros à trouver étaient dus, en grande partie, à la dérive des dépenses des opérations extérieures (Opex), un surcoût estimé à 605 millions d’euros. Bercy omettait de rappeler que les opérations en Centrafrique et en Irak avaient été engagées après l’adoption de la loi de finances initiale 2014, votée à l’automne 2013. A cette époque, le surcoût estimé des opex avait été établi à 450 millions pour 2014. C’était sans doute trop peu mais la manœuvre permettait à la Défense de rester dans les clous budgétaires et de faire financer le reste, plus tard, par le budget général de l’Etat, dans le cadre de l’habituelle loi de finances rectificative de fin d’année.

Avec cette nouvelle polémique, Bercy confirme la guérilla budgétaire menée contre la Défense. Elle a conduit Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, à diffuser un communiqué, de façon exceptionnelle : « Les opérations extérieures de nos armées sont un investissement de la Nation pour sa sécurité, la défense de ses valeurs et de ses responsabilités dans le monde », rappelait Le Drian. Il se devait aussi de répondre à l’inquiétude des états-majors, choqués par la manœuvre sournoise de Bercy, mais aussi de moins en moins confiants sur la sanctuarisation par François Hollande des 31,4 milliards d’euros affectés à la Défense. Les armées s’inquiètent des nouvelles fortes baisses d’effectifs – elles supporteront l’an prochain 66 % des réductions de la fonction publique - et de l’accroissement de leurs reports de charge (4 milliards d’euros à la fin de l’année). Il manque surtout à l’appel ces 2,1 milliards de « ressources exceptionnelles » absolument indispensables pour boucler le budget 2015 sur la ligne promise (les fameux 31,4 milliards !). Des projets innovants sont à l’étude pour les trouver. On parle de « sociétés de projet » qui achèteraient des matériels militaires pour les louer ensuite aux forces… Cela fait sourire jusqu’au général Pierre de Villiers, le chef d’état-major des armées. Dans un entretien récent aux Echos, il incitait les militaires à faire preuve d’« esprit novateur », à être des « défricheurs ». Il rappelait aussi son parachute de secours, promis par François Hollande : « De toute façon, j'ai l'assurance de la sanctuarisation des crédits militaires par le président de la République, qui l'a répété à de multiples reprises. »


En Centrafrique avec les légionnaire français

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Publié le 13-11-2014

VIDEO. Le photographe Edouard Elias signe pour "l'Obs" un reportage auprès des légionnaires français en Centrafrique. Il a saisi les rudesses de leur mission et, aussi, leurs moments de blues.

Depuis décembre 2013, la France a déployé 1.200 soldats en Centrafrique dans le cadre de l'opération Sangaris. (Edouard Elias / Getty Images)
Depuis décembre 2013, la France a déployé 1.200 soldats en Centrafrique dans le cadre de l'opération Sangaris. (Edouard Elias / Getty Images)

Paludisme, chaleur, mal du pays, affrontements, tensions entre musulmans et chrétiens... De l'intimité de leur camp de base aux missions à hauts risques, le photographe Edouard Elias, 23 ans, a partagé en août dernier le quotidien des légionnaires français engagés dans l'opération Sangaris en Centrafrique.

Le photographe s'est rendu à Bambari quelques mois seulement après sa libération de la geôle syrienne où il était retenu en otage. Il rapporte des clichés forts. Lors de leurs moments de liberté, les hommes se retrouvent face à eux-mêmes. Certains pleurent et s'isolent, d'autres jouent, se reposent, lisent.

Regardez :


Un enfant du pays reçoit la croix du combattant

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Chalonnes-sur-Loire - 13 Novembre

A l'occasion du 11 Novembre, Gabriel Benesteau (à droite) reçoit la croix du combattant des mains du président de l'association chalonnaise des anciens combattants, Pierre Bourgeais, en présence du maire Stella Dupont. |

Gabriel Benesteau est resté tout en retenue, visiblement ému mais ne plastronnant pas lorsqu'on lui a remis la croix du combattant. Beaucoup connaissent sa silhouette gracile souvent croisée dans les rues chalonnaises depuis deux ans, mais la plupart ignorent le passé militaire de cet homme, curieux de tout et investi dans les propositions du Pôle culturel de la ville, comme danseur ou comédien amateur.

Gabriel est né en 1949, à Tigné, d'un second mariage. Son père, parti au front à 19 ans, était âgé de vingt-cinq ans de plus que sa femme. « J'ai des demi-frères qui auraient pu être mon père... », dit-il. C'est sans doute pour cela qu'il a gardé un petit air d'enfance, des yeux malicieux, un sourire constant et un petit air sautillant.

De son enfance à Chalonnes, il retient l'école maternelle puis Ardenay et le primaire à Chaudefonds... Après avoir effectué son service militaire en 1970 et 1971 au 6e régiment du Génie d'Angers, il s'engage cinq ans dans la Légion étrangère en 1973. Affecté au 2e régiment étranger de parachutistes, il embarque à Bastia et débarque à Djibouti en 1975. Trois ans plus tard, il embarque à Solenzara, en Corse, pour Kinshasa (Congo) où il sera affecté au 1er régiment étranger parachutiste.

Après l'armée, Gabriel vit à Paris où, après une formation, il travaille dans le bâtiment. Marié, père d'un garçon né en 1980, c'est son divorce qui le ramènera en 1993 en Maine-et-Loire. D'abord à Baugé, où il finira ses activités professionnelles avant de revenir à Chalonnes en 2012, pour s'installer dans un petit pavillon dépendant du foyer Soleil. C'est ici que ses parents sont enterrés et où il a encore un demi-frère.

Ses passions ? « Je n'ai pas de télé depuis 1987 mais je m'intéresse à tout : je fréquente assidûment la bibliothèque, j'écoute de la musique, j'ai fait partie d'un club de poésie à Baugé, j'aime aussi le cinéma, les expositions, tout ce qui peut m'ouvrir aux autres et à la connaissance », confie Gabriel, qui ajoute : « L'école n'a jamais été mon fort... »

L'homme garde pour lui ses secrets mais est animé, sans aucun doute, d'une grande envie de partager et de communiquer.


La jeunesse pour un centenaire

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Publié le 13/11/2014

Les enfants font leur devoir de mémoire.

On a commémoré l'armistice du 11 novembre cette année avec une solennité particulière. Le centenaire du début de la Grande Guerre fut largement évoqué. Devant la mairie, après la sonnerie au drapeau et le refrain de la «Marseillaise», le cortège, en musique, s'est dirigé vers le monument aux morts où un piquet de la Légion étrangère rendait les honneurs. Ce n'est pas M. le maire qui lut le texte du ministre, mais les enfants du conseil municipal. Les enfants des écoles chantèrent leur couplet de la «Marseillaise» puis les choristes et l'ensemble des personnes présentes chantèrent l'hymne national. Paul Fraïsse s'est vu remettre la plaque de porte-drapeau par le président Jean Joulia. Il y avait énormément de monde pour cette cérémonie qui continua à la salle des fêtes. Jean Joulia, le président des anciens combattants, ne manqua pas d'évoquer ce centenaire, avant que les Joyeux Cantaïres ne retracent, année après année, les grandes dates de ce conflit avec les chansons de cette époque. On a pu aussi voir la fresque réalisée par la classe de Mme Roussel sur la vie dans les tranchées. C'est autour du verre de l'amitié que se termina cette commémoration où les jeunes ont tenu une grande place.

La Dépêche du Midi

L’amitié franco-serbe enfouie à Thiais

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LE MONDE | 12.11.2014

Croix dans le carré militaire serbe des morts de la guerre de 1914-1918, au cimetière de Thiais (Val-de-Marne). | Guillaume Herbaut pour Le Monde

Thiais (Val-de-Marne), envoyé spécial

Le tramway 7, rame ultramoderne où se mêlent toutes les populations, s’arrête devant le cimetière de Thiais, dans la banlieue sud de Paris. Il faut ensuite traverser une avenue encombrée de voitures, puis passer sous un portail immense, démesuré, sauf à considérer que ce sont les portes du temps ou, qui sait, de l’immortalité. Plus de cent hectares, 150 000 concessions, autant dire une ville endormie : il faut demander son chemin. « Le carré serbe ? Vous voulez dire les soldats de 14-18 ? A gauche, par là, et puis tout droit », indique le gardien. Au bout de l’allée bitumée, elles sont là, en effet, les quelque 700 croix. Sept cents bonshommes à touche-touche, alignés comme s’ils devaient monter par vagues à l’assaut. Ou plutôt ordonnés pour une revue militaire car les officiers sont au premier rang, colonel en tête, et la piétaille suit derrière. Au milieu, sur la même hampe, sont accrochés les drapeaux de la France et de la Serbie, plantés sur un tertre fleuri.

Les prénoms et les noms sont écorchés sur les plaques, comme si le graveur maniait mal les langues slaves : Borislav Bogdanovic, Milan Gavilovic, Jeso Sertic, Dragisa Radovanovic, Zvojin Avramovic sont orthographiés de manière approximative. Souvent ne figure en dessous qu’une vague mention : « Mort pour la patrie. 1914-1918 ». Quelques croix, la plupart du temps celles des officiers, portent une date plus précise : « 10 décembre 1916 », « 22 février 1918 » ou ce « 12 novembre 1918 », terrible d’ironie. Mêmes les historiens interrogés ont peu de détails sur le parcours qui a conduit ces hommes jusqu’à Thiais, à 1 500 kilomètres de chez eux. Ils se sont battus dans les Balkans. Blessés ou malades, ils ont été transportés en bateau jusqu’à Marseille par leurs alliés français. Ils ont été dispersés dans des hôpitaux militaires mais n’ont pu être sauvés. Dans les années 1930, dix ans après l’ouverture du cimetière de Thiais, ils furent regroupés là.

Ces pauvres hères ont une valeur symbolique, en ces temps de centenaire et de commémoration mémorielle. Ils sont partis des Balkans, où la guerre a déflagré. Ils ont fini ici, dans cette banlieue de Paris, tout près et si loin des ors de Versailles, sous lesquels fut signée la paix, du moins son illusion, au travers de traités censés la garantir.

Plus près encore de la galerie des Glaces de Versailles où les plénipotentiaires redessinaient si maladroitement les frontières de l’Europe, se trouve l’école militaire de Saint-Cyr. Dans la grande salle de réunion, située dans une aile historique qui a échappé aux bombardements de la seconde guerre mondiale, le plancher craque sous les pas et les murs sont tapissés d’une gigantesque bibliothèque. Jusqu’à l’odeur, mélangeant le bois patiné et le vieux papier, qui semble d’un autre temps. Les livres aux titres en français, en anglais ou en allemand, datent de la fin du XIXe siècle et du début du XXsiècle. Ils figurent si bien une époque et l’esprit de cette élite européenne à la fois polyglotte et patriote, dans un continent tiraillé entre nationalisme et universalisme.

Lire l’entretien avec Jay Winter : « La paix est un échec dès le milieu des années 1920 ».

Un roi imprégné de culture française

Pierre Ier de Serbie incarnait parfaitement ces tensions contraires. Il étudiait dans ces murs, quand ils accueillaient encore l’Ecole spéciale militaire, transférée en 1945 à Coëtquidan (Morbihan). Le représentant de la dynastie des Karageorgevic était imprégné de culture française, héritier à sa manière des valeurs de ce pays. En 1870, il s’engagea dans la Légion étrangère pour combattre à ses côtés. Arrivé au pouvoir en Serbie en 1903, après avoir renversé la dynastie des Obrenovic, plus proches de l’Empire austro-hongrois, il ne cessera d’entretenir cette francophilie. « Il va mettre en place une monarchie parlementaire et mener un combat pour la nationalité qui peut être considéré comme un héritage de la Révolution française », explique Frédéric Le Moal, auteur de La Serbie, du martyre à la victoire (1914-1918) (14-18 Editions, 2008).

Cet historien enseigne à Saint-Cyr-l’Ecole (Yvelines), dans ce qui est désormais un lycée, simplement empreint des codes militaires : uniformes, discipline, cour sans le moindre papier gras. L’enseignant entretient en quelque sorte dans ces lieux l’intérêt et même l’empathie pour les Serbes qui ont longtemps prévalu dans l’armée française. Cette fascination puise directement sa source dans la première guerre mondiale. « Le rapprochement entre les deux pays est antérieur à 1914, explique Frédéric Le Moal. Mais le conflit a renforcé ce lien. La France s’est rangée du côté des Serbes en raison du jeu des alliances : alliance franco-russe d’une part et alliance russo-serbe de l’autre, mais elle l’a également fait en solidarité avec ce petit pays ami qui était considéré comme victime d’une agression. »

Le corps expéditionnaire français qui aida l’armée de Pierre Ier trouva également des affinités et des valeurs communes jusqu’en bas de la hiérarchie. « Les soldats serbes étaient issus d’un peuple de paysans propriétaires, très attachés à leur terre, comme l’étaient les soldats français. » 380 000 Français combattirent sur le front d’Orient et 42 000 trouvèrent la mort dans les Dardanelles ou les Balkans, enterrés dans plusieurs cimetières, le plus grand situé à Bitola, en Macédoine.

Après plusieurs victoires en 1914, l’armée et le gouvernement de Pierre Ier durent fuir en 1915 à travers le Monténégro et l’Albanie jusqu’à Corfou. La France aida à cet exode puis à la reconquête depuis Salonique. L’héroïsme des Serbes fut magnifié par la propagande française. Il faut se souvenir des dithyrambes d’Albert Londres qui sillonna cette région en guerre, sa plume magnifiant le courage d’un peuple. A vrai dire, il n’y avait guère à en rajouter tant les souffrances furent patentes. « 450 000 soldats et 800 000 civils ont été tués, soit un tiers de la population totale, explique Frédéric Le Moal. L’armée autrichienne s’est livrée à de véritables massacres. » En remerciement de ce sacrifice et de cette fidélité, la France soutint, par le traité de Trianon, la création de la Yougoslavie, une nouvelle nation réunissant les Slaves du sud mais sous domination serbe.

Les liens se distendent à partir de Tito

Dans l’entre-deux-guerres, cette complicité allait atteindre son apogée, explique à Belgrade l’historien Dusan T. Batakovic. Ambassadeur de Serbie en France de mars 2009 à décembre 2012, cet ancien étudiant en Sorbonne est l’auteur de La Serbie et la France : une alliance atypique (Institut des études balkaniques, 2010) et Les Sources françaises de la démocratie serbe (CNRS éditions, 2013). « Le martyre de la première guerre mondiale, notamment la traversée de l’Albanie, est un fondement de notre identité. Il n’est pas une famille qui n’ait un membre qui ait vécu ce drame. Les Serbes n’ont jamais oublié l’aide que leur apporta la France dans cette période. »

Les deux peuples firent donc assaut de civilités, au lendemain de l’Armistice. Il en reste aujourd’hui de multiples traces à Paris, de la rue Pierre-Ier-de-Serbie au monument à Alexandre Ier de Yougoslavie, érigé porte de la Muette. Semblables témoignages se retrouvent à Orléans et ailleurs en France. Belgrade fut décorée de la Légion d’honneur en 1920. Dans la capitale yougoslave, fut inauguré en 1930 un « monument de la reconnaissance à la France » dans le parc de Kalemegdan, avec ces mots : « Aimez la France comme elle nous a aimés ». Louis Franchet d’Espèrey, chef du corps expéditionnaire français, fut nommé voïvoda, l’équivalent de maréchal de l’armée serbe. Un restaurant réputé porte toujours son nom à Belgrade. Il y a une rue Poincaré, une rue Clemenceau.

La France devint, pour le meilleur et pour le pire, l’épicentre des tumultes qui continuaient d’agiter les Balkans. En 1934, Alexandre Ier fut assassiné à Marseille. L’Albanais Essad Pacha Toptame, chef de gouvernement en exil, fut assassiné en 1920 à Paris, devant l’Hôtel Continental où il résidait, par un compatriote qui l’accusait de trahir son pays en l’alliant aux Serbes. Il a été enterré à Thiais, seule stèle musulmane au milieu des croix du carré militaire. Mais dès la fin des années 1930, les liens vont se distendre. Quand Hitler envahit la Yougoslavie en 1941, la France n’est plus là pour l’aider. Elle a déjà été sortie du jeu par la débâcle de 1940. C’est l’Armée rouge qui libère Belgrade. Sous Tito, les liens continuent de se distendre.

Les Français participent aux bombardements de cibles serbes

A Thiais, Dragana et Dragan Nikosavic se promènent d’un pas lent entre les tombes du carré serbe, s’arrêtent pour noter un nom familier. Le frère et la sœur échangent quelques rares mots. « C’est beaucoup d’émotion », dit Dragana, 43 ans. À la fin des années 1960, son père venait en France pour acheter des voitures qu’il revendait dans son pays, notamment des DS qui étaient du dernier chic à Belgrade. Il a fini par s’installer ici, comme 300 000 autres Serbes, puis a fait venir sa famille. Dragana est née en Yougoslavie, Dragan en France. Les enfants allaient en semaine à l’école française et se rendaient le mercredi après-midi et le samedi, à l’école yougoslave, tenue par les communistes, où étaient gommées toutes les dissensions et les haines du passé. « On nous racontait une histoire qui commençait à Tito », explique Dragana. L’histoire de la première guerre mondiale, comme beaucoup de jeunes Serbes, le frère et la sœur l’ont apprise dans le giron familial. Un grand-père était garde du roi. Un autre parent a été enterré dans le cimetière militaire de Salonique. Les Nikosavic sont allés voir sa tombe, qui porte le numéro 5624.

La famille a traversé des moments difficiles dans les années 1990, quand la guerre a éclaté en Yougoslavie. Le peuple serbe qui se voyait depuis 1914 en victime de la barbarie se retrouvait accusé d’être le bourreau, l’instigateur des massacres, de Srebenica au Kosovo. « Personne ne voulait entendre notre point de vue, se lamente toujours Dragana. Cela a créé beaucoup de ressentiments. On pouvait attendre ça des Etats-Unis ou de l’Allemagne, pas de la France. » Dragana est retournée vivre à Belgrade en 2003. Dragan est resté mais, ayant la double nationalité, il a fait son service militaire en Serbie.

Opposant à Slobodan Milosevic, négociateur en 2005 sur le statut du Kosovo puis chef de la délégation serbe à la Cour pénale internationale entre 2009 et 2011, Dusan Batakovic critique également « un manque d’équilibre dans la présentation de la guerre civile en Yougoslavie ». Il se souvient comment, en 1999, la statue de la place Kalemegdan fut voilée de noir, en signe de deuil, quand les avions français participèrent aux bombardements de cibles serbes. Mais il se souvient également de l’attitude ambiguë de nombreux militaires français au sein de l’OTAN, dont l’éducation militaire était imprégnée du souvenir de 1914-1918. Le directeur de l’Institut des études balkaniques rappelle surtout cette célèbre phrase prêtée à François Mitterrand, inspirée des principes d’éducation qui furent ceux de sa génération : « Moi vivant, jamais, vous m’entendez bien, jamais la France ne fera la guerre à la Serbie. »

Lire aussi : Histoire de Princip

Gavrilo Princip chasse Pierre Ier

Etudiant à Saint-Etienne puis à la Sorbonne, c’est à cette époque que Frédéric Le Moal centra ces études sur la guerre de 1914-1918 dans les Balkans. « Je me demandais : Pourquoi une telle violence en Bosnie ? Je voyais bien une permanence historique dans les combats qui se déroulaient. » Il se rappelle la difficulté à mener sereinement ses recherches, dans un contexte de passions exacerbées. « La Serbie est sortie nation glorieuse de 1914-1918 et nation humiliée du Kosovo. »

Aujourd’hui qu’il frappe à la porte de l’Europe, le pays essaye de ressusciter l’une pour faire oublier l’autre. En avril 2011, à l’instigation de Batakovic qui était alors ambassadeur, le président Boris Tadic vint se recueillir sur les tombes de Thiais et prononcer un discours d’ouverture. Cette année, un important colloque sur la première guerre mondiale s’est déroulé à Belgrade, inauguré par le nouveau président, Tomislav Nikolic, et béni par le patriarche Irénée de Nis.

Mais, pour les Européens, la Serbie reste un pays suspect, un fauteur de troubles. « La Roumanie et la Bulgarie sont entrées dans l’Union européenne alors que ces pays ont plus de corruption que nous et un niveau de vie plus bas que le nôtre, regrette Dragana. Pourquoi pas nous ? » Chaque soubresaut nationaliste dans la région réveille les mêmes craintes d’embrasement européen. La « poudrière des Balkans » fait toujours peur. C’est ce qu’a démontré récemment le déchaînement de passions provoqué par l’apparition (suspendu à un drone) sur un terrain de football de Belgrade d’un drapeau de la grande Albanie, incluant le Kosovo, lors d’un match entre les deux pays. Ou les commentaires mettant en doute la loyauté serbe envers l’Europe, après la visite de Vladimir Poutine à Belgrade, pour commémorer la libération de la ville. De victime de la première guerre mondiale, statut qu’elle avait en 1918, la Serbie est passée à celui de coupable. Le succès du livre de l’historien australien Christopher Clark, Les Somnambules (Flammarion, 668 pages, 25 euros), qui fait de la Serbie le boute-feu du conflit en 1914, témoigne de ce renversement. L’ouvrage a été vivement attaqué à Belgrade. « Il y a désormais l’image du dangereux Serbe », constate Frédéric Le Moal. Gavrilo Princip a chassé Pierre Ier.


La cérémonie du 11 novembre célébrée à Rikitea

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Mercredi 12 Novembre 2014

Rikitea, le 11 novembre 2014: L'éloignement ,ne fait pas oublier la mère patrie. Ce mardi matin à 7H45 la levée des couleurs a était effectuée en présence des autorités civiles et militaires à Rikitea, sur l'île de Mangareva, aux Gambier.
La prestation a été clotûrée par un cocktail, offert par la mairie.

Merci à notre lecteur de Rikitea pour ce partage.




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