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Nono, une prostituée qui travaillait à Chalon, a collaboré avec le juge Michel

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le 03/12/2014

« Nono a fini par être retrouvée à Chalon par son mac, Jean Marchetti. Il l’a séquestrée au bar-hôtel Des Messagers (Le Niépce) et passée à tabac avec le Chalonnais, Bruno le Corse », a appris Juju par un ami qui travaillait encore au Dynasty à cette époque. Photo C.Zahra

Noëlle dit “Nono” a été pour le juge Pierre Michel un témoin clé pour faire dénoncer le bordel des légionnaires à Calvi en 1977. “Juju” se souvient très bien d’elle à Chalon entre 1971 et 1973.

Janvier 1977, celui qu’on surnomme le premier juge de France, Pierre Michel, est en croisade contre le Milieu marseillais et son trafic de stupéfiants. L’homme planche aussi sur le dossier important de proxénétisme dans lequel est impliqué Jean Marchetti, un ancien du gang des Lyonnais. Dans son bureau, un témoin inespéré : une prostituée qui révèle au magistrat l’existence d’un bordel au sein même de l’armée, à Calvi, au cœur du 2e REP de la Légion étrangère. L’affaire du Pouf de Calvi est née.

Cette femme, c’est Noëlle, une Dijonnaise dont la vie mouvementée l’a un jour menée jusqu’à Chalon, plus précisément au « Dynasty ». Situé à l’angle du quai Gambetta et de la place du Port-Villiers, cet établissement avant-gardiste pour l’époque faisait discothèque, petite restauration et piano-bar avant d’ajouter un cabaret au 1er étage en 1973.

De Dijon à Chalon via le lupanar de la Légion

« Noëlle ? “Nono”. Si je m’en souviens ! Bien sûr », s’exclame Juju, une sexagénaire pétillante et flamboyante aux intonations d’une Arletty. Elle tient aujourd’hui un bar-restaurant en Côte Chalonnaise. « Elle était de Dijon comme moi, mais du quartier des Plombières. Nous nous étions aperçues dans le microcosme des bars. C’est comme ça que nous avons été recrutées au Dynasty de Chalon qui a ouvert en décembre 1971. Mais c’est en travaillant avec elle que je l’ai mieux connue », se souvient Juju. « Elle nous a avoué son passé de prostituée et nous a parlé du Pouf de Calvi. Les conditions et ses 30 à 40 passes par jour ». À l’époque, Juju n’avait que 18 ans, Noëlle, « 30-35 ans », estime-t-elle. « C’est difficile à dire. À côté d’elle, on avait l’air d’enfants », ironise Juju. « C’était une pro, pas une minette. C’est pour ça qu’on lui a confié le cabaret après le piano-bar. Si elle plaisait beaucoup aux hommes, elle ne s’en laissait pas compter. Elle savait gérer les clients. Elle était restée une belle femme même si son visage était marqué et qu’on voyait qu’elle en avait bavé entre la drogue, la prostitution et l’alcool », déplore encore son ancienne collègue. « Brune, les yeux bleus, une coupe à la garçonne, elle avait du chien, ce n’était pas un chaton », décrit-elle Noëlle dont l’image est restée à jamais gravée dans ses souvenirs. « Elle était très charmante, douce, gentille et très famille avec nous », se remémore Juju. « Son histoire était terrible : tomber amoureuse d’un homme qui vous force à vous prostituer à 18 ans », commente Juju qui épargne les détails. « C’est avec elle que j’ai appris des termes que je ne connaissais pas. Ça m’a marquée et appris à me méfier ». Juju a quitté le Dynasty en 1973 mais elle a su par des amis la dramatique suite des événements.

Débusquée à Chalon, elle est séquestrée et battue

« On savait plus ou moins qu’elle avait balancé sur le milieu et qu’elle se camouflait à Chalon mais elle a fini par être retrouvée par son mac », confie-t-elle en relatant les confidences d’anciens employés restés amis. « Avec un Chalonnais surnommé Bruno le Corse, il l’avait séquestrée dans le bar-hôtel des Messagers (N.D.L.R. Devenu par la suite la Rhumerie et Le Niépce, place de l’hôtel-de-ville). Après, elle serait partie sur Paris ». On retrouve sa trace dans le bureau du juge Michel à Marseille en janvier 1977 puis elle disparaît à nouveau. Elle ne sera même pas présente au procès du Pouf de Calvi où son proxénète et tortionnaire, Jean Marchetti, écopa de 4 ans de prison. Mais qui sait ce qu’est devenue Nono ?


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