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70e anniversaire de la liberation - l’incroyable tragique histoire de paul et leon lositsky

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Samedi 16 août 2014

Paul Lositzky, lieutenant de l’école de cavalerie de Saumur (photo Collection Chrystel Borie-Lositsky)
Léon Lositsky en 1938 (photo Collection Chrystel Borie-Lositsky)

 

Comme de nombreux destins brisés, détournés, ou sublimés par l’histoire, les parcours de vie de Paul Lositsky et de son frère Léon (dont la fille Chrystel Borie-Lositsky semblent incroyables pour nous aujourd’hui dans une France en paix, mais tout autant « incroyables et tragiques » que des milliers de destins d’Ukrainiens, de Syriens, de Palestiniens, d’Irakiens, et l’on en passe…en ce mois d’août 2014 : 70e anniversaire de la Libération, (ironie de l’histoire, les deux hommes étaient nés dans…l’Ukraine du début du XXe siècle) ! Grâce à la passion et la persévérance de Patrick Barruel-Brussin, président du comité de soutien du secteur 7, mouvement de Résistance qui contribua à la Libération du joug nazi dans la région lyonnaise et le Nord-Isère. La mémoire de ces hommes qui ont donné leur vie pour la France est retrouvée, et honorée. Patrick Barruel-Brussin nous conte ici l’histoire romanesque, digne d’un grand film, de ces deux frères, dont l’un des deux vint mourir à Bourgoin. L’histoire de Paul Lositsky Alias Lieutenant François, adjoint de Joseph Fracassetty Alias Capitaine Rémy, chef militaire du secteur 7 Rhône-Isère. Éléments biographiques par Patrick Barruel-Brussin.

« Au début du XXe siècle dans la Russie impériale, un jeune officier de l’armée du tsar, Franzevitch Lositsky, tombe amoureux et épouse une jeune fille de la noblesse russe, Zinaïde Pavlovna. Zinaïde est parente avec la grande duchesse Maria Pavlovna de Russie, cousine du tsar Nicolas II. De l’union de Franzevitch Lositsky et de Zinaïde, naissent deux garçons : Léon né le 21 octobre 1911 à Ekaterinoslaw (décédé le 26 Juin 1941 à Beyrouth, mort pour la France) et Paul né le 16 Avril 1915 à Odessa (mort à Bourgoin le 23 août 1944, mort la France). Les deux villes de naissance sont en Ukraine alors sous contrôle de la Russie et où Franzevitch est officier en garnison. En 1919, en pleine Révolution bolchevique, les deux jeunes garçons, alors âgés de 8 et 4 ans, assistent au massacre de leurs parents et doivent leur salut à un homme d’exception, également officier du Tsar, Michel Roubtzoff (né en 1893 en Russie et mort à Salagnon en 1955). Michel Roubtzoff se voit confier une somme d’argent par la grand-mère de Léon et de Paul, lors de leur fuite et de leur exil vers la France. Michel y rencontre un banquier parisien, M. Michoud, auquel il confie cette somme pour l’éducation des deux enfants Lositsky. Or, fruit du destin, M.Michoud a une résidence secondaire, un castel fort charmant, à Salagnon (près de Morestel). Il y installe Michel Roubtzoff comme régisseur et les enfants y seront élevés, avec l’aide, entre autres, d’un couple lié familialement à leur mère : M. Constantin Ivanov et son épouse née Avdeff-Pavlovna (il s’agirait de la sœur ou de la cousine germaine de Zinaïde). Constantin Ivanov, né en Russie en 1891, meurt à Salagnon en 1969 et sa femme (née en 1893) décède en 1972. Entre temps, Léon et Paul Lositsky poursuivent des études brillantes à l’ancien collège de Bourgoin où ils obtiennent leur baccalauréat. »

La bataille de Hannut

« Ensuite Léon rentre à l’école militaire de Saint-Cyr, en 1932, promotion Bournazel, puis s’engage comme officier dans la Légion étrangère, plus exactement au 6e régiment étranger d’infanterie. Il sera tué au Liban, en Juin 1941. Il s’était marié Avant-Guerre et avait eu deux filles, dont Christel née en 1938. Paul Lositsky, lui, fréquente le Camp des Loges, quartier Gramont, à Saint-Germain-en-Laye, avant d’être reçu à l’école de cavalerie de Saumur, en septembre 1939. Paul participe courageusement à la Bataille des Flandres, il y côtoie un jeune Saint-Savinois appelé Pierre Oudot, futur maire de Bourgoin-Jallieu. Tous deux sont dans le contexte douloureux de Flandres-Dunkerque, avant d’être démobilisés et de rentrer chez eux. Entre temps, Paul participa à la campagne de Belgique, en mai 1940, notamment à la bataille de Hannut (Belgique), le dimanche 12 Mai 1940 ! On peut affirmer que cette date fut celle de la première bataille de chars de la Seconde Guerre mondiale. « L’autre peloton de Somua (Ndlr : véhicules blindés de fabrication française) du capitaine de Beaufort, celui du lieutenant Lositsky, avait reçu l’ordre de réoccuper Crehen (Ndlr : agglomération de Hannut) et de s’y maintenir. Mais outrepassant les ordres, Lositsky traverse le village et fonce sur Hannut. Accueilli par un barrage de tir antichar, il vire au nord et fonce vers Thisnes (agglomération de Hannut). Il tombe par surprise sur un rassemblement allemand : il détruit quatre panzers et plusieurs camions, puis une batterie d’artillerie » (lettre d’information N° 4 de La Société Belge des Amis d’Aragon, page 7)

Revenu en Isère, Paul Lositsky, rejoint la Résistance début 1943

« Un temps, il fera partie de l’armée de l’ombre du Vercors, puis rejoindra le secteur 7 Rhône-Isère, où Rémy lui confie des tâches stratégiques et en fait son bras droit. N’oublions pas que Paul est un jeune officier de Saumur, parfaitement aguerri et à même d’apporter une formation militaire de grande qualité aux jeunes recrues du secteur. « Paul Lositsky était un homme extraordinaire », expliquait Ménie Fracassetty, résistante et veuve du chef militaire de la Résistance, le capitaine Rémy. « Je me rappelle de lui comme si c’était hier. Ce qui frappait chez lui, était sa classe, son maintien, son autorité naturelle et surtout une discrétion rare. Rémy avait une grande admiration pour lui, comme tous ceux qui l’ont approché et connu dans ces moments particulièrement difficiles. Paul était très secret, on savait peu de choses sur lui, il ne parlait jamais de son enfance, de ses origines, comme si une chape de douleur couvrait un passé que l’on ressentait comme très douloureux. » ( Ndlr : entretien avec Ménie Fracassetty, recueilli par Patrick Barruel-brussin, en Juillet 2008). Le 23 août 1944, jour de délivrance pour tous les Berjalliens et les populations du Nord-Isère, Paul Lositsky est tué dans les combats farouches et sanglants qui opposent le Bataillon Rémy et les occupants allemands… Paul avait 29 ans ! »

Un appel téléphonique bouleversant

Le soir du 11 Juin 2014, Patrick Barruel-Brussin, président du Comité Bataillon Rémy, reçoit un appel téléphonique bouleversant, celui de Christel Borie-Lositsky, fille de Léon (qu’elle ne connût jamais) et nièce de Paul dont elle ne savait rien et qu’elle recherchait depuis des décennies. C’est en faisant des recherches sur Internet que Mme Borie-Lositsky trouve les coordonnées de l’association et de Patrick Barruel-Brussin. Dès le 12 Juin, Patrick Barruel-Brussin organise les recherches et en quelques semaines, une quantité de renseignements, d’écrits, d’échanges de courriers officiels ou privés, reconstituent le puzzle et « raconte » le parcours hors du commun de Paul Lositsky :
« Jean Fréchet, natif de Salagnon et président de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) de cette commune, a pu narrer nombre de souvenirs puisqu’il a bien connu Michel Roubtzoff, ainsi que M. et Mme Constantin Ivanov, réfugiés résidant également à Salagnon. Marcel Colomb, président de Rhin et Danube, responsable du Souvenir Français, se rappelle également de Paul Lositsky, puisque ses parents l’ont caché quelques temps dans leur ferme à Saint-Agnin-sur-Bion, l’été 1944. Il en est de même pour quelques survivants du secteur 7 et du Bataillon Rémy, tels Paul Falcoz et Kiki Laurent. »

Patrimoine

La tombe de Paul Lositsky se trouve au cimetière de Salagnon et depuis le 18 mars 2009, elle est inscrite au patrimoine de l’Isère, dans la catégorie : patrimoine religieux (patrimoine départemental géré par le conseil général de l’Isère). Marcel Colomb, avec le soutien du Souvenir Français, entretient avec respect et émotion l’édifice et chaque année, en février, dans le cadre de la cérémonie du drame de la Croix-Sicard, à Salagnon, un hommage est également rendu à Paul Lositsky, avec dépôt de gerbe sur sa tombe (cet hommage annuel peut être consulté sur le site Internet de l’ANACR, Association nationale des anciens combattants de la Résistance, de Morestel).

Propos recueillis : Eric Séveyrat

Commémorations du pays Berjallien

21 août

Bourgoin-Jallieu : 10h , cimetière de la Rivoire : hommage à Joseph Fracassetty (Rémy), 11 h cimetière de Beauregard : hommage à Georges Ivanoff (Raoul) ; 11h45, magasins généraux, stèle en hommage aux combats qui ont eu lieu aux magasins généraux où se trouvaient les réserves de la marine de guerre en méditerranée ; l’après-midi (heure non communiqué), hommage à Crémieu à Marcel Petit, l’initiateur des mouvements de résistance dans le Nord-Isère ; 18h30 conférence de Julien Guillon sur la Résistance dans le Nord-Isère à l’espace Grenette à Bourgoin-Jallieu, avec une exposition sur la Seconde Guerre mondiale de L’ONAC ,plus documents sur la résistance locale.

22 Août

10h Grange Lyaudet à St Agnin sur Bion ; 11h, monument à St Agnin sur Bion ; 18h30 Gare de l’Isle d’Abeau, Stèle à Bianzani.

23 Août 2014

Bourgoin-Jallieu – St Savin – Ruy –Montceau – St Agnin
10h Rassemblement à Flosailles (d’où sont partis les 600 résistants) ; Jeeps –Tractions –ambulance, etc. ; 10h30 début de la cérémonie ; 11h30 Bourgoin-Jallieu, cérémonie à la Clinique de Jallieu Hommage aux quatre résistants morts dans les premiers combats ; 12h30 : repas, caserne Brenier sur réservation ; 15h : café-restaurant « les Marronniers » -Inauguration d’une plaque concernant la première réunion de la résistance à Bourgoin le 11 février 1941, défilé rue de la libération (pavoisée en guirlandes bleu-blanc-rouge ainsi que la rue de la liberté)– Jeeps-Tractions -musique militaire ; 15h45 : place St Michel, dépôt de Gerbes : à Rémy-Raoul ; 16h30 : monument La Vie-La Paix ; 18h15 Cérémonie à Demptézieu ; 19h : cérémonie au Bourg à Saint-Savin ; A partir de : 20h30 repas sous les Halles à St Savin (Accordéon Club)-Les cérémonies se poursuivront le 30 et 31 août à la Verpillère.

La Libération à Grenoble

A l’occasion du 70e anniversaire de la Libération de Grenoble les 21 et 22 août prochain, la mairie et la ville ont prévu des cérémonies et des animations. Dès le 21, une cérémonie aura lieu à 16h30 sur le Parvis des droits de l’Homme au jardin de ville, suivie à 18h, de l’inauguration de la Place de la Résistance, rue des Martyrs. A 10h45, la ville sera survolée par la Patrouille de France.
Le lendemain, une journée festive est prévue, avec une exposition de voitures d’époque au jardin de ville, un pique-nique citoyen à midi au Parc Mistral, un défilé de voitures d’époque militaires et civiles de 16h à 17h, et un grand concert au jardin de ville à 21h30.
Plus d’informations sur www.grenoble.fr


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