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CENTENAIRE L’histoire prend de l’altitude

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Publié le 15/08/2014 Alice Meunier et Cécile Latinovic

Le cimetière américain de Bony. Vu du ciel, difficile de passer à côté... Comme de nombreux cimetières militaires de la région.
Près du château de Tilloloy reposent des soldats de la Légion étrangère.

C’est parti pour cinq années de commémorations et d’événements autour du centenaire de la Grande Guerre. Pour ceux qui préfèrent l’histoire abordée de manière insolite, les survols des théâtres de guerre sont une bonne idée. Un créneau qui a tout pour plaire et qui en est à ses débuts. Est-ce plus beau vu d’en haut ? Depuis Montdidier ou Saint-Quentin, comparons les vols historiques.

1 LA GRANDE OU LA PETITE HISTOIRE ?

C’est pour cela que les passagers prennent leur envol : la balade historique. L’aéro-club de Montdidier a mis en place ce « survol du centenaire de 14-18 » avec l’office de tourisme du Pays de Parmentier. Autant dire que les informations sont là. Reste que cette partie du Santerre ne recèle pas des plus grands théâtres de la Grande Guerre. Ce qui peut aussi lui donner un côté insolite pour les plus passionnés d’histoire. «  Nous sommes au-dessus de Tilloloy. À quelques pas du château, vous avez un cimetière de la Légion étrangère  », indique Bernard Tonnellier, le pilote. Direction Davenescourt ensuite, où la toute jeune armée de l’Air française avait trouvé de la place pour eux. «  Les officiers et sous-officiers habitaient le château  », poursuit le pilote.

Sans oublier le petit plus : un plus grand bond en arrière, en 1870. «  Lorsque les Prussiens ont attaqué Montdidier, ils se sont placés au niveau des ventilateurs (les éoliennes, ndlr). Ils étaient en hauteur avec une belle vue pour bombarder la ville.  »

Même scénario à Roupy dans l’Aisne. L’aéro-club a passé une convention avec l’office du tourisme du Saint-Quentinois pour faire des vols dans le cadre du centenaire. Différents parcours sont proposés : le tour de Saint-Quentin, le percement de la ligne Hindenburg (Roupy, Bellicourt et Bony) et un autre trajet sur la ligne Hindenburg, avec une extension jusqu’à Vimy (Pas-de-Calais) aux environs de la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette.

Dans la partie axonaise, les vestiges sont très limités également. «  Ce qu’on peut voir ? répète Paul Andrejewski, le président de l’aéro-club de l’Aisne. À vrai dire, pas grand-chose. » Pas «  grand-chose  » en relation avec la Première Guerre mondiale. Seuls les monuments commémoratifs comme le cimetière militaire de Bony ou le mémorial de la 46e Division britannique, sur la RD1044. Il faut aller jusqu’à Vimy pour voir les traces des tranchées.

2 DES PAYSAGES À COUPER LE SOUFFLE ?

Le Santerre a un paysage somme toute peu varié : le survol de champs de betteraves ou de blé en été, quelques bois et un relief relativement peu variable. Les paysages à découvrir ne sont pas l’atout principal de la balade depuis Montdidier. «  Au printemps, au petit matin, la lumière et la renaissance de la nature sont très agréables  », contrebalance la présidente de l’office de tourisme, Claire Sirot. Le petit plus tout de même : la découverte des parcs entourant les châteaux de Tilloloy, Davenescourt et Warsy.

Les paysages axonais se ressemblent également. Des champs entourent Saint-Quentin. Et il n’est pas possible de survoler la ville car là, «  il faut voler à plus de 3 000 pieds. Et, au-dessus, on passe dans l’espace aérien contrôlé  », explique Philippe Bondon, le pilote du jour. Autrement dit, il faut faire une demande spécifique. De là-haut, les marais d’Isle, le parc des Champs-Élysées ou encore le palais de Fervaques se distinguent. Munis d’un bon zoom, les photographes néophytes peuvent en sortir quelques clichés.

3 UN AVION DIGNE DES PILOTES DE 1918 ?

Pas de jet hypermoderne pour la balade. À Montdidier, simplement un petit avion, de type D112 Jodel, dont les premiers datent de 1950. Ça, c’est pour un passager. Si deux personnes souhaitent voler ensemble, ce sera à bord du Robin DR 400. Là, on s’éloigne un peu plus de la Grande Guerre : ce type d’appareil était construit dans les années 1970. Dur dur de trouver un avion ressemblant à ceux des poilus.

Pour apprécier pleinement le vol et faire des photos sans ailes, il est toujours possible d’opter pour l’ULM. Ecofly, près de Laon, propose ce genre de vol en relation avec le centenaire également.

Quoi qu’il en soit, les avions des aéro-clubs différent des engins des aéroports. Lors du décollage, les passagers ne sentent rien. Pas de sensation de vide, pas de vertige. L’avion se soulève simplement du sol. «  Nous avons plus l’impression de voler que quand nous sommes dans un avion de ligne  », apprécie Philippe Bondon. Il n’hésite pas à décrire le décollage comme «  un instant magique  ». Tout comme le vol. «  Et en cas de problème, l’avion plane. Nous pouvons toujours atterrir, même après une panne moteur.  »

4 LES CONNAISSANCES DU PILOTE

Depuis l’aérodrome de Montdidier, les passagers ont des chances de voler avec Bernard Tonnellier. Pilote depuis 25 ans, il maîtrise aussi bien l’humour que son avion. Pas bégueule, il explique l’histoire locale en indiquant du doigt les tranchées et châteaux à voir. Pour les questions, il a toujours une petite anecdote sympathique qui va avec la réponse.

Pas de pilote attitré à l’aérodrome de Roupy. Tous sont susceptibles d’accompagner les touristes. Le club planche actuellement sur un recueil de photos à mettre à la disposition des passagers. «  Ce n’est pas commode de montrer, quand nous sommes en l’air, ce qu’il y a à voir.  » Le recueil sera disponible à partir de septembre. Mais tous les pilotes sont sensibilisés à la Première Guerre mondiale. «  Quand l’un d’entre nous rentre de vol, il dit ce qu’il a vu. C’est toujours un plus pour nos prochaines sorties  », reprend Philippe Bondon. Ce qui attire beaucoup, c’est le souterrain de Riqueval. Le canal de Saint-Quentin passe dans ledit souterrain, en plein sur la ligne Hindenburg. Une fortification serait encore visible.

5 LE RAPPORT QUALITÉ / PRIX

Parlons des choses qui fâchent : le prix. À Montdidier, il faut compter entre 50 et 100 € pour s’envoler au-dessus des tranchées, tout dépend du nombre de passagers. Ceci pour un vol d’une vingtaine de minutes à 160 km/h et à 200 mètres au-dessus des cantons de Montdidier et Roye.

La convention passée avec l’office du tourisme du Saint-Quentinois permet d’avoir des tarifs préférentiels : comptez 45 € (un passager) à 85 € (trois passagers) pour un survol des environs de Saint-Quentin. Et de 150 € à 300 € (selon le nombre de passagers et la distance) pour un survol de la ligne Hindenburg. Le temps de vol oscille entre 30 minutes et 1 h 15. «  Le temps passe plus vite en l’air  », s’amuse Philippe Bondon. Mais l’histoire se perd.

Renseignements et réservations : office du tourisme du Saint-Quentinois : 03 23 67 05 00 ou office du tourisme du pays de Parmentier : 03 22 78 92 00.

«Des vols d’archéologues»

TROIS QUESTIONS À Bernard Tonnellier, membre de l’aéro-club de Montdidier. Pilote depuis 25 ans.

Comment est venue l’idée d’un circuit dédié au centenaire de 1914-1918 ?

Au départ, notre association allait à l’office de tourisme du Pays de Parmentier, situé à Montdidier, pour laisser quelques prospectus sur notre club. Nous voulions tenter de proposer d’autres sorties au public, qui sortent de l’ordinaire. Et des baptêmes en avion aussi. C’est comme ça que nous avons eu ensemble l’idée de ce circuit de mémoire. Nous avons d’ailleurs pu le tester le 24 mai, lors d’une journée spéciale, en partenariat avec l’office de tourisme toujours.

Les vols touristiques de mémoire étaient une grande nouveauté ?

Pas exactement. Nous avons déjà travaillé avec des archéologues. Le survol de site permet de voir des lignes, des mouvements invisibles lorsque l’on a les pieds sur terre. Nous avons eu l’occasion de transporter des archéologues au moment de travaux sur une autoroute. Grâce aux photos aériennes, ils ont pu montrer les bords d’un camp romain. Les traces étaient plus distinctes en altitude.

Et les tranchées creusées par les poilus… ?

L’été n’est pas une saison qui permet de les voir, à cause des cultures. Selon l’humidité du sol elles sont aussi plus ou moins visibles. Nous avons parfois des surprises aussi, comme les trous d’obus qui se dévoilent : à l’époque ils étaient rebouchés avec un peu tout et n’importe quoi. Lors de fortes intempéries, certains s’effondrent…

«Le temps fait son œuvre»

«  Ce qu’il y a à voir ? Pas grand-chose  », soupire Paul Andréjewski, le président de l’aéro-club de l’Aisne. Comme expliqué à l’office du tourisme du Saint-Quentinois : «  Le temps a fait son œuvre. » Et la Première Guerre mondiale, cent ans plus tard, fait davantage partie du devoir de mémoire que de l’actualité.

«  Les tranchées ont laissé des cicatrices dans la terre  », remarque-t-on à l’office du tourisme. Sauf que l’œil non-avisé d’un néophyte en histoire a du mal à les repérer. «  C’est surtout vrai dans la Somme, où la terre est plus claire là où les tranchées ont été creusées. » Selon la saison, la clarté est plus vive, comme le remarque le pilote montdidérien.

Au Chemin des Dames, dans l’Aisne, idem. Difficile de voir les vestiges de la Grande Guerre. «  Si on ne sait pas ce que c’est, c’est un plateau, et c’est tout  », souffle un pilote d’ULM.

Sur la ligne Hindenburg, près de Saint-Quentin, quelques vestiges de fortification sont encore visibles. «  Les blockhaus ont été détruits en majorité après la guerre, les agriculteurs ont repris possession de leurs champs, explique l’office du tourisme du Saint-Quentinois. Et la végétation a recouvert le reste. » Il reste néanmoins des fortifications au-dessus du souterrain de Riqueval ou dans les bois près de Joncourt. «  Il y en a très peu : il y a beaucoup de travail d’imagination quand on survole les terres à la recherche des vestiges.  »

La meilleure saison pour effectuer ces vols

À en croire le pilote de Montdidier, Bertrand Tonnellier, la meilleure saison pour faire ce vol au-dessus de l’histoire locale est l’hiver. En effet, en plein été, les champs de betteraves, de pommes de terre et de blé masquent les traces des tranchées au sol.

L’automne et le printemps sont aussi des saisons correctes : en plus de ne pas avoir trop de végétation au sol, elles limitent le risque de mauvais temps laissant les passagers et le pilote au sol.


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