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La Picardie rejoue Camerone avec la Légion

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Publié le 26/06/2013 Par CLAUDINE MARILLOT

Environ 500 choristes et musiciens picards célébreront le 150e anniversaire de cette bataille, haut fait d'armes de la Légion étrangère au Mexique, lors d'un spectacle avec la Musique de la Légion, ce vendredi à Amiens.


30 avril 1863, trois légionnaires se rendent avec honneur aux Mexicains. Ils sont les seuls survivants parmi les 62 soldats de la 3 e compagnie du Régiment étranger qui ont livré bataille pendant 11 heures face à 2 000 cavaliers et fantassins mexicains à Camerone.

28 juin 2013. Environ 500 choristes et musiciens picards et 62 musiciens de la Musique de la Légion étrangère reconstitueront cette bataille sur la scène du Zénith d'Amiens (lire ci-contre). Avec pour armes leurs chants et leurs musiques. Les Picards joueront les Mexicains, les légionnaires leur propre rôle. Le lieutenant colonel Émile Lardeux, chef de la Musique de la Légion étrangère, parle de cette soirée et de ses musiciens aux 21 nationalités.

Comment avez-vous abordé la répétition avec les musiciens et choristes picards le 2 juin à Amiens ?

J'ai commencé l'apprentissage de la musique dans mon village, mon grand-père dirigeait l'harmonie et était l'organiste de la paroisse. J'ai toujours beaucoup de plaisir à recroiser ce milieu des amateurs de sociétés musicales. C'est plutôt eux qui devaient se demander comment allait se dérouler une répétition avec un lieutenant colonel de la Légion étrangère ! Et bien ce fut une adhésion totale et j'ai été agréablement surpris par la qualité du travail mené par les chefs de chœur et par les chefs des harmonies. Bravo !

Quel spectacle le public va-t-il voir ?

Il se compose de trois parties. Dans la première, les chœurs et harmonies picards interprètent leur répertoire. Dans la deuxième partie, la Musique de la Légion interprète Adieu vieille Europe et le Fanion de la Légion - deux chants légion qui sont sur notre CD Héros sorti chez Deutsche Grammophon - et le répertoire qui nous est propre suivi de Non rien de rien, Lili Marleen, une chanson un peu plus humoristique dont je veux garder la surprise, un morceau d'orchestre avec un soliste trompette sur la musique du film Fort Alamo, en lien avec le Mexique pour être en complète cohésion avec la soirée. Dans la troisième partie, tout le monde se retrouve sur scène. Les légionnaires seront au centre et seront encerclés par les choristes et les musiciens, la même disposition que lors de la bataille de Camerone.

Comment choisissez-vous le répertoire de la Musique ?Nous jouons toujours le répertoire légion ; c'est incontournable. Ensuite j'élabore un répertoire en fonction de mes goûts, des thèmes de l'année... Je tiens compte aussi des musiciens de talent pour les mettre en valeur. Dans les programmes concerts, nous abordons absolument tous les styles de musique.

La marche de la Légion est « Le boudin ». Quelle est son origine ?

Le boudin pourrait être la couverture roulée sur le sac à dos du légionnaire. Quant aux paroles, nous n'en connaissons pas l'origine exacte. Le refrain « Pour les Belges, y en a plus, ce sont des tireurs au cul » ferait référence à l'interdiction faite par le roi des Belges à ses ressortissants de s'engager dans la Légion à un moment de l'histoire. Caricaturalement, c'est devenu « les Belges, ils veulent pas venir »...

Qui sont vos musiciens ?

Des légionnaires qui ont suivi la formation de combattant. Lorsqu'ils sont recrutés, ceux qui le souhaitent demandent à intégrer la musique. En fonction de leur niveau, je les prends ou non. Actuellement, ils représentent 21 nationalités. La langue de communication est le français. C'est pour cette raison que je tiens à ce qu'ils chantent, pour l'apprentissage du français et la cohésion.

Sont-ils appelés à aller en mission ?

Ils peuvent être amenés occasionnellement à renforcer des unités de régiment en mission, non pas au feu directement mais en soutien de maintenance en base arrière. Tous les ans, en janvier-février, les musiciens posent les instruments et partent sur le terrain faire du tir, de la marche, du bivouac, de l'instruction militaire. C'est indispensable pour leur condition de légionnaire et de militaire.

L'image du légionnaire au passé trouble, à l'identité secrète est-elle caricaturale ?

Non, ce n'est pas caricatural. Maintenant, une règle stipule que la Légion ne prend plus les auteurs de crimes sexuels ou de crimes de sang, des canailles, des racailles. Cela a été vrai à certaines périodes de l'histoire mais c'est fini. Une fois qu'un homme a passé les tests, que l'enquête de moralité a été faite, qu'il a intégré la Légion, nous n'avons pas à lui poser de questions.

Que représente Camerone pour la Légion ?

Bien que ce soit une défaite au Mexique, Camerone est le fait d'armes de la Légion parce que la mission est sacrée et que le légionnaire l'accomplit quelle qu'en soit l'issue. C'est le respect de la parole donnée, de l'engagement. Accomplir sa mission au péril de sa vie est un des articles du code des légionnaires.

Propos recueillis par CLAUDINE MARILLOT


Amiens. Zénith. Vendredi 28 juin à 20 h 30. Places de 43 à 20 €. Réservation au 03 22 47 29 00. À la FNAC, hypermarchés, office de tourisme du Val de Noye et sur www.nuitsdartistes.com.

La Musique de la Légion sera l'invitée d'honneur du Festival des fanfares samedi à 19 h 30 à Moreuil (80). Dimanche, elle paradera à Nesle (80) et fera une prestation au jeu de paume, à 17 heures.

Le respect de la parole jusqu'au sacrifice suprême

Camerone est considéré comme le premier haut fait de la Légion étrangère. En pleine guerre du Mexique suite à l'envoi d'une expédition française par l'empereur Napoléon III, 62 légionnaires doivent s'assurer de l'ouverture d'une route pour acheminer en toute sécurité les convois français jusqu'à Puebla. Le 30 avril 1863, ils sont encerclés à Camerone par 2 000 Mexicains. Ils luttèrent pendant 11 heures. Seuls trois survécurent et se rendirent avec honneur aux Mexicains qui saluèrent leur vaillance. L'idée du « serment de Camerone » est là pour rappeler le courage et la détermination des légionnaires et le respect à la parole donnée accomplie jusqu'au sacrifice suprême. L'historien André-Paul Comor vient de consacrer un livre très complet à cette bataille (« Camerone », Éd. Tallandier, 18,50 €)

« Écrire pour des amateurs »

R. PIERREPONT 3 QUESTIONS À RODOLPHE PIERREPONT compositeur et chef d'orchestre picard, a écrit le poème symphonique du spectacle commémorant le 150 e anniversaire de la bataille de Camerone.

Comment avez-vous travaillé ? Je me suis documenté sur la bataille et je me suis aussi intéressé à ce qui s'était déroulé avant et après pour restituer les faits dans leur contexte.

Comment se compose votre poème symphonique ? De quatre mouvements. Le premier reprend Le Boudin, qui fut composé quelques jours avant le départ de Sidi Bel Abbès où était cantonnée la Légion, et illustre le voyage jusqu'au Mexique qui a duré trois mois avec La lettre à Eugénie. Le deuxième porte sur le Mexique vu par les Français et les Français vus par les Mexicains avec La Cucaracha qui était chantée par les opposants à l'empereur Maximilien. Le troisième est consacré à la bataille, alors que les légionnaires savent qu'ils vont mourir. Le quatrième se déroule après la bataille, lorsque les autres légionnaires partis à la recherche de leurs frères trouvent le charnier, c'est l'Honneur aux braves. Avec le recueillement devant les corps débute la messe de requiem.

Quelles ont été les contraintes d'écriture ? Il est essentiel que mon écriture soit faite pour des amateurs. J'ai fait attention à ce que tout le monde s'amuse en l'interprétant, écrire une musique hermétique ne m'intéresse pas. Cette œuvre a nécessité 500 heures de travail. Elle est composée de 200 000 notes. Je l'ai entendue pour la première fois aujourd'hui (N.D.R.L. : lors de la répétition du 2 juin). C'est étrange, cela fait 30 ans que je fais de la musique et j'ai toujours l'impression qu'il s'agit de quelqu'un d'autre.

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