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« Tonio », légionnaire sabolien mort en Indochine - Sablé-sur-Sarthe

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samedi 08 juin 2013 

À l'occasion du 8 juin, journée d'hommage aux morts pour la France en Indochine, Louise Meunier raconte l'histoire de son frère. Pour qu'il ne reste pas qu'un nom sur une plaque.

À 72 ans, Louise Meunier a encore la voix qui s'étrangle quand elle se souvient de cette histoire « qui a amputé la vie de notre famille ».

Derrière les plaques scellées aux monuments aux morts de Sablé et Solesmes, il y a un fils, un frère, Antoine Gamboa, mort en 1953 dans l'opération « Mouette », pendant la guerre d'Indochine. Il avait 22 ans et devait rentrer par bateau 20 jours plus tard. « Il y a eu beaucoup d'autres soldats morts pour la France en Indochine et même côté indochinois mais là, c'était mon frère », défend Louise pour justifier son désir de témoigner.

L'histoire d'Antoine Gamboa commence au Portugal. Sa maman, Maria Fernandès, rejoint la France alors qu'il n'a que deux mois. Les anciens Saboliens se souviennent peut-être de cette dame, d'abord installée à Solesmes, puis commerçante à Sablé. « Quand mon frère est parti, en 1947, on habitait rue Saint-Nicolas, reprend Louise Meunier. La vie était très dure et Antoine, qui étudiait dans une école catholique, ne pouvait pas se permettre de continuer ses études. » Antoine a 17 ans, c'est un élève « brillantissime. Il nous tirait tous vers le haut ».

« Départ horrible »

Désireux de s'élever et de devenir français, il s'engage dans la Légion étrangère. Seul corps d'armée qu'il puisse intégrer, lui qui est né Portugais. Il quitte Sablé. La voix de Louise déraille. « Je m'en souviens. J'avais 6 ans, mais je m'en souviens. C'était un départ horrible. Extrêmement déchirant. » Marie-Jo aussi, pleure. L'autre soeur d'Antoine était sa confidente.

Antoine, lui, embarque d'abord pour l'Algérie puis pour « l'extrême Orient ». L'Indochine. Antoine Gamboa devient « Tonio ». Légionnaire, il gravit les échelons et les décorations pleuvent. Chef de poste radio en 1949, caporal-chef trois ans plus tard, Croix de guerre, sous-officier, il obtient la Médaille militaire en 1953.

Quand il tombe le 19 octobre 1953, il est chef de section promis à une nouvelle promotion. Dans une lettre que Louise Meunier conserve précieusement, un ami légionnaire de Tonio écrit : « Il n'aimait pas la guerre pour ce qu'elle a de laid, de pervers ou de hideux [...], mais il la faisait parce que, premièrement, il s'était engagé pour avoir le droit [...] de devenir français et secondement, parce qu'ici, même si la vie est dure [...], elle lui avait permis de se révéler à lui-même et aux autres. »

Le 19 mars 1958, la dépouille d'Antoine Gamboa a été rapatriée à Solesmes, où un détachement du Prytanée militaire de La Flèche lui a rendu hommage.

Aujourd'hui, dans le cimetière de Solesmes où son frère est enterré, devant le monument aux morts où figure le nom « A. Gamboa », sans aucune autre indication, Louise Meunier se dit soulagée d'avoir témoigné. « C'est tellement triste cette petite plaque... »

Céline BARDY.

Traduction

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