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La Légion étrangère (3), de la RC4 à Kolwezi

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Publié le 30/04/2013

La Légion fête aujourd'hui à Aubagne le 150e anniversaire de la bataille de Camerone. Le Point.fr vous fait revivre les grandes batailles de ce corps de l'armée.

Après la guerre, la Légion, rejointe par de nombreux Allemands, sera fortement impliquée dans la guerre d'Indochine, durant laquelle ses effectifs vont plus que doubler. Ceux-ci passent de 16 000 hommes en 1945 à plus de 36 000 en 1953, dont la moitié seront déployés en Indochine. Les unités de Légion sont nombreuses : 2e REI, 3e REI, 5e REI, 13e DBLE, 1er REC, complétés par la création de deux bataillons parachutistes, le 1er BEP et le 2e BEP.

1950, la RC4 : hécatombe en Indochine

Sur la route coloniale n° 4 qui relie Langson à Cao Bang (116 km), les troupes françaises perdent, en octobre 1950, leur première bataille de grande ampleur contre le Viet-minh. C'est un désastre historique : sur 6 500 soldats engagés, 2 000 sont tués par un ennemi cinq fois supérieur en nombre. 2 500 prisonniers font l'expérience tragique des camps de rétention. Les légionnaires des 1er BEP (quasi anéanti), 3e REI, 5e REI, CERA et CRLE payent un lourd tribut à cette opération, mais ils ne sont pas seuls. Dans cette tuerie, les troupes coloniales (devenues depuis les troupes de marine) sont également présentes, cette proximité guerrière faisant naître entre l'élite des unités de l'armée française une fraternité d'armes dont l'émulation n'a jamais été absente. Les légionnaires s'illustrent notamment lors de la bataille de Nasan en décembre 1952, avant que la guerre ne s'achève par la défense désespérée de Diên Biên Phu. Sur le sol indochinois, la Légion aura perdu au total plus de 10 000 combattants. Une hécatombe !

La médiatisation de la Légion étrangère n'a pas commencé avec la guerre d'Indochine. Mais l'envoi de grands reporters comme Lucien Bodard, les images des armées au cinéma, dont celles de Pierre Schoendoerffer, et les sacrifices de la Légion qui perd 11 % des effectifs engagés en Indochine, font grandir encore la gloire d'une unité exceptionnelle.

Bruno Cremer dans "La 317e section" de Pierre Schoendoerffer (1965) © Ciné Classic

1961, Alger : la déchirure

La Légion a été très impliquée dans la guerre d'Algérie, sa terre. Le régiment d'élite de la Légion, le 1er REP, que commande le lieutenant-colonel Pierre-Paul Jeanpierre - un des rares survivants de la RC4 -, a été engagé dans la très difficile "bataille d'Alger" de 1957. Après la mort de son chef (indicatif Soleil) en mai 1958, le régiment a été engagé dans le maintien de l'ordre à Alger après la journée des barricades de janvier 1960. Lorsque l'indépendance de l'Algérie se profile, nombre d'officiers légionnaires se sentent tenus par un contrat moral et politique qui les contraint à protéger les Européens et les musulmans - notamment 200 000 supplétifs, les harkis - restés fidèles à la France. Après avoir soutenu le retour de De Gaulle, en mai 1958, ils refusent le processus d'autodétermination que celui-ci a engagé et qui conduit inéluctablement l'Algérie à l'indépendance et à la rupture avec Paris. Le 8 janvier 1961, le référendum sur l'autodétermination donne une large majorité à de Gaulle. Le 22 avril, les généraux Maurice Challe, Edmond Jouhaud, André Zeller et Raoul Salan entrent en rébellion, soutenus notamment par l'une des plus prestigieuses unités de la Légion étrangère, le 1er REP.

Les généraux Edmond Jouhaud, Raoul Salan, Maurice Challe et André Zeller au balcon de la délégation générale à Alger, le 24 avril 1961 © AFP

Sauvée par Messmer

Le putsch est rapidement mis en échec, notamment en raison du refus des appelés de suivre les "bérets verts" parachutistes légionnaires. Il ouvre une profonde fracture dans la Légion : si le 1er REP, dont plusieurs cadres ont participé à l'organisation du putsch, suit son chef Élie Denoix de Saint-Marc, le 1er REC ne fait pas preuve d'une grande ardeur et les autres unités concernées (4e REI, 5e REI) ne sont que marginalement touchées. Une cinquantaine d'officiers de Légion ont basculé dans le putsch, ce que le général de Gaulle ne tolère pas. À la suite de ces événements, le président de la République demande à son fidèle Pierre Messmer, son ministre des Armées, de dissoudre la Légion étrangère. Il faudra toute la force de conviction de cet ancien officier de la 13e DBLE pour obtenir le report de cette mesure. Mais s'il ne s'était pas transformé en rempart de l'institution, celle-ci aurait disparu à cette époque.

1978, Kolwezi : la gloire retrouvée

En mai 1978, des milliers de sécessionnistes katangais, les "Tigres", dirigés par Nathaniel Mumba et appuyés par des Cubains et des Allemands de l'Est, occupent la ville minière de Kolwezi, dans la province du Shaba. À la demande du président du Zaïre, Joseph Mobutu, dont l'armée régulière a fui la ville, le président Valéry Giscard d'Estaing envoie le 2e REP. Il s'agit de sauver la ville où les rebelles se livrent au massacre d'Africains et d'Européens. L'opération, complexe, à plus de 6 000 kilomètres de la France et de la base du REP à Calvi (Corse), est conduite par 750 parachutistes largués en deux vagues par des Transall partis de Kinshasa, à 1 500 kilomètres du point de largage. Elle est dirigée par le colonel Philippe Erulin, commandant le REP. Deux très jeunes officiers ayant atteint ensuite de prestigieuses positions y participent à la tête de leurs hommes : Benoît Puga, futur chef d'état-major particulier de Nicolas Sarkozy puis aujourd'hui de François Hollande, et Bruno Dary, futur gouverneur militaire de Paris. En infériorité numérique, mais parfaitement entraînés pour un combat difficile avec un soutien logistique minimal, les légionnaires obtiennent un grand succès. "Simplicité, grandeur", écrira à leur propos Valéry Giscard d'Estaing dans ses Mémoires. On fait difficilement plus beau compliment...

Sur le tarmac de l'aéroport de Kolwezi le 20 mai 1978 © AFP

Pleinement réussie, cette mission de Kolwezi est essentielle à plusieurs titres. C'est la deuxième opération aéroportée de très grande envergure de l'armée française, après celle de Suez en 1956. C'est également au cours de cette opération que la Légion étrangère reviendra pleinement dans les grâces du pouvoir politique, après le douloureux épisode du putsch algérien.


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