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Le général Dary passe en revue (critique) l’opération française au Mali

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16  février 2013

Faut-il que l'Onu intervienne ? Les Américains jouent-ils un double-jeu ? Va-t-on vers un enlisement ? Le général Bruno Dary invité de l’Assemblée organisée par Marianne à Nice parle sans détour de la présence des troupes françaises en terres maliennes. C'est que notre homme, ancien gouverneur militaire de Paris, vient tout juste de prendre sa retraite de la grande muette.

Le général Bruno Dary à Nice le vendredi 15 février - DR

Les articles couvrant l'Assemblée de Marianne sont rédigés par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Nice (EDJ)
 

  • L’intervention de l’Onu
Les Nations unies pourraient envoyer 6 000 casques bleus au Mali d’ici quelques semaines. « Je préfère largement laisser la MISMA (1) intervenir au Mali car c’est aux forces internes africaines de reprendre la situation en main ». Pour le général Dary, la question ne fait aucun doute : l’Onu a mieux à faire dans le monde que d’opérer dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Pourquoi pas, en revanche, créer une passerelle logistique entre les deux organisations. Mais rien de plus. Les forces de l’Onu ont un rôle de « maintien de la paix », sûrement pas d’« intervention armée », rappelle-t-il.
 
  • L’enlisement
Il semble inévitable, aux yeux du général. Aussi faut-il rapidement que l’armée française passe le relai aux forces africaines. Mais la récente attaque d’un commando islamiste et les attentats-suicides qui ont eu lieu à Gao obligent l’état-major à la prudence… Reste que si le risque d’enlisement est bel et bien réel, la situation n’a rien de comparable à ce qu’il a pu observer, dit-il, « au Liban ou en Afghanistan ».

  • Un conflit sans images
Selon l’officier, le gouvernement a réagi de la bonne manière. La volonté d’éloigner les journalistes et de faire de cette guerre un conflit sans couverture médiatique ne l’étonne pas. « Les Français doivent savoir ce qu’il se passe, mais certaines zones sont trop dangereuses pour les journalistes. Il y a des limites de sécurité à ne pas franchir et un nécessaire besoin de discrétion. » Car, selon lui, l’armée doit éviter de trop dévoiler ses intentions et doit, au contraire, jouer un maximum sur l’effet de surprise pour parvenir à ses fins.
 
  • Le « double jeu » américain
Les récentes félicitations de John Kerry sur l’intervention française peuvent surprendre, sachant qu’Amadou Sanogo, auteur du coup d’état malien en mars 2012 a été formé par l’US Army, elle même. Sur ce point, l’avis du général est  bien tranché : « Cette proximité ne me choque pas. La France, se souvient-il, a aussi déstabilisée des régions, comme en Lybie avec Kadhafi. Les Américains ne sont pas les seuls. Comme eux, nous avons formé des Africains qui ont commis des coups d’Etats ».

Aurélien Tardieu - EDJ

(1) Mission internationale de soutien au Mali sous conduite Africaine

Traduction

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