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Lettre de Madagascar

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Le Messager de l'Ouest. Journal de l'arrondissement de Sidi-Bel-Abbès. 150196

(Suite)

Nous sommes littéralement entourés d'ennemis, vers 11 heures du malin, le combat, est général partout. Le 3e bataillon de tirailleurs algérien part en formation de combat, ses 2 premières compagnies sont en plein dans les Hovas. Les 2 compagnies de réserve sont obligés de se mettre à l'abri, car la batterie blindée de l'observatoire leur envoie des obus avec une justesse remarquable. En peu de temps, les compagnies de chaine ont 1 capitaine blessé, 1 sous-lieutenant, 1 sergent-major, 1 sergent tué et 27 tirailleurs hors de combat.

Juste une batterie de chez nous s'installe sur la crête derrière eux et en trois coups de canon, dont un à la mélinite réduit, celle de l'observatoire au silence ; la mélinite fait des ravages épouvantables, presque tous les servants hovas sont broyés, il y en a un qui a la tête arrachée, les autres fuient en désordre. Les Malgaches qui entrent derrière dans la tranchée retournent les pièces Hovas et tirent avec sur-la ville, car il restait également des munitions.

Nous recevions de temps à autre des balles destinées à la 1re ligne ; pendant plus d'une heure, la fusillade faisait le même bruit qu'un moulin à café.

On avance de nouveau, l'ennemi avait braque ses pièces dans toutes tes directions. Chaque fois que, pendant la marche par une interstice quelconque, nous pouvions apercevoir la ville, nous étions sûr qu'un obus allait passer. Généralement les projectiles allaient trop loin ou éclataient trop haut en l'air.

Vers 2 heures nous étions de nouveau couchés sur le flanc d'un mamelon à 2 kilomètres de la ville. Par ci par là le cadavre d'un hovas qui n'a pu être emporté et beaucoup d'étuis. Les restes d'un bivouac ennemi.

Le canon grondait du côté de la digue et : de temps en temps un obus venait de notre côté sur l'observatoire occupé par les noires.

On s'ennuyait ferme ; je m'étais, couché à l'ombre d'un havre-sac et me proposais de dormir, une impatience me rongeait, je me disais : « C'est le dernier combat ; il faut te distinguer et si tu n'es pas tué tu seras récompensé.

J'avais des fourmies dans les doigts des mains et je me promettais en découdre en montant à l'assaut.

En attendant, le sommeil ne venait pas et je trempais mélancoliquement un biscuit dans un jus boueux, qualifié pompeusement de café, que contenait mon bidon.

Voilà l'artillerie, qui passe, superbe ! un vieux capitaine nous dit qu'il allait commencer le bombardement, et qu'à 3 h. 1|2 précises on allait entrer par force dans la capitale.

6 pièces s'installent à 100 mètres de nous, 2 à l’observatoire et 4 du côté de la digue. À  2 h. 3/4, la canonnade commence, d'abord « percutant » pour régler le tir, ensuite « fusant » et, la mélénite. Presque toutes les pièces tirent méthodiquement sur le palais de
la reine qui est à peine à 1600 mètres. Sans chercher à démolir l'édifice les pointeurs règlent leur tir de manière que les projectiles tombent tout, au tour pour éloigner (en les tuant), les défenseurs, 2 ou 3 pièces fouillent la ville.

Nous sommes là, 4 bataillons à regarder l'effet, sans nous soucier dès projectiles ennemis qui arrivent de plus en plus mollement, c'est merveilleux de voir ce spectacle, je crois qu'il n'est pas donné à tout le monde de regarder de si près le bombardement d'une ville de 100.000-âmes.

( A Suivre )


Traduction

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