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Lettre de Madagascar... (suite 4)

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Le Messager de l'Ouest. Journal de l'arrondissement de Sidi-Bel-Abbès. 241295

Je suis assis sous une tente et je contemple le paysage. Notre bivouac est établie dans un camp hova encore occupé hier par eux.

Aussi loin que je peux distinguer, des traces de feu.  — La désolation —  Partout les villages ne sont presque pas touchés car les maisons sont assez hautes et il n'y a que la toiture en chaume qui peut-être brûlée — A côté d'un groupe d'habitations, je vois une briqueterie.

C'est assez primitif. La terre est coupée par mottes, qui une l'ois extraites sont superposées et exposées au soleil. J'aperçois quelques maisons couvertes en tuiles et surmontées de paratonnerres.

A un autre endroit, j'ai vu un temple protestant inachevé. Aux ouvertures, l'encadrement en pierre de taille ainsi que les soubassements. On reconnaît cet édifice à son clocher où il ne manque que les cloches. Un tableau en chêne sur lequel on peut voir des numéros de psaumes, inscrits à la craie.

Les habitants semblent devenir moins farouches ou retirer la confiance aux ardeurs guerrières des Hovas. On en aperçoit fuyant dans les: montagnes au passage de la colonne, guettant notre départ pour revenir sans doute au gîte. Même dans un village il y avait toute une famille assise par terre, et nous regardait passer avec des grands yeux étonnés.

On a capturé un troupeau de moutons : nous ne sommes qu'a 30 ou 35 kilomètres de Tananarive.

Quel soupir de soulagement, car nos hommes sont presque à bout de forces.

27 septembre

Enfin, j'ai vu Tananarive, il est vrai à 15 kilomètres environ à vol d'oiseau. Une grande montagne avec un amas confus de constructions. Avec la jumelle j'ai pu distinguer la cathédrale et une immense façade dominant majestueusement, ce fouillis percé d’innombrables ouvertures rectangulaires.

Nous avons aperçu la capitale en ayant fait un mouvement tournant pendant la journée. Du. bivouac actuel la vue est masquée par de grandes montagnes.

Le 26 à 5 heures du matin, départ de Babay 1re brigade en avant, 1er bataillon du Régiment d'Algérie en tête, ma compagnie avant garde, 2 chasseurs nous précèdent en éclaireurs. A 1 kilomètre de nos avant postes l'ennemi est signalé. Ma compagnie prend la formation de combat et en arrivant sur un petit plateau nous sommes accueillis, d'abord par des Coups de canon venant d'un village perché sur une hauteur en nid d'aigle et par un feu terrible dé fusils dé toutes sortes. Les Hovas étaient là à 300 mètres formidablement
retranchés ou embusqués derrière une longue crête de rochers, un peu en contre-bas.

La compagnie est mise en ligne par sections debout et les feux de salve commencent. Pendant environ 25 minutes nous continuons ainsi sous un feu nourri qui fait littéralement pleuvoir les balles. 7 à 8 hommes tombent : on continue à tirer. Les Hovas restent et semblent ne pas vouloir céder. Pendant ce temps les compagnies de réserve sont en ligne et tirent également.

Le général Metzinger voit de même les balles tomber autour de lui.
(A Suivre)


Traduction

aa
 

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