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Nos Malgaches.

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Le Messager de l'Ouest. Journal de l'arrondissement de Sidi-Bel-Abbès. 201295

 

Ce n'est pas sans une certaine stupeur mêlée d'une tristesse facile à comprendre que lors des rapatriements des premiers soldats revenant de Madagascar, que les habitants d'Alger se sont vus interdire l'accès auprès de ces pauvres diables que l'on débarquait dans leur port.

A ce moment, l'intérêt du Ministère, organisateur d'une expédition qui restera fameuse dans les annales de l'imprévoyance et de l'incurie administratives, demandait à ce que rien des choses navrantes connues de lui seul, ne vint aux oreilles du public, et que celui-ci dans un mouvement d'indignation, ne forçat un de ses mandataires, député ou sénateur, de lui demander compte du triste spectacle étalé sous ses yeux.

Aujourd'hui il n'en est plus de même, et nous ne comprenons pas qu'on prenne, alors qu'un débat sur Madagascar — étouffé dans l’œuf, il est vrai — nous a appris par la voix des députés qui y ont pris part, ainsi que par celle des journaux de toutes nuances, les conditions déplorables dans lesquelles s'est faite cette expédition qui n'a réussie que grâce à l'endurance de nos troupes, à leur héroïsme et à l'énergique conduite de son chef tant de précautions.

Aussi, c'est avec un profond étonnement que nous lisons dans l’Écho d'Oran, que la municipalité à la tête de laquelle se trouve l'honorable et sympathique M.Coutures, devra s'abstenir d'une manifestation populaire qui devait témoigner aux rapatriés de Madagascar les sentiments patriotiques et admiratifs de la population oranaise.

« La municipalité a été avisée officieusement, que toute communication serait interdite avec le bord, et que les quais seraient barrés pendant toutes les opérations du débarquement.

« Les Dames de France elles-mêmes, ne seront autorisées à assister au débarquement sur le quai qu'en très petit nombre et munies de leurs insignes.

« Elles ne pourront.distribuer aux convalescents qu'un peu de vin d'Espagne et avec l''autorisation d'un docteur militaire. »

De deux choses l'une : où, nos Malgaches que ramène le Chandernagor, sont dans un état pitoyable, et toutes les Dames de France à qui est dévolu, non le monopole de la charité, mais une mission à elles  confiée par toutes leurs concitoyennes, ne seront pas de trop, pour consoler ceux que la mort marque du doigt.

Où les convalescents, ainsi qu'on les désigne, pourront supporter— non sans émotion — il est vrai, les ovations enthousiastes de la patriotique cité qui à nom Oran.

Quoi ! couverts de fleurs à leur départ, les superbes bataillons que l’Algérie envoya au charnier Malgache, aujourd'hui décimés, réduits à l'état dé squelettes, ayant laissé un grand nombre des leurs là-ba, ne pourraient pas voir se joindre à la gloire qu'ils ont si chèrement achetée, un peu de l'amour que nos population tenaient en réserve pour eux en attendant leur retour.

Nous nous inclinons.— nous l'avouons sans comprendre — devant les décisions prises en haut lieu et nous sommes persuadés, absolument comme l’Écho d'Oran, que la manifestation que réserve les oranais à nos chers troupiers, sera — quoique non officielle—digne de ceux en l'honneur de qui elle aura lieu.

**

Quand à Bel-Abbès l'empressement avec lequel se couvrent les listes de souscriptions, démontre surabondamment que nos légionnaires en arrivant dans notre ville, seront reçus avec tontes les sympathies dont ils sont si dignes.


Cet article était déjà à la composition, lorsque les journaux quotidiens d'Oran, sont venus nous apprendre l'arrivée du Chandernagor sur la rade de Mers-el-Kébir dans la nuit du 18 au 19, d'où il en partait au jour pour venir s'attacher au quai de la Transatlantique.

Les lamentables compte-rendus de débarquement se passent de commentaires, et nous n'ajouterons rien à ce qu'en disent le Petit Africain, le Petit Fanal et l’Écho d'Oran.

Nous devons ajouter cependant que la consigne imposée pour, le débarquement des troupes du Chandernagor, n'a pas été aussi rigoureuse qu'on l'avait annoncée.


A. BOURDON.


Traduction

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