AALEME

Légionnaire toujours...

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1892

Au Dahomey.

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Le Monde illustré du 19/11/1892

La prise de Kana, à la date du 9 novembre, est l'indice du prochain dénouement de notre campagne. Pour en activer l'achèvement, on a décidé d'envoyer d'importants renforts au général Dodds, et l'on est en mesure d'affirmer d'ores et déjà que, quoi qu'il arrive, la campagne touche à sa fin.

Si les Dahoméens, à bout de forces, sollicitent la paix, voici à quelles conditions elle leur sera accordée:
1° Abandon des points de la côte par les Dahoméens au profit de la France;
2° Installation de résidents français à Abomey et à Kana avec des garnisons françaises;
3° Construction des routes indiquées par les résidents;
4° Abolition des coutumes dahoméennes, telles que les sacrifices humains.

En attendant, et grâce aux envois de M. Abel Tinayre, notre envoyé spécial, qui suit pas à pas la marche du corps expéditionnaire, nous continuons la série très intéressante commencée dans nos colonnes depuis plusieurs semaines, avec deux illustrations fort pittoresques.


C'est d'abord le fort Faurax, à Dogba, qui est resté point de ravitaillement pour la colonne, et qui a été convenablement fortifié. On y a établi l'ambulance et le pont flottant d'artillerie qui sont défendus par deux compagnies.

C'est ensuite un épisode du débarquement des compagnies de la légion étrangère, au bivouac de Fanvié, sur les rives del'Ouémé.


L'arrivée du Tibet à Marseille.

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Le Monde illustré du 19/11/1892

Un premier convoi de blessés et de malades convalescents, provenant du corps expéditionnaire du Dahomey, est arrivé la semaine dernière à Marseille par le Tibet, capitaine Litardi, de la Compagnie Fraissinet.

Parti le 18 octobre de Kotonou avec trois cent vingt et un passagers, le Tibet laissa cent trente trois Sénégalais à Dakar, n'amenant à Marseille que l'élément français de son convoi, soit cent soixante et un sous-officiers, quartiers- maîtres, marins et soldats de l'infanterie de marine, de l'artillerie et des spahis. L'aspect des rapatriés n'était point ce qu'on pouvait supposer. Il n'y avait aucun amputé parmi eux, aucun portant le bras en écharpe, aucun se servant de béquilles.

Quelques-uns avaient reçu des éraflures de balles, mais la plupart avaient souffert du climat et revenaient épuisés, anémiés tels que nous avons l'habitude de voir ici les soldats rapatriés du Tonkin.

Il faut dire que les militaires arrivés par le Tibet sont des convalescents et que ceux qui ont le plus souffert de la campagne se trouvent à bord du Mytho ou dans les hôpitaux du Sénégal.

Cependant un vif intérêt s'attachait naturellement à l'arrivée de ce premier convoi de blessés et de malades du Dahomey, et une foule nombreuse se pressait sur le quai du môle C à leur débarquement.

C'était une opération difficile et délicate que le transbordement à bord du Tibet des blessés et des malades provenant du Mytho. En rade de Kotonou la mer est presque toujours houleuse, et elle l'était beaucoup le jour de l'embarquement de nos soldats.

Le Tibet ne pouvait s'approcher du wharf sans s'exposer à se briser ou à se faire lui-même des avaries, et l'on ne pouvait utiliser les échelles du bord que les vagues recouvraient et laissaient alternativement à une grande hauteur.

Dans ces conditions le commandant Litardi eut l'ingénieuse idée de fixer à un câble passant à l'extrémité d'un mât de charge,une sorte de grand panier en sparterie pouvant contenir deux hommes.

Les malades et les blessés étaient amenés du Mytho dans des pirogues, le long du bord. La on saisissait le moment propice pour placer deux hommes dans le panier qui étaient aussitôt hissés sur le pont.

L'opération a été un peu longue, mais elle s'est effectuée sans le moindre accident, et c'est de cette façon que le commandant Litardi avait débarqué quelques jours auparavant cent cinquante tirailleurs sénégalais et quarante-sept femmes provenant de Dakar.

B. FOURNIER.


L'Avenir de Bel-Abbès. 17/11/1892

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Le Monde illustré du 12/11/1892

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AU DAHOMEY

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Le Monde illustré du 12/11/1892

En même temps que ses derniers dessins, notre envoyé spécial, M. Abel Tinayre, nous a adressé une lettre des plus intéressantes dont les détails vaudront mieux pour nos lecteurs que tous les commentaires empruntés aux dépêches officielles. Nous la reproduisons donc pour accompagner nos illustrations sur la campagne dahoméenne.

Zonnou, le 26 septembre.


« Monsieur le Directeur,


Je suis à une journée de bateau à vapeur de Porto-Novo, en plein Dahomey, au bivouac de Zonnou, à 50 kilomètres environ d'Abomey. Nous venons d'avoir une bataille avec les Dahoméens. Ces derniers sont venus nous attaquer en très grand nombre à Dogba.

L'attaque a eu lieu de très grand matin, vers 5 heures. L'ennemi a envoyé une pluie de balles sur le camp. Ma case en a reçu quelques-unes. Un de mes amis, le lieutenant Badaire, de l'infanterie de marine, a été tué raide sur son lit au moment où il mettait ses chaussures.

Le commandant Faurax, de la légion étrangère, a été blessé à mort. Les Dahoméens comptaient enlever le camp. Ils se sont fait tuer comme des braves, en se jetant devant la mitraille de nos quatre canons.

Le champ de bataille était jonché de morts: plus de deux cents cadavres qu'on a brûlés immédiatement pour ne pas attraper la peste. J'ai vu griller la chair humaine sur de nombreux bûchers. Un de mes croquis représente cette scène lugubre.

Bientôt nous serons à Abomey. De là, nous descendrons à la côte jusqu'à Wydah et Kotonou en livrant partout bataille aux Dahoméens.

La campagne durera bien encore deux mois. IL commence à faire terriblement chaud. De temps à autre j'ai un accès de fièvre. C'est l'habitude ici, et tant qu'il ne s'agit pas de fièvre bilieuse, on s'y fait.

Je vis de la manière suivante. Je touche, à titre remboursable, la ration d'officier en campagne. J'ai un domestique noir comme cuisinier, qui répond au nom de Kofi. Ce n'est pas le premier venu. Il comprend assez bien le français et m'est très utile.

Puis vient un robuste porteur: Agalla, qui porte facilement sur la tête, mes 35 kilos de bagages. Encore deux autres porteurs, et voilà tout mon monde.
En arrivant à l'étape, je commence par me faire construire un abri : quelques branches d'arbres recouvertes de feuilles de palmier. Mon moulech (cuisinier) installe sa cuisine, va cuire ma ration et prépare le repas. La nuit, je couche tant bien que mal, par terre, sur ma couverture ou bien dans mon hamac. Souvent, au beau milieu de la nuit, arrive une alerte, tout à coup. Pif! Pan! Des coups de fusil sur toutes les faces du camp. Je tombe vivement de mon hamac, et saisis mon revolver. Une heure après, je me rendors, mais d'un œil seulement.
J'ai l'habitude de faire une sieste; aussi je m'accoutume très bien à ne presque pas dormir la nuit. C'est l'heure propice aux attaques et chacun veille. » Ajoutons que Dogba, où a eu lieu le combat auquel notre correspondant a assisté, a été convenablement fortifié pour rester le point de ravitaillement de la colonne. Il y reste actuellement l'ambulance principale et le parc flottant d'artillerie défendu par deux compagnies.


Le lieutenant Badaire.

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Le Monde illustré du 12/11/1892

Tandis que se poursuit avec une lenteur dont on s'affecte la lointaine campagne du Dahomey, nos troupes, admirables d'abnégation, de discipline et d'entrain, ont à lutter contre des privations terribles; en outre la fièvre bilieuse, la lièvre paludéenne, la dysenterie et l'insolation les guettent à travers la brousse et sous ce soleil ardent rendu plus terrible encore par le manque d'eau. Beaucoup ont succombé à la maladie. D'autres, plus heureux, ont trouvé une rapide mort sous les balles ennemies. De ce nombre a été le sous-lieutenant Badaire qui a succombé à Dogba. Quatre mille Dahoméens avaient attaqué le campement. Une lutte corps à corps s'engagea, et le jeune officier fut tué dans sa tente avant d'avoir pu se défendre.


Le Monde illustré du 22/10/1892

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Au Dahomey.

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Le Monde illustré du 22/10/1892

D'après les derniers envois de notre correspondant M. Abel Tinayre, nous poursuivons l'historique de cette campagne qui sollicite au plus haut point l'intérêt de tous. Une de nos gravures représente un interrogatoire à Dangbo. Le commandant Stephani ( commandant le 2e groupe) préside, assisté du docteur Thomas, médecin du 2e groupe. Le prisonnier est accroupi et chargé de chaînes. A ses côtés, se tient debout un interprète indigène, et comme cadre à la scène, nous voyons le bivouac de Dangbo, où sous les tentes, les soldats se livrent au repos, tandis que des sentinelles montent la garde.


Une autre de nos illustrations est consacrée au combat de Takou, où ont été blessés les commandants Rioux et Lasserre. On se souvient qu'après avoir bombardé Takou, le colonel Dodds, qui depuis longtemps entretenait des relations suivies avec le Dahomey, y envoya immédiatement le 1er groupe (commandant Rioux).

Des guerriers auxiliaires, les Ibadans, pénétrèrent les premiers dans le village incendié. Le combat commença aussitôt. Les Ibadans eurent un tué et plusieurs blessés. I.e commandant Rioux installa sans tarder son groupe au milieu du village. C'est alors qu'eut lieu la seconde attaque. Le commandant fut blessé au bras, et le commandant Lasserre (chef du 3e groupe), arrivé au bruit de la fusillade, fut atteint à la jambe gauche. Il y eut encore plusieurs blessés, dont un mourut, quelques heures après.

Dans la nuit, trois alertes; se produisirent.

Le lendemain, le colonel, revenant de âakité avec le 2e groupe, fut attaqué à son entrée au camp. M. Bellamy reçut une balle dans l'épaule.

Deux sergents, dont un est le frère du peintre Clairin, furent blessés très grièvement. Les pertes de l'ennemi ont été insignifiantes.

La sinistre silhouette du supplicié qui figure parmi les dessins de notre envoyé spécial est celle d'un voleur que le roi Toffa fit empaler au début de la campagne, sur la route de Porto-Novo à Adjana. Ce voleur opérait d'une manière assez bizarre. Il jetait la panique dans les villages, en criant: « Voici les Dahoméens !. Les Dahoméens arrivent! » Chacun s'empressait de fuir, et pendant ce temps, le rusé larron, assisté de quelques confrères, dévalisait prestement les habitations.

Pour compléter cette intéressante série d'illustrations, nous montrons en outre à nos lecteurs le parc des approvisionnements de Késonnou, sur l'Ouémé, et les campements provisoires installés sur les bords de ce fleuve par les habitants des villages Décaméens, incendiés et pillés parles Dahoméens.


L'Avenir de Bel-Abbès. 20/10/1892

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Le Monde illustré du 15/10/1892

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